Chapitre 2 : Un nouveau monde.

Le professeur Rogue sortit dans le couloir, la petite Rosalie sur les talons. Lorsqu'ils furent sortis de l'orphelinat, le maître des potions entendit l'enfant inspirer à pleins poumons l'air frais du matin et il se demanda si c'était la première fois qu'elle avait l'opportunité de quitter cet enfer.

Alors qu'ils se mettaient en route, Rose put détailler un peu plus l'homme qui l'accompagnait. Il était très grand, ses cheveux noirs lui tombaient sur les épaules, ses yeux sombres exprimaient une immense intelligence, et son nez crochu semblait avoir été cassé à de nombreuses reprises. C'était une personne d'une grande prestance et Rosalie trouva que cet inconnu dégageait un certain charme dans son costume trois pièces noir.

Ils marchèrent durant une bonne heure avant de s'arrêter dans une sandwicherie pour manger un bout. Et c'est le visage rougit par l'effort que Rosalie s'assit en face du professeur, le souffle court dut au rythme soutenu de la marche.

- Pourquoi ne m'avez-vous pas dit que je marchais trop vite ? Demanda sèchement Rogue.

La petite haussa les épaules, honteuse et commença à manger son repas.

Severus secoua la tête et la regarda dévorer son sandwich en un temps record et il s'interrogea alors sur les conditions dans lesquelles Mlle Fletcher vivait à l'orphelinat. Avait-elle assez à manger ? De toute évidence, non. Il se doutait aussi qu'elle ne voyait pas le soleil. Rosalie était une enfant trop petite pour son âge ce qui lui donnait l'air d'avoir 8 ou 9 ans et non onze. Sa peau était beaucoup trop pâle et de grands cernes violets entouraient ses jolis yeux bleu-gris. Elle était maigre et ses cheveux blonds remontés en une queue de cheval laissaient voir un hématome longeant sa nuque. Elle regardait partout, dévorant des yeux le monde qui l'entourait, dévorant la vie à pleines dents. Rogue se racla la gorge et s'arracha à sa contemplation, il n'allait tout de même se prendre d'affection pour cette gamine, aussi touchante soit-elle.

- Souhaitez-vous autre chose à manger Mlle Fletcher ?

- Non merci professeur. Répondit timidement Rose en terminant son soda.

Le professeur n'insista pas plus et ils reprirent leur route vers le Chaudron Baveur. Rogue marchait plus lentement et tenait la petite main de Rosalie dans la sienne, lui permettant de suivre plus facilement les pas de cet en homme en noir.

La taverne dans laquelle ils entrèrent, était remplie de sorciers et sorcières qui discutaient joyeusement. C'était un endroit bruyant mais chaleureux où tout le monde paraissait s'entendre. Ils traversèrent rapidement la foule, mais Rose put avoir un petit aperçu du propriétaire. Le plafond était de poutres anciennes en bois, un feu crépitait dans l'âtre d'une immense cheminée malgré la chaleur du mois d'aout. De nombreux tableaux et photographies ornés les murs de pierres brutes et la jeune fille aurait juré que l'un d'eux avait bougé. Enfin de grandes tables trônaient au milieu de la salle. Un homme loufoque tenait le bar et parlait avec un client qui arborait un drôle de turban sur la tête. Rogue pressa le pas et baissa le nez pour les dépasser sans être vu.

Ils se retrouvèrent bientôt dans une allée derrière la brasserie, face à un mur de briques rouges. La petite Rose se demanda soudain pourquoi ils étaient là et puis elle observa le professeur Rogue sortir de sa manche un bâton en bois finement sculpté. Elle le vit toucher plusieurs pierres avec son instrument magique qui devait être une baguette, c'était ce qu'il avait dit à l'orphelinat, et sous ses yeux ébahis, le mur se dispersa pour laisser place à une rue colorée et noire de monde.

C'était magnifique, incroyable, comme dans un merveilleux rêve. Des personnes à l'accoutrement étrange déambulaient, des enfants se pressaient devant certaines vitrines et de drôles de créatures émettaient des bruits amusants. Rose ne savait plus où donner de la tête. Un sourire immense illuminait son visage alors qu'elle suivait son professeur qui s'était engouffré dans la ruelle.

Ils débutèrent leurs achats, se faufilant entre les badauds. Ils se rendirent tout d'abord dans une brocante où l'on y vendrait des objets d'occasion en parfait état. Ils achetèrent une balance en cuivre, une boîte de fioles en verre, un télescope et une paire de gants en peau de dragon. Ils allèrent ensuite dans une librairie de seconde main puis chez un marchand de chaudrons.

Suite à ces achats peu chers, Rosalie put ainsi s'acheter des robes de très bonne qualité et une paire de chaussures décente chez Mme Guipure. Cependant la jeune fille fut très hésitante au moment de rentrer dans la cabine d'essayage et elle ne cessait de se frotter la nuque. Rogue se promit alors de tirer tout cela rapidement au clair.

L'argent restant alla dans une baguette magique. Lorsqu'ils entrèrent dans a boutique d'Ollivander, la petite clochette retentit, annonçant leur arrivée.

Les étagères croulaient sous les boîtes et un homme aux cheveux blanc hirsutes était perché sur une échelle qui coulissa vers la pièce principale.

Les clients s'avancèrent vers le comptoir qui était beaucoup plus grand Rose dont seules quelques mèches blondes dépassaient.

- Bonjour, bonjour ! S'exclama joyeusement Mr Ollivander en descendant de son perchoir, ses yeux pâles allant du professeur Rogue à Rosalie. Hum…

Se détournant d'eux et marmonnant dans sa barbe, le vendeur attrapa une boîte derrière lui avant de l'ouvrir pour présenter une fine baguette à l'enfant qui s'en saisit délicatement et l'observa.

- Bois de peuplier, ventricule de dragon. Trente et un centimètres. Énonça-t-il.

Rose leva les yeux vers Ollivander, ne sachant pas quoi faire de cette baguette.

- Et bien faîtes le geste ! Lâcha-t-il.

D'un mouvement du poignet, la petite fille fit s'envoler toutes les boîtes de l'étagère de droite avant de reposer précipitamment l'objet sur le bureau.

- Apparemment pas. Constata le vendeur.

Rosalie lança un regard désolé à son professeur qui lui fit un léger sourire d'encouragement. Personne n'avait jamais réussi à trouver sa baguette du premier coup.

- Ah tenez, essayez celle-ci. Dit Olliavander lui tendant une nouvelle baguette. Bois en ébène, flexible, trente virgule trois centimètres, plume d'hippgriffe.

Cette jolie baguette noire dont le manche était finement sculpté d'hiéroglyphes divers et variés rappelait étrangement celle du professeur Rogue qui se retint de sortir la sienne pour les comparer.

Lorsque la main de Rosalie toucha le bois, une douce chaleur se propagea dans son corps et un aura doré émana d'elle.

- Excellent ! S'écria le marchand en tapant dans ses mains. Voilà votre baguette, Mlle Fletcher !

Le professeur Rogue régla Ollivander et ramena Rose à l'orphelinat.

- Tenez, votre ticket pour le train. Pour accéder au Poudlard Express, il vous faudra traverser le pilier de pierre entre la voix 9 et 10. Ne soyez pas en retard Mlle Fletcher. Expliqua-t-il.

- Merci professeur. A bientôt. Sourit-elle avant de s'engouffrer par la porte d'entrée.