Oyooo! Désolée pour l'attente, et un grand merci pour tous vos encouragements ! ^^
voici maintenant le nouveau chapitre de Silk Road!
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Chapitre 16: Dîners et Rendez-vous
Janvier 1967
Localisation: Poudlard
Dans les tréfonds d'un donjon faiblement éclairé, Marcaunon remuait une potion d'un air absent, perdu dans ses pensées.
Avant qu'il ne se mette à mélanger ces ingrédients étrangement colorés, il était tombé par hasard sur un vieux carnet bleu qu'il avait lorsqu'il était petit (physiquement). Il se souvenait qu'il avait passé tellement de temps à fixer les murs gris de l'orphelinat qu'il aurait été prêt à faire n'importe quoi – d'autre que ses tentatives désastreuses de bonnes actions.
Bien qu'il soit une vieille âme, la jeunesse de son enveloppe charnelle affectait son état d'esprit, ses actions et ses émotions. Et même si cela le frustrait, il était encore enfantin et impulsif (ces pulsions le poussaient souvent à chasser les Parasites). Une fois, lasse d'admirer le mur, il s'était mis à gribouiller sur des fiches de la mort (Mort lui avait ensuite fait la morale pendant des longues heures), juste pour s'occuper. Il avait dessiné des détraqueurs, des licornes, des phoenix et enfin, une bouteille de chance liquide – ou plus communément nommée, de Felix Felicis.
La bouteille dorée avait suscité de nombreuses réflexions – par exemple, si les sorciers pouvaient mettre la chance en bouteille, pourquoi ne pouvaient-ils pas en faire de même avec d'autres choses? Il avait écrit tous les ingrédients et leurs propriétés, et avait tenté de les mélanger pour voir s'il pourrait obtenir d'autres potions.
De retour dans le présent, il s'immobilisa et essuya son front gouttelant – il avait l'impression que la fumée dégagée faisait fondre sa peau. Sa préparation avait une couleur blanche-argentée, et quelques bulles apparaissaient de temps à autre à la surface, comme un poisson qui sauterai hors de son bocal. La couleur semblait correcte, si sa théorie était exacte.
Comme la Felix Felicis, cette potion était hautement toxique lorsque consommée en grande quantité. Si tout fonctionnait comme espéré, il recommanderait d'utiliser ce breuvage seulement face à un détraqueur, comme plan de secours pour ceux qui ne parvenaient pas à former un Patronum convenable à cause de leur incompétence.
Marcaunon plaça sa baguette au-dessus du liquide.
« Laetifixempra » Il chuchota le sort qu'il avait inventé spécialement pour cette potion.
Le chaudron trembla quelques secondes, avant de se stabiliser. De la fumée argentée s'éleva et se dirigea vers sa baguette. Le chaudron contenait maintenant une substance bleue sarcelle, presque comme de l'électricité liquide.
Il fit apparaître un large récipient vide, Presque aussi gros que sa tête, et y versa la potion avant de le fermer. Marcaunon cligna des paupières quand il sentit quelqu'un tirer sur sa manche, et baissa les yeux vers le nouveau venu. Il testerait sa préparation plus tard.
« Chaos. Tu n'étais pas avec Mana et Suki? » Il lança un regard confus à Marchosias tout en caressant la joue de son fils.
« Ils sont tous les deux en train de dormir. Il y a… un invité qui t'attend dans ton bureau. » Bien que Marchosias ne laisse rien paraître sur son visage, Marcaunon avait l'impression que des pensées meurtrières s'agitaient dans la tête de l'enfant.
« Qui? » Il jeta un sort de préservation sur le récipient avant de le jeter dans le sac sans fond qu'il portait à sa ceinture.
« Malfoy. Il vient souvent ces derniers temps. » Fit froidement remarquer Marchosias en se dirigeant vers le bureau. La question sous-jacente et le ton adopté déclenchèrent une alarme dans la tête de Marcaunon.
« Oui… Il n'est pas très doué en potion et m'a demandé des cours privés. »
« Ah bon… » Marcaunon choisit d'ignorer l'éclat menaçant dans les yeux rouges de son fils et alla ouvrir la porte.
L'enfant-gâté était assis devant son bureau, attendant patiemment qu'il arrive. Le sourire du gamin se transforma rapidement en grimace quand il vit que Marchosias le suivait.
« Professeur Gaunt. »
« Mr. Malfoy. » Il fit le tour de son bureau et alla s'asseoir dans son fauteuil habituel. « Notre dernière session ne date que d'hier. »
« Oui, désolé de m'imposer. »
« Pas de souci. »
« Ma mère… » commença l'enfant-gâté, « …voudrait vous inviter à diner, vous et votre famille, Professeur. »
« Votre mère? Hmm… Ah oui, Madame Vevila Malfoy. J'ai beaucoup entendu parler de son talent en potion. » Il se souvenait l'avoir rencontré lorsqu'il se faisait passer pour Ignatius –difficile d'oublier une femme qui portait une tonne de maquillage et qui se parfumait comme si elle n'avait pas le temps de prendre de douches (cherchait-elle à couvrir son odeur ?).
« En effet. Mon père parle souvent de vous, et mère aimerait mieux connaître un collègue avec une telle renommée. De plus, vous l'avez beaucoup impressionné en août dernier, lorsque vous avez créé l'antidote pour l'empoisonnement du sang en seulement quelques heures. »
« Et pour quand serait prévu… ce diner? » demanda-t-il en penchant la tête.
"Le week-end prochain."
« Hmm… Chaos? » Il se tourna vers son fils, qui était assis sur ses genoux avec une expression indéchiffrable sur le visage.
Si c'était un dimanche, la décision reviendrait à Marchiosas.
« Nous devrions accepter –après tout, il serait impoli de refuser, père. »
« Très bien. » Il regarda l'enfant-gâté avec un grand sourire, « S'il-te-plait, transmet à Madame Malfoy que nous acceptons son invitation. »
« Mère en sera ravie. » L'adolescent plaça une petite statuette de paon en argent sur le bureau. « Le portoloin s'activera à six heure et demie, à la minute près. »
« Tu as autre chose à nous dire, Lucius? » demanda Marchosias d'un ton plat quand l'enfant-gâté ne fit pas mine de partir.
Le sourcil gauche du blond sursauta en entendant la familiarité de Marchosias, mais il secoua la tête après un moment d'hésitation et s'excusa.
« Non. Merci de m'avoir écouté, Professeur. » Puis il s'ne fut.
Ils gardèrent tous les deux le silence tandis que Marcaunon jouait avec les cheveux de son fils – Marcaunon ne comprenait toujours pas comment Marchiosas parvenait à se coiffer alors que c'était mission impossible pour lui.
« Chaos? »
Son garçon garda le silence et cela inquiéta Marcaunon. La dernière fois qu'il avait été aussi silencieux, il avait retrouvé ses papillons attachés à un bâton, en train de rôtir dans la cheminée. Voulant à tout prix éviter que l'accident se répète, il tourna son enfant de six-bientôt sept- ans face à lui.
« Qu'est-ce qu'il y a, mon chéri? Tu as mal au ventre? » demanda-t-il doucement.
« … Je suis juste fatigué, mère. »
« Bon… » Il soupira. « Mais tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas? »
« Je sais. »
Il embrassa son fils sur la joue et se mit à humer un air. Il devrait se préparer en cas de catastrophe.
Marchosias était imprévisible parfois –et cela le rendait dangereux.
Janvier 1967
Localisation: Poudlard
Marcaunon fronça les sourcils en voyant son reflet et tenta d'aplatir ses cheveux. Comme d'habitude, il était tout vêtu de noir, ne laissant que la peau de son visage visible. A moitié du moins (ayant laissé pousser sa frange, celle-ci lui tombait maintenant devant les yeux). Il gémit de frustration, ignorant les tapotements de pied de la personne qui l'attendait.
« Mère? » Il se tourna vers son fils. Contrairement à ceux de Marcaunon, sa chevelure était parfaitement lisse. Son enfant portait exactement les mêmes vêtements que lui, excepté pour la couleur –ils étaient d'un bleu foncé très sombre, presque noir. « Tu as bientôt fini? »
« Mes cheveux refusent de rester plats! » Râla-t-il en croissant les bras. « Comment fais-tu avec les tiens? »
Son fils le fixa d'un air exaspéré avant de sortir la statuette de paon de sa poche.
« Les cheveux plats ne t'iraient pas. »
« Mais ça te va à toi… et on se ressemble. »
« Mère, il est temps d'accepter la réalité. » Dit Marchosias en levant les yeux au ciel. « Personne ne se trompe sur mon genre. Toi, en revanche… »
Il fronça de nouveau les sourcils en regardant l'enfant. Il détestait ça, quand les gens se trompaient sur son compte –simplement à cause de son apparence légèrement androgène.
« C'est simplement parce que tu es encore recouvert de tissus organiques superflus. »
« … Tu me traites de gros? »
« Oui. »
Il ignora le regard noir qui lui fut adressé et se tourna vers les deux serpents occupés à pleurnicher –autant qu'un serpent puisse pleurnicher.
« ça suffit. » Siffla-t-il d'un ton exaspéré, « Pour la dernière fois, vous ne viendrez pas avec nous! »
« Mais qui vous protègera, Maître? » demanda Suki d'un air inquiet.
« Vous doutez de mes pouvoirs? » Il plissa les yeux.
Avant qu'une compétition de sifflements ne commence, Marchosias intervint.
« Madame Malfoy pourrai reconnaître tes lunettes. »
« … Je suppose que tu as raison. » À contrecœur, il retira ses lunettes roses et dû fermer les yeux un instant quand le monde se remplit à nouveau de couleurs.
« Laisse-moi t'accompagner, Chaos. » Siffla Manasa en glissant vers Marchosias.
Le garçon fixa le serpent de ses yeux rubis, puis les leva vers sa mère. Marcaunon ne pût résister –c'était le regard de chien battu spécial de Marchosias. C'était adorable, mais également un peu perturbant (il s'agissait après tout d'un mini-Voldemort).
« Ok! » Il céda, « Mais ne vous attendez pas à ce que l'on vous réponde. Les Malfoys ne doivent rien savoir de nos capacités. » Prévint-il les deux serpents.
Les deux animaux s'exclamèrent de joie avant que Marcaunon ne les rapetisse pour qu'ils puissant se glisser le long de leurs épaules, à lui et son fils. Ils donnaient l'impression d'être de fines et longues écharpes, ce qui, de fait, en faisaient des accessoires très tendances.
Il prit Marchiosas dans ses bras et le portoloin à bout de bras. Ils patientèrent une minute, avant de disparaître avec la désagréable impression d'une corde tirant sur leur nombril.
Ils atterrirent sans difficulté. La pièce dans laquelle ils se trouvaient leur était familière – à tous les deux - c'était le hall où était installée la cheminée des Malfoy. Des vases et des peintures longeaient le mur, tandis qu'une table et des divans encadraient le foyer.
« Professeur. » L'enfant gâté entra et les accueillit. « Bienvenue au manoir Malfoy… Toi aussi, petit diable. » Les derniers mots sortirent dans un murmure. Marcaunon préféra faire semblant de n'avoir rien entendu, tandis que Marchosias jetait un regard noir à l'enfant-gâté (en se remémorant probablement toutes les façons dont il pouvait éviscérer Lucius, à main nue de préférence).
« Merci, Mr. Malfoy. »
« Je vous en prie, appelez-moi Lucius. Je vais vous mener à la salle à manger. »
Marchosias toujours dans ses bras, il suivit l'enfant-gâté. Ils gardèrent tous les deux le silence, écoutant d'une oreille distraite le blablatage de l'enfant-gâté au sujet des portraits.
Dans son monde d'origine, le Ministère avait complétement rasé le manoir.
Draco avait rampé jusque devant sa porte, la poitrine criblée de balles, suppliant Harry à genoux de protéger son fils contre les sorciers Blancs – Le célèbre orgueil des Malfoy avait été jeté aux orties pour protéger sa famille. Lui, bien sûr, avait tout de suite accepté, mais Scorpius avait rejoint ses parents dans l'autre monde quelques mois plus tard. L'adolescent n'avait pas su faire son deuil et s'était suicidé après avoir vengé la mort de ses proches. Un vrai gâchis, quand on savait le potentiel qu'avait le garçon.
Il sortit de ses pensées quand ils entrèrent dans la salle à manger, où Lord et Madame
Malfoy les attendaient.
« Bienvenue au manoir Malfoy, Professeur Gaunt. » Lord Malfoy le salua avec un sourire poli et une poignée de main. « Voici ma femme, Vevila. »
Il prit la main que lui offrait madame Malfoy et baisa l'air au-dessus de ses phalanges.
« C'est un plaisir, Madame Malfoy. »
« De même, Professeur Gaunt. » Ses lèvres roses formèrent un sourire étrange.
On leur attribua des sièges et ils allèrent s'assoir; Lord Malfoy était installé en tête de table, Marcaunon à sa droite, juste à côté de Marchosias. Lady Malfoy était assise à l'opposé de Marcaunon tandis que l'enfant-gâté était installé à la droite de sa mère.
« Merci pour l'invitation, Madame Malfoy. »
« Je vous en prie, appelez-moi Vevila. » Elle battait frénétiquement des paupières en parlant –avait-elle quelque chose coincé derrière sa paupière? « Abraxas and Lucius ne tarissent pas d'éloges à votre propos. Est-ce là votre fils, Professeur Gaunt? »
« Oui… présente toi donc, mon chéri. » Il ne voulait pas autoriser cette femme à l'appeler par son prénom. Qu'est-ce qui se passerait si Lord Malfoy pensait qu'il faisait du charme à son épouse?
Marchosias remit une mèche folle derrière son oreille et offrit un sourire adorable aux deux Malfoy.
« Marchosias Gaunt, enchanté de faire votre connaissance, Lord Malfoy, Madame Malfoy. » Apparemment, ils verraient souvent les Malfoy à l'avenir. Le soudain intérêt que leur portait Chaos l'intriguait –après tout, il s'était montré particulièrement hostile envers l'enfant-gâté à l'école.
« Eh bien, quel adorable jeune homme. Et comme il est bien élevé, Professeur Gaunt. »
OOOO
« Merci … »
Marchosias cessa de prêter attention à leur conversation et plissa les yeux en observant la mégère (elle ne lui avait pas fait grande impression durant sa première vie). Elle était de toute évidence en train de flirter avec sa mère (qui ne s'en rendait absolument pas compte). Elle se penchait de temps en temps en avant pour rendre ses deux masses graisseuses plus protubérantes. Oh! Il était bien tenté de les lui couper et de les lui faire avaler.
La nourriture était déjà sur la table. Sa mère était occupé à remplir leurs assiettes d'un air absent.
Marchosias se tourna vers Abraxas, l'homme le plus cruel de son cercle privé, et il dut réprimer son envie de gifler l'homme –il était en train de siroter son vin en toute élégance, sans se soucier du comportement abhorrent de sa dévergondée de femme.
En fait, l'homme fixait le visage de Marcaunon avec une expression presque avide.
Marchosias fronça les sourcils, confus, avant de réaliser que… il aurait pu se gifler lui-même! Comment avait-il pu oublier qu'Abraxas avait le béguin pour Tom Riddle? Marcaunon était une version plus douce et plus petite de Tom Riddle –ce qui suffisait à rendre sa mère attirant aux yeux du patriarche Malfoy.
Mais il ne partagerait sa mère avec personne, et certainement pas avec les Malfoys.
Sa main, posée sur ses genoux, le démangeait. La colère grondait… il avait l'habitude de tripoter sa baguette quand il était agité (et normalement, de jeter des endoloris par-ci par-là). Avec toutes les pensées meurtrières qui occupaient son esprit, il manqua presque l'apparition d'un elfe de maison.
« Le Lord Serpent attend dans le bureau du Maître Malfoy, Maître Malfoy. » Déclara l'elfe de maison en tortillant ses oreilles et ses doigts.
« Abraxas? Tu l'as invité ici? » Demanda la mégère en plissant les yeux.
Rien n'aurait fait plus plaisir à Marchosias que de les lui arracher de leurs orbites.
« Non… Je vous prie de m'excuser, Professeur Gaunt. » Avec grâce, Abraxas se leva et sortit de la pièce.
« Pardonnez mon mari, Professeur… Ce n'est que lorsque cette personne se présente qu'il se montre aussi impoli. »
« Cette personne doit être très importante. »
« En effet… On le nommait le Roi des Serpentard, durant nos années à Poudlard. »
Marchosias se demanda vaguement qui avait gagné ce titre dans les années 40… vu qu'il était né plus tard et sous une autre identité.
« Oh? » Sa mère leva un sourcil, l'air curieux. « J'aurais pensé que Lord Malfoy détenait ce titre. »
La mégère ria tout en battant des cils.
« Abraxas serait ravi de vous entendre parler si hautement de lui… Mais non, ce n'était pas lui. Cette personne a reçu la couronne alors qu'elle n'était encore qu'en quatrième année. »
« Eh bien… Voilà un exploit impressionnant. »
Marchosias était confus. Dans toute l'histoire de Serpentard, il n'y avait qu'une seule personne qui soit devenue le roi des Serpentards lors de sa quatrième année – lui-même.
« En effet. Il avait le charme et la puissance, bien qu'il ne fût pas un sang-pur. » Le dégout était à peine voilé dans sa voix.
Une théorie se forma dans son esprit, et elle lui glaça le sang. Il n'avait jamais pensé qu'un Tom Riddle puisse déjà exister dans cet univers, et qu'il puisse être l'extra – l'intrus. Mais il était dans un univers parallèle, une autre dimension… c'était donc une possibilité. Marchiosas aurait quelques recherches à faire une fois qu'ils seraient de retour à Poudlard.
« Vraiment? » demanda Marcaunon.
« Etonnant, n'est-ce pas? Nous pensions que c'était un sang-de-bourbe, mais c'était un sang-mêlé! »
« Un sang-mêlé? » s'exclama Mini-Lucius, choqué. « Pourquoi notre maison ferait de quelqu'un de si basse extraction notre Roi? »
Sa main se serra autour de son gobelet de jus de citrouille. L'enfant n'avait aucun instinct de survie, et il se demandait comment diable mini-Lucius était devenu sa main droite.
« Lucius! Termine ton assiette. » Le gronda la mégère.
« … Oui mère. »
« Il devait être très puissant pour avoir été choisi. » Fit remarquer sa mère avec un sourire poli. « On ne peut pas en dire autant à propos de la Reine actuelle de Serpentard. »
« La Reine? » Un éclat d'intérêt s'alluma dans ses yeux gris et elle se pencha un peu plus. S'il n'y avait pas eu la table, Marchiosas l'aurait maudite sur le champ (elle était déjà bien trop près de Marcaunon à son goût). « Je ne savais pas qu'il y avait également des reines... »
« Catrina Burke. Elle est arrivée au sommet en séduisant les bonnes personnes, contrairement aux rois précédents –ceux qui avait du pouvoir et qui n'aveint pas peur de s'en servir. »
Catrina… Ah oui, il se souvenait de cette petite opportuniste (il y en avait une autre présente dans la pièce). Elle ne devait son ascension qu'aux hormones enragées de ses camarades. Si la magie n'immunisait pas les sorciers contre les maladies moldues, l'adolescente de seize ans serait probablement déjà porteuse de MST.
« Ils seraient contrôlés par leurs instincts primaires? » Il agita son gobelet de jus de citrouille, observant l'épais liquide d'un air ennuyé. Sa mère, ne remarqua pas le regard noir qu'il lança à la mégère. "Tss… ils sont tombés bien bas. »
« Vous avez raison… J'ai tenté de la renverser, mais hélas, ses talents au lit les rendent tous bien trop mièvres. » Marcaunon grimaça de dégout. Cette génération de Serpentard était… une déception, pour rester poli.
« Est-ce là la raison pour laquelle, ces derniers temps, on vous vois fouiner dans la salle commune ? » demanda mini-Lucius.
« Je n'étais pas, comme tu le dis si élégamment, en train de fouiner. » Sa mère laissa échapper un petit son d'appréciation quand il goutta son vin. « J'étais à la recherche d'une preuve qui montrerait qu'ils sont tous sous l'emprise d'une potion de luxure, ou quelque chose du genre. »
« Ce sont des adolescents, et des garçons, père. Ils ne pensent qu'avec leurs… »
« Ce n'est pas le sujet le plus approprié pour une discussion en compagnie de deux sorciers mineurs, n'est-ce pas, Professeur? » intervint la mégère. « Cependant… nous pourrions en reparler plus tard… » Elle baissa la voix tout en lui souriant avec l'air d'une séductrice.
Marchosias s'agita sur son siège et retint une exclamation dégoutée, tandis que sa mère hochait vigoureusement la tête. Parfois, l'ignorance de Marcaunon l'exaspérait au point qu'il en venait à vouloir le frapper –mais ce n'était pas toujours une mauvaise chose. Au moins, il n'aurait pas à supporter une belle-mère ou un beau-père (il n'était toujours pas très sûr de l'orientation sexuelle de Marcaunon … il devait même probablement être asexuel) dans le futur. Et il ferait tout pour l'éviter.
« Désolé. J'espère ne pas t'avoir trop incommodé, Lucius? » demanda Marcaunon avec un sourire désolé.
« P-pas du tout, Professeur. » Le gamin, rouge comme une tomate, gardait les yeux baissés. Ah… quelle innocence.
« Il y a beaucoup de choses qui incommodent Lucius, père... la politique plus particulièrement. » Comment un gamin aussi écervelé avait pu devenir un brillant politicien, il ne saurait l'expliquer.
« Pardon? » Oups, apparemment, sa remarque avait offensé Mini-Lucius.
« Tu as souvent du mal à comprendre le sens caché de certains messages… tu es encore trop péril pour cela. » C'était pourquoi il n'avait pas été déclaré le Prince de Serpentard dès sa première année, contrairement à Abraxas.
Le visage du gamin vira au cramoisi, et Marchosias sourit dans son verre de jus de citrouille. Il ignorait comment quelqu'un pouvait ignorer le sens du mot 'péril' à cet âge-là (il avait exploré les pensées de son futur minion par curiosité).
« Espèce de sale petit bâta… »
« Lucius! » La mégère eut l'air scandalisée et secoua la tête. « Je m'excuse pour le comportement de mon fils… vraiment… j'ignore où il a pris de si mauvaises manières. »
« Oh ne vous en faites pas, Vevila. Les enfants resteront des enfants.» Sa mère rigola et Marchosias s'émerveilla du fait qu'il pouvait avoir l'air si honnête, alors que ses yeux écarlates se remplissaient en fait de nuages grondant.
Marchosias savait parfaitement qu'il n'était qu'un bâtard, mais personne n'aimait entendre ses tares.
« Oui… Ce n'est qu'un enfant. » Il sourit d'un air doucereux à un mini-Lucius toujours aussi rouge.
Le diner se poursuivit dans la même ambiance, et, somme toute, ce fut assez agréable… de pouvoir insulter Lucius sans que personne d'autre que sa mère ne s'en rende compte. Abraxas avait tout simplement disparu – un bien piètre hôte, mais cela ne le dérangeait pas (c'était déjà un Malfoy de moins à supporter).
Ils retournèrent ensuite à Poudlard, et Marchosias fut pris par surprise (et mort d'angoisse) quand sa mère tomba sans crier gare au sol, tremblant comme une feuille.
Il ne savait pas quoi faire, mais, heureusement, Mort apparût tout aussi soudainement et le fit sortir de la pièce, suivit de Suki et Manna.
OOOO
« Maître, calmez-vous. Maître! » La voix douce de Mort lui parvenait, mais il était tellement effrayé qu'il ne remarqua même pas qu'il était tombé par terre.
Voldemort avait été dans le manoir. C'était tout simplement un miracle (il déstestait dépendre de la chance!) qu'Abraxas n'ait pas mentionné qu'il avait des invités pour dîner – sinon Voldemort aurait fait irruption dans la salle à manger et se serait invité à leur table. Il ne savait pas pourquoi Abraxas n'avait pas parlé de lui à son maître, mais il ne regarderait pas dans la bouche d'un sombral offert. Tout le dîner, il avait eu les nerfs à vif et n'avait pas pu se concentrer sur ce que lui disait Madame Malfoy – heureusement pour lui, ses talents d'acteurs rendraient jalouses les plus grandes vedettes.
« M-m-mort. Il… » Il manqua de s'étouffer
Il sentit des bras s'enrouler autour de lui, et il se fondit dans l'étreinte de l'Entité. C'était une expérience atroce qu'il ne voulait en aucun cas répéter, pas de sitôt en tout cas. Il savait qu'une rencontre avec Voldemort serait inévitable, mais il la délaierait aussi longtemps que possible.
« Chh… Tout va bien. Tout va bien, Maître. » Mort le berça doucement, et il ne pût qu'hocher faiblement la tête en guise de réponse.
Février 1967
Localisation: Poudlard
« Professeur! » Il s'arrêta en plein mouvement et attendit que la personne le rattrape. Une jeune serdaigle tenta difficilement de reprendre son souffle avant de se redresser et de lui présenter un sourire charmeur. « Désolée de vous déranger, professeur, mais j'ai fait trop de chocolats et je me demandais si vous en aimeriez quelques un. »
Il regarda les chocolats en forme de coeur que contenait la boîte (aussi en cœur) que la jeune fille lui présentait et se sentit saliver – il entendait déjà Marchosias le réprimander. Comment toute l'école avait découvert sa faiblesse pour les sucreries, il n'en avait aucune idée, mais il n'allait pas se casser la tête là-dessus. Il avait reçu des tonnes de chocolats ce jour-là, ce qui, pour lui, revenait presque à être au paradis.
« Cela ne vous gêne pas si j'en goûte un ou deux? » Il ne vit pas le rouge monter aux joues de la jeune fille et continua à fixer les délicieuses tentations.
« B-b-bien sûr que non! » Le petit aigle lui offrit la boîte et s'éloigna (s'enfuit) rapidement.
Marcaunon ne prêta pas attention au groupe d'élèves de dernière année en train de discuter non loin de lui, et engouffra un chocolat dans sa bouche. Il ferma les paupières et laissa échapper un gémissement de plaisir lorsqu'il sentit la saveur de cette merveille chocolatée se répandre sur sa langue. Peut-être, se dit-il, qu'il devrait essayer de convaincre Albus (il essayait d'éviter de changer chaque fois son nom quand il pensait au vieil homme. Il ne voulait pas que, par accident, il le dise une fois à voix haute) de lancer un cours de pâtisserie à l'avenir.
Il lécha les quelques traces de chocolats encore sur ses lèvres et reprit sa route, n'ayant absolument pas conscience des rougissements et des érections que ses bruits (et ses gestes) avaient suscités chez les étudiants.
OOOO
Il ignora la nourriture qui se trouvait devant lui, préférant se délecter (avec grâce) des autres chocolats qu'il avait en sa possession. Ses collègues lui lancèrent des regards exaspérés mais néanmoins amusés, tandis qu'il ouvrait une énième boîte de douceurs avec le même entrain qu'un enfant déballant ses présents au matin de noël. Dans cette boîte, tous les chocolats étaient en forme de cœur et recouverts de crème qui formait les mots 'je vous aime'. Cependant, il ignora complétement le message.
« Eh bien… quelqu'un a de nombreux admirateurs. » Lui chuchota Sprout tout bas en lui donnant un léger coup de coude dans les côtes.
Il lui lança un regard agacé et éloigna le coude qui l'attaquait.
« Les élèves en avaient en trop, donc ils m'en ont donné. C'est tout » Expliqua-t-il en léchant le chocolat qui tâchait ses doigts. « Cependant, je me demande si la plupart d'entre eux ne sont pas plus intéressés par la cuisine que par les potions. »
Sprout faillit s'étouffer avec son jus de citrouille et les autres enseignants se figèrent sur leurs sièges. Ils le regardèrent tous d'un air ébahi –même Albus!
« M-marc! » S'écria-t-elle après s'être essuyé la bouche avec sa serviette. « Ne me dis pas que tu ne sais pas quel jour nous sommes? »
« Euh… un jour de sortie à Pré-au-Lard? » Toute la table garda le silence et continua à le fixer, comme s'ils venaient de découvrir qu'il débarquait en fait d'une autre planète. En retour, il fronça les sourcils – il n'aimait pas qu'on le regarde ainsi. « N'est-ce pas la raison pour laquelle tous les étudiants sont de si bonne humeur? »
Avant que quelqu'un ne puisse répondre, Marchosias les interrompit avec un air grave, ne prenant même pas la peine de quitter son pot de pudding – au goût café évidemment - des yeux.
« Père n'a jamais été particulièrement perceptif. »
« C'est un euphémisme… » ajouta McGonagall, ses yeux brillant d'amusement.
« Je suis perceptif! » Il regarda son fils d'un air sévère, mais ce dernier se contenta de l'ignorer et se concentra sur son dessert.
« Attend une minute. » Dit Sprout en le tapotant sur l'épaule. « Est-ce que ça veut dire que tu ne sais toujours pas pourquoi tu recevais tous ces chocolats quand nous étions à l'école? »
« Pomona, nous sommes toujours à l'école. »
« Quand nous étions des élèves, Marc! C'est pas vrai… »
« Les gens savaient que j'aimais le chocolat, donc il m'en offraient. » Déclara-t-il, très sérieux, ne sachant pas du tout pourquoi elle lui posait toutes ces questions, ni pourquoi les autres professeurs se moquaient de lui.
« … Oublie ça! » Elle croisa les bras. « Maintenant, je sais pourquoi le petit Marchiosas est aussi mature. »
« Sous-entendrais tu que je manque de maturité? »
« Je ne le sous-entends pas. » Elle ramena son verre à ses lèvres. « Je le remarque juste. »
Il fronça les sourcils, clairement insulté. Il était loin d'être immature, et si Marchiosas était plus sage que son âge physique, c'était uniquement grâce aux souvenirs de sa vie en tant que Tom Riddle, AKA Voldemort.
Goguenard, il attrapa une autre pièce de chocolat et la mangea d'un air boudeur.
« P-professeur? » Tous les enseignants tournèrent la tête quand ils entendirent parler une jeune fille, probablement une élève de dernière année.
« Professeur Gaunt, Je veux dire. » Elle sourit d'un air gêné et le reste du corps enseignant retourna à son repas.
« Oui? »
« Euh… C'est que… J'ai entendu l'un de mes amis dire que vous iriez à Pré-au-Lard ce week-end, pour acheter des ingrédients… »
« En effet. » Il leva un sourcil.
« Je me demandais si… » Elle s'éclaircit la voix et commença à tripoter la manche de son pull. « Si je pouvais vous accompagner… »
Son sourcil monta encore plus haut. Pourquoi diable aurait-il besoin d'elle pour acheter des ingrédients?
« Je veux dire, j'ai des achats à faire… et, euh… mmmh… mes amis… occupés et-et… »
Pomona, prise de pitié pour la jeune Gryffondor – était-ce vraiment la Maison du courage ?- intervint.
« Je pense que ce qu'elle essaye de dire, Marc, c'est qu'elle voudrait composer sa propre réserve d'ingrédients pour potion. » Il lança un regard confus à Sprout. Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire, que cette fille veuille s'approvisionner? Sprout secoua la tête en soupirant. « Elle aimerait bien t'accompagner, étant donné que ses amis ont leurs propres affaires à régler… n'est-ce pas ma puce? »
« O-oui! C'est exactement ça, Professeur Sprout! »
« Eh bien… » Sprout le fixait intensément, et il soupira. « Je n'y vois pas d'inconvénient ».
« Merci beaucoup, Professeur Gaunt! Quand partirez-vous? » Bien que son visage soit encore recouvert de rouge, elle souriait maintenant à pleines dents.
« Dans une heure. Je vous attendrais devant les portes d'entrée. »
Elle hocha la tête et retourna s'assoir à sa table –où un groupe de filles lui tapotèrent le dos, comme pour la féliciter. De quoi, il n'en avait aucune idée.
« Père… » La voix froide de Marchosias attire l'attention de tous les professeurs. Ils n'avaient jamais entendu l'enfant parler avec tant d'animosité.
« Dis-moi… Sais-tu ce que tu viens d'accepter? »
« D'aller faire des courses? »
Son fils l'observa d'un air impénétrable, puis jeta un coup d'oeil à Sprout avant de se lever et de quitter la table.
« J'ai terminé. » Marchosias quitta le Grand Hall sans laisser paraître la moindre émotion sur son visage –ce qui effraya un grand nombre de gens, tellement ils étaient habitués à le voir toujours sourire poliment.
« Marc…? » chuchota Sprout.
« Hm? » répondit-il d'un air absent avant de choisir un autre chocolat.
« Tu te souviens de ton offre… de m'offrir un flacon de détecteur de poison ? Est-ce qu'elle tient toujours ? »
« Evidemment. Pourquoi cette question? » demanda-t-il d'un air curieux en penchant la tête.
« J'assure juste mes arrières. » Murmura-t-elle, sans quitter des yeux la double porte du Grand Hall.
OOOO
« Professeur! Désolée, je ne vous ai pas fait trop attendre? »
Il se retourna et vit la jeune Gryffondor courir vers lui –Elle tenait une sacoche en cuire dans l'une de ses mains gantées, et elle utilisait son autre main pour lui faire signe. Elle portait un manteau rouge foncé (de la même couleur que les yeux de son professeur préféré) qui lui arrivait juste en-dessous des genoux, tandis qu'une ceinture noire entourait sa taille.
En voyant ses chaussures, Marcaunon leva un sourcil, sceptique, mais garda le silence. Les talons de ses bottes étaient si haut qu'ils leurs donnaient la même taille.
Il ne savait pas pourquoi elle avait décidé de se changer, alors qu'elle aurait très bien pu aller à Pré-au-Lard en uniforme. Néanmoins, il ne tenta pas de questionner l'une de ces mystérieuses créatures nommée femme.
Elles étaient et resteraient éternellement une énigme à ses yeux.
Sprout lui avait appris qu'elle s'appelait Emma Marrone. La Gryffondor avait des cheveux blonds et courts, lisses, qui lui encadraient délicatement le visage. Il ne s'était pas attendu à voir cette coupe de cheveux dans les années 60, mais peut-être que les Parasites avaient lentement prit goût à cette coiffure et l'avaient érigée en mode.
Ses yeux brun couleur chocolat étaient bordés de mascara (heureusement, rien d'exagéré). Son visage rond, son nez en trompette et ses lèvres pulpeuses lui donnaient une apparence assez mignonne en soi – ce qu'il aurait remarqué s'il avait été un homme comme les autres.
« Pas du tout, Miss Marrone, Je viens juste d'arriver. » Il lui sourit et lui offrit son bras –Sprout lui avait dit que ce serait plus facile de garder un œil sur elle lors de leurs achats de cette manière.
Le visage d'Emma s'empourpra mais elle s'empressa de glisser son bras dans le creux de celui de Marcaunon –un peu comme un chien qui se ruerait vers un steak. Cette comparaison le fit rire mentalement, et ils se mirent en chemin. Il n'y avait pas une grande distance entre Poudlard et Pré-au-Lard, mais il aimait bien prendre son temps.
Ils (surtout elle) échangèrent quelques mots sur la route, au grand agacement de Marcaunon, mais l'air frais glissant sur leurs joues était agréable. Aussi, il se concentra davantage sur cette sensation. Il ne vit pas que les autres étudiants s'arrêtaient pour jeter à Emma des regards de jalousie ou d'admiration. Son attention était encore accaparée par la montagne de chocolats qui l'attendaient dans son bureau. Une montagne à laquelle il pourrait s'attaqué en remplissant quelques fiches de la mort. Mort n'étant pas du style à prendre congé (des gens meurent tous les jours après tout), il songeait de plus en plus à se procurer un assistant.
Albus lui avait déjà donné l'autorisation de choisir l'assistant qu'il désirait. Bientôt, les soirs où il s'écroulait de fatigue ne seraient plus qu'un triste souvenir, ce qui rendrait également son fils heureux. Marchosias le forçait toujours (bien qu'il ne l'admettrait jamais) à aller dormir, ou à manger plus – et si cela réchauffait son cœur glacé, ça n'en devenait pas moins agaçant au bout d'un moment.
Ses collègues le regardaient comme si c'était lui l'enfant, et pas Marchosias. Son orgueil ne le supportait plus!
« Professeur? » La voix de la Lionne le sortit de ses pensées et il se tourna vers elle.
« Oui, Miss Marrone? »
Elle baissa la tête et lui dit, d'une petite voix, qu'ils étaient arrivés chez l'apothicaire. Il lui lâcha le bras (sans remarquer sa déception) et lui dit d'aller chercher ce dont elle avait besoin, de l'appeler si elle avait besoin d'aide ou quand elle avait terminé et qu'elle était prête à payer – il était doué pour marchander.
Ils entrèrent tous les deux dans le magasin avant de se séparer. Il sortit sa liste de course et la parcourut quelques fois avant d'aller à la recherche des ingrédients qui y étaient écrits. Ses yeux écarlates analysèrent les étagères avec la vitesse du professionnel qu'il était, ne s'arrêtant que sur les produits de qualité.
Il tendit la main pour attraper le dernier pot de pattes d'araignées, et, n'ayant pas remarqué la présence d'un autre individu à côté de lui, se heurta la main contre celle de l'homme qui était également intéressé par ce bocal. Il retira sa main aussi vite que possible, comme si on l'avait brûlé, et se tourna pour s'excuser, avant de se figer sur place l'espace d'une seconde. Il surmonta rapidement sa surprise et sourit d'un air poli.
L'homme avait des cheveux bruns ébouriffés et des yeux noisette. Son visage lui était familier, bien qu'il ait gagné quelques rides. Si Marcaunon avait eu moins de contrôle sur ses propres actes, il aurait jeté le sort de la mort sur cette personne dès l'instant où ses yeux s'étaient posées sur elle – au diable les conséquences. Mais heureusement pour son Oublietteur, il avait un sang-froid exemplaire.
« Désolé, je ne vous avais pas vu. »
Charlie, car ça ne pouvait être que lui, le fixait avec des yeux larges comme des soucoupes. L'homme aux yeux noisette sourit d'un air forcé avant de rigoler, tout aussi naturellement.
« Pas de souci. Vous pouvez le prendre, je connais un autre magasin. »
« Mais non voyons… » Il secoua la tête, faisant flotter ses cheveux noirs avant que ceux-ci ne retombent délicatement autour de son visage. « Vous étiez là le premier. »
« D-d'accord, merci beaucoup. » Charlie prit le pot et s'excusa avant de s'éloigner, en courant plutôt qu'en marchant.
Il observa le dos de l'homme qui s'éloignait avec une expression impénétrable. Les sensations de cette nuit-là lui revinrent soudainement, et il serra les poings. Il avait accordé à cet homme l'honneur de toucher son corps, et tout ce que trouvait ce bâtard pour le remercier, c'était d'effacer sa mémoire?
Que personne ne pense que Marcaunon ne pouvait pas se montrer rancunier simplement parce qu'il avait été chez Poufsouffle. Il était pire que Voldemort –et ça en disait long, quand on savait que son âme-sœur l'avait poursuivi pendant dix-sept ans, avant de le forcer à créer un horcrux afin qu'il sache ce que c'était que de vivre moins qu'une vie de fantôme avant qu'il ne le tue pour de bon. Oui, Voldemort n'était pas du style à oublier une offense… et lui non plus.
Il se reconcentra sur ses courses, tout en gardant un oeil sur Charlie. Une femme avec de longs cheveux noirs tapota Charlie sur l'épaule avant de s'appuyer contre lui. Il était évident, même pour Marcaunon, qu'ils étaient en couple. Il songea brièvement à torturer cette femme devant son coup d'un soir, pour ensuite achever l'homme.
« Professeur j'ai fini. » Annonça son élève. « Et vous? »
« J'ai encore un ou deux articles à trouver. Pourquoi n'irais-tu pas déjà te mettre dans la file? Je te rejoins tout de suite. »
Dix minutes plus tard, ils quittèrent la boutique et Emma le traina jusqu'aux Trois-Balais. Il avait accepté d'y aller quand elle s'était plainte parce que ses pieds lui faisaient souffrir le martyre – à son avis, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle et à son choix de chaussures. Cependant, étant le charmant Poufsouffle qu'il prétendait être, il garda cela pour lui.
Il se serait contenté de siroter sa Bière-au-beurre dans le silence, mais Emma avait d'autres idées.
« Eh, Professeur? » Elle pencha la tête et se pencha vers lui. « Pourquoi avez-vous choisi ce métier? »
« Ce n'est pas avant mes vingt-ans que j'ai envisagé cette carrière, en fait. » Admit-il en prenant une gorgée de sa boisson. « Mais j'ai revu Albus, et il m'a demandé si j'étais intéressé car il était en manque d'enseignants. »
« Quel âge avez-vous, Professor? »
« Vingt-deux ans. » Il huma. « Pourquoi toutes ces questions, Miss Marrone? »
« P-pour rien! Je croyais que vous étiez plus jeune. »
« Oh? »
« Eh bien… Je pensais que vous aviez… Vous avez l'air d'avoir dix-sept ans, dix-huit tout au plus, mais vous enseignez depuis que je suis en troisième année… » Elle baissa les yeux, les joues rouges. « J'ai toujours pensé que vous étiez un adolescent, je n'arrive pas à me faire à l'idée que vous soyez plus âgé. »
« Ah, comme beaucoup de monde, Miss Marrone. » Rigola-t-il.
« Uhm.. Professeur… Je... Je dois vous dire que je … » Elle s'immobilisa et se leva tout à coup, attirant au passage l'attention de nombreux clients, surprenant plus particulièrement ceux qui laissaient leurs oreilles trainer. « Excusez-moi un instant! »
Elle courut jusqu'aux toilettes des dames, faisant claquer bruyamment ses talons sur le sol en bois. Il leva un sourcil mais se reconcentra sur son breuvage –enfin un peu de calme.
Il perdit rapidement patience et vérifia l'heure. Marchosias devait probablement être en train de l'attendre à Poudlard, mais il était coincé avec cette Gryffondor qui avait disparue. Cela faisait déjà plus d'une demi-heure qu'elle s'était enfui dans les toilettes. Prévenir Madame Rosamert semblait de plus en plus une bonne idée. Bien qu'il n'ait aucun sentiment pour elle, c'était l'une de ses élèves, et il en allait donc de sa responsabilité que de s'assurer qu'elle reste en vie.
Il appela la propriétaire et Rosamert s'approcha de lui, se déhanchant étrangement. Toutes les femmes marchaient-elles ainsi?
« Tu m'a appelé, mon mignon? » Elle lui fit un clin d'oeil.
« Est-ce que vous voulez bien aller voir si mon élève va bien, Madame? » Demanda-il avec une expression soucieuse sur le visage. « Ca fait une demi-heure qu'elle est aux toilettes. »
« Oh la pauvre. Je vais aller voir. » Elle s'éloigna et il cacha une grimace derrière son verre.
Rosamert retourna quelques minutes plus tard, lui expliquant qu'Emma souffrait de maux d'estomac, au grand amusement (caché) de Marcaunon. Avait-elle avalé trop de laxatifs ou quelque chose du genre? Il sortit une potion de sa veste et dit à Rosamert de la passer à son élève, ce qu'elle accepta – quand son doigt s'attarda sur le sien, il ressentit le besoin d'aller se laver les mains.
« Désolée Professeur… J'ai dû manger quelque chose de mauvais. » Dit Emma d'un air misérable, son visage pâle recouvert de sueur. « Est-ce que vous pourriez nous transplaner à Poudlard, s'il-vous-plait? »
« Bien sûr… » Il la prit par la hanche et les fit apparaître devant les grilles de Poudlard.
Il marcha jusqu'à l'infirmerie pour informer Madame Pomfrey du problème de la jeune fille. Toujours dans son rôle d'enseignant modèle, il resta assis à côté de son élève et attendit que Pomfrey finisse son diagnostic. Les résultats étaient pour le moins étranges. Apparemment, même si la jeune fille souffrait, elle était en parfait santé.
Pomfrey le mit dehors pour qu'elle puisse mener davantage d'examens. Il haussa les épaules et se dirigea vers les donjons. Sur le chemin, de nombreux étudiant l'arrêtèrent pour lui offrir des chocolats, et il faillit finir enseveli sous toutes leurs boîtes avant d'avoir atteint sa chambre.
Le portrait de Salazar leva un sourcil amusé en lui ouvrant la porte.
« Chaos. » Dit-il en s'approchant de la cheminée.
« Mère. Comment s'est passé ta sortie? » Son fils lui sourit, mais les flammes, en jetant leurs lueurs et des ombres sur sa peau pâle, lui conféraient une aura sinistre. Il s'assit à côté du garçon sans y prêter attention.
« Hmm… » Marcaunon attira son fils sur ses genoux et enfouit son nez dans les mèches noires-corbeau avant de fermer les yeux.
« C'était épuisant. »
« Epuisant? Je pensais que tu devais juste aller acheter des ingrédients? »
Il serra Marchosias un peu plus fort en se souvenant du salopart qu'il avait rencontré. Un jour, il aurait sa revanche.
« La fille m'a emmené aux Trois-Balais boire un verre. » Il soupira et posa son menton sur l'épaule de son fils. « Elle m'a fait patienter durant une bonne demie-heure… des problèmes d'estomac, il semblerait. »
« Je vois. Tu devrais te reposer un peu avant de t'attaquer à la paperasserie. » Marcaunon grogna et enfonça un peu plus son visage dans les épaules de son fils. Dans sa position, il ne put voir le sourire satisfait et psychopathe qui déformait le visage de son enfant.
...
Voldi ( de cet univers) se rapproche...
J'espère que ça vous aura plu,
à bientôt :)
