Désolée pour l'attente, merci pour votre patience!

Chapitre 24: Piquenique et Invitation

Date: Avril 1967

Localisation: Poudlard, bureau de Marcaunon

Lorsqu'il sentit Mort relâcher sa prise sur son bras, il cligna des yeux afin d'éclaircir sa vision. Il observa son environnement avec un petit sourire aux lèvres, avant de soupirer de soulagement. Rien de tel que son chez-soi. L'odeur des potions et des vieux livres lui avait manquée, et formait un parfum unique au monde qu'il associait instinctivement à Poudlard.

« Maître? » Demanda Mort en penchant la tête.

« ça fait du bien d'être de retour, Mort. » Il caressa tendrement les murs de Poudlard. « La magie de Poudlard est aussi réconfortante que l'étreinte d'une mère, pour moi – bien que je ne sache pas exactement ce que c'est. »

« Une dimension sans magie. Voilà une expérience déconcertante et inconfortable, n'est-ce pas Maître? »

« Tu n'imagines pas à quel point. La moitié du temps, je pouvais sentir Gaïa qui essayait d'extirper la magie de mon corps. » Il lança un regard amusé à Mort. « Tu aurais pu me prévenir. Je serais mort sur le champs, si je ne gardais pas constamment un bouclier autour de mon centre magique. »

« Constante vigilance, Maître. »

« Vraiment, Mort? »

Ils sourirent tous les deux avant que Mort ne se retire avec un petite et néanmoins élégante courbette. Marcaunon salua son serviteur d'un geste de la main. Il se dirigea ensuite vers ses quartiers privés, bien décidé à retrouver son petit Chaos.

Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'il n'avait plus vu son adorable rejeton. Cependant, pour Chaos, leur séparation n'avait pas duré plus de quelques minutes – Mort avait un control absolu sur le temps ( la mort frappe en tout lieu et à toute époque, après tout). Parfois, il aurait aimé pouvoir lui aussi voyager dans le temps aussi librement. La paperasserie se ferait bien plus rapidement, s'il en avait le pouvoir.

Après une petite marche, il parvint enfin devant les portes de la bibliothèque, d'où lui parvenait la signature magique de son fils. Il se glissa à l'intérieur de la pièce en toute discrétion et s'avança vers Chaos, qui était entouré par des piles de vieux grimoires.

Il s'agenouilla derrière Marchosias avant de soulever le garçon dans ses bras, sans le moindre avertissement. Chaos laissa échapper un cri adorable (et refuserait plus tard de l'admettre) tout en se débattant.

« Lâche-moi, espèce de pédophile! »

« Est-ce vraiment une façon de t'adresser à ton papa, Chaos? » Roucoula-t-il en installant confortablement Marchiosas sur sa hanche.

Son fils s'immobilisa un instant, avant de fermer les yeux– comme s'il priait une force quelconque de lui octroyer suffisamment de patience.

« Oui, père? » Chaos soupira d'un air résigné et appuya sa joue contre l'épaule de Marcaunon. « Pour quoi as-tu besoin de mon aide, cette fois-ci? »

Il rigola et se mit à jouer avec la queue de chat accrochée au onesie de son fils.

« Tu me manquais, c'est tout. »

« …Nous nous sommes quittés il y a seulement quelques minutes. S'il-te-plait, dis-moi que tu ne perds pas la tête avec l'âge. » Chaos lui offrit un sourire innocent, comme s'il ne venait pas d'insulter la santé mentale et l'âge de Marcaunon.

« Quel petit impertinent. » Murmura-t-il tout en sortant de la bibliothèque, son fils toujours dans les bras.

« Où allons-nous, père? »

« Nous allons passer un peu de temps ensemble, mon adorable petit Chaos. » Il pinça les joues dodues de son fils, comme pour souligner la jeunesse de l'enfant, tout en sachant que cela agacerait Chaos au plus haut point. Il savait pertinemment que Chaos détestait être coincé dans le corps d'un enfant de six – excusez-moi, sept ans.

« Arrête ça! » Il reçut une tape sur la main et un regard noir de la part de Chaos. Marcaunon faillit glousser tant son petit monstre aux yeux rubis était adorable, avec son air vexé et son onesie de chat. « Et pourrais-tu cesser de m'emballer dans cette… abomination que tu appelles un vêtement? »

« Tu préfèrerais te balader tout nu? Je ne savais pas que tu avais des tendances exhibitionnistes, Chaos. »

« Je…Je n'aime pas ce genre de vêtement, c'est tout. Je trouve ça humiliant. »

« ça te va bien. »

« Ce n'est pas de toi que l'on rigole. » Reçu-t-il en guise de réponse.

Il fit mine de n'avoir rien entendu et regarda son fils avec de grands yeux innocents.

Quand il s'arrêta finalement devant une peinture de fruits, il gratta la poire et recula d'un pas lorsque le tableau leur donna accès aux cuisines de Poudlard. D'après lui, cette cuisine était probablement plus grande que la maison des Weasley – une maison dans laquelle ils avaient vécu pendant plusieurs générations. La cuisine était meublée de quatre longues tables en bois, assez basses pour que les elfes de maison puissent y avoir accès sans difficulté, et de grandes armoires destinées à contenir la vaisselle. De l'autre côté de la pièce se trouvait une large cheminée qui procurait de la chaleur aux elfes et où reposait un impressionnant chaudron rempli de soupe bouillante. Le four était situé juste à côté du feu, et une délicieuse odeur de tarte s'en échappait. Il sentit la salive lui monter aux lèvres.

« Ce n'est pas encore l'heure du déjeuner. » La vois aigüe de Chaos le sortit de ses fantaisies de tartes géantes. Il avala la salive qui s'était accumulée dans sa bouche.

Les elfes de Poudlard étaient les meilleurs pâtissiers qui soient. Une des principales raisons qui l'avait poussé à accepter le poste d'enseignant.

« Nous allons profiter d'un petit piquenique, Chaos chéri. » Il déposa Chaos au sol et s'approcha de l'un des elfes.

Il/elle (difficile de définir le genre d'un elfe sur base de son physique) laissa échapper un cri de joie en le voyant et se rua vers lui, pas gêné le moins du monde par la dinde géante qu'il portait.

« Monsieur Maître Professeur Gaunt ! Est-ce que Monsieur Maître Professeur Gaunt a faim? Est-ce que Sloopy dois préparer de la nourriture pour Monsieur Maître Professeur Gaunt? »

Il tapota gentiment l'elfe sur la tête – ces créatures étaient très attachantes, et sa tendresse envers elles datait déjà de sa vie précédente. Marcaunon n'était pas comme les autres sorciers qui considéraient les elfes de maison comme allant de soi. Les sorciers avaient tendance à oublier que les petites créatures pouvaient pénétrer dans toutes sortes de défenses magiques - à l'exception des défenses anti-elfes – qui n'était pas très répandues, étant donné que la majorité du monde magique les croyait stupides. Si ces créatures pouvaient survivre sans être liées à un sorcier, Marcaunon était sûr qu'elles formeraient l'armée la plus puissante que l'on n'ait jamais vue – leur magie était unique et très utile, si on savait comment s'en servir.

« J'aimerais organiser un piquenique pour mon fils et moi. Auriez-vous quelques minutes de libres afin de préparer notre déjeuner ? »

« Bien sûr Monsieur Professeur Gaunt! Sloopy va s'en charger tout d'suite ! » L'elfe courut vers l'une des longues tables et y déposa la dinde qu'il avait en main avant de disparaitre dans un « pop ». Sloopy avait probablement été chercher un panier de piquenique rangé quelque part.

Les autres elfes de maisons vinrent les saluer, son fils et lui. Chaos se contenta d'observer Marcaunon alors que celui-ci discutait avec beaucoup d'enthousiasme avec chaque elfe qui lui adressait la parole, pour enfin les laisser retourner à leurs taches – les étudiants avaient eux aussi besoin de manger, après tout.

Sloopy réapparut avec un panier en osier dans ses bras et le tendit à Marcaunon. L'elfe les salua en agitant la main lorsque les deux sorciers sortirent de la cuisine.

« Le Lac Noir, père? »

« Oui. »

Ils s'y rendirent en silence, tous les deux contents de profiter de la présence de l'autre. Ils s'installèrent ensuite en-dessous d'un grand arbre, au bord du lac – peu importe si le poulpe géant ou d'autres êtres aquatiques venaient les observer.

A l'aide de sa magie, il fit apparaitre un tapis de piquenique vert, ainsi que deux coussins noirs. Chaos, plein de grâce, s'assit sur le sien. Marcaunon suivit son exemple avant de sortir la nourriture du panier qu'on leur avait fournit.

Sloopy leur avait préparé divers wraps, sandwiches, hotdogs, hamburgers, fruits et légumes, tourtes, tartes, macarons (surtout pour lui) et toutes sortes de jus. A deux, ils ne viendraient jamais à bout d'une telle quantité de nourriture, mais étant donné que Marcaunon comptait donner le reste aux habitants du lac, il n'y aurait pas de gâchis. Du à son enfance, il abhorrait l'idée de gaspiller de la nourriture – et il en allait probablement de même pour Chaos.

Utilisant sa magie, il nettoya les mains de son fils et les siennes avant qu'ils n'attaquent leur déjeuner.

« Et comment ça se passe à l'école, mon chéri? » Dit-il pour lancer la conversation (comme d'habitude), tout en mordant dans son wrap à la dinde. Il huma de plaisir lorsque la saveur de la viande se répandit sur ses papilles gustatives et leva mentalement les pouces. Les elfes de Poudlard avaient un don pour la cuisine. Peut-être était-ce une de leur condition d'embauche.

« ça grouille de moldus, mère. » Ils échangèrent un regard dégouté – parfaitement conscients du dédain commun qu'ils éprouvaient à l'encontre de ces êtres. « Cependant, deux de mes camarades de classe ont attiré mon attention. »

Il leva un sourcil en entendant cela.

« Tu as oublié? » Marcaunon se contenta de cligner des yeux, confus. « Severus Snape et Lily Evans, sang-mêlé et sang-de-bourbe, respectivement. »

« Ah. » Sa perte de contrôle lui revient à l'esprit et il secoua la tête. Il s'agissait d'une erreur qui n'était pas prête de se répéter. Toutefois, il trouvait curieux que Chaos n'ait pas encore tué Snape – Snape adulte avait trahi Voldemort, après tout. « Je me souviens. Qu'est-ce qui t'intéresse autant chez ces deux-là? Seraient-ils des futurs serpentards? »

« L'un d'entre eux. Evans est une gryffondore, et malgré mes nombreuses tentatives de corruption, elle garde le coeur d'un lion, ou d'une lionne, dans son cas. Ils ont du potentiel, tous les deux. »

« Qu'est-ce qui te faire dire ça? »

« Severus a... »

« C'est plutôt rare de t'entendre appeler les gens par leur prénom. »

« … une mère qui est experte en potion. Il voudrait devenir un Maître de potion, alors j'ai décidé de le mettre à l'épreuve. Il apprend vite, aussi bien au niveau théorique que pratique. » Continua Chaos, comme s'il n'avait jamais été interrompu.

Marcaunon fronça les sourcils tout en penchant la tête.

« Eh bien, l'affaire de la mystérieuse disparition de mes ingrédients est résolue. »

« Je ne faisais que les emprunter. »

« Ce n'est que lorsque tu comptes rendre ce que tu as emprunté que tu peux employer le mot emprunter, mon petit Chaos. »

« Je ne veux rien entendre de la part de la personne qui emprunte régulièrement des plantes à Sprout. »

« Ah, mais je n'avais nullement l'intention de les lui rendre. »

« … Aucun parent ne dirait ça à son enfant, normalement. »

« Je suis unique en mon genre. » Il fit un clin d'œil à Chaos et sourit en voyant son fils rouler des yeux.

Ils continuèrent à parler de tout et de rien, changeant de sujet sans aucune difficulté. Ils discutèrent de l'école, du temps, et même de la barbe d'Albus. Une demi-heure s'écoula ainsi. Plusieurs êtres aquatiques avaient sorti la tête hors de l'eau pour mieux les observer – ils leurs donnèrent leurs restes, que les créatures acceptèrent sans hésitation. Durant sa scolarité, Marcaunon avait plusieurs fois organisé des piqueniques au même endroit avec les poufsouffles. Les créatures n'avaient pas montré davantage de méfiance en ce temps- là - personne ne se méfie jamais des poufsouffles.

« Maîrctre! » Le sifflement de Suki attira l'attention des deux Gaunts. Le serpent se glissa jusqu'à eux, deux enveloppes jaunes dans sa gueule.

« Suki. » Ils la saluèrent à l'unisson. Le serpent qui reposait sur les épaules de Chaos descendit en trouvant appui sur l'enfant pour aller saluer son congénère.

Suki lâcha les enveloppes sur les genoux de Marcaunon avant de donner un coup de tête affectueux à Mana. Marcaunon avait appris à son familier à rapporter tout courrier qui ne serait pas encore ouvert et n'aurait aucune trace magique – les serpents étaient tellement plus intelligents que ces fainéants de chiens.

« Merci, Suki » Il passa un doigt le long du dos de Suki, ce qui fit siffler l'animal de plaisir.

Il examina une enveloppe et leva un sourcil en voyant le nom de l'expéditeur.

« Quelqu'un que tu connais? » Demanda son fils

« Le Maître de ma guilde. » Murmura-t-il en brisant le sceau de cire. Il en sortit deux parchemins scellés. Il déposa le parchemin vierge sur le côté et se mit à lire l'autre.

Cher Mr. Ignatius Rose,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que vous avez été choisi parmi une centaine de Maîtres de potion. En effet, nous vous offrons l'opportunité de vous présenter à un poste de grand intérêt. Votre dossier et les potions que vous avez élaborées démontrent d'impressionnantes capacités et une rigueur admirable pour quelqu'un de si jeune.

Vous trouverez ci-joint un parchemin vierge qui vous révélera l'invitation à l'examen d'embauche ainsi que les informations pratiques comme l'emplacement et l'heure dudit examen lorsque vous y aurez insufflé un peu de votre magie. Merci de nous remettre votre réponse avant le 25 avril.

Cordialement

Jellal F. Frost

Il huma tout bas, perdu dans ses pensés. Cet emploi de grand intérêt semblait suffisamment intéressant pour éveiller sa curiosité. Il savait que son alias était considéré comme l'un, si pas LE meilleur Maître de Potion, étant donné les nombreuses potions qu'il avait inventé pour la communauté magique.

Mentalement, il débattit quelques minutes avec lui-même. Chaos eut la gentillesse de le laisser à ses pensées, préférant s'entretenir avec les deux serpents (quel enfant merveilleux). Il décida finalement d'ouvrir la deuxième enveloppe avant de prendre toute décision. Il leva à nouveau un sourcil en voyant qu'elle provenait du même expéditeur. Il ouvrit l'enveloppe et en sortit deux parchemins – un tout blanc, l'autre recouvert de mots.

Cher Mr. Marcaunon Gaunt,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que vous avez été choisi parmi une centaine de Maîtres de potion. En effet, nous vous offrons l'opportunité de vous présenter à un poste de grand intérêt. Votre dossier et les potions que vous avez élaborées démontrent d'impressionnantes capacités et une rigueur admirable pour quelqu'un de si jeune.

Vous trouverez ci-joint un parchemin vierge qui vous révélera l'invitation à l'examen d'embauche ainsi que les informations pratiques comme l'emplacement et l'heure dudit examen lorsque vous y aurez insufflé un peu de votre magie. Merci de nous remettre votre réponse avant le 25 avril.

Cordialement,

Jellal F. Frost

P.S. Je sais que vous avez déjà un travail, et que vous m'avez fait part de votre souhait de rester anonyme. Cependant, cette offre fait partie du top dix de notre guilde. Le client ne connaîtra votre nom que si vous acceptez cet emploi, alors je vous prie, n'envoyez pas de beuglante à notre bureau. Merlin sait que votre voix pourrait briser le plus épais des verres.

Il cligna des yeux après avoir lu le post-scriptum, avant de brûler le parchemin. Il reprit celui destiné à Ignatus Rose.

« Mère? »

« Juste une lettre de mon stupide Maître de guilde. Pas d'inquiétude. »

« Et puis-je savoir de quoi il s'agit? »

Marcaunon se tourna vers son fils. Après quelques secondes de réflexion, il acquiesça.

« Oui. C'est une offre d'emploi. Pas beaucoup d'informations, à moins que je n'accepte de me présenter. »

« Ce que tu vas faire. » Lui répondit l'enfant.

« En effet. » Toute cette affaire paraissait si mystérieuse... il ne résisterait jamais à la tentation.

« Mère, tu es trop prévisible. »

« Tu es le seul à penser ça, mon chéri. Le seul. » Il sourit à son garçon avant d'infuser un peu de sa magie dans le parchemin. Quelques secondes plus tard, des mots apparurent sur le papier.

INVITATION

Ignatius Rose

Vendredi

1er mai

12:30 – 14:00

Heure du portoloin: 12:19

Veuillez présenter cette invitation exclusivement à votre nom à l'entrée.

« Tu me raconteras? »

« Tu sais bien que oui. » ils récupérèrent chacun leur familier. Marcaunon fit disparaître la panier vide. Une fois les serpents confortablement enroulés autour de leurs cous, comme des écharpes, ils se dirigèrent vers le château. Il devait parler à Albus sans tarder, et Chaos avait probablement hâte de retourner à ses lectures.

Date: 1er May 1967

Localisation: Poudlard, salle de bain de Marcaunon

Marcaunon humait un air quelconque tout en coiffant ses cheveux et ses sourcils maintenant blonds platines. Une mèche descendait le long de sa joue, et ses cheveux étaient coupés courts à l'arrière. Un léger trait de eye-liner faisait ressortir ses yeux écarlates. Inutile d'ajouter davantage. Le style simple et naturel était indémodable.

Aux yeux des autres, Ignatius Rose était un Maître de potions albinos – ce qui lui fournissait par la même occasion une excuse parfaite pour la couleur de ses yeux: mieux valait être un albinos qu'un adepte des arts sombres dans cette société.

Il tourna la tête de gauche à droite et hocha la tête, satisfait. Personne ne le reconnaitrait. Il mit un masque pour cacher le bas de son visage, utilisant un sortilège pour le fixer sur sa personne – juste au cas où.

Il n'était pas rare que certains manoirs soient équipés d'un hall anti-glamour. Aussi, la seule façon pour lui de dissimuler son visage et ses cicatrices était d'utiliser du maquillage et un masque. Il mit sa capuche de sorte qu'elle jette une ombre sur ses yeux et s'empara de l'invitation.

« J'y vais. Veille sur Chaos en mon absence, Mana. »

« Oui Mairctre. » Siffla Mana.

Il la salua et sortit de la salle de bain. Il alla ensuite chercher Suki, avant d'enrouler le grand serpent autour de ses épaules. Un sort lui avait permit d'ajuster la taille de l'animal, mais Suki restait plus imposante que la majorité des serpents de son espèce (un serpent à sonnette). Le serpent lui servait souvent de moyen d'intimidation lorsqu'il endossait l'identité d'Ignatus.

« Accroche-toi bien, Suki! » Siffla-t-il en sentant une pression magique au niveau de son nombril.

OOOO

Il atterrit sur ses pieds, son manteau flottant d'une façon dramatique autour de lui avant de retomber conformément aux lois de la gravité. Ses yeux écarlates examinèrent ses environs, prenant note de toutes les sorties avant de s'arrêter sur une grande porte sombre - gardée par deux gardes dont les visages étaient dissimulés par de larges capuches.

L'employé faisait preuve d'une grande prudence. Il avait exploré les barrières magiques avec sa propre magie, et il avait été impressionné par ce qu'il avait découvert. Très impressionné, en fait. Les barrières étaient constituées de trois types de magies – blanche, noire et grise. Passer outre ne serait pas facile, mais pas impossible pour lui.

Il s'avança et s'arrêta devant le garde de droite, avant de tendre l'invitation à l'homme (aucune femme ne pouvait être aussi large d'épaule). L'homme étudia l'invitation avant de sortir une plume et un parchemin blanc.

« Ecrivez votre nom, monsieur. »

Marcaunon s'empara de la plume, remarquant immédiatement la magie attachée à l'objet. Cette plume permettrait aux deux gardes de s'assurer qu'il était effectivement Ignatus Rose, et non un imposteur. Si le dernier cas s'appliquait, la plume brillerait d'un ton rosé.

Ceci mettrait à l'épreuve toute personne ayant utilisé un faux nom ou ayant volé une invitation.

Heureusement pour lui, un expert en légilimancie pouvait tromper l'artefact. L'astuce était simple – en imaginant s'être toujours appelé Ignatus Rose, la plume considérerait ceci comme la vérité.

Il écrivit son nom sans aucun problème et le garde de gauche lui ouvrit la porte. La pièce sur laquelle s'ouvrit la porte était vide, à l'exception d'une longue table en marbre et de chaises. Le garde lui indiqua la chaise qui se trouvait à la droite de celle en tête de table. Marcaunon alla s'y assoir, le dos droit et la capuche baissée – garder une capuche en présence d'autres personnes n'était pas très poli.

Lorsque le garde s'en alla, il se mit à examiner les lieux. Deux chandeliers pendaient au plafond, au dessus de la table, et une cheminée se trouvait à quelques pas derrière lui. Il croisa les jambes et agita ses orteils qui souffraient le martyr à l'intérieur de ses bottes en cuire. Il pouvait sentir l'épaisseur du tapis sous ses pieds, et se demanda s'il était doux au touché.

Une minute s'écoula avant que les portes ne s'ouvrent, laissant entrer une autre personne vêtue d'un long manteau gris foncé. Marcaunon reconnu l'homme de quarante ans qu'il avait croisé au Ministère de la magie alors qu'il y déposait le brevet pour une énième potion inventée. L'homme se nommait Adalbert Grantz. Il avait des cheveux blonds courts, peignés vers l'arrière de la même façon que Drago Malfoy, et des yeux bleus affables. En dépit de son léger bronzage, il n'était pas d'une grande beauté, avec son nez pointu, ses dents jaunes et son menton mal rasé. Adalbert avait un physique qui ne collait pas avec l'image que l'on se faisait d'une Maître de potions. Marcaunon l'aurait prit pour un sportif plutôt que pour un intellectuel s'il ne l'avait pas déjà rencontré.

Le garde pointa la chaise à l'opposé et à la gauche de Marcaunon avant de retourner à sa tâche. Une fois Adalbert installé, les deux hommes se jaugèrent en silence. Finalement, le blond décida d'entamer la discussion

« Adalbert Grantz. » Il tendit la main à Marcaunon.

Marcaunon se contenta d'observer ce membre avec des lèvres tordues de dégout – bien que le blond ne puisse pas les voir, avec le masque qu'il portait. Il avait créé Ignatius Rose en imaginant un albinos calme qui détestait le contact humain. Ignatus était de nature réservée, et n'accepterait des emplois que s'il les trouvait intéressants. Il ne serait jamais le premier à lancer la conversation, et aurait l'habitude de parler par-dessus tous ceux qu'il considérerait en-dessous de lui.

Le propriétaire de la main se ravisa après quelques secondes, en voyant que Marcaunon n'avait aucune intention de retourner le geste. Adalbert ouvrit la bouche, les sourcils froncés, mais fut interrompu lorsque les portes s'ouvrirent à nouveau. Les gardes firent entrer un nouvel individu, qui portait un manteau vert. Marcaunon huma tout bas et vérifia la montre à son bras. Apparemment, un Maître de potions arriverait chaque minute.

Les gardes installèrent le nouvel arrivant le plus loin possible de Marcaunon, mais de son côté de la table, avant de se retirer.

Il ne reconnut pas cet homme. Il était musclé et bronzé, avait des yeux foncés féroces et un sourire semblait être fixé de manière permanente sur son visage, qui ne manquait pas d'un certain charme rebelle. Ses cheveux étaient courts, en pique, et une cicatrice s'étendait sur son front, d'une tempe à l'autre. Il devait être dans la fin de sa trentaine, mais difficile d'en être sûre étant donné que la magie ralentissait le vieillissement des sorciers.

Adalbert et l'étranger s'observèrent en silence avant que le sourire du nouveau venu ne s'étende un peu plus, si c'était possible.

« Kiriwar. Toi? » Il avait une voix grave qui s'accordait parfaitement avec son apparence.

« Adalbert Grantz. »

« Le petit blanc là-bas ? »

Adalbert haussa les épaules.

« Un silencieux, hein ? »

Il vit Kiriwar se tourner vers lui du coin de l'œil. Il eut également l'impression d'être déshabillé du regard, et frissonna intérieurement.

Alors que son horloge mentale lui soufflait qu'une minute supplémentaire venait de passer, une autre personne, une femme cette fois, entra dans la pièce accompagnée du même garde. Elle s'assit à deux chaises de lui. Le garde, quant à lui, s'en alla – à nouveau.

La femme portait un manteau blanc en laine. Ses cheveux, couleur noisette, étaient longs et bouclés tandis que ses yeux chocolat étaient bordés d'un épais trait de mascara. Elle fit un clin d'œil aux trois hommes avec ses faux cils et sourit en voyant Adalbert rougir. Elle devait probablement être considérée comme séduisante, mais Marcaunon se demandait si c'était réellement le cas, une fois toutes ces couches de maquillage retirées –les femmes étaient expertes dans l'art de la transformation lorsqu'elles étaient armées d'une trousse de maquillage. Elle semblait avoir la trentaine, mais encore une fois, le maquillage pouvait fausser cette évaluation.

« Bonjour~ » Sa voix était lourde de sous-entendu. Elle croisa les bras sous sa grai –…poitrine. « Engel Souen, enchantée de faire votre connaissance. »

« Tu peux m'appeler Kiriwar, beauté. » Kiriwar lui sourit et elle gloussa devant le compliment.

« A-Adalbert! »

« Et toi? » Murmura-t-elle en se penchant vers Marcaunon.

Il se tourna vers elle, haussa un sourcil, et se détourna. Il entendit un bruit sortir du fond de sa gorge, mais l'ignora pour se concentrer sur ses ongles.

« Quelle grossièreté. »

Marcaunon fronça légèrement les sourcils lorsqu'il vit que personne ne venait alors qu'une énième minute venait de passer. Des bruits se firent entendre à l'extérieur de la pièce, avant que les portes ne s'ouvrent soudainement. Un homme entra en trompe, les sourcils froncés et les lèvres pincées.

Il alla s'assoir en face de Kiriwar. Le nouveau venu était vêtu d'un manteau noir, mais ne faisait pas forte impression au premier regard, avec ses cheveux grisonnants et son visage ridé. Marcaunon jaugea que l'homme devait être dans la cinquantaine, et qu'il devait ses cheveux gras à l'émanation des potions. Etre un Maître de potions n'était pas sans conséquences pour le physique : des rides précoces, la peau sèches, des dents tachées et les cheveux gras. Tel était le lot des faiseurs de breuvages miraculeux. Leur seule solution pour parer ces dégradations physiques était d'utiliser un grand nombre de produit de beauté – même si Marcaunon n'avait besoin de rien, lui – ses cellules se régénéraient automatiquement. L'inconnu avait également un ventre bedonnant, et Marcaunon du détourner les yeux lorsque l'homme laissa échapper un rot.

Avant qu'ils ne puissent faire les présentations (encore), la porte s'ouvrit, révélant encore un autre individu. Le garde indiqua au nouveau venu d'aller s'assoir à côté d'Adalbert.

Marcaunon sut immédiatement que le jeune homme – probablement au début de la trentaine – était un membre de la famille Weasley. Tous les traits physiques étaient là : sa grande taille, ses cheveux roux, ses yeux bleus et les taches de rousseur. Il portait un manteau rouge foncé et tenait une serviette en main.

« Je vous en prie, profitez de ces quelques gourmandises avant l'arrivée de mon Maître. » Leur dit le garde avant de se retirer. Au même moment, des assiettes remplies de pâtisseries apparurent devant chaque invité.

Marcaunon regarda son assiette et déglutit. Sa plus grande faiblesse avait toujours été les friandises, mais son masque l'empêchait d'en manger. Il ne pouvait jamais rien manger lorsqu'il assumait cette personnalité, à cause de ce maudit déguisement.

Chaque Maître (et la maîtresse) de potions sortirent une fiole et versèrent une goutte du liquide qu'elle contenait dans leur nourriture. Apparemment, ils préféraient rester prudents avec leur nourriture, surtout lorsqu'ils ignoraient l'identité de leur futur employeur. Quand rien ne se produisit, ils attaquèrent leur assiette – ce qui le fit grimacer de frustration. S'il n'y avait pas eu ce satané maque, il en aurait fait de même.

« Quel est le problème l'albino? Tu n'as pas de potion pour vérifier si c'est empoisonné ? » dit Kiriwar d'un air moqueur en le pointant du doigts. « Tu es sûr d'avoir à ta place ici ? »

Il lui lança un regard froid et dédaigneux avant de se détourner. Il vit l'homme serrer les poings en étant ignoré.

« Eh bien…je pourrais t'en prêter, à un certain prix évidemment. » roucoula Engel en lui souriant.

« Vulgaire aguicheuse! Le petit Maître m'a dit de protéger Maîrctre des êtres de ton espèce ! » Suki se manifesta finalement, abandonnant son déguisement d'écharpe, et montra les crocs. Engel recula instantanément, surprise et effrayée.

Marcaunon leva un sourcil. Il n'avait pas besoin de protection, merci beaucoup. Chaos avait des tendances mère poule dont il devait se défaire. Il soupira et tapota gentiment la tête triangulaire du serpent, tandis que l'animal s'installait confortablement autour des épaules de Marcaunon.

« Q-q-quoi!? Cette chose est en vie!? » S'écria la femme en pointa un doigt manucurée en direction de Suki, une expression de dégout et de peur sur son visage.

« Je vais séparer ce doigt de ta main, femme! »

Engel devait avoir senti que son doigt était en danger, car elle le rétracta rapidement. Marcaunon rit tout bas et jeta un coup d'œil en direction de la femme tremblante.

« Toutes mes excuses pour les actions de mon compagnon. » Dit-il d'un ton monotone, bien que son regard ne démente ses propos. « Votre voix de harpie l'a prit par surprise, c'est tout. »

« Excuse-moi!? » S'écria-t-elle d'une voix de harpie, prouvant ainsi son point.

« Je ne souhaite pas vraiment m'excuser deux fois d'affilées, mais bon…puisque vous insistez. Toutes mes excuses pour les actions de mon compagnon. Il a seulement réagit de la sorte parce que votre voix détruisait se oreilles. »

« Comment oses tu… »

« Et j'aimerais que vous cessiez de m'adresser la parole. »

« Sais-tu qui je… »

« Pas vraiment. Quel est votre nom, encore ? »

« Arrête de m'int… »

« Quelque chose qui ressemblait à Aigle, non? »

« Non! Pas… »

« Vous deviez être un bébé horriblement geignard…Je plains vos parents. »

« Je m'appelle… »

« Oui, c'est bon, je connais déjà votre nom. Pourriez vous la fermer maintenant? »

« Arghh! Stop! Stop, c'est tout! Arrête de parlez comme si je n'étais rien de plus qu'… »

«Vous n'êtes rien de plus qu'un grain de poussière, à mes yeux. » Rigola Marcaunon, ses yeux brillant d'amusement alors qu'il observait le visage de la femme devenir de plus en plus rouge. « Vous allez bien ? Je dois dire, le rouge n'est pas vraiment votre couleur, aigle. »

Elle fondit en larme.

« Bon, je pense qu'elle ne nous dérangera pas plus longtemps. » Intervint le Weasley, un grand sourire aux lèvres. « Je suis Felix Weasley, au fait. Puis-je connaitre vos noms ? »

« Lunius. » Répondit l'homme ventru, gobant un énième gâteau.

« Kiriwar. » Dit le rebelle, chipotant sa nourriture du bout de sa fourchette.

« Adalbert Grantz. » Se présenta le blond, un sourire tendu sur le visage. « La femme s'appelle Engel. » continua-t-il, en voyant que celle-ci ne serait pas capable de prononcer un mot par-dessus ses sanglots.

« Et toi? » lui demanda Weasley.

Marcaunon ouvrit la bouche, mais alors qu'il s'apprêtait à répondre, la porte s'ouvrit, révélant un homme au milieu de sa vingtaine. L'homme se glissa à l'intérieur, comme si ses longues jambes ne touchaient pas le sol – ses chaussures en cuire ne firent pas le moindre bruit lorsqu'il alla s'assoir en tête de table. L'homme avait des cheveux brun foncés -presque noirs – courts, coiffés nettement d'un côté, et des sourcils parfaitement soignés. Il était doté d'un physique très attirant – aussi bien aux yeux des hommes qu'aux yeux des femmes – avec des pommettes hautes et taillées au couteau, un nez droit, ainsi que des lèvres courbées en un sourire suffisant. L'homme portait une chemise blanche en-dessous d'une veste noire ajustée au millimètre près. Sa ceinture était d'un rouge pourpre, tout comme sa cravate.

Cependant, l'aspect le plus attirant de l'homme était ses yeux rouges pourpre. Marcaunon du se faire violence pour rester calme lorsque ses orbes écarlates rencontrèrent le pourpre familier. S'il s'agissait réellement de qui il pensait, il se trouvait dans un sacré pétrin.

Le voilà !!! \(v)/

sinon, j'ai ENCORE des problèmes d'ordi... donc lenteur de parutiion et pas de Summer T. pour l'instant. (T-T) désolée