Pour tout dire, ce chapitre est prêt depuis deux semaines, mais... internet coupé... je ne peux le poster que mainteant. Désolée pour l'attente!
Il sera peut-être reposté une fois la lecture béta terminée.
Bonne lecture ^^
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Chapitre 15: Un Malfoy, deux Malfoy…oooh! Un autre Malfoy.
Août 1966
Localisation: Ministère de la Magie
Tous deux plongés dans un silence contemplatif, ils marchaient vers le bureau du Ministre de la Magie. Marcaunon n'essaya même pas de deviner à quoi le vieux bouc pensait – probablement à ses irritantes pastilles au citron.
Il ne remarqua même pas qu'ils étaient arrivés jusqu'à ce qu'une secrétaire rougissante les fasse entrer dans le bureau. Elle fixait Dumblewhore d'un air salace, et Marcaunon dû réprimer une grimace – ainsi que l'envie de lui crier de garder ses pensées pour elle. N'avait-elle donc jamais entendu parler d'occlumencie ?
« Albus, content que tu aies pu venir. » Nobby Leach, le ministre, les accueillit avec un grand sourire. L'homme avait des poches sombres sous ses yeux bruns, un visage parsemé de rides et un petit bouc au menton.
Pour un homme de cinquante ans qui passait la plupart de son temps assis derrière un bureau, il semblait plutôt en forme – en dépit de la calvitie naissante au milieu de ses cheveux grisonnant.
« Nobby! Comment vas-tu mon ami? » Ils prient un siège près de la cheminée (chacun le sien!) tandis que Leach prit place directement face à eux.
« Un peu fatigué je ne crains. Je reçois bien trop de beuglantes à mon goût. »
« Excusez-moi monsieur le Ministre. Lord Malfoy et l'Auror Moody sont arrivés." Annonça la secrétaire après avoir toqué à la porte.
« J'espère que leur présence ne te dérange pas, Albus ? Abraxas est ici pour représenter le Magengamot, et Moody est le chef des Aurors. »
« Bien sûr que non, Nobby. » Ceci dit, la petite étincelle dans les yeux du directeur avait perdu de son éclat. Marcaunon se serait bien moqué du vieil homme s'il ne redoutait pas lui-même cette rencontre.
« Faites les entrer, Mlle. Sina. »
La porte s'ouvrit et Leach accueillit les invités avec le même sourire. Il leur offrit une chaise; Marcaunon se retrouva avec Malfoy à sa gauche tandis que Moody s'installa à la droite de Bumblebee.
Abraxas était un homme de grande taille, avec de long cheveux blonds et des yeux gris-argentés. Sa musculature était plus développée que celle de son fils, Lucius, et son visage était doté de la même beauté que la plupart des Malfoy. Il portait une élégante robe sombre (cousue dans le plus cher des matériaux) qui mettait son corps en valeur, soulignant la silhouette élancée de l'homme.
La canne, typique des Malfoy, était posée à côté de lui et Marcaunon ne put s'empêcher de sourire en voyant le design de la poignée: un serpent argenté. Quelle originalité.
Son attention se porta ensuite sur le chef des Aurors, qui était d'une ressemblance frappante avec Fol Oeil. Peut-être était-ce son père ? L'homme était de taille moyenne, d'apparence moyenne. Il l'oublierait rapidement (c'était seulement grâce à ses cicatrices qu'il se souvenait de Fol Œil). L'homme était vêtu de l'uniforme standard des aurors et était avachi dans son fauteuil, manquant la distinction des autres hommes présents dans la pièce.
« Messieurs, laissez-moi vous présenter le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, et… Je suis navré jeune homme, mais votre nom m'a échappé." Le politicien se tourna vers lui et Marcaunon afficha son masque de Poufsouffle aimable, qui transmettait clairement le message 'Je suis une innocente et gentille petite chose'.
« C'est parce que nous n'avons pas été présentés, Monsieur le Ministre. »
Dumbles eut au moins la décence d'avoir l'air gêné avant de s'éclaircir la voix pour gagner leur attention.
« Nobby, Lord Malfoy, Auror Moody, laissez-moi vous présenter mon maître de Potion, Marcaunon Gaunt. Marcaunon, voici Nobby Leacher, Abraxas Malfoy, et Arastor Moody."
Marcaunon étudia discrètement leurs expressions, n'observant aucun changement chez le Ministre outre l'apparition d'une étincelle de doute dans ses yeux. Quand ses yeux écarlates se posèrent sur Abraxas, il vit un petit (impossible à remarquer si quelqu'un ne le cherchait pas) air de confusion sur le visage du patriarche Malfoy. Il se souvint que de son temps (ou son monde ?), Abraxas Malfoy était tristement célèbre pour avoir été l'un des hommes les plus cruels de Voldemort et la main droite du Seigneur des Ténèbres dans les années 70.
« Je ne souhaite pas me montrer grossier, jeune homme… Albus… mais n'est-il pas un peu trop jeune pour –c'est un poison inconnu et… »
« Ne vous laissez pas tromper par son visage juvénile, Monsieur le Ministre. » Dumbles interrompit le Ministre en rigolant.
« Il ne peut pas avoir plus de dix-huit ans. » Marmonna Moody. Marcaunon soupira tout bas. Le père de Fol Oeil n'avait de cesse de lui envoyer des regards suspicieux, et cela commençait à l'agacer – était « Constante vigilance » la devise familiale ?
« J'ai vingt-deux ans, Auror Moody. » Il leur offrit un sourire doucereux. « Je ne dois mon apparence poupine qu'à l'excellence de mes gênes, mais je crois que nous nous écartons un peu du sujet qui nous intéresse vraiment. Pourrais-je voir la potion, Monsieur le Ministre? »
Leach lui tendit un flacon de potion rempli d'une substance verdâtre et bouillonnante.
« Quels en sont les effets…? » demanda-t-il d'un air pensif en examinant la potion. Il l'agita et avec un gros soupir, enleva ses lunettes – elles rendaient la vie trop rose pour qu'il ne puisse faire une observation correcte.
« Le sang des victimes s'épaissit douloureusement vite, » grommela Moody. « La solution temporaire est de leur jeter le sort de stagnation. »
« Il n'y a que l'épaississement? »
« Ça fait fondre la peau, et leur donne des abcès… Respiration anormale, vomissements. »
« L'inhalation de cette potion provoque-t-elle des problèmes quelconques? »
« Aucun. »
Avec ces informations, il ouvrit le flacon et inhala le produit. Il pouvait identifier l'aconit sans difficulté, tout comme le muguet – deux plantes hautement toxiques. Il fronça les sourcils et sortit son équipement de potion, avant de poser les différents instruments sur une table au beau milieu du bureau.
La première chose à faire était de séparer les différents composants. Il suspectait la présence d'un ou deux venins de serpent dans le mélange, mais il n'était pas un expert en serpents –à part du basilic, apparemment. La discussion des hommes ne le dérangeait pas, ils étaient probablement en train de parler de l'attaque ou d'élaborer des plans pour attraper le responsable, alors que lui se concentrait sur la potion-problème.
Il n'avait jamais rien vu de tel auparavant, même pas dans son monde d'origine –peut-être qu'après le décès des victimes, ils en avaient abandonné l'étude. Marcaunon se demanda brièvement si Voldemort en était le créateur… Mais ce n'était pas son style, et il se montrerait plus subtil. Voldemort était un stratège (tant qu'il restait sain d'esprit), il n'ordonnerait jamais une attaque insensée.
Il n'y avait pas eu assez de dégâts –aucun mort, que Diable!
Dans son monde, Voldemort était apparu et avait commencé à terroriser la communauté magique fin des années 60, quand ses projets de loi avaient été rejetés par le Magenmagot. Le Ministère lui avait déclaré la guerre dans le début des années 70.
Il se reconcentra et procéda à la deuxième étape : identifier les ingrédients utilisés. Cela lui prit plus de temps qu'il pensait mais au final, il eut le plaisir de constater l'absence de venin de basilic. Le seul remède existant était les larmes de phœnix, un ingrédient extrêmement rare – les phœnix n'aiment pas verser des larmes de crocodile. En plus, Fawkes était encore un phœnix sauvage, il ne s'était pas encore lié à Dumbles – d'ailleurs, il n'avait jamais compris pourquoi une créature si pure restait avec Dumbledore quand il existait tant d'autres personnes sur terre.
La dernière étape était de recréer la potion (après de nombreux essais et des erreurs) pour pouvoir en concocter l'antidote. Marcaunon sortit du cercle que formaient les hommes autour de la table et vint se tenir au milieu de la pièce, contente que celle-ci soit suffisamment spacieuse. Il agrandit son équipement de potion et fit apparaître une table à réchaud. Il remercia le ciel d'avoir pensé à réapprovisionner ses réserves une semaine plus tôt et disposa tous les ingrédients requis sur la table.
« Puis-je m'enquérir de vos progrès, Mr… Gaunt? » Une voix doucereuse et masculine s'éleva, et il vit Malfoy s'approcher de lui pour mieux observer son travail.
« Tout va bien, Lord Malfoy, cependant, je vous conseille de reculer d'un pas. » Il sourit au blond en versant de l'eau dans le chaudron. « La chaleur va bientôt devenir insupportable. »
« Pensez-vous pouvoir créer l'antidote aujourd'hui-même? » Le ton était poli, mais Marcaunon pouvait percevoir le doute que l'homme tentait de dissimuler.
« Hmm… » humma-t-il tout en continuant à travailler. « Je reconnais que ce sera un défi. »
« Obtenir une maîtrise en potion à l'âge tendre de vingt-deux ans est déjà un exploit en soi –étrange que l'on ne parle pas plus de vous.»
Marcaunon soupira intérieurement. Blondi voyait bien qu'il devait se concentrer, ne pouvait-il pas attendre cinq minutes avant de mener un interrogatoire?
« Merci, Lord Malfoy. Je ne dois mon succès qu'à ma passion pour les potions. La guilde à laquelle j'appartiens aime garder l'identité de ses membres secrète.»
«La plupart des guildes aiment se vanter du succès de leurs membres.»
« Ah bon? » répondit-il en mélangeant la potion.
« Oui. » Malfoy s'éclaircit la voix avant de changer de sujet. « Et comment se porte Poudlard ces derniers temps ? »
« L'école va très bien. Le nombre d'élèves augmente chaque année. »
« Vous aimez enseigner, Mr. Gaunt? »
« En effet, bien que corriger des rédactions n'est pas mon occupation favorite. » Il ajouta quelques gouttes de venin de cobra. « Vous étiez chez Serpentard, Lord Malfoy? »
« Oui. Pourquoi cette question? »
« Hmm… pour rien. Mes serpents parlent de vous de temps en temps. »
« Oh? Seulement en des termes favorables, j'espère. »
Marcaunon rit tout bas et sourit à nouveau au blond.
« Pas vraiment. Vos projets de lois suscitent de nombreux débats dans la salle commune. »
Ils continuèrent à papoter une bonne demi-heure avant que les autres hommes ne les rejoignent pour observer son avancée. Leur impatience l'agaça rapidement; il aurait bien aimé leur annoncer qu'il n'y avait pas d'antidote juste pour voir quelle serait la réaction du Ministre.
Apparemment, la femme de Leach était l'une des victimes et la raison des poches sombres sous les yeux du politicien. Dommage.
Septembre 1966
Localisation: Poudlard, à proximité des donjons de Serpentard
« Mon père en entendra parler! » Cette phrase fit trembler les lèvres de Marcaunon pendant quelques secondes avant qu'il ne réussisse à se maîtriser et à réafficher un masque serein sur son visage. Il semblerait que Lucius et Draco Malfoy avaient beaucoup en commun, y compris ces fameux maudits mots 'Mon père en entendra parler'.
Après sa rencontre avec Abraxas, il se faisait du souci pour sa liberté et se demandait comment agir avec Lucius. Si son fils faisait partie de ses élèves… Une confrontation avec Voldemort serait inévitable si l'enfant envoyait une lettre chez lui (il avait un peu manipulé les souvenirs d'Abraxas au Ministère, donc pas d'inquiétude de ce côté-là). Il devrait intercepter toutes les lettres de l'enfant-gâté à partir de maintenant.
Bellatrix et Andromeda ne le préoccupaient pas vraiment. Il avait fouillé leurs esprits et savait qu'elles ne connaissaient pas son nom de famille avant de le rencontrer. Il était curieux qu'elles ne sachent rien à propos des descendants de Serpentard, mais c'était probablement la faute de Voldemort.
À part Bellatrix, il n'avait jamais entendu parler d'un autre Black dans le cercle privé de Voldemort. Peut-être que les Black étaient au courant pour son statut de sang-mêlé et ne le supportaient pas à cause de cela…? Walburga avait été à l'école en même temps que Tom, n'est-ce pas? Si seulement il pouvait demander à son petit Chaos!
Il secoua intérieurement la tête et reporta son attention sur l'enfant-gâté.
Marcaunon n'avait pas encore rencontré le garçon en personne; il n'avait pas participé à la cérémonie de bienvenue puisqu'il était occupé à fabriquer davantage d'antidote pour le directeur.
Alors qu'il s'engageait dans un couloir, il tomba sur quelque chose qu'il aurait préféré ne pas voir.
L'enfant-gâté avait été acculé contre un mur par un Gryffondor de cinquième année. Le lion n'avait pas choisi le meilleur endroit pour cette confrontation; il aurait dû savoir qu'il attaquait un serpent sur son propre territoire.
Tout seul.
Avant que Marc n'ait eu le temps de s'interroger sur la teinte blonde du petit serpent et sur sa véracité, l'élève le plus âgé plaça sa baguette sous le menton de Malfoy. Il se devait d'intervenir avant que les choses ne dérapent et que l'enfant-gâté n'aille se plaindre auprès de son papa chéri –une visite d'Abraxas à Poudlard était la dernière chose dont il avait besoin.
« Qu'est-ce qui se passe ici? » demanda-t-il en plissant les yeux et en lançant un regard menaçant au Gryffondor. « Lâche-le! »
L'adolescent en rouge s'éloigna rapidement de Malfoy, somme s'il le dégoutait, et regarda Marcaunon d'un air désolé.
« Professeur. »
L'enfant gâté réajusta son col avant de lever le nez, les regardant tous les deux de haut.
Quel gamin impertinent! En seulement deux minutes, il était parvenu à laisser une mauvaise impression à Marcaunon.
Juste pour ça, il était bien tenté de teindre la chevelure de Malfoy en rose fluo.
Il réprima cette envie avant de se décider à fixer les deux enfants d'un air désapprobateur. Ils ne tardèrent pas à se sentir mal à l'aise sous son regard perçant. Marchosias lui avait déjà dit que la couleur de leurs yeux effrayait la plupart des gens.
« Jordon Lacer. Qu'est-ce qu'un élève de Gryffondor fait dans les donjons… en train d'attaquer l'un de ses habitants? »
« Euh… C-ce n'est pas ma faute Professeur! Malfoy n'arrêtait pas de me traiter de S-sang-de-bourbe! »
« Et pourquoi êtes-vous dans les donjons plutôt que dans votre tour? »
Lacer n'avait rien à répondre et baissa les yeux il trouvait probablement ses chaussures intéressantes.
« Je retire dix points à Gryffondor pour votre incapacité à suivre de simples instructions, Mr. Lacer. »
Il regardait Lacer d'un air toujours aussi dur. L'adolescent voulait s'en prendre à l'un de ses serpents simplement parce que celui-ci l'avait appelé par le nom de son espèce?
L'ignorant.
Du coin de l'œil, il pouvait voir que l'enfant-gâté s'attendait à ce qu'il donne en plus une retenue à Lacer. Eh bien, il donnerait des retenues.
« Je retire dix points à Serpentard pour votre commentaire, Mr. Malfoy. » Lorsque l'information parvint jusqu'à ses neurones, l'enfant-gâté le regarda d'un air ébahi. Ceci lui conféra un certain air de ressemblance avec un poisson rouge. Il n'était pas surprenant qu'un enfant de onze ans n'ait pas un contrôle total sur ses réactions – son fils était la seule exception – et révèle davantage de ses pensées que ce qu'il espérait.
« Quoi!? Comment osez-vous me retirer des points! Vous ne savez donc pas qui je suis? » Le gamin lui lança un regard hautain, sans grand effet ceux de Marchosias étaient bien plus efficaces. « Attendez que mon père en entende parler! »
« Serpentard vient de perdre cinq points supplémentaires, Mr. Malfoy. Votre père ne vous-a-t-il pas appris à respecter vos ainés? » rétorqua-t-il avec un sourire condescendant.
Après avoir surmonté sa surprise, l'enfant-gâté ouvrit la bouche pour répondre.
Oh non! Il ne perdrait pas la coupe des Maisons – remportée trois années consécutives par Serpentard– simplement parce que ce maudit gamin ne savait pas la fermer. Mieux valait l'interrompre avant qu'il n'accumule une centaine de points négatifs à cause d'une seule remarque.
« Quant à vous, Mr. Lacer… Dix points seront soustraits à Gryffondor pour avoir attaqué un élève de première année. » Hah! Maintenant Gryffondor était de trente points dans le rouge! Mais plus sérieusement, n'arrivait pas à croire qu'il avait retiré tant de point lors du premier jour d'école. D'école. Pas même de cours!
« M-m-mais! Mais Malfoy m'a insulté! Il a utilisé LE mot! » il agitait ses mains vers le gamin. LE mot… Marcaunon se souvint que son oncle se référait à la "magie" de la même façon.
« Vous n'avez pas d'excuses, Mr. Lacer. Pointer votre baguette vers un élève plus jeune, dans l'intention de jeter je ne sais quel sort… »
Il fut grossièrement interrompu et sentit un nerf battre sur sa tempe.
« C'est un sorcier noir! Il est aussi diabolique que tous les serpents vicieux de Serpentard! Il connaissait sûrement une tonne de sorts maléfiques pour contrer le mien! »
« Cela vous donne-t-il le droit de menacer un enfant désarmé? Juste parce que vous supposez que ses parents lui ont enseigné les arts sombres? » L'adolescent trembla, mais Marcaunon continua sa tirade.
« M'accusez-vous également d'être un mage maléfique? Après tout, je suis responsable de ces serpents vicieux." Lorsque son sourire se fit menaçant, les couleurs désertèrent le visage de Lacer qui avait effectivement oublié qu'il était à la tête de Serpentard.
« Je prends vingt autres points à Gryffondor pour avoir insulter un professeur, Mr. Lacer. »
Il devrait s'attendre à la visite de Minerva dans la soirée, semblait-il. L'enfant-gâté le fixait avec de grands yeux, honteux que son propre responsable ait dû lui retirer des points.
« Dimanche prochain, vous irez en retenue sous la surveillance de Mr. Apollyon Pringle. Tous les deux. Retournez dans vos salles communes. Suivez-moi Mr. Malfoy. »
Avant même qu'ils n'aient le temps d'ouvrir la bouche, il se retourna et s'enfonça dans les donjons; son manteau flottant derrière lui dans le style d'un certain Batman. Parfois, il regrettait d'être un enseignant, de devoir supporter des adolescents stupides et hormonales qui pensaient la majorité du temps avec d'autres parties que leur cerveau. Des parties de leur anatomie situées bien plus bas.
Il perçut de petits bruits de pas derrière lui. Au moins, le gamin l'avait suivi sans se plaindre. Ce dernier s'éclaircit la gorge.
« Je m'excuse pour mon comportement déplorable. Puis-je connaître votre nom, Professor? »
« Marcaunon Gaunt. J'espère sincèrement que tu as une bonne raison pour ne pas être dans notre salle commune à cette heure-ci. »
« G-gaunt…? » Murmura l'enfant-gâté, comme s'il n'arrivait pas à en croire ses oreilles.
« Mr. Malfoy, j'attends toujours vos explications. Je n'ai pas le temps d'attendre que vous ayez remis tous vous neurones en place. »
« D-désolé Professor Gaunt. En fait, j'étais à votre recherche. »
« Et pourquoi ne pas avoir attendu dans la salle commune? Sans cet incident, je serais en train d'accueillir les premières années à l'instant même. »
« L'objet de ma visite est personnel. »
« …Très bien. Vous me rejoindrez rapidement dans mon bureau après le discours. Fourchelang. »
Ils entrèrent dans la salle commune et il indiqua à l'enfant-gâté d'aller rejoindre ses camarades. Il alla ensuite se tenir devant ses élèves, une expression sereine sur le visage. En dehors de Serpentard, il serait toujours l'amical et joyeux professeur, mais il attendait un respect absolu de ses serpents, et n'hésitait pas à recourir à des regards noirs si nécessaires. Les plus âgés le savait, bien évidemment, mais les nouveaux le testaient souvent à cause de sa persona habituelle. De toute évidence, son jeu d'acteur était trop brillant pour leurs esprits simplets.
« Je suis votre responsable et votre professeur de potion, Marcaunon Gaunt. Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à faire appel à moi … Je ne vous tournerai pas le dos –nous prenons soin des nôtres à Serpentard. Le mot de passe changera chaque semaine. L'un des préfets ou moi-même vous l'annoncerons le jour précédant le changement –souvent après le souper. » Il eut un contact visuel avec chaque élève, faisant une pause pour accentuer l'effet dramatique.
« Je vous souhaite la bienvenue dans la plus noble Maison de Poudlard, et je vous encourage à cultiver vos ambitions. Etant dans Serpentard, vous devrez tout de même suivre certaines règles : Tout conflit aura lieu entre ces quatre murs, jamais en dehors de la Maison. Si ceux-ci prennent des mesures inquiétantes, l'un d'entre vous devra m'appeler, à moins que vous ne vouliez perdre un membre ou deux… de façon permanente. Supposez toujours que les autres serpents en savent autant que vous, si pas plus, sur les arts les moins… appréciés dans notre société. » Il vit la majorité des élèves avaler leur salive, sans que rien ne paraisse sur leurs visages. Bien.
« Restez toujours groupés et montrez un front uni. Les autres maisons – les Gryffondors plus particulièrement– préfèreraient faire un tour dans la Forêt interdite plutôt que d'avoir cours avec vous. Réprimez vos pulsions tyranniques et gardez vos commentaires sur la pureté du sang de vos camarades –ou son absence- pour vous. » Il sourit quand sa pique envers les sang-de-bourbes fit rire tout bas les petits serpents. « Certains préfèrent utiliser leur baguette plutôt que leur mots quand ils sont humiliés, prenez donc garde et éloignez-vous en cas de menace. Je préfère voir mes serpents traités de lâche que de les voir sous traitement médical à l'infirmerie. »
Lentement, ses mains derrière le dos, il fit quelques pas devant sa nouvelle collection de serpents pour leur laisser le temps de comprendre qu'ils devaient aiguiser leurs instincts de survie pour… survivre à Poudlard.
« Aussi, je vous recommande de vérifier vos potions et vos poisons avant de consommer quoi que ce soit. Vous pensez peut-être que les Poufsouffles sont les laisser-pour compte ici, mais si l'un d'eux devait subir l'attaque d'un stupide serpent –peu importe son année, ce sera la nourriture de tous les Serpentards qui sera recouverte de virus et de pourriture. » Beaucoup d'entre eux pâlirent à ces propos.
« Les rumeurs diront que j'étais autrefois chez Poufsouffle, et je vous annonce dès maintenant qu'elles sont malheureusement vraies. J'étais dans cette maison pour une raison qui m'est propre, mais laissez-moi vous prévenir… Manquez-moi de respect et vous aurez même du mal à dormir. Souvenez-vous que les gentils blaireaux se nourrissent de serpents vivants, mes chers et adorables petits serpents. »
Marcaunon relâcha une petite portion de sa (très) sombre magie, assez puissante pour leur couper le souffle mais pas assez pour les mettre à genoux. Il vit la plupart d'entre eux trembler de plaisir, leurs regards floutés et leurs jambes tremblotantes. Sans le moindre changement dans son expression faciale, il rappela sa magie et leur sourit d'un air dangereux.
« Souvenez-vous de cette sensation et souvenez-vous que je ne tolèrerai pas de fauteurs de troubles dans ma Maison. Ne soyez jamais en retard et si quiconque ose perdre plus de cinquante points… Maintenant, les préfets vont vous montrer vos dortoirs. » Sur ces mots, il fit signe à l'enfant-gâté de le suivre avant de quitter la salle commune et le groupe de première années drogués à la magie.
OOOO
« Ma–… Papa. Qui est-ce? » Il allait appeler Macaunon « Maman « quand il aperçut mini-Lucius en train d'observer le portrait de Salazar.
« Chaos chéri, peux-tu emmener Mr. Malfoy dans mon bureau ? Je vous rejoindrai dans quelques minutes. » Dit sa mère en se dirigeant vers leur chambre à coucher. En se fermant, la porte claqua, laissant les deux enfants s'observer l'un l'autre.
Il tourna les talons pour se rendre dans le bureau de sa mère qui accueillait souvent les Serpentards victime d'harcèlement ou qui avaient besoin d'aide. Il ne prit pas la peine de vérifier si mini-Lucius le suivait. Il ouvrit la porte et contourna la table, avant de s'assoir avec la plus grande élégance sur la chaise de sa mère tout en indiquant à mini-Lucius de prendre place en face de lui.
Ceci fait, Marchosias sourit tandis que Malfoy l'observait avec dédain.
« Quelle est la nature de ta relation avec le professeur Gaunt? » eut l'audace de demander le blond. Marchosias plissa les yeux.
« La ridicule petite chose dans ta tête que tu appelles un cerveau n'a-t-elle pas compris lorsque je l'ai appelé Papa? » dit-il d'un air moqueur à un héritié Malfoy indigné.
« Je ne faisais que confirmer! Qui es-tu? »
« La politesse veut que l'on se présente en premier avant de demander l'identité de quelqu'un. Mais peut-être que ton cher père ne t'a pas convenablement inculqué les bonnes manières? » Une seconde plus tard, mini-Lucius était sur ses pieds et pointait sa baguette vers Marchosias.
Sans sourciller, il pencha sa tête sur le côté –une habitude gagnée à force de côtoyer sa mère. La porte s'ouvrit sans un bruit et il vit Marcaunon se figer en le voyant se faire menacer par mini-Lucius.
« Mr. Malfoy… Par les balles sanglantes de Merlin, qu'êtes-vous en train de faire!? » grogna sa mère, ce qui fit pâlir mini-Lucius. Le discours de bienvenu de Marcaunon lui était sûrement revenu à l'esprit. Un discours pour le moins intimidant.
« Rangez votre baguette avant d'éborgner inintentionnellement mon fils. »
Malfoy remit sa baguette dans sa poche puis leur présenta à tous deux des excuses. Marcaunon se massa l'arête du nez en ferment les yeux et s'avança vers Marchosias tout en lui faisant signe de libérer le siège.
Il le fit d'un air goguenard, mais revint rapidement s'assoir sur les genoux de son géniteur. Ceci ne parut pas déranger Marcaunon qui serra Marchosias fermement contre son lui.
« Prenez place, Mr. Malfoy, et j'espère que vous pourrez m'expliquer cet excès de violence à moins que vous ne désiriez perdre davantage de points. » Oh? Ainsi mini-Lucius avait déjà mis Serpentard dans la zone rouge?
« Je… Votre fils m'a insulté, monsieur… »
Il laissa ses pensées divaguer (tout en gardant une oreille attentive au cas où un objet de chantage serait mentionné) tout en jouant avec l'un des papillons bleus de sa mère. Leur couleur était d'un joli bleu parsemé de taches blanches. Il se demandait toujours pourquoi ils tournaient autour de Marcaunon. Une fois, sa curiosité avait pris le dessus et il avait demandé à sa mère s'il se recouvrait de pollen. Il pouvait encore sentir une bosse sur sa tête là où le livre s'était abattu, et de frustration, il tira sur les ailes du papillon.
Une autre particularité curieuse de ces papillon était que peu importe la force avec laquelle il tirait sur leurs ailes, il ne parvenait jamais à les arracher. Cela ne semblait même pas les déranger. Sachant reconnaître une bataille perdue d'avance, il s'attaqua ensuite à leurs antennes.
Le papillon dans sa main commença à s'agiter et Chaos pencha la tête. Elles étaient tout aussi solides, mais apparemment, s'en prendre à cette partie les démangeait. Il continua à tirer et fit un nœud avec les deux antennes. Ceci déstabilisa le papillon qui perdit l'équilibre et tomba de sa main pour aller s'écraser au sol, au grand amusement de Marchiosas.
Sa mère lui tapota sur le nez pour lui signaler de réfréner ses tendances violentes et il haussa les épaules. Ce n'est même pas comme s'il pouvait tuer les papillons de sa mère. À nouveau, il s'interrogea sur l'étrange longévité de ces insectes qui l'entouraient depuis sa naissance – ces créatures n'étaient-elles pas censés avoir une espérance de vie réduite?
Un autre papillon vint se poser sur sa main. Que des insectes avec un cerveau si microscopique comprennent à chaque fois que Marchosias les appelait n'avait de cesse de le surprendre.
Cette fois-ci, il enroula la trompe autour de son petit doigt. Si les papillons avaient des expressions, celui-là serait en train de froncer les sourcils à l'instant même. Il laissa échapper un gargouillis amusé du fond de sa gorge et continua à jouer avec l'insecte, se souciant peu de paraître infantile.
« …vous avez perdu vingt points. Si vous continuez à me couter des points, je forcerai le choipeau à vous envoyer chez les Gryffondors, Mr. Malfoy. » En voilà une idée amusante. Un Malfoy parmi les lions était aussi à l'aise qu'un papillon parmi les abeilles. Il ne durerait pas longtemps. « Laissez-moi vous présenter à nouveau mon fils, Mr. Malfoy. Marchosias, dis bonjour à Lucius. »
« Bonjour Lucius. » Répondit-il platement en lançant le papillon dans la main tendue de son ainé (physiquement). Comme s'il allait serrer la main de son (futur) serviteur.
Mini-Lucius eut l'air confus. Avant que sa mère ne puisse l'avertir, le papillon attaqua férocement l'enfant. Toutes les petites créatures ailées assaillirent le blond, et en voyant mini-Lucius recouvert de la tête aux pieds de papillons, Marchosias ne put retenir un rire cruel.
Il crut entendre Marcaunon le rabrouer sans grande conviction mais décida de l'ignorer pour mieux profiter du spectacle que donnait Malfoy, à se tortiller comme le ver qu'il était.
1967
Localisation: Poudlard, le bureau de Marcaunon
« Mort? »
« Vous m'avez appelé, Maître? »
« Dis-moi si je me trompe… Mais Damocles Belby n'est-il pas l'inventeur de la potion tue-loup? »
« Tout juste, Maître. »
« Alors pourquoi est-il décédé, i peine dix-sept heures, dans l'explosion de son laboratoire? Avant d'avoir inventé la Tue-loup? »
« Nous sommes dans une autre dimension. »
« Mmmh… Je pourrais toujours prétendre être le créateur de cette potion… Mais je ne souhaite pas vraiment attirer tous les regards (celui de Voldemort en particulier) sur moi. Et inventer une potion qui neutralise les symptômes de la lycanthropie n'est pas un mince exploit. »
« Neutraliser les symptômes? Mais Maître, n'aviez-vous pas créé une potion pour guérir de la lycanthropie? Afin de soigner votre filleul ? »
« En effet… »
« Vous pourriez peut-être utiliser une autre identité, un pseudonyme… pourquoi pas à partir d'une anagramme? »
« … Mort! Tu es un génie! »
« Je fais de mon mieux. »
OOOO
En parcourant un couloir, il réfléchit à son anagramme. C'était difficile et il ne parvenait pas à trouver quelque chose d'aussi cool que Voldemort. Tom Marvolo Riddle, I am Lord Voldemort*. Franchement, n'était-ce pas du grand art? Il aurait aimé avoir Lord dans son pseudo.
Marcaunon soupira et grogna un peu devant l'injustice de la vie… avant de se souvenir que Marchosias était en fait Tom Riddle. S'il n'arrivait pas à trouver une bonne anagramme tout seul, Il pouvait toujours demander de l'aide à son fils!
Cette nouvelle idée en tête, il se rua vers la bibliothèque pour y retrouver son petit rat. Comme il s'y attendait l'enfant était assis sur une impressionnante pile de livres. Marcaunon ne pouvait que secouer la tête en se demandant comment il était monté là-dessus.
« Marchosias? » Son bébé leva la tête d'un air agacé, mais sourit en voyant que c'était Marcaunon qui l'avait appelé.
« Oui papa? »
« Tu as quelques secondes? »
« Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a? » Son fils pencha la tête sur le côté. Tout simplement adorable.
« J'ai besoin… d'aide. » Il grimaça au dernier mot, comme s'il avait mordu dans un citron amère. Marchosias ferma son livre pour accorder toute son attention à Marcaunon. « Je n'arrive pas à trouver une anagramme pour mon nom. »
En parlant, Marcaunon ne vit pas son fils manquer de s'étouffer avec sa propre salive. L'enfant s'éclaircit la voix.
« Pourquoi aurais-tu besoin d'une… anagramme, Père? »
« J'ai créé une potion pour soigner la lycanthropie. » Marchosias hocha simplement la tête, mais ne put dissimuler entièrement sa surprise. « Et je préfèrerais ne pas être remarqué par… quelqu'un. »
« Eh bien… D'accord… Marcaunon Seirios Gaunt… Hmm… »
« Je pensais ne pas tenir compte de mon premier prénom. Au cas où quelqu'un se rendrait compte qu'il s'agit d'une anagramme. »
Voldemort n'était pas stupide.
« Seulement Seirios Gaunt alors? »
« Oui… »
Ils restèrent assis en silence quelques minutes avant que Marchosias n'ait une idée.
« Pourquoi pas Ignatius Rose? »
« … C'est pas mal… Mais pourquoi Rose? C'est… un nom de fille. »
« Père… rallonge tes cheveux, s'il-te-plait, et regarde-toi dans un miroir. »
Marcaunon fronça les sourcils et croisa les bras devant lui. Ignatius Rose… C'était un nom convenable. Assez similaire à Ignotus Peverell, et il pouvait se souvenir d'avoir entendu parler d'un Ignatius Theophorus, ou Ignatius de Antioch.
« C'est… un joli nom. Merci mon trésor. » Il posa un baiser sur le front de son fil savant de se diriger vers son laboratoire personnel. Il avait une potion à préparer
Octobre 1967
Localisation: Ministère de la Magie, Département des inventions
« C-c'est du poison! » déclara le responsable en chef du département, Albert Storm, avec un regard accusateur.
« Encore une fois, je vous assure que ce n'est pas le cas, Mr. Storm. Cette potion neutralise les sorts. »
Marcaunon avait changé d'avis dès que le directeur l'avait surpris en pleine préparation de potion. Il savait très bien que si Dumbles découvrait qu'il avait inventé une cure absolue pour la lycanthropie, il forcerait tous les loup-garous à en consommer, et en ferait même une loi si nécessaire. à ses yeux bleus toujours étincelants, ces créatures appartenaient aux ténèbres.
C'était tout à fait inacceptable. Aussi, pour l'instant, il présenterait à la communauté sorcière la deuxième meilleure solution. Il s'était déjà expliqué avec Marchosias, et son fils était d'accord avec lui –Dumbles ferait définitivement passer une loi une fois que la potion sortirait.
« Pardonnez-moi de mettre votre parole en doute, Mr. Rose. Mais vous, l'expert, savez certainement que l'aconit est une substance hautement toxique. »
Cette conversation sans fin commençait à le fatiguer.
« Je propose que l'on fasse appel à un maître de potion reconnu pour qu'il nous donne son avis là-dessus. » Pour l'amour de…
« Peut-être que… » Sans même l'écouter, l'homme-souris s'approcha de la cheminée. Marcaunon l'aurait bien étranglé sur l'instant; il avait déjà conseillé à Storm de demander l'opinion d'un autre maître de potion quand le salaud était arrivé. Mais noooooon~ Quelle tête de mule.
Bientôt, une femme dotée d'une longue chevelure noire ondulée, avec des yeux gris et un visage pâle recouvert de maquillage apparut dans la cheminée. Discrètement, Marcaunon replaça ses lunettes teintées de rose sur son nez et ébouriffa ses cheveux de sorte qu'ils recouvrent son visage.
C'était Vevila Malfoy née Lestrange, la maudite épouse d'Abraxas Malfoy. Maudit karma! D'abord le patriarche Malfoy, ensuite l'enfant-gâté, et maintenant cette femme.
Il pouvait sentir la magie noire et séduisante de Voldemort sur le bras gauche de Malfoy et du résister à l'envie de s'approcher pour caresser la marque des ténèbres. Il pouvait déjà entendre le tatouage de serpent siffler de plaisir alors qu'il mêlait leurs magies respectives – quelle douce et dangereuse tentation.
« Madame Malfoy, merci de vous être libérée. J'aimerai que vous nous donniez votre avis sur cette potion, si vous voulez bien. » Dit Storm d'un air enjoué tout en tendant le flacon de Marcaunon à Malfoy. Son examen prit un certain temps.
Je ne… sais pas vraiment de quoi il s'agit. »
« Est-ce du poison, Madame Malfoy? » demanda-t-il d'un ton doucereux.
Elle observa Marcaunon, et après quelques minutes supplémentaires, répondit avec prudence. Enfin un peu de professionnalisme. « Non. Cela ressemble à du poison, mais les effets néfastes ont été contrés. »
Marcaunon se tourna vers Storm et lui sourit à pleines dents d'un air féroce. Il était à bout de patience avec cet homme.
« Ne vous l'avais-je pas dis, Mr. Storm? »
« C-certes, en effet… Mais vous êtes encore jeune, et une erreur aurait… »
« J'ai obtenu ma maîtrise en potion, Mr. Storm. »
« Eh bien… Pourquoi ne nous révélez-vous pas les détails de votre invention? Après quoi nous la testerons et nous verrons si elle mérite d'être acclamée. »
Mérite de…? Mériter!? Oh par Merlin! Ses capacités étaient au top et cette potion était devenue indispensable dans sa vieille dimension ! Son colèromètre commençait à monter à une vitesse inquiétante.
« Je vous assure qu'elle… méritera… toutes les récompense. » Dit-il en grinçant les dents et en souriant d'un air fou à l'homme. Storm sembla perdre quelques couleurs, mais il ne s'en soucia pas. Il était plus qu'énervé.
« Le nom de cette préparation est Tue-loup. L'aconit et l'hellébore interagissent et se neutralisent mutuellement tout en gardant leur propriétés de base, donc ce n'est pas du poison, » expliqua-t-il, et Storm trembla devant l'agressivité de son ton. « La sanguinaria du Canada force le consommateur à rester calme, tandis que la pierre de lune permet d'équilibrer ses émotions, et combinée à du gingembre, elle réprime les instincts primaires. L'argent liquide n'est pas vraiment un liquide en soi, mais du mercure, et ses attributs différent grandement, jusqu'à être totalement opposés. »
« Un neutralisant…? Pas pour un être humain, mais pour les pulsions animal? » l'interrogea madame Malfoy d'un air ébahi. Son masque de serpentard n'étant plus en place, Marcaunon put lire son avidité, son respect et quelque chose qu'il ne parvenait pas à identifier dans ses yeux gris.
« C'est cela. La tue-loup ne soigne pas, mais neutralise les symptômes de la lycanthropie. Cela permet à un loup-garou de conserver ses capacités mentales durant et après sa transformation… Cependant, elle peut avoir des effets désastreux si elle n'est pas préparée convenablement. »
« L'avez-vous déjà testée? »
« En théorie, il ne devrait pas y avoir de problèmes. »
On tendit un parchemin à Marcaunon pour l'informer des prochaines procédures. Accaparé par la lecture du document, il ne remarqua pas la façon dont les yeux de madame Malfoy parcoururent son corps, et ne vit pas ses orbes grises s'obscurcir de désir.
...
Pour toute erreur dans la composition des potions ou de l'histoire du monde des sorciers... désolée (but not my fault). J'espère que ceci n'aura pas gâché la lecture des plus tatilleux.
Sinon, ça vous plait toujours ?
à bientôt! ^^
