Me revoilàààà !
Une semaine de retard. Honteux. Mais c'est fois, c'est pas une excuse bidon que je vous sers !
J'ai commencé une autre fiction, totalement différente de celle-ci. Elle s'appelle Arkolamyl, je suis en train de la peaufiner pour pouvoir la publier. Je vous tiendrais au courant si vous le voulez !
Vos reviews (beaucoup moins nombreuses. Fuck) :
Nadra : Merci beaucoup. Je tiens à dire que même si le rythme de publication doit me convenir, je veux aussi que mes fidèles lecteurs (s'il y en a) n'attendent pas trop, simplement par respect. Ensuite, j'essaye de rendre les chapitres vivantts, moi-même j'aime m'immerger dans une histoire, alors j'essaye de rendre ça. À la prochaine !
Aventure : Voici la suite, en espérant qu'elle te plaise !
Ombre : Ma plus fidèle revieweuse (j'ai du mal...) ! Ton absence m'a été insoutenable... Comment ça ? Moi, mélodramatique ? Du tout... 'geniallisimme', ça existe peut-être, ou alors tu viens de l'inventer. Dans tous les cas, c'est pas plus mal. En tout cas, pour certaines de tes questions, tu devras attendre ! C'est plus marrant pour moi de vous voir perturbés. Après, vous allez encore en apprendre dans ce chapitre. Et pour le chat, tu ne connais pas mon chat. Elle est spéciale, cette petite futée...
Bonne lecture !
Muse-Psycho
Les fois où le blond fumait se comptaient sur les doigts d'une main. Les seules exceptions qu'il faisait étaient lorsqu'il était furieux, stressé, ou qu'il réfléchissait à quelque chose de très important. En ce moment, il penchait pour la dernière option.
Drago saisit son paquet, ses feuilles et ses filtres. D'une main experte, il piocha une petite quantité de tabac qu'il répartit sur la feuille. Insérant le filtre à l'une des extrémités, il amena la cigarette à son visage, lécha rapidement le collant qu'il posa sur l'autre côté de la feuille. Finalement, il coinça la roulée entre ses lèvres, prit son briquet et le mena vers l'extrémité, qui s'enflamma sur le coup. Le jeune homme tira une longue bouffée, qu'il savoura quelques secondes avant de l'expulser par le nez. Un silence reposant régnait dans la pièce, à peine brisé par le souffle du Warboy.
Depuis la Grande Guerre, le tabac était devenu un luxe, comme à peu près tout ce qui pouvait être fumé. Quand le sable avait remplacé la terre et que la plupart des cours d'eau s'étaient asséchés, la culture était devenue difficile. Plus rien ne poussait. Les gens mourraient de faim, et rares étaient les clans qui possédaient un approvisionnement en eau assez important. Dans ce cas, il n'y avait que deux solutions : acheter aux autres clans, ce qui ne marchait pas toujours, ou trouver un autre emplacement pour le clan. Les difficultés étaient multiples, mais la Citadelle n'avait pas ce problème. Drago porta sa cigarette à ses lèvres.
Les premières lueurs du jour venaient d'apparaître et il n'avait pas dormi de la nuit. Le jeune homme aurait voulu se reposer, mais le sommeil lui échappait. Il s'était juste contenté de profiter de la courte accalmie qui s'était installée.
Il se rendit compte que l'aube se levait. Il se releva de son lit, et vint s'accouder à la balustrade de sa terrasse.
Sa chambre se trouvait sur le côté est de la Citadelle. De là, il était toujours le premier à profiter des rayons du jour. Beaucoup s'en seraient plaint, mais pas Drago ; il adorait être réveillé ainsi, savourant les caresses timides de l'astre solaire sur son visage encore endormi. Il jouissait d'une vue imprenable, et se sentait vivant chaque fois qu'il l'admirait. Le jeune homme amena sa cigarette presque finie à son visage, tira une autre bouffée, et posa son regard en contrebas en la jetant.
Le monde avait beau être mort, ce n'était pas la même chose pour ses résidents. La terrasse du blond donnait sur les immenses jardins de la ville, qui alimentaient la population. Le secret de l'opulence des Warboys était d'avoir réussi à créer ces vergers. Quand les autres clans tentaient de faire quelque chose de leurs terres trop acides, eux avaient débusqué la perle rare : une terre saine et fertile. Drago sentait les fragrances sucrées des fleurs, les arômes des citronniers et des orangers qui remontaient jusqu'à lui. Son cœur se gonfla.
Ses yeux se portèrent sur une source de bruit qui brisait la quiétude des lieux. Un ricanement lui échappa lorsqu'il aperçut Blaise, allongé sur un hamac accroché entre deux jeunes oliviers. Le métisse chantonnait joyeusement en écrivant sur un carnet. Le blond savait que son ami aimait écrire. Les jardins étaient un lieu propice à l'inspiration, surtout très tôt le matin, où on n'y était dérangé ni par la chaleur, ni par les autres résidents. Serein, il s'assit sur la large balustrade et entreprit mécaniquement de rouler une autre cigarette. Il laissa de nouveau son regard dériver sur l'Éden qui s'étendait devant lui.
Il tomba sur une cascade. Elle coulait d'une des parois qui délimitait les jardins. Vers le centre de la roche, une énorme conduite déversait des milliers de litres d'eau jusque dans un lac. Il se séparait en plusieurs rivières qui alimentaient la ville entière, avant de retourner dans le lit d'un ancien fleuve situé en bas de la cité. Lorsqu'ils avaient trouvés la Citadelle, rien n'était construit. Ils s'étaient arrêtés là pour la nuit au départ, mais ils n'avaient pu se résoudre à repartir en découvrant le lieu. Ils avaient de l'eau douce à volonté, tellement que c'en était ridicule. Qui aurait pu résister à un pareil cadeau ?
Coinçant sa roulée entre ses lèvres, Drago continua dans la contemplation de sa terre verte. Il n'eût qu'à décaler légèrement ses iris anthracites pour tomber sur un bassin rocheux, irrigué par une chute plus basse. Il était éloigné et le blond ne distinguait pas très bien les détails, mais il sut instinctivement que c'était Neira qui s'y prélassait. Il la connaissait parfaitement, sa Warkyrie. Elle venait toujours à l'aube, ne se mêlant jamais aux autres même pour s'amuser dans l'eau. En y réfléchissant, il constata qu'il ne l'avait jamais vu nue, au contraire des autres femmes qui l'entouraient.
Si Drago pensait aux femmes, Astoria lui apparaissait directement. Il laissa sa tête retomber contre le mur, le visage crispé. Il ne l'avait jamais apprécié, mais elle était l'un des seuls liens qu'il avait avec son passé, alors il la gardait près d'elle. La blonde avait été furieuse contre lui lorsqu'il était rentré, et l'était toujours. Il avait ramené Hermione Granger, l'un des ennemis public numéro un. Las, il se passa une main sur le visage. Qu'allait-il faire d'elle ? Elle devait bien être utile à quelque chose...
Le blond relégua ses pensées à plus tard. Inspirant une nouvelle bouffée de nicotine, il descendit de la balustrade, et décida d'aller profiter de ses jardins.
Flash. Des hurlements dans le noir. Deux voix, celles d'un homme et d'une femme. L'homme semble furieux, on ne comprend pas ses paroles, mais elles sont venimeuses, pleines de dégoût. La femme veut lui tenir tête, pourtant, les mots sortent difficilement.
Flash. On peut les voir. L'homme est trapu, puissamment bâti, vêtue d'un costume poussiéreux. Encore un de ceux qui se croient de l'ancien temps. Il s'époumone à en devenir rouge, quelques postillons s'écrasent lamentablement sur la jeune femme devant lui. Cette dernière, dominée d'une tête, se contente de le fixer résolument. Elle serre les poings à s'en enfoncer les ongles dans les paumes.
Flash. La femme est plaquée au sol sur le ventre. Elle supplie l'homme, elle l'implore, mais rien n'y fait. Les larmes coulaient à flots, elle tentait de se dégager, vainement. Il rit. D'un rire gras et pervers. Et il lui arracha ses vêtements.
Hermione se releva d'un bond, haletante et paniquée. Son corps était moite, elle sentait ses cheveux collés à ses tempes par la sueur. La jeune femme se prit la tête dans les mains, se recroquevillant sous les couvertures. Elle faisait toujours le même cauchemar violent, qui la perturbait plus qu'elle n'osait se l'avouer. À chaque fois, elle se réveillait de la même manière, désorientée et effrayée. Sans s'en rendre compte, elle se griffa le cuir chevelu. Il fallait impérativement qu'elle se débarrasse de ce songe.
« Tu parles dans ton sommeil. »
Hermione se redressa lentement, encore embrumée. Neira était installé sur l'encadrement de la fenêtre, une guitare acoustique à la main. La tatouée entraînait sa main gauche à faire quelques accords, qu'elle répétait inlassablement. Lorsqu'elle n'en était pas satisfaite, elle faisait la moue et les recommençaient. Ces gestes répétitifs calmèrent la brune, qui se contentait de les fixer d'un œil morne.
« C'est une manie d'arriver à l'improviste, de surprendre les gens ? » demanda Hermione avec lassitude.
La musicienne se tourna vers elle, un grand sourire scotché aux lèvres.
« Non. C'est un talent. » répondit-elle.
La jeune femme roula des yeux, écarta les couvertures et s'assit au bord du lit, face à la guitariste du jour. Elle se passa une main sur le visage, lissa ses cheveux en arrière sous le regard attentif de Neira. Cette dernière avait troqué ses vêtements légers pour un vieux treillis militaire et un t-shirt renforcé de cuir, le tout sale et poussiéreux, et avait rapidement attaché ses cheveux en un chignon maladroit qui s'affaissait à vue d'œil. À en juger par les larges cernes sous ses yeux et de son air fatigué, elle n'avait pas du dormir de la nuit. Hermione les avait entendu parler longtemps, avec les femmes de l'Assemblée. Enfin, hurler serait plus approprié.
La jeune femme se leva et vint se poster près de la guerrière. Elle laissa son regard caresser l'horizon, puis dériver sur les immenses jardins qui s'étendaient devant elle. Un sourire étira ses lèvres rosées. Elle avait beau avoir vécu la journée la plus mouvementée de sa vie et s'être retrouvée avec des inconnus qui la connaissaient mieux qu'elle-même, elle se sentait quand même bien. Elle avait passé une nuit agréable dans une chambre confortable, elle avait mangé à sa faim. Hermione tourna son regard vers Neira, qui grattait délicatement les cordes de son pouce. La veille, elle avait aidé à convaincre l'assemblée pour qu'elle reste, aux côtés de Blaise. Théo et Malefoy avait également participé, mais plus froidement et de manière plus désintéressée. Elle devait sa place au métisse et à la musicienne, et leur était redevable.
La tatouée darda son regard sur Hermione. Elle fit une note plus grave que les autres en souriant, attirant son attention.
« La vue te plaît ? » demanda-t-elle en désignant les jardins d'un geste nonchalant.
La brune retourna à la contemplation du verger.
« C'est magnifique » déclara-t-elle simplement. « Je pensais que je n'aurai jamais l'occasion d'en revoir. »
« Tu te rappelles en avoir vu ? » s'enquérit Neira en fronçant légèrement les sourcils.
« Je sais que j'en ai vu. J'ai une image qui apparaît, mais c'est assez flou, comme lorsqu'on veut se remémorer un rêve et qu'on n'y arrive pas. »
La tatouée la fixa un instant, avant de retourner à ses accords.
« On l'appelle le jardin des Hespérides » révéla-t-elle. « À ce que j'ai compris, c'était un jardin réservé aux dieux d'une mythologie moldu. C'est un symbole de fécondité et d'immortalité, et c'est justement le message qu'on veut faire passer. En quelques années, on a réussi à s'adapter au monde très rapidement, on a construit tout ça » continua-t-elle en couvant la Citadelle du regard. « Notre cité ne s'est pas faite seule, on a travaillé des jours et des nuits dessus. Aujourd'hui, on fait partie des plus puissants, et on ne compte pas s'arrêter là. »
Hermione avait écouté la tirade avec attention, mémorisant les paroles de Neira, mais un détail avait attisé sa curiosité. Elle se morigéna mentalement d'accorder autant d'importance à ce genre de petites choses, mais ne put s'empêcher de demander à sa guide.
« Juste... Quand tu parles de 'mythologie moldu'... » commença-t-elle.
La tatouée ricana, avant de faire un clin d'œil à la brune.
« Tu verras ça plus tard. On va dire qu'entre notre mythologie, et la leur, il y a comme un brin de 'magie' qui les différencie... » confessa-t-elle mystérieusement.
Encore plus perdue qu'avant et vexée de ne pas avoir eu de réponse, Hermione fit la moue et se détourna de la guerrière. Cette dernière éclata de rire, avant de sauter sur ses pieds. Elle passa la sangle de sa guitare autour d'elle, installa l'instrument dans son dos et interpella la brune.
« Allez, je vais t'emmener te laver. Après, je me chargerai de te faire la visite de la Citadelle. »
« Comment ça ? »
La tatouée leva un sourcil avec amusement.
« Tu crois qu'on a une douche par chambre ou quoi ? » lâcha-t-elle en raillant. « Désolée ma grande, mais tout le monde est dans le même bain, que ce soit au sens propre ou figuré. »
« Même pour les hommes... ? » demanda la brune d'une petite voix.
Neira s'esclaffa de nouveau.
« T'es pudique ? T'es pas dans la merde alors. On y va ! »
La mort dans l'âme, Hermione suivit la musicienne. Elles descendirent plusieurs escaliers jusqu'à se retrouver au niveau du sol. De là, le duo bifurqua, et à l'étonnement de la brune, sortirent dans les jardins et s'y enfoncèrent. Elles parcoururent des sentiers serpentant entre les diverses cultures aux couleurs éclatantes.
De son côté, Neira s'amusait des réactions de la brune qui s'imprégnait d'un paysage presque oublié. Elle posait un regard émerveillé sur tout ce qu'elle voyait, à l'instar d'un enfant découvrant la vie. La guerrière leva les yeux au ciel, comme agacée, mais son sourire en coin la trahissait. Il était rare de voir pareille innocence ici-bas, le cas de la brune était unique. Elle se dégoûtait de la mort, de la violence et de la guerre ; elle ne cherchait ni le profit, ni le pouvoir. Somme toute, elle était comme une espèce en voie de disparition.
Neira marcha plus rapidement, sauta, et s'accrocha d'une main à l'un des arbres bordant le sentier, aux longues feuilles vertes. De sa main libre, elle cueillit un fruit rouge et rond, à l'aspect lisse, qu'elle lança adroitement à Hermione. La jeune femme le rattrapa, et le huma pendant que la tatouée en saisissait un autre pour elle. L'odeur était sucrée à souhait. La guerrière lui lança un énième regard amusé.
« Mange. C'est une nectarine. Tu vas adorer, c'est délicieux. »
La jeune femme croqua dedans. Le fruit était parfaitement mûr, tellement juteux que quelques gouttes roulèrent sur son menton, allant se perdre dans son cou. Elle dévora le fruit sous le regard moqueur de Neira, qui mangeait plus lentement, prenant le temps de savourer. La tatouée lui fit signe de la suivre, et au bout de quelques instants, elles arrivèrent.
Le duo était au pied d'une énorme chute d'eau, qui devait culminer à au moins une vingtaine de mètres du sol. La cascade déversait des milliers de litres d'eau dans un vacarme assourdissant, atterrissant dans un lac artificiel qui ruisselait en direction de la cité. Quelques mètres plus loin, une cascade beaucoup plus petite et plus basse alimentait un bassin rocheux, protégé du soleil par une allée d'arbres fruitiers. Malgré le fait que l'endroit soit de toute beauté, Hermione piqua un fard lorsqu'elle vit les femmes de l'Assemblée se baigner ensemble, pour la plupart entièrement dévêtues. Neira la poussa légèrement, elles longèrent le bassin sous le regard inquisiteur d'Astoria. La tatouée l'emmena dans un coin un peu reculé, et s'installa en tailleur sur un rocher. Elle posa ses iris sombres sur Hermione, qui rougit légèrement en triturant son pagne. Le visage de la tatouée s'illumina alors qu'elle éclatait de rire, enfonçant par la même occasion la brune dans sa gêne.
« Ne t'en fais pas » la rassura Neira. « Je ne te regarderais pas, promis ! »
La guerrière se détourna d'Hermione, la laissant libre de se déshabiller. La jeune femme resta immobile un instant, avant d'ôter fébrilement ses vêtements et de se jeter dans l'eau avec joie. Elle éclaboussa sa guide qui râla, avant de surgir de l'eau avec le sourire aux lèvres. La tatouée pesta contre 'cette sauvage inéduquée', mais oublia rapidement cet incident. Elle saisit sa guitare, la posa sur sa cuisse et commença à gratter quelques notes aux sonorités méditerranéennes, chaudes. La brune fit quelques longueurs. Elle profitait de la fraîcheur de l'eau sur sa peau brûlante, se laissant envahir par la mélodie. Elle s'approcha du bord, s'y accouda de manière à cacher son corps.
« Quel est ce genre de musique ? » questionna-t-elle, arrachant un sourire à la tatouée.
« Ce sont des musiques de chez moi » lui répondit-elle avec passion. « Ce sont des chansons espagnoles, que j'ai appris quand j'étais très jeune. »
Neira se tût un instant, avant de reprendre la parole. Elle faisait courir ses doigts le long du manche et grattait les cordes avec ses ongles, retenant l'attention d'Hermione.
« J'ai été élevée par mes grands-parents » confia-t-elle, perdant un peu de son assurance. « Mon grand-père, mon Abuelito, il était moldu, mais pas ma grand-mère. Moi, je n'étais pas moldue, donc je passais souvent du temps avec mon Abuelita, et ça le rendait triste. Dans ces moments, il jouait de la musique. Quand il a comprit que j'aimais le voir jouer, il m'a appris tout ce qu'il pouvait, sur tous les instruments qu'il pouvait. Il a commencé avec la guitare acoustique, comme la plupart des espagnols. Ensuite, il m'a donné quelques bases de piano, de basse, et surtout de batterie. »
La brune écoutait religieusement. Elle s'imaginait que ce genre de moment devait être rare, Neira n'avait visiblement pas l'habitude se se confier, alors elle se taisait, pour ne pas la couper dans le récit de ses origines. On lui accordait un moment privilégié où elle pouvait construire un semblant de relation, elle n'avait aucunement envie de briser cet instant.
La guerrière jouait des notes plus mélancoliques, plus lentes, alors qu'elle terminait son récit.
« J'ai du partir de chez mes grands-parents pour aller étudier. Il n'y avait pas de ce genre d'école en Espagne, alors j'ai du aller jusqu'en France pour suivre les cours. Malheureusement, je n'étais qu'en cinquième année lors de votre Seconde Guerre, ça m'a coupé un moment des études. J'étais en septième année lorsque la Grande Guerre a éclaté. Je suis retournée chez mes grands-parents pour voir s'ils allaient bien, mais ils n'étaient plus là. Je ne les ai jamais retrouvés. » Elle fit une pause, avant de reprendre plus joyeusement. « Et me voilà, cinq ans plus tard, en train de te parler en tant que Warkyrie ! »
« Tu as une histoire peu commune... À la fois belle, et triste. »
Neira hocha la tête. Elle lui accorda un sourire, mais pas celui dont elle avait l'habitude, ce rictus légèrement narquois. Cette fois, elle lui offrait un véritable sourire, sincère, ce qui réchauffa le cœur de la brune.
« Bien sûr, si tu en parles à quelqu'un, je te décapite » dit Neira, ne rigolant qu'à moitié.
Hermione pouffa.
« Ne t'en fais pas. Juste, c'est quoi une Warkyrie ? »
« En gros, une femme seigneur de guerre dans un clan. C'est un mélange de 'valkyrie', une guerrière divine, avec 'war' pour Warboy. Bref, la mythologie moldue a encore frappé, et m'a affublée d'un titre désastreux. » déplora-t-elle.
Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire en même temps, avant qu'Hermione ne replonge sous l'eau et que Neira retourne à ses notes.
« Tu es sûre que je peux te suivre ? » murmura la brune, collée au mur.
La Warkyrie pesta, et lui intima le silence en secouant la main comme une forcenée.
« On s'en fout, j'ai envie de sortir ! Tu n'es pas sensée sortir, mais tu ne dois pas me quitter. Comme je suis responsable de toi, je choisis, tu n'es pas en tort, tout le monde est content et on fait la fête ! » râla-t-elle en dardant son regard dans le couloir, pour s'assurer que personne ne les remarqueraient.
Après s'être baignée, Neira lui avait appris quelques notions sur la vie de la Citadelle. La cité, Kerieh comme ils la nommaient, était séparée en deux parties : la Cité Haute, installée dans les falaises, comprenant le palais où elle résidait et les jardins ; et la Cité Basse, soit le reste de la ville. Ils n'avaient pas séparé la cité par distinction sociale, lui avait-elle dit, mais surtout par nécessité. Ils avaient instauré une démocratie, dont la Cité Haute servait de ministère. Ils avaient voulu recréer le modèle d'avant-guerre, et cela marchait assez bien pour le moment car les deux se mêlaient. Il n'était pas rare que les gens de la Cité Haute viennent s'amuser dans la Basse, profitant des bars, des festivités et des amusements que proposait la ville.
Actuellement, c'était ce que Neira voulait faire, elle voulait profiter. Après l'attaque, tout avait été très compliqué, entre les diverses réunions du conseil et les reconstructions qu'ils devaient gérer. Aussi, elle avait décidé d'emmener Hermione avec elle malgré que Malefoy lui avait expressément interdit de sortir. La tatouée avait balayé ces paroles d'un geste de la main.
Les deux jeunes femmes se retrouvaient donc aux abords des cuisines du palais, cachées derrière un mur et, pour la brune, intimée au silence par une guerrière se prenant pour une ninja. Hermione soupira, blasée de la stupidité de la situation, mais se retrouva bâillonnée par la main de Neira. La musicienne restait concentrée sur le couloir, ses yeux noirs balayaient les lieux avec méfiance. Hermione lui lança un regard plus que meurtrier, que sa guide ignora superbement.
La Warkyrie saisit sa main et l'entraîna en courant vers une porte non surveillée, qu'elle ouvrit d'un coup de pied. La brune roula des yeux en enfilant sa pèlerine sombre. On a déjà fait mieux en manière de discrétion, pensa-t-elle avec effarement.
Hermione rabattit sa capuche sur son visage et les deux femmes sortirent du palais. La nuit venant de tomber, elles n'avaient aucun mal à se mêler aux ombres et à progresser en toute discrétion. Elles longèrent l'artère principale un moment, avant de bifurquer dans une ruelle étroite. Neira avançait avec assurance alors qu'Hermione avait tendance à lancer quelques regards en arrière. Dès le premier jour, on lui avait clairement fait comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue. Qu'adviendrait-il d'elle si on la découvrait dans l'une des Citadelles les plus peuplées ? Rien de bon, pensa-t-elle en grimaçant.
La tatouée la pressa, saisissant son poignet afin d'accélérer le pas. La brune se rendit rapidement compte qu'elles se dirigeaient vers une partie de la Cité Basse à flanc de roche. Le chemin était pentu, la jeune femme devait forcer sur ses cuisses brûlantes pour suivre la guerrière. Neira se retourna vers elle et lui adressa un sourire encourageant.
« Tu vas voir, ça en vaut la peine » murmura-t-elle du bout des lèvres. « On y est presque. »
La Warkyrie n'avait pas menti. Quelques marches plus tard, le duo entrait dans ce qui semblait être une petite échoppe, à la devanture simple, sans inscriptions et peu attrayante. Un Warboy, ayant environ la quarantaine, leur avait ouvert en reconnaissant la combattante. Elles étaient à l'intérieur d'une sorte de primeur minablement fournis. Hermione plissa les yeux. Où l'avait-on encore amenée ?
Neira avait abaissé sa capuche dès que la porte s'était refermée. Elle défit habilement les boutons de sa pèlerine, et la remit à l'employée en souriant. D'un signe de tête, elle invita la brune à l'imiter. Débarrassée de son vêtement, elle suivit la tatouée avec curiosité. Elles s'engagèrent dans le couloir menant à la remise d'après l'écriteau sur le mur, précédées de l'homme. L'employé se retourna vers le duo. Il bloquait l'entrée de la remise, et arborait une expression sévère.
« Je vous prie de m'excuser ma Dame, mais je suis contraint de vous demander le mot de passe. » dit-il d'un ton professionnel.
Neira laissa transparaître une certaine confusion.
« Vous ne me l'aviez pas demandé les autres fois » remarqua-t-elle.
« En effet » répondit-il. « Mais depuis l'attaque des SunEaters, les mesures de sécurité ont été renforcées. Monsieur Malefoy a été très clair, l'identité des clients doit être impérativement vérifiée. »
« Si on ne peut même plus se balader tranquillement... » grommela la Warkyrie. « 'Sorbet citron', on peut passer maintenant ? »
Un sourire venimeux étira les lèvres de l'homme. Il sortit un trousseau de clé de sous son t-shirt, et s'occupa de déverrouiller la porte. La Warkyrie se pencha vers Hermione qui avait suivi l'échange sans un mot.
« Un mot de passe... Le summum du ringard. » lui chuchota-t-elle à l'oreille.
Hermione pouffa, alors que le Warboy ouvrit la porte au duo en leur souhaitant une agréable soirée. Neira entrechoqua ses poings, se tourna vers la jeune femme et l'invita à entrer dans une révérence.
La brune avança prudemment, et s'arrêta juste devant une fontaine d'intérieur. Elle se trouvait dans une cour à l'air libre, protégée par des Warboys armés dont la main était posée sur la garde de leurs cimeterres. Éclairées par quelques torches et lanternes, des ouvertures dans les murs menaient à des passages jusque dans la falaise qui surplombait la cour.
Hermione reconnut les personnes présentes. Des aristocrates, comme ils aimaient se faire appeler. Ils arboraient un style vestimentaire volontairement décalé pour être aisément identifiés, et formaient de petits groupes dont les conversations variaient. Ils avaient tous un verre à la main, et buvaient par petites gorgées. Les aristocrates avaient récupérés certaines codes de l'ancienne société, surtout les bonnes manières, pour que la noblesse perdure à travers le temps. La brune se riait d'eux. La seule chose qu'ils avaient réussi à faire durer, c'était le ridicule.
La jeune femme se sentit perplexe. Elle était presque sûre que ce genre de soirées n'était pas le genre de Neira. Alors pourquoi l'avait-elle emmenée ici ? La guerrière se dirigeait avec confiance droit devant elle, s'éloignant de plus en plus. Elle se retourna, et invita sa comparse à la rejoindre d'un signe de la tête. À son tour, Hermione fendit la foule mais s'étonna de ne pas la trouver. Plantée en plein milieu de la cour et ne connaissant personne, qu'était-elle sensée faire ? Elle posa son regard sur un des Warboy et le questionna du regard. Il resta parfaitement neutre, avant de désigner un point derrière elle du menton. Elle allait se retourner, mais une main se posa sur ses yeux juste avant. La brune reconnut le rire sardonique de Neira, légèrement grave. Hermione lâcha un soupir agacé et se laissa mener par la Warkyrie.
Alors qu'elle avançait aveuglément, la brune sentit la moiteur étouffante du soir faire place à une agréable fraîcheur, et comprit qu'elles étaient entrées dans un des bâtiments bordant la cour. Lorsque Neira ôta sa main, la brune put constater qu'elles étaient dans un boyau rocheux, illuminé par quelques lanternes aux reflets vermillons. La tatouée prit sa main et la tira, elle semblait impatiente. Une étincelle brillait dans les yeux de la Warkyrie, arrachant un sourire à Hermione. Après quelques minutes d'une marche soutenue et imposée, elles aperçurent une lumière plus forte au bout du boyau. Neira lâcha la main de la brune et se stoppa net. Elle passa un doigt dans l'élastique qui retenait sa chevelure, et le retira. Sa crinière retomba, elle passa les doigts dans ses cheveux tout en pestant contre eux. La jeune femme semblait comme... stressée ? Surprise, Hermione laissa échapper un gloussement. La Warkyrie lui lança un regard noir tout en essayant de dompter sa crinière. Une idée folle la prit, rapidement confirmée par la nervosité de sa guide.
« J'arrive pas à y croire... » souffla la brune.
Neira concentra son attention sur elle, attendant visiblement la suite.
« Tu vas voir ton amant ? » demanda-t-elle de but en blanc.
« Mais pas du tout ! Je, je n'ai pas d'amant ! » s'indigna la tatouée, s'étouffant.
« Alors pourquoi tu veux te faire belle ? » continua la jeune femme en croisant les bras, l'air satisfait.
« Je ne me fais pas belle. Maintenant, tu la fermes où je t'égorge. » bougonna-t-elle.
Elles reprirent leur route en silence. Neira marchait assez rapidement, mais il était visible qu'elle se retenait d'accélérer le pas. Hermione la suivit plus lentement. Qu'est ce qui rendait la guerrière si euphorique ?
Lui faisant face, la tatouée lui lançait un regard charmeur. Elle s'était débarrassée de sa gêne, et lançait un regard plein de sous-entendus. Elle sourit de toutes ses dents, avant de déclarer :
« Très chère, bienvenue dans le meilleur bordel de cette foutue planète : j'ai nommé le Venusia ! »
Hermione posa deux yeux ronds comme des billes sur sa guide, qui la regardait d'un air satisfait.
« Hein ? » lâcha la brune, médusée.
C'est tout ce qui lui vint à l'esprit lorsqu'elle entra. Neira l'avait emmenée dans une maison close. Elle ne pouvait tout simplement pas être sérieuse. Bouche bée, elle regarda la Warkyrie se mêler à la foule, son rire puissant résonnant dans l'air. Elle m'a emmenée dans une maison close, se répétait-elle avec stupéfaction. Un foyer des plaisirs installé dans une grotte souterraine aux proportions phénoménales, éclairée par les mêmes lanternes rouges du boyau, à l'atmosphère sensuelle et accueillante. Elle voyait quelques couples s'ébattre librement sur de grands matelas aux draps pourpres sous la lumière tamisée. Enracinés de manière à ce qu'ils soient au niveau du sol, chaque matelas aurait pu accueillir au moins dix personnes.
Slalomant entre les lits, Neira se dirigeait d'un pas décidé vers deux jeunes hommes et leur sauta au cou. Ils échangèrent quelques paroles enjouées, bien que la tatouée paraissait se dandiner par moment, jouant avec une mèche de cheveux. Ils tournèrent leur attention vers une Hermione hilare. S'il y a bien quelque chose qu'elle n'aurait jamais pensé voir en rencontrant la guerrière, c'est une scène dans ce genre, où elle agirait comme une adolescente énamourée. La tatouée agita la main, lui signalant de venir tout en lui jetant une œillade assassine. La brune progressa entre les alcôves en évitant soigneusement de regarder leurs occupants, le rouge aux joues, avant de se retrouver devant un trio qui l'examinait de la tête aux pieds.
De près, elle pouvait constater que les deux hommes étaient jumeaux. Tous deux très grands, aux yeux verts et aux cheveux roux ébouriffés, ils arboraient le même sourire en coin. Loin d'être vêtus comme les autres Warboys, ils portaient des vêtements accordés, une veste et un pantalon en tweed aux couleurs bariolées, typiquement anglais. Ils avaient installé Neira entre eux, posant leurs grandes mains osseuses sur les hanches de la Warkyrie.
« Tiens tiens, mon très cher George, regarde qui vient... » déclara le premier.
« On dirait bien notre Hermignonne, mon très cher Fred. » s'exclama celui qui devait être Georges.
« On ne pensait pas te revoir un jour. » avoua Fred.
« Enfin si, mais pas aussi vivante ! » termina George, légèrement sarcastique.
Neira leur administra une tape derrière la tête à chacun. La brune ne se formalisa pas de la familiarité des jumeaux, elle était désormais habituée. Une seule chose la tracassait : ils lui rappelaient quelqu'un...
« Arrêtez vos conneries » grogna la tatouée, avant de soupirer et de se reprendre. « Je te présente Fred et George, officiellement les gérants de la Venusia, et officieusement mes deux crétins de services. »
« Quelle cruauté ! » s'indigna faussement Fred.
« Diffamation ! » s'écria George, une main sur le cœur.
La Warkyrie lui lança un regard fatigué, alors qu'Hermione se retenait d'éclater de rire devant le cinéma des deux frères. Les jumeaux sanglotaient ensemble, blessés par la « vilaine méchante pas belle », et se réconfortant dans les bras de l'autre. Neira leva les yeux au ciel, tapant du pied.
« On a compris que je suis une femme horrible et ainsi de suite, maintenant, on peut passer aux choses sérieuses ? » demanda-t-elle avec agacement.
Éclatant de rire, les jumeaux se relevèrent et prirent Hermione avec eux, bras dessus bras dessous. Ils la menèrent à un canapé d'angle en cuir noir, où ils s'installèrent confortablement. La jeune femme se laissa faire tout en gardant un œil sur la tatouée qui s'éloignait. Si elle avait besoin, c'était la seule qui l'aiderait, et Hermione n'était pas prête à lâcher sa gardienne.
Elle vit la Warkyrie s'adresser à deux jeunes hommes très enjoués. L'un d'entre eux lui répondit, sourit et hocha la tête. Elle se plaça derrière une batterie que la brune n'avait pas vu en entrant, et saisit les baguettes posées sur l'une des caisses. Les autres jeunes saisirent respectivement une basse et une guitare électrique. Le guitariste se tourna vers la tatouée, qui se craqua la nuque. Elle leva son pouce en l'air avant d'entrechoquer ses baguettes plusieurs fois.
Le morceau qu'ils jouaient était très rythmé. Neira alternait entre des phases calmes où elle était très concentrée, et d'autres plus énergiques où elle jouait avec ses tripes, les yeux étincelants, le sourire aux lèvres. La jeune femme rougissait sous l'effort. Le chanteur se faisait entraînant, avec sa voix légèrement traînante quand elle frappait violemment, avec passion. Hermione remarqua que le trio donnait le rythme aux amants de la maison close. Les gémissements étaient plus forts et plus longs qu'à son arrivée, lui faisant monter le rouge aux joues.
Tournant la tête, la brune vit qu'un des jumeaux ne quittait pas la guerrière des yeux. Elle n'arrivait pas à les distinguer, mais les questions s'accumulant, elle décida de s'adresser au second frère. Elle se détourna du premier, mais l'autre semblait avoir compris ses pensées.
Le jumeau se leva, son éternel sourire en coin présent, et lui fit signe de le suivre. Hermione jeta un regard en arrière pour Neira. La jeune femme battait rapidement sa pédale et s'acharnait sur les caisses et les cymbales. L'angoisse la saisit légèrement, pinçant son cœur. Elle n'aimait pas se retrouver loin de la Walkyrie, c'était la seule personne qui ne lui était pas hostile.
« T'en fais pas pour elle » dit le rouquin à ses côtés, coupant court à ses pensées. « Georgie et elle vont se tourner autour, comme à l'accoutumée, ils nous rejoindront seulement ensuite. » pouffa-t-il.
Hermione haussa un sourcil.
« Neira ? On parle de la même ? » demanda-t-elle avec amusement.
« Tu ne la connais pas » rétorqua-t-il sur le même ton. « Elle se donne un peu en spectacle avec sa réputation de tueuse, mais quand on creuse, on voit directement que ce n'est pas son genre. Enfin, en partie. »
« En partie ? »
Le roux ne répondit pas, un silence s'installa entre eux. La présence de Fred était plutôt apaisante, comparée aux regards furieux d'Astoria ou à la froideur de Malefoy. La brune se mordit la lèvre. Penser au blond la ramenait aux paroles venimeuses qu'il lui avait jeté au visage la première fois qu'ils s'étaient vus. Elle trouva qu'elle s'en souciait beaucoup trop. Elle n'avait aucune raison de prendre ces mots à cœur, mais elle le faisait quand même. Malefoy avait beau être abject, c'était tout de même grâce à lui qu'elle était encore en vie. S'il n'avait pas été là, elle aurait été abandonnée dans le désert ou aux SunEaters. Ce constat lui donna la nausée, elle n'était là grâce à son bon vouloir.
Le rouquin s'était rapidement aperçut de l'air déconfit qu'arborait la jeune femme. Il se sentait un peu peiné pour elle. D'après ce que Neira leur avait expliqué dans sa missive, Hermione ne connaissait personne et était plus que perdue. Il s'imagina à sa place, un léger frisson le prit. Baissant le regard vers elle, il entama la conversation.
« Au fait » commença-t-il avec un peu d'hésitation, « désolée que tu sois tombée sur Ron. Ça a du être dur pour toi. Ce monde l'a vraiment changé, c'est pas vraiment de sa faute, tu sais. »
Hermione posa son regard sur le jeune homme, assez perplexe. Comment savait-il qu'elle avait été avec Ron ? Et pourquoi était-il désolé ? Le jeune Weasley avait été adorable avec elle, comblant quelques unes des lacunes qu'elle avait de ce monde si particulier. Légèrement désorientée, elle constata amèrement qu'elle n'obtenait jamais de réponse alors que les questions s'accumulaient indécemment.
« Je suis désolée, mais je ne vois pas de quoi tu parles... Tu peux être plus clair ? » s'enquérit la brune.
L'expression de Fred changea du tout au tout. Il passa de jeune homme compatissant à un enfant que l'on aurait attrapé en flagrant délit. Le bout de ses oreilles rougit, et il détourna le regard. Le rouquin s'esclaffa, mais la jeune femme n'était pas dupe. Quelque chose clochait, il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas et voulait se rattraper.
« Ne tire pas cette tête ! » s'exclama-t-il joyeusement. « Juste que d'avoir rencontré notre petit frère.. Ça devait être horrible, c'est un vrai boulet ! »
« Comment ça .. ?Tu te moques de moi. »
Une ambiance glaciale s'installa entre eux. Hermione posa un regard blessé sur le jeune homme. Elle avait résolu l'énigme de la ressemblance, mais cela ne la réconfortait pas pour autant.
« Ton frère est dans la camp ennemi au vôtre, et c'est tout ce que tu trouves à dire ? Fred, soit honnête s'il te plaît. Que voulait-tu réellement dire ? »
Elle en était presque au point de le supplier. Tous ces non-dits, ces demi-paroles, ces ersatz de réponse, elle ne les supportait plus. Elle en était arrivé au point de non-retour. Maintenant, elle avait besoin de savoir.
Le rouquin s'assombrit. Ils étaient arrivés sur le seuil d'une porte, il se posta devant elle.
« Tu sauras tout ce soir. Maintenant, c'est à voir si tu supporteras ce que tu apprendras... » affirma-t-il de manière plutôt pessimiste.
Sa main était posée sur la poignée de la porte. Elle le fixa un moment, mais elle connaissait déjà la suite. Hermione inspira profondément, et lui accorda un signe de tête presque imperceptible.
Ça a été long, mais c'est finalement là. Maintenant je vous en conjure, REVIEWEZ (ça s'écrit comme ça ? et puis mince). Ça me donne l'envie de continuer, et ça m'aide à m'améliorer.
À bientôt !
