Chapitre VI – La classe de septième année
Merci encore à Titou Douh pour sa review !
J'espère que ce chapitre vous changera les idées & vous permettra de vous occuper pendant le confinement ;)
Le soleil de septembre avait quelque chose d'éblouissant. En automne, il était usuellement plus doux, pourtant, remarqua Luna. Mais cette clarté la mettait de bonne humeur – ce n'était pas pour rien qu'elle appréciait tant ses voyages au cœur de la nature sauvage en compagnie de Rolf. Elle aimait vivre au rythme des éléments qui l'entouraient. Cela éveillait en elle une nouvelle forme de magie, indescriptible.
Sa main courbée au-dessus de ses yeux, elle observait au loin la file de ses élèves qui se suivaient, rieurs et souriants. Quelques secondes encore et ils la rejoindraient là où elle avait décrété que les cours de Soins aux Créatures Magiques se dérouleraient : au sein même du parc. Son prédécesseur en avait souvent fait de même, mais il précédait tous ses cours d'une partie théorique qui se déroulait dans une des anciennes salles de classe du rez-de-chaussée. Luna avait soutenu à ses collègues que, même pour lire les lignes d'un de leurs manuels, les élèves seraient bien mieux à l'extérieur. Il passait le plus clair de leurs journées enfermés entre les murs de pierre du château, et à tout âge, on avait grand besoin de prendre l'air !
Ses yeux sautaient d'un visage à l'autre, et lorsqu'ils se posèrent sur les traits épurés de sa mère, elle sentit une ombre passer sur l'optimisme qu'elle avait réussi à retrouver. Mais elle ne se laisserait pas abattre ; elle ne laisserait pas ses angoisses s'emparer d'elle à nouveau. Il n'y avait pas la moindre raison pour que quoi ce soit se passe mal. Les élèves de troisième et quatrième année auxquels elle avait enseigné la veille s'étaient montrés plus qu'enthousiastes et réceptifs. Nul doute que ceux de septième année en ferait de même. N'est-ce pas ?
Elle profita de sa place de choix pour observer les jeunes gens qui se dirigeaient vers elle. Sa mère – Pandora, se corrigea-t-elle, elle ne pouvait se permettre qu'un mot de travers lui échappe – était en pleine discussion avec deux jeunes gens dont les visages ne lui disaient rien. Une jeune fille à l'épaisse tignasse brune, coupée court, et un garçon au visage en cœur, un peu pâle. Le trio avançait bras dessus, bras dessous, coude à coude. Luna fouilla dans sa mémoire, épluchant les noms et allures des amis de ses parents qu'elle avait côtoyé, mais elle ne reconnaissait définitivement pas ces ceux-là.
Elle se dit qu'elle en saurait très vite plus. Sa propre curiosité à cet égard la rassura. Elle retrouvait les facettes de son caractère, et cela lui donnait quelque chose à quoi se raccrocher.
Les premiers élèves se rassemblèrent autour d'elle, la saluèrent poliment, avec la retenue d'usage lorsque l'on rencontre un nouveau professeur, et elle détacha ses yeux du trio de Serdaigle pour s'occuper des nouveaux arrivants.
La classe de septième année de son cours se composait de deux élèves de Gryffondor, quatre de Poufsouffe, un seul de Serpentard, et le petit trio de Serdaigle que formaient sa mère et ses deux amis. Le petit nombre la rassura. Avec eux, elle aurait sûrement plus de facilité qu'avec les jeunes de troisième année qui avaient encore tout à découvrir. En fin d'études, il ne restait en toute logique que les plus motivés.
— Bienvenue, bienvenue, les accueillit-elle avec sa bonne humeur. Je vous en prie, installez-vous.
Elle leur désigna d'un geste du bras les sièges qu'elle avait accommodé en récupérant de vieilles bricoles qu'elle avait métamorphosés avec plus ou moins de brio. Les assises étaient correctes, les dossiers acceptables, mais certains accoudoirs étaient encore couverts de mousse et certains pieds avaient des racines. Une demoiselle de Poufsouffle glissa à ses camarades qu'elle aimait bien le caractère rupestre de cette classe improvisée, et le sourire de Luna, qui l'entendit, s'agrandit.
Malheureusement, tous ses camarades ne paraissaient pas partager son avis.
— Ce n'est pas parfaitement hygiénique, chuchota l'amie de Pandora à son oreille. J'ai l'impression d'avoir atterri dans une vieille campagne moldue.
— Ne sois pas si stricte, la contredit le garçon. On sait bien à quel point le professeur Brûlopot te manque, mais ne juge donc pas trop vite sa remplaçante, Iphi.
Ladite Iphi haussa les épaules, mais marmonna tout de même un sort de Décrassage avant d'oser s'asseoir.
— Pour commencer, je vous propose de vous présenter, afin de faire plus ample connaissance, dit Luna, quelque peu déstabilisée.
Les jeunes face à elle hochèrent la tête ou haussèrent les épaules, et s'exécutèrent. Les présentations s'enchaînèrent, et elle fit de son mieux pour en retenir le plus possible.
— Cassiopeia Flint, je suis à Serpentard. Une fois mes ASPIC en poche, je vise une carrière au sein de Gringotts, plus précisément dans la filière de…
— John Fergusson, Gyffondor, les créatures magiques me fascinent, et j'aimerais trouver un moyen de faire carrière dans le domaine, même si je ne sais pas encore comment…
— Janet O'Conor, Poufsouffle, j'espère débuter une formation de botanique dès l'an prochain, alors mes connaissances sur le vivant doivent être…
— Bertie Glamer, je suis à Poufsouffle, et je ne… Je ne suis pas encore certaine de mes aspirations, disons, mais je crois que… Enfin, j'aimerais bien, peut-être…
Les différents élèves se succédèrent. Luna fit de son mieux pour être véritablement attentive au court portrait que chacun d'entre eux dressait de lui-même, mais elle ne parvenait à s'empêcher de se tendre de plus en plus à mesure que le tour de parole s'approchait de Pandora. Parmi le trio de Serdaigle ce fut Iphi qui prit la parole la première.
— Je m'appelle Iphigenia Foley, déclara-elle en se redressant, sûre d'elle. J'ai toujours su que ma vocation était d'aider les autres, c'est pourquoi l'an prochain, je projette de me lancer dans une carrière au Ministère, département de la Justice Magique.
— Une louable ambition, commenta Luna avec un sourire qui se voulait avenant.
La jeune fille lui renvoya un air contrit, et elle se demanda pourquoi donc elle lui semblait si hostile. Était-ce simplement à cause de cette histoire de chaises moussues ?
— Niall Mac Alastair, se présenta leur ami. Je suis à Serdaigle, et de mon côté, j'aimerais devenir Médicomage.
Luna hocha respectueusement la tête. Il parut plus réceptif que sa camarade. L'estomac noué, la jeune professeure reporta son regard sur l'élève suivante.
— Pandora Smeets, je suis à Serdaigle. J'ai aussi pour projet de faire des études de Médicomagie.
Elle sourit à son voisin, et ils enlacèrent leurs bras en échangeant un regard entendu. Luna fronça les sourcils, prise d'un doute, mais s'abstint de tout commentaire. La présentation de sa mère était sommaire, et ne correspondait pas vraiment à la femme qu'elle avait connue. Si elle avait toujours aimé prendre soin des autres, elle se revendiquait comme une aventurière – et sa fille ne l'imaginait pas enfermée entre les murs blancs de Sainte Mangouste.
Elle reporta son attention sur la présentation des deux derniers jeunes, puis se fut à son tour de prendre la parole.
— Très bien, parfait, je suis enchantée de faire votre connaissance. Comme le professeur Dumbledore vous l'a dit lors du banquet de rentrée, je suis Miss Likewell, et je me chargerai des cours de Soins aux Créatures Magiques le temps de la convalescence du professeur Brûlopot.
— Savez-vous quand il reviendra ? demanda avidement Iphigenia.
— Aucune date ne m'a encore été donnée, mais vous serez bien sûr tenus informés dès que nous en saurons plus à ce propos.
Iphigenia se renfonça contre le dossier de sa chaise, et croisa les bras sur sa poitrine. Luna grimaça, un goût amer en bouche, mais poursuivit sans faire cas de l'interruption.
— Je ne sais pas exactement ce que vous deviez étudier en premier lieu pour ce cours, votre enseignant ne pas m'a pas fait parvenir son programme. J'ai donc décidé de piocher dans le contenu des évaluations des ASPIC, et pour commencer, je me suis dit que nous pourrions faire une petite révision sur les Sombrals. Qu'en dites-vous ?
Sa question enjouée ne suscita pas tout l'engouement qu'elle avait espéré. La plupart des jeunes face à elle se contentèrent d'acquiescer poliment. Évidemment, se dit-elle, elle ne pouvait pas exiger d'eux le même enthousiasme innocent que celui des élèves de troisième année. Surtout sur un programme de révision. Elle ne s'en formalisa pas, mais un nouveau commentaire d'Iphigenia lui parvint alors qu'ils ouvraient leurs livres à la page qu'elle leur indiquait.
— Les Sombrals, génial. On n'aurait pas pu trouver plus morbide pour commencer l'année.
— Arrête de râler, Iphi, l'enjoignit Niall. Je ne sais pas de quel pied tu t'es levée ce matin, mais…
— Ne commence pas à me faire la morale, je ne suis pas d'humeur !
— Calmons-nous tous, intervint Pandora d'une voix calme. Laisse donc sa chance à Miss Likewell, elle m'a l'air au moins aussi passionnée que Brûlopot.
Iphigenia grogna quelque chose mais ne contredit pas son amie. Luna remercia silencieusement Pandora pour ses mots rassurants. Elle sentit son cœur s'alléger, comme si on lui retirait un poids de la poitrine. Ce cours n'était peut-être pas si mal parti, après tout.
Ses élèves suivirent patiemment ses instructions, recopiant diverses informations retrouvées dans leurs manuels, d'autres rapatriées depuis le fond de leur mémoire. Depuis sa place au centre de la petite assemblée, Luna ne pouvait empêcher son regard de glisser inexorablement du côté des jeunes de Serdaigle. Depuis le banquet de rentrée, elle avait presque réussi à faire fi de ses pensées troublantes, presque réussi à vivre dans le moment présent, comme elle l'avait fait toute sa vie durant. Mais être si proche de sa mère – de Pandora – la troublait de nouveau, et elle analysait chaque phrase, chaque mot, chaque regard, chaque souffle, comme s'ils avaient pu lui donner la signification de l'ordre de l'univers.
Rien de ce qu'elle ne voyait, pourtant, ne lui paraissait avoir le moindre sens, au-delà du fait que la jeune fille fut une élève studieuse, appliquée, et soucieuse d'aider ses camarades. Elle chuchotait quelques mots à Niall et Iphigenia, comparait leurs notes, reportait son attention sur son parchemin. Rien d'inhabituel, rien de singulier. Elle était d'une banalité qui, au fond d'elle, révoltait presque Luna.
Bertie Glamer l'interpella pour lui poser une question, et arracha sa professeure de ses divagations. Il fallait qu'elle se recentre. Ils étaient en plein cours, elle ne devait pas se laisser aller ainsi ; pas dès sa première semaine de classe.
Une fois la moitié du cours passée, Luna leur annonça qu'ils passaient à la pratique. Elle s'était arrangée, par l'intermédiaire de quelques chouettes dociles de la volière, pour que Hagrid lui ramène trois spécimens qui vivaient dans la Forêt Interdite. Par chance – si elle pouvait se permettre de formuler les choses ainsi – leurs flans décharnés portaient quelques égratignures. Elle chargea donc ses élèves, sous sa supervision, de nourrir les bêtes pour obtenir leur confiance, puis de soigner leurs plaies.
Tout ne se passa pas aussi bien qu'elle l'avait imaginé. La plus grande difficulté résidait dans le fait que ses élèves, pour la majorité, ne pouvaient pas voir leur sujet d'étude. Seuls la timide Janet O'Conor et l'audacieuse Cassiopeia Flint les apercevait. Cet étrange point commun avait rassemblé les deux filles, pourtant aux antipodes l'une de l'autre, et elles formaient une belle équipe. Le reste de la classe, en revanche, ne se débrouillait pas si bien.
John Fergusson, la tête brûlé de Gryffondor, évita de justesse une profonde entaille au bras. Il leur fallu de longues minutes pour rassurer le Sombral qu'il avait approché un peu trop rapidement. Belladora Baggles, une minuscule Poufsouffle aux cheveux drus, en fut si effrayée qu'elle se mit tout simplement à l'écart, refusant de poursuivre l'exercice. Luna n'insista pas, se concentrant sur les groupes restants.
Les Poufsouffle et le Gryffondor s'étaient rassemblés autour de l'équidé affolé, et avançaient doucement, à tâtons. Ils étaient sur la bonne voie. Pour la première fois depuis le début de l'exercice, Luna se retourna donc en direction des Serdaigle, qu'elle n'avait pas entendus.
Iphigenia était défigurée par un mélange d'horreur et d'angoisse. Niall affichait une expression neutre, mais avait pâli de plusieurs tons. Pandora, en revanche, caressait de ses mains la tête de l'animal. Ses yeux regardaient dans le vide avec une douceur touchante. Pour la première fois depuis qu'elle l'avait aperçu lors du banquet, Luna retrouva en elle cette bienveillance qu'elle avait toujours admirée.
— Tout se passe bien par ici ? demanda-t-elle en s'approchant du groupuscule.
— Compliqué de s'occuper de bêtes qu'on ne voit pas, commenta sarcastiquement Iphigenia.
— J'ai pourtant l'impression que vous vous en sortez plutôt bien.
— C'est si étrange, de parvenir à le toucher, murmura Pandora. Je ne le vois pas, mais c'est comme si… Je parviens à le sentir. Pas juste sa peau, sa forme physique, mais… Ses émotions, aussi. Je ne sais comment l'expliquer.
— Quand les Sombrals se sentent en confiance, ils créent ce lien particulier, pour permettre de signaler leur présence à ceux qui les recherche. C'est une connexion difficile à tisser, mais puissante. Toutes mes félicitations, miss Smeets.
Le nom lui brûla les lèvres. Les battements du cœur de Luna s'étaient brusquement accélérés, et le sang lui montait à la tête. Elle avait envie de la serrer dans ses bras. La jeune fille se tourna vers elle, affichant un large sourire.
— Merci, professeur.
— Tu as un don, ajouta précipitamment Luna.
— Oh, je ne sais pas. Ne me flattez pas trop, je risquerais de me reposer sur mes lauriers !
Elle se retint de rire, de peur d'effrayer la créature, et Luna fut profondément touchée par cette attention. Elle les abandonna à contrecœur pour retourner sauver l'inconscient Fergusson d'un coup de museau.
Lorsque vint l'heure de se séparer, le bilan fut positif. Ses élèves paraissaient encore secoués, mais plutôt satisfaits. À cet âge, se rappela-t-elle avec nostalgie, les jeunes sorciers aimaient qu'on ne les considère plus vraiment comme des enfants.
— C'était très intéressant, professeur.
— Et la partie pratique, terrifiante ! Mais dans le bon sens du terme, affirma Fergusson, sans qu'elle ne sache vraiment ce que le bon sens du terme signifiait.
— Vous m'en voyez ravie, assura Luna. Pour préparer nos prochains cours, j'aimerais que vous revoyiez tout ce que vous avez appris à propos des centaures.
— Il y aura une partie pratique comme aujourd'hui ? s'enquit le Gryffondor, des étoiles dans les yeux.
— Cela se pourrait.
— Des centaures ? Vous n'y pensez pas, professeur !
La voix indignée d'Iphigenia coupa court à la discussion animée. Luna sentit son cœur se pincer, alors qu'elle rassemblait toute la patience qu'il lui restait à l'égard de la jeune fille, qui l'avait prise en grippe sans qu'elle ne sache pourquoi.
— Ils détestent les sorciers, ajouta-t-elle. Ce serait inconscient.
— Jamais je ne vous mettrai en danger, il est de mon devoir de…
— Rencontrer des centaures nous mettra forcément en danger.
— Ils sont tout aussi doué de pensée que nous, et ils raisonnent avec…
Un murmure d'indignation montait dans les rangs face à elle, et elle leva la main pour leur demander le silence.
— Votons donc, et je m'en remettrai à la majorité. Qui préfère s'abstenir de cette rencontre ?
Iphigenia leva la main sans la moindre hésitation, le visage cramoisi. Deux élèves de Poufsouffle firent de même, et les deux autres suivirent. Fergusson croisa ses bras sur sa poitrine, en signe de sa désapprobation profonde. Enfin, comble du désespoir aux yeux de Luna, Pandora leva une main chétive et hésitante, imitée une demi-seconde plus tard par Niall. Cassiopeia Flint se contenta d'hausser les épaules.
— Très bien. Dans ce cas, concéda-t-elle, nous nous contenterons de la théorie. J'attends tout de même que vous soyez préparés pour le cours, car il sera dense.
Ce fut d'un ton déconfit qu'elle finit par les congédier. John Fergusson partit le dernier, lui affirmant qu'il la soutenait malgré la couardise de ses camarades.
Quelque peu abattue, elle suivit leurs silhouettes qui s'éloignaient en direction du château. Elle s'était doutée qu'elle ne ferait pas l'unanimité – cela n'avait jamais été le cas. Mais être prise en grippe si rapidement par une des meilleures amies de sa mère était un coup dur pour son moral. Pour enfoncer davantage le clou, voir sa mère renoncer à l'opportunité de rencontrer une créature magique, alors qu'elle n'aurait peut-être jamais d'autre occasion qui se présenterait au cours de sa vie, était à ses yeux un sacrilège. Cette Pandora n'était pas la femme qu'elle avait connue. Elle tenta de justifier ce constat. Elle n'avait encore que dix-sept ans, après tout, et aurait tout le loisir d'évoluer à ce propos. Elle chérissait toujours une ambition de Magicomage. Sûrement changerait-elle au contact de son père.
Alors que cette pensée effleurait son esprit, le destin parut vouloir porter le coup de grâce. Juste avant que le trio ne sorte de son champ de vision, elle aperçut clairement Niall et Pandora s'embrasser. Le souffle coupé, elle se laissa tomber sur un de ses sièges improvisés, alors que deux points noirs dansaient devant ses yeux.
Pandora Smeets ne tenait rien de sa mère. Comment pourrait-elle lui apporter les réponses aux questions qu'elle désirait lui poser ?
La tête douloureuse, elle laissa tomber sa tête entre ses mains. Pourquoi diable son enchantement l'avait-il envoyée ici ?
Restez chez vous et prenez soin de vous !
N'hésitez pas à me laissez une petite review : cela vous occupera quelques minutes de plus pour troubler l'ennui et me fera super plaisir !
