Hum...

Une Eyla sauvage est acculée par des lecteurs enragés. La jeune femme déglutit difficilement, sachant sa mort imminente. Alors, elle croise les bras sur sa tête, se roule en boule, et fais la première action courageuse lui venant en tête... Elle crie comme une abrutie.

PARDOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

Je sais. Plus d'un an. Pas un mot d'excuse, rien. Frappez-moi. Je pue, je sais. Je suis la pire... Mais je vous aime hein ? *oeil brillant de l'espoir de ne pas crever aujourd'hui.

Hmmm, je vous dois donc des excuses... Je suis désolée. J'ai horreur des gens qui abandonnent leurs histoires sans un mot, mais je fais exactement la même chose. Ça craint.

La faute à : MOI.

Page blanche. Pendant un an, je n'ai eu aucune inspiration, à part pour faire la gueule comme d'hab'. Rien n'a pu sortir, même si j'essayais ! Et récemment bah... C'est revenu, comme un coup d'un soir ayant de l'espoir. #RIIIIIIIIMEDEBG

(Je l'aime l'espoir moi ce soir, je sais pas ce que j'ai tiens !)

Tout ça pour dire que je suis de retour les bébés, pour vous jouer de mauvais tours héhé !

... ?... Ok, j'arrête les rimes nazes.

Bref ! Je vais me taire et vous laisser dévorer le septième chapitre de BITW ! Je tiens à remercier ceux qui ont laissé des reviews pendant mon absence, je vous porte dans mon petit cœur inexistant.

Au programme ? Votre douleur.

Bonne lecture !


« Recommence. »

Hermione grogna. Bien que la colère montait, elle resta calme et s'exécuta sans un mot. Elle réitéra les même gestes qu'elle avait fait toute la journée. Inspirer, caler la crosse dans le creux de son épaule. Poser la poignée au creux de sa paume. Installer son visage sur le repose-joue. Aligner le viseur sur la cible. Caresser la détente lors de l'expiration.

Et rater.

« Recommence. »

« Assez ! »

La brune se releva brusquement, sous le regard perplexe de Drago. Elle avait passé la matinée au bord de l'ancien fleuve à tenter de toucher une cible, passé plusieurs heures à plat ventre avec le soleil brûlant sur ses épaules. Elle avait pourtant tout fait comme lors de son premier tir, mais rien n'y faisait, elle mettait toujours à côté.

Alors, Hermione s'énervait. Elle n'était pas patiente de nature et ne supportait pas l'échec. Ainsi, quand un certain blond lui répétait la même chose des heures durant, sans quitter sa confortable parcelle d'ombre, elle enrageait.

Elle se planta devant lui, les muscles de son visage durement contractés, en tapant sur son torse de son index.

« Je n'en peux plus ! » grinça-t-elle. « Je n'ai rien touché depuis ce matin. Rien ! »

Malefoy captura son regard. Ses yeux se firent magnétiques tandis qu'il ne lâchait plus la jeune femme.

Le cœur d'Hermione devint plus lourd dans sa poitrine, les battements devenaient plus douloureux à chaque instant. Pourtant, elle refusait de lâcher son regard, elle s'en empêchait le plus possible. Elle ne devait pas se montrer faible devant lui, elle l'avait parfaitement compris à force de le côtoyer, et elle ne voulait sûrement pas lui donner cette joie ! Cette espèce de... Blond, allait comprendre qui elle était vraiment.

Malheureusement, la jeune femme sentit son estomac se nouer et sa bouche s'assécher sous la puissance des iris anthracites. Sa respiration, déjà difficile, se coupa lorsque Drago colla son torse au sien. Sa volonté était bien faible dernièrement. Étrange, pensa-t-elle sarcastiquement.

Il la dominait d'une tête. De nouveau, Hermione pouvait sentir l'odeur si particulière du blond, la seule ayant le don de la retourner autant. Il se pencha vers elle, sans couper l'échange visuel. Leurs lèvres n'étaient qu'à quelques millimètres l'une de l'autre, il ne lui suffisait que de bouger très légèrement pour qu'elles se touchent. Il ouvrit la bouche, venant effleurer la lèvre inférieure de Granger avec la sienne.

« Tu es mauvaise. Recommence. » souffla-t-il.

Le charme venait de se rompre.

Les yeux de la brune s'écarquillèrent furieusement. Elle plongea son regard furibond dans celui de Drago, moqueur. N'arrêterait-t-il jamais de se moquer d'elle ?

Sans que rien ne puisse le préparer, elle le gifla.

Le souffle d'Hermione était erratique. Jamais elle ne s'était sentie aussi manipulée, humiliée et frénétique avant cet instant. La brune ne supportait plus son insolence arrogante. Sa patience était grande : pour preuve, elle prenait part dans un combat plus grand qu'elle, dont elle ignorait la plupart des causes et conséquences mais à un moment, si on la pousse jusqu'à ses limites, on s'en mord les doigts. Elle s'en alla avec que le jeune homme n'ait pu comprendre ce qu'il venait de lui arriver, ne lui accordant qu'un dernier regard méprisant.

Le blond effleura sa joue du bout des doigts, légèrement douloureuse. Il jura. Comment osait-elle le frapper ainsi ?

« Et bien Drago, tu te fais dresser maintenant ? » le nargua une voix familière.

« Ferme-la, par pitié... » souffla-t-il avec désespoir.

Pansy lui jeta un coup d'œil en biais. La brune était installée sur le muret et avait observé toute la scène sans un mot, à la fois intriguée et dégoûtée. Très peu pour elle, ce genre de moment niais à souhait.

Le genou droit replié contre son torse, son bras nonchalamment posé dessus, elle haussa un sourcil élégant à l'attention de son ami.

« Si je me taisais, tu ferais bien plus de conneries que tu n'en fais déjà ! » rétorqua sèchement l'archère.

« Ce n'est pas ce que tu crois. »

Drago avait lâché ces quelques mots le plus froidement possible, même si le cœur n'y était pas. Tout ce qu'il voulait, c'était que Pansy s'en aille et qu'il puisse rester seul, sans avoir besoin de se justifier de quoi que ce soit. Le regard planté au sol, il se frotta la nuque.

La jeune femme au carré leva les yeux au ciel.

« Epargne-moi ce genre d'attitude, c'est aussi gênant pour toi que pour moi. »

« Parkinson... » commença le blond.

Elle le coupa d'une geste autoritaire de la main.

« Je ne veux rien entendre. Une seule chose : ne joue pas avec Hermione. Elle nous est précieuse. Fais ce qui te chante avec Astoria, mais ne fous pas en l'air tout ce qu'on a fait d'un claquement de doigt. Pour une fois, ne sois pas un connard. »

Les paroles de Pansy plongèrent le jeune homme dans le brouillard le plus complet. Il ne jouait à rien... Ou presque. Mais il avait juste voulu faire comprendre qui était en position de supériorité et qui ne l'était pas ! Il avait peut-être un peu exagéré, mais la réaction de la brune était disproportionnée. Le frapper, juste pour ça ? Un véritable caractère de charogne...

Pansy avait cependant raison sur un point, Hermione leur était précieuse. Le jeune homme soupira. Il ne pouvait pas se permettre de la blesser à ce stade où sa mémoire commençait à revenir, par bribes. S'il devait commencer à se soucier des états d'âme de chacun, l'exil deviendrait rapidement une solution envisageable...

Tout de même, elle avait eu les larmes aux yeux.

Il regarda Parkinson s'en aller de sa démarche féline, avant de la suivre, le cerveau en ébullition.


« Je crois que j'ai merdé. »

George grogna. Il était si bien, à plat ventre sur son lit, le visage enfoncé dans son oreiller si moelleux...

Mais le devoir l'appelait. Fichu devoir, il y en a qui aimeraient dormir encore cinq minutes !

Il tourna la tête sur le côté, et prit le temps d'ouvrir un œil encore ensommeillé. Sa vision resta floue quelques instants, mais devint rapidement plus précise. Son attention était désormais focalisée, il se signa discrètement. Il était prêt.

Le roux laissa ses iris d'émeraudes dériver sur Son corps, sur Son dos dénudé. Son regard épousait les courbes féminines de son amante, il se promenait le long des lignes des innombrables tatouages qui recouvraient son corps. George les adorait. À ses yeux, ces dessins représentaient de véritables œuvres d'art. Il redécouvrait les tentacules d'un monstre légendaire enserrant les côtes de sa belle, les deux visages d'une sombre déesse nordique sur sa cuisse, un corbeau aux ailes déployées sous sa poitrine ou encore un serpent destructeur de mondes entourant son avant-bras.

Les yeux du jeune homme tombèrent sur la main de son amante, qui tenait une cigarette entre ses longs doigts fins. George détestait quand le parfum de sa guerrière était recouvert par le tabac, mais il s'y faisait. Tant que cela restait exceptionnel, il pouvait fermer les yeux sur sa mauvaise habitude.

La Warkyrie porta la cigarette à ses lèvres légèrement entrouvertes. Le roux se laissa envoûter par ce spectacle n'ayant rien d'attrayant, mais qui prenait tout son sens quand c'était elle qui l'accomplissait. Elle passa sa langue sur sa lèvre inférieure, puis inspira une bouffée qu'elle contint un long moment. Lorsqu'elle expira, elle lâcha un soupir à fendre le cœur.

« Georgie, j'ai carrément merdé... » lâcha-t-elle, sa voix se brisant à la fin de sa phrase.

George fronça légèrement les sourcils. Il ne supportait pas de voir sa Neira si désemparée, le regard débordant de regrets et de non-dits. Le jeune homme se releva avec souplesse, et alla l'enlacer sans un mot. Il posa ses lèvres contre son cou, y déposa quelques baisers très légers, effleura cette peau si sensible. Il sentit qu'un frisson agitait la jeune femme. Le roux sourit discrètement.

Il huma son odeur puissamment, comme s'il souhaitait la graver à jamais dans sa mémoire. Il réfléchit rapidement. Agrumes ? Citron et pamplemousse, précisément. Peut-être une touche de verveine. Un parfum frais et joyeux, tout comme celle qu'il aimait. En général.

« Si tu as fait une erreur, répare-la. » lui dit-il avec douceur.

« Hermione me déteste, j'en suis sûre... » répondit la guerrière avec désespoir.

« C'est probable. »

La Warkyrie tourna un visage perplexe vers George, agrémenté d'un sourcil interrogateur. Le grand roux ne put retenir son sourire face à l'expression de la jeune femme.

« Mais si elle te déteste aujourd'hui, elle ne peut que t'aimer demain alors ! » s'exclama-t-il.

Neira secoua la tête et afficha un faible sourire, agitant ses longues mèches cuivrées par la même occasion. Les prunelles noires accrochèrent celles d'émeraude avec force, dans un regard puissant qui pourtant, menaçait de s'effondrer à la moindre caresse. Un tourbillon d'émotions traversait les yeux de la jeune femme. Au milieu de tout cela, George se sentit perdre pied, ébranlé par l'intensité de cet unique coup d'œil. Il s'était toujours demandé comment elle pouvait être aussi fragile et dure, repoussante et envoûtante, douce et cruelle à la fois. Cette femme est un véritable mystère, pensa-t-il avec amusement. Si son frère avait été là, il lui aurait sûrement répondu qu'elles étaient toutes les mêmes son idée lui arracha un ricanement.

La musicienne esquissa un sourire désolé à son amant. Elle saisit sa main avec douceur, et la guida jusqu'au bas de son propre dos. Elle lui caressa la main tout en baissant la tête, plus par automatisme qu'autre chose. Le visage du roux se ferma immédiatement. Il grogna.

« Tu sais aussi bien que moi que certains actes ne peuvent être effacés... Les conséquences en sont éternelles : elles restent gravées dans la chair, à jamais. »

George se figea alors que Neira s'éloignait de lui. Il ne l'avait pas sentit se détacher de lui, pris par ses pensées. Il ne supportait pas de toucher ses cicatrices. Elles lui donnaient toujours l'impression de ressentir cette même douleur qu'elle avait enduré. Et la sensation sous sa main... Il la haïssait. Le roux adorait Neira plus que tout, mais il détestait ces marques qui, à chaque fois qu'elle les voyait, faisaient remonter tant de choses.

« Tu pourrais les faire effacer. » lui reprocha-t-il.

« Et oublier ? Sûrement pas. C'est une assurance, pour que je reste fidèle à ma ligne de conduite. D'une certaine manière, j'en ai besoin. Elle me rappellent qui j'ai été, et me montrent ce que je dois devenir. »

Il ferma les yeux. Elle ne changera jamais... pensa-t-il tristement. Pourtant, un léger sourire étira ses lèvres.

Il se retourna et la vit en train de se vêtir. Elle mit son treillis, enfila négligemment ses bottes, les lacets totalement défaits et traînant par terre. La Warkyrie cala ses poings sur ses hanches tout en se plantant fièrement devant son roux, la poitrine bombée. Son regard avait changé du tout au tout : il était désormais assuré, et malicieux. Le propriétaire de la Venusia esquissa un sourire amusé.

« Bon, c'est pas que je ne t'aime pas, mais j'ai du boulot ! » s'exclama la tatouée.

« Toi, tu connais le sens du mot 'travail' ?! » la taquina George, l'air faussement outré.

« Hey ! Je sais ce que c'est ! Puis j'ai des excuses à présenter moi ! »

« C'est vrai qu'avec ta délicatesse légendaire... » Il laissa sa phrase en suspend, l'air innocent.

Neira plissa les yeux, gonfla les narines, et tordit la bouche dans un rictus atteignant le summum du ridicule. Ainsi, elle était métamorphosée : elle passait du statut de guerrière sanguinaire à simple jeune femme, ayant l'air légèrement stupide soit dit en passant.

Le roux explosa de rire la tête de canard, comme on l'appelait, avait toujours le même effet sur lui. C'était le meilleur moyen de dérider les jumeaux Weasley.

La jeune femme leva lentement, très lentement, l'index vers son ami.

« Tu m'cherches toi, hein ? »

« Du tout... » répliqua George insolemment, essuyant les quelques larmes que son fou rire lui avait arraché.

Sa réponse n'eût pas l'air de satisfaire la Warkyrie. La seconde d'après, il recevait un oreiller de plein fouet, en plein visage. La guerrière sourit de manière arrogante, et légèrement sadique. Le temps qu'il se remette de sa surprise et qu'il renvoie le polochon, il était déjà plaqué sur le lit, souffrant des assauts impitoyables de la guerrière sur ses côtes sensibles. L'appartement s'emplit rapidement de hurlements et de rires.


Pansy claqua sa langue avec agacement. Après avoir passé de longues heures dans la même position à feuilleter de vieux livres sans intérêt, elle commençait à se sentir courbaturée. Sa nuque se raidissait au fil du temps, sa concentration s'émoussait, et sa patience s'amenuisait radicalement. L'archère était au bord de la crise de nerfs. Bon sang, elle ne sentait même plus ses pieds !

« Jahan, pousse-toi de là ! » siffla-t-elle.

La charogne ouvrit ses deux yeux gauche. Il posa son regard désintéressé sur elle, avant de bailler puis de se réinstaller plus confortablement sur les jambes de la mécanicienne. Parkinson leva un sourcil agacé. Sale bête, ragea-t-elle intérieurement.

« Bouge. » insista-t-elle.

Jahan ne prit même pas la peine de lui accorder son attention. Il se fichait éperdument de ce que l'humaine pouvait penser. Il était très bien, la tête calée sur ces cuisses à la peau douce, alors il ne comptait pas bouger d'un poil. Le culot dont ces petits êtres pouvaient faire preuve, c'était juste aberrant...

La charogne, de ses deux yeux encore ouverts, vit Blaise arriver d'un pas précipité. Il ne semblait pas avoir remarqué leur présence, si concentré sur la paperasse froissée qu'il tenait entre ses mains. Son front était barré d'un pli soucieux.

Une idée vint à l'animal. Il se disait que s'il avait été humain, un sourire d'un sadisme sans nom aurait éclairé son visage. Jahan releva légèrement la tête. Il attendit quelques secondes... Avant de pousser un rugissement puissant, qui se répercuta dans le palais entier.

Le visage du métisse se crispa alors qu'il lançait ses papiers dans les airs. Pansy poussa un hurlement aigu, plus surprise que véritablement apeurée. Les deux humains lancèrent un regard noir à l'animal, ce dernier ronronnant de fierté. Il avait bien réussi son coup.

« Si ça ne tenait qu'à moi, il serait déjà lobotomisé... » siffla le métisse. « Hey ! J'y crois pas, il m'a fait un clin d'œil ! »

« Mon pauvre Blaise, tu dérailles complètement. » lui répondit Pansy avec un calme olympien après s'être remise de ses émotions. « Les charognes ne narguent pas.»

Seulement à moitié convaincu, Blaise s'approcha lentement, tout en gardant un œil sur le monstre à ses pieds.

Si Jahan avait pu, il aurait éclaté de rire.

Zabini s'assit à la gauche de la jeune femme. Ils étaient confortablement installés sur des matelas fins aux motifs orientaux, et appuyés contre des traversins moelleux. Le mobilier, bien que poussiéreux et usé, était de très bonne qualité et apprécié. Ainsi, ils étaient parfaitement installés pour travailler dans la bibliothèque du palais, dont les étagères croulaient sous le poids des livres.

Le métisse inspira profondément, chassant le stress que le monde entier semblait vouloir lui imposer. Il étala consciencieusement ses documents sur la table basse devant lui et interpella l'archère.

« Parkinson, tu vas vouloir m'embrasser après ça. » déclara-t-il solennellement.

Pansy lui jeta un regard abasourdi, les yeux entièrement écarquillés. Sa mâchoire était prête à tomber au sol, sans possibilité de retour à sa place initiale.

« Par Merlin, tu es drogué ?! » s'exclama-t-elle en le dévisageant de bas en haut.

« Je suis sur une piste qui pourrait déboucher sur l'emplacement de la pomme. » dit Blaise le plus sérieusement du monde.

Un silence de plomb se fit dans la bibliothèque. Le seul son que l'on pouvait percevoir était la respiration de Zabini, car Pansy et même Jahan venait de retenir leur souffle inconsciemment.

La brune le regardait avec incompréhension. Une piste ?

« Nous en avons déjà une, bien que pour l'instant, rien ne la vérifie. » lâcha-t-elle avec peu d'assurance.

« Oublie-la ! » trancha le métisse. « C'était un leurre. Notre bien-aimé espion m'a fait parvenir une lettre, il nous confirme qu'il est impossible que la Juste soit avec Potter. Il paraît qu'il la cherche avec encore plus d'acharnement que nous. »

« Alors, que proposes-tu ? »

Le conducteur fouilla parmi les feuilles noircies de notes tremblotantes, comme si elles avaient été écrites à la hâte. Il saisit l'une d'entre elles, comportant un schéma et des séries de chiffres mystérieuses.

Drago et Théo arrivèrent au moment où Blaise allait commencer son explication. Les deux jeunes hommes avaient le souffle court et les joues rouges, ils semblaient avoir couru pour rejoindre la bibliothèque.

« On vient juste d'avoir ton message » s'excusa Drago. « On a fait le plus vite possible. »

« Installez-vous, il faut à tout prix que vous écoutiez ce que j'ai à vous dire. » rétorqua Blaise le plus sérieusement du monde.

Les arrivants s'installèrent dans un silence religieux. Le métisse les regarda un à un, avant de prendre la parole.

« Bien, nous pouvons commencer. Vous savez tous qu'aux dernières nouvelles, la Juste devait probablement être en possession de Potter, bien que cette hypothèse paraissait complètement déjantée. Dieu merci, j'ai eu la confirmation qu'il ne l'avait pas, comme je l'ai dit à Pansy. »

Malefoy soupira de soulagement, réconforté par la nouvelle.

« Notre espion a fait du très bon travail. Le Survivant ne serait pas prêt de la trouver, et ça, c'est bon pour nous. »

« Ça se fête, tiens ! » s'exclama Pansy, sarcastique. « Nous en sommes aussi proches que lui l'es ! »

Une lueur espiègle s'alluma dans le regard de Blaise, tandis qu'un sourire dévoilait ses dents blanches et alignées. Il fit glisser la fameuse feuille sur la table, de manière à ce qu'elle soit visible par tous.

« Et c'est là que tu te trompes, ma chère Parkinson. » déclara-t-il avec amusement.

L'archère lui lança un regard noir, avant que tous ne se penchent sur le croquis. Il était crayonné à la manière d'une carte, les lignes de longitude et latitude rapidement esquissées. Blaise avait retranscrit sur le morceau de papier une carte du monde actuel, avec les changements et les déplacements survenus lors de la guerre. On remarquait par exemple que le Royaume-Uni n'était plus une île il était désormais rattaché au continent européen. De même, l'Australie s'était rapproché de l'Asie, et les terres d'Amérique étaient venues se fondre dans l'Afrique et l'Europe. Le monde n'était plus qu'un seul et gigantesque continent. A leur connaissance, il était en grande partie aride et sec.

Le regard des Warboys présents s'assombrit. Il n'aura fallu que cinq petites années pour que l'humanité, telle qu'ils la connaissaient, soit entièrement remodelée.

Trois croix rouges étaient inscrites sur le planisphère. Le métisse en indiqua une de son index, celle qui se trouvait le plus au Sud.

« Nous avions trois pistes pour l'emplacement de la Juste. L'une d'entre elle nous menait en Afrique, au niveau du Gabon. Nos éclaireurs n'avaient rien trouvés, excepté un morceau de papier recouvert de gribouillages incompréhensibles. Vous vous rappelez ? »

Les personnes présentes hochèrent de la tête, toutes intéressées et concentrées.

« Et bien, figurez que c'était loin d'être des gribouillages, et que le parchemin n'était pas à sa place. » rétorqua-t-il avec un sourire en coin. « C'est une ancienne langue moldue, le perse, qu'un de nos intellectuels a pu déchiffrer. Sa mère était moldue et travaillait dans l'histoire de... »

« On s'en tape de sa mère, » s'impatienta Pansy, « il veut dire quoi ce foutu message ? »

Blaise lança un regard outré à la mécanicienne qui lui tira puérilement la langue. Ignorant l'acte immature de son amie, Zabini reprit ses explications.

« Bref... Pour résumer, c'est une vieille langue orientale. Et on a pu traduire, lisez vous-même. »

Il posa une feuille au centre de la table, pour que chacun puisse voir convenablement. Non sans appréhension, les anciens Serpentards se lancèrent un regard inquiet, ne sachant pas à quoi s'attendre de ce fameux mot.

D'un geste de la main, Théo incita Drago à prendre la feuille et lire à haute voix. « Après tout, tu es notre leader » lâcha-t-il du bout des lèvres. Le blond l'observa un instant, le remerciant du regard. Il appréciait la confiance que mettaient ses amis en lui. Voulant être digne d'eux, il s'empara du morceau de papier en déglutissant. Puis, il entreprit de le lire.

Pansy et Théo étaient pendus aux lèvres de leur ami. Rapidement, Malefoy fronça les sourcils, faisant monter la pression chez les autres. Effaré, il leva le regard vers Blaise.

« Comment... » commença-t-il, pâle.

Le métisse hocha lentement la tête, comme pour confirmer les craintes de son ami.

« Tu es vraiment sérieux là ? » lâcha-t-il, subitement au bord du fou rire. « Pansy, un 90E ? »

La jeune femme se jeta sur le blond et lui arracha la note des mains. Elle la parcouru rapidement, avant de lentement remonter son regard glacial vers un métisse horrifié.

« Trompé de feuille... Devait pas voir ça... » tenta-t-il d'expliquer, bafouillant.

« Tu as osé demander à Luna la taille de ma poitrine ? » coupa l'archère, plus meurtrière que jamais.

« Je n'ai jamais voulu... » voulu expliquer Zabini, au bord du malaise.

Alors que Pansy s'approchait lentement du jeune homme, ce dernier fouillait fébrilement ses poches, le regard terrorisé. Il s'en fallu pas plus pour que Drago et Théo éclatent de rire, roulant sur les divans de la bibliothèque en tenant leurs côtes douloureuses.

« C'est le putain de bon papier ! » s'écria Blaise en tendant la note devant lui, tout comme s'il s'agissait d'un talisman anti-Parkinson.

Étrangement, en apercevant le petit écrit plié peu soigneusement, la brune s'immobilisa, un éclair de curiosité traversant ses iris. L'archère l'arracha des mains de sa future victime.

« On en restera pas là... » murmura-t-elle, son attention enfin détournée.

Le métisse soupira, et se laissa retomber lourdement sur les coussins, laissant ses émotions redescendre. Il ne se priva pas de lancer un regard noir à ses « amis »... Lâcheurs.

La mécanicienne parcourant la note, la stupéfaction l'envahissait comme une marée qui monte.

« La France ? » lut-elle, en lançant un regard perdu à son ami.


Ellie enfouit sa tête plus profondément encore entre ses jambes. S'il elle s'enfonçait un peu plus, peut-être qu'elle arrêterait d'entendre les cris... Aussi bien ceux des gentils, que ceux des méchants. Sentant une larme dévaler le long de sa joue sale et infectée, elle l'essuya immédiatement avec un hoquet de douleur. Sa blessure lui faisait mal, très mal. Il lui semblait que de l'eau en coulait... Du sang ? En tout cas, ce qui coulait sentait très mauvais et lui donnait des vertiges. Elle aurait aimé qu'on apaise sa douleur, comme l'auraient fait ses parents.

La petite fille avait du laisser les méchants prendre son papa il y a un long moment, elle ne savait plus si elle devait compter en heures ou en jours.

Sa maman n'était plus là depuis la « Grande Guerre », comme disait les adultes autour d'elle. Elle avait rejoint le ciel. Alors il lui restait son papa, si gentil... Mais il lui manquait. Les larmes aux yeux, il avait balbutié d'attendre gentiment et d'être sage. Pourquoi avait-il voulu frapper le monsieur qui l'emmenait ? Si elle devait être sage, lui aussi non ?

Les yeux de l'enfant devinrent perplexe. Elle ne pouvait pas comprendre les agissements des personnes autour d'elle, et était perdue. Étouffant un sanglot, elle se dit que la seule chose qu'elle voulait en cet instant, c'était de se retrouver dans les bras protecteur de l'homme de sa vie, et sentir battre son cœur tout près de son oreille. Il lui manquait tellement. Qu'avait-elle fait de si méchant pour qu'on le lui enlève si longtemps ?

Ellie releva la tête lorsqu'elle entendit la porte rouillée de sa cellule s'ouvrir. La lumière l'aveugla puissamment, elle qui n'était pas sortie depuis des jours déjà. On s'avança jusqu'à l'enfant, et on la souleva délicatement pour qu'elle vienne se poser sur une hanche. La petite fille gardait les yeux fermés, autant par peur qu'à cause de la douleur que provoquait les puissants rayons solaires sur ses pupilles fragiles. Inconsciemment, elle se mit à sucer son pouce pour se calmer.

« Ne t'en fais pas ma puce » lui susurra-t-on avec une douceur maternelle. « C'est fini, tu vas venir avec moi maintenant. »

Ellie prit son courage d'enfant à deux mains, et ouvrit prudemment un œil, puis l'autre.

Une grande dame la portait. Elle avait de longs cheveux oranges, qui sentaient bons, et des grands yeux bleus rassurants. L'enfant s'apaisa immédiatement, son instinct lui dictant que la dame ne lui voulait pas de mal, bien au contraire. Gardant son pouce dans sa bouche, elle pencha adorablement sa tête sur le côté, comme si elle se demandait qui pouvait être cette nouvelle copine de jeu.

Ginny pouffa. Cette petite était adorable. Réajustant son nouveau fardeau, la jeune femme quitta prestement les cachots du Palais Noir.

Déambulant avec sa nouvelle amie dans de longs couloirs, Ellie posait son regard curieux partout où elle le pouvait. Elle n'avait plus peur, maintenant qu'elle n'entendait plus les cris, et cela lui faisait du bien. Elle pouvait enfin profiter de sa nouvelle copine.

Les iris de l'enfant détaillaient l'extérieur du bâtiment où elle se trouvait, tout simplement car il était ouvert sur les côtés. Chaque passerelle était protégée par un toit en terre soutenue par des piliers du même matériau, elle s'en retrouvaient alors parfaitement ouvertes pour laisser circuler les courants d'air. Et si le Palais d'un clan était fait de boue séchée, il ne fallait pas s'attendre à mieux pour les habitations qui l'entourait.

Hinnom était la cité de la rousse. Ils l'avaient bâtis, tous ensemble, mais ici, seuls ceux ayant un rang social élevé pouvait se permettre une vie convenable car, partout où elle regardait en contrebas, régnait la misère. La population était sale, affamée, malade. Ce constat oppressa son cœur, mais elle se reprit rapidement. Elle n'était pas venue pour plaindre des malheureux, et avait une mission à accomplir.

Ellie était aux anges. Après avoir été récupérée par Ginny, elle avait eu le droit de manger à sa faim, on lui avait même donné un bain ! Elle avait joué un long moment dans l'eau avec des petits jouets de bois, et sa copine lui avait même dit qu'elle pouvait en garder un, celui en forme de cheval. Même si ces animaux n'existaient plus, elle avait pu en voir dans des livres, ceux que son père lui lisait avant qu'elle ne s'endorme, chaque soir.

En ce moment, la petite fille marchait le long d'un couloir s'enfonçant sous terre, dans les entrailles d'Hinnom. Une de ses menottes tenait son jouet, l'autre était glissée dans la paume de la rousse. On lui avait fait porter une jolie robe, propre, comme en n'en trouvait plus. Ses boucles blondes, auparavant emmêlées et recouvertes d'un mélange de terre et de sang, étaient désormais attachées au sommet de son crâne. L'enfant avait rougit de plaisir lorsque Ginny avait applaudit en la complimentant, disant qu'elle était « vraiment trop mignonne ».

Il y avait longtemps qu'elle n'avait été aussi heureuse. Oh, elle ne s'en plaignait pas ! C'est juste qu'elle aurait aimé comprendre. Pourquoi elle, alors qu'on la laissait au fond de son petit cachot d'habitude ? Elle avait toujours été très intelligente et curieuse, et ce trait de caractère venait justement de ressortir. Tournant la tête, elle s'apprêtait à poser sa question quand les mots se perdirent. Elle ferma la bouche et observa Ginny, passablement intriguée.

La rousse avait les mâchoires contractées à s'en faire mal.

Son regard, sa respiration, l'expression de son visage si blême... La jeune femme avait l'air horrifiée. Ellie se demanda si elle craignait quelque chose. Apeurée, elle tourna vivement la tête pour regarder autour d'elles, mais elles étaient seules. Pas de monstres ou de méchants à l'horizon. Pourquoi faisait-elle cette tête alors ?

Prenant son courage à deux mains, l'enfant tira le t-shirt usé de son amie, qui baissa immédiatement les yeux sur elle, se détendant légèrement.

« Dis, pourquoi tu es triste ? » demanda Ellie, ne trouvant pas d'autres mots.

« Oh ma puce, je ne suis pas triste ! » répondit-t-elle hâtivement. « Je suis juste un peu malade, tu sais, j'aurais besoin de me reposer... »

Ellie n'était pas dupe. Peu convaincue par le discours de son aîné mais n'osant pas en rajouter, elle se contenta de froncer les sourcils puis de hausser les épaules. Elle oublia rapidement l'incident, sa curiosité revenue en quelques instants.

« Dis, où on va ? »

L'enfant frotta ses yeux. Elle commençait à être fatiguée de son après-midi de jeu et trouvait ce couloir trop long à son goût.

Ginny déglutit, l'estomac noué. Elle n'avait pas envie d'aller plus loin, ses jambes étaient lourdes comme du plomb, mais elle n'avait pas le choix. Ce n'était pas sa décision, et elle refusait d'en porter le poids plus longtemps. Elle accéléra brusquement, surprenant l'enfant, et arriva enfin au bout du couloir, en face d'une porte toute simple. Retenant les larmes qui menaçaient de monter, elle se stoppa face à la porte, inspira, puis s'agenouilla devant le petit être innocent. La guerrière se mordit la langue en regardant les yeux verts adorables d'Ellie. Elle ne devait pas avoir sept ans...

La rousse caressa tendrement ses cheveux.

« On est arrivés ma chérie ! » s'exclama-t-elle, faussement joyeuse. « Je suis désolée mais je vais devoir te laisser un moment... Ne t'en fais pas, c'est avec un ami à moi, il est très gentil. Vous allez pouvoir jouer, manger et tout ce que tu veux ! »

« Mais... » commença la petite, peu à l'aise, « tu reviens vite hein ? Tu ne me laisses pas ? »

Ginny leva son petit doigt, le cœur déchiré.

« Je te le promets, le plus vite possible ! »

Ellie sembla être satisfaite car elle adressa un grand sourire à son amie. La guerrière entrouvrit la porte, y poussa gentiment la petite fille, puis referma derrière elle.

Seule, l'enfant osa quelque pas dans la salle où elle venait de pénétrer. Rapidement, elle se sentie angoissée. Il y faisait noir, les machines toutes en fer lui faisait peur, elle entendait des bruits étranges, et ça sentait mauvais. L'odeur ressemblait à celle des cachots où elle était restée. Elle s'avançait prudemment mais glissa sur quelque chose, manquant de tomber sur les fesses.

Son pied avait dérapé sur une flaque aisément reconnaissable pour une enfant vivant dans un monde pareil. Du sang. Le cœur d'Ellie se serra à lui en faire mal, son sang se glaçant dans ses veines. Où était-elle ? Et où était Ginny ?!

Sa respiration se coupa lorsqu'elle en sentie une juste dans son cou. L'enfant serrait son cheval de bois contre sa poitrine le plus fort qu'elle pouvait en fermant vite les yeux. Elle tremblait, et se sentait atrocement mal, comme si elle allait tomber instantanément évanouie. Elle voulait être courageuse mais n'y arrivait pas, car elle était sûre d'une seule chose : un monstre était derrière elle. Elle n'était pas loin de la vérité.

Ne voulant pas y croire, elle se répétait la même phrase.

« Ce n'est qu'un cauchemar, ce n'est qu'un cauchemar... » murmurait-elle, comme sa maman lui avait appris quand elle était toute petite et qu'elle avait peur.

« C'est un cauchemar. » lui affirma une voix derrière elle.

La voix était effrayante. Froide, dure, et autre chose qu'elle ne connaissait pas.

Si elle n'avait pas été une petite fille, elle aurait compris que la voix regorgeait de désir.

Ellie hurla quand on lui arracha sa jolie robe, ainsi que les nœuds dans ses cheveux. Elle pleurait et ne pouvait retenir ses sanglots. Papa, papa vient s'il te plaît ! S'écriait-elle mentalement, incapable de parler, au bord de l'évanouissement.

On la força à se retourner. Tête baissée, yeux fermés plus fort que jamais, elle n'entendait même plus qu'on lui parlait.

« Regarde-moi ! » hurla le monstre en la secouant.

La folie était audible dans cette voix. Paralysée mais obligée d'obéir, la petite fille leva la tête le plus lentement possible, ouvrant ses yeux par la même occasion. Elle ne voulait pas, mais ne pouvait désobéir.

Ellie se retrouva face à une paire d'iris bleus, pareils à ceux de Ginny, à l'exception que ceux lui faisant face étaient écarquillés. Le blanc des yeux injecté de sang, un sourire crispé déformant son visage, un homme nu était acccroupi en face d'elle. C'était pire que tout ce que son imagination d'enfant aurait pu imaginer. Elle n'en pouvait plus, voulait partir. Alors elle fit ce que son esprit lui ordonna de faire.

Elle tenta de s'enfuir.

Elle prit ses jambes à son cou, mais l'issue était fatale le prédateur était bien plus fort qu'elle. L'homme la rattrapa au vol et la serra contre son torse ensanglanté, presque au point de l'étouffer.

« Non mon cœur, non... C'est vilain ce que tu as fais... » susurra-t-il, dangereux et menaçants.

Il lui tirait les cheveux, le forçant à planter son regard dans le sien.

« Tu as été vilaine, bébé... Maintenant, tu dois être punie... »

Ronald Weasley plaqua l'enfant face contre table, sans aucune possibilité de survie, son érection déjà avancée.

Dans le couloir, Ginny laissait les larmes couler sans protester. Elle n'était qu'un monstre. Quand Ellie hurla, elle se mordit le poing, jusqu'au sang. Elle n'était pas mieux que son frère.

La rousse se mit à courir, pour ne plus avoir à entendre les bruits horribles de l'enfant que son frère violait. Elle ne supportait plus d'avoir à détruire autant d'innocents, mais elle n'avait pas le choix. Si elle refusait, ils la tueraient sur le champ.

Interrompant ses pensées, un soldat SunEater l'interpella. Le temps n'était plus aux larmes, mais à la course. Elle devait rejoindre l'Élu sur le champ.

Les Warboys venaient de trouver la piste de la pomme. La chasse venait de commencer.


Bon... Même si vous me haïssez, j'ai le droit à des avis ?

Puis aucun soucis, le prochain chapitre est en route ! *violent lancer de pierre dans ma face*

Xoxo,

Eyla d'amour.