Merci pour vos commentaires ! Et tant mieux si cette histoire vous plait malgré son humour… un peu noir.
Voldemort fait une apparition dans ce chapitre, saurez-vous le trouver ?
Bonne lecture
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Chapitre 4 : L'enfance (III)
Janvier 1951
Location: Londres
Le staff avait décidé d'emmener les enfants au bord de la mer pour célébrer Nouvel An. Les enfants, fous d'excitation, empaquetèrent leurs affaires de bain comme il le leur fut indiqué.
Pour une fois, Marcaunon était content de pouvoir les accompagner.
Après un certain massacre, Mme. Cole lui avait interdit de sortir en excursion. Il en serait normalement heureux, mais après quatre longues années de détention; il méritait un peu d'air frais.
La raison pour laquelle Mme Cole lui avait donné l'autorisation était que le personnel faisait pression sur elle, lui disant qu'elle était injuste; il ne pouvait même pas sortir dans la cour arrière. Ils avaient tous oublié leur impression de malaise quand ils se tenaient près de lui, ne voyant plus qu'une brillante innocence.
Ça ne le dérangeait pas.
OOOO
Une grande silhouette encapuchonnée se tenait au milieu d'une plage déserte, le regard fixé sur les vagues tandis qu'il était perdu dans ses souvenirs.
L'individu dû rapidement revenir sur terre lorsque des bruits d'enfant que les gens appelaient "rires" se firent entendre, augmentant petit à petit. Il avait l'impression qu'ils se rapprochaient de lui. Il se plaça derrière un récif et ce qu'il vit le fit grimacer.
Des uniformes gris familiers et des gardiennes tout autant familières le poussèrent à afficher son dégoût sous l'ombre de son capuchon. Juste au moment où il s'apprêtait à partir, il sentit une présence magique; ceci lui fit faire une pause et il se força à observer plus attentivement les enfants.
L'aura était familière.
Ses yeux tombèrent sur un enfant aux cheveux noirs qui portait d'immondes lunettes rondes, leur verre teinté de rose, et au-dessus duquel virevoltait un petit papillon. L'enfant semblait avoir à peu près sept ans, mais sa petite figure lui était dissimulée par un enfant plus âgé et plus grand – qui lançait à son compagnon un regard méfiant. Le garçon – bien que son apparence ne rende pas son sexe des plus évidents – lui était familier en quelques sortes, mais il n'arrivait pas à se remémorer où il avait vu ces traits auparavant. L'enfant tenait une peluche de serpent blanc et à cela l'individu ne put s'empêcher de sourire un peu gauchement - une expression qui témoignait du fait que cette personne n'avait jamais souri honnêtement au cours de sa vie.
Il se souvenait avoir posséder un jouet pareil en son temps à l'orphelinat.
La gardienne en chef vint se saisir du garçon et le traina vers le rocher derrière lequel il se cachait. Il avait déjà pris soin de supprimer son aura magique et ne s'inquiéta donc pas d'être repéré.
La femme et l'enfant s'avancèrent juste assez pour que le sorcier ait une bonne vue de leurs expressions faciales, mais il ne pouvait percevoir ce qu'ils disaient. Il remarqua un bleu en forme de main se former juste à l'endroit où la gardienne avait tenu l'enfant par le bras. Le garçon jeta à peine un regard à la marque avant de reporter son attention sur son interlocutrice.
Les lèvres de la femme se mirent à bouger rapidement, et il vit celles du garçon former une grimace.
Sans prévenir, la femme leva la main comme si elle s'apprêtait à gifler l'enfant, mais hésita et la laissa finalement retomber mollement à ses côtés.
« Admets-le! » Il l'entendit crier.
Ils continuèrent à argumenter avant que la gardienne ne se taise et s'éloigne.
Le garçon restait silencieux, le dos droit et le visage dénué d'émotion. Le silence se prolongea et le seul bruit qui se fit entendre fut celui des vagues venant se briser sur les récifs.
L'enfant se mit à trembler. Il pensait que le garçon allait se mettre à pleurer mais en voyant son expression il dû réviser son opinion. L'enfant tremblait d'une furie à peine contenue.
Après avoir passé quelques minutes à prendre de profondes inspirations, ce dernier se calma et se retourna pour observer la vaste étendue d'eau avec émerveillement. Comme si c'était la première fois qu'il voyait l'océan – il pouvait compatir avec ça.
Il ne parvenait pas à se défaire de cette impression de déjà-vu. Est-ce que l'un des parents de cet enfant avait été l'un de ses camarades de classe? Après avoir observé encore une fois sa face, il se retourna et se dirigea vers une grotte à proximité; il avait du travail sur la planche.
Si il était resté une seconde de plus, il aurait vu plus en détail le visage du garçon. Et plus jamais il n'aurait laissé l'enfant tout seul. Plus jamais.
Marcaunon fixait, émerveillé, le vaste océan. Il avait tant espéré voir un tel spectacle; le bleu profond de l'eau, les vagues fortes sur lesquels naviguaient au loin les petits navires. Il se souvint alors de la terre poussiéreuse et des nuages verts foncés, et se hâta d'ôter ses lunettes; ne se souciant pas de surprendre ainsi son surveillant attitré. Sa vision teintée de rose fut alors remplacée par un magnifique bleu et un jaune éblouissant.
C'étaient des couleurs heureuses, magiques.
Il sentit la brise écarter les mèches de son visage et sourit, profitant de cette sensation de fraîcheur et sentant les couleurs lui monter aux joues.
Son esprit se fit plus clair tandis qu'il se concentrait une dernière fois sur cette vision merveilleuse, imprimant l'image dans sa mémoire pour l'éternité. Peut-être qu'il pourrait la recréer en peinture ?
C'était incroyable. Complétement à l'opposé de cette terre condamnée qu'il appelait jadis maison. C'était comme comparer un basilic avec un verre de terre.
La frustration accumulée au cours des dernières années s'évanouit et il se détendit, pour une fois qu'il pouvait éviter les regards curieux, laissant les larmes couler librement le long de ses joues. Il put goûter le sel de celles-ci et laissa échapper un sanglot.
C'était un spectacle magnifique.
Mars 1953
Location: Orphelinat de Wool
Contrairement à ce que les autres enfants croyaient, Marcaunon ne torturait pas les pauvres petits animaux qui s'aventuraient au-delà des grilles de l'orphelinat. Il ne se comportait pas comme un monstre envers ces adorables créatures innocentes.
Il leva les yeux du journal qu'il tenait quand il sentit une chaleur étrange au niveau de sa cheville. Alors qu'il s'était assis dans un coin, les jambes croisées, un chiot de rue était venu se coucher à ses côtés.
Immédiatement il voulut faire des mamours à la petite boule de poils, mais résista à la tentation. Il avait une image à maintenir après tout.
Les autres résidents de Wool lançaient des regards de pitié au chiot, au grand amusement de Marcaunon. Il laisse son journal de côté pour tendre les jambes et prendre l'animal sur ses genoux afin de le caresser.
Ce dernier geint de surprise mais se tint au sinon tranquille.
Il soupira de contentement et se perdit dans des pensées heureuses; les animaux étaient tellement mieux que les humains.
Décembre 1954
Location: Orphelinat de Wool
Avez-vous jamais connu l'amour au premier regard? Oui? Alors toi mon ami, tes parents t'ont laissé tomber sur la tête quand tu n'étais encore qu'un bébé. Dommage.
Beaucoup d'orphelins le savaient, Marcaunon était un magnifique spécimen de la race humaine. Son visage aux structures aristocratiques, le nid noir jais et désordonné qu'il appelait cheveux, les lèvres rosées et tentantes qui feraient battre à la chamade le cœur de n'importe qui, sans oublier ses yeux écarlates aux allures démoniaques entourés de long cils et cachés derrières d'affreuses – Immondes, bien qu'aucun orphelin ne se risquerait à le dire à haute voix – lunettes rondes teintées de rose.
Son corps était frêle et délicat, mais pas au point de le confondre avec celui d'une fille même si on avait généralement besoin d'un certain temps pour identifier son sexe sur seule base de son physique. Il avait toujours un ou deux papillons sur son épaule, ses verres ou dans sa chevelure qui ne manquaient pas à souligner encore sa beauté – comme les créatures fantaisistes dans les contes des Parasites.
Quand il parlait, sa voix seule suffisait à réduire au silence une pièce complète de morveux; dommage qu'ils ne l'aient jamais entendu rire de bon coeur. Sa posture était parfaite et si quelqu'un devait avoir l'idée de lui mettre une pile de livres sur la tête, celle-ci resterait bien droite même s'il marchait.
La plupart des filles le voyaient comme le prince parfait des contes de fées, tandis que les garçons l'imaginaient en tant que demoiselle en détresse – ou une personne à harceler – à cause de son apparence quelque peu fragile. C'était du moins les opinions de ceux qui ne l'avaient qu'aperçut de loin et ne lui avaient jamais parlé, le confondant avec un simple petit garçon qui cachait derrière ses lunettes des traits angéliques.
Durant l'année des dix ans de Marcaunon, l'orphelinat vit arriver une nouvelle occupante. Les yeux des adolescents brillaient tandis que les petites filles parlaient de cette nouvelle comme de leur idole ou d'une célébrité. Son nom était Amanda Wakefield. C'était une vraie rousse dont les cheveux descendaient en cascade jusqu'au haut de ses reins, et dont le front était caché derrière des mèches. La forme de son visage contrebalançait un peu ses simples yeux marron et de courts cils. Elle était grande et ses atouts féminins avaient déjà commencé à se développer, au grand plaisir des orphelins mâles bourrés d'hormones.
Amanda avait 13 ans, et elle tomba amoureuse d'un garçon plus jeune de trois ans.
Alors que cette fille avait été occupée à se lier d'amitié avec les autres enfants, grands ou petits, Marcaunon avait été enfermé dans sa chambre par Mr. Smith; l'officier de probation de Marcaunon qui l'avait injustement accusé d'avoir tué le serpent apprivoisé de l'orphelinat que Martha avait amené pour les jeunes enfants. Quelle ironie.
Il était offusqué que l'homme puisse seulement imaginer qu'il veuille nuire à son animal préféré.
Mr. Smith n'écouta pas ses arguments et décréta qu'il pouvait l'avoir fait pendant la nuit, lorsque les autres dormaient. Marcaunon lui donna une liste de raisons pour lesquelles cette hypothèse n'était pas plausible. Sa récompense fut d'être jeté dans sa chambre. C'était son dernier jour d'observation mural, et il était plein de l'énergie accumulée au cours de la semaine. Sa chambre était déjà trop petite pour tourner en rond, alors autant oublier l'idée de faire des exercices.
Il perçut les pas de son garde avant même que le cliquetis des clés dans la porte ne se fassent entendre, et fut ensuite accompagné jusqu'à la salle à manger. Son garde le laissa juste après avoir placé devant lui un bol rempli d'une substance épaisse et grisâtre, à son grand soulagement. Il détestait que les Parasites le touchent – ou le trainent – comme s'il était une poupée Marcaunon grandeur nature.
La substance douteuse qu'ils appelaient nourriture était repoussante et il ne put s'empêcher de se plaindre, encore une fois, des capacités de la nouvelles cuisinières. Même lui savait que du flocon d'avoine n'était pas supposé être si dur.
« Salut! » Le salua une voix énergique venant d'en face de lui. Beaucoup trop énergique et optimiste à son goût en fait, à tel point que l'avoine lui sembla soudainement trop sucré. Alors qu'il n'y avait pas une once de sucre dans cette préparation.
Comme à son habitude, il ignora l'enfant qui était assez brave – stupide – pour ne serait-ce qu'oser lui parler. L'être inférieure ne parut pas comprendre qu'elle était consciemment ignorée et s'éclaircit bruyamment la gorge.
« Salut! » le salua-t-elle encore une fois, avec encore plus d'enthousiasme, tout en s'asseyant.
Il continua à manger juste pour marquer son point. Il devra dire à son serviteur de lui amener de la nourriture convenable; peut-être du chinois. Il avait tout à coup une envie folle de–
« Eeh! Je sais que tu as faim, mais une demoiselle est en train de te parler. » Dit-elle, interrompant ses pensées pourtant bien plus intéressantes qu'elle.
Marcaunon posa sa cuillère et s'essuya la bouche élégamment avec un morceau de tissu, et, comme pour retarder l'inévitable; il but aussi son verre d'eau.
La fille attendit patiemment – tout en tapotant ses doigts sur la table par impatience – qu'il finisse avant de lui adresser à nouveau la parole.
« Donc… Qui es-tu? »
« Il est d'usage de d'abord se présenter avant d'interroger les autres. »
Elle agita la main d'un air nonchalant.
« Nous sommes encore des enfants. C'est pas très grave. Alors t'es qui?»
« Si tu désires tellement rester anonyme toi-même, tu comprendras mon absence de réponse. »
« Arghhh bon ! Tu devrais te relaxer un peu. Mon nom c'est Amanda Wakefield. J'ai 13 ans et je suis arrivée y a juste une semaine. Je ne t'ai jamais vu dans le coin… t'es aussi un nouveau? On pourrait explorer cet endroit ensemble. »
Il soupira discrètement avant d'observer l'adolescente – qui déformait sa bouche en une face de canard tellement hideuse qu'il dû contenir une grimace – et répondit calmement.
« Certainement. »
« Alors? » demanda la fille, Wakefield, avec impatience.
Marcaunon n'en fut guère amusé.
« Pardon? »
« Je me suis présentée maintenant, maintenant c'est ton tour. Et je t'ai aussi demandé si t'étais nouveau. » Déclara-t-elle l'air hautain.
Il ravala une nouvelle grimace et répondit d'un ton suave.
« Je suis ici depuis toujours et tu peux m'appeler Gaunt. »
« Gaunt? C'est ton nom? »
« Mon nom de famille. »
« C'est quoi ton prénom? »
« Tu peux m'appeler Gaunt.» répéta-t-il
« Le nom que tes parents t'ont donné! Ce par quoi les autres t'appellent !» répliqua-t-elle, agacée, tandis qu'il prenait une gorgée d'eau pour cacher son amusement.
« Je ne sais pas si ce par quoi on m'appelle est vraiment le nom que mes parents m'ont donné. »
« Alors dis-moi le nom que les autres utilisent! »
« Définis plus précisément les "autres". »
« Arrêtes ça! Dis-moi juste ton nom à la fin! » Il pouvait deviner qu'elle était sur le point de recourir à des moyens physiques pour lui arracher la réponse, s'il s'en fiait à ses poings serrés.
« Si tu insistes. »
« J'insiste! »
« Marcaunon. »
« Quoi? Ça veut dire quoi ça? »
« C'est mon nom. »
Elle soupira bruyamment avant de reprendre contrôle d'elle-même et de lui sourire doucement tout en battant des cils – quasi-non existants.
« Mmmh… Tu vas me montre l'orphelinat, Marc? »
« Je suis sûr que tu as eu assez de temps pour partir à l'exploration, et ce bâtiment est loin d'être un labyrinthe. De plus je ne t'ai pas donné l'autorisation de m'appeler par mon prénom, et encore moins par un surnom. »
Il bailla.
Elle sembla confuse, mais l'ignora pour rester dans son rôle d'"adorable" petite fille.
« Je, je ne suis pas très douée avec les euh... directions! Et ne sois pas si coincé, c'est juste un nom! »
« Alors peut-être que ce qu'il te faut c'est une carte, et non pas un guide de visite. » Il lui sourit poliment avant de se lever, laissant une adolescente béate derrière lui.
Il avait supposé qu'elle le laisserait tranquille après cette conversation. Mais il avait, bien sûr, complètement tort. Il aurait parié que quelqu'un avait jeté un sort sur l'orphelinat pour qu'il soit toujours contredit.
Wakefield apparaissait aux endroits auxquels il s'attendait le moins chaque jours, et blablatait avec lui comme toutes les adolescentes femelles le faisaient entre elles. Elle lui racontait les rumeurs et tentait d'entamer des conversations avec lui. Mais tout était coupé court pas une réponse habituellement du type….
« Eh Mar– Gaunt. Mmh, tu … euh ya quelqu'un qui te plait? »
« Non. »
« Vraiment? Tu es sur… Je veux dire, je le dirait à personne, promis. »
« Non. »
Ou…
« Tu aimes lire? Je te vois toujours avec un à la main. »
« Ouiii. »
« Mmmh.. quel type de livre tu préfères? »
« Tout me va. »
« Oh.. Euh.. Ok… »
Ou…
« Pourquoi tu veux pas qu'on t'appelle par ton prénom ? »
Haussement d'épaules.
« Alors c'est bon si je… » Dit-elle les yeux pleins d'espoir avant qu'il ne l'interrompe.
« Non. »
Fin de la conversation.
Elle était si têtue qu'il en venait à regretter son mur. Il n'avait pas la moindre idée du pourquoi elle s'obstinait à lui gâcher son temps libre. Il aurait pu s'adonner à une activité bien plus productive, comme l'observation murale, si ce n'était pour ses interférences.
Il pouvait tolérer sa présence jusqu'à un certain point, et ce point fut franchi lorsqu'elle s'invita sans permission dans sa chambre, son havre de paix privé.
Elle avait eu l'audace de crocheter la serrure de sa porte – et par Morgane, ou avait-elle donc appris à faire ça ? – et était entrée la tête haute, comme si c'était son territoire. Il était sorti de son lit et lui avait dit le plus poliment possible de dégager de là. Evidemment, elle fit la sourde oreille – ou peut-être était-elle réellement sourde – et s'assit sur le lit tout en continuant son blablatage insensé.
Son rageomêtre atteint le niveau maximum et explosa, faisant se fermer d'elle-même sa porte. Elle cria de frayeur et vint se cramponner à son bras, ce qui fut une mauvaise idée de sa part. Il ferma la porte à clé d'un claquement de doigt et l'attrapa par la nuque.
Elle commença à se débattre mais il la calma avec sa magie.
« J'en ai assez de tes fantaisies. Je ne suis pas ton chevalier en armure. Je ne suis pas quelqu'un chez qui tu peux venir pleurnicher. Je ne suis pas une personne patiente, et si je te tolérais jusqu'ici c'était parce que tu es nouvelle et atrocement curieuse. Maintenant, tu as réussi à rendre ta présence tout à fait insupportable à mes yeux et je pourrais littéralement sentir tous mes neurones se décomposer à force de prêter attention à tes actes ou à tes mots. Sois honorée que je sois celui qui mette fin à ta pitoyable existence. » Siffla-t-il, un accent de fourchelang ressortant dû à sa fureur.
Il avait passé la majorité de sa vie à parler la noble langue des serpents, avant même qu'il n'arrive dans cet orphelinat. Ceci lui avait laissé un accent légèrement siffleux qui aurait pu sonner assez érotique si ce n'était pour ses yeux enragés.
Il jeta quelques sorts d'isolation avant de lâcher sa nuque. Elle fut incapable de bouger ou d'émettre le moindre mot, à moins que de pathétiques sanglots ne comptent comme tel.
Marcaunon enleva ses lunettes et sortit une dague de sous son oreiller.
Tandis qu'il s'approchait, ses glamours s'estompèrent, révélant les cicatrices sur les parcelles de peau que ses vêtements ne recouvraient pas.
« Pouvons-nous commencer? » demanda-t-il d'un ton innocent en dépit du sourire cruel qui s'étendit sur son visage.
Wakefield cria, mais aucun autre résident de l'orphelinat de Wool ne l'entendit.
OOOO
Le lendemain, on put voir Marcaunon dans la salle de jeux, en train de lire le journal. Soudainement, il tomba sur un article à la lecture duquel il ne put s'empêcher de rire. Il reportait que la police avait découvert une adolescente, à peine en vie alors que son assaillant l'avait éventrée et extrait un à un les organes de son corps. Ses entrailles avaient été placées au centre d'un symbole dessiné avec son propre sang. La police était horrifiée et n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait encore être en vie quand ils l'avaient trouvée, mais elle succomba à ses « blessures » lors du trajet menant à l'hôpital.
Le clergé persistait à dire que c'était là l'oeuvre d'un démon, prenant pour preuve le symbole dessiné à côté du corps. Les enquêteurs ignorèrent ces hypothèses et attribuèrent ce crime à l'auteur d'un cas concernant un certain rituel. En effet, les dessins étaient identiques, et le précèdent n'avait pas été divulgué aux infos. Ils firent la promesse aux citoyens que le coupable serait bientôt confronté à la Justice.
Marcaunon rit comme un dément lorsqu'il parvint à la fin de l'article. Ceci effraya les autres orphelins, qui ne s'attardèrent pas plus longtemps dans la salle. Ils savaient très bien qui avait été vu en dernier lieu en compagnie d'Amanda Wakefield, mais aucun d'eux n'en piperait mot à la police, à moins de vouloir se retrouver éparpiller en morceau à travers le globe. Ce jour-là, ils prirent aussi l'habitude de mettre en garde les nouveaux orphelins contre Marcaunon s'ils ne voulaient pas finir six pieds sous terre.
…..
Un chapitre plus courts que les autres et un peu moins mouvementé. Néanmoins, il me semble nécessaire pour bien introduire le fonctionnement psychologique de Marc/Harry. Quand aux cicatrices, elles seront encore mentionnées plus tard.
Le prochain chapitre sera la dernière partie de « l'enfance ». J'espère que vous apprécierez toujours autant l'histoire, et j'accueille les bras grands ouverts tous les commentaires, sur l'histoire ou sur la traduction.
À bientôt
