On change de rating même s'il n'y a rien de vraiment... M...pour l'instant
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Prémices
La Roseraie, Côte d'Azur, 3 juillet 1995
Dans la « petite » chambre du « petit » manoir de la Roseraie, l'heure n'était pas au sommeil.
– Tu crois que... souffla Drago à Blaise assis contre lui sur le lit qu'ils se partageaient.
Il y en avait un autre calé contre l'autre mur mais ils avaient décidé de ne pas l'utiliser. Pas alors qu'ils dormaient ensemble depuis des années.
À la lueur d'une bougie, les deux garçons lisaient et s'instruisaient avec une certaine passion le magazine que Blaise avait acheté quelques semaines auparavant.
– C'est la photo qui le montre, répondit justement ce dernier tout bas.
Il avisa l'air surpris voire franchement horrifié de son petit ami.
– Ça doit faire mal !
– Chut, ordonna Blaise alors que la voix de Drago résonnait brutalement dans la pièce silencieuse.
À cette heure, les Malefoy devaient dormir et les adolescents se devaient d'en faire autant. Sauf qu'ils n'en avaient aucune envie. Ils avaient passé la journée à la plage et même l'air iodé ne les avait pas assommés.
Le cœur battant, ils ne firent aucun bruit afin de repérer si quelqu'un bougeait dans la maison. Ce qui ne semblait pas être le cas, à leur grand soulagement. Ils se penchèrent donc sur le magazine de Blaise, dévorant les images animées qui montraient clairement une activité sexuelle entre deux hommes.
Zabini avait désiré en savoir davantage sur le principe. Il n'avait que la théorie mais n'avait jamais, avant ce soir, pu déterminer à quoi cela pouvait bien ressembler faire l'amour entre deux hommes.
Il était particulièrement intéressé par ce point parce qu'il souhaitait, un jour, sauter le pas avec Drago. Entre eux, ce n'étaient que des caresses, plus ou moins osées, des baisers mais ils n'étaient pas allés plus loin.
– Blaise, comment on peut faire rentrer ça là-dedans ?
Blaise se mordit la lèvre, incertain. Cela, il n'en savait rien. Le magazine ne montrait que des images de sorciers très bien faits.
– J'suppose que ça doit rentrer.
Drago secoua la tête, les yeux écarquillés. Imaginer seulement un sexe pénétrer son intimité, il était au bord de l'agonie. Pour lui, ça ne pouvait pas passer. Le petit trou était justement trop petit pour laisser passer une hampe tendue et épaissie par le plaisir et le désir. Il le savait, il avait tâté une ou deux fois.
– J'te préviens que c'est pas moi qui ferai lui, objecta Drago en désignant le sorcier qui, avec un air d'extase, se faisait malmener par son partenaire et appréciait grandement ce traitement.
– Si tu veux, je peux.
– T'es fou ! Tu veux...
– Mais tais-toi Dray ! On va se faire repérer ! chuchota Blaise en crachotant.
– Ça va te faire mal.
– Il n'a pas l'air d'avoir si mal que ça.
– Oui mais lui sait s'y prendre. Moi pas.
– On peut toujours s'entraîner, murmura Blaise. Après, cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage (1) ? Non.
– Qui a dit ça ? demanda Drago, vaguement intéressé.
– Aucune idée mais on s'en fiche non ? J'ai envie d'essayer, souffla Blaise.
Drago se tourna vers lui, interloqué. Essayer quoi ? De reproduire l'image de ces deux beaux mâles se faisant du bien l'un l'autre ? Lui ne se sentait pas prêt à sauter le pas. Il aimait bien les caresses, les baisers, ce qu'ils faisaient tous les deux. Parce que c'était tout doux, tendre et que ça ne faisait pas de mal.
Drago n'était pas prêt.
Une bouche se posa sur la sienne pendant qu'un corps l'allongeait sur le lit qui grinça légèrement.
Dans la « petite » chambre du « petit » manoir de la Roseraie, l'heure n'était pas au sommeil.
À suivre
(1) Nicolas Boileau et la citation n'est pas tout à fait celle-là sauf que c'est ainsi que je l'a apprise
