Merci pour vos reviews! Je le dis (l'écrit) à chaque chapitre, mais je le pense vraiment. Elles font plaisir à lire ^^

Chapitre non bétatisé (mes bétas sont en vacances)

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Chapitre 20: Confrontation et vacances bien méritées

Avril 1967

Localisation: Poudlard, bureau de Marcaunon

Marcaunon était immobile et fixait en silence les iris rubis de son fils où s'agitaient des pensées et des émotions indéchiffrables, protégées par des barrières d'occlumencie. Ils étaient assis l'un en face de l'autre, plongés dans le plus grand des silences depuis l'arrivée (attendue) de Marchosias.

Mort - le traitre - avait pris la fuite, déclarant d'un air solennel qu'il ne souhaitait pas se retrouver au milieu de deux personnes dont le tempérament rivalisait avec celui d'une femme enceinte en plein labeur.

Etre comparé à une future mère hormonale n'avait pas plu aux humains, mais ils avaient tenu leur langue – sachant pertinemment, mais peu désireux d'admettre, qu'ils étaient en réalité bien plus difficiles que ça.

Il savait parfaitement qu'il faisait preuve d'autant de maturité qu'un enfant pris la main dans le sac lors d'un vol de biscuits, mais cela ne le tracassait pas vraiment. Le silence est d'or et fait tourner le monde –la réaction de Marchosias ne le tracassait pas. Pff, pas du tout. Absolument pas.

« Alors, vas-tu enfin me donner des explications? » le ton de Marchosias était aussi tranchant qu'un couteau plongé dans du beurre – cruel et suave à la fois. « Ou préfères-tu te murer dans le silence? »

Ne voyant aucune sortie de secours, Marcaunon soupira et s'affaissa dans son fauteuil, sans briser leur contact visuel.

Heureusement, Chaos ne pouvait pas lire ses pensées. Il avait perfectionné sa maîtrise de l'occumencie dans son ancienne vie, lors de sa quarantaine. Après que Snape ait détruit ses barrières, il avait dû les reconstruire à partir de rien établir la plus simple des protections lui avait pris une bonne décennie.

« Elle ressemble énormément à la version enfantine de l'un de mes ennemis d'enfance. » Ce n'était pas un mensonge, mini-Petunia ressemblait vraiment à Tante Petunia… avec moins de rides.

« Un ancien harceleur suffirait à te faire perdre le contrôle? » Il leva un sourcil. « T'aurais-je surestimé? »

« Un simple harceleur ne me perturberait pas à ce point, Marchosias. » Il fronça les sourcils en entendant le commentaire de son fils.

« Ce n'était pas une simple harceleuse, alors? »

« … C'était quelqu'un à qui… la poêle à frire échappait constamment des mains lorsque j'étais dans les parages. »

« Elle t'a maltraité? Physiquement? » Marchosias grinça les dents et plissa ses yeux rouges – une mimique qui signifiait qu'il était vraiment très énervé.

« Je n'appellerais pas cela de la maltraitance, juste de la discipline. »

Son fils le regarda d'un air incrédule et Marcaunon grimaça intérieurement en considérant ses propres mots. Harry Potter avait cru que tous les enfants recevaient des coups de poêle quand ils rataient le petit-déjeuner, et ses gardiens avaient suffisamment insisté sur le terme « discipline » pour que celui-ci reste gravé dans sa mémoire.

« C'est de la maltraitance, mère. »

« J'aurais appelé ça de la maltraitance si une commotion cérébrale en avait résulté, mais... »

« Ces moldus… » Un éclat menaçant apparut dans les yeux de Marchosias et Marcaunon frissona – un instant, il crut revoir un jeune Tom Riddle ordonnant au Basilic de tuer Harry Potter. « Tu as passé ton enfance dans un orphelinat, n'est-ce pas? »

Marcaunon fut tenté de répondre « Quoi, pas de 'mère'? » mais oublia rapidement cette idée. Mieux valait ne pas titiller le dragon endormi – un professeur de Poudlard se devait de suivre le moto de l'école, après tout.

« Oui. » Parfait. Une réponse simple et concise, Gaunt.

« Ce double, il s'agissait d'une employée? »

« Non. »

« … Je comprends que tu veuilles garder tes souvenirs d'enfance pour toi, » Son expression était en accord avec ses propos, mais pas sa voix. « Cependant, étant ton fils, n'ai-je pas le droit de savoir? «

Et la voilà – la manipulation émotionnelle via la culpabilité. Heureusement, son temps avec Dumblefuck l'avait immunisé.

« Bien sûr, mon amour. »

« Ton silence et tes réponses semblent dire le contraire… » L'expression de Marchosias se fit soudainement peinée. Marcaunon ne se laissa pas avoir. « Tu m'appelles 'amour', mais m'aimes-tu vraiment »

… Il faillit frissonner. Les propos de Marchosias étaient quelque peu perturbants. Même s'il savait que son fils tenait réellement à lui, entendre Tom Maudit Riddle lui poser une telle question lui donnait la chair de poule.

Marchosias dû percevoir sa gêne, car Marcaunon parvint presque à voir le roulement mental de ses yeux. « Mental », car tout le monde sait que rouler des yeux était indigne de Marchosias lors d'une discussion sérieuse.

« C'est juste que… » Marcaunon afficha un air chagriné et ses épaules s'affaissèrent, comme s'il portait le poids de toute la misère du monde. « Je préfèrerais que le passé reste ce qu'il est : le passé. Inutile de ressasser les mauvais souvenirs et de compliquer les choses. »

Pour être honnête, il aurait adoré réduire cet orphelinat en cendre. Hélas, Voldemort l'avait devancé.

L'orphelinat de Wool avait été détruit pas la version plus jeune de son fils l'année où Marcaunon avait fini ses études et avait emménagé au Manoir de Mort.

Il pouvait encore se remémorer le désespoir qu'il avait ressenti lorsqu'il avait vu les ruines de l'orphelinat. Des mois durant, il avait élaboré des plans concernant la destruction de ce maudit orphelinat, mais grâce à Voldi, ils étaient tous tombés à l'eau. Toutes ces machinations, en vain!

« Tu n'espères tout de même pas que je vais avaler un mensonge pareil? » Marchosias grimaça. « Tu es du genre à te venger de toute personne t'ayant fait du mal. Le pardon n'a jamais été ton point fort, surtout pas envers ces insectes. »

… Son fils le connaissait bien. Trop bien, en fait.

« Allons ! À t'entendre, on dirait que je suis dangereux. »

« Ce que tu es. »

… Une observation qu'il ne pouvait pas réfuter.

« Et si je te disais que je ne désire pas en parler parce que ce sont des souvenirs trop douloureux? »

« Alors je considérerais cette personne – que tu n'es pas– pathétique. » Déclara Marchosias avec dédain, et Marcaunon du reconnaître qu'il était du même avis. Se laisser ainsi affaiblir par des souvenirs était pathétique selon lui – tel père (mère), tel fils, comme on dit. « Très bien, qu'il en soit ainsi. Nous en reparlerons plus tard, c'est certain, mais tu peux garder tes secrets pour l'instant. »

Il faillit soupirer de soulagement quand Marchosias mit fin à l'interrogatoire. C'était l'un des rares moments où il aurait aimé que Marchosias Gaunt soit né sans les souvenirs de Tom Riddle et Voldemort. Les choses auraient été plus faciles, mais pour dire vrai, il était aussi content de ne pas être le seul à se souvenir de la guerre menée contre Voldemort. Un beau paradoxe de sa part – mais n'en allait-il pas ainsi pour tous les êtres humains?

« Par contre, tu vas me dire d'où tu tiens tes pouvoirs de détraqueur. »

… C'était trop beau pour être vrai. Enfin… il pouvait tourner ça en sa faveur.

« J'ai bien peur qu'il s'agisse de mon héritage de Nécromancien. » Ce qui n'était pas tout à fait faux.

La nécromancie était une sous-branche de la Magie de Mort, et sa proximité avec Mort, de toute évidence, lui avait donné les capacités d'un détraqueur.

« Tu es un nécromancien? » Son ton n'était pas très différent, mais Marcaunon pouvait clairement discerner la surprise dans les yeux de son fils.

Et voilà. Il pouvait faire d'un coup d'épée deux dragons. Il pouvait faire croire à Marchosias que la nécromancie était son unique secret (excepté son enfance), tout en l'informant de son propre héritage – la Magie de Mort se transmettait de génération en génération.

« Oui, et quand tu seras plus grand, Mort et moi t'apprendrons à maîtriser cet art. »

« Je suis aussi un nécromancien? » Le masque distant de Marchosias vola en morceaux, pour être remplacé par une expression avide et curieuse.

« Tu l'es, plus ou moins, aussi. »

« Qu'est-ce que tu veux dire? » Il demanda de sa "voix de Voldemort", en beaucoup plus aiguë.

« Il faudra d'abord que je performe un rituel sur toi. » Admit Marcaunon en haussant les épaules. Chaos serait bientôt au courant de toute façon, alors autant arracher le pansement aussi vite que possible – avoir un géni pour fils était épuisant par moment.

« Et puis-je savoir ce que tu comptes faire de moi? » Il choisit d'ignorer le regard suspicieux que son fils lui lançait.

« Te promouvoir au statut de mort-vivant. »

« … être transformé en cadavre animé n'est pas vraiment considéré comme une promotion! »

« Je ne vais pas te transformer en … cadavre animé! » Il fit une pause. « Enfin, si, en quelques sortes. »

« Quoi!? »

« Calme-toi. »

« Je suis calme! »

« … Je vois ça. »

« Ton sarcasme n'est pas le bienvenu, mère! »

« Laisse-moi m'expliquer. » Il indiqua à son fils de retourner s'assoir (Il s'était levé lorsque Marcaunon avait reconnu vouloir le changer en mort-vivant). « Oublie tout ce que tu as pu lire concernant les morts-vivants. Dans ma version, ce ne sont pas des cadavres squelettiques en putréfaction. En fait, la personne sur qui je performe mon rituel arrêtera simplement de vieillir, après que je lui aie prélevé son coeur. »

« Le coeur, encore battant, sera métamorphosé en rubis et caché quelque part – étant la seule faiblesse fatale du mort vivant, il est évident que sa localisation devra rester secrète. On peut détruire le corps d'un mort-vivant, mais son âme se détachera simplement de son enveloppe charnelle pour trouver abris dans le corps le plus proche, le faisant ainsi sien –comme si elle changeait simplement de vêtements. »

« Je serai immortel…? » C'était un murmure que Marcaunon n'était pas supposé entendre, mais ce fut le cas. « Tu as déjà créé d'autres mort-vivants? » Il pouvait voir dans les yeux de Chaos que s'ils en existaient déjà, il les traquerait tous et les anéantirait, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que lui.

« Oui et non. Il existe des morts-vivants selon la définition courante, mais pas selon la mienne. Le rituel que j'ai inventé est destiné à transformer le nécromancien en mort-vivant, pas à animer un cadavre. »

« Alors comment es-tu sûr que ça marchera? » Marcaunon comprit le sous-entendu 'en serais-tu un toi-même?' et décida de prendre des précautions pour assurer son bien-être –juste au cas où. On n'est jamais trop prudent, même avec sa propre famille.

« J'ai déjà effectué des tests. » Se remémorant des cris des Parasites avec un sourire nostalgique, il ignora la question sous-jacente.

Marchosias fronça les sourcils. Juste au moment où le garçon ouvrait la bouche, la porte de son bureau s'ouvrit, révélant son assistante. Les lèvres de Marchosias formèrent brièvement une grimace avant qu'il ne se reprenne. La haine de son fils envers les Malfoy était plutôt amusante aux yeux de Marcaunon. Il se demanda vaguement si elle tirait son origine de la trahison de Narcissa et de Draco durant sa vie en tant que Voldemort.

« Ah! Vous êtes là, Professeur. » Vevila s'avança vers eux en roulant des hanches. Marcaunon leva un sourcil, se demandant si ses bas lui posaient problème.

« Vevila. » Il la salua avec un hochement de tête. « Que puis-je pour vous? »

« Je pensais que nous pourrions rejoindre le Grand Hall ensemble, pour le diner? » Elle battait des paupières à intervalles irréguliers, mais Marcauon ne voyait aucun problème avec ses yeux. N'étant pas du style à se moquer de quelqu'un qui souffrait de problèmes de santé (fasciculation musculaire), il choisit d'ignorer le TOC de son assistante.

« Nous avons bientôt fini. » Il attendit qu'elle comprenne que sa présence n'était pas la bienvenue, mais l'allusion sembla lui passer au-dessus de la tête. Elle continuait à le fixer. Il n'avait encore jamais vu un Malfoy aussi… stupide… Il ne voyait vraiment pas d'autre terme.

Marcaunon soupira et se leva. Il contourna son bureau et prit doucement Chaos dans ses bras avant de placer le garçon sur sa hanche. Comme par instinct (et peut-être grâce à sa mémoire musculaire), Chaos enroula ses jambes autour de Marcaunon et enfouit son visage dans le creux du cou de sa mère.

"On est bon, maintenant?" Chuchota-t-il.

"Oui… mère. Tout est réglé." Reçut-il comme réponse. Il était bon de savoir que leur relation n'avait pas souffert de cet épisode.

Marcaunon serra un peu plus les bras avant de se tourner vers la matriarche Malfoy avec un sourire sur le visage.

« Mettons nous en route alors. »

Lors de leur chemin vers le Grand Hall, toutes questions à propos de l'enfance de Marcaunon disparurent de l'esprit de Marchosias. Il était maintenant complétement concentré sur son nouveau statut de nécromancien. Marcaunon se serait auto-félicité s'il avait pu lire les pensées de son fils.

Mai 1967

Localisation: Poudlard, bureau de Marcaunon, pièce secrète derrière la bibliothèque

Marcaunon était, comme à son habitude, affalé dans son élégant et néanmoins piquant trône d'épées tandis qu'il signait un énième document décrivant en détail la mort de quelqu'un.

Alors que ses yeux pourpres (oui, son coléromètre bouillait) passaient d'un parchemin à l'autre, il leva les mains en l'air par frustration.

Ils étaient tous morts de la même façon – dévorés par d'autres êtres humains, bien que le trépas de certains eu été plus lent que d'autres (pauvre eux ! Rester conscient alors qu'on te mastiquait était loin d'être agréable).

« Qu'est-ce que c'est que ce fichu bazard!? » S'écria-t-il, outragé. Les piles interminables de fiches qui le surplombaient n'amélioraient en rien son humeur.

Sans la moindre considération pour le serviteur qui devrait nettoyer derrière lui, il balaya tout ce qui se trouvait sur son bureau du revers de la main. Les parchemins, jusqu'alors rangés avec soin, volèrent au sol. Plus frustré que jamais, Marcaunon n'hésita pas une seconde avant de les envoyer dans la cheminée.

Cependant, à sa grande exaspération, le feu ne semblait pas causer le moindre dégât aux fiches de la mort. Mort les avait rendues indestructibles, étant donné que Marcaunon avait tendance à piquer des crises dignes d'un enfant de trois ans lorsqu'il était confronté à la paperasserie.

Une dague se matérialisa soudainement dans sa main, et avec un cri de rage qui effrayerait les plus aguerri des vétérans de guerre, il poignarda les feuilles devant lui avec hargne… seulement pour hurler à la lune quand il vit qu'elles restaient intactes.

« Comment oses-tu conférer l'immortalité à de telles abominations, Mort!? La paperasserie n'est pas supposée être indestructible! » Cria-t-il tout en continuant à attaquer les parchemins, en vain.

Dans son état d'hystérie, il ne vit pas la porte s'ouvrir. Il ne vit pas non plus son fils qui s'était figé en le voyant agiter une dague en l'air et insulter l'espace vide, au milieu de dossiers, parchemins, plumes et pots d'encre brisés.

« … Mère. » La voix aigüe et enfantine le sortit de sa folie, et il ferma la bouche avec un claquement de langue.

Après quelques profondes inspirations (son manque de contrôle le mortifiait) il se tourna vers son petit chéri de six ans, un sourire hésitant sur le visage. Toutefois, celui-ci n'atteignit pas se yeux qui brillaient encore des feux de sa colère – ce qui leur donnait une couleur pourpre infernale.

Son adorable petit garçon avait revêtis sa combinaison de chat noir (que Marcaunon lui avait imposé le matin-même), dont la capuche était surmontée de deux petits triangles noirs censés représenter des oreilles. Chaos tenait la longue queue de sa combinaison entre ses mains, contre sa poitrine, comme tout enfant porterait sa peluche préférée.

« Que est le souci mon chéri? Maman est un peu occupé pour l'instant. »

Son fils le regarda d'un air hésitant, aussi prudent que s'il se trouvait face à un animal sauvage. Marcaunon n'avait aucune idée de ce que pensait Marchosias de sa situation, mais le terme « maladie mentale » fit plusieurs fois son apparition dans la tête de l'enfant –un burn-out peut-être ?

« J'ai entendu des cris… et je me demandais si tu avais des problèmes. » Il parlait lentement, tout en examinant lentement la pièce secrète, connue uniquement des deux Gaunt, considérant le désordre environnant. Il s'arrêta devant Marcaunon.

Marchosias observait le jeune homme –qui avait l'air de sortir d'une séance de sexe torride– avec ses cheveux en bataille, ses joues rosées, ses vêtements froissés et sa respiration saccadée.

« Ça va. Tout va bien. Pourquoi n'irais-tu pas visiter la bibliothèque jusqu'à l'heure du diner? Je peux même te rédiger un passe pour la section interdite. »

Marcaunon lui offrit un grand sourire. Comme si de rien n'était, il sautilla jusqu'à son bureau, clignant bêtement des yeux lorsqu'il n'y vit que du bois. Comme s'il venait juste de remarquer les papiers et les ustensiles répandus au sol, il ramassa hâtivement une feuille, une plume, de l'encre, avant d'écrire et de signer une note.

Sans se soucier des ravages qu'il avait causés (on aurait pu croire qu'une tornade était passée par là), il marcha sur les parchemins pour se rapprocher de son fils. Il lui tendit la note et dirigea gentiment son garçon vers la sortie.

Une fois seul, il siffla la commande pour fermer et renforcer la porte par magie, afin que personne ne puisse l'ouvrir et qu'aucun son n'en sorte. Après avoir examiné les dégâts dans la pièce, il rejoignit son bureau, le contourna et regagna son trône où il s'affala avec un grand soupir.

« Mort. »

« Vous m'avez appelé, Maître? » La voix de Mort s'éleva derrière lui – il aurait sursauté s'il n'y était pas habitué.

Marcaunon indiqua les fiches, toujours dispersées sur le sol.

« Que s'est-il passé? » demanda-t-il d'un ton fatigué en lançant un regard mauvais aux fiches de la mort (toujours intactes). Mort, debout au milieu du ravage, leva un sourcil.

« Je crois que c'est le résultat … » Marcaunon pencha la tête sur le côté, tout en écoutant attentivement les propos de l'entité omnipotente. « … d'une autre crise de mon cher Maître. »

Lorsqu'il vit le sourire de Mort, il grimaça et grogna. Même après deux décennies en compagnie de l'être immortel, il ne s'était toujours pas résigné à la manie qu'avait Mort de le taquiner à chaque occasion.

« … J'admire ta capacité de déduction, Mort. Bravo! » Il grimaça – plus résigné qu'autre chose.

Mort laissa échapper un rire (un son peu sympathique, selon Marcaunon) et ramassa la fiche la plus proche. Il passant en revue le document, levant et baissant les yeux à une vitesse surhumaine. Marcaunon avait une bonne vue du visage de son serviteur étant donné que, pour une fois, sa capuche était baissée. L'entité devait avoir été au beau milieu d'une séance de relaxation (probablement au milieu d'un champ de bataille) avant qu'il ne reçoive son appel.

Il était tout simplement magnifique; des cheveux aussi noirs que la nuit descendaient jusqu'à sa taille, quelques mèches étaient glissées derrière ses oreilles pointues et percées. En guise de boucle d'oreilles, le symbole des Reliques de la Mort brillait chaque fois qu'un éclat de lumière passait dessus.

Si ce n'était pour ses cheveux lisses, il ressemblerait à Harry Potter avant que l'âme de Tom Riddle ne contamine son corps. L'aura de l'entité inspirait aussi bien l'admiration que la crainte, et de nombreux animaux (ainsi que les mortels dotés d'une bonne intuition) ne supportaient pas d'être en sa présence plus de quelques secondes. Cela expliquait pourquoi son cher familier ne se trouvait pas dans la pièce –Suki avait pris la fuite (à travers un trou dans le mur) en entendant le nom de Mort.

Ces yeux avaient la couleur du sort de la mort, ce fameux vert émeraude (l'ancienne couleur des yeux d'Harry Potter), et contrastaient avec sa peau, naturellement pâle. Marcaunon savait que le sang qui coulait dans les veines de l'être était noir, car il l'avait vu l'utiliser comme ingrédient durant la création de détraqueurs.

Ses doigts, longs et élégants, refermèrent un dossier. Voyant le froncement de sourcil qui marquait le front de l'entité, Marcaunon eu le pressentiment que ces fichues fiches de la mort n'annonçaient rien de bon.

« Apparemment, un autre univers est en proie à une invasion de zombie au moment-même où nous parlons. »

« Des inferis? »

« Des zombies. »

« Des cadavres animés par des nécromanciens? »

« Des zombies. »

« Des sorciers malchanceux avec le cerveau desquels on s'est amusé à faire de la bouillie? »

« Des zombies. »

« Des golems mangeurs de chair humaine… »

« Des zombies. »

« … comme ceux dans les programmes télévisés des Parasites? »

Mort hocha la tête, un éclat d'amusement dans ses yeux Avada Kedavra. Marcaunon cligna des yeux une fois, deux fois, puis une troisième fois tandis que son cerveau prenait son temps pour assimiler l'information que, oui, les zombies étaient bel et bien réels – pas juste des inferis, mais de vrais zombies mangeurs de cerveaux. Alors comme ça, les séries que le petit Duddley affectionnait tellement à la télévision étaient basées sur des histoires vraies…?

« J'ai l'impression que tu ne m'as pas tout dis, et que je ne vais pas aimer ce qu'il me reste à entendre. »

« En effet. »

« … Ok, je suis prêt, arrache le pansement. »

Mort lui lança un regard innocent, et il ne put retenir un sourire. Utiliser "Mort" et "innocent" dans une même phrase était un oxymore.

« J'espérais que ça n'arriverait pas avant que Maître ne soit habitué à s'occuper des fiches. » Comme s'il allait s'habituer à ces abominations! « Après tout, cela fait un bon millénaire que je n'ai plus eu affaire à une attaque de zombies. »

« Dis-moi juste la mauvaise nouvelle! » Le suspense était en train de le tuer.

« Le dossier va continuer à s'épaissir, jusqu'à ce que… » La simple mention de paperasserie supplémentaire fit pâlir Marcaunon. « … Tous les zombies soient exterminés. »

« Et ça met combien de temps, normalement? » Marcaunon regretta d'avoir posé cette question dès qu'elle passa ses lèvres.

Mort soupira et se frotta les tempes de ses longs doigts. Marcaunon ressentit soudainement l'envie de donner un ordre à Mort – d'utiliser ces merveilleux doigts pour brosser ses cheveux et masser son crâne jusqu'à ce que son mal de tête disparaisse. Malgré tout, il résista à la tentation.

« Soit jusqu'à ce que cet univers implose – aucune dimension ne peut survivre sans créature vivante en son sein – soit jusqu'à ce que les mortels trouvent un antidote pour traiter la mutation. Cela peut prendre plusieurs décennies. »

« Décennies!? » S'écria-t-il, horrifié. « Je vais devoir traiter cette quantité de fiches pendant plusieurs dizaines d'années!? »

« … Oui Maître. »

C'était un cauchemar. Il n'allait pas accepter ça sans broncher. La paperasserie habituelle faisait déjà de sa vie un enfer…

Une idée lui vint soudainement à l'esprit. Marcaunon sourit d'un air malicieux.

Mort vit le sourire de son maître et soupira – d'expérience, il savait que ce sourire signifiait que le sorcier préparait quelque chose, et que l'entité n'allait pas apprécier ce quelque chose.

« Tu es capable de voyager entre les différentes dimensions, n'est-ce pas? »

« … Oui… »

« Moi aussi, non? »

« … En effet. »

« Si je souhaitais entreprendre un tel voyage… Y aurait-il des complications? Je ne compte pas me rajeunir encore une fois… »

« Ce ne serait pas nécessaire. » Remarquant l'éclat suspicieux qui était apparu dans les yeux de Mort, il lui sourit d'un air qui se voulait rassurant, mais qui eut l'effet opposé – sans qu'il ne s'en rende compte, évidemment.

« Et le temps s'écoule de la même façon qu'ici? »

« Le temps n'a aucune emprise sur moi, Maître. »

« Dans ce cas, c'est décidé. » Il se leva, une lueur d'excitation dans le regard. « Nous partons en vacances dès ce soir, Mort! » Il n'allait pas attendre sans rien faire la mort lente et douloureuse que lui réservait la paperasserie.

Si ces mortels avaient juste besoin d'un remède pour que son travail administratif diminue, un remède il les aiderait à créer.

« … Pardon? Maître? »

Marcaunon ignora l'expression ahurie de Mort et sautilla vers la porte d'entrée pour aller faire ses bagages. Il était tellement excité qu'il ne remarqua pas les deux chouettes qui étaient entrées par la porte (équipée d'une porte-à-chouette), ni les deux lettres qu'elles avaient déposées sur son bureau.

L'une d'entre elles était adressée à Ignatius Rose, tandis que l'autre était destinée à Marcaunon Gaunt –mais les deux venaient du même destinateur.

...

Voili voilou!

à bientôt