Chapitre 4 :Tu comptes bien lui dire un jour ?

Trois semaines plus tard, Gabriel Agreste qui avait à faire à proximité du domicile de son fils, vint le voir. Le père et le fils s'était sans doute vue plus de fois ces derniers mois, qu'en trois ans. La dernière fois il avait peu conversé avec son fils qui s'était montré pour une fois peu loquace et Gabriel aurait même dit que celui-ci avait été d'une humeur sombre pour une raison qui lui échappait. M. Agreste espérait donc que son fils soit de meilleure humeur que la dernière fois. Il eut très vite la réponse lorsqu' un Adrien en pyjama lui ouvrit avec des yeux tombant et un air qui tenait plus du zombie que d'un jeune homme de 22 ans en pleine santé. Ce qu'il ignorait c'est que Marinette ne lui parlait plus depuis la dernière fois et qu'elle refusait même de prendre ses appels. Au bout du 7 ème c'était même Alya qui lui avait répondu et qui l'avait tellement engueulé que même Lucifer, à sa place serait parti se cacher dans un trou pour l'éternité. Il n'avait donc plus osé appelé sa copine depuis et obtenait des bribes d'information sur son état par le biais de Nino.

Ce que Gabriel savait par contre c'est qu'il était 18 heure, et que son fils était en pyjama, cela ne lui ressemblait pas.

-Ah excuse moi, je n'ai pas vu l'heure. Dit Adrien las en laissant son père entrer. Je vais aller me laver.

Sur ses entrefaites, Adrien délaissa son père pour aller dans sa salle de bain. Gabriel était de mauvaise humeur, son fils se laissait complètement aller pour une raison inconnue et le laissait poireauter tout seul dans le salon d'une taille ridicule. Il n'aurait pas dû le faire mais il s'ennuyait et il était curieux. Il se dirigea donc vers la chambre du colocataire d'Adrien et jeta un coup d'œil au carnet de croquis sur le bureau. Il fût agréablement surpris par les dessins de vêtement qu'il avait sous les yeux et qui aurait tout à fait leur place dans ses défilés. Ce Nino avait vraiment un don. Il déchanta rapidement vers les dernières pages. Des vêtements de bébé. Des dizaines et des dizaines de croquis de vêtement de bébé. Le jeune homme avait le talent pour travailler dans les plus prestigieuses des maisons de couture et il perdait son temps à faire des vêtements pour nourrissons qu'on trouverait dans n'importe quel supermarché. Là, Gabriel voyait rouge. Si Nino avait été son fils il lui aurait dit le fond de sa pensée. C'est à cet instant qu'Adrien sortit de la salle de bain. Gabriel, énervé prit congé de son fils sans finalement lui avoir parlé. Adrien regardait son père partir en se demandant quelle mouche l'avait piqué. Ce qu'Adrien n'avait pas remarquer, c'était le carnet à la couverture de cuir qui était sur la table basse.

Plus tard dans la soirée une autre personne rentra dans l'appartement cette fois sans que le propriétaire soit au courant. Marinette ferma la porte doucement, pour ne pas réveiller Adrien, elle n'avait pas envie de régler ses comptes avec lui ce soir mais elle savait que la dispute serait inévitable demain. Pour l'instant elle avait juste besoin d'une bonne nuit dans son lit.

Le lendemain

Le jeune couple en pyjama étaient effectivement entrain de se disputer de bonne heure, au grand dam des voisins. Adrien avait été très content de voir que sa compagne était de retour, mais il avait à peine eu le temps de la saluer qu'elle lui avait jetée ses griefs à la figure. Entre autre, sa lâcheté, son incapacité à affronter son père ainsi que le fait qu'il ne prenait pas suffisamment ses responsabilités au goût de Marinette.

-Si je ne te connaissait pas Adrien je dirais que tu as honte de moi ! Hurla t-elle. Il voulu la rassurer mais elle enchaîna :

-Je ne te connaissais pas aussi lâche. Ça fait des mois que tu dois parler à ton père et tu ne l'as toujours pas fait ! Rassure moi tu comptes lui dire un de ses jour ou tu continues de lui mentir et de cacher le fait que t'as une copine et un enfant ?!

S'il était honnête Adrien avouerait qu'il y avait déjà songé, certes l'espace de trois secondes mais il l'avait sérieusement envisagé tout de même.

Alors qu'il allait lui dire qu'elle avait tort, il vit avec horreur la porte s'ouvrir, révélant son père.

-Excuse moi de te déranger Adrien, mais j'ai oublié mon...carnet.

Gabriel était revenu le lendemain matin pour récupérer son carnet de croquis qu'il avait oublié la veille. Mais en entrant chez son fils, il ne s'était pas attendu à voir cette scène : Son fils de nouveau en pyjama (cette fois on est le matin c'est déjà plus logique), qui faisait face à son amie enceinte de la dernière fois, elle aussi en pyjama.

Adrien était sur le point d'expliquer la situation à son père, ou de lui sortir un autre bobard à vous de voir, mais il n'en eut pas besoin car Gabriel était en train de comprendre tout seul, et si Adrien se fiait au regard de son père qui allait rétrospectivement du ventre de Marinette, à sa tenue, à sa chambre et en particulier à son carnet, pour revenir sur son ventre pour finir sur Adrien. Dans le cerveau de Gabriel Agreste voici la réflexion qui était entrain de se faire. Amie d'Adrien chez lui, en pyjama voulait dire qu'elle habitait probablement ici. Soupçon confirmé par la couleur de la chambre du fond, la présence cette fois-ci d'habit féminin donc chambre de fille et par extension pas celle de Nino donc. Ce qui soulevait la réflexion suivante que le métisse n'avait jamais habité ici. La présence de croquis de vêtement de bébé dans le carnet qui était dans la dite chambre alors que l'amie de son fils était enceinte faisait passer Marinette de suspect potentiel à coupable. Si l'on additionnait le fait qu'Adrien était en colocation avec cette Marinette depuis le début et que celle-ci était dorénavant enceinte, ont obtenait le résultat que son fils était le futur père de ce bébé. Élémentaire mon cher Watson. En moins de deux minutes Gabriel avait appris que :

-1) son fils était en colocation avec une fille depuis plusieurs années,

-2) que son fils lui mentait depuis longtemps,

-3) que son fils avait une copine qui se trouvait être la dite colocataire,

-4) que son fils allait être père,

-5) et que dans l'ordre logique des choses, il serait bientôt grand-père.

Adrien s'attendait à l'avoinée de l'année. Son père n'en fit rien, il se contenta de jeter un regard dur à son fils, de prendre violemment son carnet et de refermer la porte de l'appartement tout aussi violemment.