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CORNELIUS FUDGE

Le lendemain matin, Potter intercepta Megan et Hermione au moment où elles descendaient prendre leur petit déjeuner. Les entraînant dans un coin de la salle commune avec Ron, il leur raconta qu'il avait communiqué avec T. M. Riddle la veille au soir. Sceptique, Megan écouta son récit : selon Potter, lorsqu'il tentait d'écrire dans le carnet, l'encre disparaissait dans le papier au bout de quelques secondes, et une main invisible lui répondait, se présentant comme étant le propriétaire du journal. Hermione plaqua ses deux mains sur sa bouche, mi-horrifiée mi-fascinée.

- Et alors, tu as appris quoi ? demanda Megan, qui pouvait croire à cette histoire puisque le journal semblait effectivement avoir été ensorcelé mais doutait de ce qu'il pouvait en résulter.

- Riddle ne voulait pas juste me raconter ce qu'il s'est passé il y a cinquante ans, répondit Potter, il voulait me montrer. Alors j'ai été aspiré par le journal –

- Aspiré ? glapit Hermione.

- Oui, mais ne t'inquiète pas, je n'ai rien senti. J'ai atterri dans une espèce de souvenir, et vous ne croirez jamais ce que j'ai vu. C'était un souvenir de Riddle, dans lequel il accusait Hagrid d'être responsable des agressions qui avaient eu lieu à l'époque, et notamment de la mort d'un des élèves.

- Hagrid ? répéta Megan avec défiance.

- Je sais, je sais, Riddle disait l'avoir surpris en train de cacher un monstre dans le château. Je n'ai pas pu voir de quel monstre il s'agissait, seulement qu'il s'agissait de quelque chose de poilu…

Megan, Ron, Hermione et Potter savaient depuis toujours que le garde-chasse de Poudlard avait un faible pour les créatures géantes et monstrueuses. Au cours de l'année précédente, il avait essayé d'élever un dragon dans sa cabane en bois. Sans parler de l'énorme chien à trois têtes, gentiment baptisé « Fluffy », qu'ils n'étaient pas près d'oublier. Megan n'avait pas trouvé le nom de Hagrid dans les diplômes qu'elle avait consultés, mais cela s'expliquait s'il avait été renvoyé de Poudlard avant d'avoir pu en obtenir un, et les dates concordaient. Mais…

- Hagrid, répéta Megan en appuyant sur le nom. Responsable des attaques. Sérieusement ?

Ça n'avait pas plus de sens que la théorie de Megan concernant McGonagall. Hermione non plus ne se laissait pas convaincre.

- Je sais, acquiesça Potter, mais soyons honnêtes quelques secondes, si du temps où il était élève à Poudlard, il avait entendu parler d'un monstre caché dans le château, ça n'a rien d'étonnant qu'il ait tout fait pour le découvrir et l'apprivoiser. Et là, scandalisé par la longue captivité de la créature, il aurait simplement estimé qu'elle méritait de se dégourdir ses nombreuses pattes et il en aurait perdu le contrôle à cette occasion. Je l'imagine presque essayer de lui mettre un collier et une laisse…

- Comment tu peux croire ce Riddle, ou qui que soit la personne qui a ensorcelé ce journal ? dit Megan d'un ton mauvais. Tu as plus confiance en cet inconnu qu'en Hagrid ! Sans parler des connaissances en magie noire qu'il faut avoir pour découvrir la Chambre ! Je sais qu'il avait sa baguette à l'époque, mais je ne crois pas que Hagrid se soit particulièrement démarqué par ses talents dans ce domaine.

- Écoute, je n'imagine pas un seul instant Hagrid, qui est quelqu'un de vraiment gentil, tuer volontairement qui que ce soit, moi non plus. Mais j'ai tout vu !

- Peut-être que ce n'était pas Hagrid le coupable ? suggéra Hermione d'une petite voix. Peut-être que c'était un autre monstre qui attaquait les élèves ?

- Tu crois qu'il y a tellement de monstres dans ce château ? répliqua Ron d'un ton maussade.

- On a toujours su que Hagrid avait été renvoyé, dit Potter d'un ton consterné. Et les agressions ont dû cesser après l'expulsion de Hagrid. Sinon, Riddle n'aurait pas obtenu sa récompense.

- Donc une super couverture pour le véritable Héritier, objecta Megan. Et puis si Hagrid avait vraiment tué quelqu'un, pourquoi ils se seraient contentés de le renvoyer ? Pourquoi il n'est pas à Azkaban ? Pourquoi est-ce qu'il est toujours à Poudlard malgré tout ?

Ron essaya de voir les choses sous un angle différent.

- Ce Riddle me fait penser à Percy, dit-il. Et d'abord, qui lui a demandé de dénoncer Hagrid ?

- Mais, Ron, le monstre avait tué quelqu'un, fit remarquer Hermione.

- Et Riddle aurait été obligé de retourner dans un orphelinat de Moldus si Poudlard avait été fermé, dit Potter, qui avait également appris cet élément lors de ses « échanges » avec le journal. Je comprends qu'il ait préféré rester ici...

Ron se mordit les lèvres.

- Tu as rencontré Hagrid dans l'Allée des Embrumes, cet été, n'est-ce pas, Harry ? risqua-t-il.

- Il cherchait un produit contre les limaces, répondit aussitôt Potter.

Il y eut un très long silence, puis, d'une voix hésitante, Hermione aborda la question cruciale :

- Vous croyez qu'on devrait aller voir Hagrid et lui parler de tout ça ?

- Ce serait joyeux, comme visite, lança Ron. « Bonjour Hagrid, est-ce que vous pourriez nous dire si vous avez lâché dans le château un monstre sanguinaire et poilu, ces temps derniers ? »

- Si vous étiez un peu plus malins, vous sauriez que le monstre est forcément un serpent, pas quelque chose de poilu. Et puis vous voyez Hagrid tracer le message sanglant sur le mur et agresser un chat ? ironisa Megan. Je ne pensais pas que tu pouvais encore plus me décevoir, Potter.

Finalement, ils décidèrent de ne rien dire à Hagrid, sauf s'il y avait une nouvelle agression. Megan comprenait cependant beaucoup mieux l'attitude agressive du garde-chasse lors de sa dernière visite : elle avait malgré elle réveillé les souvenirs des accusations dont il avait fait l'objet, de son renvoi et de la destruction de sa baguette magique. Hagrid devait être plus nerveux que n'importe qui depuis que les attaques avaient recommencé, et craignait très certainement qu'il soit à nouveau reconnu coupable des crimes dont Megan ne le pensait absolument pas coupable. Elle aurait juré qu'il n'était qu'un bouc émissaire facile derrière lequel l'Héritier se dissimulerait à nouveau aisément aujourd'hui. Par précaution, cependant, elle garda un œil sur lui dans les jours qui suivirent à l'aide de la carte du Maraudeur, mais jamais le garde‑chasse ne disparut mystérieusement, se contentant au contraire de passer le plus clair de son temps entre sa cabane, son potager et la Forêt interdite.

Les jours passèrent sans que la voix désincarnée se manifeste à nouveau et il sembla qu'aucune agression n'aurait plus lieu au cours de l'année : il y avait maintenant près de quatre mois que Justin et Nick‑Quasi‑Sans-Tête avaient été pétrifiés et tout le monde ou presque semblait convaincu que l'agresseur, quel qu'il fût, avait définitivement renoncé à agir. Peeves s'était lassé de ses « Potter la vipère » et Ernie Macmillan lui-même s'était montré aimable avec Potter pendant le cours de botanique.

Au mois de mars, les racines de Mandragore organisèrent une fête bruyante et endiablée dans la serre n°3. Le professeur Sprout en fut enchantée.


Lorsque Pâques arriva, les élèves de deuxième année eurent de quoi réfléchir pendant leurs vacances, car le moment était venu pour eux de choisir les matières qu'ils souhaitaient étudier en troisième année. Bien entendu, Hermione prenait le sujet très au sérieux.

- C'est déterminant pour notre avenir, dit-elle à Potter et à Ron en examinant la liste des options proposées.

- Moi, tout ce que je veux, c'est abandonner les cours de potions, dit Potter.

- Impossible, dit Ron d'un air sombre. On est obligé de garder les matières fondamentales, sinon, j'aurais laissé tomber la Défense contre les Forces du Mal.

- Mais c'est très important ! protesta Hermione, ulcérée.

- Pas de la façon dont l'enseigne Lockhart, dit Ron. La seule chose qu'il m'ait apprise, c'est qu'il ne faut pas libérer des Pixies en cage.

Megan approuva d'un signe de tête, les cours de Lockhart n'étaient que des farces. Quant aux matières de l'année prochaine, elle avait déjà fait son choix : elle prendrait l'arithmancie et l'étude des runes.

Avec la fin des agressions, les soucis quotidiens revinrent occuper les esprits. Notamment, le prochain match de Quidditch arrivait, opposant Gryffondor à Poufsouffle. L'équipe d'Oliver s'entraînait chaque soir et le capitaine semblait très confiant quant à leurs chances de remporter la coupe. De l'autre côté, Megan avait discuté un soir à la bibliothèque avec Cédric Diggory, l'attrapeur de Poufsouffle, et son équipe semblait elle aussi prête pour l'affrontement. Mais Hermione n'avait, elle, en tête que les agressions.

- Megan ! Comment on a pu passer à côté de ça ?

L'intéressée leva la tête du manuel théorique de sortilège qu'elle étudiait à la bibliothèque. Hermione venait de plaquer devant elle un parchemin sur lequel étaient griffonnées de nombreuses notes, et entourés à l'encre verte les mots « longévité », « araignées », « serpent » et « Basilic ».

- Qu'est-ce que c'est, un Basilic ?

- J'ai suivi ta piste de serpent, et j'ai fait des recherches poussées, répondit Hermione d'une voix précipitée. C'était difficile car c'est une créature extrêmement rare, mais le Basilic est un serpent géant, qui peut vivre des centaines d'années, et il tue d'un regard ! J'ai même lu quelque part dans un livre sur les arachnides qu'elles ont toutes pour point commun d'être terrifiées par les Basilics.

- Ça expliquerait le comportement des araignées qu'on a vues le soir où Mrs Norris a été agressée, se remémora Megan. Hermione, c'est une super piste ! Mais tu dis qu'il tue d'un simple regard, pourtant personne n'est mort. Ce serait quoi, un Basilic handicapé ?

- Oui moi aussi j'ai été perturbée par cette information, mais j'y réfléchis depuis tout à l'heure : et si les victimes n'avaient vu que le reflet du regard du Basilic ? Elles n'auraient alors été que pétrifiées.

- C'est possible, oui, c'est une hypothèse à creuser, approuva Megan. Mais il nous manque un autre élément. Je vois mal comment un serpent géant serait passé inaperçu dans l'école.

Cette fois, Hermione n'avait pas la réponse.

- Je vais chercher de mon côté, proposa Megan. Dès qu'on aura tous les éléments, on en parlera à Ron.

- Et à Harry, ajouta Hermione en gratifiant son amie d'un regard de reproche.

Megan ignora cette dernière remarque et se mit à la recherche d'une quelconque solution dans les livres qui les entouraient, mais pour le moment sans succès.


La veille du match, Megan faisait des pronostics enjoués avec Angelina Johnson et Fred lorsque Ron et Potter descendirent de leur dortoir avec un air inquiet. À contrecœur, elle rejoignit Hermione et les garçons dans un coin de la salle commune.

- Quelqu'un est entré dans le dortoir et a vidé ma valise et toutes mes affaires, raconta Potter. Et a volé le journal de Riddle.

Hermione semblait atterrée, et Megan était alarmée : ce journal avait quelque chose de mauvais, elle en était certaine avant-même qu'il commence à jeter l'opprobre sur Hagrid, et il ne fallait pas qu'il tombe entre des mains pires que celles de Potter.

- C'est forcément un élève de Gryffondor qui l'a volé, affirma Hermione. Personne d'autre ne connaît le mot de passe...

- Exactement, approuva Potter.

Mais ils n'avaient parlé du journal à personne, et ils n'avaient aucune idée de suspect : qui pourrait s'intéresser spécifiquement à ce journal vide qui ne portait que le nom d'un illustre inconnu ? Megan regretta de n'avoir pas eu la carte du Maraudeur à l'œil lors du forfait, et se promit de rester particulièrement attentive pour tâcher de retrouver le dangereux carnet noir.

Le lendemain, il faisait un soleil radieux et une petite brise rafraîchissait l'atmosphère.

- Un temps idéal pour un match de Quidditch ! S'exclama Oliver avec enthousiasme en attaquant son petit déjeuner.

Megan et Hermione avaient incité Potter à signaler le vol du journal, la seconde insistant sur le fait d'en parler à Dumbledore, mais Potter disait ne pas trop aimer cette idée car il aurait fallu qu'il révèle toute l'histoire du journal de Riddle et ne souhaitait pas raviver le souvenir de l'expulsion de Hagrid.

- Sauf que si tu as eu accès au souvenir de Riddle, la personne qui l'a trouvé le peut aussi, lui rétorqua Megan. Et peut-être que cette personne ne choisira pas de garder cette information pour elle et va à nouveau accuser Hagrid !

- Écoute, on en reparlera après le match, d'accord ? J'ai d'autres choses à penser…

Le match était d'importance pour la Coupe de Quidditch, et Oliver n'aurait de toute façon pas laissé Potter sortir de son champ de vision quelques dizaines de minutes avant son lancement. Megan se résolut donc à prendre son mal en patience. Elle reviendrait à la charge une fois que la fin du match aurait été sifflée.

Alors qu'ils quittaient la Grande Salle tous les quatre en direction des vestiaires, la voix du serpent se fit de nouveau entendre :

- ... Tuer, cette fois... déchirer... écorcher...

Potter poussa un cri qui fit sursauter Ron et Hermione.

- La voix ! s'exclama-t-il en regardant par-dessus son épaule. Je viens encore de l'entendre. Pas vous ?

Megan s'était figée et ne répondit , les yeux écarquillés, fit « non » de la tête. Mais Hermione se frappa soudain le front du plat de la main.

- Harry ! dit-elle. Je crois que je viens de comprendre quelque chose ! Il faut que j'aille à la bibliothèque !

Et elle monta l'escalier quatre à quatre.

- Pas toute seule ! S'exclama Megan.

Ron et Hermione ne le savaient pas, mais la voix avait parlé de « tuer, cette fois », hors de question que Megan laisse sa meilleure amie sans protection. Aussi elle s'empressa de monter à son tour l'escalier d'un pas vif.

Un peu plus bas, les élèves quittaient à leur tour la Grande Salle dans un grand bruit de conversations et sortaient dans le parc pour se rendre au stade de Quidditch. Le match allait bientôt commencer. Megan espéra que ses quelques amis seraient en sécurité en dehors du château. Quant à Hermione, elle venait probablement de venir à bout de ses élucubrations au sujet du Basilic. Les filles n'étaient pas encore certaines du bienfondé de leur hypothèse, mais si Hermione avait trouvé la solution à leur dernière question, alors elles pourraient avertir les professeurs et les attaques finiraient par cesser pour de bon.

- Il m'est arrivé un truc bizarre le jour de Noël.

Tirée de ses pensées, Megan s'arrêta au milieu des escaliers et leva la tête. Draco descendait les marches vers elle et, chose rare, il était seul. La jeune fille ravala la réplique cinglante qui lui brûlait les lèvres – malgré elle, elle ne voulait pas que Draco tourne les talons et reparte alors qu'il engageait de lui-même une conversation avec elle, loin des oreilles de ses idiots d'amis.

- J'ai eu une discussion avec Crabbe, Goyle et Pansy dans la salle commune.

- Une discussion avec eux ? répondit Megan d'un ton impressionné. Ils ont réussi à aligner plus de trois mots ?

Draco plissa les yeux mais ne réagit pas. Quand il s'agissait des deux gorilles et de Parkinson, Megan ne se retenait pas, et elle savait qu'il s'en fichait.

- On a surtout parlé des attaques de l'Héritier de Serpentard. Crabbe et Goyle avaient l'air curieux alors que je leur avais déjà dit que je ne savais rien. Je sais qu'ils n'ont pas la mémoire longue, mais quand j'ai parlé de Granger, ils ont tous les trois mal réagi, même Pansy.

- Je suis supposée m'intéresser aux réactions des imbéciles qui t'entourent, maintenant ? s'enquit Megan.

Elle avait le cœur battant, il fallait qu'elle rattrape Hermione pour ne pas la laisser seule, mais elle n'arrivait pas à mettre un terme à la conversation. Et puis il fallait bien qu'elle coupe court aux interrogations de Draco, qui semblait avoir compris qu'il n'avait pas vraiment eu affaire à ses trois amis.

- Ils sont partis en courant au bout d'une vingtaine de minutes, poursuivit le Serpentard. Ensuite Crabbe et Goyle ont été retrouvés enfermés dans un placard et Pansy s'est révélée être déjà partie en vacances au moment où je l'ai vue. Il m'avait bien semblé qu'elle n'avait pas prévu de rester à Poudlard pour Noël.

- Crabbe et Goyle sont assez bêtes pour s'être enfermés tous seuls dans un placard, lui fit remarquer Megan, imperturbable. Pourquoi est-ce que tu me racontes ça, déjà ?

- Et Pansy ? C'est quoi ton excuse ?

- Je ne m'intéresse pas à ton bouledogue de compagnie.

- Je crois que ce jour-là, quelqu'un s'est moqué de moi, affirma Draco en descendant un peu plus les marches.

- Oh ? feignit de s'étonner Megan en lui emboîtant machinalement le pas.

- Trois personnes, pour être exact. Un peu comme toi, Weasley et Granger.

- Tu as enfin enregistré que je ne suis pas amie avec Potter, c'est bien.

Pendant plusieurs minutes, ils marchèrent côte à côte à silence.

- Pourquoi tu es toujours avec lui, alors ?

- Parce que Hermione et Ron sont toujours avec lui. Sinon je me passerais bien volontiers de sa présence.

- Ce n'est pas toi qui as ouvert la Chambre des Secrets ? demanda alors Draco en changeant radicalement de sujet.

Megan fut déstabilisée par cette question.

- Pourquoi je te le dirais ?

- À qui d'autre tu pourrais le dire ?

- J'ai cru comprendre qu'on n'était plus amis, lui fit amèrement remarquer Megan.

- Personne n'aime la chatte de Filch, tu ne supportais pas Creevey, probablement pas non plus Finch‑Fletchey et puis Nick Quasi-Sans-Tête est le fantôme de Gryffondor. Tu aurais de bonnes raisons de t'en prendre à eux.

- Si j'avais pu contrôler le monstre, je l'aurais lâché sur Potter. Et personne n'aurait été pétrifié, il y aurait eu des morts.

Megan vit Draco esquisser un sourire, le même qui se dessinait sur son visage autrefois lorsque Megan faisait démonstration de la noirceur qui l'habitait et qui le rendait fier. L'espace de quelques secondes, la jeune fille eut le sentiment d'avoir retrouvé son meilleur ami. Mais lorsqu'ils arrivèrent devant le stade de Quidditch envahi de supporters enthousiastes, Draco prit la direction des gradins des Serpentard, Megan de ceux de Gryffondor, et la réalité reprit ses droits.

La jeune fille montait les escaliers d'un pas lourd sans se soucier de son retard tandis que les deux équipes s'avançaient déjà sur la pelouse dans un tonnerre d'applaudissements. Madame Hooch lâcha les balles et tout le monde observa comme chaque fois pendant de longues secondes leur ballet aérien. Le match s'apprêtait à commencer lorsque tous virent le professeur McGonagall traverser le stade, moitié marchant, moitié courant. Elle avait à la main un énorme mégaphone violet. Un mauvais pressentiment étreignit le cœur de Megan, qui avait l'impression d'avoir oublié quelque chose de très important.

- Le match est annulé, annonça le professeur McGonagall dans le mégaphone.

Une explosion de cris et de huées monta aussitôt des gradins. Oliver, l'air atterré, se précipita vers le professeur McGonagall sans prendre la peine de descendre de son balai. Megan ne put pas entendre ce qu'il disait, mais il défendait visiblement désespérément le match. McGonagall ne lui prêta cependant aucune attention et continua de crier dans son mégaphone.

- Tous les élèves doivent immédiatement retourner dans leur salle commune où il leur sera donné de plus amples informations. Dépêchez-vous, s'il vous plaît !

Figée dans les escaliers qui menaient aux tribunes de Gryffondor, Megan regarda le professeur faire signe à Potter de l'accompagner. Ron arriva dans les marches et fit signe à Megan de descendre avec lui. Tous deux coururent vers le professeur McGonagall, se détachant de la foule en colère.

- Il vaut mieux que vous veniez aussi, Weasley, Buckley, leur dit la directrice de maison d'un air étrange.

Les réactions étaient partagées parmi la foule des élèves qui commençait à se déverser au pied des gradins : certains protestaient ouvertement contre l'annulation du match, d'autres avaient l'air inquiet. Megan, Ron et Potter suivirent le professeur McGonagall sur le chemin qui menait au château puis dans l'escalier de marbre, mais, cette fois, ce n'était pas dans un bureau qu'on les emmenait. Megan avait l'impression que son cœur avait cessé de battre.

- Vous allez avoir un choc, les avertit le professeur d'une voix étonnamment douce.

Elle avait pris la direction de l'infirmerie.

- Il y a eu une autre agression, dit-elle. Une double agression, encore une fois.

Le professeur McGonagall poussa la porte de l'infirmerie et les fit entrer. Madame Pomfrey était penchée sur une élève de cinquième année, avec un insigne de préfet épinglé sur sa robe. Elle avait de longs cheveux bouclés et Megan la reconnut vaguement comme étant l'élève de Serdaigle à qui ils avaient demandé par erreur où se trouvait la salle commune des Serpentard. Mais sur le lit d'à côté, il y avait quelqu'un qu'elle connaissait bien mieux.

- Non, souffla Megan en chancelant.

- Hermione ! s'exclama Ron.

Elle était totalement immobile, et ses yeux vitreux étaient grands ouverts.

- On les a trouvées près de la bibliothèque, dit le professeur McGonagall.

Elle leur montra alors un petit miroir circulaire.

- Ce miroir était par terre, à côté d'elles. J'imagine que vous n'avez pas d'explication ?

Ron et Potter firent « non » de la tête, sans quitter Hermione des yeux. Megan se sentait incapable de bouger ou de parler. Si elle n'était pas restée avec Draco, ce ne serait pas arrivé. Si elle avait poursuivi sa route, rattrapé Hermione, sa meilleure amie n'aurait pas été attaquée ou elle aurait pu la défendre. C'était sa faute, elle avait été trop faible. Elle avait oublié sa meilleure amie, et elle avait été attaquée. Jamais elle ne s'était autant détestée.

- Je vais vous ramener à la tour de Gryffondor, dit le professeur McGonagall d'un ton grave. Il faut également que je parle aux autres élèves.

Megan ne se rappela pas être remontée dans la salle commune avec McGonagall, Ron et Potter. Elle avançait sans réfléchir, son corps agissant machinalement dans une sorte de bourdonnement ambiant. Lorsqu'elle reprit pleinement conscience de son environnement, elle était assise sur son fauteuil favori devant la cheminée, les genoux repliés contre sa poitrine, et écoutait la directrice de sa maison s'adresser aux collégiens réunis autour d'elle :

- À compter d'aujourd'hui, tous les élèves devront regagner leurs salles communes à six heures du soir. Passée cette heure, aucun élève ne devra plus quitter son dortoir. À la fin de chaque cours, un professeur vous accompagnera dans la classe suivante. Tous les entraînements et les matches de Quidditch sont reportés à une date ultérieure et il n'y aura plus aucune activité le soir.

Aucun son ne monta du groupe d'élèves. McGonagall roula le parchemin qu'elle venait de lire et reprit d'une voix étouffée :

- Je n'ai pas besoin d'ajouter que j'ai rarement été aussi bouleversée. Si le coupable n'est pas bientôt arrêté, il faudra s'attendre à une fermeture pure et simple de l'école. Je demande à tous ceux qui pourraient avoir des renseignements à fournir en rapport avec ces agressions de les communiquer sans délai.

Mais Megan n'avait pas envie de parler. Elle n'était sûre de rien, et de toute évidence rien n'arrêtait l'Héritier. Hermione avait visiblement percé son secret, alors il s'en était pris à elle. Ce n'était peut-être qu'un simple coup de chance qu'elle n'ait pas été tuée.

Le professeur McGonagall sortit avec une certaine maladresse par l'ouverture cachée derrière le portrait de la grosse dame et les commentaires des élèves commencèrent aussitôt.

- Deux Gryffondor pétrifiés, sans compter un fantôme, une élève de Serdaigle et un de Poufsouffle, récapitula Lee Jordan. Aucun professeur ne semble avoir remarqué que tous les élèves de Serpentard sont sains et saufs. Toute cette histoire vient des Serpentard, c'est évident, non ? L'héritier de Serpentard, le monstre de Serpentard... Pourquoi est- ce qu'ils ne renvoient pas tous les Serpentard ? ajouta-t-il en provoquant des hochements de tête approbateurs et quelques applaudissements discrets.

Megan ne jugea même pas nécessaire de lui faire remarquer d'un ton acide que sa proposition ne servirait à rien si l'Héritier n'était pas un élève. Elle n'était pas parvenue à résoudre le mystère, elle n'avait pas pu protéger Hermione, elle se sentait plus bas que terre.

Assis dans un fauteuil, derrière Lee, Percy lui non plus ne semblait guère soucieux, pour une fois, d'exprimer son point de vue. Il avait l'air aussi pâle et abattu que Megan.

- Percy est sonné, chuchota George. Cette fille de Serdaigle, Penelope Deauclaire, elle était préfète, elle aussi. Et il ne pensait pas que le monstre oserait s'en prendre à un préfet.

Megan se contrefichait de l'émoi du préfet Percy, elle était trop accablée par l'image d'Hermione, étendue sur son lit d'hôpital, raide, comme morte. En se retournant vers Ron, elle entendit Potter chuchoter :

- Je crois que le moment est venu d'utiliser à nouveau la vieille cape de mon père.

Megan hocha lentement la tête. Potter avait reçu une cape d'invisibilité l'an dernier, un leg de son père. La jeune fille était très jalouse de ce bien précieux et rare mais devait admettre qu'il était bien pratique de l'utiliser à Poudlard lorsqu'ils voulaient sortir hors des heures autorisées. Et de toute évidence, les garçons comptaient sortir ce soir, et elle savait où ils voulaient aller. Il était temps qu'elle se rattrape, elle devait bien cela à Hermione.

Le soir-même, Megan resta dans la salle commune jusqu'à ce que le dernier élève soit monté se coucher. Lorsque Ron lui avait souhaité bonne nuit, elle n'avait pas répondu, sachant qu'ils allaient se revoir. Et alors que la nuit était tombée depuis longtemps et que le château était devenu silencieux, Megan entendit un froissement dans la pièce.

- Megan, murmura la voix de Ron lorsqu'elle se leva de son fauteuil favori et se tourna vers lui.

- Il faudrait vraiment être le dernier des crétins pour croire Hagrid responsable de ces attaques, dit‑elle d'un ton assassin en fusillant Potter du regard. Mais s'il peut nous apprendre quoi que ce soit, je viens avec vous.

La traversée du château n'eut rien d'une partie de plaisir : professeurs, préfets et fantômes sillonnaient les couloirs en marchant deux par deux, à l'affût de tout signe suspect. Certes, la cape rendait Megan, Ron et Potter invisibles mais elle ne supprimait pas les bruits et ils faillirent se faire repérer lorsque Ron se cogna l'orteil à quelques mètres du poste d'observation qu'occupait Snape. Par chance, le professeur de potions éternua bruyamment au moment précis où Ron laissa échapper un juron. Enfin, ils atteignirent avec soulagement le portail de chêne et se glissèrent au-dehors. La nuit était claire, le ciel rempli d'étoiles. Ils se hâtèrent en direction de la cabane de Hagrid dont ils voyaient les fenêtres éclairées et n'ôtèrent leur cape que lorsqu'ils furent arrivés devant la porte. Lorsqu'ils frappèrent, le battant s'ouvrit presque aussitôt. Hagrid se tenait sur le seuil, une arbalète à la main, pointée sur eux. Fang, son molosse, aboyait bruyamment derrière lui.

- Oh, c'est vous, dit le garde-chasse qui baissa aussitôt son arme.

- Qu'est-ce que vous fabriquez avec ça ? demanda Potter en montrant l'arbalète.

- Oh, rien… rien du tout… marmonna Hagrid. Je m'attendais à… mais ça ne fait rien… Entrez… Asseyez‑vous, je vais vous faire du thé…

Il semblait incapable de regarder ce qu'il faisait. Il faillit éteindre le feu en renversant la bouilloire et cassa la théière d'un geste malheureux de son énorme main. De toute évidence, Megan n'était pas la seule à être sous le choc.

- Ça va, Hagrid ? s'inquiéta Potter. Vous êtes au courant de ce qui est arrivé à Hermione ?

- Oui, oui, je sais, dit Hagrid d'une voix brisée.

Il ne cessait de jeter des regards vers la fenêtre et leur versa deux grandes tasses d'eau bouillante – il avait oublié d'ajouter le thé. Il tenait à la main une tranche de cake qu'il s'apprêtait à poser sur une assiette lorsqu'on frappa vigoureusement à la porte.

Hagrid laissa tomber le cake. Ron et Potter échangèrent un regard de panique mais Megan, plus vive, les recouvrit aussitôt de la cape d'invisibilité et ils allèrent tous trois se réfugier dans un coin de la cabane. Leur hôte vérifia rapidement qu'ils étaient bien cachés, puis il saisit son arbalète et alla ouvrir la porte.

- Bonsoir, Hagrid.

C'était Dumbledore. Il entra, le visage grave, suivi par un homme d'aspect étrange, petit, corpulent, avec des cheveux gris en désordre et une expression anxieuse. L'homme portait des vêtements disparates qui formaient un curieux mélange : costume à rayures, cravate rouge, longue cape noire et bottes violettes à bouts pointus. Il tenait sous son bras un chapeau melon de couleur verte. Megan le reconnut pour avoir vu sa photo à de nombreuses reprises dans les journaux.

- C'est le patron de mon père ! chuchota Ron. Cornelius Fudge, le ministre de la Magie !

Megan lui donna un coup de coude pour le faire taire. Hagrid était devenu pâle et son visage se couvrait de sueur. Il se laissa tomber sur une chaise et regarda alternativement Dumbledore et Cornelius Fudge.

- Sale affaire, Hagrid, dit Fudge en détachant les syllabes. Très sale affaire. Il fallait que j'intervienne. Quatre agressions contre des enfants de Moldus. Les choses sont allées suffisamment loin comme ça. Le ministère doit agir.

- Je n'ai jamais… dit Hagrid en regardant Dumbledore d'un air implorant. Vous savez bien, professeur, que je n'ai jamais…

- Cornelius, je voudrais qu'il soit bien clair que Hagrid a mon entière confiance, dit Dumbledore, les sourcils froncés.

- Écoutez, Albus, répondit Fudge, mal à l'aise. Les antécédents de Hagrid ne jouent pas en sa faveur. Le ministère doit faire quelque chose. Les membres du conseil d'administration de l'école se sont consultés.

- Encore une fois, Cornelius, je vous répète qu'éloigner Hagrid ne changera strictement rien, reprit Dumbledore.

Ses yeux brillaient d'une lueur flamboyante que Megan apprécia malgré elle. Il défendait ceux qui comptaient sur lui, il faisait ce que Megan aurait voulu faire avec Hermione.

- Mettez-vous à ma place, dit Fudge en tripotant nerveusement son chapeau. Tout le monde a les yeux tournés vers moi. Il faut qu'on me voie agir. Si on s'aperçoit que Hagrid n'est pas coupable, il reviendra chez lui et on n'en parlera plus. Mais il faut que je l'emmène. Je ne ferais pas mon devoir si…

- M'emmener ? dit Hagrid qui s'était mis à trembler. M'emmener où ?

- Pour quelque temps, seulement, dit Fudge en évitant son regard. Ce n'est pas une punition, Hagrid, une simple précaution tout au plus. Si on trouve un autre coupable, vous serez libéré avec toutes nos excuses…

- Vous n'allez pas m'emmener à Azkaban ? rugit Hagrid.

Avant que Fudge ait eu le temps de répondre, quelqu'un frappa de nouveau à la porte. Ce fut Dumbledore qui alla ouvrir. Potter laissa alors échapper une exclamation qui lui valut à son tour un coup de coude dans les côtes. Quant à Megan, elle se figea.

Lucius venait de pénétrer dans la cabane. Enveloppé dans une longue cape noire, il arborait un sourire glacial et satisfait. Fang se mit à grogner.

- Vous êtes déjà là, Fudge, dit Lucius d'un air approbateur, très bien, très bien…

- Qu'est-ce que vous faites ici ? s'exclama Hagrid avec fureur. Sortez de ma maison !

- Mon cher Monsieur, soyez certain que je n'ai aucun plaisir à me trouver dans votre… heu… comment appelez-vous ça ? Une maison ? répliqua Lucius en jetant autour de lui un regard dédaigneux. Je suis simplement passé à l'école où l'on m'a dit que le directeur se trouvait ici.

- Et que me vouliez-vous, exactement, Lucius ? demanda Dumbledore.

Son ton était poli, mais la lueur flamboyante brillait toujours dans ses yeux bleus. Pour la première fois de sa vie, Megan voulait voir le vieux fou l'emporter sur son père de substitution, car elle se doutait de ce qui allait suivre.

- Je suis navré pour vous, Dumbledore, répondit Lucius d'un ton nonchalant en sortant de sa poche un rouleau de parchemin, mais le conseil d'administration de Poudlard estime qu'il est temps pour vous de passer la main.

Ce n'était pas ce à quoi Megan s'attendait. Dumbledore était démis de ses fonctions. C'était pourtant cohérent, puisqu'il n'avait rien fait pour protéger l'école malgré les attaques répétées.

- J'ai ici un ordre de suspension vous concernant, poursuivait Lucius. Vous y trouverez les douze signatures réglementaires. Nous avons estimé que vous n'étiez plus à la hauteur de la situation, j'en suis désolé. Combien d'agressions ont eu lieu jusqu'à présent ? Il y en a eu deux de plus cet après‑midi, n'est-ce pas ? À ce rythme, il ne restera bientôt plus aucun enfant de Moldus à Poudlard et nous sommes tous conscients de l'horrible perte que cela représenterait pour l'école.

Megan grinça des dents. Lucius se fichait bien du sort de Hermione. Il avait toujours détesté Dumbledore, ce que la jeune fille comprenait, mais il lui était pénible d'entendre son père de substitution se servir de l'horrible sort de sa meilleure amie.

- Attendez, attendez, Lucius, dit Fudge, l'air affolé. Dumbledore suspendu ? Non, non, c'est la dernière des choses à faire...

- La nomination – ou la suspension – du directeur relève de la décision du conseil d'administration, Fudge, répliqua Lucius d'une voix douce. Et comme Dumbledore a été incapable de mettre un terme à ces agressions...

- Voyons, Lucius, si Dumbledore ne peut pas y mettre un terme, qui donc en sera capable ? dit Fudge.

On voyait des gouttes de transpiration apparaître sur sa lèvre supérieure. Il n'avait absolument aucun contrôle sur la situation, constata Megan, consternée par l'incapacité du ministre de la Magie.

- Nous verrons bien, déclara Lucius avec un sourire mauvais. Mais les douze membres du conseil ont voté...

Hagrid se leva d'un bond. Sa tête hirsute touchait presque le plafond.

- Et quels ont été vos arguments pour les convaincre ? rugit-il. Les menaces ? Le chantage ?

Cette fois le garde-chasse était parfaitement lucide. Megan savait que l'intimidation était une des grandes astuces de Lucius, qui excellait dans ce domaine.

- Mon cher Hagrid, dit Lucius, votre caractère emporté vous attirera un jour de sérieux ennuis. Je vous conseille de ne pas crier comme ça lorsque vous aurez affaire aux Gardiens d'Azkaban. Ils n'aimeraient pas ça du tout.

- Vous ne pouvez pas renvoyer Dumbledore ! hurla-t-il si fort que Fang alla se réfugier dans son panier en tremblant. S'il s'en va, les enfants de Moldus sont condamnés ! La prochaine fois, il y aura des morts !

Si l'on en croyait la théorie de Hermione, la présence ou non de Dumbledore n'avait aucun impact sur la pétrification ou la mort des victimes, tout n'était que question de reflet.

- Calmez-vous, Hagrid, dit sèchement Dumbledore.

Il se tourna vers Lucius.

- Si le conseil d'administration souhaite mon départ, Lucius, je m'en irai, bien entendu.

- Mais... balbutia Fudge.

- Non ! gronda Hagrid.

Le regard bleu de Dumbledore fixait les yeux gris et glacés de Lucius.

- Cependant, reprit Dumbledore en parlant très lentement comme s'il tenait à ce qu'on ne perde pas un mot de ce qu'il allait dire, vous vous apercevrez que je n'aurai véritablement quitté l'école que lorsqu'il n'y aura plus personne pour me rester fidèle. Vous vous apercevrez aussi qu'à Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent.

Et Megan eut l'intime conviction que Dumbledore savait pertinemment que Ron, Potter et elle étaient cachés dans un coin de la cabane.

- Ce sont là des sentiments admirables, déclara Lucius en s'inclinant. Nous regretterons tous votre… heu… façon très personnelle de diriger les choses, Albus, et j'espère simplement que votre successeur saura empêcher que... heu... « la prochaine fois, il y ait des morts... ».

Il s'avança vers la porte, l'ouvrit, et s'inclina en faisant signe à Dumbledore de sortir. Fudge, qui tripotait toujours son chapeau, attendit que Hagrid passe devant lui, mais Hagrid resta immobile. Il prit une profonde inspiration et dit en détachant bien ses mots :

- Si quelqu'un voulait découvrir quelque chose, il lui suffirait de suivre les araignées. Elles leur indiqueraient le bon chemin ! C'est tout ce que j'ai à dire !

Fudge le regarda d'un air stupéfait.

- Voilà, j'arrive, dit Hagrid en enfilant son manteau.

Mais au moment où il allait franchir la porte derrière Fudge, il marqua une pause et dit d'une voix forte :

- Il faudra que quelqu'un donne à manger à Fang pendant que je ne serai pas là.

La porte claqua et Ron enleva la cape d'invisibilité.

- On a vraiment des ennuis, maintenant, dit-il d'une voix rauque. Sans Dumbledore. ils feraient tout aussi bien de fermer l'école dès ce soir. S'il s'en va, il y aura une agression par jour.

Fang se mit alors à gémir en grattant à la porte.