Merci beaucoup, encore une fois, pour tous vos commentaires ! Je ne sais pas si vous le savez, mais ça motive tellement... ça me donne envie d'écrire encore plus pour vous ! Continuez comme ça, vous êtes géniaux.

Alors, ce chapitre sera encore du PDV de Clarke !


CHAPITRE 5

Je prends mon téléphone portable dans ma main et envoie un message à Bellamy.

Clarke G. : « J'espère que tu es prêt, parce que je pars bientôt de chez moi. »

Bellamy B. : « Ce n'est pas moi qui vient te chercher ? »

Clarke G. : « Non, j'en ai marre que ce soit toi qui viennes me chercher, tu n'es pas mon copain. »

Bellamy B. : « Je peux dire la même chose pour toi. Ne viens pas me chercher, tu n'es pas ma copine. »

Clarke G. : « Ce n'est pas ça, c'est juste que ce n'est pas toujours à toi de venir, c'est tout. »

Bellamy B. : « Je perds ma masculinité si tu viens me chercher en voiture, vraiment. »

Clarke G. : « Ah, parce que tu en avais avant ? »

Bellamy B. : « Très drôle. C'est bon, viens me chercher. »

Clarke G. : « Je pars dans 5 min ;) »

Bellamy B. : « J'espère que tu connais la route. Ne me fais pas attendre. »

Clarke G. : « Tu attendras le temps qu'il faudra, je m'en fiche.

Bellamy B. : « Surtout n'oublie pas : sors couverte. »

Je soupire en voyant son dernier message, qui est bien sûr un petit clin d'œil à la soirée karaoké que nous avons passé ensemble. Cette phrase va me hanter jusqu'à la fin de mes jours.

Je mets mon portable dans ma poche droite et me regarde devant mon miroir. Mon short en jean est plutôt court, mais il est taille haute, donc c'est joli. Je regarde mon débardeur bleu quelques secondes. Le haut de celui-ci est en dentelle, on voit légèrement ma peau blanche à travers. Heureusement, la dentelle s'arrête vers le haut de mon décolleté, ce qui fait qu'on apperçoit seulement le début du creux entre mes seins. Ce n'est pas vulgaire, c'est même très joli. Je sors mon portable et vois un nouveau message de Bellamy.

Bellamy B. : « Tu es habillée comment ? »

Clarke G. : « Pantalon de cow-boy et col roulé. Et toi ? »

Bellamy B. : « J'ai sorti ma plus belle robe. »

Je pouffe légèrement de rire en voyant son message. Qui aurait cru que le grand Bellamy Blake était drôle ? Je lui réponds que je pars et remets mon portable dans ma poche. Je fonce dans ma salle de bain et fouille quelques secondes dans le tiroir. Je trouve ma crème senteur vanille et en étale un peu sur mon visage et mon cou. Lorsque je le repose à sa place, je secoue la tête. Je suis pathétique, je ne l'aime même pas.

Je quitte mon appartement et ferme à double tour ma porte. Je descends jusqu'en bas de chez moi et sors dehors. Je mets mes lunettes de soleil et entre dans ma voiture. Le soleil tape fort, c'est vraiment agréable. Je conduis prudemment jusqu'à l'appartement de Bellamy, à moins de dix minutes de chez moi. Je regarde l'heure. Il est un peu plus de midi. Je l'aperçois en train de m'attendre, devant son immeuble. Je m'arrête juste devant lui, alors qu'il fait le tour par devant pour monter. J'en profite pour analyser sa tenue, au-dessus de mes lunettes. Il porte un jean noir soulignant parfaitement ses... Formes. Je m'arrête une microseconde sur son t-shirt blanc. Le t-shirt blanc et le jean, ça va parfaitement à tout le monde. Le truc, c'est que c'est incroyablement sexy sur Bellamy. Je vote pour le blanc.

Il s'installe à côté de moi dans la voiture et ouvre sa main en face de moi. Au creux de sa main se trouve une petite marguerite. Je la prends et le regarde en riant.

— En quel honneur ? je lui demande.

— Tu as une minute de retard, fait-il remarquer en haussant les épaules. Je ne savais pas quoi faire.

— Donc tu as cueilli cette fleur... C'est adorable.

— Ce n'est pas adorable, rétorque-t-il en me regardant. Je te l'ai dit, je m'ennuyais.

— Tu es fou de moi, je réplique en riant et en mettant de nouveau le contact.

— C'est tellement moche, les marguerites...

Il secoue la tête en esquissant un sourire, alors que je le frappe gentiment sur l'épaule. Il me tire la langue et je répète son geste. Je prends la petite marguerite et la place derrière mon oreille. Je démarre la voiture et prends la route dans le silence. Je tape mes doigts contre le volant en rythme avec l'autoradio.

— Tu penses que M. Jaha sera là ? me demande-t-il.

— Thélonious ? Je pense, oui, pourquoi ?

— Et s'il nous invitait au prochain repas du travail ?

— Et bien, on improvisera. On dira que je ne suis pas là, ou... Ou...

— Ou ? demande-t-il.

— Ou je viendrai, je propose. Si je n'ai rien ce jour-là, tu sais, ça ne me posera pas de problème.

— J'adorerais, au moins je ne serais pas seul, mais... Ce sera un cercle vicieux, Clarke.

— C'est vrai, dis-je en pinçant mes lèvres. On verra.

Je le vois du coin de l'œil hocher la tête. Je ne dis plus rien, refroidie. Je le sais, au fond de moi, qu'après ce brunch, tout sera terminé. Je ne sais pas ce qu'il se passe en moi, mais je ne veux pas que ça se termine. Je m'amuse beaucoup trop à jouer la comédie de cette façon. Et puis, quelle sera ma relation avec Bellamy par la suite ? Allons-nous devenir amis ou est-ce que ce sera comme avant ? Il faut que j'arrête de penser à ça.

Je sursaute en sentant la main gauche de Bellamy toucher l'ourlet de mon short. Est-ce qu'il se rend compte du fait que le vêtement n'est pas long, et donc qu'il est en train de toucher mes cuisses ?

— C'est trop court, me dit-il.

— Ce n'est pas comme si c'était une robe, je réplique en secouant la tête. Si j'écarte les jambes, on ne verra rien, ne t'inquiète pas.

— De toute façon, je ne t'autorise pas à faire ça.

Il se replace sur son siège alors que je lui jette un regard glacial. Il me prend pour qui, celui-ci ? Je tourne vers la maison de ma mère et coupe le moteur. Je retire mes lunettes de soleil et me penche pour les placer dans la boite à gant. J'ouvre la portière, contourne la voiture et m'arrête devant Bellamy, qui vient de sortir.

— C'est la dernière ligne droite, annonce-t-il.

— Je le sais.

— Il faut faire ça bien, sourit-il.

— Je t'ai dit que je ne voulais pas qu'on s'embrasse alors qu'on joue la com...

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase, puisque Bellamy passe l'une de ses mains derrière mes cheveux et l'autre sur ma taille en posant ses lèvres sur les miennes. Je laisse mes yeux ouverts une seconde, surprise par la tournure des événements. Bellamy m'insupporte, je ne suis pas amoureuse de lui... Pourtant, ses baisers sont incroyables. Ma raison me dit de l'arrêter, tandis que mon corps souhaite aller plus loin. Je décide de débrancher mon cerveau.

Je me reprends et ferme les yeux, en enroulant mes bras autour de son cou. Il place ses deux mains sur ma taille et recule en m'embrassant, me plaquant contre la voiture. Je fais glisser mes mains de son cou vers son visage pour intensifier le baiser. Je n'arrive pas à réaliser ce qu'il m'arrive : Bellamy est en train d'embrasser. Le frère de ma meilleure amie. La personne que je suis censée détester depuis toujours. Je gémis dans sa bouche, alors qu'il caresse ma hanche de son pouce. Au bout de ce qu'il me semble être une éternité, il interrompt le baiser. J'ouvre les yeux, ma respiration encore saccadée.

— Personne ne nous a vus, dit-il en me regardant profondément dans les yeux.

— Ce qui veut dire que...

— Ce n'était pas pour jouer la comédie, annonce-t-il en éloignant son corps du mien. J'avais juste envie de t'embrasser.

— Moi aussi, dis-je en murmurant, mais ensuite en me reprenant. Mais seulement parce que je ne voulais pas te froisser.

— Étrangement je ne te crois pas.

Je commence à rire. Il me sourit et tend sa main vers la mienne. J'entrelace mes doigts aux siens, alors que nous avançons vers la maison.

— Au moins, on sera beaucoup plus crédible, lui dis-je sur le chemin. On pourra s'embrasser sans que cela ne nous gêne, puisqu...

— On s'est déjà embrassés, finit-il la phrase à ma place.

— Arrête de me...

— Couper la parole, je sais.

Je grogne, alors qu'il appuie sur la sonnette de la maison. J'entends ma mère crier « Entrez », et Bellamy pousse doucement la porte. Nous entrons, mais ne trouvons personne dans la maison. De loin, Marcus crie « Le jardin ».

— On va manger DEHORS ! je m'exclame en faisant un grand sourire à Bellamy.

— Il y a vraiment des choses insignifiantes qui te mettent de bonne humeur toi, constate-t-il en souriant.

— C'est génial de manger dehors, dis-je. Avec le soleil, en plus... Plus tard, je rêverais de faire un pique-nique avec un joli soleil.

— Mais oui princesse, c'est bien, répond-il en se moquant de moi.

Je le frappe à l'épaule en riant. Je suis très heureuse ce matin. Ce soleil doit sans doute y être pour quelque chose. Nous arrivons dans le jardin, où une table ronde est installée. Je vois Marcus et ma mère juste devant le barbecue. Thélonious est présent, ainsi que Finn et Fox. Il y a également trois autres personnes que je ne connais pas. Nous nous approchons directement de ma mère. Je lui fais la bise, ainsi qu'à Marcus. Bellamy serre la main de celui-ci et embrasse ma mère.

— Comment vous allez vous deux ? nous demande-t-elle.

— Très bien et vous ? s'enquiert Bellamy.

— À part le fait que je ne sache pas allumer ce barbecue, tout va bien, dit Marcus en riant.

— Attendez, je vais vous aider, propose Bellamy en se mettant à côté de lui.

— Tu cuisines beaucoup ? demande-t-il.

— Je n'ai plus vraiment le temps maintenant, dit Bellamy en mettant un mélange de charbon et de bois sec dans le barbecue. J'en faisais beaucoup avec ma sœur lorsqu'on était jeunes.

Marcus hoche la tête, mais n'insiste pas. C'est ce que j'aime chez lui. Je sais que Bellamy a dû élever sa sœur dès la naissance de celle-ci, donc a dû cuisiner seulement pour elle. Son enfance a vraiment été difficile. Je regarde son visage et sursaute en voyant d'un seul coup le feu sortir du barbecue.

— Super ! s'exclame Marcus en mettant une petite tape dans son dos. Clarke, ne le perds jamais du regard !

— Je n'y compte pas, ne t'inquiète pas, dis-je en lançant un coup d'œil à Bellamy.

Il me sourit, alors que je détourne le regard, gênée. Je me prends trop au jeu, il faut que j'arrête. J'observe ce qui m'entoure et vois Finn, qui semble me fixer. Je me tourne vers Bellamy.

— On devrait aller leur dire bonjour, lui dis-je en lui montrant la direction de Finn.

— Je pense qu'il va très bien, grommelle-t-il.

Je lui fais un regard dur qui semble fonctionner, puisqu'il s'avance vers moi. Il vient à côté de moi et nous marchons vers Finn et Fox. Bellamy fait la bise à celle-ci et tend une main à Finn, après avoir vu mon regard courroucé. J'embrasse à mon tour Fox et hésite en voyant Finn. Je ne peux pas l'éviter, ça serait vraiment irrespectueux. Je lui fais la bise, alors qu'il pose sa main au creux de mon dos lorsque je lui fais. Je me recule.

— Clarke, est-ce qu'on pourrait parler après ? me demande-t-il.

Je lui ai dit non la dernière fois et il me repose cette question. Je ne peux pas éviter éternellement mes conversations avec lui, ça serait carrément immature. Je sens le regard noir de Bellamy me transpercer la nuque.

— Pas de problème, lui dis-je.

Il a l'air soulagé, alors que je ne suis pas sereine à propos de ma future discussion avec lui. Je sens Bellamy se déplacer et finalement partir de nouveau vers le barbecue. Fox se tourne vers moi et commence à me poser des questions sur la tenue que je porte, auxquelles j'essaye de répondre sans lever les yeux au ciel. Finn s'est dégoté une fille superficielle à ce que je vois. Il regarde Fox en souriant, alors que je sens une vague de tristesse m'envahir. Il me regardait de cette façon auparavant. Je les laisse tous les deux au bout de quelques secondes et me dirige vers Bellamy, qui s'est apparemment mis à l'écart des autres.

— Tu sais que je ne veux pas que tu lui parles ? me demande-t-il, les sourcils froncés.

— Il ne va rien me dire de bien méchant, je lui réplique. Il va s'excuser, voilà tout.

— Justement. Ce qu'il a fait... C'est impardonnable.

— Je n'ai pas dit que j'allais lui pardonner, dis-je.

Bien sûr que j'ai considéré le fait de lui pardonner, bien sûr que j'y ai pensé. C'est vrai que tout serait plus simple si je lui parlais comme avant, au moins en tant qu'amis. Je ne sais plus ce que je dois faire. Finn m'a fait du mal, mais je ressentirais toujours quelque chose pour lui, que ce soit fort ou non.

— Ouais, grogne-t-il en levant les yeux au ciel.

— Suis-moi, j'ordonne autoritairement. Il faut qu'on dise bonjour à ton patron.

Je me dirige vers M. Jaha et j'entends les pas de Bellamy juste derrière moi. Thélonious m'aperçoit et me fait une petite accolade. Je me tourne vers la femme à ses côtés et lui tends la main en me présentant. Celle-ci me répond immédiatement.

— Je suis Mia, la femme de Thélonious. Enchantée !

Je lui souris, alors qu'elle me serre la main. Bellamy lui fait la bise et entame directement une conversation avec M. Jaha sur l'architecture. Mia me demande quelles études je fais et ce que je veux faire plus tard.

— Je suis actuellement en études pour travailler dans la médecine, mais je ne sais pas encore quel spécialisation, je réponds. La chirurgie peut-être.

— C'est un beau métier, c'est sûr.

— J'aime également l'art, mais je ne sais pas si je pourrais en faire quelque chose... Je ne sais pas si ça vaudrait le coup de tout quitter pour ça.

Je continue à discuter avec elle, alors qu'elle me parle de son métier. Elle dirige une entreprise de création de vêtements près de chez nous.

— Bellamy ! s'écrie Marcus, devant le barbecue. J'ai besoin d'aide pour les cuissons !

Celui-ci s'excuse auprès de nous et part en courant vers Marcus. Je réfléchis très rapidement et décide que c'est le bon moment pour parler avec Finn. Je suis sûre que Bellamy ne sera pas sur mon dos. Je m'approche de lui, alors qu'il me sourit.

— Où est Fox ? je demande.

— Elle parle avec ta mère, m'explique-t-il.

— D'accord... On peut retourner à l'intérieur, quelques minutes ? Tu avais quelque chose à me dire.

Il acquiesce en me souriant. Il me prend doucement le bras et m'entraîne vers le salon. Je n'aime pas ses gestes envers moi depuis tout ce qu'il s'est passé entre nous. Je retire mon bras le plus vite possible de son emprise lorsque nous sommes à l'intérieur.

— Je t'écoute, j'annonce en le regardant.

— Clarke, je voulais te dire à quel point je suis désolé... Ce que j'ai fait est impardonnable. Je suis vraiment navré de t'avoir causé autant de peine.

— Finn, tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu es sorti avec moi alors que tu étais déjà en couple avec Raven.

— Je le sais... J'aurais dû la quitter avant de te venir te voir, je...

— C'est beaucoup trop tard, je réplique en croisant les bras. Finn, nous avons couché ensemble. Tu étais mon tout premier, tu... Tu as été tellement égoïste !

— Je m'en voudrai toute ma vie, Clarke.

— Pourquoi est-ce que tu me dis ça quatre ans après ?

— Je suis toujours amoureux de toi.

Je sens un courant électrique passer dans tout mon corps lorsque j'entends sa révélation. Je le regarde et essaye de me dire que tout ceci n'est qu'un mensonge, qu'il m'a fait beaucoup de mal. J'essaye de me répéter la scène de ma rencontre avec Raven, lorsque celle-ci m'a appris toute l'histoire… Sans grand succès. À la place, je repense aux bons moments passés avec lui. J'étais réellement amoureuse de lui, ces sentiments resteront à jamais en moi.

Je tourne la tête et regarde par-delà la baie vitrée du salon. Je vois ma mère et Thélonious parler tous les deux, ainsi que Marcus et Bellamy rire devant le barbecue. Celui-ci m'a toujours dit que Finn était mauvais pour moi et qu'il ferait tout pour me ramener auprès de lui. Je dévie mon regard et vois Fox un peu plus loin, frôlant l'herbe de ses doigts de pieds. Elle est en couple avec Finn et je me mets tout à coup dans une colère noire lorsque je me tourne vers lui. Il n'a pas le droit de jouer avec elle comme avec moi.

— Qu'est-ce qui te prend ? lui dis-je en croisant mes bras. Tu te rends compte que tu es accompagné ?

— Je n'ai pas eu de vraies relations depuis quatre ans, parce que ça a toujours été toi.

— Tu ne disais pas la même chose lorsque tu sortais avec Raven et moi.

— Je me rachèterai.

Il avance de deux pas et s'arrête en face de moi, son visage près du mien. Je ferme doucement les yeux en percevant l'odeur de cigarette que je connais tant. Il n'a toujours pas arrêté à ce que je peux sentir.

— Je sais que tu m'aimes toujours, me dit-il. Ne le nie pas.

— Si tu continues comme ça, Finn, c'est mon poing qui va beaucoup t'aimer.

— Arrête un peu, princesse...

Les mots qu'il prononce me sortent soudainement de ma rêverie. Je pense à Bellamy, qui est devenu très rapidement l'un de mes amis. Je ne peux pas retomber dans les bras de Finn alors que je ressens quelques petites choses que je ne sais pas encore identifier envers Bellamy. Je ne dois pas me faire avoir.

— Tiens, tu sais qui m'appelle princesse depuis toujours ? je lui demande en levant les sourcils. Mon petit ami. L'homme dont je suis amoureuse.

— Ah oui ? Tu veux parler de Bellamy ? Si je me souviens bien, tu n'arrêtais pas de me parler de tous ses défauts lorsqu'on était en couple. Tu ne cessais de me dire qu'il était insupportable avec toi. Tu me parlais sans cesse de ses agissements.

— J'ai changé d'avis, à ce que tu peux voir. J'ai été stupide. Il vaut beaucoup mieux que toi.

— Il ne peut pas te satisfaire comme moi, je...

— Au contraire, je réplique. Dès qu'il me touche, c'est comme si tout mon corps s'enflammait. Lorsqu'il me regarde, je fonds sur place. Dans ses yeux, je vois de l'honnêteté... Ce que je n'ai jamais vu chez toi. Il me procure beaucoup plus de sensations que toi. Je suis désolée, mais c'est comme ça.

— Clarke...

Il s'avance encore et met ses mains sur mes deux bras. J'ai un mouvement de recul, mais il renforce son emprise. Il avance son visage du mien et je comprends qu'il veut essayer de m'embrasser. Je porte mes mains en avant et les mets sur son visage en le poussant. Je ne sais pas ce qu'il lui arrive, c'est comme s'il était une différente personne.

— Finn ! je m'exclame.

— Clarke !

Bellamy arrive soudainement à ma droite et pousse violemment Finn en arrière. Celui-ci réussit à se rattraper au plan de travail de la cuisine et le fixe d'un air mauvais. Je tourne mon regard et vois Bellamy le menacer d'un regard noir.

— Dégage, lui dit-il le plus calmement possible.

Je vois l'une de ses mains former un poing. Finn me regarde, secoue la tête et part derrière nous, rejoindre le jardin. Je ferme les yeux et expire un grand coup. Je sais que Finn n'est pas méchant au fond, je sais qu'il ne me fera jamais de mal intentionnellement, mais il vient réellement de me faire peur. J'espère recevoir un message d'excuse de sa part aussi vite que possible. Bellamy se déplace et se met devant moi.

— J'ai entendu votre conversation, avoue-t-il.

— Toute ? je demande, troublée.

Cela me gêne qu'il ait écouté le moment où je décrivais les sensations qu'il me procure lorsqu'il me touche. Ce n'était pas des mensonges, c'était la pure et simple vérité.

— Oui, je vous ai suivi dès que je t'ai vue avec lui.

— Tu as bien fait, merci beaucoup, lui dis-je. Est-ce que tu as entendu le... Le moment où...

— Où tu dis que dès que je te touchais ton corps s'enflammait ? rit-il en riant. Ouais, je n'en ai pas perdu une miette !

— Arrête de rire, je proteste en le frappant. J'étais dans le personnage.

— Bien-sûr, princesse, sourit-il. On y retourne ?

— Il faut bien.

Je me retourne et me dirige vers le jardin. Ils sont tous en train de commencer à s'installer sur la table, donc Bellamy et moi suivons le mouvement. Nous nous mettons côte à côte, près de ma mère et Marcus. Malheureusement, les deux personnes en face de nous se trouvent être Finn et Fox. Je me sens mal à l'aise dès que je la regarde. Finn est vraiment un enfoiré, de lui faire ça à elle aussi.

— Finn, tu ne nous as pas raconté comment tu as connu Fox, dit Marcus, soudainement.

— Oh, répond celle-ci à sa place. Nous nous sommes rencontrés dans un bar. Le Cosy.

Je laisse échapper un petit éclat de rire alors que je vois du coin de l'œil Bellamy sourire. Finn se tourne rapidement vers nous en nous lançant un regard noir. Je n'ai plus le droit de rire avec mon pseudo petit ami, apparemment.

— Qu'est-ce que j'ai dit ? demande-t-elle en souriant.

— En fait, je travaille quelques soirs au Cosy, répond Bellamy.

— Je ne crois pas t'avoir déjà vu, dit-elle. Enfin, je n'y suis pas allée beaucoup de fois de toute façon.

— C'est occasionnel.

Elle hoche la tête, alors que Finn le regarde. Je vois un sourire se former au coin de ses lèvres, ce qui n'augure vraiment rien de bon. Je sais qu'il va dire quelque chose à l'encontre de Bellamy et je m'attends au pire.

— Bellamy. Tu ne nous as pas beaucoup parlé de ta famille. Quels métiers font tes parents ?

Je lui lance un regard noir. Il connaît Octavia et il sait très bien qu'elle n'a jamais vraiment connu ses parents. Il veut juste le faire souffrir et c'est un coup bas. Je tends ma main gauche et prends celle de Bellamy dans la mienne, sous la table. J'entrelace mes doigts aux siens et caresse le dos de sa main avec mon pouce. Je ne devrais pas faire ça, puisque personne ne peut nous voir, mais je l'aurais fait pour n'importe qui. Je me dois d'être là à ses côtés et le soutenir. Je le regarde, alors que je vois sa mâchoire se contracter. Il regarde Finn.

— Je n'ai jamais connu mon père, explique-t-il calmement. Et, quant à ma mère, elle n'était pas vraiment qualifiée de parfaite. Elle était rarement chez nous, alors j'ai dû élever Octavia à sa place. Elle est morte alors que j'avais 10 ans.

— Ça a dû être affreux, souffle ma mère avec un regard peiné.

— C'est vrai, au début, répond-il. Je m'y suis habitué... Octavia est vraiment la sœur parfaite, elle essayait de tout faire pour ne pas être un fardeau.

— Tu es vraiment une bonne personne, assure ma mère en lui souriant.

— J'en ai de la chance, dis-je en me penchant vers Bellamy.

Il tourne sa tête vers moi alors que je le regarde également. Je lui souris en haussant plusieurs fois d'affilé mes sourcils. Il lâche un petit rire et je suis frappée par ce son. C'est le son le plus adorable qui m'eut été donné d'entendre. Je m'approche vers lui et plante un léger baiser sur ses lèvres. Je me recule alors qu'il s'avance et m'embrasse une nouvelle fois, rapidement. Je pose ma tête sur son épaule en regardant ma mère, qui nous observe avec une lueur d'admiration dans les yeux. Nous sommes en train de passer pour le petit couple parfait. Je pense qu'elle aime vraiment Bellamy et ça me fait très plaisir.

— Vous comptez faire quoi cet après-midi ? nous demande-t-elle.

— Je vais réviser, je grimace. Les cours reprennent dans quelques semaines.

— Et je dois travailler au bar, dit Bellamy à son tour.

Elle hoche la tête alors qu'elle nous souhaite bonne chance. Marcus et Bellamy partent chercher la nourriture quelques secondes après et nous mangeons tous dans la convivialité. Nous parlons de tout et n'importe quoi et nous racontons diverses anecdotes.

— Une fois, alors qu'elle avait environ 7 ans, Clarke s'était mis en tête qu'elle était une très jolie tortue.

— Maman, pas cette histoire, je grogne.

— Elle s'était mise de l'autre côté du jardin et voulait rentrer dans la maison en étant dans la peau d'une tortue... Je l'ai retrouvée, une heure après, toujours en train d'avancer lentement dans le jardin.

— En même temps, je m'étais vraiment mise dans la peau d'une tortue, dis-je en m'expliquant. Je n'y suis pas allée à moitié !

— Arrête de te trouver une excuse, rit Bellamy.

Je le frappe doucement à l'épaule, alors qu'il demande encore plus d'anecdotes sur mon enfance à ma mère. Je décide de changer de conversation lorsqu'elle commence à lui parler de mon obsession pour un ancien boys band. Je souris lorsqu'ils parlent entre eux de tout sauf de moi. Je me relaxe dans ma chaise.

Une heure après, Bellamy et moi faisons la bise à Marcus et à ma mère.

— J'espère qu'on se reverra, dit-elle à Bellamy.

Je baisse la tête en faisant un petit sourire triste. Je sais très bien qu'elle ne le reverra pas, puisque tout est fini. Notre jeu est terminé.

— Je l'espère aussi, répond-il en lui faisant la bise.

Je serre les dents lorsque je l'entends dire cette phrase. Je sais qu'il doit dire ça, mais il l'a fait avec un grand sourire, alors qu'il sait très bien qu'il ne reviendra pas. Il se tourne vers moi et met son bras sur mon épaule, en me faisant un baiser sur la tempe. Je me presse contre le côté de son corps, me relaxant. Il ouvre la porte d'entrée avec son autre main et nous sortons dehors, sous le soleil. Nous marchons lentement, profitant de l'instant. Il caresse le haut de mon bras avec son pouce alors que nous atteignons la voiture. Je me détache de son étreinte et contourne le véhicule pour m'installer derrière le volant. J'attends que Bellamy entre et démarre, sans rien dire.

— Est-ce que tu vas bien ? me demande-t-il au bout de quelques minutes.

— Bien sûr, pourquoi ça n'irait pas ?

— Tu ne m'as pas décroché un seul regard depuis que nous sommes partis.

— Ça va, dis-je sans rajouter un seul mot de plus.

Je le vois hocher la tête du coin de l'œil, en se tournant vers la fenêtre. Il faut que je me ressaisisse. Le problème, c'est que je ne pourrai plus être à ses côtés dorénavant, sans penser à ses mains sur moi. Je sens une boule dans ma gorge alors que j'empêche mes larmes. Nous continuons la route dans le silence le plus complet, jusqu'à ce que je me gare devant chez lui.

— Passe une bonne journée, lui dis-je en me tournant vers lui et en lui souriant.

— Clarke... On pourrait peut-être continuer à...

— Non, je le coupe en secouant la tête. Ça ne servirait à rien, tu le sais très bien. Je pense que Finn a compris le fait que je sois en couple.

— Je sais, mais si tu le recroises et qu'il te voit seule je...

— Je lui dirai que tu travailles, j'inventerai des excuses.

— Très bien, dit-il en serrant sa mâchoire. J'étais content d'avoir fait ça avec toi, en tout cas.

— Merci, Bellamy. Ce que tu as fait pour moi, je ne sais pas comment je vais pouvoir le rendre...

— En deux mots : « faveurs sexuelles ».

J'éclate de rire et mets ma tête entre mes mains. Il rit également à mes côtés, alors que je l'entends ouvrir sa portière. Je me tourne vers lui en lui souriant.

— Bonne journée, princesse, souffle-il.

Il s'approche rapidement de moi et m'embrasse la joue, en laissant ses lèvres quelques secondes contre elle. Je ferme les yeux en soupirant. Je les ouvre de nouveau lorsque j'entends la portière de la voiture claquer. Je le regarde marcher jusqu'à son appartement, alors que je mets ma tête contre le volant. Je ne peux pas avoir des sentiments pour lui. Je ne peux pas.


Ce n'est pas la toute fin de l'histoire, loin de là... (pour ceux disant que ça irait trop vite, avoir des sentiments pour quelqu'un ne signifie PAS tomber amoureux, c'est bien-sûr moins fort)

Beaucoup me l'ont demandés, alors j'exauce leurs souhaits : le prochain chapitre sera du PDV de Bellamy ! J'espère que ça vous fait plaisir !

Voilà, donc à vos claviers : dites-moi ce que vous en pensez et ce que vous souhaiteriez peut-être changer ou voir dans la suite !

- Amandine.