Ce chapitre sera du PDV de Bellamy, comme je sais que vous l'aimez ! Voilà, ils partent enfin pour l'Italie ! (ils seront en Toscane, tout près de la plage). Alors je ne vais pas parler de chaque jours en Italie autrement cela prendrais 7 chapitres mais il y en aura 3, ce qui est déjà pas mal en soi !
D'ailleurs, je n'ai pas eu le temps de répondre à vos reviews depuis deux chapitres mais je le ferais au prochain, c'est sur ! (je suis chargée en ce moment, j'ai pas mal d'oraux pour le bac)
Bonne lecture !
CHAPITRE 10
Bellamy
Je regarde ma montre. Il est plus de 18h. Je pianote lentement sur le volant en face de moi. Cela fait environ cinq minutes que j'attends et Clarke n'est toujours pas descendue de son immeuble. Je savais que les filles prenaient leur temps, mais pas à ce point... De plus, des paparazzis sont entassés tout autour la voiture. Depuis que mon nom circule sur Twitter, beaucoup de personnes s'improvisent photographes pour gagner un peu d'argent. Ça me révolte. J'entends les questions à travers les vitres : « Comment va se passer ce voyage en Italie ? Allez-vous la demander en mariage ? ». C'est n'importe quoi. Nous sommes censés être en couple depuis seulement huit mois, c'est ridicule. Je m'impatiente et l'appelle sur son portable. J'attends un peu, alors qu'elle décroche au bout de deux sonneries.
— Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-elle.
— Comment ça qu'est-ce qu'il y a ? Ça fait dix minutes que j'attends en bas de ton immeuble !
— Quoi ? Mais je t'attends chez Octavia !
— Tu te fiches de moi, dis-je en serrant les dents.
— Je pensais que tu allais m'attendre chez elle. Ça fait trente minutes que j'y suis.
— Bon, ne bouge pas, j'arrive.
— Bellamy ! s'exclame soudainement Octavia en prenant le téléphone à sa place. Dépêche-toi. Elle est en pleine crise de panique.
J'entends dans le fond Clarke qui crie « Ce n'est pas vrai ! », alors que je raccroche. Je sais qu'elle n'a jamais pris l'avion et qu'elle est inquiète. Je vais devoir l'assommer à coup de somnifères si je ne veux pas être dérangé. De toute façon, qu'elle prenne des médicaments ou non, elle ne me parlera pas de tout le voyage. Cette femme est vraiment une tête de mule, elle me rend la vie dure. Je ne l'ai pas vue depuis deux semaines, depuis le goûter chez Lincoln, mais je lui ai parlé au téléphone hier soir pour fixer les préparatifs pour l'Italie. Elle semble heureuse d'y aller, mais dès que je glissais une petite phrase avec pleins de sous-entendus, elle ne prenait même pas la peine de répondre. Je sais qu'elle m'en veut pour ce stupide slow. Elle n'écoute plus ce que je lui dis, elle ne me croit pas. Je l'ai fait délibérément, pas pour faire la une des magazines. Je lui ai dit le contraire, je le sais, mais je commence réellement à avoir peur de mes sentiments envers elle. Je dois m'éloigner d'elle, mais je n'y arrive pas, surtout lorsqu'elle me repousse de cette façon. Je suis un Blake. Personne ne repousse un Blake.
Je tourne le volant et me gare sur le parking d'Octavia. Je sors de la voiture et me regarde rapidement dans la vitre. Tout va bien. Je me dirige vers son appartement et frappe à la porte. Personne ne répond. J'essaye à nouveau. Personne. Je rentre automatiquement et suis surpris de la scène. Octavia est sur le canapé et n'arrête pas de soupirer. Clarke se trouve face au réfrégirateur, la tête dans le congélateur. La tête dans le... Congélateur ?
— Clarke ? je demande doucement.
— Je vais bien, répond-elle. Je n'ai pas peur. Tout va bien.
— Crise de panique, marmonne Octavia en regardant la télévision.
Je secoue la tête et commence à rire. Je m'approche de Clarke et la prends par les épaules, la retournant contre moi. Je pose ma main contre son front glacé, alors qu'elle semble se détendre et se relaxer contre ma main. C'est le premier geste tendre que j'ai envers elle depuis deux semaines, je compte bien en profiter.
— Est-ce que tu es folle ? je demande. Tu veux être malade ?
— J'avais chaud, grommelle-t-elle. Bellamy... Je ne peux pas venir en Italie.
— Qu'est-ce que tu racontes ?
— Je ne peux pas prendre l'avion, c'est impossible... Je ne peux pas. Imagine si l'avion s'écrase ? Je ne veux pas mourir, je suis beaucoup trop jeune. Je veux des enfants, je veux...
— La ferme, princesse. Je vais te donner un médicament et tout ira bien.
— Tu es sûr ? Il faut que ça soit fort, d'accord ?
— Oui, Clarke. Je te donnerai ça dans la voiture.
Elle hoche la tête, alors que je laisse mes mains retomber le long de mon corps. Je la vois essayer de respirer calmement, mais échouer lamentablement. Ses yeux sont embués de larmes. Je ne savais pas qu'elle était phobique de l'avion à ce point.
Je regarde rapidement l'horloge au-dessus de son épaule en grimaçant.
— On doit y aller, on retrouve les autres à l'aéroport.
— À quelle heure part notre avion ?
— 21h.
— Où est-ce que l'avion nous dépose ?
— Rome.
— Et combien de temps dure le trajet ?
— Environ deux heures.
— Je ne me sens pas bien.
Elle me pousse violemment et se retourne pour vomir dans l'évier. Je regarde Octavia, qui semble aussi choquée que moi. Je reprends mes esprits et me précipite derrière Clarke, en tenant d'une main ses cheveux et en frottant son dos avec mon autre main. Elle vomit quelques secondes et s'appuie finalement sur l'évier en essayant de calmer sa respiration. Je lui passe une serviette et elle la prend pour s'essuyer la bouche. Elle se retourne et me murmure un « merci », alors que je caresse son bras.
— Je vais aller prendre ma valise, me dit-elle.
Je hoche la tête, alors qu'elle part dans la chambre d'Octavia. Elle ne semble plus me repousser, ce qui est déjà un très grand pas. J'en profite pour m'affaler sur le canapé à côté de ma petite sœur.
— Alors, tu es pressé de partir en Italie ? me demande-t-elle.
— Je ne parle pas un mot italien, mais à part ça, tout va bien.
— Clarke parle couramment italien, elle va t'aider.
— Oui... Enfin si elle m'adresse la parole.
— Arrête, vous venez justement de vous parler.
— Des phrases consensuelles, c'est tout. Rien d'intéressant. Mes anciennes conversations avec elle me manquent.
— Ça va revenir...
— Octavia, lui dis-je en me tournant vers elle. Explique-moi toute la situation, je t'en supplie. Qu'est-ce qui lui prend ?
— Tu ne comprends pas... Elle a été brisée avec ce que Finn lui a fait. Elle a peur que la même chose se reproduise avec toi. Elle a peur de s'attacher.
— Elle n'est pas la seule... je murmure doucement.
Malheureusement pour moi, je ne l'ai pas dit assez bas, puisqu'Octavia se tourne violemment vers moi en écarquillant ses yeux. Elle s'apprête à parler lorsque Clarke entre en furie dans la pièce, avec trois gros sacs dans ses bras. Je me lève et me place devant elle.
— Je te signale qu'on part une semaine en Italie, pas un mois !
— Je ne sais pas le temps qu'il fera là-bas ! Il me fallait des vêtements chauds, tempérés et froids.
— Des vêtements tempérés, bien sûr... Je crois qu'il est temps d'y aller.
Elle hoche la tête en mordant l'intérieur de ses joues. Je prends les trois sacs qu'elle a dans les mains alors qu'elle proteste en essayant de les reprendre et en criant des conneries du genre « je peux les porter toute seule ». Octavia se lève et m'enlace, puis se tourne vers Clarke. Elle commence à lui chuchoter des choses à l'oreille et je décide donc de leur laisser une petite intimité. Je descends l'escalier comme si je n'avais rien dans les bras et sors de l'immeuble. Je me fige en voyant les paparazzis autour de moi. Ils m'ont suivi, comment est-ce possible ? Je m'avance vers ma voiture en baissant la tête et en essayant de les éviter. Je place les sacs de Clarke dans le coffre et me précipite vers la portière avant en me mettant derrière le volant.
J'attends quelques secondes et je vois Clarke sortir à son tour de l'immeuble. Elle n'a pas l'air perturbée par tous les photographes autour d'elle et se dirige automatiquement vers la voiture. Elle est assailli par les flashs de leurs appareils photo. Elle ouvre la portière et rentre dans la voiture. Je me tourne vers elle pour lui parler, mais elle s'avance vers moi et m'embrasse légèrement sur les lèvres. Elle murmure le mot « photos » contre ma bouche, avant de se séparer de moi. Je hoche la tête, encore sonné par son baiser. Elle pense seulement aux photographes désormais. Je fouille dans la boite à gant et tends ma main devant elle.
— Qu'est-ce que c'est ? demande-t-elle.
— Les médicaments dont je t'ai parlé. Je te les donne, mais n'en prend qu'un. C'est puissant.
Elle ne m'écoute pas et prend la bouteille d'eau dans la boite à gant. Elle l'ouvre et fourre trois cachets dans sa bouche, puis avale une grande gorgée d'eau.
— Clarke ! je m'exclame.
— Quoi ? Je suis stressée !
Je soupire en mettant ma clé dans le contact. J'ai déjà pris trois fois l'avion et tout s'est toujours très bien passé. Je ne sais pas pourquoi certaines personnes ont peur de l'avion. Je continue mon chemin vers l'aéroport. Heureusement, le trajet ne dure que quelques minutes. Alors que je cherche une place de parking convenable, Clarke panique encore plus.
— C'est Thélonious qui doit nous donner les billets ? me demande-t-elle.
— Oui.
— Et si nous ne sommes pas côte à côte ?
— Et bien ça sera triste, dis-je ironiquement. On va survivre, ne t'inquiète pas.
— Je ne plaisante pas, répond-elle, sa respiration s'accélérant. Je ne vais pas pouvoir le faire si je ne suis pas avec toi.
— Pourquoi ? Je croyais que tu ne m'aimais pas.
— Ce n'est pas... Ce... J'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi.
Je me gare définitivement et la regarde. Elle a l'air de vraiment s'inquiéter et ça commence à me faire peur. Elle est censée ne pas paraitre faible devant moi, mais sa peur prend le dessus. Elle est censée m'éviter, mais elle vient de l'oublier.
— On trouvera une solution, ne t'en fais pas.
Elle hoche la tête alors que je coupe le moteur et sors de la voiture. Comme à mon habitude, je contourne la voiture et ouvre sa portière. Elle sort et se dirige vers le coffre, en prenant ses deux sacs. Je prends le reste tranquillement sur mes épaules et tends ma main valide vers elle. Bizarrement, elle l'agrippe et me la serre fortement. Peut-être que je devrais me réjouir de son stress...
Nous prenons l'escalator et arrivons dans le hall réunissant la plupart des départs d'avion. J'aperçois directement mon groupe de collègues, donc nous nous dirigeons vers eux. Clarke lâche ses sacs sur le sol et enlace Monty et Jasper. Depuis la soirée dans le club, elle passe ses journées au téléphone avec eux. Je ne m'en plains pas et je suis content qu'elle s'entende bien avec eux, mais je ne veux pas qu'elle m'oublie. Je lâche à mon tour mes sacs et salue tout le monde. Je vois Echo, au loin, me regarder avec des yeux insistants. Je racle ma gorge et prends Clarke par la taille.
— Il faut que je te présente à Echo, je lui chuchote à l'oreille.
— Oh, ça risque d'être intéressant.
Je la conduis vers Echo en commençant à angoisser. Cela faisait quelques mois que je ne l'avait pas revue, celle-ci ayant changé de poste dans notre cabinet d'architecture. Nous nous approchons d'elle.
— Echo, je te présente Clarke, ma petite amie.
— Enchantée, répond Clarke en tendant sa main vers elle.
— Moi aussi, dit Echo en serrant sa main. Bellamy a dû beaucoup te parler de moi.
— Non pas vraiment, à vrai dire. Lorsque nous sommes tous les deux, nous avons autre chose à faire que de parler.
Clarke tourne alors sa tête vers moi et me sourit de manière explicite. Je ris à sa remarque. Elle ne recule vraiment devant rien, cette femme. Echo s'excuse auprès de nous et part. Je m'apprête à parler à Clarke, lorsque Jaha nous tend nos billets. Je vérifie celui de Clarke et le mien et suis soulagé lorsque je remarque que nous sommes côte à côte. Elle sourit à pleines dents.
— Ça c'est plutôt chouette, dit-elle en me regardant.
— Tu n'as plus peur ? je lui demande, surpris par son sourire.
— Je pense que les cachets commencent à faire effet, me dit-elle en riant.
Je lève les yeux au ciel. Le voyage risque d'être fort intéressant.
[…]
Je soupire et enlève la main de Clarke de mon visage. Nous avons décollés depuis environ une heure et on va dire que les médicaments que je lui ai donnés sont très efficaces. Elle repose sa main sur ma joue en enfonçant son index dans ma peau.
— Ta joue est si molle, murmure-t-elle, un air fasciné sur le visage. Comment est-ce que c'est possible...
— Princesse, tu voudrais bien te reposer un peu ?
— Tu as vraiment des cils de filles, dit-elle en remontant ma paupière vers le haut. Ils sont longs et super recourbés.
— Tu as fini ?
— Mais je ne sais pas quoi faire...
— Appelle Octavia.
— Bonne idée !
Heureusement que cet avion autorise les appels en plein vol… Je la regarde alors qu'elle prend le portable situé dans sa poche de jean et fouille dans ses contacts. Je la vois appuyer sur le nom d'Octavia.
— Octavia ! Oui je vais bien et Bellamy aussi. On est dans l'avion. Je suis du côté du hublot donc je peux voir tous les nuages. C'est tellement beau, j'aimerais que tu sois avec nous...
— […]
— Non, je n'ai pas bu. Non, ce n'est pas vrai. C'est les médicaments, je crois.
— […]
— Bref. Je voulais juste te dire que je t'aimais. Mais vraiment beaucoup. Beaucoup beaucoup beaucoup. Tu es ma meilleure amie. Je t'aime.
— […]
— Je t'aime beaucoup beaucoup.
— […]
— Est-ce que tu peux me passer Lincoln s'il te plaît ? S'il te plaît, s'il te plaît.
— […]
— Merci. Et n'oublie pas que je t'aime beaucoup.
Je ris tout le long de ses paroles. Je pense que je vais la laisser faire, c'est tellement drôle à regarder. D'ici quelques minutes les cachets ne feront plus effets. Je suis pressé de voir ça. Octavia lui passe Lincoln.
— Allo Lincoln ? C'est Clarke !
— […]
— Je voulais juste te dire que tu es comme un grand frère pour moi. Je t'aime beaucoup beaucoup beaucoup. Tu es mon gros nounours à moi.
— […]
— Bon, tu es quand même un gros boulet. Tu ne sais pas fermer ta bouche. Je ne sais pas comment Octavia fait pour te supporter.
— […]
— Mais même si tu es chiant, je t'aime beaucoup, ne t'inquiète pas.
— […]
— Je dois te laisser, mais je voulais que tu le saches une dernière fois. Je t'aime beaucoup.
Elle ne lui laisse pas le temps de répondre et raccroche. Elle se tourne ensuite vers moi et sourit de toutes ses dents. Je frotte mes doigts contre mon front en riant. Elle semble réfléchir et reprend son portable. Je baisse la tête en recommençant à rire. Elle va appeler tout son répertoire pour lui dire qu'elle l'aime « beaucoup beaucoup » si ça continue de cette façon.
— Allo ? Oui, c'est Clarke !
— […]
— Je suis dans un avion. J'ai un peu peur qu'il s'écrase, mais ça va. Il fallait que je te dise une chose.
— [...]
— Je te déteste beaucoup beaucoup beaucoup. J'ai dit aux autres « je t'aime », mais toi, je te déteste.
Je ne laisse pas le temps à l'autre personne de répondre et arrache son téléphone de ses mains. Je regarde l'écran. Et merde. Elle est en train d'appeler Finn. Je porte son téléphone à mon oreille.
— Allo, Finn ? C'est Bellamy.
— Bellamy ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
— Rien, c'est juste Clarke. Nous sommes dans un avion et elle avait un peu peur, donc elle a abusé des médicaments. Rien de grave.
— Tu ne prends même pas soin de sa santé ! Tu...
— Au revoir.
Je raccroche et fourre le portable de Clarke dans ma poche. Je ne peux pas me permettre une nouvelle fois ce genre de choses. Elle me frappe l'épaule en grognant des mots incompréhensibles. Finalement, elle se place sur le côté de son siège, face à moi. Elle me regarde.
— Je suis fatiguée, murmure-t-elle.
— Dors, princesse.
— Non, je ne veux pas, parce que quand je vais me réveiller, je vais devoir te faire croire que je suis énervée contre toi.
— Parce que tu ne l'es pas vraiment ? je demande, intéressé par la tournure de notre conversation.
— Pas vraiment. Enfin, j'ai des raisons de t'en vouloir, mais je t'ai pardonné.
— Trop aimable, dis-je ironiquement.
— Finn m'a fait trop de mal, murmure-t-elle en me regardant.
— Je ne suis pas Finn.
Cela me confirme ce qu'Octavia m'a déjà dit. Le problème ce n'est pas moi, mais c'est ce que Finn lui a fait. Il l'a complètement détruite. Je ne pensais pas qu'une relation amoureuse pouvait démoraliser une personne à ce point.
— Bellamy, je tiens beaucoup trop à toi.
— Ne dis pas ça, Clarke, dis-je en rapprochant ma tête près de la sienne.
J'approche ma main droite de son visage et replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Elle ouvre les yeux et me regarde intensément.
— J'espère que je ne vais pas me souvenir de ça à mon réveil, ça serait trop la honte, chuchote-t-elle.
Je ris à sa remarque. Elle ferme doucement les paupières alors que je continue à la regarder. Au bout d'un moment, je sens son souffle devenir régulier. Elle s'est endormie. Je soupire.
Il aura fallu l'usage de médicaments pour qu'elle se livre à moi. Enfin. Je regarde le plafond de l'avion et essaye de ne pas réfléchir à tout ce qu'il vient de se passer. Son téléphone commence à vibrer dans ma poche. Je me dépêtre du mieux que je peux et le prends dans ma main. Sa mère est en train de l'appeler.
— Mme Griffin ? je réponds automatiquement.
— Bellamy ? Bonjour ! Tu vas bien ?
— Très bien et vous ?
— Je vais bien. Est-ce que Clarke est avec toi ?
— Oui elle est à mes côtés, mais elle est en train de dormir. Nous sommes dans l'avion.
— Ah oui, pour l'Italie, c'est ça ?
— Exactement.
— Je voulais juste savoir si elle allait bien... Avec toute cette histoire de magazines.
Je soupire doucement en fermant les yeux. J'avais oublié que Clarke n'était pas la seule personne qui a pu être touchée par cette histoire. Il y a tout son entourage.
— Elle le prend plutôt bien, ne vous inquiétez pas. C'était un peu dur au début, d'avoir tous ces photographes autour de nous, mais à la longue, on s'y fait.
— Je suis vraiment contente qu'elle ait trouvé quelqu'un comme toi. Tu as l'air d'être très protecteur envers elle et c'est ce qui compte le plus.
Je soupire lorsqu'elle prononce cette phrase. Ça me brise le cœur. Lorsqu'elle apprendra notre « séparation », elle sera dévastée. Elle ne sera pas la seule.
— Je prendrai soin d'elle, je vous le promets.
Nous échangeons quelques formules de politesse et je raccroche le téléphone. Je me penche en avant et le pose délicatement dans son sac à main. Je me réinstalle sur mon siège et me frotte quelques secondes les yeux. Lorsque je les ouvre, je tourne ma tête vers elle. Elle est complètement endormie, sa tête tournée vers moi et ses cheveux encadrant joliment son visage. Elle semble paisible. Je repense à la conversation que je viens d'avoir avec sa mère et je comprends que ma promesse ne sera pas une promesse en l'air. Je veux qu'elle soit heureuse, que ce soit avec ou sans moi. Je ne veux pas qu'elle souffre. Si je commence à développer des sentiments pour elle, cela pourrait tout gâcher. Malheureusement, je comprends en cet instant que les sentiments ne se contrôlent pas et qu'il est déjà beaucoup trop tard. Je soupire et appuie l'arrière de ma tête contre le siège. Je ferme les yeux en pensant à autre chose.
[…]
Une heure plus tard, je ris en voyant le regard apeuré de Clarke regardant par le hublot. Cela fait environ dix minutes qu'elle est réveillée et elle n'est toujours pas rassurée. On va atterrir d'ici quelques minutes, j'ai hâte de voir ça.
— On est en train de voler, dit-elle en fermant les yeux sur son siège. Je suis dans les airs, sans corde, ni attaches.
— C'est le principe d'un avion.
— Tu crois que si l'on s'écrase, on pourrait avoir un parachute ?
— Bien-sûr princesse, je réponds en roulant les yeux.
— Raconte-moi une histoire.
— Quoi ? je demande en commençant à rire.
— Il faut que tu me détendes, tout de suite. Raconte-moi quelque chose... La soirée où tu as dit des choses sur moi !
— Quelle soirée ?
— Tu sais... Quand tu voulais mordre chaque parcelle de ma peau.
FLASHBACK
Clarke me regarde durant quelques minutes, les joues rouges et les yeux exorbités. Apparemment, ma remarque cinglante vient de l'énerver.
— Tu es encore plus insupportable quand tu es bourré !
Sur ces mots, elle tourne les talons et s'éloigne dans la chambre d'Octavia. Je commence à ricaner tout seul et porte mon verre d'alcool à mes lèvres. Franchement, je ne suis pas si bourré que ça... Même si ma tête commence à tourner. Du coin de l'œil, je vois Octavia se diriger rapidement vers moi, un air furieux sur le visage.
— Qu'est-ce que tu lui as encore fait ? commence-t-elle à pestiférer contre moi.
— Mais rien ! je réplique. Je lui ai juste parlé de sa petite vie parfaite...
— Arrête un peu de lui parler sur ce ton, Bellamy. Elle est énervée à cause de toi !
— Et alors ? je demande en souriant. J'aime bien quand elle est énervée.
— Tu es vraiment un con !
— Elle est magnifique quand elle est en colère, j'ai juste envie de mordre chaque parcelle de sa peau jusqu'à ce qu'elle en gémisse.
Je réalise tout de suite après mes paroles. C'est complètement avilissant pour elle et en plus je viens d'avouer à ma petite sœur que je trouvais son amie attirante. Octavia hausse ses sourcils et commence à me sourire. Je suis vraiment dans la merde.
— Mais je la déteste, je rajoute ensuite.
— Bien-sûr...
FIN DU FLASHBACK
Clarke commence à rire toute seule durant quelques secondes, alors que je me gratte le derrière de l'oreille. C'est très gênant de parler de tout ça.
— Je me rappelle de cette soirée, me dit-elle en souriant. J'avais envie de t'étriper et t'attacher à un arbre, comme dans Scream. Je détestais quand tu étais bourré.
— Pourquoi ? je demande.
— Tu étais vraiment méchant avec moi, dit-elle en baissant la tête. D'habitude tu me balançais beaucoup de blagues, mais quand tu buvais... Ça devenait sérieux.
Je la regarde quelques secondes. Je ne savais pas que cela l'affectait à ce point. Je faisais seulement ça pour rire, je ne savais pas qu'elle était blessée par mes paroles.
— Ça n'arrivera plus, lui dis-je en lui faisait un sourire rassurant.
Elle me sourit en retour et se tourne vers le hublot. Elle commence à taper des pieds.
« Mesdames et messieurs, l'avion va entamer sa descente vers l'aéroport de Rome. Quelques perturbations sont à prévoir. Veuillez-vous assoir sur vos sièges en bouclant vos ceintures. Merci de votre compréhension. »
Clarke s'empresse de fermer sa ceinture et se tourne vers moi. Elle se penche et ferme à son tour ma ceinture de sécurité, alors que je rigole devant son empressement. Elle se replace dans son siège et ferme de nouveau les yeux. Un tremblement commence à secouer l'appareil. Elle ouvre soudainement les yeux et me regarde, paniquée. Je soupire et prends sa main droite dans la mienne, en entrelaçant ses doigts aux miens. Elle resserre mon emprise sur moi. L'avion est balloté de tous les côtés à cause des turbulences et elle se penche vers moi en posant son front contre le côté de mon épaule. Je l'entends murmurer les mots « Destination Finale, Destination Finale ». Je ris à l'évocation de ce film d'horreur et plante un baiser sur le dos de sa main. L'avion se pose doucement sur la piste d'atterrissage et les tremblements cessent. Clarke enlève sa tête de mon épaule et me regarde. Elle commence à rire toute seule, durant quelques secondes.
— Tu vois, ce n'était pas si horrible ! dit-elle en me souriant.
Je ris et lui donne une légère frappe à l'arrière de la tête. Je déboucle ma ceinture et me lève en m'étirant. Clarke répète les mêmes gestes que moi. Je me retourne vers Jasper et Maya, un peu plus loin. J'évite quelques passagers et vais à leur encontre.
— Est-ce que tu sais c'est quoi le plan ? je lui demande.
— On sort d'ici et on prend chacun une voiture de location pour la Toscane. On a quatre heures de route.
— Je suis pressé de voir ce que Jaha nous a concocté.
— J'ai eu quelques infos. On va tous être dans une gigantesque maison au bord de la mer.
— AU BORD DE LA MER ? s'écrie Clarke en me rejoignant. J'adore la mer !
— Jasper, je te présente Clarke, dis-je ironiquement. Elle aime le soleil, la mer et Taylor Swift.
Jasper et Clarke commencent tous les deux à rire alors que je lève mes yeux au ciel. Je regarde Clarke et lui fais signe d'y aller. Il est un peu plus de 23h.
— Je suis trop fatiguée, me dit Clarke.
— Vraiment ? Tu as dormi alors que nous n'avons eu que deux heures de trajet !
— J'étais sous l'effet des médicaments, ce n'est pas la même chose. Allez, allons-y !
[…]
Quelques heures plus tard, je pose mon sac et ceux de Clarke dans le salon de cette gigantesque maison. Elle est magnifique. C'est vraiment une grande villa résidentielle. Je tourne ma tête vers Clarke, qui regarde aux alentours, bouche bée.
— Bienvenue à la maison, dit Jaha en souriant.
— MONSIEUR ! s'exclament Monty et Jasper.
— Je sais, c'est très grand. Il y a cinq chambres. Une pour Monty et Murphy, une pour Lexa et Echo, une pour Clarke et Bellamy, une pour Jasper et Maya et la dernière pour Mia et moi. Je pense que ça suffira.
— Carrément ! dit Clarke, souriante.
— Je vais vous conduire à vos chambres.
Tout d'abord, il nous fait une petite visite de toutes les pièces. Bien-sûr, cette maison possède plusieurs salles de bain. Il y a également une salle de jeux, avec un billard et quelques appareils de musculation. Il commence par montrer la chambre à Maya et Jasper, qui rentrent directement dedans pour poser leurs affaires. Il continue jusqu'à ce qu'il ne reste plus que Clarke et moi. Il se met devant nous.
— Vous êtes mes deux petits chouchous, nous dit-il en souriant. Je vous ai réservé la plus jolie chambre.
J'échange un regard curieux avec Clarke, alors que Jaha nous ouvre la porte de cette fameuse chambre. Je m'arrête à l'entrée, ne pouvant pas continuer. La chambre est très grande, notamment le lit. Or, ce qui me choque le plus, c'est le mur au fond de la pièce. C'est une énorme baie vitrée avec une vue directe sur la mer.
— C'est magnifique... murmure Clarke en s'approchant de la baie vitrée.
— Vous êtes également les seuls à posséder une salle de bain personnelle.
La tête de lit est plaquée contre le mur tout à droite et il y a une porte incrustée à côté. Je m'approche et tourne la poignée. Même la salle de bain est plus grande que mon appartement tout entier. Il y a une douche, ainsi qu'une baignoire.
— Monsieur, c'est vraiment beau, je ne sais pas comment vous remercier, lui dis-je, ému.
— Ce n'est rien, répond-il en souriant et en regardant sa montre. Bon les jeunes, il est un peu plus de 3h du matin. Je pense que nous allons tous aller dormir.
— Oui, nous sommes complètement fatigués, je réponds en souriant.
— Dans ce cas, une très bonne nuit, dit-il en refermant la porte sur lui.
Je me tourne vers Clarke et lui fais un grand sourire. Elle commence à sauter de joie quelques minutes, jusqu'à ce que je la calme en posant mes mains sur ses épaules. Elle s'écarte de moi et me dit qu'elle va se mettre en pyjama dans la salle de bain. Lorsqu'elle claque la porte, j'enlève mon jean et enfile un bas de survêtement. Je commence à retirer mon t-shirt, mais hésite. Est-ce que ça va la déranger ? Tant pis. Je l'enlève, me mettant torse-nu. Je m'étale sur le lit, alors qu'elle rentre dans la chambre. Elle porte un petit short en coton noir, ainsi qu'un débardeur blanc. J'essaye de ne pas la reluquer. Peine perdue.
— Tu ne comptes pas dormir avec moi, j'espère ? demande-t-elle.
— Non. À moins que tu ne le demandes.
— Dégage de mon lit, Blake.
Je ris en prenant une couverture et en la mettant par terre, à côté de son lit. Je la regarde et vois ses yeux posés sur mon torse et ses joues devenir rouges. Je me retourne, un grand sourire sur le visage.
— Un jour tu pourras toucher si tu veux, lui dis-je.
— Non merci, ça va aller.
Je ris en m'étalant sur les couvertures sur le sol. Elle me balance un oreiller au visage et se glisse sous la couette. Je lui murmure un bonne nuit et me tourne sur le côté en fermant mes yeux.
Leur programme du lendemain : journée à la plage !
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre... Tout semble aller un peu mieux pour Clarke et Bellamy donc je pense que vous êtes tous un peu rassurés !
En tout cas merci à tous pour vos reviews, c'est adorable et ça m'aide vraiment à gérer ma vie personnelle. Dès que j'ai un coup de mou, BIM, je lis l'une de vos reviews ! Merci beaucoup et surtout ne vous arrêtez pas !
+ Merci à ceux qui me suivent sur Twitter ! J'adore parler avec vous, c'est génial. J'espère que je ne vous embête pas trop avoir le "racontage de life" ahah ! Et merci à Romane qui m'a fait penser à quelque chose : OUI, on peut téléphoner dans un avion ! Je me suis renseigné et sauf exceptions on peut !
- Amandine.
