Chapitre 3 : Kilua X Cours magistral

Anne était sans voix. Il voulait l'affronter ? Elle ? A moins que ses oreilles ne lui jouent des tours ?

- En fait, comme on doit attendre encore des heures avant d'obtenir notre licence, je cherchais un moyen de tuer le temps.

Donc elle n'était là que pour son amusement. Anne préférait de loin éviter ça. Servir de jouet à un Zoldik était très loin de son futur plan de carrière. Et trop lui dévoiler pourrait s'avérer fatal.

- Ai-je le droit de refuser ?

- Non. Lui répondit-il sans émotion apparente.

- Pourtant, je doute que vous puissiez me forcer à quoi que ce soit, comme vous avez forcé votre frère à tuer ce vieux tout à l'heure. Si vous avez senti mon nen, tout le monde a pu sentir le vôtre. Un puissant nen de manipulation. Mais même le plus puissant des manipulateurs ne pourrait contraindre à sa volonté un homme sous quarante de fièvre ?

Yelumi fronça les sourcils. C'était si ennuyeux. Comment contraindre cette fille à jouer avec lui si cette dernière refusait ? Il ne voulait pas la tuer pour le moment ni lui faire du mal, et il ne pouvait pas la menacer car elle n'avait pas fait l'erreur de se lier d'amitié avec les finalistes. Alors quoi ?

- Toi, tu sais que je suis un Zoldik ? Et tu n'as pas peur ?

- Les Zoldik sont des tueurs à gage non ? Tant que je ne me mêle pas de vos affaires, il ne m'arrivera rien, je supose.

Yelumi écarquilla les yeux. Alors c'est comme ça ? Elle pense sérieusement que tant qu'elle restera en retrait et se fera oublier, elle vivra tranquillement sa vie ? Et s'il refusait ? Il lui avait sauvé la vie, ce n'était peut-être qu'un caprice, mais maintenant sa vie lui appartenait. Elle lui devait au moins trois vies après tout. Comment comptait-elle rembourser ?

C'est alors qu'un serveur vint lui apporter un téléphone disant que c'était urgent. Tss, il tombait vraiment au mauvais moment celui-là. Il la vit prendre le mobile et répondre.

- Papa ? Oui, je vais bien. Oui. Je recevrai ma licence demain. Oui. Comment, tu es là-bas ? Et tu as gagné ? Génial. Je viendrai te voir à ton prochain combat si j'ai le temps, je prévois de m'entrainer et de me trouver un nouveau maitre. Et il faut que je trouve une fac. Hein ? Que je te soigne ? C'est plutôt tes adversaires que je devrai aider. Je te laisse. Bisou.

Elle raccrocha et redonna le mobile au serveur qui repartit sans attendre, terrifié par l'aura de Yelumi. Ce qu'il avait entendu lui apprit beaucoup de choses sur Anne Peruka. Mais la chose la plus importante se trouvait dans son regard. Alors que sa voix semblait sincère, comment aurait-il pu manquer ce vif éclat de haine qui animait si bien ses pupilles ?

- Il semble que tu aies des projets.

- Oui. Fit Anne évasive. Comme tout le monde. Après tout, obtenir la License n'est que le début. Et mon père semble déterminé à me faire suivre un chemin tout tracé.

- Ton père ?

- Peu importe. Ce n'est pas très important.

Yelumi ne fit aucune remarque, apparement il avait face à lui une vraie fille à papa. C'en était presque écœurant.

- Tu sembles très chanceuse, te l'a-t-on déjà dit ?

- Je ne pense pas que ce soit le cas. Fit-elle sombrement.

Après ça elle quitta la table et retourna dans sa chambre pour dormir. Mais malheureusement pour elle, ce fut une nuit difficile et pleine de cauchemars qui l'attendait.

Le lendemain, ses cernes furent encore plus évidentes alors qu'elle rejoignit les autres dans une salle où on leur expliquerait comment se servir de leur licence et des droits que le titre de hunter leur procurait. Elle fit de son mieux pour écouter tous les cours, mais avoir Yelumi Zoldik juste derrière elle était loin de tout repos. Il s'amusait à la déconcentrer lorsqu'il s'ennuyait, ce qui était fréquent. Et elle qui pensait avoir la paix après lui avoir dit qui était son père. D'habitude ça fonctionnait. Mais pas cette fois. Etrange.

Et au bout d'un moment, on entendit Leorio brailler comme quoi l'élimination de Killua était injuste. Elle aurait préféré qu'il se taise car primo, elle tombait de fatigue, deuxio, le gars derrière elle balançait des vagues de nen assez malveillantes qu'il fallait réfréner au plus vite donc…

- Et toi Peruka, fit Pokkle, on ne t'a pas encore entendu sur le sujet.

- Et que veux-tu que je dise ? Je ne le connais pas ce Killua. Il est certain que ses compétences sont suffisantes pour qu'il soit hunter, mais s'il pête les plombs à cause d'une dispute familiale alors… Et puis, vous souhaitez vraiment vous mêler des histoires d'une famille de tueurs à gage ?

Tout cela eut le mérite de refroidir l'ambiance de la pièce.

- Ça ne nous regarde pas. Acheva Anne.

- Mais il a été manipulé voyons ! s'époumona Léorio

- Et qui peut le prouver ? Toi peut être ? Les seuls aptes à juger sont les examinateurs et le président et ils ont rendu leur verdict. C'est triste pour votre ami mais c'est ainsi.

Et c'est à ce moment-là que Gon ouvrit la porte à la volée. Et se dirigea droit vers Yelumi en lui ordonnant de s'excuser devant Killua, mais face au manque total de réaction de Yelumi, Anne vit Gon se mettre en colère en disant qu'il n'était pas digne d'être son frère.

- Hum… faut-il véritablement être digne dans ce cas ?

Gon lui empoigna fermement le poignet avec la ferme intention de le briser. Personne d'autre n'est intervenu pour quoi que ce soit. La plupart étaient soit du côté de Gon soit effrayé par le pouvoir de Yelumi.

- Je veux retrouver Killua tout de suite. Si tu ne veux pas me dire où il est alors au moins, conduits moi jusqu'à lui.

- Et peut-on savoir ce que tu comptes faire ?

- A ton avis ? Espèce d'idiot ! J'ai l'intention de le ramener avec moi !

- C'est étrange… tu parles de lui comme s'il avait disparu ou comme si on l'avait trainé de force. Mais c'est lui qui a pris la décision de partir tout seul et sans l'aide de personne.

- Oui, mais contre sa volonté, tu l'as manipulé. Alors pour moi ça ne fait aucune différence ! C'est comme s'il avait été enlevé !

Yelumi fronça les sourcils. Ce gamin était pénible, pourquoi ne voulait-il pas comprendre qu'il n'était rien d'autre qu'une distraction inutile pour son frère ? Kilua avait de grandes capacités, il avait une brillante carrière d'assassin devant lui et on songeait même à en l'héritier de la famille. Il n'était pas fait pour vivre dans la lumière et être hunter, non, il était fait pour les ténèbres. Car tout comme lui, il était un tueur né. Tout comme un requin, même petit, ne saurait nager au milieu des poissons, un assassin ne deviendra jamais hunter. Autant lui éviter toute désillusion et supprimer ce gamin qui détournerait son petit frère du droit chemin.

Mais comment faire ? Hisoka ne voulait pas qu'il s'en prenne à lui et il n'était pas assez fou pour le provoquer inutilement. Il était son allié pour un temps, mais ce dernier était si lunatique que la situation pouvait changer en un rien de temps. Enfin, au moins, ces derniers jours n'auront pas été bien ennuyeux…

Pour l'heure, il fallait qu'il force cet impertinent à lui lâcher le bras. Alors il activa son nen. Mais c'est à cet instant que le président Netelo se mit à parler en disant qu'il s'agissait justement du sujet de la discussion. Mais que malheureusement, chaque licence a été attribuée et qu'il était hors de question de revenir dessus. Ce qui clôt la discussion une fois pour toute.

- Mais ! Mais alors ?! Tout ça n'aura servi à rien ?! s'écria Léorio.

- Pas forcément fit sereinement le président. Vous vous serez rendu compte que nous ne sommes pas aussi rigides que vous pouvez le croire. Nous avons pris le temps d'écouter vos griefs et avons pris notre décision à la lumière des éléments nouveaux et de vos sentiments. Nous accordons une grande importance à ce que vous pouvez ressentir. Aussi, notre décision est unanime.

Gon finit par lâcher le bras de Yelumi, déçu. Et sur ces mots, les explications concernant la licence hunter venaient de prendre fin après quatre heures de cours magistral.

Seul Gon était resté dans la pièce pour rattraper son retard, mais Anne s'en fichait pas mal, car elle avait du sommeil à rattraper et se voyait bien dormir tout le reste de la journée pour récupérer. Au passage, elle vit Kurapica et Léorio qui devaient attendre à proximité. Elle s'arrêta devant eux sans les regarder.

- Si vous tenez à cet enfant, tenez-le éloigné du numéro 303 et surtout du 44 car je crois qu'il lui a tapé dans l'œil.

- Et qu'est-ce que tu crois ? Fit Léorio. Bien sûr qu'on est au courant. Mais que veux-tu qu'on y fasse ?! Nous ne pouvons que rester à ses côtés et voir.

- C'est triste. Fit Anne. Je connais des gens comme Hisoka, tant qu'ils n'aura pas cequ'il veut, il s'acharnera sur votre ami et le détruira. Dire qu'il commençait à me manquer…

- Tais-toi ! fit Léorio en colère. Tu ne sais rien et tu m'exaspère. Tu as triché, tu t'es joué de moi et j'ai été assez bête pour tomber dans le panneau. Un jour, j'aurais ma revanche.

Anne regarda le visage colérique de Léorio. Il était hors de lui, il ne semblait pas avoir digéré le coup de l'autre fois. Elle se mit à sourire avant de répondre :

- On verra bien à ce moment-là. Salut.

Elle leur fit un signe de main avant de disparaitre dans les couloirs. Elle souriait toujours, presque de manière effrayante. Qu'importe l'avis de ce minable. Ils ne joueraient jamais dans la même cour. Comment un tel amateur pourrait-il la comprendre, elle ?

- Cette fille… fit Kurapica, j'ai l'impression qu'elle est très loin de nous avoir tout révélé.

- Je m'en moque, tu as vu comment elle m'a traité ?! Un jour je lui ferais ravaler sa condescendance.

- Tu as le droit de rêver mon pauvre Léorio.

A suivre…