Disclaimer: L'histoire
Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling
Les premiers chapitres vont être probablement moins intéressants que le reste de l'histoire puisqu'ils vont couvrir la période de l'enfance d'Harry jusqu'au Tournoi des Trois Sorciers...
Mais ne vous arrêtez pas à ces chapitres qui permettent de mettre en place l'histoire et allez un peu plus loin, vous ne le regretterez pas.
Chapitre 1: L'abandon
[1981, FRANCE]
Lily Potter était une bonne personne. Elle le savait du plus profond de son être. Du haut de ses 21 ans, elle avait tout pour être heureuse. Elle avait épousé l'homme de ses rêves, avait le travail de ses rêves et la famille de rêve. Sa vie en tout point était parfaite.
Et heureuse oui elle l'était, autant que possible. Parfois elle avait l'impression que quelque chose lui manquait, mais elle chassait bien vite ce sentiment.
Son regard était perdu dans le paysage qu'elle pouvait voir à travers la vitre malgré la pluie qui s'abattait telle une tempête. Un sourire traversa son visage maussade en voyant son mari en compagnie de ses deux autres meilleurs amis faire les fous sous la pluie, comme si de rien était. Ils allaient être malade, elle les avait prévenu. Mais dans le fond, elle savait que James avait besoin de ce moment d'égarement après les mois qui venaient de passer et ceux qui allaient suivre.
James et elle était les heureux parents de deux jumeaux qui faisaient leur fierté surtout le plus jeune, Caïn. En effet, ce dernier avait anéanti le Seigneur des Ténèbres qui faisait régner la terreur dans toute l'Angleterre. Enfin, anéanti était un bien grand mot puisque Albus Dumbledore leur avait expliqué le soir même de l'évènement que le mage noir finirait par revenir. Tout avait été mis sur table et elle savait que Caïn devrait être entrainé pour faire face à Voldemort. Mais pour le moment, c'était juste un bambin d'à peine huit mois. Le poids du monde sorcier reposait déjà sur ses faibles épaules.
Elle était si fière. Elle Lily, la moins que rien, la Née de Moldue qui avait réussi à mettre le grappin sur un des sorcier Sang-Pur les plus en vue de sa génération. Et maintenant, son fils, le leur, avait sauvé le monde sorcier. A chacune de leurs sorties, ils fendaient la foule tels des dieux et étaient adulés de tous les sorciers. Après tout, leur fils les avait tous sauvés. Ils le méritaient. Mais un problème subsistait dans ce tableau parfait.
Harry. L'autre comme il se faisait souvent appelé par les sorciers. Leur fils ainé commençait déjà à tomber dans l'oubli, non seulement dans l'esprit de ses parents, mais aussi des sorciers anglais. Ils l'avaient déjà oublié quelques fois dans un magasin ou dans sa chambre pendant plusieurs heures et Lily s'inquiétait de ses oublis. Ce n'est pas comme si le garçon était particulièrement discret ou calme. C'est juste que une fois que Caïn était dans la pièce, il était si simple d'oublier le petit Harry si banal face à son frère exceptionnel. Et ces instants d'inattention pourraient atteindre sa sécurité un jour, ils le savaient tous. Les mangemorts existaient toujours, terrés dans l'ombre près à attaquer pour poursuivre l'oeuvre de leur maître.
Les deux enfants avaient un noyau magique plutôt semblable, plus puissant que la moyenne certe, mais rien ne les différenciaient vraiment. Personne ne savait vraiment pourquoi c'était Caïn qui avait été désigné par la prophétie mais c'était arrivé. La cicatrice en forme de coeur sur son front prouvait sans l'ombre d'un doute qu'il était l'Elu. Celle en forme d'éclair que possédait Harry pouvait faire douter mais Dumbledore avait conclu qu'il s'agissait probablement de la répercussion du sort qui avait atteint son frère.
Son regard quitta le paysage et se posa sur les deux enfants qui dormaient actuellement. Elle avait craint que la pluie ne les réveille mais les deux bébés dormaient à poings fermés. Si leur semaine de vacances dans le sud de la France avait été plutôt ensoleillé, le dernier jour n'était que ciel gris et humidité. Ils avaient bien besoin de ces vacances néanmoins, pour échapper à la pression médiatique et résoudre un problème. Un bruit de porte qui claque la fit sortir de ses pensées. Les trois hommes étaient rentrés. Il était temps.
Elle avait envie de réveiller Harry pour voir ses yeux si semblables aux siens une dernière fois. Si les deux jumeaux se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, Canis avait hérité du regard noisette et chalereux de son père et Harry de celui ensorcelant de sa mère. Le gris et le vert se mélangeaient avec harmonie dans ses yeux si spéciaux.
Elle caressa la joue du plus âgé.
- Lily...
Elle leva la tête pour voir son mari.
- Nous devons y aller, continua-t-il.
Il évitait de regarder Harry mais Lily était assez intelligente pour savoir qu'il était au moins aussi mal qu'elle. C'était difficile. Mais cela le serait encore plus pour James.
Elle prit Caïn dans ses bras et sortit de la pièce, mais avant de descendre elle embrassa sur la joue son mari. Un objet brilla dans sa main.
- On t'attend en bas, dit-elle.
Elle rejoignit alors Remus et Sirius qui la regardaient avec un mélange de pitié et d'incompréhension. S'ils acceptaient leur décision, ils étaient loin de la comprendre.
Ils restèrent ainsi, en silence chacun considérant la décision, se demandant s'ils devaient changer d'avis. Mais au fond, chacun savait qu'ils ne changeraient pas. Albus Dumbledore, le grand leader de la lumière avait approuvé cette décision. Alors ils s'exécuteraient.
Enfin James Potter arriva dans l'entrée, seul. Ses yeux rouges ne trompaient personne et le faible sourire qu'il afficha ne les rassura pas.
- On peut y aller, dit néanmoins le Maraudeur d'une voix ferme.
Un dernier regard en arrière, vers l'étage supérieur. Un regard qu'ils lancèrent tous conjointement.
Puis ils transplanèrent simultanément, laissant le petit Harry dans la chambre à l'étage. Abandonné par sa famille sans qu'il ne le sache.
Mais au bout de seulement quelques minutes, il disparut lui-même de sa chambre sans en avoir conscience, le pendantif en or qu'il portait au cou s'illuminant, le Portauloin s'étant activé.
Et il atterrit devant la porte d'un orphelinat parisien sorcier.
L'idée de James et Lily Potter étaient plutôt bonnes. En laissant leur fils dans un orphelinat français, personne ne viendrait le chercher et ils pourraient récupérer Harry dans quelques années, quand les choses se seront calmés. La plupart des gens n'adoptaient pas les enfants dans les orphelinats et ils suffiraient de verser des dons à l'orphelinat pour s'assurer que personne n'adopterait cet orphelin précisément. Pourtant, dans leur plan parfait il y avait une faille.
La faille dans ce plan était si simple qu'ils auraient dû s'en rendre compte. Harry était apparu devant le portail de l'orphelinat et non dans l'orphelinat. Il aurait pu s'écouler des heures avant que quelqu'un ne le conduise à l'intérieur et si la température était douce dans le sud, la capitale française était soumise aux mêmes intempéries que l'Angleterre. Le petit aurait pu mourir de froid avant cela et Merlin sait que sa magie ne l'aurait pas sauver.
Mais heureusement pour lui, un couple qui s'était perdu dans les rues parisiennes passa devant l'orphelinat. Et son destin prit alors un virage des plus innattendus.
Sebastien Delacour était un homme ambitieux et sûr de lui qui savait ce qu'il voulait et n'acceptait pas le mot "non" pour réponse. Il se contentait du meilleur et de rien de moins. C'est pourquoi il visait le poste de Ministre de la magie dans une dizaine d'années, c'est pourquoi il avait réussi à épouser sa femme, la fameuse Apolline Dubois qui faisait tourner les têtes depuis leur première année à l'Académie de Sorcellerie de Beauxbâtons. Il était obsédé par elle depuis qu'elle avait pris place à ses côtés dans leur classe de sorcellerie. Le sang de Vélane qui coulait dans ses veines expliquait aussi bien sa beauté que son mauvais caractère. Si elle n'était qu'à moitié Vélane, elle en possédait bien des attributs déjà à 10 ans.
Mais le fait qu'il ne soit pas affecté par son charme de Vélane avait probablement aidé la jeune femme à le considérer. Et dix ans après leur rencontre, ils avaient pu se marier enfin. Ils étaient les heureux parents de deux petites filles, la première ayant 4 ans tandis que la seconde s'avancait vers ses un an. Cependant, au grand dam du politicien, l'accouchement de Gabrielle s'était mal passé et son épouse se trouvait maintenant stérile. Lui qui rêvait d'une grande famille et d'un héritier masculin avait pu ranger ses rêves au placard. Qu'il le veuille ou non, le nom Delacour allait s'éteindre.
Ils se baladaient tous les deux dans Paris, en attendant leur dernier rendez-vous de la journée puis il pourrait enfin rentrer chez eux pour retrouver leurs filles qui étaient source de bonheur pour le couple. Alors qu'ils passaient dans une rue mal éclairée et plutôt mal famée, un bruit les fit tilté. On aurait dit des pleurs. Plus ils avançaient, plus le bruit se faisait persistant.
Ils échangèrent un long regard en voyant un landau avec un enfant en son centre. Apolline se précipita pour recueillir l'enfant et s'empressa de lui lancer un sort afin de le réchauffer alors que Sébastien était figé.
L'enfant n'était guère plus âgé que Gabrielle, il n'en revenait pas qu'on puisse condamner à un tel sort un si petit être.
Puis il sentit quelque chose qui le fit froncer des sourcils.
- Apolline, dit-il doucement.
- Nous devons le conduire à l'intérieur de cet orphelinat il est frigorifié.
- Apolline, répéta son mari.
La jeune Vélane leva enfin les yeux vers lui.
- Il est magique, finit par lâcher l'homme en crachant presque ces mots.
La femme manqua de faire tomber l'enfant à l'entente de ces mots.
- Tu es sûr de toi?
- Je peux le sentir, dit l'homme.
L'horreur se peignit sur leur visage, dans un masque mortuaire. Il ne faisait aucun doute que l'enfant était probablement issu d'une famille de sorcier. Il était impossible pour un enfant d'effectuer de la magie aussi jeune, les parents n'auraient pas pu être effrayé par son pouvoir. Pourtant, c'était tellement contre nature qu'ils avaient du mal à assimiler ce qu'il se passait. Les sorciers n'abandonnaient pas leurs enfants, encore moins à des Moldus. Et pourtant, ils l'avaient fait.
- On l'emmène avec nous, dit d'un ton décidé sa femme.
Sébastien ne put que hocher la tête et alors qu'il appelait son elfe de maison Pety pour annuler les rendez-vous de la journée, sa femme contemplait le petit. Des cheveux d'un noir de jais et des yeux d'un gris/vert intense la regardait avec intelligence on aurait dit. L'enfant avait arrêté de pleurer aussitôt qu'elle l'avait soulevé. Un pendentif en or ornait son cou. Il était simple et sans fioriture, avec une sorte de dent de requin au bout qui elle aussi était recouverte d'or. La jeune femme combattit l'envie qui la prenait de lui arracher ce collier. Qui que soit ces parents, ils étaient cruels au point de l'abandonner mais de lui laisser un souvenir, pour le faire espérer en vain.
Quelques instants plus tard, le couple français transplana dans leur demeure familiale qui s'apparentait plus à un château pour certain qu'autre chose.
Ils déposèrent le petit dans le canapé et s'installèrent non loin pour garder un œil sur lui.
- Que devrions nous faire d'après toi Apolline, chuchota l'homme.
- Adoptons-le, s'exclame la femme d'un ton passionné. Toi qui à toujours rêvé d'avoir un héritier et plus d'enfants, c'est notre chance! Personne ne saura, personne ne nous a vu. Ce sera un secret de famille. Nous le présenterons comme le jumeau de Gabrielle.
Si leur fille aîné Fleur avait été déjà présenté à tous, Gabrielle était encore secrète et n'existait pas aux yeux de tous. Avec la guerre qui faisait rage en Angleterre et qui menaçait leur pays à tout moment, il avait décidé qu'il était préférable d'attendre que les choses se calment. Et ils prévoyaient de le faire pour les un an de leur fille qui aurait lieu dans seulement deux petits mois en juin. Pourtant le français hésitait. Fleur n'avait pas d'amis puisqu'elle ne commencerait l'école que dans deux ans et ne sortait pas encore à l'extérieur.
- Ca ne marche pas comme ça mon amour, soupira l'homme.
Bien qu'il n'avait qu'une vingtaine d'années, il semblait déjà éprouvé et fatigué par la vie.
- Bien sûr que si nous pouvons.
- Non nous ne pouvons pas. Le sang des Delacour ne coule pas dans ses veines. Même si on le voulait il ne pourrait pas hériter. Et regarde le! Il ne nous ressemble pas le moins du monde. Impossible de tromper les gens.
- Je ne te parle pas d'une adoption moldue, dit froidement Apolline.
- Tu-
- Oui.
- Les rituels de sangs sont dangereux et contrôlés. Il pourrait ne pas survivre, dit l'adulte.
- Il pourrait effectivement. Mais si je ne l'ai pas senti au début, je la sens maintenant. Sa magie. Elle est puissante. Bien plus que celle des filles.
Sébastien hocha la tête incertain.
- Le plus important c'est de savoir si tu le veux Sébastien. Le veux tu vraiment?
Elle plongea son regard d'un vert herbe dans les siens, bleus perçant. Il craint pendant un instant qu'elle ne lui envoie son pouvoir de Vélane en pleine face mais il se sentit coupable à la minute où la pensée traversa son esprit. Jamais elle ne lui ferait de pareil affront.
Il réfléchit. Sébastien avait toujours rêvé d'avoir un fils, qui lui ressemblerait, qui serait son reflet. Savoir s'il le voulait était une bien sombre question. Bien sûr qu'il le voulait. Mais c'était cruel. Il se disait qu'il ne devait pas faire placer ses envies avant le Bien.
- Cet enfant a des parents. Il a un destin autre que celui que nous lui offrons. Peut-être que ses parents vont revenir le chercher et regretter leur décision.
- Tu veux vraiment le laisser à une famille qui l'a abandonné dans un premier lieu. Ou pire, le laisser s'éteindre dans cet orphelinat miteux?
Sébastien soupira en fourrageant des dix doigts dans ses cheveux. Il croise le regard de l'enfant qui le contemplait. Quelque chose, dans l'apparence innocente de l'enfant le fit chavirer.
- Faisons-le, dit-il soudainement.
- Vraiment?
- Vraiment.
Tout fut mis en place en quelques secondes, tandis que Sébastien allait chercher un livre sur les rituels, Apolline préparait l'enfant.
- J'ai une question, qu'est-ce que va exactement changer le rituel chez lui? demanda la Vélane en le voyant revenir.
- Eh bien tout d'abord son apparence. Il nous ressemblera comme si nous l'avions fait. Il partagera notre sang. Mais le sang de sa famille d'origine ne disparaîtra jamais vraiment, c'est comme si le notre le dissimulait et le rendait indétectable. Ce sera un Delacour pur. Son noyau magique n'en sera pas affecté mais seulement renforcé puisqu'il recevra la magie provenant d'une autre famille.
- Comment doit-on procéder, questionna sa femme.
- Prélève d'abord son sang.
- Pour? Elle haussa un sourcil interrogateur mais obéit néanmoins. Elle coupa délicatement à l'aide d'un couteau la paume de l'enfant et versa le sang dans un réceptacle.
- Pour qu'on puisse retrouver son ancienne famille.
Un sourire carnassier déforma ses traits.
*
L'enfant le contemplait avec un air familier. Il n'y avait pas de grand changement visible mais après tout, ce n'était qu'un bébé. Il avait désormais des cheveux couleur miel et son regard vert s'était éclairci, bien qu'il soit différend de celui de sa femme. Il était similaire à s'y méprendre à celui du sortilège de mort. Des petites tâches de rousseurs couvrait son nez et il aurait juré que l'enfant avait grandi.
Le rituel avait été épuisants pour eux deux et ils se retrouvaient fatigués magiquement parlant.
- Comment devrions-nous l'appeler, demanda sa femme.
- J'aime bien le prénom Bayard, sourit l'homme.
- Tu rigoles j'espère, renifla dédaigneusement la mi-Vélane. Pour ma part j'ai toujours rêvé d'appeler mon fils Raphaël, tel l'ange de la guérison.
- Que penses-tu de Raphaël Bayard Delacour?
- J'adore, sourit Apolline.
- Maman, papa, dit une petite voix à l'entrée de la pièce.
Fleur les regardait avec hésitation.
- Viens, nous allons te présenter ton frère, sourit Sébastien.
Ce jour là, Harry James Potter pleura pour la dernière fois de sa vie.
