Déjà merci à tous ceux et toutes celles qui prennent le temps de lire ces vignettes. Savoir que ce couple si peu usité et qui n'était pas favori au début plaît autant, ça me faire rudement plaisir

J'ajoute aussi que les personnes qui veulent lires des passages en particulier pour des vignettes, qu'elles m'en fassent part en review, en MP. Pour l'instant, il y a 21 vignettes prévues, j'ai des idées notées pour 6-7 de plus (dont celle de Stormtrooper2 et O'Cahan). Je vous dirai si c'est déjà écrit ou pas.

Petite note et après, je vous laisse tranquille : quand j'écris FIN à la fin des vignettes (ce qui arrive rarement, donc je comprends votre inquiétude) c'est juste pour marquer la fin de la vignette, pas celle de l'histoire. Pour l'instant, ces vignettes continuent au moins jusqu'au numéro 27.

Maintenant, bonne lecture

Rating T


Vivants

Parc de Poudlard, 2 mai 1998

Il était mort. Le Lord était mort. Blaise n'arrivait pas à en croire sa chance. L'un des plus grands sorciers de tous les temps était mort et lui, petit sorcier qui n'avait pas encore fini ses études, était encore en vie, planté au milieu de la Grande Salle, non loin de la dépouille de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom.

Tous les survivants hurlaient leur joie d'être en vie. Blaise était trop sonné pour faire comme eux. Il s'était battu fièrement contre le camp du Seigneur Noir, même si cela voulait dire qu'il s'était battu contre Drago. Il n'avait pas fait beaucoup de victimes, surtout que ses connaissances en sorts de défenses n'étaient pas suffisantes pour se battre. Il avait vu parfois des Gryffondor être plus virulents que lui, un Serpentard.

Comme quoi, Drago avait tort, les maisons ne prouvaient rien. Il en avait eu la preuve sous les yeux. Les Poufsouffle, les Serdaigle et les Gryffondor s'étaient battus avec courage. Les Blaireaux avaient montré une hargne que jamais Blaise n'aurait cru voir chez eux.

Et les Serpentard, qu'avaient-ils fait ?

Après avoir été emmenés par le concierge dans leur salle commune, à cause de cette bécasse de Pansy, certains étaient restés terrés par peur. Blaise comprenait les plus jeunes mais pas la plupart des Sixième et Septième Année. Lui n'avait pas pu rester en bas. Pas alors que Drago n'était pas présent. Il avait éprouvé le besoin de le chercher même s'ils ne se parlaient plus depuis que son amant avait choisi son camp. Le mauvais.

Blaise s'était battu. Pour rester en vie. Et aujourd'hui, il l'était. Dans le camp des vainqueurs, debout sur ses pieds, le cœur battant dans sa poitrine.

Il savourait le fait de ne pas être étendu par terre, comme ces morts. Il appréciait le fait de respirer, même l'odeur du sang, de la chair calcinée par les sorts.

Blaise Commode Zabini était en vie.

– Blaise ! hurla la voix inquiète de sa mère, Claudia.

Il se retourna pour la voir fureter partout, les yeux grand ouverts pour ne pas rater son fils. Elle était là, à quelques mètres de lui, sans le voir.

– Maman, ne put-il s'empêcher d'appeler.

Claudia leva les yeux vers lui et son visage exprima un soulagement indicible. Elle ne put se retenir de se jeter dans ses bras et de le serrer contre elle. Son enfant avait une bonne tête de plus qu'elle, aussi posa-t-il sa joue sur ses cheveux. Pourtant, Blaise eut l'impression d'être de nouveau ce petit garçon qui regardait sa maman de haut, qui le prenait sur les genoux pour lui faire des câlins.

– Mon bébé, mon chéri. Tu es là. J'ai eu tellement peur quand j'ai appris que la bataille se déroulait ici, à Poudlard alors que tu y étais. Tu n'es pas blessé, n'est-ce pas ?

Elle se recula et examina son fils unique, son trésor, avec le regard d'une mère terriblement inquiète et soulagée de le voir en vie.

– Je vais bien maman. Je vais bien. Tout va bien. Il est mort.

Il attira Claudia contre son cœur et respira à pleins poumons ce parfum dispendieux et à l'odeur forte avec beaucoup de délectation. Sa mère était vivante, tout comme lui et ce parfum était là pour le lui rappeler.

– Je t'aime mon chéri, murmura Claudia en s'éloignant de Blaise, ses mains dans les siennes. Merlin, comme tu ressembles à ton père. Si tu savais comme il serait fier de toi.

Sa mère éclata en sanglots, ses nerfs la lâchaient. Blaise lui caressa les cheveux et l'embrassa sur la tête tout en la serrant fort dans ses bras, heureux d'entendre ces mots.

– Rentrons mon chéri.

Ces trois mots furent comme un déclic dans l'esprit du jeune homme. Il ne pouvait pas partir. Pas avant d'avoir pu voir Drago, d'avoir pu vérifier si son amant était encore en vie.

Cette année, ils n'avaient pas pu être ensemble. L'un à Poudlard et l'autre au manoir Malefoy. Ils ne s'étaient échangés aucune lettre. Aucun n'avait désiré cette séparation. Ils n'avaient pas eu le choix et être dans deux camps séparés n'avait pas facilité les choses.

Il s'arracha à l'étreinte de sa mère et se dirigea vers la porte, faisant fi des médicomages qui essayaient de le retenir. Son esprit ne cessait de faire tourner en boucle qu'il devait retrouver Drago.

– Blaise, cria Claudia.

– Je reviens maman, la prévint-il. Je reviens, je te le jure.

Une fois hors de la Grande Salle, il nota à peine les débris et pans entiers de murs qui étaient par terre. Les cadavres avaient été apportés dans le réfectoire, s'alignant les uns à côté des autres, avec les vivants pour les pleurer.

Blaise attrapa un homme par le poignet, se moquant de savoir ce qu'il était, sorcier, cracmol, bon, méchant... Il voulait juste des informations concernant Drago. Il n'avait pas vu son cadavre dans la Grande Salle, ce qui augurait, en théorie, de bonnes nouvelles. Drago était peut-être en vie.

– Vous avez vu les Malefoy ?

– Non, je...

Mais avant que l'autre ne termine sa phrase, Blaise s'était déjà éloigné et descendait les marches qui menaient vers le parc.

– DRAGO, hurla-t-il. Dray, réponds-moi, je t'en supplie, ajouta-t-il tout bas. Merlin, faites qu...

– BLAISE ! cria-t-on derrière lui.

Le jeune homme se retourna brutalement. Cette voix, il la connaissait et pourrait la reconnaître entre milles. Drago était là, dans son dos, en haut des marches. Il était légèrement blessé. Une ecchymose marquait sa joue, ses vêtements étaient déchirés. Mais il allait bien, il était en vie lui aussi.

Drago descendit en courant l'escalier jusqu'à être à la même hauteur que Blaise. Le couple se regarda, séparé de quelques pas. Puis le brun fit le premier geste. Il se jeta presque sur la bouche de son amant, se moquant éperdument de ce que les gens pouvaient dire face à leur relation. Il venait de vivre une guerre, le reste n'avait pas vraiment d'importance en cet instant.

Il serra Drago contre lui comme avec sa mère quelques minutes auparavant. Sa chaleur, son odeur, son corps lui avaient terriblement manqué. Cette année avait été longue et difficile loin de celui qu'il considérait comme étant l'amour de sa vie.

– Je t'aime, je t'aime, je t'aime, souffla le blond contre sa bouche, ponctuant chacun de ses « je t'aime » d'un baiser.

Blaise ne put retenir ses larmes.

Ce jour était peut-être le plus beau de sa vie.


FIN