Oyé. Très chers amis.
Pour une fois, je suis volontairement en retard. Sans déconner. Parce que j'ai une nouvelle à vous annoncer qui ne va pas plaire. Demain je pars pour trois semaines de vacances au Portugal, sans connexion internet. Enfin si, mais au Burger King du coin, où je vais une fois par semaine. Je n'aurai pas le temps d'écrire, mais j'essaierai de vous pondre un chapitre en cours de route. Triste vie, sans écrits ni wifi !
Le prologue d'Arkolamyl est publié. Allez-y, jettez un coup d'œil (AU SENS FIGURE DECONNEZ PAS) et faites-moi part de vos impressions !
Vos reviews (j'en veux pluuuuuus) :
Charliee3216 : Toi, je t'aime. Tu me flattes vraiment, et j'aime ça. Après, je te remercie vraiment, j'espère que tu me suivras et que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes !
Marie901 : C'est le chapitre des révélations, dis-moi ce que tu en penses ! Merci beaucoup !
Ombre : Si je pouvais, je ma marierai avec les jumeaux. Je ne pouvais pas ne pas les inclure ! Ta théorie est une bonne idée, mais ce n'est pas vraiment ça. Tu vas voir, je vous ai réservé une histoire bordel made in Eyla. Derrière la porte, un ananas ? Qui vit au fond de la mer, HEIN ? M'enfin, restons calmes. Merci de continuer à me laisser une review à chaque fois, ça me motive ! PS : dis-moi ce que tu penses d'Arkolamyl, j'attends ton avis avec impatience.
: Si tu cernais tout, il n'y aurait aucun intérêt à lire cette histoire, non ? Dis-moi ce qu tu penses de ce chapitre, s'il t'a éclairé !
Bonne lecture !
Quand Fred avait ouvert la porte, Hermione s'était attendue à une grande révélation. Elle s'imaginait faire une véritable découverte, qui bouleverserait sa vie irrémédiablement. C'est dans cette optique qu'elle avait franchi le pas, et avait trouvé avec une pointe de déception Blaise, Théo et Malefoy en train de converser. Ils étaient confortablement installés sur de larges canapés sombres, séparés par une table basse de verre.
Son entrée attira l'attention des jeunes hommes. Ils la fixèrent sans un mot pendant qu'elle s'installait à son tour en s'éloignant légèrement d'eux, assez intimidée.
Totalement décontracté, Fred venait de se servir un verre d'une boisson ambrée, sûrement du Whisky Pur Feu. Il lui en avait proposé, mais son estomac était bien trop noué pour qu'elle puisse avaler quelque chose. Elle avait décliné poliment, il avait haussé les épaules, et était allé s'installer au centre d'un énième canapé.
La brune ne se souvenait pas de la dernière fois où elle avait été aussi angoissée. Elle sentait qu'elle était fébrile. Ses doigts trituraient le t-shirt que Neira lui avait prêté, sa jambe droite bougeait indépendamment de sa volonté. La Warkyrie lui avait dit qu'elle voulait s'amuser, alors quand elle l'avait suivie, elle avait décidé de mettre ses problèmes de côté et de profiter de la soirée. À ce moment, elle ne s'attendait pas du tout à devoir tenir une réunion avec ceux qui l'avait enlevée. C'était pourtant ce qui était arrivé, et elle attendait à présent que l'un d'entre eux rompe le silence de plomb qui s'était installé.
Blaise soupira, il se passa la main dans la nuque. Il avait l'air aussi mal à l'aise que la seule femme présente.
« Bon » s'exclama-t-il, « on ne va pas y passer toute la nuit. Fred ? »
L'interpellé se leva et fouilla dans les poches de son pantalon. Un sourire éclaira son visage. Il sortit de sa poche droite un petit morceau de papier, plié plusieurs fois. Il s'approcha d'Hermione et le posa dans sa main ouverte. Il revint à sa place après un regard encourageant.
La brune prit son temps. Elle déplia lentement le papier, qui dévoila une sorte de photo de classe en sépia. Une bande de jeunes était présente, souriant à pleine dents. Ils étaient tous vêtus de la même manière, portant un genre de robe avec un écusson brodé au niveau du cœur. La plupart d'entre eux ne lui disaient rien, mais elle reconnut Fred et George, sur la droite, qui les dépassaient tous d'une tête. La petite blonde de l'Assemblée était également dessus, se yeux toujours aussi rêveurs. Elle fut surprise de retrouver Ron et Ginny, adorables l'un à côté de l'autre.
Elle analysait l'image en prenant son temps. Son regard se posa sur un autre visage, dont la présence étonna la jeune femme. Le Survivant était là, sa tignasse brune ébouriffée joyeusement. Ses yeux n'avaient pas la même lueur. Ils étaient francs et honnêtes, pas comme lors de leur rencontre. Il avait le bras passé autour des épaules d'une jeune femme. Hermione se figea brusquement, froissant la photo.
Elle était dessus.
Un sourire radieux, ses boucles entourant un visage qui gardait quelques rondeurs de l'enfance, elle enserrait l'Élu de son bras gauche.
La brune posa la photo avec précaution sur la table basse. Elle la manipulait comme s'il s'agissait d'une relique très fragile, et n'arrivait pas à décoller son regard de sa propre image. Elle balbutia quelque chose que les hommes ne comprirent pas, avant de porter son attention sur Fred. Elle le fixa intensément, la bouche légèrement entrouverte. Elle ne cligna pas des yeux. Le jeune homme se dandina sous le regard pesant de la jeune femme.
« Elle était animée avant. » déclara le roux en désignant la photo du menton. « On l'a prise aux débuts de l'A.D. »
« L'A.D ? » répéta-t-elle, interdite.
« L'Armée de Dumbledore, quand Ombrage était à Poudlard. » répondit-il innocement.
« Poudlard ? Ombrage ?! » s'exclama-t-elle fortement.
Fred n'osa lui répondre. Hermione était stupéfaite. Elle secoua la tête, un rire jaune lui échappant. Encore une fois, on la mettait devant des faits, des lieux, des personnes qui n'avaient jamais été présents dans sa vie. Elle ne comprenait plus, et eux la regardaient comme si elle venait d'un autre monde.
Ils l'agaçaient. Ils étaient arrivés dans sa vie, l'avaient retournée sans aucune considération pour elle. Ils avaient débarqués, l'avaient plongée dans un monde où elle n'était pas la bienvenue, et lui demandaient de rendre des comptes comme si c'était une évidence. Elle n'arrivait pas à le croire.
« Incroyable... » lâcha-t-elle.
« Hermione... » tenta le roux en se levant.
Elle le coupa immédiatement d'un geste autoritaire. Elle se leva d'un bond, arracha le verre des mains de Fred et en avala une longue gorgée sous son regard médusé. L'alcool lui brûla la gorge, mais elle prit le temps d'apprécier la sensation. La brune se mordit la langue. Elle devait se maîtriser. La colère montait, mais elle avait besoin de connaître la vérité. Elle se permettrait d'exploser plus tard. Pour l'instant, sa priorité était différente.
La jeune femme inspira profondément, puis expira bruyamment par la bouche. Elle se rassit, et posa ses mains sur ses cuisses.
« Racontez-moi tout. » dit-elle simplement.
Fred acquiesça, et interrogea Blaise du regard. Las, le métisse se servit un verre de whisky. Il sentait qu'il en aurait besoin pour la suite.
« Weasley, à toi l'honneur. »
Fred entreprit alors de raconter ce qu'il savait de la vie d'Hermione, le plus précisément possible.
Blaise éclata de rire.
« Je n'y crois pas une seule seconde ! » s'insurgea Hermione.
« Je te le jure sur la tête de George ! » lui répondit Fred, hilare. « Vous vous êtes embrassés devant tout le monde en mode French Kiss, McGo' en aurait tourné de l'œil ! »
« Mon dieu ! » couina-t-elle, rouge pivoine. « J'ai réellement embrassé Ronald comme ça ? »
« J'étais sur le point de vomir, alors oui, ça c'est réellement passé. »
La brune gémit douloureusement, accentuant le fou rire qui menaçait d'étouffer Blaise. Elle ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis le début du récit, mais il arrivait à sa fin. Le rouquin en était au baiser qu'elle avait échangé avec Ron lors de la bataille de Poudlard, moment qui avait fait mourir de rire le métisse. Blaise avait les larmes aux yeux, il suffoquait presque pendant qu'il se tordait sur le canapé. Théo et Malefoy s'étaient contentés d'un sourire.
Hermione s'était doutée que connaître son passé lui ferait du bien, mais elle ne pensait pas que ce serait à ce point. Elle se sentait entière maintenant. Les cases manquantes de son histoire n'en étaient plus. Elle avait grimacé lors de moments plus sombres, éclaté de rire dans ceux qui l'amusaient ; elle se sentait revivre.
Blaise essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues, son torse encore agité des derniers soubresauts et ses abdominaux douloureux. Il prit le temps de se calmer, avant de s'effondrer sur le dossier, épuisé. Il soupira. L'atmosphère était devenue plus intime au fil du récit, il préférait largement ce genre d'ambiance.
« Vous n'avez pas abordé l'époque d'après-guerre. » fit remarquer Théo d'une voix traînante.
La brune vit Fred et Blaise se figer, puis détourner le regard comme s'ils étaient gênés. Elle comprit que le sujet « après-guerre » leur faisait l'effet d'une douche glacée, ce qui amusait apparemment Malefoy au vue de son sourire narquois.
« Alors Weasley, on a perdu sa langue ? » nargua le blond.
Le roux lui lança un regard meurtrier, avant de se focaliser sur Hermione. Elle attendait silencieusement, assez inquiète de connaître la suite des événements. Résigné, il planta ses iris verts dans les siens.
« Après la guerre, on a goûté un semblant de vie normale. Pendant un an, on s'est tous reconstruit, aussi bien psychologiquement que d'autres manières, mais on voyait que quelque chose se tramait. Potter devenait de plus en plus distant. Il évitait la foule, puis ses amis, puis même Ginny ! Il partait comme ça, pendant plusieurs jours, sans que l'on sache où et pourquoi. »
« Après, tout s'est accéléré » continua Blaise, un éclat mélancolique au fond des yeux. « Du jour au lendemain, il avait monté une sorte d'armée, dont les fidèles étaient complètements tarés, comme s'il leur avait lavé le cerveau. Son meilleur pote a suivi, comme la petite rouquine. Et toi, tu étais au milieu. »
Il fit une pause. Hermione constata que Malefoy la fusillait du regard, si méchamment qu'elle en baissa les yeux. Elle pria le métisse de continuer.
« Tout le monde savait que tu étais neutre. Tu n'adhérais pas aux idées de Potty, mais tu ne pouvais pas non plus abandonner ton meilleur ami ; alors, tu as essayé de le convaincre. C'était déjà bien trop tard. »
« Potter avait déjà commencé sa chasse aux sorcières, comme disent les moldus. Tout ceux qui ne le suivaient pas mourraient ou lui servaient d'amusement. » reprit Fred. « Les enlèvements devenaient plus fréquents, des corps étaient souvent retrouvés. On savait qui faisait ça, mais il était inatteignable, alors le monde s'est tourné vers toi. »
La jeune femme releva la tête avec surprise, ignorant l'insistance de Malefoy.
« Hermione Granger, l'héroïne de guerre ! Tu étais l'espoir du peuple, ils ont attendu que tu interviennes. En vain. La Grande Guerre a duré un an, les clans se sont formés à ce moment. »
« Tu as préféré fermer les yeux. Tu as assuré, dans une conférence de presse, que tout allait s'arranger. » siffla le blond. « Un mois plus tard, tu disparaissais sans laisser de trace, laissant le champ libre à Potty et à ses folies. Le résultat ? Il est là, sous tes yeux. La magie a disparu, le monde s'est asséché et désertifié. La radioactivité a augmenté exponentiellement ; c'est l'une des premières causes de maladie avec les tares génétiques. La durée de vie ne dépasse pas les cinquante ans, et encore, c'est quand on est vraiment chanceux ! Alors, Sang-de-Bourbe, tes impressions ? »
Hermione cru tourner de l'œil. La jeune femme était plus que retournée par ce qu'elle venait d'apprendre. Elle ne savait plus où se mettre, et le regard haineux de Malefoy n'arrangeait rien à son état. Elle serra les poings le plus fort possible, et posa son regard sur ses cuisses. Elle inspira lentement. Ce n'est qu'un cauchemar, rien d'autre, pensait-elle désespérément. Mais la vérité était là. La brune avait participé à l'effondrement de leur civilisation, elle en avait été la spectatrice privilégiée. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle avait compris que tout allait mal tourner, mais elle n'avait rien fait. Elle avait eu peur, et avait agit en conséquence. Elle avait préféré fermer les yeux et faire comme si de rien n'était. Elle avait fui.
Sa couardise avait tué le monde.
La culpabilité la serrait comme un étau. Combien de vies avait-elle ruiné ? Elle aurait pu tout éviter... Hermione baissa un peu plus la tête quand elle sentit la première larme couler, tandis que Malefoy se relevait violemment. Elle l'entendit jurer, le vit faire les cent pas devant les autres personnes présentes. Le souffle colérique du jeune homme la tétanisait, de très légers sanglots faisaient sursauter sa poitrine. Elle le vit se tourner, puis se pencher au dessus d'elle. Le blond la saisit brusquement par les épaules et la secoua, la forçant à le regarder dans les yeux. D'abord hésitante, elle prit son courage à deux mains.
La brune se pétrifia sous le regard furieux de Malefoy, ses prunelles étaient devenues orageuses, son front était plissé, son nez retroussé. Elle ne put s'empêcher de penser que le jeune homme avait un certain charme quand il était en colère, mais elle se fustigea immédiatement. On venait de lui dire qu'elle avait réduit l'humanité à la misère, et la seule chose à laquelle elle pensait, c'était les traits harmonieux du blond. Les larmes coulèrent plus abondamment. Elle qui avait été si intelligente, constatait désormais qu'elle n'était rien de plus qu'une dinde écervelée.
Le jeune homme la secoua une fois de plus en la voyant dans ses pensées. Il fulminait.
« Bordel, reprends-toi Granger ! Tu nous fais la misérable, et ça m'insupporte ! On dirait que tu portes toute la misère du monde... Tu as réussi l'exploit de détruire toutes les vies existantes, mais comme d'habitude, tu es la plus à plaindre, alors tu pleurniches comme tu l'as toujours fait ! » s'écria Malefoy, à présent hors de lui.
La jeune femme fronça les sourcils.
« Ce n'est pas vrai ! » couina-t-elle plaintivement. « Je... Tout est de ma faute, si j'avais... »
« Qu'est ce que tu aurais fait, hein ? Dis-moi de quelle merveilleuse manière tu aurais évité ça, alors que tout s'est passé il y a maintenant cinq ans ! Cinq putains d'années ! » cracha-t-il.
Le blond la bousculait un peu plus à chaque phrase. Il finit par saisir la mâchoire de la jeune femme dans sa paume avant de serrer, au point de lui faire mal. Ses paroles la touchaient plus qu'elle ne le laissait apparaître, mais elle décida de lui tenir tête. Elle était coupable et elle le savait, mais elle n'était pas la seule fautive dans l'histoire. Elle n'allait sûrement pas prendre pour les autres. Un air de défi brillant dans ses prunelles ambrées, elle planta son regard dans celui du jeune homme avec la ferme intention de ne pas céder.
Malefoy la fixa intensément. Elle savait qu'il l'étudiait, qu'il cherchait quelque chose au plus profond d'elle, sans savoir quoi. Son visage n'exprimait rien d'autre qu'une intense concentration. Il finit par relâcher sa prise sur le visage d'Hermione. Il s'écarta d'elle et alla s'asseoir à sa place initiale sous le regard perplexe de la jeune femme.
« Ne te fais pas d'illusions, Sang-de-Bourbe. Je te méprise encore plus qu'avant, mais tu nous es plus utile avec ton caractère insupportable que lorsque tu te morfonds. »
Un maigre sourire s'installa sur le visage de la brune. Foutu Malefoy, pensa-t-elle avec amusement. Il était peut-être la pire fouine ayant jamais existé, mais il avait raison sur ce point. Elle avait une chance, elle pouvait essayer de se rattraper, et pour cela, il fallait que la Hermione habituelle soit présente.
Elle entendit un gloussement. La jeune femme se tourna vers Fred. Le roux se mordait les joues, les yeux pétillants, visiblement amusé de la situation.
« Désolé ! » s'exclama-t-il en cachant sa bouche derrière sa main. « C'est nerveux, j'ai du mal avec les situations sérieuses qui durent trop longtemps. »
La brune roula des yeux, exaspérée par le manque de maturité du jumeau Weasley. Elle vit Blaise sourire franchement, Théo le suivre timidement. Malefoy, lui, garda une expression neutre plutôt contrariée par l'éclat dans son regard. Au moins, la réaction de Fred avait détendu un peu l'atmosphère.
Le calme revenu, Blaise sortit un rectangle de papier de sa veste qu'il posa sur la table basse, tourna, et fit glisser jusque devant Hermione. La jeune femme s'avança sur le canapé, et se pencha dessus.
Il s'agissait d'une photo. L'image avait été pliée, froissée, les bords étaient abîmés. Elle semblait plutôt ancienne, avec sa couleur sépia. Au centre, on voyait une pomme, rien d'autre. Bien que les teintes de la photo rendent l'exercice difficile, elle devina que le fruit était argenté. La brune fronça les sourcils, et leva un regard perplexe vers Blaise. Le métisse semblait plus sérieux que jamais.
« La dernière fois que l'on a vu l'une de ces pommes, elle était en possession de Voldemort, dans les années 50. » dit Blaise. « On ne sait pas ce qu'il s'est passé, mais un an après la seconde guerre des sorciers, Potter a réussi à en trouver une. Il nous as fallu plusieurs années et des recherches interminables pour comprendre ce que c'était. »
Le jeune homme s'interrompit. Hermione ne prit pas la parole, mais l'encouragea à continuer d'un signe de la main. Il déglutit, puis posa son index sur l'image.
« C'est une pomme de Morgane. »
Pourtant silencieux depuis le début, Théo prit la parole à son tour.
« D'après les légendes, la fée Morgane était l'élève de Merlin » commença le scarifié. « Elle était douée de pouvoirs très puissants, qu'elle utilisait à des fins assez sombres. »
« Ce qu'elle n'avait pas calculé, c'était que Merlin, son ancien mentor, était contre ses agissements. » rétorqua Blaise en s'installant plus confortablement.
« Exactement ! » reprit Théo. « Ce qu'elle avait compris, par contre, c'était que ses pouvoirs étaient moins puissants que ceux du plus grand sorcier de tous les temps. S'ils venaient à s'affronter, il y avait de fortes chances pour qu'elle périsse et qu'il en sorte vainqueur. Plus craintive que jamais, elle s'enferma et créa deux pommes qui pourraient réduire son ancien mentor à un simple moldu. L'une d'entre elle canalisait l'énergie magique autour du globe, l'autre avait le pouvoir de l'annihiler. Morgane était mauvaise, mais pas folle. Elle les a créées complémentaires, car elle-même avait fini par avoir peur du pouvoir qu'elles renfermaient. »
Théo leva son index en l'air.
« La première pomme, c'est celle que Potty a trouvé. C'est l'Infernale. » Il leva un autre doigt. « La seconde, la Juste, on ne sait pas où elle se trouve. »
Bien qu'Hermione avait suivi, elle n'était pas sûre de tout comprendre. Qu'est-ce que ces vieilles légendes avaient à voir avec elle ?
« Je vois ce que tu veux dire » l'interrompit-elle. « Mais en quoi ces pommes ont un lien avec la Grande Guerre ? »
Le Warboy leva un sourcil.
« Je te croyais plus intelligente que ça. » lâcha-t-il dédaigneusement.
« Ce que veut dire Théo, » le coupa Blaise avec un regard incendiaire, « C'est que les pommes sont à l'origine de la Grande Guerre. »
« Comment ça ? » demanda Hermione, de plus en plus perdue.
« Potter est tombé sur l'Infernale. C'est la mauvaise pomme, celle qui corrompt. Elle a le don de rendre mauvais quiconque la garde près de soi trop longtemps, donc plus il l'avait avec lui, plus son esprit penchait du mauvais côté de la balance. »
« Après un an à l'avoir dans les poches tous les jours et à dormir avec, il est devenu ce qu'il est aujourd'hui. » reprit le scarifié. « Pervers, sadique, mauvais... La pomme en a fait son esclave. Il y a maintenant cinq ans, il a libéré son pouvoir. »
La brune n'avait pas besoin d'en savoir plus. Les pièces du puzzle s'étaient assemblées dans son esprit.
« La pomme a détruit les flux de magie... » souffla-t-elle, incrédule.
« Bingo. La magie annihilée, son impact sur le monde n'étant plus, tout a changé. Les terres sont devenues arides, voire désertiques. L'eau s'est polluée, et nous n'avons rien pu faire, à part tenter de survivre. » expliqua Blaise.
« Vous avez dit qu'il en existe une autre » affirma-t-elle après un silence.
« La Juste » confirma le métisse. « On ne connaît pas vraiment sa position, mais on en a une idée... »
« Qui ne doit pas être révélée pour l'instant » déclara froidement une voix derrière la jeune femme.
Hermione sursauta, puis se tourna vers la porte d'entrée. Neira les toisait froidement, appuyée contre le mur, les bras croisés. La brune se sentit écrasée par la présence envahissante de la Warkyrie. Cette dernière était crispée, elle était clairement partagée entre la déception et la colère.
Après les avoir dévisagé un par un, plus longuement pour Hermione, elle porta son attention sur Blaise. Le métisse détourna aussitôt le regard, grommelant quelques paroles inintelligibles.
« C'est trop tôt » lâcha-t-elle glacialement. « On ne sait pas si l'on peut avoir confiance en elle pour l'instant. Tu en a déjà trop dit, Zabini. »
Les paroles de la musicienne blessèrent Hermione autant qu'elles la surprirent. Neira avait été la première à passer du temps avec elle à son arrivée. Elles avaient tissé un certain lien, à leur manière, que la brune avait apprécié dès le départ. Alors pourquoi se comportait-elle ainsi ? Quelques heures auparavant, elle lui parlait de son enfance et lui confiait des souvenirs heureux. Qu'est-ce qui avait pu changer entre temps ?
George, qui s'était tenu en retrait, s'approcha de la guerrière précautionneusement. Il posa sa main sur son épaule, mais elle se dégagea violemment, surprenant toute l'assemblée.
« Toi aussi, tu t'y mets ? » lui lança-t-elle avec colère.
« Nei', calme-toi, qu'est ce que tu nous fais ? » s'étonna le frère de Fred.
La Warkyrie plissa les yeux. Elle se recula d'un pas, comme foudroyée.
« Je vois. Elle arrive, elle s'intègre directement, on lui balance tout ce que l'on sait comme si on le lui devait. Certains d'entre nous devaient faire leurs preuves, je vous rappelle, alors qu'ils ont toujours été d'une loyauté infaillible ! La seule chose qu'elle a fait, c'est de fuir comme une lâche. » termina-t-elle avec dégoût.
Hermione failli en tomber à la renverse. Était-elle sérieusement en train de leur faire une crise de jalousie ? Les mots de la guerrière étaient mesquins, elle les choisissaient soigneusement pour qu'ils soient les plus blessants possibles pour la jeune femme.
« Ce n'est vraiment pas le moment de faire ta victime ! » s'imposa Blaise en se pinçant l'arête du nez. « On a pas le temps pour tes sautes d'humeur à la con ! »
« Tu te fous de moi ?! » rugit-elle, ramenant le silence. « Tu sais quoi, je n'ai même pas envie de vous parler. Vous m'avez foutu les nerfs, tous autant que vous êtes. »
« Neira, tu n'as pas besoin d'aller dans les extrêmes... » intervint Malefoy, à la surprise de la brune.
« Je suis une Warkyrie, je me réserve le droit de réagir comme je l'entend ! » cracha-t-elle. « « D'ailleurs, c'était ta putain d'idée de la ramener, mon cher Drago, alors tu te démerdes avec elle maintenant ! »
La musicienne ne lui laissa pas le temps de répliquer. Elle avait déjà tourné les talons et avait claqué la porte en sortant. Hermione n'en revenait pas de la scène qu'elle venait de leur faire.
Un long silence suivit le départ de la jeune femme. Théo s'était levé calmement et l'avait suivie sans un mot. George tapait du pied en fixant tour à tour Blaise et son jumeau.
« Vous savez que c'est moi qui prend à chaque fois que vous sortez une connerie ? Qu'elle est impossible, et qu'elle veut descendre tout ce qui l'approche ? Vous le savez, rassurez-moi ? » questionna ce dernier avec irritation.
« Gred, il fallait bien qu'on lui en parle, elle pourrait nous aider... » lui répondit timidement Fred.
« Je me fous de vos histoires » continua l'autre Weasley sans écouter son frère. « La seule chose que vous demande, c'est de ne pas la mettre en colère. C'est simple, pourtant ! »
« Simple est un grand mot... » marmonna Drago dans sa barbe.
George sortit à son tour. Au milieu de tout ça, Hermione se sentait coupable. Elle avait créée des tensions entre eux sans le vouloir, et était désormais considérée comme indésirable par celle qui l'avait accueillie les bras ouverts. Elle n'avait pas compris la réaction de Neira, mais elle l'avait blessée. Elle se devait d'aller réparer son erreur, qu'importe ce que c'était, et de s'excuser.
Animée par sa réflexion, elle se redressa, gonflée à bloc, et vint se planter devant Malefoy. Le jeune homme l'observa faire avec lassitude.
« Emmènes-moi la voir. » rétorqua la brune sur un ton sans équivoque.
« Non. »
« Si. »
« T'es chiante. » grogna le blond. « Elle a beau être en dessous de moi au niveau hiérarchique, je ne prendrais pas le risque de me prendre une balle pour tes fantaisies suicidaires. »
« Elle ne te tirera pas dessus ! » s'offrusqua-t-elle.
Blaise se racla la gorge. Il descendit la bretelle de son t-shirt, révélant une cicatrice au niveau de l'articulation de l'épaule. Elle n'était pas très ancienne, mais plutôt impressionnante.
« Elle était de mauvaise humeur ce jour-là. Je m'étais dit que si je la poussais dans le bassin, elle se dériderait, mais elle a littéralement pété un plomb. Elle a dégainé, et m'a tiré dessus. Elle ne m'a pas adressé la parole pendant au moins un mois. » lui confia-t-il.
Folle.
Elle était complètement folle. Tirer sur quelqu'un pour une blague ! Hermione en perdait les mots. Elle était choquée de voir qu'elle avait réagi aussi durement pour une broutille. Malefoy avait raison, elle allait les tuer s'ils s'approchaient, mais elle n'avait pas le choix. La jeune femme posa ses mains sur ses hanches.
« Elle ne me fait pas peur. Je vais aller la voir, que tu le veuilles ou non. » cingla-t-elle.
Drago se prit la tête dans les mains. Il regrettait de l'avoir emmenée jusqu'ici. Il regrettait d'avoir voulu jouer avec Potter, d'être devenu leader des Warboys. En ce moment-même, il aurait préféré se retrouver dans l'enclos des charognes, la situation aurait été bien plus gérable.
« Je t'emmène juste. Tu te débrouilles avec elle, je ne t'aiderai pas si elle tente de te buter ! » la menaça-t-il.
Un sourire suffisant étira les lèvres de la jeune femme. Il grogna, saisit son perfecto, et sortit de la pièce, talonné par une Hermione bien décidée.
Drago ralentit le pas pour la troisième fois depuis qu'ils étaient partis du Venusia. Il ignora royalement les protestations de la brune derrière lui, et s'aventura précautionneusement dans la ruelle adjacente à celle qu'ils venaient d'emprunter. Il savait que le soleil allait bientôt se lever, mais les ténèbres étaient encore épais à cette heure si matinale. Le jeune homme tentait de percer les ombres de son regard, en vain.
« On ne pourrais pas aller plus vite ? » s'impatienta Hermione.
Catastrophé, il l'intima au silence avec des gestes désordonnés. Cette imbécile allait les faire repérer ! S'ils sortaient vivant de cette épreuve, il se chargeait personnellement de l'étrangler. Parole de Malefoy.
Tout en avançant à pas de loup, il se demanda s'il exagérait. Il pouffa de sa propre stupidité. Bien sûr que non. Drago avait été peureux autrefois, il l'avouait avec amertume, mais il avait changé. Il avait grandi, mûri. Seulement, Neira lui inspirait vraiment de la crainte.
Il l'avait accepté dans le clan à son arrivée. Elle avait fait ses preuves, leur avait montré qu'elle était digne d'être une Warkyrie, mais il ne s'était pas attendu à ce que sa meilleure guerrière soit également la plus changeante. D'un moment à l'autre, elle pouvait être la femme la plus heureuse au monde, avant de se mettre en colère, d'aller sangloter dans les bras de Weasley puis de tomber amorphe, s'enfermant plusieurs jours de suite dans sa chambre. Ce caractère irascible la rendait dangereuse pour ses ennemis, mais d'autant plus pour ceux qui la côtoyaient continuellement. Blaise s'était pris une balle dans l'épaule, Astoria avait reçu un crochet du droit en pleine pommette, et même les jumeaux n'avaient pu éviter la furie de la musicienne.
Alors non, quand il s'avançait dans sa propre cité comme dans un territoire hostile, il avait raison. Il se protégeait simplement.
Le jeune homme vit Hermione charger comme un animal, droit devant, dans de grandes enjambées. Ses bottes de cuir claquaient contre les pavés si fort qu'elle aurait pu réveiller Kerieh entière, à elle seule. Il leva les yeux au ciel. C'était bien la peine de se donner du mal quand elle fichait tout en l'air.
« Granger, tu pars du mauvais côté. » souligna-t-il en examinant nonchalamment ses ongles.
La brune revint vers lui en un tourna vers lui, ne prenant même pas la peine de se rapprocher.
« J'allais à la Citadelle, et c'est de ce côté. » lui répondit-elle, hautaine.
« En effet. »
Elle sourit narquoisement, avant de repartir. Elle s'immobilisa quand la voix de Drago retentit de nouveau.
« Par contre, si tu connaissais notre Neira un minimum, tu saurais qu'elle ne retourne jamais au palais quand elle est en colère. Elle va se défouler au bord de l'ancien fleuve. »
Le torse bombé, elle vint se planter juste devant lui. Elle faisait la fière, mais les rougeurs sur ses joues ne trompaient pas. Le blond s'amusait de sa réaction. Sa confiance en elle la perdra un jour, se dit-il silencieusement.
« Je ne sais pas où se trouve le lit du fleuve. » avoua-t-elle, le regard résolument posé sur un pavé au sol.
« Je sais. » se moqua le jeune homme.
Il repartit à gauche, plus serein qu'auparavant. La brune avait décidé de se taire, trop honteuse pour émettre ne serait-ce qu'un seul son, et cela arrangeait plutôt le blond.
Drago marchait tranquillement, en prenant le temps de mémoriser la ruelle qu'ils empruntaient. Avec fierté, il se remémora les heures qu'il avait passé à construire les habitations, de jour comme de nuit, pendant de très longs mois. Ils s'étaient inspirés d'anciens immeubles construits dans l'Antiquité, dont ils avaient trouvés les plans dans la bibliothèque. De là, il avaient créé des logements assez confortables, d'environ deux étages, aux murs d'ocre. Kerieh en était intégralement composée. Avec le recul, le blond trouva qu'ils n'étaient pas si insalubres que ça. Il savait que les habitations des SunEaters étaient médiocres, voire inexistantes, et cela le confortait dans ses idées.
Ils venaient de descendre une longue rue bordée d'immeubles quand ils débouchèrent sur une place ronde, descendant jusqu'au fleuve. Des torches avaient été allumées, éclairant partiellement l'endroit.
« Pool ! » beugla une voix aisément reconnaissable.
Drago perdit toute assurance lorsque le ton coléreux de Neira parvint à lui. Il entendit un cliquetis métallique, suivit d'une détonation, et devint livide en voyant la Warkyrie armée. Il ne pensait pas qu'elle aurait trouvé un fusil aussi rapidement. Cette dernière toucha la cible qu'un Warboy venait de lancer en l'air, mais loin d'en être satisfaite, sa colère sembla grandir encore plus. Elle grommela, éjecta la cartouche vide, rechargea et se mit en position de tir.
« Pool ! »
Quelques pas derrière elle, il reconnut George, assis sur un muret de pierre. Le blond ne pouvait l'entendre, mais il voyait que Weasley voulait l'apaiser, juste à l'expression de son visage. Le roux parlait, la musicienne faisait mine de l'ignorer mais elle se concentrait sur les paroles du jeune homme. George était le seul à pouvoir l'approcher à n'importe quel moment, il pouvait lui parler franchement, sans détour, car elle l'appréciait plus que les autres, et bien plus qu'amicalement. Il avait une place privilégiée, que Drago enviait. Le roux avait le don de l'apaiser.
« Pool !»
De nouveau, elle atteignit sa cible en plein dans le mille. Neira actionna le levier de sa Winchester 1873, mais ne parla pas. Elle ne s'adressa pas à son Warboy pour qu'il lance une autre cible.
Elle semblait exténuée et accablée. Le blond la connaissait. Après la colère venait toujours la fatigue, puis la tristesse. La Warkyrie laissa retomber le bras qui tenait son fusil le long de son corps.
Sous le regard attentif de Drago, Weasley se leva, et vint prendre la tatouée dans ses bras. Il l'installa contre son torse, enfouissant son visage dans ses cheveux tout en récupérant l'arme qu'il jeta sur le côté. La jeune femme se blottit contre lui, serrant son t-shirt dans son poing. Malefoy constata avec soulagement qu'elle était à peu près calmée. Ils leur faudrait attendre encore un petit moment avant d'aller la voir, mais ils y étaient presque.
C'était sans compter sur Hermione.
La brune, voyant son amie plus détendue, la héla. Les deux hommes présents tournèrent la tête vers elle avec horreur. Elle ne la connaissait pas, elle ne savait pas qu'il y avait une certaine manière d'aborder la Warkyrie quand elle vous en voulait. Elle ne s'était pas demandée pourquoi Malefoy n'était pas intervenu directement, et allait en payer le prix.
Neira s'était brusquement crispée à l'entente de son nom. Elle n'entendait plus son George, qui bafouillait des paroles supposément apaisantes avec l'intention de la retenir. Elle voyait rouge. Cette salope avait pris sa place. Elle voulait la détrôner, devenir plus importante qu'elle. Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'elle était la meilleure en tout. Au combat, en voiture, dans ce monde qu'elle avait adopté. Elle avait survécu, et maniait les armes mieux que quiconque.
Elle allait mourir.
La musicienne se jeta sur sa Winchester, roula, puis braqua le canon sur le visage d'Hermione. Un sourire effrayant dévoilant des canines acérées, les yeux exorbités, elle appuya sur la détente.
Une petite review, pour votre Eyla en manque ?
À la prochaine, j'essaierai de vous écrire un petit chapitre !
