Nouveau chapitre un peu plus long que le précédent !
Bonne lecture à tous et à bientôt !
Chapitre 6 : Un nouvel ami.
Rose ignorait que chaque soir, une créature l'observait dans la pénombre et veillait sur elle. Lorsque quelqu'un s'approchait de trop, un grognement pouvait se faire entendre jusqu'à ce que la personne s'éloigne.
Et c'est ainsi que la nuit du 2 octobre, Rosalie découvrit qu'elle n'était pas seule.
Alors qu'elle lisait tranquillement près du lac noir, des Serpentard de six et septième année avancèrent vers elle en déblatérant toutes sortes d'obscénités.
- Hé Fletcher ! Tu veux un peu de compagnie ? Ricana l'un d'entre eux en s'accroupissant à côté d'elle. On pourrait s'amuser un peu. Continua-t-il en laissant glisser sa main sur la cuisse de l'enfant qui bondit sur ses pieds en reculant le plus loin possible.
Soudain un grondement sourd leur parvint aux oreilles et deux yeux noirs s'illuminèrent dans la nuit tombante. Les jeunes hommes trébuchèrent précipitamment en arrière alors qu'un museau aux babines retroussées et aux dents acérées se profilait dans l'ombre. Le bourdonnement s'intensifia, de plus en plus menaçant, et bientôt un énorme loup au pelage noir et aux pattes aussi grosses que des assiettes fit face aux adolescents à l'éducation douteuse.
Rose fixait avec émerveillement son sauveur pendant qu'il faisait fuir les quatre garçons.
La créature se tourna ensuite vers la jeune enfant et la regarda de haut en bas à la recherche d'une quelconque blessure. Puis satisfait de voir qu'elle était intacte, lentement, le loup se retira dans l'ombre. Rosalie resta un instant immobile avant de poursuivre la bête.
- Attends ! S'écria-t-elle.
Le canidé s'arrêta sans pour autant lui faire face. Ils n'étaient qu'à quelques mètres l'un de l'autre et Rose mourrait d'envie de s'approcher encore plus de lui. C'était un immense loup qui devait toiser dans un mètre trente au garrot, autant dire que la petite fille qui faisait la même taille se sentait minuscule à ses côtés, son pelage se confondait avec l'obscurité de la nuit et seuls ses yeux brillaient dans la pénombre.
- Je… je te remercie… Chuchota-t-elle.
L'animal se tourna enfin vers elle et inclina la tête en signe d'acceptation, ce qui étonnant fortement l'enfant.
- Est-ce que… est-ce que tu peux m'accompagner au château s'il te plaît ? Murmura-t-elle timidement en se triturant les mains.
La créature pencha la tête sur le côté, réfléchissant apparemment au pour et au contre, puis après une minute ou deux, il se rapprocha de la fillette et lui emboîta le pas suivi d'une Rosalie souriante.
Lorsqu'ils atteignirent le perron, Rose le remercia de sa gentillesse avant de s'engouffrer dans le hall sous le regard bienveillant du loup qui une fois qu'elle eut disparu, fit demi-tour et retourna d'où il venait.
L'enfant retourna discrètement à son dortoir, ses pensées occupées par cette étrange rencontre qui ne cessait de passer en boucle dans son esprit. Qui était cet animal ? Pourquoi l'avait-il protégée ? Il paraissait comprendre ce qu'on lui disait, ce qui était particulièrement bizarre, certes les animaux étaient intelligents mais de là à agir comme la créature l'avait fait… Mais surtout, il y avait quelque chose de familier chez lui, néanmoins Rose n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Le lendemain, après sa journée de cours, Rosalie retourna à son endroit favori dans le parc, espérant de tout son cœur croiser son intrigant sauveur à fourrure.
Ce ne fut qu'au coucher de soleil que la jeune fille remarqua la forme de son compagnon nocturne. L'adolescente tourna alors la tête vers lui et ne put empêcher l'immense sourire qui étira ses lèvres. En observant l'animal, elle eut la nette impression qu'il attendait quelque chose. Sa permission pour avancer peut-être ? Ou voulait-il s'assurer que tout allait bien ? Ou alors elle était sur son chemin… Pourquoi un loup s'aventurerait-il hors de la forêt pour veiller sur elle ? C'était totalement absurde ! Et pourtant, elle ne put retenir sa curiosité plus longtemps.
- Tu… Tu peux avancer si tu le souhaites. Lui dit-elle poliment.
Voilà qu'elle se mettait à être polie avec un loup, décidément plus rien ne tournait rond chez elle.
Cependant, l'animal, sans jamais quitter des yeux le visage de Rose, s'avança lentement et sans bruit, s'attendant à être rejeté d'un moment à l'autre, mais la petite fille n'en fit rien, elle continuait de le contempler avec… Etait-ce de la joie qu'il lisait dans son regard ? Non c'était impossible, personne n'était jamais heureux de le voir, c'est pour cela qu'il ne sortait que lorsqu'il faisait sombre pour vaquer à ses occupations sans être dérangé ou insulté ou encore attaqué. Il s'arrêta à quelques pas d'elle et ne sachant pas quoi faire, resta planté là, debout, comme un pauvre idiot, trop effrayé de se faire envoyer en sur les roses et méfiant quant aux intentions de l'enfant.
Mais Rose le surprit une nouvelle fois, car décelant le malaise de de la créature, elle se rapprocha et s'installa confortablement dans l'herbe puis l'invita à se coucher près d'elle. Après un temps d'hésitation où le loup scruta le moindre geste et la moindre émotion de Rosalie, l'animal accepta la proposition et s'allongea à ses côtés, tendu à l'extrême, mais quand la jeune fille reprit son livre et sa lecture, il ne put s'empêcher de détendre ses muscles et de fermer les yeux, se laissant bercer par la voix cristalline de l'enfant.
