Le jugement
Sansa aurait voulu qu'elle soit folle. Ça aurait été plus simple, en tout point de vue. Sa naïveté aurait été conforté parce qu'après tout, qui est-elle pour se rendre compte de la folie des uns et des autres ?
Mais bien entendu, aucun d'eux n'avait droit au grelot.
La vie, ce n'est pas les gentils et les fous. Sansa l'a compris tard mais tout de même, elle a fini par comprendre. Joffrey n'avait rien d'un échappé il prenait plaisir à la souffrance des autres, à éprouver sa supériorité et à écraser sa volonté par la sienne royale et donc divine.
Mais plusieurs auraient réagi ainsi face à cette omnipotence. Il lui suffisait de voir certains des gardes royaux. Il n'attendait qu'une occasion de faire démonstration de leur force, sur qui importait peu à cet instant.
Sansa inspira l'air froid qui nettoyait sa gorge.
Son esprit pensa à Cersei à la longue chevelure blonde et à l'air hautain et méprisant. Elle était si prompte à faire entendre son grelot, imposant sa volonté par la persuasion si possible, la force quand on suggérait une quelconque opposition.
Mais évidemment, ce n'était pas le cas. En un sens, elle voulait exactement ce que Sansa voulait : le respect, la liberté et la protection de ses êtres chers. Malheureusement, elles s'y prenaient de manière totalement différente l'une de l'autre. Cersei était prête à faire couler n'importe quel sang au point que ses êtres chers se retournaient contre elle. Sansa préférait exécuter la loi du talion afin qu'aucun descendant ne vienne lui chercher des poux.
Même si dans le cas de Ramsay, personne ne pourrait décemment chercher vengeance.
Elle demanda à Pod de réunir les vassaux et soldats du Val. Sansa n'aimait pas répandre la mort et dès qu'elle eut la certitude que le dernier Bolton périrait, elle s'était détournée du spectacle. Ce qu'elle avait voulu avant tout, c'était voir cette panique – comique chez l'auto-proclamé seigneur.
Ce dernier était-il vraiment différent de Joffrey ? Où avait-il simplement poussé le vice dans ses derniers retranchements ? Elle se rappela qu'il était assez ambitieux pour tuer son père, assez tordu pour jouer un rôle ou l'autre, assez égocentrique pour s'occuper de ses prisonniers en particulier. À moins qu'il craigne que quiconque fléchisse et se montre trop clément à ses yeux.
Mais il était bien trop uniforme, trop rationnel dans ses tortures, trop systématique pour être autre chose qu'une horreur humaine.
Et ses diverses Némésis lui avaient appris à juger. Parce qu'elle n'osait auparavant jamais donner son avis en particulier face aux divers seigneurs et châtelaines. On lui avait trop de fois répéter qu'elle n'avait aucune compétence pour qu'on lui prête attention. Alors elle subissait les toquades et desiderata des uns et des autres, incapable de prendre de la hauteur et de les soumettre à son jugement.
Car finalement, c'était ça qui lui avait manqué. Elle avait supprimer son avis, annuler sa capacité de penser et de juger ce qui l'avait automatiquement réduite à une poupée de chiffon, facile à détruire.
Heureusement, elle avait grandi. Elle avait appris.
Elle fit face au protecteur du Val, Lord Baelish la regardait avec surprise. Parfait. Elle savait tout ce qu'il y avait à savoir. Ce qu'il voulait le trône et elle si possible. Ce qu'il avait fait tué Lord Jon Arryn, trahi son père, trahi sa mère, tué sa tante, l'avait vendue au Bolton et sans compter les multiples complots dans lesquels il avait mouillé. Et il n'était pas fou il avait joué au jeu du trône persuadé de pouvoir profiter de leurs querelles pour les détruire tous, et il avait perdu.
C'était pour cela qu'il allait mourir.
Note : le grelot est une insigne de folie il existe donc les expressions « avoir droit au grelot » ou « bien mériter son greot » pour signifier être fou ou se conduire de manière insensée « faire entendre son grelot » signifie simplement parler, faire entendre sa voix.
Cette fic est écrite pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Grelot" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP.
