Les couleurs tourbillonnèrent à nouveau. Ils étaient dans un bureau du commissariat.
Un homme brun était penché sur son bureau, occupé à lire un rapport concernant un des délinquants qu'il surveillait. Soudain, un enfant de 9 ans s'éclipsa devant lui.
« Christopher ! Juste Ciel, tu m'as fait peur !
- Pardon, Tonton Henry ! dit tristement l'enfant. Tu veux que je parte ?
- Non, c'est bon, tu m'as surpris, c'est tout. Qu'est ce que je peux faire pour mon adorable petit neveu ? »
Il remarqua alors que les joues de Chris étaient striées de larmes. Il se leva immédiatement et contourna précipitamment son bureau. Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques pas de Chris, il ouvrit les bras. Le garçon s'y jeta et le serra de toutes ses forces.
« Qu'est ce qui se passe, petit ? demanda son oncle en lui caressant les cheveux pour le calmer.
- C'est papa, répondit l'enfant en étouffant un sanglot. C'est la fête des pères et il n'est pas là pour moi.
- Oh, Chris ! Il a beaucoup de travail, c'est pour ça. Regarde, moi aussi je suis au travail au lieu d'être avec tes cousins.»
L'enfant secoua la tête sans relâcher son étreinte.
« C'est pas pour ça que je suis triste, marmonna le garçon contre l'épaule de son oncle.
- Oh ! marmonna Henry en comprenant le problème. Il est passé à la maison pour prendre ton frère, n'est ce pas ?
- Oui, gémit Chris en pleurant pour de bon cette fois. Je l'ai entendu se disputer avec Maman. Il- il a dit qu'il ne pouvait pas me prendre avec eux parce qu'il n'avait réservé que deux billets pour le match de Baseball ! Il a dit qu'il n'a pas pensé à en prendre un pour moi. Pourtant moi aussi je suis son fils, pas vrai ?»
L'adulte serra l'enfant contre lui et entreprit de le calmer.
Le téléphone sonna et Henry tordit son bras pour pouvoir décrocher sans lâcher son neveu.
« Oui ? Chérie ? … Non, dis à ta sœur de ne pas s'inquiéter, Chris est avec moi… Non, je pense qu'il a besoin d'une présence masculine en ce moment… C'est ça… Entre nous ta sœur a épousé un idiot ! … Oui son travail est très prenant... Je sais, je sais, mais ce n'est pas une excuse pour faire pleurer son petit dernier… Bon, très bien… Je le ramène dans une heure ou deux… Moi aussi je t'aime, à ce soir. »
Il raccrocha et ébouriffa les cheveux de Chris.
« C'était ta tante. Apparemment ta mère est inquiète et elle a appelé tout le monde.
- Elle est fâchée ?
- Je ne pense pas, elle a juste eu peur en te voyant t'éclipser. Il ne faut pas partir sans que personne ne sache où tu es, tu comprends ?
- Oui, tonton Henry, répondit l'enfant en hochant la tête. »
Son oncle sourit tristement, il ne savait pas quoi dire pour réconforter le garçon face à l'injustice paternelle. Il ne voulait surtout pas que son neveu développe un complexe d'infériorité à cause des actions de son père et il essaya de regonfler l'ego de l'enfant.
« Tu es un bon garçon, tu le sais n'est ce pas ? Toute la famille est très fier de toi. Ta tante me dit parfois qu'elle envisage d'étrangler ta mère si elle l'entend encore raconter à quel point tu es intelligent !
- Alors pourquoi papa ne m'aime pas ? demanda l'enfant en le regardant avec de grands yeux tristes et innocents.»
L'homme soupira, il souleva l'enfant du sol et l'installa sur le bureau.
« Écoute, Chris, parfois, les adultes font des choses idiotes sans se rendre compte qu'ils blessent des gens. C'est ce que fait ton papa. Je suis sûr qu'il ne voulait pas te faire pleurer, petit, il n'a juste pas réfléchit.
- Tu as dit qu'il était idiot, tout à l'heure, dit l'enfant en s'essuyant le nez avec sa manche.
- C'est vrai. D'ailleurs si tu pouvais éviter de répéter ça à ta mère, je t'avoue que ça m'arrangerais, chuchota Henry en lui tendant un mouchoir en papier. »
Un sourire se répandit sur les traits de Chris et il fit semblant de coudre sa bouche. Henry éclata de rire et lui ébouriffa une nouvelle fois les cheveux.
« Allez, petit, je vais te faire visiter le commissariat et après je te ramène à ta mère. Et puisque tu peux garder un secret, je vais te laisser mettre la sirène dans la voiture.
- Trop cool ! T'es génial, tonton Henry ! s'écria l'enfant, en oubliant son chagrin.
- Vraiment ? Dis moi, est ce que par hasard tu pourrais le redire quand tonton Coop sera là ?
- Tonton Henry ! protesta le garçon. Vous êtes tous les deux mes tontons préférés !
- D'accord, d'accord ! On va arrêter de t'embêter avec ça, répondit l'homme en riant. »
La scène disparue et le flot de couleurs reprit son mouvement.
« Je persiste et signe, vous n'avez définitivement pas besoin de voir ça, s'énerva Chris.
- Pitié Chris, tu ne vas pas faire ça à la fin de chaque souvenir, n'est ce pas ! s'écria Phoebe. Nous avons bien compris que tu étais énervé, mais cela ne change pas notre décision. Nous n'annulerons pas ce sort !
- Le fait de ne pas pouvoir vous faire changer d'avis ne m'empêchera pas de protester. Et puis ce sont mes souvenirs qui sont violés, alors j'ai le droit de râler autant que je veux !
- Ça suffit ! s'énerva Piper. Taisez-vous, le prochain souvenir commence. »
Les couleurs avaient effectivement cessées de tourbillonner et ils étaient dans un monde blanc.
