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L'AVERTISSEMENT
- Qu'est-ce qui se passe ici ?
Attiré par la voix forte de Draco, Argus Filch se fraya un chemin dans la foule des élèves. Lorsqu'il vit Mrs Norris, il recula, horrifié, en se couvrant le visage de ses mains.
- Ma chatte ! Ma chatte ! Qu'est-ce qui est arrivé à ma chatte ? hurla-t-il.
Ses yeux exorbités se posèrent alors sur Potter.
- Vous ! cria-t-il d'une voix stridente. C'est vous qui avez assassiné ma chatte ! Vous l'avez tuée ! Et maintenant, c'est moi qui vais vous tuer ! Je vais vous…
- Argus !
Dumbledore venait d'arriver dans le couloir, suivi de plusieurs professeurs. Un instant plus tard, il avait détaché Mrs Norris de la torchère.
- Venez avec moi, Argus, dit-il à Filch. Vous aussi, Mr Potter, Mr Weasley, Miss Buckley et Miss Granger.
Lockhart s'avança d'un air empressé.
- Mon bureau est juste à côté, Monsieur le Directeur. Si vous souhaitez l'utiliser...
- Merci, Gilderoy, dit Dumbledore.
Les élèves silencieux s'écartèrent pour les laisser passer. Lockhart emboîta le pas de Dumbledore, suivi par les professeurs McGonagall et Snape. Lorsqu'ils furent entrés dans le bureau de Lockhart, Dumbledore étendit Mrs Norris sur la table et commença à l'examiner. Ron, Hermione et Potter échangèrent des regards inquiets et ilsse laissèrent tomber sur des chaises dans un coin sombre de la pièce tandis que Megan s'adossait au mur à côté d'eux, les bras croisés, les sourcils froncés. Dumbledore ausculta soigneusement la chatte sous le regard attentif du professeur McGonagall. Peut-être qu'il trouverait comment la chatte était morte et expliquerait le mystère de cette voix assassine, pensa Megan.
La silhouette de Snape se dessinait derrière eux dans la pénombre, avec une expression bizarre sur son visage, comme s'il s'efforçait de ne pas sourire. Lockhart, lui, papillonnait autour d'eux en faisant toutes sortes de commentaires ponctués par les sanglots de Filch. Affalé sur une chaise, le visage dans les mains, le concierge n'avait pas le courage de regarder Mrs Norris. Megan posa sur lui un regard partagé entre le mépris et la pitié avant de reporter son attention sur le directeur. Dumbledore se mit à marmonner d'étranges paroles en donnant sur le corps de Mrs Norris de petits coups de sa baguette magique. Mais rien ne se produisit : on aurait dit qu'elle était empaillée. Enfin, Dumbledore se redressa.
- Elle n'est pas morte, Argus, dit-il d'une voix douce.
Megan fronça un peu plus les sourcils.
- Pas morte ? s'étrangla Filch en regardant Mrs Norris à travers ses doigts écartés. Mais comment se fait-il qu'elle soit toute raide ?
- Elle a été pétrifiée, dit Dumbledore.
- C'est bien ce que je pensais, commenta Lockhart.
Megan leva les yeux au ciel.
- Mais de quelle manière, voilà ce que j'ignore, reprit Dumbledore.
Voilà que « le plus grand sorcier de l'Histoire » ne parvenait pas à expliquer ce qui était arrivé à la chatte du concierge. Megan était déçue, elle pensait le directeur plus doué.
- C'est à lui qu'il faut le demander ! hurla Filch en se tournant vers Potter.
- Aucun élève de deuxième année n'aurait réussi à faire ça, assura Dumbledore. Il faut être un expert en magie noire pour y arriver...
- C'est lui ! C'est lui ! insista Filch, le visage violacé. Vous avez bien vu ce qu'il a écrit sur le mur !
- On peut savoir pourquoi vous êtes persuadé que Potter est responsable de tout ça ? lança Megan, qui ne comprenait pas l'attitude survoltée du concierge à l'égard du garçon, quand bien même elle n'avait pas l'intention de prendre sa défense.
- Il a trouvé... dans mon bureau... Il sait que je suis... que je suis...
Le visage de Filch se tordit en une horrible grimace.
- Il sait que je suis un Cracmol ! acheva-t-il enfin.
Megan ouvrit des yeux surpris, ne s'attendant pas le moins du monde à cette révélation. Puis soudain le mépris remplaça la surprise et elle ne put retenir un rictus moqueur. Voilà qui expliquait beaucoup de choses sur le comportement aigri du concierge de Poudlard : comme les Boyd, il était un Moldu né dans une famille de sorciers, une véritable honte. Cela expliquait aussi sa haine pour les élèves, tous sorciers. Mais pourquoi Dumbledore avait-il embauché un Cracmol pour occuper le poste de concierge ? Avait-il pour intention profonde de remplacer un à un tout le personnel de Poudlard par des incompétents ? S'il était sur la bonne voie avec Filch et Lockhart, McGonagall par exemple allait lui donner du fil à retordre.
- Je n'ai jamais touché à Mrs Norris ! protesta Potter avec vigueur. Et je ne sais même pas ce qu'est un Cracmol !
- Mensonges ! grinça Filch. Il a vu ma lettre de Vitmagic !
Un gloussement s'échappa des lèvres de Megan. Elle avait souvent vu des encarts publicitaires de Vitmagic dans la Gazette du sorcier, il s'agissait de cours par correspondance destinés aux sorciers médiocres désireux d'améliorer leurs capacités magiques. Elle ne savait pas quelle était son efficacité, mais il était certain que cela ne fonctionnerait jamais sur Filch, qui était dépourvu de toute capacité magique comme tous les Cracmols. Penser qu'il avait tenté, le soir après sa journée de « travail », d'apprendre à jeter un sort pour essayer de devenir un sorcier lui aussi, l'amusait beaucoup. Elle s'attira cependant des regards sévères de la part des professeurs Dumbledore et McGonagall.
- Si je peux me permettre, Monsieur le Directeur, je crois que Potter et ses amis se sont simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, dit Snape d'un air narquois, comme s'il doutait de ses propres paroles. Mais il est vrai qu'il y a de quoi nourrir des soupçons. Que faisaient-ils dans ce couloir à cette heure-là ? Pourquoi n'assistaient-ils pas au festin d'Halloween avec leurs camarades ?
Ron, Hermione et Potter expliquèrent alors qu'ils avaient été invités à la fête de Nick Quasi-Sans-Tête.
- Il y avait des centaines de fantômes qui se trouvaient là, ils pourront témoigner que nous y étions...
- Mais pourquoi n'avez-vous pas rejoint le Grande Salle lorsque vous êtes remontés des cachots ? demanda Snape, son regard noir étincelant à la lueur des chandelles. Pourquoi étiez-vous dans ce couloir ?
Ron et Hermione se tournèrent vers Potter. Megan ne bougeait pas, le regard fixé sur le vide. Elle ne dirait rien pour sa part : comment expliquer que seuls elle et Potter avaient entendu une voix promettant un meurtre, les guidant jusqu'au corps pétrifié de Mrs Norris et au sinistre message ?
- Parce que... Parce que... balbutia Potter. Parce qu'on était fatigués et qu'on voulait aller se coucher.
- Sans avoir rien mangé ? demanda Snape en esquissant un sourire de triomphe. Je ne savais pas que les fantômes offraient de quoi satisfaire l'appétit des vivants au cours de leurs fêtes.
- On n'avait pas faim, dit Ron en espérant que personne n'entendrait la bruyante protestation de son estomac.
Le sourire malfaisant de Snape s'élargit.
- Monsieur le Directeur, il me semble bien que Potter ne dit pas toute la vérité, reprit-il. Peut- être ne serait-il pas inutile de le priver de certains privilèges jusqu'à ce qu'il se décide à nous raconter ce qui s'est véritablement passé. Personnellement, je pense qu'il ne devrait plus avoir le droit de jouer dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor jusqu'à ce qu'il consente à dire la vérité.
- Je ne vois vraiment pas pourquoi il faudrait empêcher ce garçon de jouer au Quidditch, Severus, dit sèchement le professeur McGonagall. Cette chatte n'a pas été assommée à coups de manche à balai. Et il n'y a aucune preuve que Potter ait fait quelque chose de répréhensible.
Dumbledore gratifia Potter de son terrible regard inquisiteur.
- Innocent tant qu'on n'a pas prouvé sa culpabilité, Severus, dit-il ensuite d'un ton ferme.
Snape avait l'air furieux. Filch également.
- Ma chatte a été pétrifiée ! hurla-t-il, les yeux exorbités. J'exige un châtiment !
- Nous parviendrons à la guérir, Argus, assura Dumbledore d'un ton patient. Mrs Sprout a réussi à se procurer des plants de Mandragore. Dès qu'ils auront atteint leur maturité, je m'en servirai pour fabriquer une potion qui ramènera Mrs Norris à la vie.
- Je m'en chargerai, intervint Lockhart, je l'ai fait des centaines de fois...
- Je vous demande pardon, coupa Snape, mais il me semble que le maître des potions, ici, c'est moi.
Il y eut un silence gêné.
- Vous pouvez y aller, dit Dumbledore à Megan, Ron, Hermione et Potter.
Ils sortirent d'un pas rapide. Lorsqu'ils eurent atteint l'étage supérieur, ils pénétrèrent dans une classe vide et refermèrent soigneusement la porte derrière eux.
- Vous croyez que j'aurais dû leur parler de la voix que j'ai entendue ? demanda Potter.
- Non, répondit aussitôt Megan.
- Entendre des voix, ce n'est pas bon signe, même chez les sorciers, ajouta Ron d'un ton sérieux.
- Mais toi, tu me crois, au moins ?
- Bien sûr, assura Ron précipitamment. Mais il faut reconnaître que c'est bizarre...
- Je sais bien que c'est bizarre, dit Potter. Et d'abord, qu'est-ce que ça voulait dire, ce graffiti ? La Chambre des Secrets a été ouverte... Qu'est-ce ça signifie ?
- Ça me rappelle vaguement quelque chose, dit lentement Ron. Un jour, quelqu'un m'a raconté une histoire à propos d'une chambre secrète, à Poudlard. C'était peut-être Bill...
- Et qu'est-ce que c'est qu'un Cracmol ? demanda Potter.
Ron et Megan réprimèrent un ricanement.
- En fait... ce n'est pas vraiment drôle..., avoua Ron. Mais comme ça concerne Filch...
Megan lui expliqua d'un ton narquois de quoi il s'agissait.
- Si Filch est un Cracmol, pas étonnant qu'il essaye d'apprendre la magie avec Vitmagic, dit Ron. Ça explique beaucoup de choses. Sa haine des élèves, par exemple.
Megan hocha la tête et Ron eut un sourire satisfait.
- Il est aigri, conclut-il.
Une pendule sonna quelque part dans le château.
- Minuit, dit Potter. On ferait bien d'aller se coucher avant qu'on tombe à nouveau sur Snape et qu'il essaye de trouver un autre prétexte pour nous punir.
Pendant plusieurs jours, on ne parla plus que de ce qui était arrivé à Mrs Norris. Filch faisait les cent pas à l'endroit où on l'avait retrouvée, comme s'il espérait que le coupable reviendrait sur les lieux de son crime. Il avait tenté de récurer le mur avec un détergent magique, mais il n'avait pas réussi à effacer le message. Il continuait de briller sur la pierre avec autant d'éclat qu'au premier jour.
Ginny Weasley semblait très perturbée par le sort qu'avait subi Mrs Norris. D'après Ron, elle avait une passion pour les chats.
- Tu ne connaissais pas bien Mrs Norris, lui dit vivement Ron. Très franchement, on se porte beaucoup mieux sans elle.
Les lèvres de Ginny tremblaient.
- Il est très rare qu'il arrive des choses pareilles à Poudlard, lui assura Ron. Ils finiront sûrement par attraper le cinglé qui a fait ça et il sera renvoyé sur-le-champ. J'espère simplement qu'il aura le temps de pétrifier Filch avant de se faire mettre dehors.
- Il plaisante, dit aussitôt Hermione en voyant Ginny devenir livide. Et puis, j'ai beau détester Filch, maintenant que je sais que c'est un Cracmol, j'ai un peu de peine pour lui… Ça doit être une situation tellement frustrante ! Et puis il a l'air tellement atteint par ce qui est arrivé à Mrs Norris, je trouve ça un peu touchant, non ?
Ron et Potter levèrent les yeux au ciel, pas le moins du monde attristés par le sort du concierge. Quant à Megan, elle était assise trop loin du groupe pour avoir à réagir. Depuis quelques temps, elle était intriguée par la petite sœur de Ron. Outre le fait qu'elle vouait à Potter une admiration ridicule, Megan avait le sentiment que quelque chose ne tournait pas rond chez la petite fille. Elle réveillait en Megan un sentiment familier, à la fois attirant et inquiétant. Sans parvenir à expliquer ce qu'elle ressentait, elle avait choisi de se tenir à distance de Ginny tout en gardant un œil sur elle.
Hermione n'était pas seulement prise d'un soudain élan de compassion pour Filch, elle était aussi devenue plus névrosée que jamais. La lecture avait toujours été une de ses occupations favorites mais, à présent, elle ne faisait plus rien d'autre que de se plonger dans les livres. Megan finit par lui demander ce qui lui prenait.
- La Chambre des Secrets, asséna Hermione, alors qu'elles étaient seules dans le dortoir. Ça ne te dit rien ?
- Si, ça m'a rappelé quelque chose quand Ron a parlé d'une histoire de chambre secrète à Poudlard, admit Megan. Mais vaguement.
- Tu as dû lire cette légende dans « L'Histoire de Poudlard », affirma Hermione. La légende est bien réelle mais je ne m'en rappelle pas grand-chose, et je n'ai pas emmené mon exemplaire du livre.
- Moi non plus, à cause de tous les livres de Lockhart je n'avais plus de place.
En attendant de pouvoir retrouver le texte exact, Megan et Hermione passèrent le plus clair de leur temps libre à feuilleter tous les livres qui pourraient traiter de ce sujet et à élaborer diverses théories à voix basse en se fondant sur le sinistre message qui avait été laissé sur le mur du couloir, mais aucune ne tenait vraiment la route. Chaque fois que Ron ou Potter leur demandaient des explications, elles les ignoraient, trop concentrées sur leur tâche, jusqu'au mercredi suivant : Ron les avait accompagnées à la bibliothèque pour faire ses devoirs d'Histoire de la Magie et elles l'avaient laissé travailler seul à une table pour disparaître entre les rayons et poursuivre leurs recherches. Lorsqu'elles étaient revenues vers lui, Potter l'avait rejoint.
- Tous les exemplaires de « L'Histoire de Poudlard » ont été empruntés, annonça Hermione avec humeur en s'asseyant entre ses deux amis et que Megan s'asseyait face à eux. Et il y a une liste d'attente de deux semaines.
- Pourquoi vous vouliez ce bouquin ? demanda Potter.
- Pour la même raison que les autres, répondit Megan, agacée. Pour lire la légende de la Chambre des Secrets.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Justement, on ne s'en souvient plus, répondit Hermione en se mordant la lèvre. Et impossible de trouver l'histoire dans un autre livre. Megan a interrogé tous les autres élèves qu'elle connait, mais aucun d'eux n'ont emprunté le livre, et Madame Pince refuse de nous laisser accès à la liste des emprunts !
La cloche sonna et tous les quatre sortirent de la bibliothèque pour se rendre au cours d'Histoire de la magie. Il s'agissait du cours le plus ennuyeux de leur emploi du temps. Le professeur Binns qui l'enseignait était le seul professeur fantôme de l'école : alors qu'il se rendait en classe quelques dizaines d'années plus tôt, il avait laissé son corps décédé derrière lui dans la salle des professeurs, et ne s'était jamais rendu compte de sa mort. Il entrait dans la classe en passant à travers le tableau et c'était l'unique moment un peu amusant de son cours
Binns consulta ses notes et commença à débiter son cours d'une voix monotone. Ce son rappelait à Megan le vieil aspirateur essoufflé des Boyd. Au bout d'une demi-heure, alors que tout le monde dans la classe somnolait à moitié, Megan leva la main.
- Oui, Miss, heu... dit le professeur en levant la tête.
- Buckley. Est-ce que vous pourriez nous dire quelque chose sur la Chambre des Secret ? demanda‑t‑elle d'une voix sûre.
Les autres élèves se réveillèrent en sursaut.
- Je fais des cours sur l'Histoire de la magie, dit Binns de sa voix sifflante. Je m'occupe de faits, Miss Buckley, pas de mythes ou de légendes.
- Les légendes sont toutes fondées sur des faits, insista Megan.
Binns avait l'air ahuri. De toute évidence, c'était la première fois de sa carrière qu'un élève interrompait son cours.
- On peut en discuter, bien sûr, dit-il d'une voix lente. Mais la légende dont vous parlez est tellement extravagante, tellement ridicule...
Tous les élèves étaient à présent suspendus à ses lèvres. Binns semblait stupéfait devant l'intérêt soudain qu'on lui manifestait.
- Eh bien, soit... dit-il. Voyons... Que pourrais-je vous dire sur la Chambre des Secrets ? Comme vous le savez tous, Poudlard a été fondé il y a plus de mille ans – la date précise n'est pas connue, elle se situe autour de 990 – par les quatre plus grands mages et sorcières de l'époque. Les quatre maisons de l'école portent leurs noms : Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard. Ils ont bâti ce château ensemble, hors de la vue des Moldus, car en ce temps-là, les gens du peuple avaient peur de la magie et les sorciers subissaient de terribles persécutions. Pendant quelques années, les fondateurs de l'école travaillèrent ensemble dans une parfaite harmonie. Ils recherchaient les jeunes gens qui montraient des dons pour la magie et ils les faisaient venir au château pour assurer leur éducation. Mais peu à peu, des désaccords apparurent. Un conflit éclata entre Serpentard et les autres. Serpentard voulait qu'on se montre plus sélectif dans le choix des élèves admis à Poudlard. Il pensait que le savoir magique devait être réservé aux familles de sorciers et à elles seules. Il ne voulait pas prendre d'élèves nés de parents moldus car il estimait qu'on ne pouvait pas leur faire confiance. Au bout d'un moment, une grave dispute à ce sujet opposa Serpentard à Gryffondor, et Serpentard finit par quitter l'école.
Binns fit une pause. Il avait l'air d'une vieille tortue toute ridée.
- Voilà ce qu'on peut dire à partir de sources historiques dignes de foi, reprit-il. Mais ces faits authentiques ont été obscurcis par la légende hautement fantaisiste de la Chambre des Secrets. D'après cette légende, Serpentard aurait aménagé une salle cachée dans le château, une salle dont les autres ne connaissaient pas l'existence. Serpentard aurait ensuite scellé l'entrée de la Chambre des Secrets de telle sorte que personne ne puisse l'ouvrir jusqu'à ce que son authentique héritier arrive à l'école. Seul l'héritier de Serpentard aurait le pouvoir d'ouvrir la Chambre et d'utiliser la chose horrible qu'elle contient pour chasser de l'école ceux qui ne seraient pas dignes d'étudier la magie.
Il y eut un long silence lorsque le professeur se tut. Mais ce n'était pas le silence qui accompagnait habituellement l'assoupissement des élèves. Un sentiment de malaise baignait l'atmosphère tandis que tout le monde gardait les yeux fixés sur Binns dans l'espoir d'en entendre davantage.
- Bien sûr, tout cela est totalement absurde, reprit le professeur d'un air agacé. Comme vous vous en doutez, l'école a été fouillée de fond en comble par les sorciers les plus érudits pour essayer de découvrir cette prétendue Chambre des Secrets. Et la conclusion, c'est qu'elle n'existe pas. Ce n'est qu'une affabulation destinée à faire peur aux naïfs.
- Monsieur, dit alors Hermione, qu'est-ce que vous entendez exactement par la « chose horrible » qui se trouverait dans la Chambre des Secrets ?
- Ce serait une sorte de monstre que seul l'héritier de Serpentard aurait le pouvoir de faire obéir.
- Un monstre capable de pétrifier un chat ? lança Megan.
- Ne soyez pas ridicule, se contenta de répondre Binns.
Les élèves échangèrent des regards inquiets, mais Megan réfléchissait à toute allure, les sourcils froncés. Elle ne descendait pas de Serpentard, elle en était certaine, mais elle était dotée de puissants pouvoirs et parlait le Fourchelang, tout comme Salazar Serpentard. Et si elle était capable d'ouvrir la chambre ? D'après le message sur le mur, celle-ci avait déjà été ouverte, il y avait donc l'héritier de Serpentard dans les murs de Poudlard, il fallait qu'elle découvre de qui il s'agissait.
- Je puis vous l'assurer : cette chose n'existe pas, poursuivit le professeur. Il n'y a ni monstre, ni Chambre des Secrets.
- Mais, Monsieur, objecta Seamus Finnigan, si la Chambre ne peut être ouverte que par l'héritier de Serpentard, il est normal que personne d'autre ne soit capable de la trouver, non ?
- Absurde ! répliqua Binns d'un ton excédé. Si les directeurs et directrices de Poudlard qui se sont succédé au cours des siècles n'ont rien découvert...
- Mais, professeur, il faut sans doute connaître la magie noire pour l'ouvrir, fit remarquer Parvati Patil.
- Ce n'est pas parce qu'un sorcier ne se sert pas de la magie noire qu'il ne la connaît pas, répliqua Binns. Si des gens comme Dumbledore...
- Mais peut-être qu'il faut faire partie de la famille de Serpentard pour y arriver, et donc, Dumbledore... commença Dean Thomas.
Mais Binns en avait assez.
- Ça suffit, dit-il sèchement. Je vous répète qu'il s'agit d'un mythe ! Ça n'existe pas ! Il n'y a pas l'ombre d'une preuve que Serpentard ait construit ne serait-ce qu'un placard à balais secret dans ce château. Je regrette de vous avoir raconté une histoire aussi stupide. Et maintenant, si vous le voulez bien, nous allons retourner à l'histoire, c'est-à-dire à des faits établis et vérifiables !
Et quelques minutes plus tard, les élèves avaient replongé dans leur torpeur habituelle.
- J'ai toujours su que ce Salazar Serpentard était un vieux fou complètement tordu, dit Ron à Megan, Hermione et Potter, alors qu'ils se frayaient un chemin dans le couloir grouillant d'élèves pour aller déposer leurs sacs avant de descendre dîner. Mais j'ignorais que c'était lui qui avait inventé ces histoires de sang pur. Même si on me payait, je refuserais d'étudier chez les Serpentard. Si le Choixpeau magique avait voulu m'y envoyer, j'aurais repris le train et je serais rentré à la maison.
Hermione approuva d'un vigoureux signe de tête, mais Megan sentit sa gorge se serrer. Elle tenait le même discours au sujet de Gryffondor un an plus tôt.
Colin Creevey apparut alors dans la foule des élèves qui se pressaient dans le couloir.
- Salut, Harry !
- Salut, Colin, répondit Potter d'un ton machinal.
- Harry, il y a un type dans ma classe qui a dit que tu es...
Mais Colin était trop petit, il ne pouvait pas résister à la marée des élèves qui l'entraînait en direction du Grande Salle. Il fut emporté en ayant tout juste le temps de lancer d'une petite voix aiguë :
- À plus tard, Harry.
- Qu'est-ce qu'il a bien pu dire sur toi son copain ? demanda Hermione.
- Que je suis l'héritier de Serpentard, j'imagine, répondit Potter.
- Les gens croient n'importe quoi, dit Megan d'un air consterné.
Comme si Potter pouvait être l'héritier en question ! Il n'était pas du sang de Serpentard et ne connaissait rien à la magie noire.
Elle ne vit pas le coup d'œil inquiet que lui jeta Potter. La foule s'éclaircit et ils purent monter l'escalier sans difficulté.
- Vous croyez vraiment qu'il existe une Chambre des Secrets ? demanda Ron à Megan et à Hermione.
- Je ne sais pas, répondit Hermione, les sourcils froncés. Dumbledore n'a pas pu guérir Mrs Norris, ce qui me fait penser qu'elle a été attaquée par quelque chose qui n'avait rien de... disons, d'humain...
Megan y avait réfléchi elle aussi. Elle n'avait encore jamais entendu parler de pétrification auparavant. Aucun des livres qu'elle avait consultés n'enseignait de sort pour y parvenir, ni de potion. Le « monstre » caché dans la Chambre devait donc être doté de cette capacité spéciale. Mais de quel type de créature s'agissait-il, elle n'en savait rien. Elle se nota dans un coin de sa tête d'aller en parler avec le seul spécialiste en la matière qu'elle connaissait.
Bientôt, Megan, Ron, Hermione et Potter se retrouvèrent au bout du couloir où l'agression s'était produite. Ils jetèrent un coup d'œil. L'endroit était dans le même état, sauf que la chatte avait été décrochée et qu'une chaise vide était posée contre le mur sur lequel le message en lettres brillantes était toujours aussi visible.
- C'est là que Filch monte la garde, marmonna Ron.
Ils échangèrent un regard. Le couloir était désert.
- On ne risque rien à examiner les lieux d'un peu plus près, dit Potter.
Il posa son sac, puis se mit à quatre pattes, à la recherche d'indices.
- Des traces de brûlure ! dit-il. Là... et là...
- Regardez un peu ça, dit Megan. C'est drôle...
Potter se releva et se dirigea vers la fenêtre, à côté du message. Megan leur montrait la vitre du haut où une vingtaine d'araignées prises de panique se battaient pour passer par une petite fente du carreau. Un long fil d'argent pendait comme une corde, comme si elles étaient toutes montées par-là dans leur hâte de fuir au‑dehors.
- Vous avez déjà vu des araignées agir comme ça ? demanda Hermione, songeuse.
- Jamais, répondit Megan sur le même ton.
- Non, admit Potter. Et toi, Ron ? Ron ?
Megan se retourna. Ron se tenait en arrière et semblait faire des efforts pour ne pas s'enfuir à toutes jambes.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Potter.
- Je... Je n'aime pas les araignées, dit Ron d'une voix tendue.
- Ah oui, soupira Megan en se remémorant l'épisode de l'été dans le jardin du Terrier.
- Je ne savais pas, s'étonna Hermione. Pourtant, tu te sers souvent d'araignées pour fabriquer des potions...
- Quand elles sont mortes, ça va. Mais je n'aime pas les voir bouger.
Hermione eut un petit rire.
- Ça n'a rien de drôle, dit Ron d'un ton féroce avant de lui raconter l'origine de sa phobie en frissonnant.
Megan soupira, Hermione s'efforça de ne pas éclater de rire et Potter changea de sujet de conversation :
- Vous vous souvenez de cette grande flaque d'eau, l'autre soir ? dit-il. Je me demande bien d'où elle venait. Quelqu'un l'a essuyée.
- Elle était à peu près là, dit Ron qui avait retrouvé son sang-froid. Devant cette porte.
Il montra l'endroit, à quelques pas de la chaise de Filch. Ron tendit la main vers la poignée de la porte, mais il interrompit son geste.
- On ne peut pas entrer, dit-il. Ce sont les toilettes des filles.
- Il n'y a personne, dit Megan en s'approchant à son tour. C'est là que "vit" Mimi Geignarde. Venez, on va jeter un coup d'œil.
Sans prêter attention au panneau « hors service » apposé à l'entrée, elle ouvrit la porte et entra.
Toutes les filles connaissaient les sinistres toilettes du deuxième étage, et les évitaient. Des lavabos ébréchés s'alignaient sous un grand miroir cassé par endroits et constellé de taches de rouille. Le carrelage humide reflétait la faible lumière que diffusaient quelques bouts de chandelles brûlant dans leurs bougeoirs. Les portes en bois des cabines étaient écaillées et l'une d'elles pendait de travers, retenue par un seul gond. Megan, comme tous les élèves de Poudlard, y était un jour entrée par hasard et avait eu la désagréable surprise de rencontrer le fantôme qui hantait l'endroit. Si Mimi Geignarde n'avait rien d'effrayant, ses lamentations constantes étaient insupportables aux oreilles de Megan.
Hermione mit un doigt sur ses lèvres pour leur faire signe de se taire et se dirigea vers la cabine du fond.
- Bonjour, Mimi, comment ça va ? dit-elle en ouvrant la porte.
Dans la cabine, Mimi Geignarde flottait au-dessus du réservoir de la chasse d'eau. Elle était en train de percer un bouton qu'elle avait sur le menton.
- Ces toilettes-là, c'est pour les filles, dit-elle en regardant Ron et Potter d'un air soupçonneux. Ce ne sont pas des filles, que je sache ?
- Non, mais je voulais simplement leur montrer comme c'est... heu... joli, ici..., balbutia Hermione.
Megan leva les yeux au ciel.
- Demande-lui si elle a vu quelque chose... dit Potter en remuant les lèvres silencieusement.
- Qu'est-ce que tu chuchotes, toi ? dit Mimi en fixant les yeux sur lui.
- Rien, répondit précipitamment le garçon, nous voulions savoir si...
- J'aimerais bien qu'on arrête de parler de moi derrière mon dos ! s'exclama Mimi d'une voix sanglotante. Même si je suis morte, j'ai quand même une sensibilité...
- Personne ne veut te faire de peine, Mimi, assura Hermione. Harry voulait seulement...
- Personne ne veut me faire de peine ! Elle est bien bonne ! Se lamenta Mimi. Ma vie ici n'a été qu'une longue suite de malheurs et maintenant, on vient même me gâcher la mort !
- On voulait te demander si tu n'avais rien vu de bizarre, ces temps derniers, dit Megan d'un ton sec. Il y a une chatte qui a été agressée devant ta porte le soir d'Halloween.
- Tu as vu quelqu'un dans les parages cette nuit-là ? demanda Potter.
- Je n'ai pas fait attention, dit Mimi d'un ton grave. Peeves m'avait tellement énervée que je suis revenue ici pour essayer de me suicider. Et puis, je me suis souvenue que j'étais... que j'étais...
- Déjà morte, acheva Ron.
Mimi poussa alors un sanglot tragique. Elle s'éleva dans les airs, fit volte-face et plongea tête la première dans la cuvette en les éclaboussant de la tête aux pieds. Ron et Potter restèrent bouche bée.
- Par rapport à d'habitude, elle avait presque l'air de bonne humeur, aujourd'hui, dit Hermione en haussant les épaules d'un air las. Venez, on s'en va.
Potter venait de refermer la porte sur les sanglots étouffés de Mimi qui continuait de pleurer dans la tuyauterie lorsqu'une voix sonore les fit sursauter tous les quatre.
- RON !
Percy s'était figé sur place en haut de l'escalier, l'air stupéfait.
- Ce sont des toilettes pour filles ! s'exclama-t-il. Qu'est-ce que tu...
- On a simplement jeté un coup d'œil, répondit Ron. On cherche des indices...
- Filez immédiatement ! s'écria Percy en se précipitant sur eux. Vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Revenir ici pendant que les autres dînent...
- Et qu'est-ce qui nous empêcherait de revenir ? répondit Ron avec fougue, le regard furieux. On n'a jamais touché à ce chat !
- C'est ce que j'ai dit à Ginny, dit Percy d'un ton féroce mais elle semble toujours convaincue que vous allez être expulsés. Je ne l'ai jamais vue aussi bouleversée, elle n'arrêtait pas de pleurer. Tu pourrais au moins penser à elle, Ron, tous les élèves de première année sont surexcités depuis que cette histoire est arrivée...
- C'est toi qui ne penses pas à Ginny, dit Ron dont les oreilles rougissaient. Tu as simplement peur que je gâche tes chances de devenir préfet-en-chef.
- J'enlève cinq points à Gryffondor ! répliqua Percy d'un ton cassant en montrant du doigt son insigne de préfet soigneusement astiqué. Que ça vous serve de leçon ! Et toi, tu arrêtes de jouer les détectives ou alors j'écris à Maman !
Et il s'éloigna à grands pas, la nuque aussi rouge que les oreilles de Ron. Lorsqu'ils furent de retour dans la salle commune, ce soir-là, Megan, Ron, Hermione et Potter s'assirent le plus loin possible de Percy.
- Je me demande qui veut renvoyer de Poudlard les Cracmols et les enfants de Moldus, dit Hermione à mi-voix, comme si elle poursuivait la conversation qu'ils venaient d'avoir.
- Oui, ça, on se le demande... dit Ron en faisant semblant d'avoir l'air perplexe. Qui donc pense que les enfants de Moldus sont des moins-que-rien ?
Il échangea un regard avec Hermione qui ne paraissait pas convaincue.
- Si tu parles de Draco..., gronda Megan.
- Bien sûr que je parle de lui ! s'exclama Ron. Bientôt, ce sera le tour des Sang de bourbe ! C'est ce qu'il a dit, non ? Il suffit de voir sa face de rat pour comprendre que c'est lui...
- Malfoy, l'héritier de Serpentard ? murmura Hermione, d'un ton sceptique.
- Regarde sa famille, dit Potter. Ils sont tous passés par Serpentard. Malfoy s'en vante tout le temps. Ils pourraient très bien être des descendants de Salazar Serpentard. Son père est assez malfaisant pour ça.
- C'est peut-être eux qui possèdent la clé de la Chambre des Secrets depuis des siècles ! dit Ron. Ils doivent se la passer de père en fils.
- C'est ridicule ! S'exclama Megan qui serait bien placée pour connaître la vérité en ce cas. Draco, héritier de Salazar Serpentard ? On le saurait depuis longtemps ! Et vous croyez vraiment que la Chambre des Secrets s'ouvre avec une simple clef ?
- Pour la clef, peut-être pas, reconnut Hermione avec prudence, mais… Bien sûr, Malfoy ne perd jamais une occasion de se vanter et il adorerait raconter à tout le monde qu'il descend d'un des quatre fondateurs, mais c'est peut-être un secret que sa famille a juré de garder. Il n'aurait rien dit publiquement justement pour ne pas être suspecté lorsqu'il ouvrirait la Chambre.
- Non mais tu t'entends parler, Granger ?
- Mais comment le prouver ? demanda Potter, l'air sombre, ignorant l'intervention de Megan.
- Il y a peut-être un moyen, suggéra Hermione en baissant la voix. Bien sûr, ce sera difficile. Et dangereux, très dangereux. Il faudrait violer une bonne cinquantaine d'articles du règlement de l'école.
- Dans un mois, ou deux, tu pourrais peut-être nous expliquer ce que tu as en tête, dit Ron avec mauvaise humeur.
- Très bien. Alors, écoutez-moi, toi aussi Megan. Ce qu'il faudrait, c'est que nous puissions pénétrer dans la salle commune des Serpentard pour poser quelques questions à Malfoy sans qu'il s'aperçoive que c'est nous.
- C'est complètement impossible, dit Potter tandis que Ron éclatait de rire.
- Non, répondit sèchement Megan qui voulait leur prouver l'innocence de Draco. Pour ça, il nous faudrait simplement un peu de Polynectar.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demandèrent Ron et Potter d'une même voix.
- Snape en a parlé en classe il y a quelques semaines..., leur rappela Hermione.
- Tu crois qu'on n'a rien de mieux à faire en cours de potions que d'écouter Snape ? grommela Ron.
- Le Polynectar permet de prendre l'apparence de quelqu'un d'autre. Réfléchissez un peu ! On pourrait se transformer en quatre élèves de Serpentard sans que personne ne sache que c'est nous. Malfoy nous dirait sûrement tout ce qu'on veut savoir. Il doit passer son temps à se vanter dans la salle commune des Serpentard. Puisqu'ils sont entre eux…
Ils étaient tellement crédules, ne put s'empêcher de penser Megan. Si Draco était effectivement l'héritier, il garderait précieusement ce secret et n'en parlerait pas ouvertement dans sa salle commune, il était bien plus malin qu'ils ne le croyaient. Mais de toute manière, elle savait que les Malfoy n'étaient pas des descendants directs des Serpentard. Hermione faisait complètement fausse route, mais tant pis.
- Ça me paraît un peu louche, ton histoire de Polynectar, dit Ron en fronçant les sourcils. Et si on gardait à tout jamais l'apparence de quatre élèves de Serpentard ?
- L'effet disparaît au bout d'un moment selon la qualité de la préparation, assura Megan. Ça peut agir entre dix minutes et douze heures.
- Mais ce sera très difficile d'obtenir la recette de la potion, dit Hermione. Snape a dit qu'elle figurait dans un livre intitulé Potions de grands pouvoirs qui doit sûrement se trouver dans la Réserve de la bibliothèque.
Or, il n'existait qu'un seul moyen d'avoir accès à un ouvrage de la Réserve : présenter une autorisation écrite d'un professeur.
- Difficile de faire croire qu'on a besoin de ce livre si ce n'est pas pour fabriquer une potion, dit Ron.
- Si on fait semblant de s'intéresser uniquement à la théorie, on aura peut-être une chance, dit Hermione.
- Aucun prof ne croira jamais ça. Il faudrait vraiment qu'il soit idiot !
