Chapitre 6 : Humanitaire X Symptômes X Là bas

Le pays Rogada est un pays cotier dont le territoire engobe toute la côte ouest du continent Mugua, jusqu'à sa frontière avec la république de Padokia. Rogada est un empire qui englobe un quart du continent Mugua et compte une vingtaine de régions. C'est un pays d'accès libre bien que certaines régions ou villes soient classifiées. Cet empire est sur les 250 pays composant ce monde, un des vingt plus riches. Dans ce pays, la mendicité est un crime et l'on y trouve très facilement du travail. L'éducation est à un stade élevé et les sujets de cet empire sont satisfaits de leur mode de vie. La moitié des régions de cet empire sont littorales ce qui a obligé le pays à se tourner exclusivement vers le commerce ou la production maritime.

Cependant, à cause d'une tempête à l'intensité défiant l'échelle Travis, l'économie du pays est à l'arrêt et la moitié du pays est paralysé. L'empire a donc sollicité l'association des hunters pour aider à la reconstruction des villes et au secours du peuple. Ce qui s'avéra être une catastrophe pour le peuple de Rogada tout entier fut une incroyable Aubaine pour Anne. Tant de blessés à soigner pourrait lui permettre de se faire la main et surtout de prouver qu'elle était digne d'être une hunter médecin.

- Il y a plus d'une centaine de hunters sur le coup et des milliers d'affiliés. C'est vraiment un très gros coup, Anne. Prévint Kasper. Tu peux refuser si tu veux, je comprendrai. C'est vrai que je me suis un peu emporté devant Pa, mais ça ne doit pas t'obliger à…

- J'ai besoin de ce job. Les hunter medecin agissent en équipe ou se font embaucher par d'autres hunter en fonction de leurs capacités. Si je ne prouve pas que j'ai du talent, impossible d'avancer.

- Je suppose que tu as raison. Mais fais attention tout de même, je ne peux pas contrôler avec quelle équipe tu tomberas et si ces personnes sont dignes de confiance ou pas.

- Compris. Je ferai attention.

Leur véhicule continua de rouler jusqu'à une sorte de camp rempli de diverses tentes. Apparemment, des camps de ce type, il y en avait des centaines, des camps de réfugiés qui avaient tout perdus durant le terrible cyclone Caligula. Anne sortit de la voiture avec sa malle et regarda tout autour d'elle, dépaysée. Puis tout d'un coup, un homme en blouse blanche arriva droit sur eux et serra la main de son frère.

- Kasper Peruka je présume ? Merci pour votre aide la nuit dernière. Ca a pu éviter la mort de beaucoup de monde.

- Merci. Vous devez être le chef de ce champ.

- En effet, je me nomme Stein Lockhart.

- Vous êtes… murmura il surprit. Je suis ravi de vous rencontrer, c'est un honneur.

- De même. Fit Lockhart en souriant. Et, qui est ce ?

- Ma sœur, Anne Peruka. Elle vient de réussir l'examen hunter. Elle peut être utile.

Le chef du camp acquiesça sans rien dire d'autre. D'un signe de tête, il appela une recrue et lui donna des ordres brefs. Ce dernier fit signe à Anne de le suivre rapidement vers les locaux.

Kasper observa sa sœur partir et soupira. Stein Lockhart, le Roi des Abeilles. Un vrai ponte dans le monde des hunter scientifiques. Il a été le précurseur et l'inventeur de nombreuses drogues et médicaments aujourd'hui utilisés dans le monde entier. Mais il reste un individu dangereux sous la coupe d'un des zodiaque les plus problématiques au monde. Une personne qu'il déteste beaucoup, la Zodiaque affilié au Serpent, Geru. Pourvu qu'il n'ait pas à la croiser ici.

- Je m'appelle Victorino, mais appelles moi Vito. Et toi, tu t'appelles comment ?

- Anne.

- Bien. Il faut que tu mettes cette combinaison et que tu te stérilises avant de t'occuper des refugiés. C'est une simple mesure de précaution. La plupart d'entre eux ont perdus leurs papiers donc il va falloir les interroger, les lister et faire des bilans de santé. On a déjà trié la population du camp en fonction de leur état. Tu t'occuperas donc des cas minimes qui vont bientôt être réinsérés. S'il y a un problème, tu m'appelles. A cause du manque de hunter, il va falloir que tu t'occupes seule de l'accueil des réfugiés avec une équipe d'humanitaire. Même si tu n'es qu'une débutante, penses-tu pouvoir y arriver ?

- Je ferai de mon mieux.

Cela faisait trois jours qu'elle était sur place et qu'elle répétait inlassablement le même discours. Qui êtes-vous ? Avez-vous mal quelque part ? Avez-vous une famille ? Des amis dans la région ? D'où venez-vous ? etc… Le travail avançait péniblement mais il devait être fait.

Le soucis, c'est que les combinaisons qu'ils portaient tous posaient problèmes. Les gens croyaient qu'ils étaient parqués au camp parce qu'il y avait un problème. Anne était convaincue que le port de cette combinaison effrayait les réfugiés. Elle était orange et couvrait toutes les parties du corps. C'était le genre de combinaison qu'on ne faisait porter au personnel médical qu'en cas de grave épidémie. Alors quoi ? A quoi tout ceci rimait ? Personne ne développait des risques de maladie contagieuse. Avaient-ils peur que la promiscuité entre les personnes puissent fatalement conduire à ce genre de chose, ou bien détenaient ils une information qu'elle ignorait ?

Quelques jours plus tard, la tentions arriva à son paroxysme et un homme tenta de la frapper lorsqu'elle lui demanda de faire quelques tests afin de vérifier son état de santé. Il tenta même de s'enfuir et certains autres tentèrent d'en faire de même. Anne se mit à soupirer. Les patients paniqués, c'était une plaie.

- Comme je vous le disais, nous sommes là pour veiller sur vous à ce que vous alliez bien. Vos propos incohérents ne font qu'effrayer les autres patients. Fit calmement Anne.

- Vous mentez ! On nous cache quelque chose ! s'écria l'homme effrayé. Sinon pourquoi nous feraient ils autant de tests et porteraient-ils des combinaisons ? La tempête a du être contaminée. On va tous… mourir !

A partir de ce moment-là, ce fut l'émeute. Les réfugiés se ruèrent vers le personnel humanitaire qui n'avait aucune arme à sa disposition pour empêcher tout ça.

- Il…il faut fuir ! s'écria un des humanitaires présents. Ces gens ne sont pas dans leur état normal. Ils…

- Restez là où vous êtes et ne bougez pas. Fit Anne. Je vais régler le problème. Fit-elle d'une voix lasse.

- Mais…comment ? Ils sont plus d'un millier !

- Avez-vous oublié ? Je suis hunter vous savez.

Cette phrase qui était censé les rassurer n'eut pas vraiment l'effet escompté. Qui était cette fille si frêle qui croyait que quelques mots pouvaient résoudre une telle situation ?

Ils virent cette étrange jeune fille enlever un de ses gants de protection et après, une étrange brise souffla sur les lieux, avec une lourde odeur de médicament. Et d'un coup, tous s'écroulèrent. Les mille personnes de cette partie du camp. Les humanitaires n'en crurent pas leurs yeux. Que leur avait elle fait ?

- On se remet au travail, fit Anne. On a interrogé tous ces gens. Maintenant, on les ausculte et on les confie à l'armée. Commençons par les contestataires. Demain ils disent qu'il y en aura encore d'autres.

- Compris !

- Vraiment ?

- C'est comme je vous l'ai dit, commandant. Fit Vito. On frôlait l'émeute chez les cas minimes et il y aurait pu y avoir des morts. Cette fille, je pense qu'elle a utilisé le nen sur ces personnes pour toutes les calmer. Elle doit être de la manipulation.

- Hum… Pour le moment on fait avec. Surveilles la et laisse la faire ce qu'elle veut.

- Vous pensez qu'elle va poser problème ? Pardon. Je ne voulais pas être indiscret… fit Vito en reculant, terrifié.

- Tant que cette gamine s'occupe des minimes et ne vient pas poser problème, tout ira bien et j'irai même jusqu'à lui faire des recommandations. Mais si elle se met sur mon chemin et bousille mes expériences….

- C'est une Peruka. On devrait laisser Shun s'en occuper au cas où ça puisse arriver.

- Hum….peu importe, ce n'est pas si important. Et….Shun ? Comment ça se passe du côté des cas sérieux ? Sait-on d'où venait ce cyclone ? Des traces de nen ?

Le dénommé Shun secoua la tête, négatif.

- Donc, ce n'est pas une résurgence d'un combat entre utilisateur de nen… Dans ce cas, si jamais on trouve quelques substances que ce soit… la situation risque de devenir très intéressante vous ne croyez pas ?

- Master, vous ne croyez tout de même pas que ça puisse venir, de … là bas ?

- Surveille ta langue, gamin. C'est tabou. Si c'était le cas, ce royaume dans son intégralité risque d'être mis sous quarantaine par le V5 et toute la population sera emprisonnée dans des camps. Ça sera la panique.

Vito observa avec effroi son supérieur. Au lieu d'être désolé pour tous ces gens il ricanait. Ce dernier détourna le regard et réajusta ses lunettes. Il ne voulait pas être au courant. Et surtout, ne pas être impliqué dans ses actions douteuses. Par contre, il devait tout de même le prévenir des résultats des diverses autopsies qu'il avait pratiquées.

- J'ai prélevé des échantillons sur certains cadavres. Des graines avaient commencées à germer dans certaines membranes. Je les ai confiés à notre botaniste hunter.

- Autre chose ?

- Non, rien de particulier pour le moment.

- Prévenez-moi au moindre signe d'évolution. Ces graines doivent impérativement être conservées dans un endroit stérile loin de toute créature ou être humain. Cette recrue est-elle digne de confiance ? Je déteste le travail bâclé.

- Oui, elle nous a été envoyée par une des Zodiaque, Kurukku-sama.

- La Poulette….bon, ça veut dire que cette personne connait son travail. C'est déjà ça.

- Une dernière question. Si jamais ces graines sont toxiques et qu'elles ont échappées au contrôle médical, que dire à la fille Peruka ?

- Et que veux-tu qu'elle fasse ?

En quelques jours, une routine finit par s'installer. Les gens arrivaient et repartaient du camp dans le calme. Les examens ne montraient aucun sine de maladie en particulier et les réfugiés semblaient de bonne humeur.

Mais ça ne dura pas.

A partir de là, les choses commencèrent lentement à se dégrader.

A suivre…