Note de début de chapitre, si vous n'avez pas lu l'avant propos, allez-y parce que je ne répondrai plus aux questions auxquelles les réponses sont dans le chapitre avant propos!

Voilà la première vignette, rating K


Répartition

Poudlard, 1 septembre 1991

Les noms s'égrainaient lentement et la file d'enfants de Première Année attendant leur répartition diminuait.

Drago avait peur. Il n'en montrait rien mais il était terrifié à l'idée de passer sous le Choixpeau et d'entendre qu'il n'était pas assez bien pour aller à Serpentard. Dans sa petite tête résonnait encore la voix glaciale de son père qui disait que s'il n'était pas chez les Serpents ou, au pire, chez les Aigles, il pouvait d'ores et déjà se considérer comme orphelin.

À ce souvenir, les larmes menacèrent de jaillir de nouveau et cette fois, sa mère ne serait pas là pour le consoler.

Drago serra les dents et les poings pour s'empêcher de se donner en spectacle en plein milieu de la Grande Salle. Il était Drago Malefoy, héritier de la prestigieuse famille Malefoy. Personne, hormis ses parents, ne devait le voir pleurer ! C'était inconvenant et indigne de son sang !

Sauf que l'enfant avait très envie d'éclater en sanglots et d'avoir sa maman près de lui, l'entendre dire qu'elle l'aimait et que où qu'il aille, elle serait fière de lui. Drago voulait sa mère, voulait Narcissa.

Le petit blondinet prit une profonde inspiration pendant que Gregory Goyle était réparti à Serpentard, retrouvant son ami Vincent Crabbe. Drago les connaissait un peu pour savoir qu'ils n'avaient pas inventé l'eau chaude comme disait sa mère. C'étaient deux brutes dont les pères suivaient aveuglément Lucius Malefoy. Pour ce que l'enfant en avait vu, leurs fils n'étaient pas mauvais mais le simple fait d'essayer d'avoir une conversation avec eux relevait de l'impossible.

Son cœur battait à toute allure dans sa poitrine alors que d'autres noms avant le sien étaient appelés. Il voulait terriblement aller à Serpentard. Au moins pour que son père cesse de le voir comme un échec permanent.

C'était simple, tout ce que Drago entreprenait pour essayer de satisfaire l'implacable Lucius Malefoy récoltait au mieux un visage impénétrable, au pire un regard de mépris.

Combien de fois Drago avait-il filé dans sa chambre pour pleurer parce qu'il ne parvenait à rien ? Cela ne lui était plus arrivé depuis deux ou trois ans, depuis que son père lui avait collé la punition de sa vie en découvrant que son fils sanglotait misérablement une à deux fois par jour.

« Un Malefoy n'est pas un pleurnichard, Drago, » avait asséné Lucius en lui appliquant des coups de canne sur le postérieur. « Tâche de t'en souvenir ! »

D'aussi loin que remontaient ses souvenirs, cela avait été la dernière fois où son père l'avait touché. Lucius ne l'avait jamais pris dans ses bras pour le consoler, embrassé, bordé le soir ou même lu une histoire. Les seuls contacts qu'ils avaient c'était pour apprendre à l'enfant les bonnes manières de façon assez brutale.

Oh Drago n'était pas battu. Les méthodes d'apprentissage paternelles étaient simplement un bon moyen de ne pas traîner et d'intégrer plus rapidement les choses. L'enfant avait un peu peur que le lord n'ait envoyé une missive au terrible directeur de maison de Serpentard, lui donnant la permission de punir son enfant comme il le faisait. Il redoutait Severus Rogue qui avait été présenté comme un homme sans la moindre pitié, un être froid, austère et un maître des Potions hors pair.

Le petit garçon l'avait vu assis à la table des professeurs et son apparence, de même que son visage ne lui avaient rien dit qui vaille. Un homme sombre, peu sympathique au demeurant. Une personne que Drago redoutait déjà bien avant de le connaître.

– Dray, murmura une voix à ses côtés, tu veux bien me donner la main ?

Drago se tourna vers celui qui avait parlé et fit un petit sourire à son meilleur ami – son amoureux mais chut, il ne fallait pas le dire. Il glissa sa petite main dans la sienne. La présence de Blaise à ses côtés le rassurait. C'était grâce à lui qu'il n'était pas en train de faire une crise de panique.

Le brun était tout aussi nerveux que lui. Mais c'était simplement parce qu'il ne voulait pas se retrouver avec d'autres enfants qu'il ne connaissait pas, loin de sa maman.

Collés l'un à l'autre, entourés par d'autres enfants plus intéressés par ce qui se passait sur le tabouret, Drago et Blaise se serraient fort la main, peu déterminés à se lâcher.

– Malefoy, Drago, résonna son nom dans le silence de la Grande Salle.

Lentement, alors que les doigts de son meilleur ami libéraient les siens, Drago se déplaça vers l'échafaud. Il ne montrait rien qu'une profonde détermination. En lui, il était terrifié, prêt à faire demi tour en courant, ou fondre en larmes.

Il s'installa sur le tabouret, dos bien droit, et attendit que le Choixpeau soit posé sur sa tête.

Il sentit à peine le tissu le frôler qu'une voix tonitruante cria « Serpentard ».

Son cœur s'allégea de plusieurs tonnes. Il se leva, les jambes en coton et le corps aussi léger qu'une plume. Pour un peu, il aurait cru pouvoir voler.

Sous les applaudissements polis de sa nouvelle maison, Drago s'installa auprès de ses camarades et regarda la suite de la Répartition, attendant avec fébrilité celle de Blaise. Il espérait vraiment que son meilleur ami serait avec lui. Au moins il ne serait pas seul.

Les élèves en train d'attendre étaient de moins en moins nombreux. Les tables se remplissaient des petits nouveaux.

Il y eut une ovation chez les Lions pour Potter qui se retrouva chez eux. Drago grimaça de dépit mais c'était peut-être mieux comme ça en fin de compte. Au moins, il cesserait d'entendre son père lui rabâcher les oreilles sur cet enfant prodige qui avait détruit un sorcier très puissant à seulement quinze mois.

Si Lucius pouvait voir Potter en ce moment, nul doute qu'il serait déçu. Drago, lorsqu'il avait appris que l'enfant était parmi eux, s'était empressé d'aller le voir pour le rencontrer et tenter de devenir son ami. Il était tombé des nus. Harry Potter était très loin d'être cette image que le blondinet avait. C'était un gamin maigrichon, pâle, aux cheveux dans un tel état que même des rats n'en auraient pas voulu comme nid. Un sorcier qui défendait les traîtres à leur sang, les miséreux comme Weasley et s'attachait bêtement à des hybrides comme ce demi-géant, Hagrid. Définitivement pas ce que Lucius – et Drago – avait espéré de la part de la personne qui avait détruit Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.

– Zabini, Blaise, appela McGonagall plusieurs minutes plus tard.

Drago se tint droit, attentif, alors que son meilleur ami – tout dernier – approchait du tabouret, l'air impassible. Le blondinet savait que Blaise était tout aussi terrifié que lui-même l'avait été.

Le Choixpeau fut posé sur sa tête, le tout dans un silence absolu.

– SERPENTARD, brailla l'objet.

Le jeune Malefoy ne put retenir un sourire. Il était à Serpentard, son père serait satisfait et mieux encore, il ne serait pas seul puisque son amoureux serait avec lui.

Sa scolarité s'annonçait parfaite !


Alors? J'arrête mes vignettes?

Si vous voulez lire quelque chose de particulier entre eux, je suis preneuse d'idées. Pas que j'en manque mais c'est aussi un moyen pour vous de "participer". Bien évidemment, ne me demandez pas de citron, il y en aura au moins un. Certaines vignettes sont déjà écrites. Pour l'instant, j'en suis à 11, minus celle-là.

Si votre proposition me tente, je rendrai à César ce qui lui appartient.