Lapidez-moi. Lynchez-moi. Mettez-moi sur le bûcher. Tabassez-moi en MP.

Je suis en retard.

J'en suis désolée, je n'ai aucune excuse. En fait, si. C'est mon chat. Cet être vile et maléfique profite de l'état de faiblesse de votre dévouée, troublant mon sommeil par un arrachage d'entrailles puantes.

... Pas crédible ? Bon, je suis flemmarde. On l'est tous, non ?

Vos reviews :

Ombre : Tes commentaires me font toujours sourire. Toutes ces interrogations ! Mais ne t'en fais, la suite t'apprendra tout ce qu'il faut.

Guest : Que de mystères ! Merci à toi.

Nadra : Merci beaucoup pour tes commentaires !

Bibiche.d : Ca me fait très plaisir, merci beaucoup !

En espérant que la suite vous plaise, enjoy !


Dagoba - Fall of Man

Ferme les yeux. Ça va aller. Inspire, puis expire lentement... Non ! Reprends-toi ! C'est vraiment pas le moment de lâcher prise, bon sang ! Voilà. Fais le vide en toi. Ça ira mieux. Allez, garde ton sang-froid. Maintenant, tu peux ouvrir les yeux.

Prenant son courage à deux mains, Hermione ouvrit craintivement un œil, puis l'autre. Un grognement peu féminin lui échappa, elle se frappa le front du plat de la main.

« Bordel... » souffla-t-elle, à présent désespérée.

Pas de chance pour la brune. En dépit de ses nombreuses prières faites à tous les dieux existants, elle était toujours enchaînée à l'arrière du guntruck. Blaise et Théo avaient préféré la lier à une longue chaîne en acier, elle-même attachée au châssis des roues arrières. Une grimace déforma ses traits, mais fut vite remplacée par un sourire carnassier, un brin sadique. C'est vrai, elle était attachée comme un animal de foire, mais elle leur en avait fait voir de toutes les couleurs. Et elle en était plus que fière.

Après quelques heures de sommeil sous narcotiques, la jeune femme était lentement sortie de l'inconscience. Déjà naturellement, lorsqu'elle se réveillait, elle était d'une humeur massacrante. Ajoutez cela au fait que petit à petit, elle se remémorait les événements qui avaient précédé sa narcose. Ses sourcils se froncèrent. Son regard d'ambre se posa sur Théo, en train de bavasser joyeusement avec Blaise. Elle plissa les yeux. À ce stade, la brune ne se souciait même plus des risques éventuels. La vengeance est un plat qui se gobe au réveil.

En un éclair, elle tentait d'étrangler le scarifié à l'aide de ses entraves tout en poussant des hurlements sauvages. Son cœur s'affolait, son instinct reprenait le dessus. Théo suffoquait et pâlissait à vue d'œil, émettant quelques gargouillements lamentables, si bien qu'Hermione raffermit sa prise, les yeux exorbités. À son tour d'être aux commandes. Un cliquetis et la sensation du métal froid contre sa tempe la persuadèrent de relâcher la pression. Blaise la tenait en joue de son Desert Eagle, ce qui la ramena bien vite à la réalité.

« Lâche-le immédiatement où je te descends. » dit-il froidement.

La brune le toisa, les lèvres pincées. En apparence fière, elle n'aurait pu avouer que la culpabilité comprimait ses entrailles. Elle faisait tout pour ne pas devenir folle à lier dans ce monde, mais elle avait bien compris que la simplicité l'emportait parfois. Difficile que d'être équilibré ici-bas, pensa-t-elle avec amertume.

Lentement, elle cessa d'imprimer de la tension dans ses chaînes. Elle ôta son entrave du cou du scarifié qui inspira de grandes bouffées d'air. Il se tourna vers elle, l'air mauvais. Blaise choisit cet instant pour abaisser son arme, et se concentra à nouveau sur la route.

Théo passa à l'arrière, ses iris verts s'assombrissant rapidement. Le jeune homme saisit la chaîne qui reliait les poignets de sa prisonnière, et la plaqua contre le siège.

« Toi » siffla-t-il avec hargne, « essaye seulement de me retoucher sans être autorisée, et je te jure que tu serviras d'amuse-gueule aux pervers des bas-fonds de la citadelle. »

Hermione sentit un grand froid s'insinuer en elle. Elle fixait le Warboy avec incrédulité. Non. Pas les bas-fonds. Tout sauf ça, pitié. Une unique larme coula sur sa joue droite, tandis que son regard se perdait dans le vide. Ses lèvres légèrement entrouvertes, son souffle s'accélérait. Elle avait été une seule fois dans les bas-fonds d'une citadelle, lorsqu'un de ses anciens maîtres l'avait punie. La jeune femme l'avait mordu, un jour où il voulait lui faire des attouchements. L'homme avait hurlé de rage, mais au lieu de la punir, il l'avait confiée à un bordel des bas-fonds. Elle y était restée deux semaines, avant de parvenir à s'enfuir, mais cela avait suffit pour la traumatiser. Elle en gardait une peur bleue, proche de la phobie, et rien que d'en parler suffisait à la paralyser.

Théo la secoua violemment. Hermione cligna des yeux à plusieurs reprises, et constata que le jeune homme la fixait à son tour, plus intrigué qu'autre chose.

« Hey ! Ça va ? Tu es restée amorphe pendant au moins cinq minutes, tu n'as même pas réagi quand je t'ai secouée ! » s'exclama-t-il en fronçant les sourcils.

Pas étonnant, pensa la brune. Ce phénomène lui était déjà arrivé, elle l'avait également vu sur d'autres. Un souvenir douloureux et traumatisant les plongeaient dans une sorte de léthargie dont ils pouvaient difficilement sortir ; le résultat d'un monde en ruine. Un frisson remonta le long de son échine.

Le scarifié l'observait avec insistance, comme s'il attendait sa réaction. C'est alors que le naturel d'Hermione revint au galop.

Un hurlement de rage passa ses lèvres, surprenant le Warboy. Elle se mit à se débattre comme une furie, secouant ses longues boucles, donnant des coups de pied n'importe où. Tout ce qui lui importait, c'était de blesser. Elle ne supportait plus sa captivité. Elle avait supporté le fait d'être enchaînée plusieurs mois, mais là, elle n'en pouvait plus. Se faire ballotter comme un vulgaire sac, il y en a marre !

Quant à Théo, il n'était plus que blasé. Il avait fallu qu'elle devienne cinglée... Le jeune homme tentait tant bien que mal de la maîtriser, mais la colère lui donnait une force redoutable. Il jura allègrement.

« Pourquoi tant de haine envers moi ? » souffla-t-il avec dépit.

Un fou rire bruyant lui répondit. Plaquant la jeune femme contre le siège, il se retourna vers Blaise qui riait si fort que des larmes coulaient le long de ses joues.

« Va te faire voir ! » répliqua le scarifié, contrarié.

« Désolé mec, mais c'est vraiment trop bon ! »

Il repartit de plus belle. Théo leva les yeux au ciel. Il tenta de la calmer comme il pouvait, mais après les hurlements bestiaux, c'était les insultes qui se mirent à pleuvoir. Plus que vexé, le jeune homme répondit à son tour, créant une atmosphère chaotique dans l'habitacle.

Le métisse n'en menait pas large non plus. Un grésillement attira l'attention des deux passagers, enfin plutôt celle du scarifié. Il écouta comme il le pouvait, et protesta lorsqu'on l'évoqua. Ils ne suivirent pas vraiment la conversation, trop occupés à se donner quelques coups et s'attribuer des noms d'oiseaux.

« Tiens bon ! » s'exclama subitement Blaise. « On va faire une pause au Pic. »

Le scarifié remercia le ciel, avant qu'un coup de genou dans la cuisse le ramène à la réalité.


À présent, elle attendait derrière le guntruck, enchaînée et lasse. Elle avait fini par s'asseoir dans le sable. Dessinant des arabesques du bout des doigts, le visage calé dans la paume de sa main droite, elle soupira. Cela faisait déjà plusieurs heures qu'ils s'étaient arrêtés. Hermione entendait les Warboys rire aux éclats et chanter. Elles les enviait, eux et leur liberté, leur joie de vivre. La brune était prisonnière, et cela la dégoûtait au plus au point.

Alors qu'elle avait la tête baissée, elle entendit qu'on se postait juste en face d'elle. Relevant les yeux, elle vit deux jambes fines à la peau mate, chaussées d'une paire de baskets basses plus qu'usées. La personne s'accroupit.

« Tiens, ça te fera du bien. »

Une jeune femme à la coupe au carré venait de poser une assiette devant elle, remplie de viande en sauce à l'odeur alléchante. Hermione l'ignora malgré la tentation, et retourna à ses occupations. Son estomac criait famine, mais elle n'allait pas s'abaisser à obéir à ses ravisseurs, plutôt mourir dévorée par les vautours. La jeune femme leva un sourcil en voyant sa réaction.

« Si tu veux te laisser crever de faim, c'est ton problème » déclara-t-elle froidement. « Nous, on s'en fout, mais saches que tu devrais nous remercier pour t'avoir emmenée. Tu n'auras pas survécu deux jours avec les SunEaters. »

Sur ces mots, elle se releva et commença à s'éloigner. Le cerveau de la brune était en ébullition. Devait-elle la remercier ? Peut-être pouvait-elle l'aider ? Savait-elle ce qu'ils allaient faire d'elle ?

Elle interpella la jeune femme dans un élan qu'elle regretta immédiatement. Elle ferma les yeux, honteuse d'avoir cédée à sa curiosité. Elle patienta, mais seul le silence lui répondit. Elle rouvrit alors les yeux. La jeune femme s'était arrêté à quelques pas d'elle, attendant qu'Hermione prenne la parole. S'attachant à sa fierté, elle bomba le torse et braqua son regard dans les yeux verts de l'autre brune.

« Où allons-nous, et qu'allez vous faire de moi ? » demanda-t-elle d'un air suffisant.

La femme au carré sourit cruellement.

« Estime-toi heureuse d'être encore en vie. Le reste ne te concerne pas. »

La réponse qu'elle lui donna glaça le sang d'Hermione. Sur ces mots, la jeune femme lui accorda un dernier regard méprisant, et s'en alla.

La brune resta seule un long moment. Ces dernières paroles l'avaient remontée, elle les ruminait en silence. Ce n'est pas comme si j'avais choisi de me faire enlever. De plus, l'odeur de la nourriture la torturait. Elle passa nerveusement une main dans ses cheveux, les lissant en arrière, avant de pousser du pied l'assiette. Ils se fichaient d'elle. Ils la testaient, ils attendaient qu'elle cède et qu'elle implore. Qu'il en soit ainsi alors, elle leur montrerai qu'on ne joue pas avec elle.

De nouveau, elle sentit qu'on s'approchait mais cette fois, plusieurs personnes venaient. La jeune femme se renfrogna, et s'emmura dans un silence total. Au détour du camion, plusieurs voix s'élevaient.

« Je te le répète, tu ne vas pas aimer ce que tu vas voir. » avertit un homme. La voix de Blaise.

« Essaye de ne pas péter les plombs. Elle est absolument horrible, j'en ai fais les frais...» ajouta un autre, qu'elle reconnu comme étant Théo.

Les deux Warboys apparurent à sa droite. Ils étaient accompagnés d'un autre homme, aux cheveux platines et aux yeux gris. Il se mit à la fixer intensément dès qu'il la vit, les mâchoires contractées. L'insistance du regard du blond était difficilement supportable, mais Hermione ne flancha pas et lui tenu tête, plantant ses yeux ambrés dans l'orage anthracite du nouveau venu. La tension était palpable, mais la jeune femme ne comprenait pas pourquoi. Encore un qui la connaissait, on dirait.

« De toutes les ordures imaginables, c'est elle que vous me ramenez. » cracha le blond avec agressivité.

La violence de ces propos la laissa sans voix. Les yeux écarquillés, elle était réellement choquée de la cruauté dont il avait fait preuve. Elle était sur le point de lui répondre lorsque Théo la prit de vitesse.

« Malefoy » intervint prudemment le scarifié, « elle ne se souvient pas de nous. Je crois qu'elle est amnésique. »

La brune et le blond braquèrent leur attention sur le Warboy. La jeune femme était interloquée. Amnésique ? Impossible ! Elle ne les avait jamais vus auparavant. La lassitude s'abattit sur elle. Ils étaient tous malades, que ce soit les SunEaters ou les Warboys. Alors qu'elle cherchait à comprendre le fin mot de cette histoire, le dit Malefoy interrogea Théo, lui posant mille questions à la fois.

« C'est quoi ces conneries ?! » siffla-t-il. « Tu débloques complète... »

« Drago ! » hurla la brune au carré, à une centaine de mètres d'eux. « La citadelle est attaquée, Potter leur a envoyé un convoi ! »

Malefoy resta interdit quelques secondes, avant de hurler à tous de remonter dans leurs véhicules. Il repartit en courant, tandis que Blaise la détachait et l'emmenait dans le guntruck. La colère des hommes était contagieuse, tous couraient à leur chasseur et redémarraient leur moteur, l'air déterminé. De nouveau, Hermione se retrouva sur la banquette arrière du convoyeur, un Blaise furieux au volant et un Théo plus froid que jamais comme compagnie. Elle n'était pas sûre de comprendre, elle était perdue.

« Qu'est ce qu'il se passe ? » les apostropha-t-elle.

« Le Survivant n'a pas aimé notre petite surprise » lui répondit le scarifié. « Je n'ai aucune idée de comment il a pu faire, mais il a envoyé un convoi de guerre à notre citadelle, gardée seulement par des femmes, des Warkids et des vieillards. »

« Enfoiré... » siffla le métisse.

La jeune femme ne répondit pas. La situation était critique, et même si elle restait indignée de sa condition de prisonnière, elle préféra se taire et rester calme. Des vies innocentes étaient en jeu, et elle avait un cœur. Elle regarda les dunes de sable défiler à toute vitesse sous le soleil couchant, et écouta le Helltruck jouer plus violemment que jamais.


Hermione fut tirée de ses pensées par Blaise, qui venait de klaxonner plusieurs fois de suite. La jeune femme releva la tête et se souleva légèrement de son siège, tentant d'apercevoir ce qu'il se passait à l'avant.

La nuit était tombée, mais le guntruck n'avançait pas dans l'obscurité. Le convoi se dirigeait à toute allure vers l'entrée d'un défilé, éclairé par la pleine lune, qu'ils atteignirent rapidement. Ils s'y engouffrèrent précautionneusement. Les parois rocheuses étaient trop proches pour que les véhicules y avancent côte à côte, mais il était assez large pour que l'on puisse progresser rapidement.

La radio se mit à grésiller. Théo la saisit, confirmant sa présence, avant que la voix de Malefoy retentisse dans l'habitacle. La brune renifla dédaigneusement. Si elle avait pu, elle l'aurait déjà fait passer sous les roues d'un convoi entier. Cette homme puait le mépris et l'arrogance. Rien que d'y penser, elle voyait rouge.

« Les gars, on est déjà sur les lieux. C'est vraiment pas beau à voir, la nuit risque d'être longue. » déclara-t-il.

« Moi qui pensait rentrer tranquillement, profiter de la vie, ce genre de truc... » répondit sarcastiquement Blaise.

« Raté mon vieux. Théo, je te veux en hauteur, il faut que tu fasses des victimes en masse. On a réellement besoin de toi. »

Sans un mot, le scarifié ouvrit sa portière et disparu sur le toit.

« Quant à toi, très cher Zabini, tu seras à pied. Mais d'abord, il faudra que tu mènes la merdeuse en sécurité. On aura besoin d'elle. »

« Bonne chance vieux. »

Malefoy coupa la communication après quelques secondes de silence. Hermione ruminait à nouveau.

« Une merdeuse ?! C'est vrai que cet espèce de crétin peroxydé est parfait, vraiment... » bougonna-t-elle.

« Drago est vraiment con parfois, mais c'est un bon ami. » dit le métisse. « Comme Pansy, en fait. » rajouta-t-il finalement.

« Pansy ? »

« Assez petite, coupe au carré, yeux qui lancent des éclairs, aussi chaleureuse que la glace... » énuméra-t-il.

« Je l'ai déjà vue. Une rencontre... charmante ! » grimaça-t-elle.

Le jeune homme pouffa.

« Bon, maintenant, les choses sérieuses commencent. Suis-moi, ne me lâche pas d'une semelle où tu te feras tuer. Ça ira ? »

Hermione acquiesça. Ils passèrent le défilé, et arrivèrent dans une immense vallée, théâtre d'une bataille impressionnante. Quelques instant plus tard, ils descendaient du camion et se faufilaient su le champ de bataille.

Blaise saisit la jeune femme par la nuque, l'obligeant à le suivre. Le duo courait entre les combattants, évitant les balles perdues et pour Blaise, n'hésitant pas à appuyer sur la détente dès qu'un SunEater se faisait trop proche. L'appréhension nouait douloureusement sa gorge, mais elle sentait également l'adrénaline couler dans ses veines. Et bien que ces scènes de violence et de mort lui retournaient l'estomac, elle ne s'était jamais sentie aussi vivante.

Alors que la brune balayait la place du regard, elle sentit un poids s'arracher de sa nuque et se retourna aussitôt. Blaise était plaqué au sol par un SunEater plus que frénétique, qui tentait tant bien que mal de poser le canon de son revolver contre sa joue. Le métisse le repoussait de toutes ses forces en l'insultant, mais rien n'y faisait, son adversaire était beaucoup trop lourd et agité. Hermione intervint à sa grande surprise, mettant un puissant coup de pied dans la main armée du SunEater. Blaise en profita pour le faire rouler sur le côté, lui assénant un violent coup de poing dans la mâchoire. Il saisit l'arme tombée à ses côtés, inséra le chargeur dans la foulée et l'abattit de trois balles dans le crâne. Le Warboy se remit aussitôt sur pieds, accordant un sourire reconnaissant à sa sauveuse.

Ils atteignirent rapidement un énorme monte-charge, situé aux pieds d'une falaise coincée dans la vallée. Ils s'installèrent au centre pendant que Blaise hurlait des ordres. Les deux passagers étaient protégés par de jeunes Warboys lourdement armés, dispersés sur chaque côtés.

« Pas de quartier ! » s'époumonait le métisse. « On descend tout ceux qu'on ne connaît pas, que ce soit femmes, gosses ou vieillards ! »

« Vous n'allez quand même pas tuer des enfants ?! » s'indigna Hermione.

« On a pas le choix. On les bute, ou on se fait buter. » lui répondit-il en désignant quelque chose du doigt.

Juste en face d'eux, une petite fille venait de tuer un Warboy. Elle devait être âgée d'environ cinq ans, mais tenait un fusil d'assaut entre les mains, le visage froid et inexpressif. Elle massacra ainsi cinq hommes avec une précision redoutable, avant de se faire empaler sur la lame d'un Warkid. La jeune femme craqua à ce moment. Elle s'effondra au sol et vomit le maigre contenu de son estomac, cela pendant de très longues minutes alors que la plate-forme s'élevait. Des enfants. Ces deux mots venaient d'être gravés au fer rouge dans l'esprit de la brune. Ils la torturaient, sans relâche, venant et s'imposant brutalement. Rien que des enfants... pensa-t-elle avec horreur.

Blaise la surveilla tout au long de leur ascension. La jeune femme était pâle, des gouttes de sueur perlaient sur son front. Elle ne se détournait pas une seconde des combats qui se déroulaient sous leurs pieds. Plutôt gêné, le jeune homme avança jusqu'au bord du monte-charge, avant de l'interpeller.

« Tu vas devoir t'y habituer » affirma le métisse. « C'est vrai que c'est choquant, mais c'est comme ça. Les SunEaters ont choisi de former les gosses car ils savaient pertinemment qu'on hésiterait, et qu'on ferait moins gaffe. Si tu vois un gamin avec ses boucles blondes et ses grands yeux, tu ne peux simplement pas t'en méfier. Et au moment où tu baisses ta garde, il dégaine et te colle une cartouche entre les deux yeux. »

Hermione avait relevé la tête. Le visage fermé, il continua.

« On a perdu pas mal de combattants comme ça, aussi bien des inconnus que des amis. Alors maintenant, on ne fait plus dans la pitié ou dans la morale, et on sauve en priorité ceux qui nous sont chers. »

La brune le fixa un moment, avant d'acquiescer timidement. La vie était tellement plus simple quand elle vivait dans les taudis. Bien que la vie y était dure et qu'il fallait y faire ses preuves, on n'y trouvait pas ce genre d'horreur. Il restait de l'honneur à ces gens, car malgré leur pauvreté, c'était la seule chose qu'ils possédaient et ils s'y accrochaient, jusqu'à la mort.

La plate-forme s'arrêta à une trentaine de mètres au dessus du sol. Hermione se releva, et suivit Blaise. Après être descendus du monte-charge, ils passèrent une grande porte imbriquée dans la pierre. Derrière s'étendait une galerie seulement éclairée par quelques torches. Le jeune homme se tourna vers elle, et l'encouragea d'un grand sourire avant qu'ils ne s'y aventurent. La brune était sereine, un peu réconfortée par l'homme qui l'escortait. D'une certaine manière, elle appréciait le grand métisse, et il était la seule personne en laquelle elle avait un semblant de confiance.

Ils s'enfoncèrent profondément dans les entrailles de la roche. Hermione était bien heureuse qu'on la guide, cet endroit était un véritable dédale. Ils avaient tournés plusieurs fois sur la gauche, quelque fois à droite avant qu'elle ne décroche et se désintéresse. Elle savait seulement qu'ils descendaient de plus en plus, et suivait calmement pour une fois. A vrai dire, elle était exténuée. Toutes les horreurs et les choses qu'elle avait apprise l'avaient épuisée mentalement. Elle n'en pouvait plus, et rêvait de dormir des heures durant.

Après avoir déambulé pendant un bon quart d'heure, ils arrivèrent au niveau d'une grille aux barreaux de métal épais. Blaise échangea quelques mots avec l'un des deux Warboys qui la gardait, puis ils ouvrirent la porte. Le duo s'avança. Hermione voyait des sortes de cellules des deux côtés du boyau, creusées à même la roche. Elle grimaça, cela ne lui inspirait rien de bon.

« Bon, » commença le métisse, « ça ne va sûrement pas te plaire, mais je vais te laisser ici un moment. »

« Tu vas vraiment me laisser dans une cellule ? » demanda-t-elle avec exaspération.

Blaise lui accorda un sourire légèrement narquois. Et merde.

« Malefoy te veut vivante. Alors je m'assure que tu restes en vie » répondit-il, tout en ouvrant cérémonieusement la grille d'une des geôles.

« Je vous déteste tous autant que vous êtes. » grinça-t-elle.

La brune s'exécuta de mauvaise foi. Elle s'installa à même le sol, l'air renfrogné et priant pour que le jeune homme soit foudroyé. Ce serait déjà un bon début.

Blaise lui fit un dernier signe de la main avant de s'en aller.


Le métisse revint plusieurs heures plus tard, la mine sombre et les vêtements tachés de sang. Hermione brûlait d'envie de lui parler, elle voulait savoir ce qu'il s'était passé, ce qu'il avait fait. Le regard que lui lança Blaise la persuada de garder ses interrogations au chaud, dans un coin de son esprit. Il ouvrit la porte de sa cellule et lui intima de sortir. Un groupe de Warboys l'accompagnait. L'un d'entre eux s'approcha d'elle. Il souleva ses entraves, et à l'aide d'une pince, les sectionna. La brune massa ses poignets endoloris. Enfin libre ! Elle rêvait de ce moment depuis des mois. Elle offrit au jeune homme un sourire chaleureux et franc, qu'il snoba. L'expression enjouée de la jeune femme fondit. Ils se mirent en marche dans les interminables galeries.

Le groupe passa de nombreuses portes. Elles pouvaient aussi bien être silencieuses, mais il s'échappait hurlements, gémissements et pleurs de la plupart. Hermione continua la tête haute.

Au bout de quelques minutes, ils aperçurent de la lumière au bout d'un des boyaux. Ils se dirigèrent dans cette direction, et à l'étonnement de la brune, se retrouvèrent sur un énorme pont de bois, reliant la falaise à ce qui ressemblait à une espèce de palais taillé à même la roche. Elle avançait avec curiosité. Le palais était implanté assez haut, et s'affinait en hauteur, collé à la falaise qui fermait la vallée. En contrebas, une rivière aux reflets verts coulait, la jeune femme pouvait apercevoir des personnes travaillant sur les rives, et même des enfants s'y baignant. Un ville s'étendait au pieds du palais, les habitants s'activant pour reconstruire ce qu'avait détruit les SunEaters. Elle voyait également ce qui lui semblait être un marché, où les gens s'époumonait pour vendre leur poisson, leur fruits et légumes. La vie avait repris son cour, les gens faisait fi de l'attaque qu'ils venaient de subir. À cette hauteur, elle voyait la richesse et l'opulence de la ville, elle percevait même légèrement les odeurs d'épices d'en bas. Malgré que la ville ait été partiellement détruite, elle ne pouvait que trouver l'endroit merveilleux, riche en couleurs et en senteurs.

« Incroyable... » chuchota-t-elle, émerveillée.

Blaise avait du l'entendre car un léger sourire étira ses lèvres, sans qu'elle puisse le voir.

Ils arrivèrent au bout du pont et entrèrent dans une nouvelle série de galeries. Elles étaient toujours éclairées par des torches, mais des ouvertures dans les murs permettaient le passage de la lumière lors de la journée. Elles semblaient également plus accueillantes lorsqu'elles n'étaient pas fermées.

Après avoir longés de nombreux couloirs, le groupe s'arrêta au niveau d'une porte immense, étincelante sous les flammes des torches. Il en sortait un vacarme épouvantable. Hermione lança un regard intrigué aux hommes qui la précédaient. Ils avaient marché au pas de course jusqu'ici, mais ils semblaient à présent hésitants, presque intimidés pour quelques soldats à l'aspect peu vaillant.

Sortant de nulle part Drago arriva d'un pas impérial, accompagné de Pansy. La tête haute, les sourcils légèrement froncés, il se fraya un chemin entre les soldats, ignorant royalement la brune qu'il avait presque agressée quelques heures plus tôt. Il essayait de paraître imposant, mais les cernes prononcées sous ses yeux attestaient de sa fatigue. Il poussa les battants de la porte avec force et aussitôt, une assemblée de femmes se jeta sur lui.

Tandis qu'on la reléguait dans un coin, Hermione s'intéressa à la scène qui se déroulait devant elle. Le blond se faisait hurler dessus par une jeune femme fine et élancée. Cette dernière s'était approchée et avait tenté de lui coller une gifle monumentale, qu'il avait esquivé sans peine tout en essayant de la calmer. Peine perdue, elle semblait déchaînée.

« Astoria est bien partie pour nous gaver toute la sainte journée ! » s'exclama soudainement une voix derrière Hermione.

La brune sursauta, et se retourna vivement. À quelques pas d'elle, une jeune femme était assise à même la table, accordant méticuleusement une basse noire. Elle était vêtue d'un long pagne et d'un bandeau de poitrine en lin blanc, légers et aériens. Elle croisait ses jambes interminables, chaussées de bottes de cuir poussiéreuses. Hermione ne pouvait s'empêcher de scruter chaque parcelle de la jeune femme, qu'elle trouvait simplement irrésistible. Elle n'était pas 'belle' au sens propre, mais elle dégageait un certain charisme, que ce soit soit ses nombreux tatouages en noir et blanc, son corps fin et musclé, le sourire mutin qui étirait ses lèvres pleines ou la lueur de malice qui brillait dans ses prunelles si noires.

Elle sembla être satisfaite de son accordage car elle passa la sangle autour d'elle, et entama un morceau. Hermione l'avait déjà entendu. Les Warboys l'avait joué lorsqu'ils s'étaient arrêtés, mais de manière bien plus douce alors qu'ici, la jeune femme rendait la mélodie plus agressive. Sans la lâcher du regard, la tatouée l'invita à s'asseoir d'un mouvement de tête. Intriguée, la brune s'exécuta.

Devant Hermione, le conflit enflait à chaque instant. Hommes et femmes s'affrontaient verbalement avec une ardeur peu commune, mais toujours très distinctement les uns des autres. Drago était glacial quand Blaise était volcanique, et Théo, fidèle à lui-même, restait très calme. Contre eux, quatre femmes : Pansy, qu'elle avait rencontré auparavant et qui semblait bien remontée ; la dénommée Astoria, totalement hystérique, soutenue par une autre femme qui lui ressemblait fortement ; et une petite blonde aux yeux rêveurs mais aux paroles sèches. Parmi tous ces hurlements, la tatouée jouait avec passion et chantait d'une voix caverneuse, assez surprenante mais appréciable. La brune haussa un sourcil. Depuis quand aimait-elle la musique folle des Warboys ?

« Tu n'es qu'un foutu égoïste ! On a perdu des femmes, des enfants, et tout cela par ta faute ! » s'époumonait Astoria.

« Men fall over and over again ! They gave us millions of reasons to hate them, like fire needs fuel to exist » chantait puissamment la tatouée.
Les hommes tombent encore et encore! Ils nous ont donné des millions de raisons de les détester, comme le feu a besoin de carburant pour exister

« Comment j'aurai pu savoir que ce cinglé s'en prendrait à la citadelle ?! On les avait mis en fuite, je pensais qu'il rentreraient juste chez eux avec la queue entre les jambes ! » siffla Drago.

« Consuming our faith, the burning remains. They pushed the men straight away to their fall... Fall ! »
Consommant notre foi, les brûlures restent. Ils ont poussé les hommes immédiatement à leur chute… Chute !

« Ne cherche pas d'excuses ! » intervint Pansy. « Je t'avais prévenu, je t'avais dit que c'était une mauvaise idée, mais tu ne m'a pas écoutée, tu as encore voulu faire l'intéressant ! »

« Be fucked or be roasted ! Be fucked or be roasted ! Be fucked or be roasted ! Sins feed the fire... »
Être baisé ou être rôti ! Être baisé ou être rôti ! Être baisé ou être rôti ! Les péchés alimentent le feu…

Au loin, Hermione vit Blaise soupirer. Le métisse semblait sur le point d'exploser, jusqu'au moment où il dégaina son Desert Eagle et tira deux salves en direction de la tatouée. Le bruit assourdissant des coups de feu ramena le silence dans la salle. La brune se pencha en avant avec prudence, cherchant les impacts. Il avait tiré sur le petit amplificateur de la jeune femme, l'empêchant ainsi de terminer son morceau. Cette dernière regarda l'objet avec stupéfaction, puis Blaise, et fit l'aller-retour plusieurs fois.

« Arrête avec ta foutue basse, sinon la prochaine sera pour toi. » déclara-t-il le plus naturellement du monde en rangeant son arme.

Neira lui fit un magnifique doigt d'honneur.

« T'as intérêt à m'en retrouver un. Un Fender de cette qualité, ça te coûtera cher ! » répondit-elle avec un grand sourire.

Un silence oppressant s'installa. La brune parcourut la salle du regard, avant de se rendre compte qu'Astoria ne la lâchait pas des yeux. Elle semblait toujours furieuse, ses orbes bleus parcourant son corps sans relâche. Hermione attendit, mais en voyant qu'elle ne s'arrêtait pas, décida de couper court à cette scène gênante.

« Il y a un problème ? » demanda-t-elle, haussant un sourcil.

La jeune femme sembla tomber des nues, la bouche légèrement entrouverte, avant de laisser place à une fureur incroyable. Elle se tourna vers Drago et Pansy.

« Bande d'enfoirés ! » hurla-t-elle. « Vous osez la ramener ici ?! »

« Elle peut nous être utile. » répliqua Drago en se pinçant l'arête du nez.

« Être utile ? C'est de sa faute si nos vies sont merdiques ! C'est de sa faute si le peuple vit dans la misère ! Et c'est de sa faute si Potter nous a attaqués ! » rugit-elle.

« Stop ! » s'écria Hermione à son tour.

Tout le monde se figea. Ils étaient à présent tourné vers elle. Elle s'était relevée, les bras croisés sur sa poitrine, l'œil glacial.

« Je n'en peux plus. » déclara la brune. « Je me suis faite insulter toute la journée, je me suis faite acheter, trimballer comme un sac de riz puis enlevée. On m'a attachée, j'ai failli me faire tuer, j'ai croupi dans une cellule minable et là, on m'accuse de je ne sais trop quoi en parlant comme si je n'étais pas là ! Alors, je vais vous poser une seule et unique question. Pourquoi le monde entier me connaît et veut me faire la peau ? » termina-t-elle en haussant le ton.

Un autre silence suivit sa tirade. Il fut coupé par un gloussement, puis rapidement par des éclats de rire. Hermione fit face à une Neira hilare. La brune était au bord de la crise de nerfs, elle sentait qu'elle allait bientôt craquer. La tatouée essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues.

« T'as un sacré caractère pour l'une des femmes les plus détestée du globe ! » s'exclama-t-elle.

« Comment ça... ? »

Neira lui offrit un sourire condescendant, qui perturba encore plus la jeune femme.

« Tu devrais le savoir » lui répondit-elle. « Toi, Potter et Weasley, vous êtes le trio qui a détruit le monde. »


Alors, vous en pensez quoi ? Reviewez !

Je publierai désormais le mercredi, désolé pour le changement.

À la prochaine !