Chapitre 5 : Casper X Tour céleste X Job ?
Yellumi prit le temps de rester un peu en compagnie d'Hisoka, après tout, il n'avait pas encore de contrat de prévu et Kilua était en chemin pour rentrer à la maison. Il était donc soulagé. Mais cette émotion disparut bien vite lorsqu'il pensa à cet exaspérant blondinet qui osait lui voler sa proie sous son nez.
Casper Peruka, un hunter environnemental à ce qu'il disait. Qu'est-ce que c'était que ça, un hunter environnemental ? Il n'en avait aucune idée… Pas que ça ait d'importance, mais de là à voler dans le ciel, hors de sa portée, il lui ferait payer un jour.
- Dis.
- Hum ? Fit Hisoka en jouant avec ses cartes.
- Tu le connais ce type ? Il t'a regardé fixement.
- Fufufu. Il ne m'aime pas. Nous nous sommes affrontés l'an dernier durant l'examen hunter. Je crois que c'est le seul à avoir été admis. Après avoir été disqualifié, j'ai appris que tous les autres participants étaient morts. A ce qu'on dit, une terrible tempête s'est levée et tous sont morts noyés ou électrocutés. Mais tu sais quoi ? Je doute sincèrement que tous ces gens soient mort de manière naturelle.
Yellumi n'eut aucune réaction,il se contenta d'incliner la tête sur le coté. Si c'était vrai, alors son nen devait être très puissant.
- Tu penses qu'il est lié à la transformation ?
- Peut-être aussi à l'émission et la manipulation. Mais il a un avantage certain comparé à nous. Il peut voler, lui.
…
Une fois dans le dirigeable de son frère, un immense bolide jaune, elle se retrouva dans une cabine remplie de cadeaux. C'était fou tout ce qu'il y avait. Anne le vit ouvrir une bouteille de champagne et verser l'alcool dans les deux verres, le sourire aux lèvres.
- Encore une fois, félicitation pour avoir réussi l'examen.
Casper souriait à pleine dent. Il semblait si heureux pour elle. Et il lui avait acheté tellement de choses… ça l'écœurait. Pourquoi se donnait il autant de mal pour elle alors que…
- Dis… tu sais bien qu'elle est morte depuis longtemps n'est-ce pas ? Même avec tout l'effort du monde, je ne pourrais jamais la remplacer.
Pendant un bref instant, le masque du grand frère parfait se fissura. Et des yeux terribles et implacables la regardèrent. Puis de nouveau, un grand sourire.
- Encore une fois, tu as prouvé que tu étais digne de mon affection. Tu ne me déçois jamais, toi. Mais je m'égare… Tes cadeaux te plaisent ils ?
Après avoir soupiré, Anne se mit à sourire :
- Oui grand frère, je les adore.
- C'est bien. Alors grand frère est très content aussi.
Le reste du voyage se déroula dans un silence de mort. Rien que le fait d'être proche de ce type lui donnait envie de vomir. Ce n'est pas qu'elle le détestait, mais cette situation était si malsaine que par moment, elle avait l'impression qu'elle aurait donné n'importe quoi pour échapper à son emprise. Mais elle était stupide rien que d'y penser. Ca n'arriverait jamais.
Casper Peruka était un être aussi terrible que puissant, il tenait de son père. Elle ignorait exactement depuis quand cette comédie durait, mais il fallait qu'ils surmontent ça. Car Anne Peruka était morte depuis plus de 15 ans maintenant.
Et elle ça l'agaçait. Quand est-ce que tous ces gens allaient la considérer pour ce qu'elle était vraiment et pas comme la remplaçante de cette fille ? Mais en même temps, jamais elle n'oserait sortir par elle-même de cette situation. Car tout ce qu'elle avait, possédait, venait directement d'eux et de leur amour déformé. Sans ce nom, elle n'était rien. N'aspirait à rien et n'existait en rien.
Mais tous ses sentiments étaient surjoués. Tous les membres de sa famille étaient des inconnus pour elle. Mais elle ne comprenait pas… Que ses parents et son frère agissent ainsi, elle pouvait comprendre. Mais qu'en était-il de ses tantes et oncles et de leurs enfants ? On parlait tout de même de cent personnes, du clan Peruka dans son intégralité. Pourquoi faisaient-ils tous semblaient de traiter une étrangère comme si c'était leur parente la plus proche ? Ils ne pouvaient pas ne pas savoir. Ces gens étaient pratiquement tous des hunters habitués au maniement du nen. Alors qui était réellement Anne Peruka, celle qui était morte il y a 15 ans ? Pourquoi entretenir ainsi sa mémoire ? Pourquoi vivait-elle cette vie ? Pour qui ?
…
Il ne leur fallut pas longtemps avant d'arriver à la tour céleste. C'était l'édifice le plus haut du monde à ce qu'on disait. On prétendait que cette tour possédait 250 étages et que des milliers de combattants expérimentés serraient prêts à tuer pour arriver au sommet de cette tour. Anne n'était pas vraiment intéressée par ces tournois mais son père en était friand. Et là où il se trouvait, les combattants étaient exceptionnels. D'ailleurs, malgré toutes ces années, il n'était jamais parvenu au sommet de cette tour. Car le plus puissant combattant de la tour était invaincu depuis plus de 10 ans. Pour assister à un de ses combats, il fallait réserver plus d'un an à l'avance. Le billet pouvait dépasser le million de jenys.
Yoansen Peruka était le maitre du 248 ème étage. Il comptait plus de 200 victoires à son actif et personne n'ignorait qui il était.
L'ascenseur monta pratiquement au sommet de la tour avant de s'arrêter à deux étages du sommet. A ce niveau, moins de dix personnes occupaient les lieux. Anne sentait que l'étage était quasi vide ici, apparemment, il fallait faire un combat tous les trois mois. Mais les personnes ayant atteint ce niveau étaient de puissants combattants qui devaient avoir une vie en plus du combat. Ils pouvaient être hunter, chef d'entreprise, gangsters, maitre d'école martial… bref, des gens occupés. Ce qui leur faisait maxi trois combats dans l'année plus le tournoi de l'Olympia, le seul moment où ils pouvaient observer l'homme le plus fort du monde au combat.
Anne observait la vue de cette ville, blasée. Plus on prenait de la hauteur, moins tout ceci n'avait d'importance. A part la tour de combat, le reste de cette ville était minable. La peinture s'écaillait, les lampadaires clignotaient, à certains endroits la végétation transperçait le béton… Quelques quartiers pouvaient bien être abandonnés. Et pourtant, la foule ne désemplissait jamais dans cette immense tour des combats. Ici, l'argent coulait à flots. Comme si la crise n'avait pas de prise. On voyait toute sorte de gens aller et venir de toutes les classes sociales. Certains tentaient le tout pour le tout afin de gravir la tour et laisser leur nom dans l'histoire bien que d'autres soient là pour gagner un maximum d'argent afin de rembourser leurs dettes. Et puis au milieu, il y avait les parieurs.
C'étaient les pires.
Le noble monde du combat martial n'était plus que réduit à l'état de divertissement des masses, si ce n'était de divertissement mondain. Les gens ne se battaient même plus pour sauver leurs vies mais pour gagner toujours plus d'argent, même si ça signifiait livrer des combats truqués. C'était juste pathétique.
- Oh ! Anne chérie ! s'écria soudain son père qui la prit dans ses bras et la souleva du sol avant de la faire tourner dans les airs. Tu es venu voir ton papa ! Tu es si A-D-O-R-A-B-L-E !
En fait, on l'avait juste amadouée avec des cadeaux et trainée jusqu'ici. Elle aurait préféré ne pas venir. Mais son frère était venu la chercher lui-même, peu importe ce qu'il aurait pu se passer, il lui aurait été impossible de refuser. Parfois elle se demandait si on ne la prenait pas pour une sorte d'animal domestique ?
- Pa. Fit froidement Kasper. Tu l'effraie.
- Hein ? Ah…. Oups, désolé chérie. Pour me faire pardonner, je t'invite à venir observer mon combat dans les loges vip demain. Les gens s'arrachent les placent comme des charognards….
- Merci papa, je suis très heureuse.
- Tu vois ? Fit il à l'attention de son fils. Je t'avais dit que ça lui plairait.
En fait, c'était bien la dernière chose qu'elle aurait voulu faire ces temps-ci. Elle n'aimait pas la manière brutale et brouillonne que son père employait. Il combattait toujours de manière tape à l'œil dans le but d'avoir le public dans la poche et surtout pour humilier ses adversaires qui se doutent bien qu'il ne les prennait pas un seul instant au sérieux.
Même avec elle, il en faisait de même. Il ne l'écoutait pas vraiment et rien de ce qu'elle pourrait dire ou faire n'aurait de prise sur lui.
Elle était condamnée à accepter la gentillesse de telles personnes. Des personnes détestables qui prétendaient être sa famille. Toutes ces années n'avaient pas réussi à faire passer le gout amer qu'elle avait dans sa bouche. Et pourtant ce n'était si désagréable, le luxe, le confort, le fait de ne plus jamais souffrir de faim ou d'intimidation, de porter ce qu'il y avait de plus cher, de plus précieux… C'était plutôt exaltant mais…
L'examen des Hunter l'avait fait réfléchir. Malgré cette identité factice, Anne avait un rêve. Elle rêvait de pouvoir choisir son avenir et souhaitait que sa famille accepte ce choix. Mais elle savait que c'était inutile d'espérer.
- Oh… Tu ne m'avais pas dit que tu voulais être hunter. Fit tout d'un coup son père. C'est un choix surprenant venant de toi.
- Je n'avais rien de mieux à faire. Répliqua-t-elle sans manquer d'aplomb. Et puis on m'a mise au défi d'essayer. D'ailleurs j'aimerais bien voir leurs têtes maintenant vu que j'ai réussi.
- Anne… qui t'as forcé à t'inscrire ?
- ?
D'un coup, le visage de son père changea du tout au tout et il l'empoigna violemment.
- J'ai dit, qui sont ceux qui t'ont forcé à participer !
- Arrêtes…. Tu me fais…mal… se débâta Anne au bord des larmes. Papa ! croassa-t-elle.
D'un coup, il la relâcha et retrouva son habituel sourire de Papa gâteux.
- Désolé… Papa s'est emporté. Mais il faut comprendre que j'avais très peur qu'il ne t'arrive quelque chose. Ces examens sont très dangereux. Si jamais tu avais été blessé… Mais heureusement, tu n'as rien.
- Je suis fatiguée P'a. J'aimerai me reposer.
- Oh oui…. Attends, on va te trouver une chambre.
Il claqua des doigts et un majordhomme arriva au pas de course, prit compte des ordres et montra à Anne le chemin vers sa chambre dans la tour. A peine eut elle franchi le seuil de la porte qu'elle soupira. Enfin tranquille… Et ce vieux était un putain de paranoïaque !
De l'autre côté, on les entendait crier. Anne se boucha les oreilles et s'enfouit sous les couettes. Son sommeil fut agité.
Le lendemain… Sa tête était effrayante. On l'avait réveillée tôt pour elle ne savait quelle raison étrange. Elle avait beau dire qu'elle n'ait plus une enfant, le majordome n'en avait cure, disant que ce n'était pas à lui, mais à monsieur d'en juger.
C'était usant… Elle se gratta l'arrière de la tête et traina des pieds jusqu'au luxueux salon où l'attendait son père et son frère déjà habillés.
- Ce que vous pouvez être matinaux… fit Anne en baillant à s'en décrocher la mâchoire.
- Il est 10 h du matin. Répliqua Kasper. On m'attend pour une mission importante, un cyclone qui dévale la côte est. Ils l'ont appelé Caligula et il y a déjà une dizaine de régions touchées. On doit sauver les victimes et je reviens tout juste de la zone. On a stoppé la tempête cette nuit et on a besoin de médecins.
- … Je rêve ou te me demandes de venir ?
- Tu ne rêves pas. Tu es hunter non ? C'est ta première mission.
- Et le match de papa ?
- Ne t'en fais pas trésor… Il y en aura un autre dans trois mois, bonne route.
Et c'est ainsi qu'on l'embarqua dans une autre histoire. Mission humanitaire au pays Rogada, à 2000 km de la tour céleste sur le continent de Mugua, le continent où ils se trouvaient actuellement. Apparemment il y avait des centaines de milliers de blessés et de nombreux cas d'amputation. Anne se massa l'arête du nez. Pour un baptême du feu en tant qu'hunter médecin, y'avait pas pire.
A suivre….
