Je suis contente de voir que le PDV de Bellamy vous a autant plu, ça me fait plaisir ! C'est pour ça que je préfère le faire de temps en temps, comme ça vous êtes pressés de l'avoir de nouveau !

Donc retour au PDV de Clarke dans ce chapitre ! (le prochain chapitre du PDV de Bellamy sera le 10)


CHAPITRE 7

Je regarde mon téléphone portable dans ma main et fronce les sourcils en voyant le message qu'Octavia m'envoie.

Octavia B.: « Après-midi films d'horreur chez moi ma belle ! »

Je réponds immédiatement.

Clarke G.: « Tu sais très bien que j'ai peur, donc non merci. »

Octavia B.: « Moi aussi, j'ai peur, mais on s'en fiche ! »

Clarke G.: « Je dois me préparer pour sortir avec Bellamy ce soir. »

Octavia B.: « Tu vas mettre une journée entière pour faire ça ? Non, je ne crois pas. Ramène tes fesses dans l'après-midi ! »

Clarke G.: « Je t'ai dit non. »

Octavia B.: « Seulement parce que tu as peur ? »

Clarke G.: « Non aussi parce que je sais que je vais tenir la chandelle avec toi et Lincoln. »

Octavia B.: « Il y aura Raven et Wick aussi. »

Clarke G.: « Super, c'est encore pire. Salut. »

Octavia B.: « Tu sais, c'est plutôt cool si tu as peur des films d'horreur... »

Clarke G.: « Pourquoi ? »

Octavia B.: « Parce que tu pourras te réfugier dans les bras de Bellamy... »

Je me fige en regardant son message et attends quelques secondes. Vient-elle réellement de parler de la présence de Bellamy ?

Octavia B.: « Et oui, je l'ai invité... »

Je mâche ma langue sans savoir quoi dire. Je souris devant son nouveau texto.

Octavia B.: « Tu restes sans voix ? Clarke, répond ! »

Clarke G.: « À quelle heure je dois venir ? »

Octavia B.: « 14h. »

Je repose ma fourchette dans mon assiette et soupire lourdement. Je suis pathétique, complètement pathétique. Je n'avais jamais prévu ce genre de situation, surtout pas avec Bellamy. Je ressens définitivement quelque chose de fort pour lui. J'en ai parlé à Octavia il y a deux jours et elle était aux anges. Le problème, c'est que moi, je ne le suis pas. Je sais que tout ça n'est qu'un jeu pour lui et je ne veux pas être blessée comme je l'ai été avec Finn. Il faut que j'essaye de me détacher de lui, mais ça sera vraiment compliqué.

Je mets mon assiette dans l'évier et me dirige vers mon bureau. Je range toutes les feuilles étalées en vrac et décide de les classer. J'ai appris mes résultats de partiels il y a trois jours et je n'ai toujours pas fait le tri. Je passe en première année de mon deuxième cycle de médecine. C'est un grand soulagement, je peux enfin commencer à me relaxer auprès de mes amis. Cependant, lorsque je me dis que je vais recommencer à bosser comme une folle l'année prochaine, je meurs de désespoir. Je ne suis pas sûre que la médecine soit faite pour moi, il faut que j'y réfléchisse sérieusement. Je fais l'archivage dans mes classeurs, puis dans mes cours sur l'ordinateur. Partie dans ma lancée, je trie mon armoire et ma commode. J'ai besoin de penser à autre chose, d'avoir les mains occupées. Mon téléphone sonne tout à coup.

— Allo ? dis-je, en continuant à ranger mes affaires.

— Clarke ! s'exclame Octavia. On est tous en train de t'attendre, dépêche-toi ! Si tu n'es pas là dans quinze minutes, je mets le film.

— J'arrive, attendez-moi.

Je regarde ma montre. Il est effectivement plus de 14h. Je n'avais pas vu le temps passer. Je m'examine quelques secondes dans mon miroir. Je porte un short noir taille-haute et un joli chemisier blanc manche longues. J'enlève l'élastique dans mes cheveux et laisse mes boucles blondes retomber joliment sur mes épaules. Je cours dans ma salle de bain pour m'étaler de la crème senteur vanille un peu partout, prends mon portable et sors de mon appartement. J'ai mis trop de crème. Je sens le cupcake.

Neuf minutes après, j'arrive devant la porte d'entrée de chez Lincoln et Octavia. J'entre sans frapper et me dirige vers le salon. Ils sont tous présents. Raven et Wick sont dans le grand fauteuil, Lincoln est dans l'autre fauteuil et Octavia est assise à côté de son frère, sur le canapé. La seule place qu'ils m'ont laissée se trouve être à côté de Bellamy. Je sais que c'est une idée d'Octavia. La traître.

— Enfin ! s'exclame-t-elle en me regardant.

— C'est bon, j'ai mis moins de dix minutes pour venir, lui dis-je.

— J'adore ta tenue ! sourit Raven en me souriant.

— Merci, je réponds en m'approchant d'elle et en lui faisant la bise.

J'en profite pour dire bonjour à Wick et à Lincoln, en prenant bien soin d'éviter Bellamy. Octavia se lève pour mettre le DVD alors que je reste debout, les bras croisés.

— Et où est mon fauteuil personnel ? je demande en me tournant vers Octavia.

— Il est assis sur le canapé et il s'appelle Bellamy.

Je lève les yeux au ciel, alors que celui-ci tend les bras vers moi. Je l'ignore et m'affale violemment à côté de lui, en le frappant à l'épaule au passage. Il rit en me faisant un baiser sur la tempe, sûrement pour me dire bonjour. Je tourne ma tête vers Octavia pour ne pas lui montrer mes joues rouges.

— Alors, quel film regardons-nous ? je m'enquiers.

Paranormal Activity, me dit-elle en souriant.

— Quelque chose... Quelque chose avec des fantômes, O' ? je demande, craintive.

— Je sais que tu n'aimes pas les films sur les esprits, mais c'est ce qui fait le plus peur.

Elle se rassoit de l'autre côté de Bellamy. Le film commence. Je ramène mes jambes contre moi, sur le canapé. Étant donné ma position, mes genoux touchent le côté gauche de Bellamy. Je sursaute à l'une des scènes, alors qu'il me regarde en souriant. Il enroule son bras autour de mes jambes et commence à caresser mes genoux. Il laisse courir lentement son index autour de mon genou gauche. J'essaye de me concentrer sur le film, sans très grand succès. Soit je reste comme cela, en étant frustrée, soit je profite de la situation. Je choisis la deuxième option.

J'enlève mes jambes de l'emprise de Bellamy et les laisse tomber sur le sol, en les croisant. Je pose mon dos contre le canapé en me penchant vers Bellamy. Il comprend tout de suite mon intention et soulève son bras pour que je puisse me nicher contre lui. Il pose son bras sur mon épaule, en le caressant avec sa main. Je sursaute à une nouvelle scène alors que j'entends son rire. Il laisse courir son nez dans mes cheveux et dépose quelques baisers sous mon oreille. Je soupire de plaisir.

— J'aime te faire de l'effet, murmure-t-il dans mon oreille, me procurant encore plus de sensations.

— Tais-toi, je réponds sur le même ton en fermant les yeux.

— Tu veux que j'arrête ce que je fais ? demande-t-il, en éloignant sa bouche de ma peau.

— Hors de question.

Il sourit et continue son exploration dans mon cou. Je ne serai jamais rassasiée de ses baisers, j'en voudrai toujours plus. Je lève mon bras gauche et prends sa main, posée jusqu'alors sur mes épaules, dans la mienne. Nous entrelaçons nos doigts, alors qu'il commence à les caresser avec son pouce. Je ne savais pas à quel point les baisers dans le cou pouvaient être si sensuels et si bons. Finn n'a jamais été du genre tactile, tout le contraire de Bellamy... Ce mec va me rendre folle.

Je tourne mon visage vers lui et il arrête de m'embrasser le cou pour me regarder. Bien que nous soyons dans le noir, j'arrive à voir chaque détail, aussi minime soit-il, de son visage. Je vois, surtout, du désir dans ses yeux. Il regarde mes lèvres et passe sa langue sur les siennes. Je ne réfléchis plus à mes actes, ni aux conséquences qu'il peut en découdre. Je me rapproche légèrement de lui, alors qu'il baisse son visage vers le mien. Je commence à frôler ses lèvres, lorsqu'un bruit sourd retentit. Nous sursautons tous les deux, en regardant l'écran. Un moment oppressant dans le film a tout interrompu.

Je me décale de lui, déçue. Je lâche sa main et remonte de nouveau mes jambes contre moi, face à la télévision. Je sens son regard peser sur moi quelques secondes et se détourner. Je ferme les yeux. Je n'aurai jamais dû réagir comme ça, mais c'était plus fort que moi. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais toute cette situation n'est pas anodine. Toutes les personnes autour de nous en ce moment même savent que nous ne sommes pas en couple, nous n'avons pas à nous comporter comme ça et, pourtant, nous ne pouvons pas nous empêcher... Je secoue la tête et me concentre sur le film jusqu'à la dernière minute.

— C'est tout ! s'exclame Octavia. Mais ce n'est pas une vraie fin, ce n'est pas drôle ! Qu'est-ce qu'elle devient après ?

— Tu n'as qu'à regarder le deuxième, lui suggère Bellamy.

— Aussitôt dit, aussitôt fait !

À ces mots, Octavia se lève et lance la suite. Nous commençons tous à nous rebeller lorsqu'elle nous met ensuite le troisième Paranormal Activity. Malheureusement pour nous, elle nous sort la carte du « Je suis chez moi, vous n'avez rien à dire. » Je m'endors sur l'épaule de Bellamy après quelques minutes du film, jusqu'à ce que l'on me tapote la joue.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? dis-je en me redressant.

— Le repas est prêt, m'annonce Lincoln.

— Quoi ? Il est quelle heure ?

— 20h. On mange rapidement pour que Bellamy et toi puissiez partir directement.

— Oh... D'accord.

J'avais complètement oublié cette soirée au Cosy. Je vais devoir, une nouvelle fois, passer pour la petite amie de Bellamy. Ce qui m'énerve le plus, c'est que je me prends vraiment au jeu et que j'ai l'impression de l'être... Jusqu'à ce qu'à la fin de la soirée. Désillusion totale. Je m'étire sur le canapé et frappe sans le faire exprès Bellamy.

— Doucement, me dit-il en prenant mon bras.

— Je suis désolée, je grommèle.

— Tu vas bien ? me demande-t-il en me souriant.

— Très bien et toi ? je demande en commençant à rire à cause de l'étrangeté de sa question.

— Je vais mieux quand tu es là, en tout cas.

Je le regarde alors qu'il pose son regard sur moi. Je sens un courant électrique traverser mon corps de mes pieds à la tête. C'est comme si le temps s'arrêtait autour de nous deux. Ça peut faire cliché, dit comme ça, mais c'est ce que je ressens. Je souris et me penche vers lui. Je lui embrasse la joue et me lève vers mon groupe d'amis. Nous nous installons autour de la table et commençons à manger le repas que Lincoln nous a concocté. Raven et Wick nous racontent quelques blagues, auxquelles nous rions tous en chœur. Je regarde souvent ma montre. Bellamy et moi partons vers 21h. Je suis un peu angoissée à l'idée de rencontrer ses collègues et amis... Et s'ils ne m'aimaient pas ? Et s'ils... Je chasse cette pensée de ma tête. Je ne suis pas sa copine, je me fiche de leurs opinions. Nous terminons notre repas et Bellamy se lève.

— Tu es prête ? me demande-t-il.

J'acquiesce et me lève. Bellamy prend son blazer noir et le met par-dessus son t-shirt blanc. Je retourne vers mes amis et leur fais la bise un à un, en leur souhaitant une bonne soirée. Octavia me chuchote à l'oreille quelques mots salaces, alors que je la frappe gentiment. Bellamy embrasse sa sœur sur le front, dit au revoir aux autres et nous sortons de l'appartement.

— On prend ta voiture ou la mienne ? je lui demande.

— La mienne, répond-il.

— Tu sais, dis-je alors que je le suis vers son véhicule. Je suis capable de conduire moi aussi.

— Je le sais, Clarke. C'est juste que je suis habitué à faire la route jusqu'à ce bar et j'aime conduire de nuit. De toute façon je ne compte pas boire.

— Moi non plus ! je réplique. Pas beaucoup, en tout cas. D'ailleurs, pourquoi est-ce que tu ne bois jamais aux soirées ? Tu es barman.

— Je trouve que c'est de la connerie de trop boire.

— Tu dis ça pour moi ? je l'interroge en haussant les sourcils.

— Non, pas particulièrement, dit-il alors que nous atteignons sa voiture. J'aime bien quand tu bois trop, t'es vraiment adorable.

Je grogne quand nous montons dans l'automobile. J'allume automatiquement le chauffage et la radio.

— Ça va, tu prends tes aises, constate-t-il.

— C'est mon rôle, dis-je en secouant la tête en souriant.

— Ne joue pas trop ton rôle, ce soir, me souffle-il sérieusement.

— Comment ça ? Pas de câlins, pas de bisous ?

— Si, sourit-il en mettant le contact. Mais seulement si tu le souhaites... Pas par contrainte.

— Je savais que tu allais craquer pour moi un jour... Mais, si tu veux que je te le dise, t'embrasser ne sera jamais une contrainte, ne t'en fais pas. Tu es plutôt mignon.

— Plutôt ? Mignon ?

— Tu es très sexy, ça te va ? lui dis-je en haussant un sourcil.

— C'est parfait.

Je soupire alors qu'il commence à rire. Il démarre la voiture, alors que je change de station de radio. Je tombe sur une chanson du groupe The Script et fredonne le plus doucement possible les paroles. À la moitié du morceau, je me rends compte du fait que je ne fredonne pas. En fait, je suis carrément en train de chanter. Je continue, en battant des pieds. Bellamy s'y met à son tour, m'accompagnant pour le refrain. Nous continuons jusqu'à arriver jusqu'au bar, en riant. Il se gare, sort et contourne la voiture. Je déboucle ma ceinture et prends la main qu'il me tend. Je ferme la portière et me tiens droite en face de lui.

— Alors... dis-je en souriant. Tu vas m'embrasser une nouvelle fois ?

— Ne me tente pas, rit-il en saisissant mes doigts.

Nous traversons le parking main dans la main et entrons dans le bar. Nous restons à l'entrée, tandis que Bellamy tend la tête et regarde à gauche et à droite. Je le regarde alors qu'il essaye de chercher ses amis. Il est vraiment grand, c'est un avantage. Je lui arrive à l'épaule... Je suis beaucoup trop petite. Pourquoi est-ce que je ne mesure pas 1m75 ? J'aurais adoré être grande.

— Ils sont là-bas, viens, me dit-il en me tirant la main et en avançant.

Je stresse quelques secondes, alors que nous évitons les quelques personnes sur la piste de danse. Nous arrivons à un petit endroit un peu à l'écart, où sont installées deux petites banquettes avec une table basse au milieu. C'est cosy, c'est un endroit pour les amis. Bellamy lâche ma main, pose son bras sur mes épaules et s'adresse à ses collègues.

— Je vous présente Clarke, ma petite amie, leur annonce-t-il.

Je souris inconsciemment en voyant qu'il parle bien de moi comme sa petite amie. Je suis donc officiellement présentée à ses collègues de travail. Deux jeunes se lèvent directement et s'approchent de moi. Selon les photos que m'a montrées Octavia, je reconnais Jasper et Monty. Jasper tend la main vers moi.

— Enchanté, moi c'est Jasper, me présente-t-il. Je travaille de temps en temps avec Bellamy pour dessiner quelques plans. Je suis content de voir qu'il s'est enfin casé avec quelqu'un, depuis tout ce temps...

— La ferme, répond Bellamy.

— Comme quoi il y a de l'espoir pour tout le monde, même pour lui, je renchéris en souriant et en serrant sa main.

— Je t'aime déjà ! affirme-t-il en riant à mes paroles. J'ai essayé de le sortir de sa période où Monsieur lançait des grognements primitifs envers tout ce qui l'entourait.

— Excuse le comportement de Jasper, me lance alors son ami Monty. Il dit n'importe quoi des fois. En tout cas, Bellamy nous avait caché qu'il avait une copine aussi jolie que toi !

— Oh, merci beaucoup, dis-je en rougissant.

— Pas touche, réplique Bellamy.

Nous rions tous ensemble. Bellamy me tire vers deux autres collègues, qui s'appellent Lexa et Murphy. Ce dernier commence à me draguer quelques minutes, pendant que Bellamy échange quelques mots avec Lexa.

— Qu'est-ce que tu fais au juste ? j'interroge Murphy.

— Je suis l'un des assistants de Jaha. Je suis comme Bellamy, en fait, je dessine pas mal de maquettes.

— D'accord, je vois.

— Et toi ? Attends, laisse-moi deviner... Tu es mannequin ? Ou peut-être une actrice ? Avec un physique comme le tien, je pense qu'on peut tout se permettre.

— Tu sais que je suis venue accompagnée de Bellamy ? je demande, un sourire au coin.

— Je suis venue avec une amie à moi, également, mais on s'en fiche un peu. Je pense que, même si quelqu'un est en couple ou quelque chose dans le genre, on peut toujours tomber amoureux d'une autre personne. Pas vrai ?

— Je pense que ce sont seulement des excuses inventées par des hommes infidèles. Mais tu crois ce que tu veux.

Il baisse le regard vers moi et m'étudie quelques secondes. Je devrais me sentir embarrassée, mais je vois dans ses yeux qu'il est en train de réfléchir à la situation. Il jauge rapidement Bellamy et se tourne finalement vers moi.

— Mais... dit-il finalement. Bellamy et toi, vraiment ?

— Oui.

— C'est étonnant, c'est la première fois que je le vois avec quelqu'un.

— Je sais, tout le monde n'arrête pas de me dire qu'il courrait un peu après toutes les filles. Ça me rassure énormément...

— C'est la première fois que je le vois aussi amoureux. Je pense que tu n'as pas à t'en faire.

— Ouais...

Je m'écarte un peu de Murphy et finis ma coupe de champagne. Je vois Thélonious et Mia assis sur la banquette et m'assois à leur côté en posant ma flûte sur la table basse. J'entame une discussion avec Thélonious et nous parlons de ma mère.

— Elle a trouvé la bonne personne, m'assure-t-il. Marcus est vraiment un chic type.

— Elle a l'air heureuse.

— J'espère que tu sais qu'elle n'oubliera jamais ton père. Jake restera l'amour de sa vie.

— Ça va, Thélonious, je réponds en souriant. J'aime beaucoup Marcus, donc j'accepte sa relation avec lui. Je suis contente pour eux.

— Elle a de la chance de t'avoir.

Je lui souris et reprends ma flûte de champagne. Je la vide d'un trait et la repose sèchement contre la table basse. Je vois Bellamy interrompre sa conversation avec Lexa – une très jolie femme – et se diriger vers moi en souriant. Il s'assoit à côté de moi sur la banquette et passe son bras autour de ma taille.

— Attention avec l'alcool, me dit-il. Je n'ai pas envie d'avoir à faire à une Clarke bourrée.

— Je n'en reprends plus, ne t'inquiète pas. Tu étais en train de parler avec Lexa, c'est ça ? je demande avec une pointe de jalousie dans la voix. Elle est vraiment jolie.

— Tu as raison, rit-il. Mais tu n'as pas à t'en faire, je ne suis pas du tout son type.

— Comment ça ? je réplique avec, cette fois, de l'agacement dans la voix. Tu es le type de tout le monde.

— Ce n'est pas ce que je voulais dire, répond-il en levant les yeux au ciel. C'est juste qu'elle semble beaucoup plus intéressée par toi que moi.

Il lève les sourcils de manière suggestive, alors que je laisse échapper un petit « Oh » de ma bouche. Je tourne la tête vers elle. Elle semble sentir mon regard peser sur elle puisqu'elle me fixe en me faisant furtivement un clin d'œil. Je rougis violemment en baissant les yeux.

— Maintenant je suis en concurrence avec Finn et Lexa, murmure-t-il en commençant à rire. Foutue bisexualité.

Je lui lance un regard surpris, alors que ses joues prennent une teinte rouge. Je ne savais pas qu'Octavia lui avait parlé de ma bisexualité. Je suis plus souvent attirée par les hommes, mais il m'arrive en effet d'être parfois séduite par des femmes. Je m'en suis rendue compte lorsque je suis entrée au lycée. Je n'avais plus besoin de me cacher.

— Ne raconte pas n'importe quoi, je réponds en le frappant. Effectivement, Lexa est très jolie, mais je suis tout à toi pour cette soirée.

Il me sourit en resserrant son emprise sur ma taille. De la chaleur se répand dans mon ventre et de la chair de poule se forme sur mon bras. Il faut que j'apprenne à contrôler mes réactions.

— Tu n'as pas froid ? me demande-t-il en frottant mon bras nu.

— Non, ça va. Je ne suis pas en débardeur.

— Non, mais tu n'as pas de manteau.

— Et bien, si j'ai froid, je te le dirais... Tu pourras faire ton gentleman et me passer ton blazer, dis-je en riant.

— Hors de question, j'ai froid moi !

Il commence à rire, alors que je me tourne vers lui et commence à le frapper. Il rit encore plus et attrape mes mains dans les siennes. J'essaye quand même de le pousser, mais il ne bouge pas d'un centimètre. Je souffle d'énervement.

— Tu es mignonne, me dit-il.

Je lui fais une jolie grimace en plissant mon nez, alors qu'il rit de nouveau et m'embrasse très rapidement sur la joue. Il relâche mes mains et je lui fais une très légère baffe. Je sursaute lorsque Monty et Jasper s'agenouillent juste devant nous.

— A-DO-RABLE, s'exclame Jasper.

— J'ai quelque chose à vous proposer, nous dit alors Monty.

— Dis-moi tout, je réponds en croisant mes jambes et en le regardant.

— Jasper, sa copine et moi vous avons trouvé un surnom de couple.

— Comment ça ? demande Bellamy. Non mais vous êtes malades ou quoi ?

— C'est Maya qui l'a trouvé en premier ! Mes très chers... BELLARKE !

— Oh c'est trop mignon ! je m'exclame.

Je ne peux rien dire d'autre en voyant le regard que les collègues de Bellamy me lancent. Ils semblent vraiment heureux de voir Bellamy en couple… Je ne peux qu'apprécier ce qu'ils mettent en œuvre pour nous rapprocher encore plus. J'entends le soupir agacé de Bellamy à côté, ce qui me fait extrêmement rire.

— Je veux bien qu'on nous appelle comme ça, répond Bellamy. Mais seulement si nous vous appelons MAYASPER.

— C'est vraiment dégueulasse, dit Jasper en riant. Mais marché conclu !

— D'ailleurs, tu as laissé ta copine toute seule ? je lui demande.

— Il fallait que je vienne vous dire rapidement tout ça.

— Je vais aller la voir, restez avec Bellamy.

Je lance un petit sourire à Bellamy, alors que je me lève et m'assois sur l'autre banquette, à côté de Maya. J'analyse rapidement son visage. Elle a des cheveux noirs corbeau et des lèvres très fines. Elle lève son regard noir vers moi dès que je m'assois à ses côtés.

— Ce que dit Jasper est si ennuyeux que ça ? me demande-t-elle en me souriant.

— Non, surtout le moment où il m'a révélé le surnom de couple que tu m'as trouvé avec Bellamy...

— Je suis désolée, me dit-elle rapidement. C'est sorti tout seul, j'ai...

— C'est rien, je ris. En fait, je trouve que c'est un beau surnom !

— C'est vrai ? Je suis soulagée alors, dit-elle en riant à son tour.

Je réfléchis quelques secondes à ce que je pourrais lui dire, mais me rends compte que je ne suis pas obligée de lui parler. Je ne suis pas obligée de tout connaitre sur sa vie, mais j'en ai envie. Bellamy n'est pas en couple avec moi, mais ses collègues ont l'air très sympathique… Et j'ai envie de leur parler.

— Alors... Comment est-ce que tu as connue Jasper ?

— Même si tu ne le connais pas depuis très longtemps, tu as sans doute vu qu'il était très maladroit... Et il y a trois ans, il est venu à l'hôpital. Il avait glissé sur le sol de la cuisine et s'était fait une méchante coupure.

— Tu es médecin ? je demande. Tu sembles tellement jeune...

— C'est toi qui es jeune, rit-elle. Tu n'as que 21 ans, j'en ai déjà 25. Et je ne suis pas médecin, mais infirmière.

— Je trouve que c'est une jolie rencontre.

— Oui, même s'il y avait du sang un peu partout autour de nous, dit-elle en éclatant de rire. Et pour toi et Bellamy ?

Je lui raconte l'histoire inventée par Bellamy et moi. Elle semble très intéressée et rit lorsque je lui parle de notre passé.

— Un an après notre rencontre, donc quand j'avais 16 ans et lui 20 ans... Il m'avait tellement énervé, ce jour-là, en me surnommant princesse et en me lançant des piques, que mon verre m'a glissé des mains... Vers sa tête.

— C'est la pire excuse qui soit !

— Je le sais ! Je n'ai vraiment pas trouvé mieux sur le moment, dis-je en riant. Il m'avait énervé au point que je lui lance un verre à la figure... Je suis vraiment une malade.

— Quand je vous vois, aujourd'hui, je n'aurais jamais pu imaginer ce passé. Vous avez l'air plutôt complices.

— Étrangement, oui ! dis-je en souriant. Nous avons appris à nous connaître et je pense que nous avons tout de suite accroché à la personnalité de l'autre.

Nous sursautons toutes les deux lorsque Jaha cogne son verre avec un couteau. Il nous regarde tous avec un sourire au coin des lèvres. Je fronce les sourcils. J'ai un très mauvais pressentiment en ce moment même. Que va-t-il nous dire ?

— Merci à tous d'être venu à cette soirée, nous remercie-t-il. Avant que nous puissions aller danser sur la piste, je souhaitais vous faire une annonce. Le PDG de notre boite m'a appelé cet après-midi. Nous avons fait un excellent chiffre d'affaires.

Nous commençons tous à applaudir bruyamment alors qu'il sourit de toutes ses dents. Il nous fait signe, toutefois, de nous calmer.

— Le chiffre d'affaires est si important que le PDG a décidé de nous récompenser. La boite a fait un incroyable bénéfice et c'est pourquoi j'ai une annonce à vous faire : nous partons tous une semaine en vacances le mois prochain.

Jasper et Monty commencent à crier et à se sauter dans les bras. Bellamy rit et se lève à son tour pour sauter avec eux. Je regarde Maya et nous rions. Ils sont vraiment adorables et une semaine de vacances leur fera le plus grand bien. Thélonious tape de nouveau sur son verre.

— Bien entendu, toutes les compagnes et les compagnons de mes employés sont conviés ! Nous partons tous en Italie !

Jasper se rue sur Maya et la soulève de la banquette en l'embrassant. Je me tourne instinctivement vers Bellamy, qui me regarde, une lueur de panique dans le regard. Nous partons tous en Italie et c'est super... Mais ça signifie également le fait que Bellamy et moi allons devoir simuler notre couple durant une semaine entière, 24h/24. Je vais devoir tout faire en duo avec lui. Je ressens de la chaleur dans le creux de mon ventre. J'aurais dû être fâchée, être paniquée, mais je suis heureuse. Je suis heureuse.


Prochain chapitre : la suite de la soirée ! (notamment une grande révélation sur Bellamy...)

Comme toujours, je souhaite vous remercier pour vos commentaires, qui me touchent vraiment. D'ailleurs, merci beaucoup à Francesca, qui me fait énormément rire avec ses reviews très drôles ! En tout cas continuez à m'en envoyer et me dire si ma fiction vous plait toujours autant ou si je dois changer plusieurs choses !

- Amandine.