Chapitre 17: ne t'en prends jamais à l'un des nôtres, ni à l'assistante

Février 1967

Localisation: Poudlard

On pouvait dire que Marcaunon avait toujours été une personne compliquée –que ce soit au sujet de ses méthodes de torture ou de la compagnie qu'il gardait. Son large bureau était recouvert de fichiers qui contenaient de nombreuses informations, de nombreuses photos.

Il prenait autant de plaisir à choisir un assistant qu'à disséquer un ver de terre, et encore, Marcaunon aurait encore préféré cette dernière activité – au moins il y avait du sang, ne serait-ce qu'en infime quantité. Après qu'il ait fait paraitre une annonce dans journal pour trouver un maître de Potion assistant, un grand nombre de soi-disant experts lui avait répondu. Des experts qui ne savaient pas faire la différence entre l'aconit et le tue-loup (Il s'était juré de donner une retenue à chaque étudiant qui ignorait qu'il s'agissait d'une seule et même plante). Pas étonnant que l'Angleterre se soit faite ridiculisée lors de la CIP (Compétition Internationale de Potion) de l'année précédente.

Après avoir laissé échapper un grognement de frustration, il ferma les yeux et prit au hasard l'un des fichiers devant lui. Il leva un sourcil en voyant le selfie qu'on lui avait envoyé et parcourut rapidement le cv de cette personne ainsi que son parcours professionnel – le tout semblait assez correct pour qu'il puisse travailler à ses côtés. Désireux d'en finir le plus vite possible, il rédigea une courte note pour inviter cet individu à passer un interview le jour suivant.

Sa promenade jusqu'à la volière fut assez tranquille – les étudiants étaient en train d'assister à un match de quidditch opposant Serpentard à Gryffondor. Lui, par contre, profitait d'un jour de congé suite à un accident de potion (pas de sa faute, évidemment) qui avait complétement détruit sa salle de classe – les elfes étaient occupés à la nettoyer à l'instant même. Il fronça les sourcils lorsqu'il se souvint de l'incident comment quelqu'un pouvait faire exploser un chaudron en préparant une simple potion anti-paralysante le dépassait.

Il comprenait maintenant pourquoi le front de son ancien professeur de potion avait toujours été marqué par des lignes de souci et de mécontentement. Il avait grandement sous-estimé la chauve-souris géante des donjons de Poudlard, et il avait l'impression que le Karma se riait de lui en le soumettant à la même torture.

S'il pouvait vieillir comme tout le monde, il s'inquiéterait déjà de voir apparaître des rides et probablement des sourcils constamment froncés sur son visage – sans oublier les cheveux gris qui auraient sûrement pointé le bout de leur nez avant qu'il n'atteigne les trente ans physiquement. Contrairement à ce que Mm. Cole pensait, il ne se faisait aucune illusion sur son apparence (une bonne première impression rendait la manipulation plus aisée, après tout). Ce n'était pas parce que ses cheveux étaient constamment décoiffés, et qu'il n'aimait pas mettre des chaussures qu'il était négligé – « excentrique » était le mot juste.

En outre, c'était à cause de Voldemort qu'il avait pris l'habitude de se passer de chaussures. Il se souvint de la fois où le Seigneur des Ténèbres avait tout simplement jeter une paire de chaussures dans le placard duquel il les avait sorties, le dégoût clair dans ses yeux pourpres. Voir son âme-sœur piquer une crise parce que Nagini lui avait ordonné de mettre des souliers pour aller à un raid (afin d'éviter de marcher sur des échardes d'os) l'avait fait éclater de rire, et ce, un bon mois durant.

Mais pour revenir au présent, il attacha la note à la patte d'une chouette avant de jeter le grand animal par la fenêtre. Il tourna les talons et se dirigea vers la Grande Salle, sans se soucier qu'il soit encore un peu trop tôt pour le déjeuner.

Il leva un sourcil quand il remarqua que les Serpentards étaient déjà tous assis à table, le dos droit et une expression indéchiffrable sur leurs visages.

« Père. » Son fils le salua quand il vint s'assoir. Pour toute autre personne, Marchosias était l'incarnation même de l'innocence et de la relaxation, mais lui, il percevait sans peine la tension qui habitait son enfant.

« Chaos. » Il sourit et empila de la nourriture sur son assiette. « Saurais-tu par hasard pourquoi mes petits serpents ont l'air si…tendus ? » Il jubilait chaque fois que la nourriture apparaissait directement devant lui au moment où il s'installait à table, tandis que les étudiants devaient attendre l'arrivée du directeur.

« Front unis. »

En entendant cette réponse, il se figea et ses tourna vers ses élèves. En les observant, il nota l'absence de trois d'entre eux –après tout, en tant que responsable, il connaissait tous ses serpents.

Il plissa les yeux – quelque chose était arrivé. Quelque chose qui les contrariait tous.

« Oh? Est-ce que l'un des autres animaux aurait dépassé les limites? » Demanda-t-il en commençant à manger d'un air nonchalant.

« En effet. Un lion a osé marcher sur un serpent, en toute conscience, sans se préoccuper que le serpent puisse suffoquer sous son poids. » Répondit Chaos d'une voix froide et pleine de hargne.

« Vraiment… » Ses lèvres formèrent une ligne fine. « Et aucun de mes serpents n'a eu la bonne idée de m'en informer. »

« Ça vient juste d'arriver. »

« Ah. Quidditch… » Il leva les yeux lorsque les autres professeurs et le reste des élèves vinrent remplir la Grande Salle. Le Directeur vint se tenir devant la table haute, avant de lever un bras pour faire taire les étudiants.

« Avant que nous ne célébrions la victoire de Gryffondor pour ce match, j'aimerai vous rappeler que le quidditch a toujours été et restera toujours un sport dangereux… qu'il y aura souvent des accidents impliquant les spectateurs ou les joueurs… »

Albus se tut lorsque les serpentards se mirent à siffler comme un seul serpent, et s'ils avaient été des cobras, leur crête se serait gonflée sous l'effet de la colère. Marcaunon pencha la tête sur le côté. Les autres maisons les regardèrent d'un air choqué mais le directeur s'éclaircit la voix pour attirer à nouveau l'attention.

« Miss Bellatrix Black sera transférée à St. Mangouste pour y recevoir un traitement adéquat … » Il n'attendit pas la fin du discours du vieil homme, parfaitement conscient qu'une visite à St. Mangoustes signifiait que la blessure était dangereuse, voire même mortelle il se leva (attirant au passage l'attention des enseignants comme des élèves), ignorant les yeux qui le suivirent jusqu'à ce qu'il ait passé les portes.

Il entra dans l'infirmerie, suivit les bruits de sanglots et de reniflements jusqu'à se trouver devant un lit autour duquel on avait tiré les rideaux. Madame Pomfrey n'étant nulle part en vue, il passa discrètement entre les murs de tissus.

Bellatrix Black n'était pas une personne qu'il appréciait, mais elle était l'un de ses serpents, et ils prenaient soin de ceux sous sa garde. Elle était affreusement pâle, transpirait, et ne semblait pas très loin des portes de la mort. De chaque côté de son lit se tenaient ses deux soeurs, Andromeda et Narcissa (une première année) Black.

Les deux fillettes en pleurs se tournèrent vers lui en plissant les yeux, mais se détendirent quand elles virent de qui il s'agissait.

« P-professeur. » Sanglota Narcissa en courant vers lui.

Marcaunon ouvrit grand les bras pour y accueillir l'enfant, ne lui faisant pas remarquer que son masque stoïque s'était effondré. Beaucoup croyaient que les Serpentards étaient froids et ne ressentaient rien (ce qui n'était pas si loin de la vérité), mais ses serpents n'étaient loyaux qu'envers leur famille et le Seigneurs qu'ils s'étaient choisis. Il avait perdu le compte du nombre de fois qu'un élève de première ou de deuxième année s'était présenté dans son bureau le visage baigné de larmes à cause de commentaires stupides ou des préjugés qu'avaient les autres maisons. Il avait mis du temps à s'habituer au contact prolongé avec d'autres êtres humains, mais rien ne valaitt l'entrainement – bien qu'encore à ce jour, les seuls qu'il pouvait supporter étaient les serpentards.

Il installa la jeune fille sur ses genoux en prenant place sur le siège qu'elle occupait précédemment, et elle enfonça son visage dans son cou. Il huma et caressa le dos de la fillette pour la consoler tout en jetant un coup d'oeil aux trois soeurs.

Andromeda se força à regagner son calme quand elle vit qu'il attendait une explication.

« Professeur » Le salua-t-elle, la voix rauque. « Madame Pomfrey est allée informer nos parents. »

« Bien. Racontez moi tout, Miss Bl–... Andromeda. » Se corrigea-t-il, considérant que deux des trois Miss. Black étaient actuellement conscientes.

« William Waits… Il… » Elle renifla doucement et les yeux de Marcaunon s'adoucirent. Sans y penser, il transforma la chaise sur laquelle il était assis en un fauteuil assez large pour que deux adultes puissent y prendre place. Il tapota le coussin à côté de lui et la fillette vint rapidement le rejoindre. Cherchant du réconfort, elle s'appuya contra lui.

Marcaunon passa un bras autour des épaules d'Andromeda et lui sourit d'un air rassurant.

« Le match était déjà terminé… Et on sait tous que Waits a des problèmes de colère. Bella… Elle… Il en voulait encore à Bella pour l'avoir appelé Sang-de-Bourbe hier. »

« Waits… C'est l'un des batteurs des Lions, n'est-ce pas ? »

« Oui… » Les bras autour de sa taille se resserrèrent. « Nous, les Serpentards, nous l'avons tous vu perdre accidentellement prise sur un cognard… Il est tombé de plus de 30 mètres de haut, Professeur! Et il était juste… C'est tombé trop vite, nous n'avons pas pu arrêter la balle à temps. C'est tombé sur – sur la tête de Bella! »

Il fronça les sourcils, sachant parfaitement à quel point cette maudite balle était dure et lourde (il se demandait encore qu'est-ce qu'il avait trouvé de si spécial au quidditch en son temps). Bellatrix avait de la chance d'être une sorcière. Un Parasite aurait eu le crane transpercé de part et d'autre, et serait décédé sur le coup.

« Trop rapide, Professeur. Nous avons entendu le… et oh Salazar… le sang… Sa tête était… » Elle s'étrangla et pleura plus fort.

« Chhhh… tout ira bien, mon enfant. » Il passa une main dans ses cheveux pour la réconforter. « Quelles sont ses blessures, Andromeda? » Demanda-t-il gentiment, tenant les deux soeurs dans ses bras, la cadette sur ses genoux tandis que la benjamine semblait être collée à lui.

« M-madame Pomfrey a dit que son… que le crane de Bella… était complétement brisé ! Elle ne sait pas encore à quel point cela affecte les capacités mentales de Bella, donc elle a été contacter nos parents… et sûrement St. Mangouste pour les avertir de son arrivée. » Sa voix prenait un ton de plus en plus paniqué.

Il huma tout bas, tandis que sa voix et ses mouvements berçaient lentement les deux enfants qui pouvaient sentir leurs paupières s'alourdir.

Etait-ce la cause de la folie de Bellatrix dans son monde original? Déjà avant qu'on ne l'enferme à Azkaban? Peu importe à quel point elle serait puissante lorsqu'elle atteindrait l'âge adulte, Voldemort et Marchosias l'apprécierait probablement un peu plus si elle était saine d'esprit. Oui, la soigner ne ferait de mal à personne… et cerise sur le gâteau, les Blacks lui seraient redevables.

« Occupe-toi de ta petite soeur pour moi, Andromeda. » Il sourit doucement à l'adolescente et elle hocha la tête.

Marcaunon se déplaça et confia une Narcissa à demi-endormie à sa soeur, avant de se lever et d'aller s'assoir sur le coin du lit.

Il sortit sa baguette et lança quelques sorts diagnostiquant sur Bellatrix. Il plissa les yeux de colère quand il lut les résultats – son crâne était effectivement brisé, et de nombreux morceaux d'os étaient pénétrés dans son cerveau.

Encore une fois, Bellatrix avait de la chance d'être une sorcière. Un Parasite serait déjà mort avec cette sorte de blessure. Il y avait de grande chance qu'elle perde la tête si on ne retirait pas ces morceaux, et que l'on ne soignait pas son cerveau correctement – elle souffrait déjà d'une hémorragie intracrânienne.

Il ignorait si cette dimension avait des soigneurs assez compétents pour se charger d'un cas aussi délicat, mais il ne prendrait pas le risque de le découvrir. Même dans son propre monde (et futur), ils auraient été nombreux à baisser les bras et aurait annoncé à la famille de la patiente qu'elle devait être internée à St. Mangouste.

Il se mordit la lèvre inférieure et claqua les doigts, faisant apparaître l'un de ses papillons.

« Dis à Marchosias de m'apporter ma mallette rouge avec une croix blanche dessus. Il sait où elle se trouve. » Le paillon disparut dans une explosion d'étincelles bleues.

« P-professeur? » bégaya Andromeda.

Il se leva du lit et sourit d'un air rassurant à l'adolescente.

« Repose-toi. Je vais prendre soin de Bellatrix. »

Elle hocha la tête et laissa échapper un soupir de soulagement. Les deux sœurs pouvaient enfin se relaxer elles savaient qu'elles pouvaient faire confiance à leur professeur.

Marchiosa ouvrit les rideaux pour entrer, avant de les refermer derrière lui. Ses yeux rubis analysèrent la situation, les personnes présentes, avant de se poser sur Bellatrix. La rage dans ses yeux était évidente, et Marcaunon comprit enfin pourquoi Voldemort avait personnellement entrainé Bella lorsqu'elle avait rejoint ses troupes – faisant d'elle l'une de ses combattants les plus féroces.

« Père. » Il plaça la mallette rouge sur la table de chevet à côté de Marcaunon. « Tu as besoin d'aide? »

La question pouvait sembler étrange pour les Black, étant donné que Marchosias n'était qu'un enfant de sept ans à leurs yeux, mais Marcaunon se contenta de sourire et de secouer la tête.

« Merci Marchosias, mais pourrais-tu plutôt aller informer Madame Pomfrey qu'elle n'a pas besoin d'appeler St. Mangouste? » Il ouvrit sa mallette et en sortit une paire de fin gants blancs, ainsi que plusieurs bouteilles de potions et un baume. « Tente de la convaincre… par tous les moyens possibles. »

Marchosias sourit et sortit de la zone entourée par les rideaux. Marcaunon savait que son fils aurait pu convaincre un mendiant de lui donner son dernier repas, mais Madame Pomfrey était aussi têtue qu'un dragon, et c'était pourquoi il lui avait donné l'autorisation d'utiliser de la magie si nécessaire.

« Puis-je vous demander ce que vous allez faire à Bella, Professeur? » Demanda Narcissa d'un air curieux. Marcaunon se tourna vers elle une seconde avant de s'atteler à retirer les bandages sur la tête de l'enfant alitée. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, Narcissa avait été une sorcière-guérisseuse non officielle – l'une des meilleure (Le côté sombre de la force avait eu de la chance de l'avoir).

« Etant donné que les lobe frontal et pariétal ont été touches, je … »

« Frontal? Pariétal? »

« La partie avant et le dessus de son cerveau. » Expliqua-t-il patiemment. « Je vais devoir retirer ces… morceaux d'os, les rassembler, avant de soigner son cerveau … et son esprit. » Lui dit-il, simplifiant les choses tout en grimaçant. Cela pouvait sembler facile dit comme ça, mais c'était une opération extrêmement difficile et exténuante.

« Excusez-moi de pointer l'évidence, Professeur, » commença Andromeda d'un air nerveux en se mordant les lèvres. « Mais Madame Pomfrey a dit que cela nécessiterait au moins quatre guérisseurs, y compris un expert de l'esprit, pour guérir ma soeur… Et qu'il y avait de grandes chances qu'elle souffre déjà de déséquilibre mental. »

« Vos inquiétudes sont compréhensibles, mais inutiles, Andromeda. Elle est l'un de mes serpents, et je ne permettrais pas que l'on renonce à elle quand il est tout à fait possible de la sauver. » Répondit-il d'un air absent en appliquant le baume sur le crâne de Bellatrix.

Il versa ensuite une potion dans la bouche de Bellatrix, et lui massa la gorge. L'une de ses meilleures potions qui la protégerait contre toutes sortes de douleurs et d'infections.

Il mit une main gantée sur le front de l'enfant, tandis que l'autre l'aidait à garder équilibre sur le lit. « Andromeda, Narcissa. » Dit-il. « Ne m'interrompez sous aucun prétexte. » Sous son regard sérieux, les deux jeunes filles hochèrent rapidement la tête.

Il ferma les yeux et laisse sa magie parcourir le crâne de la patiente. Tout d'abord, il enleva tout le surplus de sang, avant d'enlever lentement et prudemment les morceaux d'os qui se trouvaient dans son cerveau. Il ressouda ensuite ses os crâniens, comme il l'aurait fait avec les pièces d'un puzzle.

Tandis qu'une part de sa magie s'occupait de les garder groupés, une autre se chargeait d'assurer la guérison – comme s'il apposait une couche de glue entre eux.

Il ne savait pas combien de temps avait duré cette opération, mais il s'attaqua directement à la deuxième étape. Il ordonna à sa magie de guérir son cerveau tandis que lui-même plongeait dans son esprit.

Il devait la réveiller pour éviter qu'elle ne sombre dans un coma.

Le paysage mental de Bellatrix était vide (et fissuré, comme si un tremblement de terre avait eu lieu), sans aucune protection – les jeunes sorciers et sorcières commençaient habituellement à pratiquer l'occlumencie vers leurs seize ans. Il se baladait, réparant les fissures devant lesquelles il passait tout en cherchant la conscience de son élève.

« Gaunt. » Elle se trouvait de l'autre côté. Une voix faible, dénuée de la défiance habituelle que montrait Bellatrix lui parvint de derrière. « O-où sommes-nous? Pourquoi êtes-vous là? »

Il se tourna vers l'adolescente blanche comme un linge, analysant sa silhouette tremblotante et ses yeux étrangement brillants – oh non! Ne pleure pas s'il-te-plait ! Il ne voulait vraiment pas avoir affaire à une Bellatrix en pleurs. Ce serait trop bizarre, même pour lui.

« Bellatrix. » Il lui tendit la main, et lui sourit. « Je pense qu'il est temps de partir. »

Elle hésita une petite seconde avant de se jeter sur sa main d'un air presque désespéré. Il l'attira vers elle, l'étreignit et tapota gentiment sa masse de cheveux bouclés.

« Tout va bien. » Il prit son menton en main et la regarda dans les yeux. « Accepte-tu de me faire confiance, mon enfant? »

« … Ok… » Sa voix était encore hésitante. « Mais seulement pour cette fois! »

Il rit tout bas, rassuré de voir que la Bellatrix normale n'était pas encore perdue.

« Ferme les yeux. »

Elle obéit et avec un "plop", ils disparurent tous deux de l'esprit de son élève où il ne restait plus aucune fissure (sa santé mentale était saine et sauve !). Sa magie avait terminé de guérir son cerveau, son crâne et sa peau juste avant que Bellatrix n'ouvre lentement les yeux.

Il entendit de nombreux hoquets d'étonnement autour de lui, mais n'y accorda aucune attention et essuya la sueur qui coulait sur son front. Le travail n'était pas terminé.

OOOO

« Je demande qu'on ait recourt au veritaserum pour cette enquête, Albus. » Il croisa les bras et se laissa aller d'un air nonchalant dans le fauteuil, tandis que ses yeux lançaient des éclairs derrière ses lunettes roses.

« Puis-je savoir pourquoi, Marcaunon? William Waits s'est déjà excusé pour cet accident. Il aurait dû tenir le cognard plus fermement. » Demanda Dumbles, une pastille au citron dans la joue.

Ils se trouvaient dans le bureau du directeur, en compagnie des parents de William Waits.

Ceux de Bellatrix, en revanche, étaient à l'infirmerie aux côtés de leurs filles – toute la famille souhaitait soutenir l'ainée durant son rétablissement éprouvant. Cependant, ils ne tarderaient pas à les rejoindre et à trainer les Waits en justice. Marcaunon en mourrait d'impatience. Mais pour l'instant…

« Il se peut qu'il mente, Directeur, et je refuse d'en courir le risque. L'une de mes élèves a été grièvement blesse. Sans mes soins, elle serait même peut-être morte à l'heure qu'il est. » Déclara-t-il d'un ton ferme. « En plus, mes serpentards m'ont clairement reporté que ce n'était pas un accident, Albus, que Mr. Waits cherchait réellement à faire du mal à Miss. Black. »

« Les serpentards sont les seuls à dire ça! » Cria le père de William Waits en se levant brusquement, le visage rouge de colère. « Plutôt étrange que ses petits bâtards sournois soient les seuls à l'avoir vu, non!? »

« Ces petits bâtards sournois, pour reprendre vos mots si raffinés, sont mes élèves, Mr. Waits. Je ne vous autorise pas à les insulter. » Répondit-il froidement.

"

« Je les insulterai autant que je voudrais, Professeur. » Lui cracha l'homme dont il n'avait même pas pris la peine de retenir le nom, postillonnant un peu partout – heureusement, Marcaunon était hors de portée. Dégoutant. « Dites-moi, Professeur, » Le rouquin grimaça. « Pourquoi vos serpentards étaient-ils les seuls présents? Mon fils est une meilleure personne que tous vos élèves regroupés!»

« Il suffit. » Intervint sèchement le directeur, une grimace désapprobatrice sur le visage. Le vieil homme n'appréciait pas qu'un parent se permette d'insulter l'un de ses employés, l'un de ses préférés de surcroit.

Marcaunon dû cacher son sourire derrière une main. Avoir été un adorable petit blaireau se révélait bénéfique en fin de compte.

« Directeur Dumbledore! » Mr. Winks pointa Marcaunon du doigt. « Il – Ils sont mauvais! Ils… »

« Mr. Winks » L'homme ferma la bouche sous l'injonction du vieil homme. « Nous allons enquêter sur cette affaire, et nous utiliserons du Veritaserum. »

« Vous n'êtes tout de même pas sérieux, Mr. le Directeur » commença Mrs. Waits avant qu'on ne le coupe à nouveau.

« Professeur Gaunt est le responsable des serpentards, et le maître de potion de Poudlard. Il a tout à fait le droit de demander que l'on donne du Veritaserum à un élève si cela s'avère nécessaire. » Albus prit un énorme livre et en parcourut les pages, avant de le placer sur le bureau, bien en face de Mr. and Mme. Waits. « Lisez la règle 401, , Mme. Waits. »

Ils obéirent en silence. Le visage de la femme perdait de la couleur au fur et à mesure que les mots défilaient devant ses yeux, tandis que son mari s'empourprait, un peu comme l'oncle-éléphant de mer de Harry.

« Non! Le Veritaserum est dangereux pour les jeunes! »

« Marcaunon? » Albus leva un sourcil.

« Seulement pour les enfants de moins de onze ans, Directeur. » Répondit-il. « La potion ne fera aucun mal à une personne plus âgée, à moins qu'on ne lui en donne trop. Le Ministère a juste créé cette règle pour éviter de malheureux incidents, au cas où des ignorants tenteraient de préparer eux-mêmes cette potion pour ensuite empoisonner quelqu'un. »

« Menteur! » Cria Mr. Waits, clairement frustré, fixant de ses yeux globuleux les deux membres du personnel de Poudlard.

« Mr. Waits! »Le gronda Albus en lui lançant un regard désapprobateur par-dessus ses lunettes en demi-lune.

« J'ai déjà demandé que l'on administre du Veritaserum à William Waits. Es-tu d'accord, Albus? » Il pencha sa tête sur le côté et leva un sourcil.

Albus sourit devant ce geste si familier et hocha la tête.

« Nous lui donnerons du Veritaserum après avoir reçu l'autorisation du Ministère. »

Dans ce monde-ci, les règles étaient plus strictes concernant le Veritaserum. En utiliser sans l'autorisation du Ministère était interdit, et les différents intervenants devaient signer un contrat. Les interrogateurs ne pouvaient que poser les questions indiquées sur le contrat.

Au moins, le ministère de ce monde avait quelques règles en place (pas beaucoup, mais c'était un début).

« Très bien, Mr. le Directeur. J'attends de vos nouvelles. »

Il quitta le bureau, laissant Mr. et Mme. Waits aux bons soins d'Albus qui ne tarderait sûrement pas à obtenir leur permission. Dumbles était un serpent déguisé en lion, et seul Voldemort, Marchosias, et Marcaunon en avaient conscience.

OOOO

Au cours de la semaine suivante, William Waits visita l'infirmerie au moins trois fois par jour. Il entrait chaque fois dans la pièce blanche en pleurs – la peau verte et les os brisés.

Marcaunon faisait comme si de rien n'était s'il tombait par hasard sur ses serpentards en train de préparer leur prochain mauvais coup. Sifflotant, il faisait demi-tour, prétendant ne rien entendre des pleurs et des supplications de William Waits tandis que ses serpents s'acharnaient sur lui. Qu'ils ne se fassent jamais prendre faisait la fierté de Marcaunon.

Son fils, par contre… Même Marcaunon ne l'avait jamais pris la main dans le sac. La chose la plus cruelle que Marchosias ait faite à Waits était de faire disparaître tous les os du corps de l'adolescent (quand ses serpents avaient appris que c'était ce que Chaos avait de plus gentil en réserve, ils avaient failli s'évanouir). Si Marcaunon avait eu le coeur tendre, il aurait vomis dès qu'il aurait vu le jeune Waits désossé sur le sol, avec sa peau et ses muscles horriblement affaissés, ce qui lui donnait l'apparence de cet étrange Pokémon nommé Tadmorv.

Cerise sur la gâteau, Lord Black n'avait pas perdu de temps et avait rapidement fait regretter aux Waits de s'en être pris à sa famille. était désormais sans-emploi, et leur maison ne serait plus très longtemps en leur possession. Marcaunon avait hâte que l'on administre le Veritaserum. Lord Black les trainerait en justice, les ruinerait, ferait d'eux ses esclaves personnels. Pas des serviteurs, non, non. Des esclaves.

En parlant du Lord Black, il avait envoyé une lettre à Marcaunon pour le remercier. Le geste aurait été apprécié, si le maudit Lord n'avait pas eu l'audace d'écrire, pour reprendre ses mots; 'Vous serez honoré de savoir que j'envisage de donner la main de l'une de mes filles à votre fils en perspective d'une future union.'.

C'était Lord Black qui aurait dû être honoré que Marcaunon brûle le parchemin avant que Marchosias n'ait le temps de le lire.

Oui…

Il écrivit une courte réponse, disant que la famille Black lui était redevable, et s'en tint là. Imaginer son fils marié à Narcissa et mettant au monde une armée de blondinets suffisait à lui donner des cauchemars. Cette idée le perturbait tellement qu'il se réveillait souvent au milieu de la nuit, recouvert de sueurs froides. Une expérience peu plaisante.

« Père? » La voix de Marchosias avait un ton agressif. Marcaunon se demanda s'il avait fait quelque chose qui aurait pu mettre son fils en colère.

« Oui? »

« Pourquoi le nom de cette még– de Vevila est-il visible sur la carte? »

Marcaunon pencha la tête et jeta un coup d'oeil à la carte affichée au-dessus de la cheminée. Une version agrandie et améliorée de la carte des Maraudeurs. Marchosias s'amusait à espionner les mouvements de Dumbledore au quotidien. Cependant, il n'avait pas seulement accès aux déplacements du directeur, mais aussi à quelqu'un de ses secrets. En effet, sur cette version, les traces de pas étaient accompagnées de mots; les petits secrets honteux, les plaisirs coupables, leur vie… la vie des occupants de Poudlard était à son entière disposition, et il ne s'en privait pas pour récolter ce dont il avait besoin pour leur faire pression. Ni le fils, ni la mère ne se préoccupaient de l'intimité des gens.

« Oh. Elle vient pour l'entretien. » Il se leva et se dirigea vers son bureau. « Tu lui indiqueras la direction, d'accord Chaos? »

OOOO

« Bonjour, Madame Malfoy." Il salua la femme assise en face de lui, de l'autre côté de son bureau, avec un sourire poli.

« Bonjour, Professeur Gaunt. » Elle cligna rapidement des yeux, tout en se penchant en avant et en posant ses bras croisés sur le meuble qui les séparait.

« Merci d'être venue. C'est très amiable de m'accorder un peu de votre temps. »

« C'est moi qui devrait vous remercier de me recevoir, Professeur. »

Il hocha la tête avant de prendre une farde qui contenait son cv et d'autres informations.

« Pour commencer, j'aimerai que vous m'en disiez un peu plus sur vous. » Il devait savoir si elle avait la moindre spécialité, si elle était aussi compétente qu'elle le disait (bien que comparée aux autres candidats et leur stupidité, elle serait sûrement le meilleur choix), et pourquoi il devrait l'engager.

« Je m'appelle Vevila Malfoy, et cela fait près d'une demi-décennie que je suis Maîtresse de Potion. J'ai déjà de l'expérience dans l'enseignement grâce aux cours particuliers que je donne aux enfants sang-purs avant qu'ils ne commencent Poudlard. Aussi, j'aimerai vraiment avoir l'occasion d'intégrer l'équipe de Poudlard.»

« Quels sont vos plus grands atouts, Madame Malfoy ? » C'était important. Il devait savoir en quoi elle pourrait l'aider si jamais il la choisissait. Par exemple, Vevila serait peut-être douée pour noter les travaux des élèves, mais ne pas savoir quel devoir leur donner.

« Hmm… Je suis douée pour la préparation des potions, pour trouver des ingrédients de bonne qualité, la paperasserie ne me dérange pas, et je sais être patiente avec mes élèves. »

« Et vos faiblesses »" C'était aussi l'occasion de voir si elle serait honnête avec lui, et elle-même – la plupart des gens avaient tendance à cacher ou ignorer leurs défauts, mais cela pouvait s'avérer fatal dans le domaine de la préparation de potions. Si elle se surestimait, elle pouvait très bien faire exploser son chaudron.

« J'admets être mal à l'aise avec les potions dont la concoction dure plus de trois jours, bien que j'en prépare au moins une fois par mois pour entretenir mes capacités. »

« Pourquoi souhaitez-vous travailler ici? » Marcaunon se demandait pourquoi une Malfoy voudrait avoir la position d'assistante, et il voulait aussi vérifier si Vevila avait une réelle passion pour l'enseignement.

Son sourire se tordit d'une manière légèrement effrayante l'espace d'un instant, avant de redevenir charmant et poli. Marcaunon choisit d'ignorer l'éclat étrange qu'il avait perçu dans ses yeux.

« J'ai toujours aimé les enfants, en plus, travailler à Poudlard est le rêve de nombreuses personnes – après tout, c'est ici que la plupart d'entre nous ont découvert les merveilles que notre magie peut créer. »

Elle semblait assez sincère, même si elle n'avait pas dit que c'était son rêve à elle.

« Pourquoi devrais-je vous engager en tant qu'assistante ? » Elle avait maintenant l'opportunité de se vendre. S'il n'avait pas déjà décidé de l'engager, c'aurait été la question qui lui aurait permis de marquer des points bonus, ou qui aurait pu lui être fatale. Les gens intelligents savaient toujours prendre avantage de cette situation.

« Comme vous le savez sûrement, étant également un Maître de Potion, nous devons rejoindre une guilde pour avancer dans notre profession. » Elle le regarda et il hocha la tête pour indiquer qu'il était d'accord. « Dans ma guilde, j'étais dans le top vingt lorsque j'ai obtenu ma maîtrise. Je suis une personne responsable, avec une éthique professionnelle, et je m'adapte facilement à toute situation. »

« Avez-vous des questions sur ce boulot avant que nous ne terminions l'entretien? »

« Oui. Puis-je savoir quelles taches vous songeriez à m'attribuer? »

« Certainement. Vous n'aurez pas énormément à faire, si ce n'est m'aider à corriger les devoir et à préparer les leçons. Outre cela, je vous demanderai de m'aider dans la concoction de certaines potions commandées par Madame Pomfrey – les élèves visitent souvent l'infirmerie, à Poudlard. »

« Je vois… Je ne pense pas qu'il y aura de problème. »

« Vous avez d'autres questions? »

« Non, pas pour le moment. »

« Très bien. Je vous contacterai dans quelques jours, Madame Malfoy. » Il se leva et l'accompagna jusqu'à la porte.

« J'attendrai de vos nouvelles, Professeur Gaunt." »

Le même étrange sourire réapparut sur son visage alors qu'ils se tenaient devant la porte. Vevila se tourna tout à coup vers lui et lui tendit une enveloppe marquée du seau des Malfoy.

« J'aimerai beaucoup vous inviter, vous et votre fils, à un autre dîner en compagnie de ma famille. Abraxas souhaitait également s'excuser et se racheter pour avoir disparu lors de notre dernière rencontre. »

« Je vous transmettrai ma réponse en même temps que les résultats de l'entretien, Vevila. » Il lui sourit, sans remarquer que ses doigts s'attardèrent un peu plus longtemps que nécessaire lorsqu'elle lui remit l'enveloppe.

Localisation: Poudlard

« T'as entendu? » chuchota quelqu'un dans le couloir.

« Quoi? » répondit quelqu'un d'autre sur le même ton.

« Marrone a disparu quelques jours après être sortie de l'infirmerie. »

« C'est qui? »

« Tu sais… La blonde canon de Gryffondor? En septième année. »

« Euh… Et son prénom? »

« Emma. Emma Marrone. »

« Oh, elle. Une vraie beauté, celle-là. Comment a-t-elle disparu? »

« Personne ne sait. Mais il parait qu'ils l'ont entendu crier la nuit de sa disparition. »

« Ça fait peur… Tu penses que les barrières de Poudlard s'affaiblissent? »

« Je ne sais pas. »

Marcaunon passa son chemin, ignorant les adolescents et leurs rumeurs.

Emma Marrone …le nom ne lui était pas inconnu… Il haussa les épaules et accorda toute son attention à ses notes de cours.

OOOO

Dans l'un des donjons secrets de Poudlard, à l'extrémité de l'aile gauche du château, un garçon aux yeux rubis ricanait tout en continuant à graver des insultes dans la peau déjà recouverte de cicatrices en face de lui. Il ignora complétement les gémissements et les cris d'agonie de sa victime.

...

Désolée pour l'attente :/ mais voic enfin la suite

Re-désolé, pas encore de voldemort adulte. Mais il arrive bientôt.

à bientôt