Rui n'avait pas encore eu l'occasion de participer à une « mission sauvetage » de la filière héroïque. Depuis qu'elle était arrivée, ils n'avaient encore fait que s'entraîner dans le gymnase Gamma ou au stade d'entraînement lorsque l'un d'eux était pris. Enfin, ce n'était pas une mission sauvetage à proprement parler. Etant donné qu'ils étaient encore mineurs et qu'ils n'avaient toujours pas de licence, ils se contentaient de faire des mises en situation. C'était ainsi les fameuse mission sauvetage de la filière héroïque, qui avait surnommé ce genre d'exercice ainsi pour avoir l'air plus cool, entre guillemets. Ils faisaient en moyenne au moins deux missions par mois, et parfois, cela leur arrivait de bosser ce genre de mise en situation sur le Terrain B. Ils n'auraient le droit de commencer de vrais mission sauvetage, en plein cœur de ville, que l'année prochaine, en deuxième année. Mais cela n'empêchait jamais des inconvénients de venir semer le trouble pendant leur mission ou entraînement. Comme lors du kidnapping de Bakugo. Suzuki n'était, certes, pas encore là lorsqu'il le fut mais Kirishima aimait tellement raconter cette histoire que Rui en connaissait à présent tous les moindres détails.

Ainsi, elle se retrouva, avec tous ses camarades, dans leurs costumes héroïques en plein cœur d'un appartement où il semblait s'être produit un crime des plus horribles avec plein de sang partout, partout. Ouai, bon, ça sentait quand même assez fort le ketchup dans cet appart… Et le cadavre ressemblait quand même étrangement à Monsieur Aizawa lorsqu'il faisait la chenille… Ou du moins, c'était ce que voyait Rui !

Le contexte : la voisine -représenté par le professeur Yamada- venait d'appelé l'agence des héros afin de signaler un crime dans l'appartement d'à côté. Apparemment, elle était partie rechercher son chat -représenté par All Might- dans l'appartement d'à côté lorsqu'elle à vue le corps inerte de Monsieur Unknown -par Monsieur Aizawa- en plein milieu de son salon se vidant de son sang -ketchup-. Du coup, ils étaient en train d'interroger tous les témoins ainsi que les proches du Monsieur le-pauvre-il-est-partit-trop-tôt-amen.

Suzuki se retrouvait donc dans la troisième équipe composée d'elle-même, de Midoriya, d'Uraraka, Bakugo, de Iida, de Todoroki et de Ashido. Rui elle-même ne savait pas pourquoi leur prof principal les avait tous réuni ensemble, l'équipe lui semblant si improbable. Mais il fallait faire avec.

« Dis, Suzuki ? »

La jeune fille se retourna vers la rosée, celle-ci une main devant sa bouche et chuchotant sans discrétion à son encontre. Elle tendit l'oreille en lui lançant une œillade remplie de questions.

« Dis-moi, pourquoi tu portes un costume complètement sombre si ton Alter est celui de la lumière ?

-En fait, commença à expliquer Rui en attrapant un pan de son costume, la matière est spécialement fabriquée pour attraper les rayons de lumière. C'est de l'Hélios*. C'est plus facile de manier mon Alter grâce à cette matière, mais le tissu utilisé n'existe que dans des couleurs sombres pour l'instant, vu que c'est une recherche récente. Ils travaillent sur le moyen d'avoir ce tissu en blanc sans pour autant diminuer l'efficacité du produit, pour ne pas qu'il y ait de différence de puissance d'absorbation de la lumière entre les deux tissus, juste à cause de la couleur. Mais vu que le noir possède des molécules d'absorbation et pas le blanc, ils sont plutôt mal partis pour l'instant.

-Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à maintenant, c'est marrant ! dit-elle avec des yeux pétillants. Et ton nom de code ? Comment tu l'as trouvé ?

-C'est une déesse, avoua-t-elle en haussant les épaules. »

Se faisant réprimander par Bakugo à cause de leurs « bavardages de merde », les deux jeunes filles arrêtèrent de blablater pour se reconcentrer sur la mise en situation qu'ils devaient effectuer. Midoriya et Todoroki avaient fini d'interroger le pire ennemi et le meilleur ami du cadavre et constatèrent avec déception qu'ils avaient tous les deux des alibis. L'un était chez le coiffeur, et l'autre à un voyage d'affaire. Quant à la voisine, c'était elle qui les avait appelés et racontés comment elle avait retrouvé le corps. Cependant, quelque chose clochait, et Midoriya fini par trouver comment s'étaient déroulés les faits ainsi que le coupable en question au bout de quelques minutes de réflexion.

« Madame Neighbour nous a contacté vers quatorze heures, commenta Izuku. Le corps semble encore frais, alors le crime s'est passé il y a peu de temps avant notre arrivé. Madame Neighbour est hors suspect. Elle semblait paniquée au téléphone et n'arrivait pas à parler un bon japonais avec ses mots en anglais. Je vois mal un chat commettre un crime. Son meilleur ami était bien en voyage d'affaire et son pire ennemi chez le coiffeur. »

Tout le monde écoutait Midoriya avec attention, attendant le dénouement de toute cette histoire. Ils savaient tous qu'Izuku était brillant, qu'il comprenait facilement les situations et avait un esprit de déduction assez développé.

« Je suppose que Monsieur Unknown avait une vie compliquée : petit appartement, frigo très peu rempli, vêtements sales, appartement poussiéreux… Il devait avoir des problèmes avec son travail, devait faire des heures supplémentaires et ne gagnait jamais assez. Sa copine venait de le quitter, étant donné qu'il ne reste que très peu de vêtement féminin dans sa chambre. C'est pourquoi tout semble clair : Monsieur Unknown s'est suicidé avant la visite de Madame Neighbour ! »

Alors que Bakugo criait que toute cette histoire était de la « merde », les autres semblaient assez d'accord avec sa version de l'histoire et le dénouement des faits. Ils avaient l'air convaincue par le scénario du vert alors que le blond ne cessait de crier à tout va qu'ils n'étaient pas dans une série policière. Ce fut à ce moment-là que le cadavre de Monsieur Aizawa se réanimer.

« Très beau scénario Midoriya. Cependant, tu sembles ne pas avoir pensé à quelque chose. »

Sans plus attendre, l'enseignant montra du doigt le professeur All Might qui s'enfuyait avec le couteau de la scène de crime en riant diaboliquement, entre guillemets.

« Hein ?! s'écrièrent Mina et Ochako en le voyant s'enfuir sans plus rien comprendre.

-Vous n'avez pas pensé au fait que le chat pouvait simplement être un homme transformé en chat, ou maîtrise l'illusion. Cela était évident que c'était lui, à cause des traces de pattes de chats autour des coups de couteau sur mon corps et sur la manche du couteau. Et vous auriez pu utiliser le reconnaisseur d'empreinte que je vous ai confié au début pour reconnaître les empreintes digitales du criminel.

-Ah, c'était un reconnaisseur d'empreinte ! fit Mina en allongeant son ah. »

Monsieur Aizawa les regarda tour à tour toujours de son regard blasé. Il rassembla tous ses élèves avant qu'ils ne rentrent à Yuei. Ils étaient en plein sur l'autoroute à discuter dans le car quand soudain, une explosion retentit devant eux. Ils la manquèrent de peu alors que le conducteur freinait d'un coup sec, faisant déraper le véhicule. La panique les prit aux tripes avant qu'ils ne se calment sous les conseils de leurs profs. Rui sortit du véhicule la première, observant ce qui se passait autour d'eux. Devant elle, un vilain détruisait la route et ne se gênait pas pour massacrer tout ce qui se trouvait dessus. Elle regardait avec effroi le vilain faire valser à l'autre bout de la route d'un revers de la main des voitures, des camions, des gens… L'homme devant elle semblait contrôler le vent. Son cerveau se mit à marcher à toutes vitesses alors qu'All Might criait aux lycéens de se mettre à l'abri, tous les civils ayant déjà quitté les alentours. C'était ce genre d'inconvénients qui survenaient fréquemment pour la filière héroïque.

Le souffle de Rui se mit à accélérer et, sans s'en rendre compte, ses poings se serrèrent jusqu'à rendre ses jointures blanches. Rui ne voulait pas devenir héroïne. Elle était entrée à Yuei pour son père. Pourtant, elle ne croyait pas en leurs idéaux. Elle ne croyait pas aux héros, ni aux vilains. Mais elle n'était pas inhumaine. Ça, c'était de la violence gratuite, pure. C'était la perversité humaine, l'égoïsme noire. Elle ne pouvait pas rester sans rien faire lorsqu'elle savait qu'elle pouvait aider.

Une main s'abattit sur son épaule. Elle se crispa à ce contact et tourna la tête pour fusiller ce quelqu'un de ses yeux argentés. En tombant sur les prunelles aussi frustrées qu'elle du jeune Todoroki, la jeune fille se calma et se mordit l'intérieur de la joue. L'adolescente attrapa la manche de son costume et la serra entre sa main.

Son cœur battait à une vitesse incontrôlable tandis qu'elle regardait le combat acharné des héros devant ses yeux. Soudain, alors que les adultes étaient trop occupés à essayer de neutraliser le criminel, ils ne virent pas celui-ci amorcer un geste violent envers une enfant semblant avoir cinq ans derrière eux. Suzuki suivit toute la scène. Elle vit horreur la petite s'envoler et monter au moins cinq mètres au-dessus du sol. Paniquée, le sang bouillant dans les veines, Rui s'élança vers l'enfant en hurlant à en perdre les poumons :

« Attention ! »

La noirâtre se matérialisa pour se retrouver à deux mètres du sol, rattrapant la petite en plein vol et la serrant entre ses bras, le cœur battant dans sa poitrine. Elle regarda l'enfant, cette dernière en pleurs, se serrer contre elle, complètement apeurée. Une bourrasque de vent l'emporta soudainement, mais Rui garda tout de même fortement la petite fille entre ses bras, atterrissant violement sur le sol. Son dos la brûlait violemment sous l'impact de son atterrissage brutal. Elle tentait de calmer l'enfant dans ses bras, en vain. La petite ressentait beaucoup trop le danger de leur situation. Rui releva la tête et fixa le vilain qui semblait furieux. Elle le vit soudainement amorcer un geste vers elles et ferma les yeux, attendant l'impact de la bourrasque de vent qui arrivait. Cependant, elle ne sentit aucun coup de vent et en rouvrant les yeux, elle vit devant elle Todoroki, la regardant avec inquiétude, ayant fait apparaître un mur de glace devant eux. Sous son regard éberluée, Shoto s'accroupit face à elle et attrapa Suzuki par les bras, visiblement beaucoup trop tourmenté pour elle. Et la petite bien sûr.

« Tout va bien ? ne réussit-il qu'à articuler sous la force de son inquiétude. »

Sa voix bloquée au fond de sa gorge, incapable de sortir un seul son, Rui ne put qu'acquiescer de la tête, toujours surprise. Le jeune homme poussa un soupir de soulagement et observa l'enfant dans les bras de sa camarade. Elle semblait vraisemblablement n'avoir aucune blessure au contraire de celle qui la protégeait de ses bras. Elle semblait juste effrayée et se recroquevillait contre sa sauveuse comme si sa vie en dépendant.

La jeune lycéenne reposa son regard sur la petite dans ses bras et poussa un petit soupir discret en caressant les cheveux de l'enfant. Elle se mit ensuite à lui chuchoter des mots rassurants qui eurent le don de calmer la petite. Shoto les regarda attendri. Apparemment, Rui semblait à l'aise avec les enfants et ça le rassurait en quelques sortes. Lui, au contraire, n'était pas du tout à l'aise avec les plus jeunes.

C'est au bout de quelques minutes de combat acharné que les plus âgés réussirent aussi bien que mal à neutraliser ce vilain. Rui et Shoto sortirent ensuite finalement de leur cachette, l'enfant toujours entre les bras de la jeune lycéenne. La mère de la petite arriva soudainement vers eux, affolée et rassurée à la fois. Elle reprit son enfant dans ses bras, l'embrassant, la câlinant, plus rassurée que jamais sous les yeux soulagés et attendris des deux apprentis héros. La mère les remercia du fond du cœur avant de s'empresser de les ramener chez elles après cette situation aussi éprouvante pour l'une que pour l'autre.

Enfin, les deux amis retournèrent auprès de leur classe qui les attendait avec impatience et admiration. Ils finirent par retourner à Yuei, où ils purent continuer leurs cours après cet inconvénient aussi imprévu que violent, bien que tous assez étreintes.


* Ce genre de tissus n'existe absolument pas (même si je suppose que vous vous en doutiez), et c'est aussi une référence au dieu du soleil dans la mythologie grecque.

Bonjour, bonsoir tout le monde !

J'espère que vous allez bien et que tout se passe bien pour vous ! Et voilà, un chapitre sur les cours que pourrait donner les professeurs aux élèves. J'ai voulue mettre une scène de combat à la fin, mais je ne suis pas très douée pour ça alors veuillez pardonner mon inexpérience !

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous aura plu ! Je reviens demain et après-demain pour d'autres chapitres ! Comme je me suis bien avancé de mon côté, je me suis dit pourquoi pas vous en offrir trois ! :)

Sur ce, je vous souhaite tout le bonheur du monde !

Bien à vous,

Motaku.