Severus, de son côté, ne sait pas comment réagir. Ça explique, même si ça n'excuse pas. Il va donc demander conseil à Marjorie. C'est finalement Vernon qui lui propose quelque chose.
Il était venu à la demande de Tom qui voulait lui demander son avis sur un truc très personnel concernant sa sœur. Vernon avait tout de suite vue à quel point Tom était sincère envers Marge et ses craintes étaient justifiées. Marjorie avait été victime de violence sexuelle dans sa jeunesse. Elle n'avait que 13 ans et son enseignant avait profité de son insécurité pour la manipuler. Quand la jeune fille s'était ouverte à l'une de ses amies, cette fille, qui avait le béguin pour le séduisant enseignant, avait tout fait pour la descendre plus bas que terre par jalousie. Elle avait même incité ses copines à martyriser Marjorie. Les insultes et les humiliations avaient plut sur l'adolescente déjà complexée par son apparence atypique. Le prof en question avait répondu à sa victime qu'elle avait tout imaginé, que jamais il n'aurait compromis sa vie et sa carrière pour coucher avec un monstre pareil! Et à choisir, c'est avec Karine qu'il aurait couché. Karine était l'ancienne amie de Marge responsable du lynchage que Marjorie vivait à l'école.
- Comment peut-on faire ça à une personne aussi gentille et compréhensive que Margie? Demande Tom, qui bouillait de rage en écoutant l'histoire qui a traumatisée sa douce.
- Cet homme est un monstre, Tom. Il n'y a aucun explication satisfaisante à son comportement, avait répondu Vernon. Mais crois moi, il a payé. Je m'en suis assuré. La seule chose que tu peux faire pour l'aider, c'est de continuer ce que tu fais avec elle.
- Ce que je fais?
Vernon lui explique donc qu'il n'a jamais vue sa sœur aussi heureuse que depuis que Tom et elle sont ensemble.
- Ça sera long, avant qu'elle accepte d'être plus intime avec toi, lui dit le frère. Les seules choses que je puisse te conseiller, c'est d'être patient avec elle et de ne pas faire la bêtise d'aller voir ailleurs en attendant qu'elle soit prête à s'offrir à toi.
- Jamais de la vie! S'indigne Tom à cette possibilité. Il n'y a qu'avec elle que je veux vivre ce genre d'intimité, lui assure Lord Serpentard. Vernon, je suis bien plus vieux que mon corps ne le montre, j'ai beaucoup voyagé et j'ai rencontré beaucoup de gens. Mais jamais personne comme Marjorie. C'est le genre de personne fantastique qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie et je n'ai pas l'intention de gâcher le bonheur qu'elle me donne sans même s'en rendre compte. Ma vie a été longue, solitaire et compliquée. Mais depuis ma rencontre… percutante avec elle, c'est comme si tout avait changé quand j'ai senti mon nez se briser sous son coup de pied.
Tom voit le sourire amusé de son plus ou moins beau-frère et se détend doucement en comprenant qu'il venait de se faire un allier de taille dans sa relation avec cette jeune femme exceptionnelle. Sur ce, Vernon lui souhaite une bonne journée. Il avait promis à Severus d'aller le voir.
Quand l'adolescent explique la situation de l'Autre à Vernon, celui-ci pince les lèvres.
- Écoute, Severus, je ne connais pas grand-chose à la magie. Tu es certain qu'il n'a pas pu te mentir avec cette potion?
- Certain, dit le jeune homme, catégorique.
- Ça complique beaucoup les choses, dit le Moldu en soupirant. Il a fini par s'adapter à la façon dont il a été élevé. Il est devenu ce que son père attendait de lui. C'est vrai qu'à partir d'un certain âge, on fait nos propres choix. Mais ce n'est pas tout le monde qui y arrive.
- Mais on fait quoi pour Pettigrow? Demande Severus. Il est coupable d'un crime qu'il n'a probablement JAMAIS voulu faire!
- Je crois que le plus avisé serait de contacter un avocat sorcier, dit Vernon, dépassé par la situation. Je n'ai aucune idée de ce qui est légal ou pas de faire dans le monde magique. Il serait horrible que ce Peter finisse ses jours en prison pour quelque chose dont son corps est coupable, mais pas son esprit. Il a été violé de façon différente de Lily. Mais on l'a forcé quand même.
- C'est normal que je le déteste toujours autant? Demande l'adolescent, les yeux emplis de colère. Même si je le sais?
Vernon se lève de son fauteuil et prend le Serpentard dans ses bras puissants en lui murmurant que ce qu'il ressent est tout à fait normal. C'est nouveau pour Severus. Jamais un homme ne l'avait pris dans ses bras, avant Vernon en ce moment. Jamais Tobias n'avait fait ça. Jamais Severus n'avait eu de figure masculine positive. Sa mère était autant son père que sa mère. Mais le jeune sorcier n'a jamais eu de model masculin digne de ce nom. Quand il allait chez Lily, il ne se sentait jamais à sa place. Le père de Lily était un homme bon et compréhensif. Mais très effacé dans sa propre maison et c'était Mme Evans, la cheffe de famille. C'était une différence si grande avec Tobias que jamais Severus n'avait pue s'identifier à Mr Evans. Mais Vernon Dursley semblait être un parfait mélange des deux. Il était ouvert, gentil, protecteur, compréhensif. Mais quand on s'en prenait à ses proches, il pouvait devenir digne de la réputation de Mage Noir de Tom. L'ancien professeur de Marjorie l'avait appris à ses dépends. On ne touche pas aux proches de Vernon Artus Dursley! Ce gars n'avait plus de carrière, plus de famille et aucune possibilité d'avenir. Vernon gardait encore un œil sur ce monstre pour s'assurer qu'il continue de vivre dans la misère, même 8 ans après les faits.
Severus voulait expliquer la situation à Lily. Elle avait le droit de savoir. Mais en ce moment, elle était occupé avec le « club de lecture » de Marjorie. Sev, avec l'aide de Pétunia et Mme Evans, avait organisé une pièce pour leurs réunions. Quelque chose de chaleureux et chic pour les femmes de la haute société sorcière. La plus grande surprise pour Margie avait été quand Tom, accompagné de Narcissa, avait invité Lady Augusta Londubat à ces réunions hebdomadaires. Il lui avait expliqué qu'il était plus que temps que les femmes prennent la parole et les rênes de leur propre vie. Qu'elles n'avaient pas à être des accessoires que leur mari, fiancé ou père exhibe lors des bals et marchandent leurs filles au plus offrants pour des alliances entre familles ou clans! Elles sont tout de même plus de 51% de la population, elles élèvent l'élite de demain. Il est temps que les femmes se voient enfin comme les égales des hommes avant que les hommes se décident, de gré ou de force, à voir les femmes de cette façon!
- C'est surprenant de voir que ces réunions se font dans le Manoir du Lord le plus misogyne qui soit passé au Magenmagot, avait dit Lady Londubat en sortant de la cheminée de la pièce où se déroulait les séances du « club de lecture ». Le nouveau Lord Potter n'est pas là?
- Aucun homme n'entre ici pendant nos réunions, dit Narcissa en l'accueillant. Severus trouvait important que chaque femme n'ait à craindre de se faire entendre par un homme et que ses confidences puissent remonter jusqu'à chez elle. Il se fait un plaisir de rencontrer celles qui veulent le voir, mais uniquement quand celles qui veulent garder l'anonymat sont parti.
- Votre fils est un jeune homme à part, ma chère Eileen, dit Lady Londubat en s'installant dans un fauteuil de style Renaissance jaune canari avec des fleurs bleues et dorées.
De son coté, James tourne en rond comme un lion en cage dans sa « chambre », si on peut appeler ça comme ça. Kitty est venu chercher son linge sale sans lui adresser la parole, même quand James a tenté de lui faire la conversation. Les seules choses qu'il peut faire dans cette pièce, se sont ses devoirs de vacances et des exercices physiques. Il s'est entrainé à la magie sans baguette, mais comme d'habitude, il n'arrive à rien. Sa solitude forcée lui pèse de plus en plus. S'il n'avait pas fait ce que son dégénéré de père l'avait forcé à faire, rien de cela ne serait arrivé! Il aurait pu avoir un frère! Un membre de sa famille qui l'estime pour ce qu'il est. Mais voilà, qu'est-ce qu'il est? À part une pâle copie de Charlus Fleamont Potter? Pâle copie, parce qu'il n'est pas assez sans cœur pour être tranquille avec sa conscience, mais pas assez « humain » pour vraiment regretter ce qu'il fait de mal. Ce qu'il regrette vraiment, c'est de se faire prendre et devoir vivre avec les conséquences.
Avant qu'il ne jette l'impardonnable sur Peter, celui-ci lui disait souvent qu'il est ce que les Moldus appelaient un psychopathe. Ça l'énervait au plus haut point une fois qu'il savait ce que ça voulait dire. Il n'était PAS comme ça! C'est vrai qu'il manque de remord et d'empathie, mais c'est le cas de bien des gens autour de lui. Beaucoup de Serpentard étaient comme ça! Ça lui lève le cœur de se comparer à ces mages noirs en puissance. Il est un Gryffondor, LUI! Il est un être courageux, téméraire et passionné! Il est brillant, sportif et adulé par tout Poudlard! Il n'est PAS l'un de ces Serpentard pathétiques!
- Tu n'es peut-être pas un Serpentard, mais c'est un Serpentard qui gère ta vie comme bon lui semble, lui dit une voix dans sa tête.
- Et qu'est-ce que tu veux que Servilus fasse contre moi, de toutes façons? Demande James à la petite voix moqueuse dans son esprit.
- Il t'a enfermé ici, pour commencé, il te refuse l'accès aux avoirs Potter, il t'a retiré TOUS tes privilèges à Poudlard. Tu n'as même plus de vêtements autre que tes uniformes et tes caleçons, dit perfidement sa propre voix dans sa tête. Il t'a même pris le bien le plus précieux de la famille Potter, la cape d'invisibilité.
Potter crie de rage en donnant un coup de point dans le mur de sa chambre.
- Mais il y a une chose que cet usurpateur ne pourra jamais t'enlever, dit le reflet de James dans le miroir sur pied en face de lui. Tu as le sang des Potter qui coule dans tes veines.
- Et alors?
Son reflet fait un geste large du bras et un bout de mur s'ouvre sur un passage secret.
- Seul le sang des Potter peut ouvrir ce genre de passages, dit le reflet de James avec un sourire cruel. Tu ne veux pas faire payer à cette Sang-de-Bourbe l'affront qu'elle t'a fait? Elle s'est sortie de ton piège si facilement. C'est TOI, le Sang-Pur, c'est TOI qui a grandi dans ce monde avec les connaissances qui vont avec. Elle n'aurait jamais dû pouvoir se soustraire à ta volonté. Prend ta fiole et va régler son compte à cette petite salope!
James arbore alors le même sourire cruel que son reflet en empochant la fiole de Vitaverge avant de sortir de cette putain de chambre de merde.
