DISCLAIMER: L'histoire appartient à JK Rowling.
Ce chapitre permet de répondre à quelques questions que vous vous êtes posés suite aux derniers chapitres je l'espère!
Je voudrais juste clarifier quelques petites choses aussi: Cette fanfiction reprend l'idée bien connu du jumeau du Survivant. Mais cette histoire sera bien plus que ça: Harry est destiné à de plus grande chose que tuer Voldemort au final. Ce sera plus un Harry neutre dans cette histoire qui suit son propre chemin et ne se laisse pas dicter sa conduite.
J'ai voulu faire quelque chose d'un peu différent du 'les Potter sont le diable réincarné ils ne méritent rien de plus que la mort par pendaison' et c'est pourquoi j'ai donné leur point de vue dans le chapitre 1, bien que leurs raisons seront plus explicites plus l'histoire avancera et que leur comportement n'est pas excusable.
Aussi je ne pense pas tourner Dumbledore en diable incarné meme si je ne l'aime vraiment pas mais il ne jouera pas le beau rôle dans cette histoire c'est sûr.
Enfin les petits anglais nous les retrouveront dans quelques chapitres plutôt avec un bon dans le futur...Neville ne sera pas réduit à un petit maladroit je vous le promets!
Bonne lecture et n'hésitez pas à laissez une petite review, ça fait toujours plaisir!
Chapitre 3: Innocence illusoire
[1990, somewhere in FRANCE]
Gabrielle était plus que nerveuse en ce début d'année scolaire. En effet, contrairement aux deux autres grandes écoles de magie européenne, l'Académie ouvrait ses portes aux premières années dès leur 10 ans. Ainsi, elle était si excitée de commencer le vrai apprentissage de la magie, sans baguette bridée ou quoi pou limiter et contrôler sa magie d'enfant, instable à l'époque.
Mais son jumeau était rentré finalement il y a presque trois mois, sous leurs yeux ébahis. Le jour de leur anniversaire, il s'était pointé à la porte de la demeure familiale, comme si de rien était, comme s'il avait toujours été là. Comme s'il n'avait pas fugué et donné aucun signe de vie pendant trois ans.
Comme si ils ne leur avaient pas brisé le cœur. Elle se souvenait encore du jour où il était partie. D'habitude, ils dormaient ensemble presque toutes les nuits, surtout celles où elle allait mal mais depuis quelques temps il refusait de dormir avec elle. D'ailleurs, il rejetait pas mal sa famille durant cette période mais Daphné les avait rassurés en affirmant qu'il avait juste des difficultés en classe en ce moment et que ça lui minait le moral. Mais elle avait affirmé aussi que ça lui passerait quand il aurait réussi.
Et pourtant. Quelques jours plus tard à peine, Gabrielle s'était levé un matin pour aller réveiller son jumeau et sa chambre était vide. Tout était à sa place et pourtant. Il n'était pas dans ses draps, le lit n'était même pas défait. Comment savoir depuis combien de temps il avait disparu?
La théorie d'un enlèvement était impossible puisque les protections du château était relevé au maximum la nuit. Impossible pour quiconque d'y pénétrer ou dans sortir sans autorisation. Mais Raphaël avait réussi à déjouer les protections du château et à s'échapper. Seul Merlin savait depuis combien d'heures il était parti. Une angoisse avait alors habité sa famille adoptive nuit et jour. Ils avaient peur qu'il retourne vivre avec les Potter, peur qu'il lui soit arrivé quelque chose, peur qu'il en ait eu marre d'eux.
Le petit avait seulement 7 ans mais il avait réussi à briser sa famille. C'était difficile. On leur posait constamment des questions et des recherches avaient été organisées dans tout le pays pour le retrouver mais cela n'avait mené à rien. L'héritier des Delacour, l'une des familles les plus éminentes de France avait disparu et on ne pouvait rien y faire.
Alors les rires avaient stoppé de retentir dans le château de la famille. Tous sentiments positifs avaient quitté la demeure. Fleur était partie pour Beauxbâtons afin d'entamer son apprentissage et Neville et Daphné avait cessé de venir. Au bout de quelques mois, les deux familles anglaises étaient même reparties de l'autre côté de la Manche, souhaitant mettre derrière eux cette histoire douloureuse. Son père et sa mère s'étaient plongé dans leur travail et Gabrielle, laissée bien seule avec les elfes de maison se sentait tombée.
Et pourtant. Le jour où ils s'attendaient le moins à le voir revenir, Raphaël s'était détaché sur le montant de la porte. C'était le troisième anniversaire qu'il s'apprêtait à fêter sans lui. Et le dernier surtout sans qu'ils ne le sachent. Gabrielle avait un air maussade sur le visage et ce fut la première à le voir. Un sourire se dessina sur le visage de son frère alors que ses yeux s'écarquillaient.
C'était lui. C'était vraiment lui.
Il ne leur avait pas raconté sa fugue, ni même expliqué les raisons. Ses parents avaient compris. Ses sœurs un peu moins. Mais le principal était qu'il était de retour. Ils étaient tous heureux qu'il soit de retour et pensaient qu'ils allaient enfin pouvoir recommencer à être une famille. Tous avaient enfin pu relâcher leur souffle, bien qu'ils n'avaient même pas eu conscience d'être en apnée.
En l'observant du coin de l'œil, elle put remarquer encore de nouveaux changements. La plus caractéristique était la cicatrice qui barrait son sourcil gauche et remontait un peu sur son front. Ses cheveux étaient plus fouillis qu'avant, moins soigné. Ils étaient constamment ébouriffé et retombaient avec négligence sur son front. Ses tâches de rousseurs tendaient à disparaître et ne s'étalaient plus que sur ses pommettes et son nez ainsi qu'une partie de son front. Il avait grandi en taille et la dépassait de quelques centimètres.
Gabrielle aussi avait changé elle le savait mais pas comme lui. Ses cheveux avaient poussé et ses traits s'étaient durcis.
Le changement majeur chez le jeune garçon était sûrement le sourire qui barrait constamment son visage, comme si il était vraiment content d'être rentré. Mais ses yeux racontaient une autre histoire. Son sourire n'atteignait jamais ses yeux. Si il voulait vraiment rentrer, il lui aurait raconté pourquoi il était parti dans un premier temps. Qu'est-ce qu'il s'était passé pendant ces années? Où était-il allé? Qui avait-il rencontré? Trois ans c'est long. Ça change une personne. Peut-être qu'il n'était pas prêt tout simplement et qu'elle surréagissait. Il y avait eu beaucoup d'attentions sur lui. Les journaux du monde sorcier avait conté le retour du fils prodige des Delacour et ils avaient enchaîné les bals et réceptions pour célébrer son retour. La moitié des sorciers français nobles voulaient fiancer leurs filles à son frère. Mais elle ne voulait pas le perdre alors qu'elle venait de le retrouver.
Il lui jeta un regard en biais avec excitation. Il était probablement pressé à son instar. Beauxbâtons était caché aux cœurs des montagnes et pour passer ils avaient dû emprunter un tunnel, seulement visible pour les sorciers. Désormais, ils attendaient dans l'Observatoire qui était en réalité un amphithéâtre. Chaque étudiant de première année devait se placer sur la scène est rentrer dans une des trois cabines. Le Sondeur lui poserait alors plusieurs questions, afin de le répartir dans l'un des trois Ordres de l'école. Ces Ordres servent uniquement à répartir les élèves dans les différents Pavillons communément appelés dortoir.
- Nerveuse? demanda son frère
- Tu parles, ce n'est pas moi qui est perdu trois années pour rien!
Elle se souvenait bien qu'il était promis à un brillant avenir avant tout cela.
- Tu crois...
Elle écarquilla les yeux face à sa réponse. Allait-il lui parler de sa fugue?
- Comment ça?
Il avança dans la queue, dans l'attente de se faire répartir. Le bleu ciel de l'uniforme de l'académie lui allait à ravir.
- Madame Maxime a dit à Mère et Père que si mes résultats et capacités étaient toujours aussi exceptionnels que j'affichais un comportement exemplaire je pourrais sauter à nouveau des classes. Peut-être pas mon ancien niveau mais rien était impossible. Il faudrait juste que je valide mes Atouts majeurs et que j'obtienne des Grades Ors partout.
Il dit ça d'un ton si neutre qu'on aurait dit qu'il trouvait cela facile. Sa jumelle lui fit remarquer immédiatement.
- La magie c'est facile, répliqua Raphaël. Il suffit juste de savoir l'utiliser.
- Donc tu vas me dire qu'en partant trois ans tu as trouvé le temps de pratiquer?
Sa soeur était plus que perplexe. Gabrielle était aussi un peu désabusée et agacée ne pu s'empêcher de remarquer Raphaël.
- Ma magie m'a permit de survivre dehors, chuchota le blond pour que personne n'entende ses mots sauf sa soeur.
Elle écarquilla les yeux, mais sans lui laisser le temps de proférer un mot supplémentaire, il pénétra dans sa cabine. Quelques minutes plus tard, Gabrielle atterrissait dans l'Ordre Azur, Raphaël dans l'Ordre Carmin tandis qu'ils se savaient tous les deux séparés de leur soeur aînée qui était dans l'Ordre Anthracite. Fleur leur avait expliqué qu'il n'y avait pas de véritable compétition entre les Ordres ou même de vraies solidarités bien que les étudiants inter-Ordres s'entendaient relativement bien. Traditionnellement l'Ordre Azur comptaient les élèves les plus fauteurs de troubles et cancres. Ceux-ci n'en avaient en général cure de leurs études et cherchaient principalement à s'amuser. L'Ordre Carmin réunissaient les esprits les plus brillants bien souvent car les élèves étaient souvent des génies dans un domaine. Que ceux soit dans le Quidditch ou Médicomagie, la plupart avait une habilité puissante qu'ils exploitaient ou non. Enfin l'Ordre Anthracite réunissait les plus polyvalents. Ils n'accordaient pas une grande importance à leurs études et ne possédaient pas d'habilités supérieures, mais ils appréciaient le fruit d'un travail dument accompli.
Sans surprise cette Répartition ressemblait à leurs caractères. Quelques minutes plus tard, les premières années rejoignaient les autres classes dans le Grand Réfectoire. En ce repas de premier jour, les tables étaient plutôt petites et circulaires, chacun ayant la possibilité de retrouver leur cercle d'amis proches. Gabrielle et Raphaël se firent inviter à la table de Fleur et de ses amis. Ce fut une expérience étrange pour Raphaël car ils étaient ses amis il y a quelques années. Pourtant il ne partageait plus rien avec eux.
- Eh voilà le retour du petit prodige, s'exclame Gustave Desbois, un français arrogant et noble.
- Alors ça a donné quoi, se renseigna leur soeur en ignorant le garçon.
- Lui Carmin moi Azur, dit Gabrielle en se servant du pain français sans attendre.
- Ca ne m'étonne pas de vous, dit Fleur avec un regard connaisseur.
- Alors Raphaël tu es revenu pour récupérer ta place de premier de classe, demanda à nouveau le Sang Pur.
- Je suis en Première Année si tu n'avais pas remarqué, soupira le jeune garçon.
- Pas pour longtemps, intervient à nouveau la plus âgée des Delacour.
- Tu étais parti où? questionna cette fois ci Marie Beaumont, une petite métisse qu'il avait connu aussi.
Un battement de paupières.
Une pause.
- Raphaël, demanda d'un ton incertain son aînée avec une pointe d'inquiétude.
Son frère avait un regard vacant des plus inquiétant, comme s'il n'était plus vraiment là.
Une autre battement de paupières.
- Pardon, commença le première année son regard se refaisant présent. A droite à gauche en vadrouille, dit-il d'un ton énigmatique.
Le repas se passa dans la bonne humeur et chacun alla se coucher dans son Pavillon, au terme d'un repas chaleureux.
Personne n'avait menti. Raphaël fit effectivement des merveilles et ce fut comme si il n'était jamais parti. Pire encore, il semblait encore plus puissant qu'avant et plus sûr de lui. Alors il sauta une classe. Puis une seconde. Puis une troisième. Puis Madame Maxime et ses parents décidèrent qu'ils valaient mieux s'arrêter là sinon Raphaël finirait sa scolarité en moins de deux ans.
Il était toujours important pour un héritier d'aller à l'école pour former des alliances et amitiés fortes. C'est ce qui lui permettrait plus tard d'aller loin dans la vie. Et Raphaël ne tarda pas à charmer les foules à nouveau, comme s'il n'était jamais parti. C'était un leader né, il n'y avait pas à dire. Tout le monde buvait ses paroles. Il n'avait que 10 ans mais beau et intelligent comme il était, les filles n'allaient pas attendre bien longtemps avant de lui mettre le grappin dessus.
Gabrielle et Fleur observaient ce spectacle d'un œil triste. Car si tout le monde l'appréciait et s'il s'entendait bien avec tout le monde, il n'avait pas de vrais amis. Il les tenait tous à distance sans même qu'il ne s'en rende compte.
Tous se laissaient tromper par son sourire avenant mais la vérité était tout autre. Raphaël ne voulait pas être lié aux autres. A vrai dire, elles ne savaient pas ce qu'il voulait elles-mêmes puisqu'il arrivait à les éloigner elles aussi. Ce qu'avait cru percevoir à son retour dans ses yeux Gabrielle avait disparu.
Ne restait qu'une bienveillance à toute épreuve. Mais elle ne comprenait pas, comment ses parents avaient pu lui pardonner sa fugue si facilement. Ils lui écrivaient toutes les semaines et lui envoyaient des friandises comme si de rien était. Comme s'ils ne pouvaient pas sentir son changement.
Et puis... Gabrielle n'en avait parlé à personne mais son amie Cassandra qui était dans le même dortoir lui avait révélé que Raphaël partait souvent la nuit et ne revenait qu'au petit matin d'après elle. Si les chambres étaient individuels dans les Pavillons, elles étaient cependant proches les unes des autres et il n'y avait pas de séparation entre les filles et les garçons. Ainsi sa meilleure amie d'enfance dormait à quelques pas de son frère mais lui s'absentait très souvent.
*
Raphaël se glissa hors de sa chambre en passant par la fenêtre. Il avait remarqué que quelques uns de ces camarades avaient commencé à prendre conscience de ses escapades nocturnes et il ne pouvait pas se faire prendre.
Silencieusement, il se laissa glisser jusqu'au sol grâce au lierre qui poussait le long de sa fenêtre. Le petit de 10 ans eu un sourire ironique en repensant à un conte moldu qu'il avait découvert quelques années auparavant.
Il savait que son comportement était étrange et que s'il arrivait à tromper tout le monde, ses sœurs n'étaient pas dupes et Merlin sait que si sa mère le voyait plus souvent elle l'aurait percé à jour. Mais heureusement, elle était trop loin, impliquée dans la campagne politique de son père pour se rendre compte que ce n'était pas une attitude normal pour un petit garçon de presque 11 ans.
Mais la vérité était qu'il avait perdu son innocence durant sa fugue. Elle était morte au même titre que Raphaël était mort pendant son escapade, il n'aurait jamais pu survivre sinon. Ca avait été difficile de le ramener. Azraël avait pris sa place et lui n'avait aucune pitié. En perdant son innocence, il avait aussi perdu son humanité. Le seul sentiment qu'il se sentait capable d'éprouver était de la haine. Une haine pure et dure, glaciale et violente. Dirigé contre le monde qui l'avait tant fait saigné. Qui l'avait laissé se vider de son sang. Alors il avait décidé de le faire saigner aussi.
Le sang appelle le sang.
Quand il était revenu, ce fut simple, presque enfantin d'enfin trouver son masque. Raphaël était le masque. Plus il avait aimé les gens dans son autre vie, plus Raphaël se montrait. C'était un jeu de rôle qu'il jouait avec lui-même.
Mais Azraël revenait la nuit pour le hanter. Alors on lui proposait des contrats, sa réputation le précédent dans toute l'Europe. Il les acceptait. Il faisait couler le sang. Puis retournait se coucher.
Des yeux verts, couleur de la mort brillèrent dans le noir. Il n'exprimait aucune émotion. Pire, on aurait pu plonger dans une mer glacée et sentir plus de chaleur qu'à travers ce regard. Rien ne permettait de penser qu'il était ne serait-ce que vivant.
Sa cible n'était pas très loin ce soir. Un petit voleur minable.
Il apparut derrière lui sans qu'il ne s'en rende compte. Il sortait à peine d'un pub d'une rue commerçante sorcière de la Côte d'Azur. C'était une rue mal famée. Personne pour l'observer. Personne pour crier à l'aide.
Sa baguette était restée à Beauxbâtons puisqu'elle était traçable. Ce n'était qu'un réceptacle destiné à accueillir sa magie après tout. Elle était inutile au final. C'est pourquoi il utilisait constamment la magie sans baguette.
Il lança un sort de magie noire qui éventra l'abdomen de l'homme.
Il cligna des yeux.
Une pause.
Il sortit de son esprit et s'échappa sans vraiment avoir conscience de la violence dont il faisait preuve.
Une autre pause.
Il cligna à nouveau des yeux.
Il était de retour. L'homme était mort. Ses yeux bleus étaient vitreux et vacants. Il tatoua le cou de sa victime d'une paire d'ange comme pour toutes ses victimes. Puis pris la fuite à travers les ombres.
Ainsi il en était.
Ainsi il était l'ange de la mort.
