Helloooo ! Désolée pour l'attente. Pour m'excuser, je vous ai traduis un chapitre complet ! Il ne fait pas beaucoup avancer l'intrigue, mais je me suis bien amusée à travailler dessus entre deux examens. Vous comprendrez pourquoi (j'espère).

Merci pour vos reviews.

Rappel : crédits à J. pour l'univers d'Harry Potter et à Genderlessperson pour cette fiction.

Bétatisé par Kieran Elddir ! (Merci pour la vitesse ^^)

¨*Fourchelangue

...

Chapitre 13 : Serpents et thérapie

1964

Localisation: Allée des Embrumes

Sa première année en tant qu'enseignant à Poudlard était épuisante. En effet, de nombreux étudiants doutaient de ses capacités et de ses connaissances car, à dix-neuf ans, il était le plus jeune professeur qui ait jamais été engagé à Poudlard. Leurs inquiétudes étaient donc tout à fait légitimes, particulièrement celles des élèves de sixième et septième année. Cependant, ils ne mirent pas longtemps à le traiter comme n'importe quel autre enseignant.

Acquérir leur approbation n'avait pas été un gros souci pour Marcaunon. Il avait tout le temps du monde, et il comptait bien rester là où il se trouvait assez longtemps pour assister à la montée au pouvoir de Voldemort et à sa chute. En outre, il avait bien envie de laisser les évènements suivre leurs cours jusqu'à l'apparition de Quirell. Il portait un certain intérêt à la pierre philosophale, un artefact dont il n'avait jamais pu dévoiler les secrets étant donné que les Flamel n'avaient laissé aucune note derrière eux qu'il aurait pu étudier ou utiliser pour en créer une nouvelle.

D'un autre côté, Marcaunon était légèrement préoccupé par son apparence physique. En tant que Maître de la Mort, son corps ne vieillirait pas plus que son état actuel, le passage du temps n'aurait plus d'empreinte sur lui et il serait coincé dans l'adolescence pour l'éternité. Il était déjà difficile de convaincre les gens qu'il approchait la vingtaine… Dans son ancienne vie, Ginny avait quelque peu blessé son orgueil en lui faisant remarquer qu'il ressemblait plus à un garçon de seize ou dix-sept ans qu'à un homme de trente ans. Maudits Dursley! Il gèlera en enfer avant qu'il leur pardonne de l'avoir affamé toute son enfance.

Un instant ! Il s'égarait… Pourquoi penser aux Dursley? Son esprit avait la mauvaise habitude de sauter du coq à l'âne à tout instant…

Bref, pour revenir au sujet de départ, les gens commenceraient à se demander pourquoi il ne vieillissait pas, et il n'avait aucune envie de devenir le rat de laboratoire des Langues-de-Plomb. Une fois suffisait, merci bien. Bien sûr, la solution la plus simple aurait été d'utiliser des glamours, mais le directeur lui avait demandé –ordonné– de se limiter à ceux qu'il portait déjà, sans en ajouter davantage.

Marcaunon avait par la suite découvert que les lunettes de Dumbie étaient recouvertes de sorts anti-glamour, un peu comme l'œil magique de Fol Oeil, mais moins puissants et incapables de détecter le polynectar. Il pouvait charmer le directeur, lui mentir et prétendre qu'il avait honte de ses cicatrices pour que celui-ci l'autorise à garder ses glamours, mais il n'aurait pas de traitement de faveur supplémentaire.

Donc non, il ne pouvait pas utiliser les glamours pour se vieillir artificiellement. Eventuellement, il pourrait inventer une histoire comme quoi il était doté de gênes extrêmement avantageuses étant donné que Marchosias cesserait lui aussi de vieillir après un certain âge.

Outre son apparence, il avait eu quelques difficultés avec ses Serpentard. Son passé chez les blaireaux n'était pas une valeur ajoutée aux yeux des petits serpents. Cependant, il ne leur avait pas laissé le temps de faire assez de dégâts. Seulement un jour après son entrée en fonction, il avait déboulé dans leur salle commune et avait laissé sa magie déferler sur eux. Les serpents mis à genoux (littéralement), plus personne n'avait remis son autorité en question. Il lui arrivait encore de recevoir des regards admirateurs, pleins de respect ou de crainte, mais leur relation était principalement celle d'élèves et d'enseignement s'appréciant mutuellement.

En général, il adorait son travail. Néanmoins, en dépit du plaisir qu'il retirait d'enseigner et de guider ses élèves vers leur plein potentiel, la charge de travail lui avait valu plusieurs nuits blanches. Depuis ses quatre ans dans cette vie-ci, Marcaunon avait développé une aversion pour tout type de paperasserie. D'innombrables fois, il avait bénit l'inconnu qui avait inventé la potion magique énergisante, sa fidèle compagne lors de ses longues nuits de labeur.

Parfois, il se demandait pourquoi il prenait la peine de donner des devoirs à ces gamins ingrats qu'il appelait élèves. Tout ce qu'il recevait en retour, c'étaient d'illisibles gribouillis. La plupart avait une écriture de patte de mouche, et il avait dû leur donné une retenue pour leur apprendre à manipuler une plume correctement – surtout aux sang-de-bourbes.

Et bien évidemment, après que Dumb-ass-whore ait découvert le travail qu'il donnait aux étudiants lors de leurs heures de colle, le vieillard avait créé un club de calligraphie et avait nommé Marcaunon président du dit-club … sans lui demander son avis. Surpassé comme il l'était par la charge de travail, il avait dû demander (supplier) à son fidèle serviteur de le remplacer en utilisant des glamours (glamours à toutes épreuves) afin de pouvoir fermer les yeux ne serait-ce que quelques minutes.

Ses journées se déroulaient le plus souvent tel quel: en matinée, apprendre à quelques incapables comment ne pas faire exploser un chaudron. Prendre quelques minutes à midi pour grignoter, puis passer son après-midi dans la bibliothèque où de nombreux étudiants venaient lui poser des questions sur des potions – souvent des élèves des dernières années.

Ceci n'était que le programme de la journée. En soirée, il devait patrouiller dans les donjons jusqu'à minuit, avant de retourner dans ses quartiers où il préparait ses leçons du lendemain –sans oublier de corriger les copies de ses charges. Les fiches de mort suivaient de près, et si le nombre de décès avait été important ce jour-là, il resterait debout jusqu'à l'aube. En général, il avait de la chance si la quantité de morts du jour se limitait à mille. Un cas malheureusement peu fréquent.

Les dimanches étaient les seuls jours de repos de Marcaunon, ses samedis étant complétement accaparés par les activités du club. Il y avait tellement d'élèves qu'il avait dû les partager en quatre groupes avec différents horaires. Il ne lui restait plus une minute de libre, et Marcaunon déplorait bien souvent la perte de l'un de ses jours de congé.

Actuellement, il se dirigeait vers une animalerie dans l'espoir de trouver un petit compagnon pour son adorable fils. Il se sentait coupable d'avoir négligé l'enfant, même si ça n'avait pas été par choix.

Son emploi du temps de ministre ne lui laissait qu'un jour pour s'occuper de Marchosias. Chaque dimanche, sans exception, il délaissait toute activité pour se dédier entièrement à son fils. Marcaunon ne voulait pas que leur relation se détériore, et faisait donc de son mieux pour s'assoir et parler avec sa progéniture au moins une demi-heure par jour. Malheureusement, la charge de travail était telle qu'il lui arrivait parfois d'ignorer malencontreusement son Chaos, même quand celui-ci essayait d'attirer son attention.

Il voyait bien que l'enfant se sentait seul, même s'il faisait de son mieux pour le lui cacher. Un animal tiendrait compagnie au garçon quand Marcaunon travaillerait.

Il avait demandé à Mort de garder son fils le temps qu'il aille trouver un serpent assez intelligent pour que Marchosias puisse avoir une conversation de niveau raisonnablement élevée avec ce dernier.

Il s'arrêta devant la ménagerie, n'accordant aucune attention au nom de l'établissement – nommer les choses n'avait jamais été le point fort des sorciers– avant d'entrer. La vendeuse le salua avec enthousiasme, et il ne put s'empêcher de lever les sourcils par surprise. Habituellement, les commerçants de l'Allée des Embrumes étaient célèbres pour leur attitude désagréable envers leurs clients.

« Bien le bonjour monsieur. Quel animal vous intéresserait? Nous en avons de toutes sortes… » Elle fit un clin d'oeil à Marcaunon, avant de le reluquer sans la moindre gêne.

Il hocha la tête en guise de salut avant de lui faire signe qu'il n'aurait pas besoin d'elle. Hors de question de rester en sa compagnie plus longtemps que nécessaire. Tandis qu'il se dirigeait vers l'arrière-boutique, il sentit son regard s'attarder sur ses fesses. La tentation de lui arracher les yeux était grande, mais il y résista. L'âge l'avait rendu plus raisonnable.

… Qui essayait-il de tromper ? Il lui arracherait les yeux plus tard.

Marcaunon mis ses pensées morbides de côtés pour jeter un coup d'œil aux animaux présents dans la boutique. Il ne put retenir une grimace devant le pitoyable spectacle qui s'offrait à lui. La plupart des animaux ayant été mutilés, probablement suite à des expériences, et leur apparence était des plus monstrueuses. Les bêtes étaient calmes et semblaient aussi malheureuses qu'une pierre. Son cœur d'ordinaire si froid fondit de pitié.

Il avait toujours eu une faiblesse pour les animaux. Ayant lui-même été un sujet expérimental pour les humains, il savait très bien ce que ces bêtes avaient traversé… cela ne voulait pas dire pour autant qu'il voulait s'attarder sur ces mauvais souvenirs. Mieux valait trouver rapidement un serpent qui avait encore du caractère et sortir rapidement de cet endroit.

Il envisagea de libérer toutes ces tristes créatures, avant d'abandonner l'idée.

Ils ne survivraient jamais dans la nature et mourraient de faim dans la semaine. Un peu comme les animaux de compagnie, ils avaient perdu leur instinct de survie durant leur captivité. En plus, à en juger par leur apparence, il n'avait pas seulement perdu leurs instincts mais aussi leur volonté de vivre.

Un serpent attira son regard et il s'arrêta devant son aquarium. Celui-ci était fermé à clé et recouvert de sorts anti-vol. Cependant, un maître d'occlumencie pouvait facilement défaire ces sorts. Il observa la vipère, ses écailles vert foncées qui brillaient sous la lumière artificielle du magasin. C'était un magnifique spécimen.

Marcaunon pencha sa tête sur le côté et dû cacher son déplaisir quand il remarqua que les les paupières de l'animal avaient été cousues dans les yeux. Il jeta un coup d'oeil vers la vendeuse pour voir où elle se trouvait. Heureusement, elle était suffisamment loin de lui. Malheureusement, elle était encore en train de le déshabiller du regard.

Autant pour le respect de son intimité.

« Bonjour ma jolie. »

Le serpent tourna sa tête vers lui et glissa en avant, s'arrêtant lorsque son museau heurta la vitre.

« Tu parles… » siffla-t-elle. Sa voix était bien celle d'une femelle. « Je n'ai rencontré qu'un seul parleur dans ma vie, es-tu de sa portée? »

« J'en doute fort… De qui parles-tu ? » Il se pencha en avant.

« Je ne sais pas comment il se fait appeler, mais il porte l'odeur de la terre et de la mort. »

« Curieux… quel âge as-tu, ma belle? » Terre et mort, hein…? Il ne connaissait qu'une seule sorte de magie qui touchait à la fois à la terre et aux morts.

« Nous ne comptons pas les jours comme vous, bipèdes. Mais je rampe sur cette terre depuis bien longtemps. »

Marcaunon leva un sourcil, sceptique.

« Puis-je savoir… si tu es aveugle? »

« Oui. Le bipède qui émet de relents de toxines m'a enlevé les yeux. »

« Tsss. Quel malheur. Tes yeux auraient certainement été aussi beaux que tes écailles. »

Le serpent siffla de plaisir au compliment et Marcaunon sut que son fils adorerait cet animal. Ils étaient aussi vaniteux l'un que l'autre.

« Tu es venimeuse, n'est-ce pas? »

« En effet. »

« Aimerais-tu venir avec moi? Mon enfant te chérirait comme personne. »

« J'en serais honorée, Maître. »

« Oh! non non. Marchosias sera ton Maitre, pas moi. »

Marcaunon ouvra le couvercle de l'aquarium et enroula le serpent de deux mètres autour de ses épaules et de son torse.

Alors qu'il était sur le point de retourner vers la caisse, un autre bassin attira son attention.

Dans celui-ci se trouvait un serpent à sonnette. Ces écailles étaient noires avec des points blancs descendant jusqu'au bout de sa queue, et l'animal faisait facilement plus de deux mètres de long. Contrairement à la majorité des animaux présents, ses yeux étaient fixés sur sa personne.

« Ça fait un moment qu'un bipède n'était plus venu dans cette étrange caverne. »

Caverne? Le serpent parlait-il de la boutique?

« Depuis quand es-tu ici, mon beau? »

«Depuis assez longtemps que pour savoir que lorsque cet horrible sorcier vient, quelques-uns disparaitront avant de de revenir avec un œil ou une queue en moins. »

« Quel sort affreux. Souhaites-tu quitter cet endroit? »

« Oui. Mais tu en as déjà choisi un autre. » Il – la voix du serpent était trop grave que pour être celle d'une femelle– eut l'air attristé de ce fait et Marcaunon réfléchit.

« Cette charmante dame… » dit Marcaunon en caressant la tête du serpent avec son pouce. « …est pour mon enfant. Il se sent seul et a une certaine fascination pour le vert. »

Considérant l'habitude de Tom de lancer des Avadas partout, Marcaunon était sûr qu'il avait une passion secrète pour la couleur de ce sort

« Dans ce cas… s'il-te-plait, emmène-moi loin d'ici, Parleur. »

« Je m'appelle Marcaunon. Tu es trop long pour que je puisse te porter en même temps que la beauté ici présente, tu devras donc glisser à mes côtés. »

« Oui Mairctre. » Il sourit en entendant la combinaison de son nom et de "maître".

Il souleva le couvercle du bassin avant que le mâle en sorte et glisse au sol à ses pieds.

Marcaunon entendit le hoquet de surprise de la vendeuse quand elle aperçut les deux serpents venimeux en liberté, et en se retournant, il vit qu'elle était blanche comme un linge.

Marcaunon se dirigea vers la caisse avant de s'arrêter juste devant elle.

« Je prendrai ces deux-là. » Sans lui laisser le temps d'enregistrer l'information, il la pétrifia à l'aide d'un sort sans baguette et siffla à ses nouveaux compagnons d'aller l'attendre dehors, dans une allée sombre.

Une fois leurs queues hors de la boutique, il se tourna vers l'horripilante fille et fit apparaître une cuillère rouillée.

« Ça, c'est pour avoir dévoré mon cul du regard comme un vulgaire morceau de viande. » Un sourire dément apparut sur son visage, révélant toutes ses dents blanches, et il s'attela à lui décuillerer les deux yeux. Le visage de la vendeuse se tordit d'agonie, mais elle fut incapable de bouger où d'exprimer sa douleur à haute voix.

Une fois son travail terminé, il leva l'une de ses mains couvertes de sang au-dessus de sa tête, la paume vers le ciel. Il ferma les yeux afin de mieux se concentrer et quand il les rouvrit, ceux-ci étincelaient de pouvoir. La vendeuse pétrifiée ne pouvait que rester au sol, impuissante, aveugle, sans savoir que sa fin était proche.

« Avada KedavraDispersus. » Suite à ces quelques mots, une lumière verte jaillit de sa paume et explosa en un cercle, tuant sur le coup tous les animaux du magasin et la fille devant lui.

Il se souvint de la première fois qu'il avait modifié de la sorte le sort de mort, tout à fait intentionnellement, dans un moment de folie. Son esprit était alors brisé, sa vision emplit de rouge et il ne désirait qu'une chose: éradiquer aussi vite que possible tous les Parasites qui avaient osé envahir son village.

Sa volonté, associée à ses pouvoirs, avait donné ce résultat.

Marcaunon soupira doucement. Abréger les souffrances des bêtes présentes avait été un acte de miséricorde. Lui-même, du temps de son emprisonnement, avait souhaité que la mort vienne le prendre plus que tout. Juste en regardant dans les yeux de ces bêtes, il avait su qu'il en allait de même pour elles.

Il ne s'attarda pas davantage sur la scène de crime, sachant très bien que le Ministère détecterait la trace du sort de mort sous peu. Après avoir rejoint la ruelle obscure dans laquelle se trouvaient ses reptiles, il s'accroupit, posa une main sur chacun puis voyagea grâce aux ombres jusqu'à Poudlard, traversant sans problèmes les boucliers magiques qui entouraient l'école.

Dès qu'il sortit de l'ombre, il remarqua son fils de cinq ans assis sur le canapé en train de lire l'une de ses briques. Sans même lever les yeux, Marchosias ouvrit la bouche.

« Est-ce que tu sais quel jouw on est ? » La colère à peine retenue était plus qu'évidente dans le ton de l'enfant. Sa voix était douce, mais moqueuse. Marcaunon, inconfortable, rejoignit maladroitement son fils après avoir indiqué aux serpents de rester là où ils se trouvaient.

« Allez… Je suis désolé. » Il s'assit à côté de son petit garçon. « J'étais sorti… »

« Exactement. » L'interrompit Marchosias en se tournant vers lui, le visage impassible. Cependant, Marcaunon pouvait voir l'éclat de colère au fond de ses yeux. Ceux-ci, rouge rubis, brillaient de rage comme ceux de Voldemort d'innombrables années plus tôt… ou plus tard, selon le point de vue. « Aujouwd'hui, c'est censé êtwe notwe jouwnée. Notwe jouwnée! Tu avais pwomis de passer tous les dimanches avec moi. »

« Je sais mon chéri. Mais… »

« Mais quoi!? Qu'est-ce qui est si impowtant pour que tu bwises la pwomesse que tu m'as faite? Je dois êtwe ta pwemièwe pwiowité, Mèwe! MOI! WIEN et PEWSONNE d'autwe! » Marcaunon soupira intérieurement. Son fils n'utilisait le fourchelang qu'en cas d'extrême colère.

Il tenta d'attirer son fils dans une étreinte, mais celui-ci frappa sur ses mains. Les meubles de la pièce tremblèrent violemment sous l'effet de la colère et la magie de Marchosias. Marcaunon déglutit en voyant le visage tordu de rage de l'enfant.

« Je –… Tu l'es! Je n'ai pas… Laisse-moi t'expliquer. Tu sais que tu es ce que j'ai de plus précieux au monde, Marchosias.»

« Alows vas-y, explique. » Si un regard pouvait tuer, il serait mort sur le coup.

« Ecoute… Marchosias, mon chéri… » Marcaunon attira le garçon sur ces genoux, ne faisant pas attention à la façon dont il se débattait. « Je sais que j'ai été fort occupé ces derniers temps, et je sais que tu t'es senti seul, délaissé – ne le nie pas. Tu n'as que tes livres pour te tenir compagnie, et les étudiants ne savent pas vraiment sur quel pied danser avec toi.»

« Alows pourquoi… On était supposés passé la jouwnée ensemble. » La voix de Marchosias était plus faible et Marcaunon regretta presque de ne pas avoir emmené son fils avec lui au lieu de le confier à Mort. En parlant de Mort….

« Attends un instant, où est Mort? Je lui avais dit de veiller sur toi.»

« … Je lui ai demandé de pawtiw.»

Marcaunon soupira, résigné. Il serra son fils contre lui.

« Je t'ai trouvé un compagnon de jeu pour t'occuper pendant que je travaille. » Il agita la main et les deux serpents sortirent de l'ombre dans laquelle ils étaient dissimulés. Marchosias fixa les reptiles. « Je voulais seulement que tu aies quelqu'un, ne serait-ce qu'un serpent, avec qui parler quand je ne suis pas là. Pardonne-moi? S'il-te-plait?»

Marchosias garda le silence quelques minutes avant de laisser échapper un long soupir.

« Comme si je pouvais wester longtemps fâché contwe toi. » Murmura le garçon tandis que Marcaunon réaffirmait sa prise sur lui. « Mais la pwochaine fois pwend moi avec toi. Ou laisse-moi une note si tu dois vraiment t'en aller.»

« D'accord mon lapin. Je suis vrai désolé.» Il posa un baiser sur le front de son petit Chaos avant de se déplacer pour faire face aux serpents. « Lequel préfères-tu? »

« Le vewt. »

« Heureusement que j'ai déjà choisi le noir pour moi dans ce cas. »

« Pouwquoi me poser la question alows? » Il semblait agacé et Marcaunon sourit devant son expression renfrognée.

« Allons… N'est-elle pas magnifique? »

« … Cewtes. Quel est ton nom, beauté? » La vipère leva la tête jusqu'à se trouver au niveau du petit Chaos.

« Je n'ai jamais eu besoin d'un nom, petit serpent. M'en donneras tu un? »

Marchosias fronça les sourcils au soliloquet "petit".

« Manasa. La déesse des sewpents. »

Elle siffla de joie avant de monter sur le canapé pour se rapprocher de son nouveau maître. Marchosias lui gratta la tête puis se tourna vers Marcaunon.

« Comment nommewas-tu le tien? »

« Hmm… Vasuki. Suki pour les amis. »

« Le woi sewpent? » demanda le garçon.

Marcaunon hocha la tête en signe de confirmation.

« Où les as-tu acheté, Mèwe? »

« L'allée des emburmes. Dans une boutique qui vendait des animaux aux savants fous. Les humains sont cruels, non? »

« Oui… ils le sont. Suwtout les moldus. »

« En effet. Ne l'oublie jamais, Chaos chéri : peu importe à quel point tu es en colère, ne t'en prend jamais à un animal. Ce sont des compagnons merveilleux qui ne te trahiront jamais, contrairement aux humains. »

Son fils marqua son accord tandis que Marcaunon passait sa main dans ses cheveux noirs. Les cheveux de son fils étaient d'une telle douceur...

Marcaunon sentit ses lèvres se lever quand il vit l'éclat de joie dans les yeux de son petit trésor.

Les serpents vinrent s'enrouler autour d'eux tout en échangeant quelques sifflements. Il regarda son fils caresser les deux animaux, les faisant se tortiller de plaisir, et soupira de satisfaction.

Tout à coup, la camera magique que Mort lui avait offert l'année précédente lui revint à l'esprit. Il l'invoqua sans attendre. Celle-ci vola vers lui et s'arrêta juste assez près pour qu'il puisse la régler par magie afin de prendre une photo de sa petite famille: lui et son fils, entourés de serpents assez larges pour avaler son enfant en une bouchée.

Sur le cliché, mère et fils souriaient à toutes dents. Selon lui, c'était la photo parfaite à afficher sur le rebord de la cheminée, à côté des autres photos mémorables qu'ils avaient prises.

….

Localisation: Londres, Bureau d'un psychologue.

« Je vous en prie, prenez place Mr. Potter. » Dit un homme roux avec des tempes grisonnantes, d'étroits yeux marron, des lunettes rondes et un sourire rassurant sur le visage. Il portait une chemise bleue claire et un pantalon noir. Dans l'une de ses mains, il tenait un stylo et un carnet.

Marcaunon hocha la tête et s'assit dans le fauteuil en face du psychologue.

Il s'installa confortablement et attendit que le roux prenne la parole.

« Mon nom est Jordan Goulding. Cependant, si vous êtes d'accord, j'aimerais que nous nous appelions par nos prénoms."

« Enchanté de faire votre connaissance, Jordan. Utiliser nos prénoms ne me dérange absolument pas. »

« Bien. Donc, comment allez-vous aujourd'hui, Harry? »

« Bien. Il fait un peu trop chaud à mon gout, mais je survivrai. »

« J'espère bien. Pouvez-vous me dire pourquoi vous désiriez cette séance? »

« J'ai besoin de vider mon sac. Avec une vraie personne »

« Comme tout le monde. Pourquoi ne pas vous confier à l'un de vos amis? »

Marcaunon observa Jordan quelques secondes avant de se défaire complétement de son masque. Son langage corporel passa d'amical à renfermé. Sa façade souriante s'évanouit, laissant place à une expression froide et détachée. Il croisa les jambes tout en plaçant son coude droit sur l'accoudoir du fauteuil et son menton sur son poing fermé.

« Je n'ai pas besoin… d'amis. » Le dernier mot suintait de malice, et il vit avec joie le malaise s'installer chez Jordan suite à ce retournement de 180 degrés.

Le psychologue toussa tout bas avant de se ressaisir. Du coin de l'oeil, Marcaunon vit Jordan écrire dans son carnet: Possibles troubles sociaux.

« Et votre famille? »

Marcaunon afficha un petit sourire en pensant à son petit.

« J'ai un fils. »

« Vous voulez bien me parler de lui? »

« Hmm… Il s'appelle Marchosias, mais je le surnomme Chaos. Il est ma joie, ma vie… mais pas vraiment la personne idéale chez qui se plaindre et décharger ce que l'on a sur le coeur. »

« Pourquoi l'avoir nommé Marchosias? » Jordan semblait légèrement désemparé, mais tenta de la cacher. Marcaunon savait que les Parasites ne donnaient pas à leurs enfants des noms de démons, il était donc étrange pour eux de rencontrer quelqu'un avec un nom si… unique.

« Eh bien… » Il hésita. « Tradition familiale… Mon petit garçon était furieux contre moi l'autre jour. »

« Oh? Et pourquoi donc? »

« Eh bien… Pour que vous compreniez, je dois d'abord vous parler de mon métier. Je suis enseignant. Mon horaire est surbooké, et les dimanches sont mes seuls jours de libres. J'avais promis à Chaos que je resterais chaque dimanche avec lui, mais je n'ai pas pu tenir parole… seulement une fois. »

« Pourquoi cela? »

« Je voulais lui acheter un animal, pour qu'il ne soit pas seul. Ne vous méprenez pas, c'est un enfant indépendant qui aime la solitude. Mais même l'individu le plus antisocial qui soit peut préférer la compagnie d'un animal à celle des livres de temps à autres. »

« En effet. Harry, quel âge a votre fils? »

« Cinq ans. »

« … Vous laissez un enfant de cinq ans tout seul chez vous? » Le stylo s'agita de nouveau et Marcaunon fut tenté de faire remarquer à l'homme qu'il pouvait lire ce qu'il écrivait.

Jeune père; célibataire? Coup d'un soir sans protection?

« Oh non, bien sûr que non. » S'indigna-t-il. Cet homme sous-estimait-il ses compétences parentales à cause de son jeune âge (physique)?

« L'école où je travaille est un établissement privé. Chaos reste avec moi et m'accompagne durant mes cours. Si son parrain n'est pas trop occupé, Chaos reste avec lui jusqu'à mon retour. »

« Il ne perturbe pas votre classe? La plupart des enfants de cinq ans, surtout les garçons, ont tendance à courir partout et à faire du bruit. »

« Chaos n'est pas un garçon comme les autres, Jordan. C'est un génie. Il adore lire, et mes élèves sont invisibles à ses yeux. En fait, il est loin d'être un papillon social. » Euphémisme. Si Marcaunon osait ne serait-ce que suggérer de se rendre à la plaine de jeu, Marchosias passerait un bon quart d'heure à comploter son assassinat.

« Oh..? » Jordan eut l'air inquiet.

Le fils pourrait développer des problèmes sociaux; futur sociopathe?

« Rien de bien important. »

« Si vous le dites… » Jordan ne paraissait pas complétement convaincu, mais soupira et passa à la suite. « Je suis sûre qu'il était seulement en colère parce qu'il voulait que son père lui accorde plus d'attention qu'au reste. »

« Je vois… C'est vrai qu'il est assez possessif. »

« P-possessif? Non non Mr. Po–Harry. Je n'irais pas aussi loin que ça... Peut-être devriez-vous l'amener la prochaine fois ? Il y a un risque… des difficultées pourraient apparaître à l'avenir. »

« Si vous le dites, Jordan. J'ai parfaitement conscience que mon fils est un psychopathe, et non pas un sociopathe. Vous n'avez pas de souci à vous faire."

« Que… Pardon…? »

Marcaunon fronça les sourcils. Il détestait se répéter.

« Mon fils et un psychopathe, pas un sociopathe. Avec lui c'est tuer d'abord, poser les questions plus tard. »

« Tuer!? » Jordan faillit s'étrangler.

« C'est juste une expression. Avant que nous nous dispersions, j'aimerais vous parler de ma scolarité. »

« Ah.. Euh.. allez-y, Harry. »

Essayer de persuader Mr. Potter d'amener son fils lors de la prochaine séance.

« Merci. Maintenant, commençons avec mon mini-moi de onze ans recevant une lettre destinée aux enfants doués de talents spéciaux. Cela venait de la même école à laquelle j'enseigne à présent. J'étais si heureux à l'idée de quitter ma famille pour toute une année. Mais avant que je ne puisse accepter l'invitation, ma baleine d'oncle décida de déchirer la fameuse lettre."

« Et qu'avez-vous fait? »

Problèmes familiaux durant l'enfance.

« Vous devez savoir que j'avais un caractère terrible dans ma jeunesse. J'étais tellement en colère que j'ai décidé de verser une boîte de laxatifs dans la soupe que je préparais avant de la servir à mes proches. »

« Vos proches ? »

« La baleine que vous connaissez déjà, ma tante-cheval, et le bébé baleine blond… mon cousin. »

« Vous avez décidé d'utiliser un médicament qui dégageait les voies intestinales sur toute votre famille en guise de représailles pour les actes de votre oncle ? »

« C'est bien ça. On m'a déjà dit que je pouvais me montrer affreusement rancunier. Bref, continuons. Ma famille… » Marcaunon insista sur le mot famille car ils n'étaient définitivement pas sa famille. « … s'installa devant la télévision tandis que moi, étant le gentil petit garçon que j'étais, je m'occupais de la vaisselle. Quelques minutes plus tard, une douzaine de lettres surgirent de la boite aux lettres. J'en attrapai une lorsque leurs estomacs remarquèrent que quelque chose clochait. »

« Que quelque-chose clochait… dit-il. » Chuchota l'homme pour lui-même. Marcaunon décida de l'ignorer.

« Plus tard, j'envoyais une réponse. Le jour suivant, une chauve-souris… Oh excusez-moi, un homme tout vêtu de noir qui ressemblait étrangement à une chauve-souris humanoïde, m'accompagna acheter mes fournitures scolaires. C'était un homme très désagréable, plein de rancoeur. Il grimaçait souvent et prit soin de me faire savoir que j'avais autant de valeur qu'un chewing-gum collé à la semelle de sa botte. »

« C'était l'un de vos professeurs? »

Abusé verbalement pas un professeur. Conséquences possibles: déséquilibre émotionnel et faible amour-propre.

« Tout juste. Il – appelons le Batman – se trouvait au poste que j'occupe aujourd'hui. Oh! J'ai découvert que j'étais riche, en passant. Alors que j'avais l'habitude de me nourrir des restes de la mini-baleine blonde… Enfin, ma première année dans cette école ne fut pas si mal si on oublie le professeur qui cherchait à me tuer. »

« Excusez-moi? Votre professeur voulait vous tuer? Etait-ce… Batman? »

Paranoïaque? Délires? Trop tôt pour se prononcer.

« Oh non, Batman me protégeait en fait. Nous en reparlerons plus tard. Le professeur dont je parle nous enseignait la Défense. Il bégayait beaucoup et portait un turban. Son odeur d'ail, je ne vous dis pas… une vrai horreur. Nous pouvons l'appeler Squirrel*, vu que son nom et ses manières étaient très proches de ceux d'un écureuil. Je me suis fait deux amis et nous sommes devenus inséparables. Bref, j'ai découvert que Squirrel voulait dérober un rubis que le directeur… appelons le Bonbon. Il avait l'habitude de me faire venir dans son bureau une fois par semaine pour m'offrir des pastilles au citron ou d'autres friandises. J'avais du mal à me concentrer après, avec tout ce sucre…. Enfin, il avait caché la pierre dans l'école. Squirrel la voulait pour son maître. »

« Avec l'aide de mes deux amis, Porc –il avait autant de manières que l'animal– et Bouclettes –je fais ici référence à sa coiffure – Je parvins jusqu'à la dernière salle, là où se trouvait le rubis, et fit face à Squirrel. Pour faire simple, il était possédé par son maître et je l'ai tué. »

« … Désolé, j'ai cru vous entendre dire que Squirrel était possédé et que vous aviez tué votre professeur. »

« Votre ouïe fonctionne très bien, je l'ai effectivement tué. Brûlé vif, en fait. Ses cris étaient comme une douce mélodie à mes oreilles, et j'ai trouvé particulièrement jouissif de le voir se tortiller au sol. Bonbon m'a félicité pour le travail bien fait, et nous avons tous tourné la page. Je pense qu'il n'était pas très bien dans sa tête pour dire à un enfant de onze ans que tuer était acceptable si vous voulez mon avis, mais n'en faisons pas toute une histoire. J'admets avoir été un enfant un peu cruel, mais cet aspect de ma personnalité disparut la minute où j'entrai dans le bureau de Bonbon. Par magie, il me transforma en un jeune garçon affublé du syndrome du sauveur et un martyr en devenir. Heureusement, tuer ne me posait toujours aucun problème moral. La faute à ma famille. »

« Attendez une petite minute, Harry. Laissez-moi résumer. Vous avez été dans une école pour enfants spéciaux, rencontré un professeur couvert de noir qui aimait vous abuser verbalement, vous avez appris que vous étiez riche, découvert qu'un rubis était caché dans votre école, un professeur voulait ce rubis et son maître cherchait à vous tuer… et vous avez tué votre professeur de défense en lui mettant le feu… Et votre directeur vous a félicité pour cela!? »

Vit dans un autre monde imaginaire ou en état de délire constant. Tuer ne le dérange pas – homicide? Pyromane? Sadique?

« Eh bien… quand vous le présentez de cette façon, ça parait plutôt étrange. Si vous voulez quelques informations supplémentaires, j'ai failli être dévoré par un troll nauséabond et une autre fois par un chien géant à trois têtes nommé Fluffy. »

Imagine être mangé par Cerbère et par un troll – suicidaire?

« … » Jordan se contenta d'hocher la tête, le regard vide et lui fit signe de continuer.

« Et si nous abordions la deuxième année? Au total, j'ai passé sept années dans cette école. »

« Allez-y, Harry. »

« Merci Jordan. Voyons… La seconde fut assez dangereuse. Un blond amoureux de sa chevelure plaça un journal maudit dans le sac de la soeur de Porc alors qu'ils faisaient leurs courses, et elle l'a emmené à l'école. Appelons la Salope."

« Porc est l'un de vos amis de première, non? »

« Oui. Salope, étant la stupide fille qu'elle était, décida d'écrire dans un journal mystérieux qui lui répondait parce qu'une âme y était dissimulée. Elle lui fit part de ses états d'âme tandis que l'objet en profitait pour absorber son énergie vitale, ce qui l'affaiblit considérablement. J'ai découvert que je maîtrisais une autre langue et toute l'école s'est mise à me détester parce que ce langage était le même que celui que parlait la Maître. C'était donc considéré comme signe diabolique. Hmm… Appelons le Maître; Voldie."

« Pourquoi vous détesteraient-ils pour une langue? Ils ne pouvaient pas l'apprendre? »

Obsédé par les esprits et par la possession.

« Non, cette langue se transmet dans la famille, et si vous n'en faites pas parti, vous ne pouvez pas l'apprendre. »

« Vous avez des liens familiaux avec… Voldie? »

Problèmes familiaux confirmés

« D'une certaine façon. Continuons. Le journal prit possession de Salope et ouvrit la Chambre des Secrets. Bientôt, des étudiants se retrouvèrent pétrifiés et on faillit fermer l'école. Salope disparut soudainement et Porc me força à la chercher avec notre nouveau professeur de défense, Paon… Nous lui avons relaté la disparition de Salope et l'avons amené jusqu'à l'entrée de la Chambres des Secrets. Après que nous soyons entrés, le professeur nous prit en joug avec l'arme de Porc et décida de nous effacer la mémoire. Evidemment, il échoua parce que… c'était un incompétent fini, et il s'assomma lui-même. Cependant, les murs s'effondrèrent, me séparant de Porc… J'avançai et trouvai Salope allongée sur le sol. Pour dire vrai, je ressentit une grande envie de lui donner des coups de pieds à cet instant."

« Pourquoi? »

Troubles sociaux. Recours fréquent à la violence.

« Pendant l'année, elle s'amusait à me toucher de façon inappropriée. C'était assez perturbant de voir une fillette de onze ans tenter de séduire un garçon de douze ans. Enfin, en dépit de mon envie de l'abandonner là, mon syndrome de sauveur se manifesta et je ressentis le besoin de la secourir. L'âme contenue dans le journal était sortie de son réceptacle et nous avons conversé quelques minutes. Moi, forcé à être un enfant imprudent, j'insultai l'âme et il invoqua un serpent géant. Je ne vous pas dis pas la trousse que j'ai eu ! Vous suivez toujours? »

« O-Ouis… Je pense. »

Double personnalité. Son aspect le plus sympathique se manifeste à son insu.

« Bien. Ensuite, j'ai pourfendu le vieux serpent avec une épée toute aussi vieille avant de poignarder le journal avec un croc du dit-serpent. L'âme laissa échapper un cri d'agonie… un vrai délice. Après, je sauvai Salope tandis que Paon, avec un QI d'enfant de trois ans, était transporté à l'hôpital."

« C'était… une sacrée aventure. Avez-vous éprouvé de la culpabilité suite à l'hospitalisation de Paon? »

« Non, pourquoi cette question? »

Pas de regret ou de culpabilité.

« Ah! J'ai oublié de vous raconter que j'avais faille être tué par des araignées géantes. Parlant un parfait anglais de surcroit. »

Illusion récurrente d'être mangé vif. Un trauma de l'enfance? Peut-être mordu par un animal de grande taille?

« … Que s'est-t-il passé ensuite? »

« Je suis retourné chez mes proches et j'ai transformé ma tante en ballon. »

« Pardon? »

« La soeur de la Baleine se montrait grossière envers mes défunts parents, et cela me mit en colère. Je l'ai donc transformé en ballon. Aucun dégât définitif, rassurez-vous. Sauf peut-être pour son état mental…. »

Sadique confirmé

« Ma troisième année était plus calme, en dépit de l'évasion d'un tueur en série. J'ai découvert que cet homme était mon parrain and nous nous entendions à merveille. Sa soif de vengeance équivalait presque la mienne. Sa motivation pour attraper celui qui avait trahi mes parents était telle qu'il était parvenu à s'infiltrer dans une école sous haute surveillance, après tout. Quant au Rat, il l'aurait eu si ce n'était pour ses anciens geôliers et Batman. »

Meurtre/violence… tradition familiale?

« Pourquoi est-il chaque fois question de meurtre… » chuchota Jordan tout bas en continuant à gribouiller dans son carnet. Marcaunon l'ignora.

« J'ai sauvé la vie de mon parrain, fait fuir une horde de vicieux suceurs d'âmes, mais je n'ai pas pu échapper à la compagnie de mes proches à cause du refus constant de Bonbon qui refusait constamment d'offrir un procès équitable à mon parrain, alors qu'il aurait été innocenté. Vous ai-je déjà dit à quel point je hais mon ancien directeur? Non? Eh bien, je le déteste. Vraiment. »

« Pourquoi ne voulait-il pas blanchir le nom de votre parrain s'il était innocent? »

« Parce que le maître manipulateur ne voulait pas perdre ses pantins. En plus, j'ai presque été mordu par un loup garou, et l'un des geôliers à bien failli se goinfrer de mon âme. J'étais vraiment traumatisé quand ce maudit loup a ouvert sa grande gueule, exposant ainsi tous ses crocs. Des crocs très acérées. Néanmoins, même si j'adorerais m'étendre sur ce traumatisme, ma quatrième année fut de loin la pire. »

Délire : se prend pour un héros ? Morsure par un loup confirmé, ce qui explique le trauma et sa tendance à imaginer être presque mangé par des bêtes.

« Continuez. » Dit doucement Jordan, tentant d'offrir réconfort et assistance à son patient.

« On m'a inscrit, à mon insu, dans un tournoi possiblement mortel! Mes camarades se sont mis à me harceler quand j'ai été choisi parmi les nombreux candidats. J'étais le plus jeune, en fait. Normalement, seuls les élèves âgés de 17 ans ou plus pouvaient participer, mais bien sûr, les règles ne s'appliquent jamais à Harry Potter. J'ai donc dû affronter, contre ma volonté, trois autres participants … dont les noms ne me reviennent pas. L'un d'entre eux est mort durant la dernière épreuve d'ailleurs, donc ce n'est pas si important que ça, non ? »

Mal-compris, victime d'harcèlement et abusé par ses pairs. Aucune considération pour la vie humaine. Un cas de misanthropie?

« Cela vous a-t-il causé de la peine. »

« De la peine… Mmmh, bonne idée, j'essayerai ça la prochaine fois. »

« Attendez… Quoi? »

« Après cette séance, j'irai tuer quelqu'un pour voir si je ressens de la peine après. »

« Attendez, ce n'est pas ce que… »

« On m'a amené dans un cimetière… à des kilomètres de l'école, juste pour m'attacher à une pierre tombale et pour voir un homme nu sortir d'un chaudron géant. Voldie était pâle comme la mort. Son corps était complétement imberbe et dénué de nez. Il était aussi maigre qu'un squelette et ses yeux rouges me fixaient d'un air mauvais et plein de haine. »

« Evidemment, vu qu'il était nu, je n'ai rien manqué. J'ai même aperçu ses parties génitales –assez imposantes en passant– ce qui m'a profondément traumatisé. J'en avais mal aux yeux. »

Frustration sexuelle. Homosexuel… non, une minute, il a un fils ! Bisexuel alors. Amoureux de 'Voldie' mais le déteste en même temps, ce qui le pousse à dénigrer son apparence tout en voulant toujours le voir dénudé… Voldie était-il l'un de ses harceleurs à l'école?

« V-vous a-t-il… offensé sexuellement? »

« Oh par Merlin, non! Pourquoi dites-vous cela ? La seule raison pour laquelle je gémissais au sol, c'était parce qu'il me torturait. Enfin, par chance, j'ai réussi à m'échapper. Cependant, quand j'ai annoncé que Voldie était le meurtrier de l'autre participant, les gens ont commencé à dire que j'étais fou. Beaucoup pensaient que Voldie était mort, voyez-vous. Brebis ignorantes. Bref, à votre avis, quelle créature tenta de me manger cette année? Devinez."

Un harceleur décédé (ou assassiné). Le sachant, les autres le traitent de fou parce qu'il pense qu'un mort est en vie? Toujours son obsession avec les esprits – veut ressusciter son premier amour?

« Euh… un lion? »

« Mmh… pas vraiment, pire que ça. Un lézard géant cracheur de feu, des créatures sous-marines, et d'horribles créatures mystérieuses errant dans le labyrinthe. »

« Ca fait… beaucoup. »

« En effet. Passons à la cinquième année. De nombreux camarades me croyaient encore fou, du coup je me retrouvais tout seul dans mon coin. J'ai reçu beaucoup de retenues cette année-là, à cause du nouveau professeur de Défense, Crapaud. Elle profitait de ces séances pour me torturer. »

« Quoi!? Vous avez porté plainte? »

Professeurs violents ou peu de regard pour les figures d'autorité.

« Personne ne m'aurait cru. Ils me prenaient pour un fou, vous vous souvenez? »

« Je n'arrive pas à y croire… »

Définitivement mal-compris.

« Moi non plus. De toute évidence, je suis parfaitement sain d'esprit. »

« … »

« Bouclette m'a forcé à mener une rébellion et nous avons créé notre propre groupe de Défense. J'étais plutôt doué en dépit de mon jeune âge, donc je devins le professeur de mes camarades. À part ça, il ne s'est rien passé de bien intéressant, même si j'étais mort de rire quand un groupe d'humains à quatre pattes ont emmené notre chère professeure Crapaud je ne sais où. Elle avait l'air absolument effrayée. Pour être franc, son incompétence était telle que personne ne s'est vraiment soucié de son sort quand elle a disparu. En fin d'année, mon impulsivité et mon idiotie m'ont valu la vie de mon parrain. Quant à l'évènement annuel "mangeons Harry", je ne vous dirai qu'une chose… restez loin des géants. J'ai failli servir de souper à l'un d'entre eux, même si c'était le demi-frère d'un des enseignants."

« … Votre école embauche des professeurs… étranges. Avez-vous ressenti de la culpabilité suite au trépas de votre parrain? »

Tient son "bon" côté coupable de la mort de son parrain.

« De toute évidence, Bonbon mène l'école à sa perte. D'après les rumeurs, Voldie s'est vu refuse le poste de professeur de Défense par le vieillard, et aurait maudit ce poste. C'est probablement vrai, étant donné que chaque année, les professeurs de Défense mourraient dans d'horribles circonstances, prenaient leur retraite anticipée ou étaient virés pour leur incompétence. Culpabilité? Non. La seule chose qui m'a vraiment attristé, c'était de voir ma chance de quitter ma famille voler par la fenêtre. »

« Je vois… »

Ne ressent ni remords, ni culpabilité. Pourrait être considéré sociopathe ou sujet à des troubles d'empathie. La psychopathie n'est pas loin.

« Mmh, je sais ce que vous pensez. Bonbon était loin d'être le directeur idéal. Il m'est arrivé de ravager son bureau sous l'effet de la colère. À mon avis, c'était totalement justifié puisqu'il me cachait de nombreuses informations. Des informations que j'aurais dû avoir dès le départ. En fin de compte, Bonbon fut assassiné par Batman et toute l'école pleura sa perte. Je me souviens m'être senti d'une humeur plutôt joyeuse ce jour-là, mais je ne savais pas pourquoi."

« Vous le savez maintenant? »

Aime la mort/souffrance.

« Oui, je le sais. Bonbon faisait mettre des drogues dans ma nourriture pour m'embrouiller l'esprit. Quand j'étais petit, j'étais vicieux, et je n'hésitais à briser les os de ceux qui m'embêtaient. Cependant, depuis mon entrée dans cette école, j'étais inhabituellement gentil et doux. C'était assez perturbant et je me suis souvent demandé ce qui avait provoqué ce changement chez moi. Ce n'est plus un mystère maintenant. Bon, passons à des sujets plus intéressants… comme quand j'ai découvert que j'étais destiné à jouer le rôle de l'agneau sacrificiel pour le plus grand bien – quoi de mieux pour votre équilibre mental, hein? – après que Voldie ait tué Batman. En fait, Batman m'avais toujours protégé, en secret, à cause d'un serment. Il avait juré d'assurer ma protection pour honorer la mémoire de ma mère parce qu'ils étaient amis d'enfance. Qui l'aurait cru? »

« Même l'homme le plus sombre a un coeur. »

Psychopathie confirmé.

« Hm. Peut-être. Cette année-là, ce sont des corps animé qui ont tenté de me bouffer. Ils se trouvaient dans un lac, et je dois dire qu'il s'en est fallu de peu. Certains ont presque réussi à m'arracher un morceau de chair »

« …Des zombies? »

Délires confirmés.

« Plus ou moins. Quant à ma dernière année… Je vais directement passer au moment où un autre reptile cracheur de feu géant faillit avoir ma peau. Je peux vous le dire, sept années de gueules béantes remplis de salive au-dessus de vous ont de quoi vous donner des cauchemars. Être recouvert de salive est le pire. Sinon, à part mon énième expérience d'appât, j'ai réussi à mettre Voldie hors service grâce, encore une fois, à ma chance… seulement pour le pleurer une minute plus tard. Oui, je sais, c'est bizarre. Au début, j'étais content de ma victoire accidentelle, mais le désespoir ne tarda pas à m'envahir. Je voulais qu'il revienne, même s'il était responsable de la mort de millier de personnes. Est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne? »

« Eh bien… Pourquoi vouliez-vous le ressusciter? »

« C'était mon âme-soeur. »

« Pardon? »

« Maintenant dites-moi, cher psychologue, qu'avez-vous retenu de ma scolarité? »

« … Que des créatures aux crocs acérées essayaient de vous manger chaque année ? »

« Proche, mais non. Pour cette mauvaise réponse, je devrais vous emmener faire un tour dans mes donjons. Il me manque un compagnon de jeu, voyez-vous. J'adore mon petit Chaos, mais j'ai besoin d'évacuer tout le stress que me donne la paperasserie. Je ne voudrais pas lui crier dessus par inadvertance… Même s'il est de bien meilleure humeur depuis que je lui ait trouvé un animal, il continue à me jeter des regards noirs de temps à autre. »

« Quoi? »

« Allez! Allons-y. »

« Quoi? »

« Quoi, quoi, quoi… c'est tout ce que vous savez dire? Les Parasites, je vous jure... »

Marcaunon se leva et s'étira avant de claquer des doigts. Jordan se retrouva immobilisé et bâillonné en une fraction de seconde, les yeux grands ouverts. Le roux s'agita et lui jeta des regards paniqués, avant qu'un papillon ne se pose sur son épaule et le fasse disparaitre.

Marcaunon afficha un sourire particulièrement dément et ricana en quittant le bureau. Il ne s'arrêta pas de rire, même quand il disparut dans les ombres pour réapparaître dans les donjons de son manoir.

...

Sherlock :"Je ne suis pas un psychopathe, j'ai des tendances sociopathes. Faites vos recherches!"

Marcaunon : "Mon fils est un psychopathe, pas un sociopathe. Faites vos recherches parasites !"

... ces deux-là s'entendraient bien je pense...

*squirrel veut dire écureuil... c'était difficile de trouver un mot qui aurait aussi bien correspondu à Quirell.

Sinon voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu ! ^^

à bientôt.