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GILDEROY LOCKHART

Megan était agacée de constater que Potter avait encore trouvé un moyen d'attirer toute l'attention sur lui. Au petit-déjeuner, elle écouta cependant Ron lui raconter toute l'histoire : les deux garçons étaient supposés traverser la barrière pour prendre le Poudlard Express avec les autres, mais lorsqu'ils avaient tenté de passer après les autres Weasley, la barrière était restée résolument hermétique. Le temps qu'ils insistent, tout en tâchant de ne pas attirer l'attention des Moldus dans la gare, le train était parti. Ils avaient donc eu l'idée de retourner chercher la voiture des Weasley et de se servir de sa capacité à voler et de son réacteur d'invisibilité pour rattraper le train. Mais le réacteur d'invisibilité avait cessé de fonctionner, révélant leur présence dans le ciel à plusieurs Moldus, et lors de leur arrivée à Poudlard ils avaient perdu le contrôle de la voiture et heurté l'immense arbre qui se dressait dans le parc, lequel s'était défendu violemment. La voiture, visiblement exténuée par la longue route et l'accueil douloureux que lui avait réservé le Saule Cogneur, les avait éjectés et avait disparu dans la nuit. Pour couronner le tout, Ron avait brisé sa baguette.

- Vous êtes vraiment des bras cassés, commenta Megan.

Elle avait de sérieux doutes quant au fait que la barrière menant au quai 9 ¾ n'ait pas fonctionné : ce n'était jamais arrivé, et elle ne voyait pas ce qui aurait pu causer cela. La barrière était protégée par le plus grand charme de Camouflage collectif jamais réalisé en Grande-Bretagne, et ce depuis les années 1830s. Selon Megan, les garçons avaient plutôt profité de l'inattention d'Arthur et Molly pour espérer faire une arrivée triomphale dans le parc de Poudlard, persuadés qu'ils n'avaient pas besoin des jumeaux ni de Megan pour réitérer l'épisode du voyage en voiture volante. Or, ils s'étaient visiblement trompés.

Hermione ne broncha pas pendant tout le récit de Ron. Elle avait posé son exemplaire de Voyages avec les vampires debout contre le pichet de lait pour pouvoir le lire à son aise et ne gratifia Potter que d'un « bonjour » relativement froid lorsqu'il longea les tables débordant de porridge, de harengs, de toasts et d'œufs au plat qui s'offraient à l'appétit des élèves sous le ciel magique, plutôt gris et couvert ce jour-là, pour s'installer à côté d'eux. Aussitôt, Megan se plongea dans L'étude des récents progrès de la sorcellerie pour ne pas avoir à lui parler. Longbottom, éperdu d'admiration pour les deux « héros » de Gryffondor, salua chaleureusement le nouveau venu. Il fallait admettre qu'en comparaison avec ce garçon au visage lunaire, à l'air ahuri, d'une maladresse rare et manquant cruellement de mémoire, Ron et Potter semblaient avoir tous les deux avoir été gâtés par la nature et être des modèles pour tous.

- Le courrier ne va pas tarder, dit-il. Ma grand-mère doit m'envoyer quelques petites choses que j'ai oubliées à la maison.

L'an dernier, elle lui avait envoyé un Rapeltout pour l'aider à se souvenir de ses oublis, mais à ce que Megan en savait, Longbottom l'avait déjà perdu. La jeune fille tourna une page de son livre et un grand bruit d'ailes se fit entendre au-dessus de sa tête : une bonne centaine de hiboux venaient de s'engouffrer dans la Grande Salle en tournoyant au-dessus des tables pour laisser tomber lettres et paquets entre les mains de leurs destinataires. Maintenant que les Malfoy savaient que Megan était devenue une Gryffondor et qu'elle s'était liée d'amitié avec les Weasley, elle ne s'attendait plus aux paquets de friandises qu'ils lui envoyaient régulièrement l'année passée. En revanche, un gros colis rebondit sur la tête de Longbottom et un instant plus tard une grande chose grise tomba dans le pichet d'Hermione en éclaboussant tout le monde de lait et de plumes.

- Errol ! s'écria Ron en attrapant par les pattes le hibou amorphe et ruisselant.

Errol, inanimé, s'effondra sur la table, les ailes écartées, les pattes en l'air. Megan leva les yeux au ciel, consternée par le piteux état du hibou de la famille Weasley.

- Oh non…, balbutia Ron.

- Ne t'inquiète pas, il est toujours vivant, le rassura Hermione en caressant l'oiseau du bout des doigts.

- Ce n'est pas de ça que je parle… Regarde !

Megan leva le nez de son livre et vit que son ami montrait du doigt l'enveloppe rouge vif que tenait Errol dans son bec. Ron et Hermione la fixèrent d'un air affolé et Megan recula prudemment sur son banc.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Potter, innocent et naïf.

- Elle… elle m'a envoyé une Beuglante, dit Ron d'une voix faible.

- Tu ferais mieux de l'ouvrir tout de suite, murmura timidement Longbottom. Sinon, ce sera pire. Ma grand-mère m'en a envoyé une un jour, je ne l'ai pas ouverte et… ça a été horrible.

Megan savait parfaitement qu'une Beuglante qui n'était pas ouverte par son destinataire explosait d'elle‑même pour se lire. On ne pouvait pas échapper à une Beuglante.

Potter, perdu, regarda alternativement les visages terrorisés de ses deux meilleurs amis et l'enveloppe.

- C'est quoi, une Beuglante ? demanda-t-il bêtement.

Ron ignora totalement son ami, concentré sur la lettre qui laissait déjà échapper des filets de fumée aux quatre coins.

- Ouvre-la, insista Neville. Tout sera terminé dans quelques minutes.

Ron tendit une main tremblante, prit l'enveloppe dans le bec d'Errol et l'ouvrit. Longbottom se boucha aussitôt les oreilles. Un rugissement féroce retentit alors dans l'immense salle en faisant tomber de la poussière du plafond :

- VOLER LA VOITURE ! ÇA NE M'AURAIT PAS ÉTONNÉ QU'ILS TE RENVOIENT ! ATTENDS UN PEU QUE JE T'AIE SOUS LA MAIN ! J'IMAGINE QUE TU NE T'ES PAS DEMANDÉ DANS QUEL ÉTAT D'INQUIÉTUDE ON ÉTAIT, TON PÈRE ET MOI QUAND ON A VU QUE LA VOITURE AVAIT DISPARU !...

Les hurlements de Molly, cent fois plus puissants que d'habitude, faisaient trembler les assiettes et les cuillères et se répercutaient en échos assourdissants sur les murs de pierre. Tous les élèves s'étaient tournés vers eux pour voir qui avait reçu la Beuglante et Ron s'était tellement tassé sur sa chaise qu'on ne voyait plus que son front écarlate dépasser de la table. Megan était hilare.

- ... REÇU UNE LETTRE DE DUMBLEDORE HIER SOIR ! J'AI CRU QUE TON PÈRE ALLAIT MOURIR DE HONTE ! ON NE T'A PAS ÉLEVÉ PENDANT TOUTES CES ANNÉES POUR QUE TU TE CONDUISES COMME ÇA ! HARRY ET TOI, VOUS AURIEZ PU VOUS TUER...

Potter sembla faire comme si de rien n'était, mais personne n'était dupe, et surtout pas Megan. Il allait culpabiliser, et c'était tant mieux.

- ABSOLUMENT INDIGNÉE ! TON PÈRE RISQUE UNE ENQUÊTE DU MINISTÈRE ! C'EST ENTIÈREMENT TA FAUTE ET SI JAMAIS TU REFAIS LA MOINDRE BÊTISE, TU REVIENS IMMÉDIATEMENT À LA MAISON !

Le silence retomba, encore imprégné de fureur. L'enveloppe rouge qui avait glissé des mains de Ron prit soudain feu et fut rapidement réduite en cendres. Potter et Ron semblaient assommés. Quelques élèves éclatèrent de rire et, peu à peu, les conversations reprirent. Megan, calmant peu à peu son hilarité, se replongea dans l'Étude des récents progrès de la sorcellerie mais Hermione referma Voyages avec les vampires et baissa les yeux vers Ron dont on ne voyait toujours que le sommet du crâne.

- Je ne sais pas à quoi tu t'attendais, Ron, mais tu...

- Ne me dis pas que je l'ai bien mérité ! répliqua Ron sèchement.

L'attention de Megan fut de nouveau détournée par le professeur McGonagall, venue distribuer les emplois du temps de l'année. En consultant le sien, Megan constata que leur premier cours serait botanique, en commun avec les Poufsouffle, puis elle remarqua une heure de pause qui lui permettrait de faire la visite qu'elle avait décidé la veille au soir d'effectuer.

Après le petit-déjeuner, Megan, Ron, Hermione et Potter quittèrent ensemble le château, traversèrent le potager et se dirigèrent vers les serres dans lesquelles on cultivait les plantes magiques. Hermione, considérant que la Beuglante constituait une punition suffisante pour Ron et Potter, avait cessé de leur en vouloir.

Lorsqu'ils arrivèrent devant les serres, le reste de la classe était déjà là, attendant le professeur Sprout. Quelques instants plus tard, l'intéressée traversa la pelouse à grands pas, en compagnie de Lockhart. Le professeur de botanique avait les bras couverts de bandages et Megan aperçut au loin le Saule Cogneur qui portait plusieurs branches en écharpe, marque laissée par l'atterrissage catastrophique de Ron et Potter.

Le professeur Sprout était une petite sorcière potelée, coiffée d'un chapeau rapiécé sur ses cheveux en désordre. Ses vêtements étaient souvent maculés de terre et ses ongles noirs et abîmés. Lockhart, en revanche, était impeccable dans sa robe de sorcier turquoise, avec ses cheveux dorés qui brillaient sous un chapeau également turquoise, bordé de fils d'or.

- Bonjour, tout le monde ! lança-t-il en adressant aux élèves un sourire radieux. Je viens de montrer au professeur Sprout comment il fallait s'y prendre pour soigner un Saule Cogneur ! Mais n'allez surtout pas vous mettre dans la tête que je suis meilleur qu'elle en botanique ! Il se trouve simplement que j'ai souvent rencontré ce genre de plantes exotiques au cours de mes voyages...

- Serre numéro trois, aujourd'hui ! dit le professeur Sprout qui avait perdu sa gaieté habituelle et paraissait de très mauvaise humeur.

Il y eut un murmure ravi et Megan elle-même trouva la nouvelle plaisante : jusqu'à présent, les classes de botanique s'étaient toujours déroulées dans la serre numéro un, mais la numéro trois contenait des plantes beaucoup plus intéressantes et beaucoup plus dangereuses. Le professeur Sprout prit une clé accrochée à sa ceinture et ouvrit la porte. Des fleurs géantes pendaient du plafond. Megan entra avec Ron et Hermione, mais Potter ne les suivit pas. En se retournant, la jeune fille constata que Lockhart l'avait attrapé par l'épaule.

- Harry ! dit-il. J'aurais un mot à te dire. Vous êtes d'accord pour qu'il soit un peu en retard à votre cours, professeur Sprout ?

À en juger par sa mine renfrognée, Sprout n'était pas d'accord du tout, mais Lockhart ne lui laissa pas le choix.

- De toute façon, c'est comme ça, dit-il avant de lui fermer la porte de la serre au nez.

Megan haussa les sourcils, surprise par ce comportement insolent et audacieux. Mais elle n'allait pas protester contre quelques minutes sans Potter. Hermione fixait la porte qui venait de se fermer sur Potter et Lockhart de toute évidence elle aurait apprécié être à la place de son ami.

- Viens, lui dit Megan en l'entraînant vers le milieu de la serre où il restait de la place.

- Qu'est-ce qu'il peut bien lui vouloir ? se demanda Ron à voix haute.

- Ils vont sûrement faire un concours d'autographes.

Sur la table centrale se trouvait une rangée de bacs contenant de petites plantes touffues aux fleurs violacées que Megan identifia comme étant des Mandragores. Enfin des plantes dangereuses, se dit-elle avec satisfaction.

- Meganna Buckley ?

L'intéressée se retourna et se retrouva face à une fille de Poufsouffle blonde avec des nattes dont elle avait oublié le nom.

- Le professeur McGonagall m'a dit de vous dire que le professeur Dumbledore voudrait vous voir dans son bureau aujourd'hui.

Megan haussa un sourcil. Elle avait justement pour projet d'aller le voir.

- Super, dit-elle seulement.

- Elle m'a donné ça, aussi.

La fille lui tendit un petit parchemin plié. Megan le rangea dans une de ses poches et se retourna vers ses amis. La fille resta un instant derrière elle, la regardant avec incertitude et inquiétude, puis alla rejoindre ses camarades de Poufsouffle.

- Qu'est-ce qu'elle te voulait ? lui demanda Ron.

- Rien.

Il haussa les épaules. Au même moment, Potter revenait dans la serre et vint prendre place entre Ron et Hermione.

- Aujourd'hui, nous allons rempoter des Mandragores, annonça le professeur Sprout qui avait visiblement attendu Potter pour commencer. Qui peut me dire quelles sont les propriétés de la Mandragore ?

Hermione leva la main avant même que Megan ait formulé la réponse dans sa tête. Elle se mit alors à réciter le manuel :

- La Mandragore possède de puissantes propriétés curatives. On l'utilise pour rendre leur forme d'origine ou leur santé aux victimes de métamorphoses ou de sortilèges.

- Excellente réponse. Dix points pour Gryffondor, dit le professeur Sprout. La Mandragore constitue un ingrédient essentiel entrant dans la composition de nombreux antidotes. Mais c'est également une plante dangereuse. Qui peut me dire pourquoi ?

Hermione manqua d'accrocher les lunettes de Potter en levant brusquement la main, mais cette fois ce fut Megan que le professeur interrogea, plus discrète.

- Le cri de la Mandragore est mortel pour quiconque l'entend, répondit-elle sans état d'âme.

Ron et Potter lui jetèrent un regard inquiet.

- C'est exactement ça. Dix points de plus pour Gryffondor. Les Mandragores dont nous allons nous occuper aujourd'hui sont encore très jeunes.

Elle montra la rangée de bacs et tout le monde se rapprocha pour mieux voir les centaines de plants. Megan était un peu déçue que ceux-ci ne soient pas encore en âge de tuer.

- Tout le monde prend une paire de cache-oreilles, dit le professeur Sprout. Vérifiez bien que vos oreilles sont complètement recouvertes. Je vous ferai signe en levant le pouce quand vous pourrez les enlever sans risque. D'accord ? Alors, allons-y. Mettez-les.

Megan prit une paire de cache-oreilles sur la table à tréteaux derrière le professeur et la coiffa. Elle n'entendait plus rien mais ne s'en portait pas plus mal. Elle se retourna vers son professeur, qui avait attendu que tous les élèves soient équipés. Sprout retroussa alors les manches de sa robe avant de saisir une des Mandragores et l'arracher d'un coup sec. Megan ne fut pas surprise de constater qu'à la place des racines se trouvait un corps semblable à un bébé laid, vert pâle, couvert de terre. Les feuilles de la plante lui sortaient du crâne. Megan ne pouvait l'entendre, mais la Mandragore hurlait à pleins poumons. Le professeur Sprout prit un grand pot sous une table et y plongea la plante en l'enterrant dans un compost humide qui ne laissa bientôt plus apparaître que les feuilles. Le professeur s'essuya les mains, leva les deux pouces et enleva son propre cache-oreilles. La plante avait cessé de hurler.

- Nos Mandragores étant encore au stade infantile, leurs cris ne peuvent pas tuer, dit-elle d'une voix neutre. Cependant, leurs cris peuvent quand même vous assommer pendant plusieurs heures et comme je suis sûre que personne parmi vous ne veut manquer cette première journée d'école, assurez-vous que vos cache-oreilles sont bien en place pendant que vous travaillez. Je vous ferai signe quand le cours sera terminé. Mettez-vous à quatre par bac, vous trouverez tous les pots que vous voudrez ici, le compost est là-bas, dans les sacs, et attention à la Tentacula Vénéneuse, elle est en train de faire ses dents.

Elle donna un coup sec à une plante épineuse qui rétracta aussitôt les longs tentacules qu'elle avait sournoisement glissés sur l'épaule du professeur.

Megan fit équipe avec Seamus Finnigan, Dean Thomas et Padma Patil tandis que Ron, Hermione et Potter se regroupaient devant un autre bac avec un élève de Poufsouffle aux cheveux bouclés dont Megan ne connaissait pas le nom. Sans se préoccuper de ses camarades, Megan rempota distraitement les Mandragores tout en réfléchissant à la raison pour laquelle Dumbledore pouvait bien vouloir la voir. Elle n'avait pas pratiqué la magie de tout l'été, sauf lorsque le livre s'était mis à léviter dans sa chambre chez les Boyd, mais ce n'était même pas volontaire. Peut-être voulait-il parler de sa répartition à Gryffondor, ou bien de Potter… Megan n'en savait absolument rien, mais elle savait parfaitement ce qu'elle voulait lui demander.

Elle retrouva Ron, Hermione et Potter à la fin du cours de botanique pour rentrer au château se laver, la plupart des élèves étant couverts de terre et trempés de sueur. Elle fut la première prête et attendit les autres dans la salle commune où se trouvaient quelques élèves n'ayant pas cours à cette heure. Assise dans son fauteuil préféré près de la cheminée malgré la chaleur ambiante, Megan sortit de poche le morceau de parchemin plié que lui avait donné la fille de Poufsouffle de la part du professeur McGonagall. Il n'y avait que deux mots : « Sorbet Citron ». Megan fronça les sourcils. Pourquoi McGonagall lui avait-elle fait parvenir le nom d'une friandise Moldue ? Elle jeta le parchemin dans le feu et se tourna vers un des jumeaux Weasley.

- Eh, Fred, tu sais où est le bureau de Dumbledore ?

Le jeune garçon se désintéressa de ses cartes Chocogrenouilles et fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Réponds à ma question, insista Megan.

- Dans une tour, au deuxième étage. Pourquoi tu veux savoir ça ?

- Pour y aller.

Hermione arriva dans la salle commune fraîche et propre, empêchant Fred de pousser plus loin son interrogatoire. Lorsque Ron et Potter les eurent rejoints, ils purent se rendre en cours de métamorphose.

Megan n'avait pas de disposition ni de goût particulier pour la métamorphose, mais comme dans toutes les matières elle excellait naturellement. Le cours de ce jour consistait à changer un scarabée en bouton de manteau, mais toute la difficulté de l'exercice semblait résider dans le fait de maintenir l'insecte en place le temps de lui jeter le sort. Megan, agacée, en vint à lancer à son scarabée le maléfice du saucisson pour pouvoir effectuer sa métamorphose. Un peu plus loin, le scarabée de Potter courait toujours, évitant chacun des coups de baguette magique, et Ron, dont la baguette était toujours cassée, ne faisait que lancer des étincelles et dégager une épaisse fumée malodorante qui sembla déplaire au professeur McGonagall. Ron avait tenté sans succès de rafistoler sa baguette avec du sorcier collant, mais on ne réparait pas ainsi un si puissant instrument magique. Megan avait bien tenté de l'aider mais elle-même n'était pas parvenue à obtenir de résultats satisfaisants.

Hermione, qui était particulièrement douée pour la métamorphose, avait parfaitement réussi ses boutons et les exhiba fièrement à Megan sur le chemin de la Grande Salle après la classe. Megan ne dit rien mais elle devait reconnaître que ses propres boutons étaient moins beaux.

- Ceux de Lavender Brown avaient encore des pattes, commenta-t-elle d'un ton moqueur. Et ceux de Parvati Patil avaient des antennes.

Elles s'installèrent dans la Grande Salle qui se remplissait petit à petit. Assise face à la table des Serdaigle, Megan remarqua le garçon qu'elle avait rencontré dans le Poudlard Express, Kevan, assis entre une demi‑douzaine de filles. Lorsqu'il leva les yeux et croisa ceux de Megan, il lui adressa un léger signe de la main. Megan ne réagit pas et se tourna vers Hermione pour lui demander si Ron s'était perdu dans le château pour mettre autant de temps à revenir du cours de métamorphose.

Au même moment, Ron et Potter arrivèrent dans la Grande Salle. Ron semblait de très mauvaise humeur, mais Hermione ne sembla pas s'en apercevoir. À peine furent-ils assis qu'elle s'empressa de leur montrer à leur tour ses superbes boutons de manteau où l'on ne distinguait ni antennes ni pattes.

- Qu'est-ce qu'on a, cet après-midi ? demanda Potter pour changer de sujet.

- Défense contre les Forces du Mal, répondit aussitôt Hermione.

- Pourquoi tu as entouré tous les cours de Lockhart avec des petits cœurs ? demanda Megan en saisissant l'emploi du temps d'Hermione.

Celle-ci, les joues écarlates, le lui arracha des mains. Megan soupçonnait sa meilleure amie d'avoir autant d'admiration pour Lockhart que Molly.

Au cours du repas, Megan eut l'occasion de saluer Oliver Wood, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, ou encore Alicia Spinnet, poursuiveuse. Megan avait beau avoir des capacités sociales limitées et refuser de devenir membre de l'équipe, elle était curieusement très appréciée de chacun de ses membres.

Après le déjeuner, Megan, Ron, Hermione et Potter sortirent dans la cour. Hermione se replongea dans Voyages avec les vampires tandis que Megan, Ron et Potter parlaient Quidditch, le seul sujet sur lequel Megan pouvait peut-être envisager de s'entendre avec Potter. Alors qu'ils tergiversaient sur les compétences de Blythe Parkin, l'attrapeuse de l'équipe de Grande-Bretagne, descendante d'une longue lignée de prodiges du Quidditch, Potter se retourna et Megan remarqua un petit garçon blond qui le fixait, comme paralysé, en serrant entre ses mains un appareil photo. Son teint vira au cramoisi lorsque Potter posa les yeux sur lui.

- Ça va, Harry ? Je... Je m'appelle Colin Creevey, dit-il, le souffle court, en esquissant un pas en avant. Moi aussi, je suis à Gryffondor. Tu crois que... ça ne te dérangerait pas si... si je prenais une photo de toi ? demanda-t-il, levant son appareil, le regard plein d'espoir.

- Une photo ? répéta Potter, intrigué.

Megan était consternée.

- Pour prouver que je t'ai rencontré, dit Creevey avec enthousiasme en s'approchant un peu plus près. Je sais tout sur toi. Tout le monde m'a raconté comment tu as survécu quand Tu-Sais-Qui a essayé de te tuer, comment il a disparu, ta cicatrice sur le front et tout ça. Et puis j'ai un copain qui m'a dit que si je développe ma pellicule dans la bonne potion, la photo bougera. C'est vraiment bien, ici, hein ? J'ai toujours fait des trucs un peu bizarres, mais je ne savais pas que j'étais sorcier jusqu'à ce que je reçoive la lettre de Poudlard. Mon père est laitier, il n'y croyait pas non plus. Alors j'essaye de prendre le plus de photos possible pour lui envoyer. Et si je pouvais en avoir une de toi, ce serait formidable...

Il lança à Potter un regard implorant. Megan comprit immédiatement qu'elle n'allait pas supporter ce petit garçon. Un Sang-de-Bourbe admirateur de Potter !

- Peut-être que ton copain pourrait la prendre, comme ça, je me mettrais à côté de toi. Tu voudras bien me la dédicacer ?

- Une photo dédicacée ? Tu dédicaces des photos, maintenant, Potter ?

Sonore et cinglante, la voix de Draco résonna dans toute la cour. Il s'était arrêté derrière Creevey, flanqué comme toujours de Crabbe et Goyle, ses deux stupides amis et gardes du corps. Megan prit une profonde inspiration. Elle n'avait plus revu Draco depuis l'altercation chez Fleury & Bott, et ce jour-là il n'avait même pas daigné lui accorder un regard.

- Tout le monde en rang, Harry Potter distribue des photos dédicacées ! lança Draco à la cantonade.

- Ce n'est pas vrai ! répliqua Potter avec colère, les poings serrés. Ferme-la, Malfoy !

- Tu es jaloux, voilà tout, lança Creevey dont le corps tout entier avait à peu près l'épaisseur du cou de Crabbe.

- Jaloux ? répéta Draco qui n'avait plus besoin de crier car la moitié des élèves présents dans la cour l'écoutaient attentivement. Jaloux de quoi ? Je n'ai pas envie d'être défiguré par une cicatrice, moi ! Je ne crois pas qu'il suffise d'avoir un trou dans la tête pour être plus fort que les autres.

Crabbe et Goyle ricanaient bêtement, mais Megan était parfaitement d'accord avec celui qui avait été son meilleur ami.

- Va donc manger des limaces, ça te fera du bien, Malfoy, lança Ron d'un ton furieux.

Crabbe cessa de rire et se mit à caresser ses énormes poings d'un air menaçant. Ni lui ni Goyle n'étaient dotés d'un quelconque talent pour la magie. Leur seul avantage résidait, tel deux Moldus, dans leur force musculaire.

- Fais attention, Weasley, répliqua Draco d'un ton méprisant. Tu ferais mieux de te tenir tranquille, sinon, ta maman va venir te chercher.

Il prit une voix perçante et hurla:

- SI JAMAIS TU REFAIS LA MOINDRE BÊTISE...

Des Serpentard de cinquième année s'esclaffèrent bruyamment. L'imitation de Molly était réussie, mais Megan n'apprécia pas l'allusion moqueuse à la femme qui l'avait accueillie tout l'été alors qu'elle avait été rejetée par celle qu'elle considérait comme sa mère. Mais comment réagirait Draco si elle s'en prenait ouvertement à lui pour défendre des Weasley ?

- Weasley voudrait bien que tu lui dédicaces une photo, Potter, continuait le garçon d'un ton ironique. Il pourrait la vendre plus cher que sa maison.

Ron tira de sa poche sa baguette magique rafistolée, mais Hermione referma son livre d'un claquement sec et chuchota : « Attention » tandis que Megan lui adressait un regard lui signifiant clairement qu'il avait grand intérêt à ranger cette baguette. Elle ne pouvait pas gérer un nouvel affrontement entre ces deux familles qu'elle aimait.

- Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que j'entends ?

Lockhart s'approcha d'eux à grands pas, les pans de sa robe turquoise flottant derrière lui. Megan n'aurait pas cru qu'elle lui serait un jour reconnaissante

- Qui dédicace des photos ? demanda-t-il.

Potter tenta de parler, mais Lockhart l'interrompit, le prenant par les épaules et lançant d'un air joyeux :

- Je n'aurais pas dû poser la question ! Nous voici à nouveau réunis, Harry !

Immobilisé au côté de Lockhart, Potter avait les joues rouges de honte et Megan se retenait de rire. Elle eut tout de même un pincement au cœur en regardant Draco s'éloigner avec un sourire goguenard, cette fois encore en l'ayant parfaitement ignorée.

- Allons-y, Creevey, dit Lockhart avec un grand sourire. Un double portrait, on ne peut pas rêver mieux, et nous le signerons tous les deux.

Creevey brandit maladroitement son appareil et prit sa photo au moment où la cloche retentissait derrière eux pour signaler la reprise des cours.

- Allez, c'est l'heure, cria Lockhart à l'adresse des élèves.

Puis il se dirigea vers le château sans lâcher Potter.

- Casses-toi, dit sèchement Megan à Creevey, qui n'avait pas eu la moindre dédicace.

Celui-ci obéit sans hésiter et Megan suivit Ron et Hermione vers le bâtiment.

- Quel crétin, ce Malfoy ! jura Ron en chemin.

- Le cherche pas, lui conseilla froidement Megan.

- Qu'est-ce que je risque ?

- Ta baguette n'est plus capable de lancer un sort et tu ne tiens pas la route face à Crabbe ou Goyle.

- Alors je devrais le laisser nous marcher dessus ?

Megan haussa les épaules. Elle ne savait plus comment elle-même devait se comporter en présence de Draco. Tout ce qu'elle voulait, c'était cesser d'entendre Ron le dénigrer il ne le connaissait pas.

Arrivés dans la salle de cours, Ron et Hermione s'assirent de chaque côté de Potter au fond de la classe, et Megan prit place à gauche de Ron. Un sourire moqueur de retour sur ses lèvres, elle se pencha vers Potter.

- Tes joues étaient rouges comme des œufs de Serpensendre, dit-elle. Il faut espérer que Creevey ne va pas devenir copain avec Ginny, sinon ils vont fonder le fan-club de Harry Potter.

- Silence ! la coupa le garçon, agacé.

Il ne pouvait pas tout faire pour attirer l'attention et ensuite se plaindre qu'un autre sorcier qui avait le même comportement veuille le prendre sous son aile, pensa Megan sans se départir de son sourire.

Une fois tous les élèves assis, Lockhart s'éclaircit bruyamment la gorge et le silence se fit. Il tendit la main, prit sur la table de Longbottom son exemplaire de Randonnées avec les trolls et montra à tout le monde sa propre photo qui clignait de l'œil sur la couverture du livre.

- Ça, c'est moi, dit-il, le doigt pointé sur la photo et en clignant de l'œil à son tour. Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, troisième classe, membre honoraire de la Ligue de Défense contre les Forces du Mal et cinq fois lauréat du prix du sourire le plus charmeur, décerné par les lectrices de Sorcière‑Hebdo, mais ne parlons pas de ça. Croyez-moi, lorsque j'ai réussi à me débarrasser du Spectre de la mort, ce n'était pas par un simple sourire.

Il attendit les rires, mais il n'y eut que quelques faibles sourires. Megan sentit monter en elle un mélange d'incrédulité et d'agacement.

- Je vois que vous avez tous acheté la collection complète de mes livres. C'est très bien. J'ai pensé que nous pourrions commencer le premier cours avec un petit questionnaire. Rien de bien méchant. Simplement pour vérifier si vous avez bien lu ce que j'ai écrit et voir ce que vous en avez retenu.

Il distribua les questionnaires, puis retourna s'asseoir derrière son bureau.

- Allez-y, vous avez une demi-heure pour répondre à toutes les questions.

Megan n'avait pas lu les livres de Lockhart mais pensait pouvoir répondre sans peine à diverses questions élémentaires de défense contre les forces du Mal, jusqu'à ce qu'elle lise les questions :

1) Quelle est la couleur préférée de Gilderoy Lockhart ?

2) Quelle est l'ambition secrète de Gilderoy Lockhart ?

3) A votre avis, quel est le plus grand exploit réalisé par Gilderoy Lockhart à ce jour ?

Il y avait ainsi trois pages de questions jusqu'à la dernière :

54) Quelle est la date de l'anniversaire de Gilderoy Lockhart et quel serait à ses yeux le cadeau idéal ?

Si Lockhart croyait qu'un cours de Défense contre les forces du Mal pouvait se résumer à examiner sa personnalité, alors Megan ne s'était pas trompée à son sujet.

Une demi-heure plus tard, Lockhart ramassa les copies et y jeta un coup d'œil devant la classe.

- Allons, allons, je vois que personne ne se rappelle que ma couleur préférée, c'est le lilas. Je l'ai pourtant indiqué clairement dans Une année avec le Yéti. Et certains d'entre vous feraient bien de relire attentivement Promenades avec les loups-garous – j'y explique dans le chapitre douze que mon cadeau d'anniversaire idéal serait l'harmonie entre tous les hommes, qu'ils aient ou non des pouvoirs magiques. Mais il est vrai que je ne dirais pas non si on m'offrait un magnum d'Ogden's Old Firewhisky !

Il leur lança un nouveau clin d'œil un peu canaille. Ron le regardait à présent avec une expression d'incrédulité, Seamus Finnigan et Dean Thomas étaient secoués d'un fou rire silencieux, et Megan était au comble de l'exaspération autant ne pas venir en cours. Hermione, en revanche, buvait les paroles de Lockhart et sursauta lorsqu'il prononça son nom.

- ... Mais Miss Hermione Granger sait que mon ambition secrète serait de débarrasser le monde des Forces du Mal et de lancer ma propre marque de produits pour les cheveux. Bravo ! Excellente élève. En fait – il lut intégralement sa copie –, elle a tout bon ! Qui est Miss Hermione Granger ?

Hermione leva une main tremblante.

- Excellent ! s'exclama Lockhart avec un sourire radieux. Vraiment excellent. Dix points pour Gryffondor ! Mais je vois que... Miss Meganna Buckley... vous n'avez répondu à aucune question. Vous n'avez pas lu mes livres ?

- J'ai lu les cinq premières pages de Flâneries avec le spectre de la Mort, répondit-elle avec franchise et assurance. Ça a été amplement suffisant pour comprendre que je n'apprendrai rien.

- Ne rien apprendre, vraiment ? sursauta Lockhart. Dois-je en conclure que vous avez déjà vous-même affronté le spectre de la Mort ?

- Je pense que j'ai vu la Mort de bien plus près que vous ou n'importe qui d'autre dans cette salle, répondit placidement Megan. Et ce n'est pas en parlant de votre parfum préféré que vous allez apprendre à qui que ce soit ici comment y faire face.

- Dix points de moins pour Gryffondor, répondit froidement Lockhart.

- Megan ! gémit Hermione, dont le regard était un peu plus choqué à chaque mot qu'avait prononcé son amie. Qu'est-ce que tu fais ? Et tu viens de nous faire perdre tous les points que j'avais gagné !

- On les récupérera autrement, ce type est un guignol, répondit Megan sans prendre la peine de baisser la voix.

Tous les élèves de la classe observaient Megan et Lockhart d'un air effrayé ou ravi. Chacun se demandait comment allait réagir le professeur face à l'insolence de son étudiante.

- Voyons donc voir quelles sont les capacités de Miss Buckley, lança-t-il avec un air de défi.

Il se pencha et posa sur son bureau une grande cage couverte d'un morceau de tissu.

- Je comprends qu'il peut être déstabilisant de rencontrer en personne quelqu'un qui a vu plus de dangers que le commun des mortels, affirma-t-il en passant une main dans ses cheveux. Sans parler des difficultés que représente la période de l'adolescence pour vous tous ici ! Aussi je ne peux qu'excuser le comportement de Miss Buckley. Mais comme a tenu à le rappeler votre camarade, il est de mon devoir de vous armer contre les créatures les plus répugnantes qui soient connues dans le monde des sorciers. Vous aurez peut-être dans cette classe les plus belles peurs de votre vie. Mais sachez que rien de fâcheux ne peut vous arriver tant que vous êtes en ma présence. Tout ce que je vous demande, c'est de garder votre calme.

Lockhart posa la main sur le morceau de tissu qui recouvrait la cage. Thomas et Finnigan avaient cessé de rire et Longbottom se recroquevillait sur sa chaise du premier rang. Megan, elle, attendait patiemment la suite, sans montrer le moindre signe d'intérêt quoi que Lockhart ait amené avec lui, ce ne pouvait rien être de vraiment dangereux. Seul Dumbledore et Hagrid se permettaient d'introduire dans l'école de quoi tuer les élèves.

- Je vous demande de ne pas crier, dit Lockhart d'une voix grave. Ça pourrait les énerver.

Sous le regard des élèves qui retenaient leur souffle, il découvrit alors la cage. Il y eut de longues secondes de silence parmi les étudiants avant que Lockhart reprenne la parole :

- Eh oui, en effet, dit-il d'un ton solennel, ce sont bel et bien des Lutins de Cornouailles fraîchement capturés.

Finnigan ne put se retenir. Il laissa échapper un éclat de rire que même Lockhart ne pouvait confondre avec un hurlement de terreur, et Megan sourit.

- Oui ? Vous avez quelque chose à dire ? Demanda Lockhart à Finnigan avec un sourire.

- Ils ne sont... ils ne sont pas très dangereux, répondit le garçon en s'étranglant de rire. « Les plus belles peurs… de notre vie »… !

- N'en soyez pas si sûr ! dit Lockhart en agitant l'index d'un air agacé. Ce sont parfois de petites pestes parfaitement diaboliques !

D'une couleur bleu électrique, hauts d'une vingtaine de centimètres et dépourvus d'ailes bien que capables de voler, les Lutins jacassaient d'une voix aiguë. Dès que la cage fut découverte, ils se mirent à piailler et à s'agiter en tous sens, tapant sur les barreaux et faisant toutes sortes de grimaces bizarres aux élèves assis devant eux.

- Maintenant, on va voir comment vous allez vous débrouiller avec eux, dit Lockhart d'une voix forte.

Et il ouvrit la cage.

Ce fut alors une pagaille sans nom : les lutins se répandirent dans toute la classe en filant comme des fusées. Deux d'entre eux attrapèrent Longbottom par les oreilles et le soulevèrent dans les airs. Deux autres fracassèrent les carreaux et s'enfuirent par les fenêtres en répandant une pluie de verre brisé sur le dernier rang. Quant aux autres, ils entreprirent de dévaster consciencieusement la salle avec une efficacité digne de celle de Peeves. Ils attrapèrent les encriers et les renversèrent un peu partout, lacérèrent les livres et les papiers, arrachèrent les tableaux des murs, retournèrent la corbeille à papiers, s'emparèrent des sacs et des livres encore intacts et allèrent les jeter par les fenêtres. En quelques minutes, la moitié des élèves avait disparu sous les tables et Longbottom se balançait au lustre. Megan était adossée au mur de la classe et donnait des coups de baguette aux lutins qui avaient le malheur de s'approcher un peu trop près d'elle, tout en contemplant le désastre.

- Allons, allons, attrapez-les ! Vite, voyons, attrapez-les, ce ne sont que des lutins ! Hurla Lockhart.

Il retroussa ses manches, brandit sa baguette magique et cria :

- Peskipiksi Pesternomi !

Mais, sans surprise, la formule n'eut aucun effet. L'un des lutins arracha la baguette magique des mains de Lockhart et la jeta par la fenêtre. Le professeur étouffa une exclamation et plongea sous son bureau, en évitant de justesse d'être écrasé par Longbottom qui venait de tomber avec le lustre. Lorsque la cloche sonna, ce fut la ruée hors de la classe. Dans le calme relatif qui s'ensuivit, Lockhart se releva, aperçut Megan, Ron, Hermione et Potter qui s'apprêtaient à franchir la porte et dit :

- Je vous demanderai simplement de remettre ceux qui restent dans leur cage.

Puis il sortit de la classe en passant devant eux et referma la porte.

- Non, mais qu'est-ce que c'est que ce bonhomme ? rugit Ron tandis que l'un des lutins lui donnait un coup sur l'oreille.

- Il a simplement voulu nous faire faire des travaux pratiques, dit Hermione qui immobilisa aussitôt deux lutins à l'aide d'une formule magique et les enferma dans leur cage.

- Des travaux pratiques ? s'exclama Potter en essayant d'attraper un lutin qui lui tirait la langue. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire !

- Tu dis des bêtises, répliqua Hermione. Tu as lu ses livres ? Tu as bien vu tous les prodiges qu'il a accomplis ?

- Ça, c'est ce qu'il prétend ! Répliqua rageusement Megan.