ÂMES SŒURS
- Depuis Thomas More, on caractérise l'utopie par sa dimension politique ou sociale, comme une communauté d'homme. Il a fondé une définition de ce terme dans un livre intitulé De optimo reipublicae statu deque nova insula utopia. Il part d'une critique de la société dans laquelle il vit. Il va imaginer ce que serait la ville idéale. Le désir d'utopie prend sa source dans le rejet du réel ainsi que dans l'insatisfaction face au réel, dans…
Clarke tape à toute vitesse son cours de littérature comparée sur son ordinateur. Elle entend Harper écrire très vite sur sa feuille, ce qui la fait sourire. Harper a choisi de ne pas acheter d'ordinateur pour leur Licence 3 de Littérature, donc elle en paye le prix fort : elle a très mal à la main.
- Clarke, c'est quoi la dernière phrase ? demande Harper en regardant sur l'écran d'ordinateur de Clarke.
- Je crois que c'était « Harper doit acheter un ordinateur ».
- Ah ! Très drôle.
Clarke sourit et tourne son écran vers Harper pour qu'elle puisse écrire. Clarke continue à taper son cours en soupirant. La professeur n'a pas l'air d'avoir l'impression d'aller trop vite puisqu'elle continue, à toute vitesse, comme si les étudiants n'étaient pas perdus. La porte de l'amphithéâtre s'ouvre une seconde, et Harper bouscule Clarke du coude.
- Regarde ! Je ne l'avais jamais vu avant. Il est mignon !
Clarke lève rapidement les yeux pour regarder l'homme dont Harper parle et esquisse un sourire. Elle sait que Harper est attirée physiquement par les asiatiques donc, effectivement, il est très mignon pour elle. Clarke rit lorsqu'elle voit le regard de sa meilleure amie s'attarder sur le nouvel étudiant durant plusieurs secondes.
- Ferme la bouche, tu vas baver.
- Il est vraiment mignon.
Harper reprend au bout d'un moment son cours, en essayant d'oublier celui qui vient d'entrer. Les filles se dirigent vers la cafétéria sur le temps du midi quelques heures plus tard.
- Harper, arrête de me parler de lui et va le voir !
- Tu plaisantes ? Je serais trop gênée, puis si ce n'est pas mon âme sœur…
- Va le toucher, tu en auras le cœur net.
Elles prennent toutes les deux leur plateaux et mettent de la nourriture sur celui-ci, en faisant un choix. Elles partent vers les tables et regardent autour d'elle. Clarke mord sa lèvre en voyant le nouvel élève vers le fond, seul. Elle dit à Harper de la suivre et s'y dirige. Clarke pose son plateau devant lui.
- Est-ce que ça t'embête qu'on se mette ici ? demande-t-elle. On t'a vu dans notre cours aujourd'hui. Tu es nouveau, pas vrai ?
- Oui vous pouvez ! répond-il avec un sourire. Je m'appelle Monty, et vous ?
Clarke se présente et dit également le prénom de Harper, qui n'a pas décroché un mot depuis le début de la conversation. Harper s'assoit à côté de Monty et reste droite dans son siège, ce qui exaspère déjà Clarke.
- Alors, la littérature ? dit Clarke. Tu as aimé le cours ?
- La prof parlait beaucoup trop vite pour moi, mais sinon ça va… Je vais le supporter. Je vais devoir m'acheter un ordinateur, par contre…
- Moi aussi, dit finalement Harper. Je pense qu'on ne va pas avoir le choix pour cette année…
Harper tend le bras pour prendre le pichet d'eau devant elle, mais Monty semble avoir la même idée puisqu'il tend sa main également. Leur peau se touche alors, et des étincelles en jaillissent. Clarke écarquille les yeux tandis que Harper et Monty retirent leurs mains, la bouche en rond.
- Je… J'ai bien vu ce que j'ai vu ? demande Harper.
Monty tend sa main vers elle et la touche à nouveau. De nouvelles étincelles apparaissent entre leurs mains, jusqu'à ce qu'elles se résorbent. Harper commence à sourire en plongeant ses yeux dans ceux de Monty. Elle vient de trouver son âme-sœur.
Clarke avale sa salive alors que Monty et Harper commencent à discuter de ce qui vient de se passer. Elle joue avec sa fourchette en regardant son assiette. Cette histoire d'âme sœur l'embête réellement. Elle ne l'a toujours pas trouvé, c'est surtout ça… Lorsqu'on touche son âme-sœur, quelque chose se passe, on acquiert des pouvoirs au hasard. Monty et Harper vont créer des étincelles, d'autres peuvent émettre du feu, de l'eau, de la glace… Tout et n'importe quoi ! Clarke espère trouver rapidement son âme sœur, déjà parce qu'elle se sent seule, et surtout parce qu'elle veut savoir le pouvoir qu'elle aura par la suite…
- On devrait aller prendre un café un de ces jours, dit finalement Harper en souriant. Enfin, si ça te tente.
- Quand tu veux.
Clarke prend une gorgée de son verre d'eau et pianote sur son portable avec son autre main. Monty et Harper commencent à discuter, en l'ignorant. C'est tout à fait normal, bien sûr. Les liens entre les âmes sœurs sont spéciaux, donc elle ne leur en veut pas. Elle fera probablement la même chose, elle aussi…
[…]
Clarke avance aux côtés de ses amis, en regardant le feu de camp au loin se rapprocher d'elle. Elle plante ses mains dans les poches de sa veste en écoutant Harper et Raven à côté d'elle parler de leur âme sœur.
- C'est cool de maîtriser des étincelles, dit Raven à Harper.
- Tu parles… Ça ne sert à rien à part allumer une bougie.
- Et moi tu crois que c'est mieux ?
Clarke étouffe un éclat de rire en entendant la phrase de Raven. Effectivement, elle n'a pas le meilleur pouvoir du monde… Son pouvoir contrôle la mécanique. Dès qu'elle touche une pièce de métal, elle sait immédiatement comment la réparer. C'est sûr que ce n'est pas utile dans la vie de tous les jours, mais au moins elle n'aura pas de problème de plomberie plus tard…
- Les garçons sont là-bas, on y va ? demande Raven. On va aller prendre des boissons ?
- Allez-y sans moi, je vais continuer à regarder le feu de camp, répond Clarke.
- Est-ce que tu aurais de la monnaie ? demande à son tour Harper. J'ai oublié mon portefeuille dans mon sac.
Clarke acquiesce en sortant le sien et en leur filant un billet. Les filles s'éloignent et partent retrouver leur petit ami. Clarke sourit en glissant son portefeuille dans sa poche arrière de jean. Elle est heureuse de voir ses amies remplies de joie. Clarke sursaute alors qu'elle est perdue dans ses pensées lorsqu'elle voit un groupe de garçon au loin jeter des canettes dans le feu et rire.
- Quels abrutis… murmure Clarke en secouant la tête.
- C'est vrai, répond une voix à côté d'elle. Je n'arrive pas à croire qu'ils soient mes amis.
Clarke tourne rapidement la tête sur le côté et regarde le profil de l'homme à côté d'elle. Celui-ci la regarde avec un sourire au coin des lèvres.
- Je m'appelle Bellamy, dit-il. Et je connais ces gens, malheureusement.
- Clarke, répond-elle. On choisit ses amis, pourtant…
- Ils sont cools en dehors de cette soirée, je le jure.
Bellamy continue à lui sourire alors qu'elle secoue la tête en riant. Clarke regarde devant elle le feu de camp en sentant les yeux de Bellamy sur elle.
- Et toi ? demande-t-il finalement. Où sont tes amis ?
- La blonde et la brune là-bas, montre-t-elle du doigt. Elles s'éclatent avec leurs âmes sœurs.
- Ah, les âme-sœurs…
Bellamy regarde devant lui en secouant la tête. Clarke le fixe du coin de l'œil. Elle se demande s'il sait qui est son âme-sœur, vu sa réaction.
- Quoi ? demande-t-elle finalement. Bellamy ne croit pas à cette histoire d'âme-sœur ?
- Oh si, j'y crois. On en a même la preuve, vu tous les pouvoirs sur cette terre. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'on s'entend bien avec la personne.
- C'est le but, répond Clarke. C'est comme si on était destiné à une personne.
Bellamy hausse les épaules en continuant à dire qu'il n'y croit pas. Clarke ne dit rien de plus et laisse ses mains dans ses poches, en fixant les flammes du feu de camp. Cet endroit est vraiment relaxant.
- Je vais aller me chercher une boisson, je te laisse, dit finalement Bellamy. J'ai été ravi de te rencontrer.
- Moi de même.
Clarke lui sourit un peu alors qu'il s'éloigne d'elle et part à l'opposé du feu de camp. Clarke pousse un léger soupir avant de mettre ses mains dans ses poches arrière de pantalon. Elle fronce les sourcils lorsqu'elle ne sent pas son portefeuille sous ses doigts. Elle se tourne rapidement et voit le dos de la veste de Bellamy au loin. C'est lui, ça ne peut être que lui. Clarke commence à courir dans sa direction. Il ne semble pas s'apercevoir de sa présence, mais il a le pas très rapide. Clarke tourne dans une allée sombre à sa suite et crie.
- HÉ !
Bellamy tourne finalement la tête vers elle alors qu'elle court vers lui. Clarke tend son bras et attrape celui de Bellamy. Un bruit d'explosion retentit alors qu'ils sont tous les deux violemment jetés en arrière. Clarke gémit en relevant la tête et en s'asseyant. Elle regarde Bellamy.
- Qu'est-ce que tu m'as fait ? demande-t-elle.
- Comment ça qu'est-ce que je t'ai fait ? C'est toi qui m'a touché, c'est toi qui m'a envoyé valser !
- Mais c'est impossible, je n'ai pas de pouvoir, je n'ai pas d'âme-sœur, comment est-ce que…
- Clarke, ta… ta main.
Clarke fronce les sourcils en regardant Bellamy avant de baisser les yeux vers sa main droite. Une petite lumière blanche s'échappe de celle-ci, et elle ne sait pas pourquoi. Bellamy laisse échapper un petit cri de surprise en regardant sa main. Contrairement à Clarke, c'est une fumée noire qui en jaillit.
- Nous sommes des âmes sœurs, murmure Clarke.
- Quoi ? Non, ce n'est pas… Non.
Bellamy continue à la regarder. Clarke se relève finalement, tandis qu'il fait la même chose de son côté. Ils s'approchent l'un de l'autre. Clarke tend le bras, paume en avant. Bellamy tend le sien. La fumée noire de Bellamy commence à danser avec la lumière blanche de Clarke. Cette dernière attend un petit moment, avant d'avancer sa main pour toucher Bellamy. Ils poussent alors tous les deux un cri en sentant une douleur dans leur bras, qui les force à reculer.
- On… On ne peut pas se toucher, dit finalement Clarke.
- Des âmes sœurs qui ne peuvent pas se toucher ? répond Bellamy. À quel point est-ce qu'on est maudits ?
Clarke mord sa lèvre en le regardant. Bellamy attend une petite seconde, avant de sortir le portefeuille de Clarke de sa poche arrière. Clarke tend la main et le prend rapidement.
- Heureusement que nous sommes âmes-sœurs, dit-elle finalement. Je ne l'aurais jamais retrouvé, sinon.
- Je suis désolé, dit-il. J'ai… J'ai des problèmes d'argent en ce moment et j'ai…
- Tu as décidé de me séduire pour arriver à tes fins, finit-elle à sa place. C'est bon, ça va.
- Te séduire ?
Bellamy hausse un sourcil dans sa direction, comme s'il ne comprenait pas pourquoi elle disait ça. Clarke secoue la tête en riant.
- Arrête, dit-elle. Je pense que tu sais très bien le charme que tu exerces autour de toi.
- Pas vraiment, murmure-t-il.
- Tu es beau. Tu séduis rien qu'en parlant.
- Tu dis peut-être ça parce que je suis ton âme-sœur. Crois-moi ou non, je me sens également séduis par toi en ce moment-même.
Clarke se sent rougir alors qu'il dit ces mots. Bellamy a peut-être raison. Elle sent de la chaleur dans le creux de son estomac rien qu'en le regardant. Normalement ça n'arrive jamais, même si la personne devant elle lui plaît. Cette histoire d'âme-sœur commence à être de plus en plus réelle…
- Clarke !
Harper crie le nom de son amie au loin. Clarke tourne son visage, avant de regarder Bellamy.
- Il faut que j'y aille, murmure-t-elle.
- D'accord. Bonne soirée.
- Toi aussi.
Ils se regardent quelques secondes de plus, avant de tourner les talons. Clarke ferme les yeux en avançant. Ils auraient pu échanger leur numéro de téléphone, mais cette histoire de pouvoir qui se repousse rend les choses beaucoup trop compliqué. C'est peut-être mieux ainsi. Au moins ils savent qu'ils ont une âme-sœur quelque part dans ce monde.
[…]
- Clarke, la lumière !
- Désolée !
Clarke passe sa main sous le plaid en soupirant. Cela fait quelques semaines qu'elle a ce pouvoir, et elle ne le contrôle toujours pas. Désormais, une lueur blanche apparait à n'importe quelle heure de la journée. Elle a failli devenir aveugle lorsque cela s'est produit la nuit, sa main près de ses yeux.
- Je hais ce pouvoir, commence-t-elle à chouiner. Il ne me sert à rien !
- C'est faux, rétorque Harper. La nuit, au camping, on n'aura pas besoin de lampe torche grâce à toi !
Clarke pousse un grognement d'énervement et lance le coussin vers Harper. Le coussin s'écrase contre le mur, mais ne retombe pas. Harper fronce les sourcils.
- Qu'est-ce que…
Harper s'approche du coussin. Clarke ouvre grand la bouche en voyant Harper retirer quelque chose de ce coussin, alors qu'il s'écrase enfin sur le sol. Harper s'approche de Clarke et lui montre ce qu'elle tient dans sa main : un poignard d'un blanc éclatant. Clarke tend une main tremblante et le touche, avant qu'il ne s'évanouisse soudainement.
- Je ne comprends pas, murmure-t-elle.
- Tu peux créer des poignards avec ta lumière, lui répond Harper. Réessaye !
Clarke attend une seconde, avant de tendre la main et fermer les yeux. Elle se concentre au maximum, et sent finalement quelque chose de lourd dans sa paume de main. Elle ouvre les paupières et commence à sourire en voyant une lame entre ses doigts. Elle la serre.
- Tu peux te défendre grâce à ton pouvoir, dit finalement Harper en souriant.
- Je ne sais pas si ça va servir à quelque chose, mais ça reste cool, pas vrai ?
Harper hoche la tête en souriant. Les filles s'exercent pendant une bonne demi-heure en riant à chaque fois que ça arrive, tellement cela parait soudain. Monty arrive finalement au bout d'un moment et fronce les sourcils en les voyant.
- Vous n'êtes pas prêtes ? demande-t-il.
- Regarde les pouvoirs de Clarke ! s'écrit Harper.
- Prêtes pour quoi ? demande Clarke.
- On va au feu de camp ce soir.
- Encore ?
Clarke soupire en voyant Harper lui fait un sourire confiant. Cela fait quatre semaines que Monty et Harper la forcent à aller au feu de camp toutes les semaines, au cas où elle recroiserait Bellamy. C'est vrai qu'elle aimerait le revoir, mais en même temps… À quoi est-ce que cela servirait ? Ils ne peuvent même pas s'approcher. Puis, il a quand même essayé de la voler…
- Vous êtes sûrs ? demande Clarke. Je n'ai pas envie ce soir, s'il vous plait…
- On fait ça pour toi, Clarke, répond Monty. Si tu ne veux pas y aller, on n'y va pas. On veut juste que tu trouves ce qu'on a trouvé, Harper et moi. Ça… Ça vaut vraiment le coup. Je te le promets.
Harper sourit tendrement à son petit ami. Clarke mord sa lèvre quelques secondes avant de soupirer et se lever du canapé, en acceptant. Elle file dans sa chambre et enfile un jean taille haute, avec un chemisier blanc. Elle met son blazer noir par-dessus et retourne dans le salon.
- C'est parti.
Monty sourit et sort de l'appartement, les filles sur ses talons. Ils conduisent tous ensemble et ne voit pas le temps filer, tant Monty est surpris de ce que Clarke lui dit à propos de ses pouvoirs.
- Des poignards ? Vraiment ?
- Regarde.
Clarke se concentre quelques secondes, alors qu'un poignard apparait dans sa main. Monty écarquille les yeux en disant que c'est génial, ce qui fait rire Clarke. C'est vrai qu'elle n'aura plus jamais à avoir peur maintenant, lorsqu'elle croisera des gens dans des allées sombres… Elle peut se défendre.
Ils arrivent au feu de camp au bout d'une quinzaine de minutes, et se garent juste à côté. Clarke met ses mains dans ses poches en marchant à côté de ses amis. Ils ont déjà fait trois feux de camps ensemble, et toujours aucune trace de Bellamy, donc Clarke sait qu'elle ne le verra pas ce soir. Bellamy les évite peut-être pour ne pas la voir, d'ailleurs. Il a dû être déçu.
- Rappelle-moi à quoi il ressemble, lui demande Harper.
- Grand, brun, beau.
- Tu es juste en train de décrire Monty, avoue-le.
- Non. J'aurais dit petit, coupe au bol, mouais.
- Hé ! s'exclame Monty en lui donnant un petit coup d'épaule.
Clarke éclate de rire aux côtés de Harper. Elle se fige finalement en croisant au loin le regard de Bellamy. Celui-ci semble s'être figé également, puisque son ami est toujours en train de lui parler à côté de lui.
- Il est là, murmure Clarke à Harper.
- Qui ?
- La raison de notre venue ! Suis un peu pour une fois !
Harper tourne rapidement son visage dans la direction que lui montre Clarke.
- Il est canon, dit-elle.
- Je sais.
- On te laisse.
- Quoi ?
Harper attrape le bras de Monty et part avec lui, laissant Clarke toute seule. Celle-ci ne bouge pas, elle reste debout, à regarder Bellamy. Ce dernier dit finalement quelque chose à son ami, qui s'en va. Bellamy s'approche de Clarke en croisant les bras et en lui souriant.
- J'aimerais bien te serrer la main, mais je ne voudrais pas te blesser…
- Et te blesser par la même occasion.
Bellamy rit légèrement en hochant la tête. Clarke doit mettre ses mains dans ses poches arrière de jean pour ne pas tendre les bras et le toucher. Maintenant qu'elle sait qu'il est son âme-sœur et qu'ils ne peuvent pas se toucher, cela devient plus compliqué pour elle. Elle aimerait voir s'ils ressentent ce que les autres ressentent en se touchant : du désir, de la passion, de la folie, de l'amour.
- À quoi est-ce que tu penses ? demande Bellamy.
- J'aimerais te toucher, murmure-t-elle.
Il ne répond rien, il sourit juste. Il s'approche lentement d'elle, jusqu'à se retrouver à deux pas devant. Clarke doit lever la tête pour le regarder dans les yeux. Bellamy se penche un peu vers elle, jusqu'à ce que leurs visages soient très près l'un de l'autre.
- Moi aussi, dit-il.
- Ce n'est pas juste, dit finalement Clarke en soupirant.
- Nous sommes uniques.
Clarke soupire une nouvelle fois en se tournant vers le feu de camp. Elle a besoin de regarder autre chose que Bellamy, parce que sinon elle risque de faire des bêtises… Comme oublier le fait qu'ils ne doivent pas se toucher, par exemple. Ce serait bête de provoquer une soudaine explosion au milieu de tout le monde.
- Puisqu'on ne peut pas se toucher, on peut parler, dit-il. Pourquoi est-ce que tu es ici ce soir ?
- J'ai fait quatre feux de camp en quatre semaines pour te trouver. Et toi ?
- Moi aussi, soupire-t-il.
- Super, on est bien avancés.
Ils regardent devant eux, sans rien dire. Ils savent qu'ils sont tous les deux frustrés de ne pouvoir rien faire. Stupides pouvoirs.
- Tu es à l'université ? demande Bellamy.
- Oui, en troisième année de Lettres. Et toi ?
- Je travaille pour subvenir aux besoins de ma sœur.
- Et tu voles aussi.
- C'est très rare. Je ne le fais qu'aux jolies filles.
Clarke lève les yeux au ciel en entendant cette phrase. Elle sent les yeux de Bellamy sur elle mais elle ne veut pas le regarder. Elle n'aurait peut-être pas dû parler de ça, mais ça reste quelque chose d'important qui la concerne, au final…
- Pourquoi ? demande-t-elle.
- Je te l'ai dit. Ma sœur…
- Tu travailles, pourtant ?
- C'est devenu une habitude que j'avais perdu, mais quand je t'ai vue si jolie, si princesse… Tu étais une cible facile.
- Je suis tout sauf une princesse, crois-moi.
Bellamy ne dit rien de plus. Clarke lève la tête vers lui lorsqu'il racle sa gorge.
- J'aimerais te montrer quelque chose, lui dit-il.
Clarke hoche la tête. Bellamy commence à partir à l'opposé du feu de camp, et Clarke le suit. Elle lui fait confiance, même s'ils s'arrêtent dans une allée sombre, à cinq minutes de l'endroit où ils étaient. Bellamy reste devant elle, alors qu'elle hausse un sourcil.
- Tu me regardes ?
Clarke rit en acquiesçant. Bellamy reste debout et, tout à coup, disparait en fumée noire. Clarke recule d'un pas, tandis que la fumée noire s'évanouit devant elle. Elle tourne la tête tout autour d'elle. Elle sent son cœur battre fortement dans sa poitrine. Clarke appelle le prénom de Bellamy, jusqu'à ce qu'elle sente un souffle chaud sur sa nuque.
- Bouh, dit-il.
Clarke se retourne subitement en reculant d'un pas. Bellamy sourit, les mains dans les poches.
- Plutôt cool, pas vrai ?
- Tu peux te transporter d'un endroit à un autre ?
- Exact. C'est très utile, en tout cas.
- Plus que moi… marmonne-t-elle.
Bellamy lève un sourcil, comme pour lui dire qu'il ne comprend pas pourquoi elle dit ça. Clarke soupire et tend le bras, paume en avant. De la lumière jaillit de sa main et forme lentement un poignard. Clarke le serre entre ses doigts et le tend à Bellamy. Ce dernier le prend entre ses doigts, comme fasciné par la lumière qui dégage de l'arme. L'objet se désintègre finalement dans sa main.
- Je ne sais vraiment pas à quoi ce pouvoir va me servir mais au moins j'ai quelque chose, lui dit Clarke.
- Ça nous fait quelque chose en commun, répond Bellamy.
- Seulement une ?
Clarke sourit alors que Bellamy baisse la tête en rougissant devant elle.
- Bellamy !
Bellamy tourne rapidement la tête en voyant son ami au loin l'appeler. Il met ses mains dans ses poches en regardant Clarke.
- Cette fois-ci c'est moi qui dois y aller.
- D'accord, répond-elle. Est-ce qu'on devrait…
- S'échanger nos numéros de téléphone ? Complètement.
Clarke sourit alors que Bellamy sort son téléphone. Il note le numéro de Clarke et lui fait un clin d'œil.
- Ça ne te dérange pas que je l'enregistre sous le prénom princesse ?
- Donne-moi ton téléphone. Je vais te trouver un meilleur surnom.
Bellamy hausse un sourcil en tendant son téléphone vers elle. Clarke prend le portable entre ses doigts en faisant attention de ne pas toucher la peau de Bellamy, pour ne pas être éjectée en arrière. Elle note son numéro sous un nom qu'elle choisit en mordant sa lèvre. Elle quitte finalement l'application des contacts et lui tend à nouveau.
- Tu chercheras, dit-elle. Tu me trouveras facilement.
Clarke lui fait un dernier sourire avant de passer à côté de lui et partir. Elle ferme les yeux tout en marchant. Elle s'est enregistrée dans son portable sous le nom « Mon âme-sœur ».
[…]
Bellamy B. : « Miller vient de trouver son âme-sœur… »
Clarke G. : « Oh ! Comment est-ce qu'il s'appelle ? »
Bellamy B. : « Jackson, et il est médecin. »
Clarke G. : « Quels pouvoirs est-ce qu'ils ont ? »
Bellamy B. : « Mieux que nous. »
Clarke G. : « En même temps, comment faire pire… »
Bellamy B. : « Ils peuvent lire dans les pensées de l'un et de l'autre. »
Clarke G. : « Oh ! En fait c'est PIRE ! Quelle horreur… Je préfère ne pas te toucher qu'être dans ta tête tous les jours… »
Bellamy B. : « Merci princesse, ça me touche. »
Clarke G. : « Ah ! Mon compliment te touche, mais pas moi malheureusement… »
Bellamy B. : « Je te déteste. »
[…]
Clarke G. : « Je suis devant chez toi, est-ce que je dois frapper ? Ta sœur est là ? »
Clarke G. : « Bellamy ? »
Clarke attend quelques secondes avant de prendre une grande inspiration et frapper trois coups contre la porte. Une adolescente brune ouvre la porte et fronce les sourcils en voyant Clarke devant elle.
- Oui ? dit-elle.
- Bonjour. Tu dois être Octavia, c'est ça ? Je m'appelle Clarke, je suis…
- L'âme sœur de Bellamy !
Octavia se précipite en avant et prend tout à coup Clarke dans ses bras. Celle-ci écarquille les yeux et lui rend son étreinte au bout de quelques secondes, encore choquée par le comportement de la jeune sœur de Bellamy. Octavia se sépare d'elle et lui dit d'entrer. Clarke est déjà venue une fois dans l'appartement de Bellamy, mais c'est la première fois qu'elle rencontre Octavia. C'est assez déstabilisant.
- Je suis heureuse de te rencontrer, lui dit Octavia. Bellamy me parle tous les jours de toi, ça commence à devenir lassant. J'avais vraiment envie de savoir à quoi tu ressemblais.
- Moi aussi, murmure Clarke.
- Clarke ?
Clarke tourne sa tête lorsqu'elle voit Bellamy entrer dans la pièce, les cheveux mouillés. Il était probablement en train de se doucher. Clarke lui fait un sourire auquel il répond. Octavia pose son bras sur les épaules de Clarke.
- Regarde Bellamy, j'arrive à la toucher.
- Ça c'est juste cruel, Octavia.
Octavia rit en enlevant son bras des épaules de Clarke. Elle les laisse finalement tranquille en partant dans la chambre de Bellamy. Ce dernier tend son bras et approche sa main de la joue de Clarke, alors qu'elle soupire. C'est ce qu'ils font depuis deux mois déjà. Ils se voient, ils se parlent, ils rigolent, mais ils ne peuvent toujours pas se toucher. Ils font semblant. C'est tout ce qu'ils peuvent faire.
- Donc tu as rencontré ma petite sœur… murmure Bellamy.
- Elle a l'air très sympathique, répond Clarke. Vous vous ressemblez énormément.
Bellamy hausse les épaules.
- Elle… Elle m'a enlacée lorsque je suis entrée, lui dit Clarke.
- La chance.
- Elle m'a dit que tu parlais de moi tous les jours ?
Bellamy commence à rougir en détournant la tête tandis que Clarke rit en le voyant si embarrassé devant elle. Clarke s'assoit finalement dans le canapé en prenant la télécommande et en choisissant une chaine de télévision.
- Mets-toi à l'aise surtout, lui dit Bellamy.
- Déjà fait.
Clarke met une chaine de cuisine. Bellamy s'assoit finalement à côté d'elle sur le canapé, en basculant sa tête sur le dossier. Clarke tourne le visage vers lui et sourit. Même s'ils ne peuvent pas se toucher, ils ne peuvent pas rester loin de l'autre. C'est devenu leur malédiction, mais maintenant c'est trop tard.
[…]
Bellamy B. : « Ton cours est interminable. »
Clarke G. : « Le prof a bientôt terminé, patience. »
Bellamy B. : « Ça fait vingt et un an que je t'attends. »
Clarke lève les yeux au ciel en voyant le message de Bellamy. Pourtant, elle sait qu'elle est en train de rougir. Le professeur termine finalement son cours et elle se lève pour ranger ses affaires.
- Pourquoi est-ce que tu ranges aussi vite ? demande Harper.
- Bellamy m'attend.
- Oh, alors si Bellamy t'attend…
Clarke commence à rire avant de mettre son sac sur son épaule et dire au revoir à Harper. Elle sort de la salle de classe et sourit en voyant Bellamy appuyé contre le mur d'en face. Clarke tourne le visage alors qu'elle entend l'une de ses camarades parler de lui, notamment de sa beauté. Elle s'approche de Bellamy en haussant un sourcil.
- Je déteste les filles qui viennent de passer, dit-elle.
- Bonjour à toi aussi.
- « Oh qu'est-ce qu'il est beau ! » continue-t-elle en les imitant. Ouais il est peut-être beau mais c'est le mien.
- Tu as fini ?
Bellamy s'approche de Clarke et approche sa main de sa joue, comme à son habitude. Clarke ferme les yeux une seconde, avant de soupirer. Ça devient long. Très long.
- Allez on y va, dit finalement Clarke.
Bellamy hoche la tête avant de se mettre à côté d'elle et commence à marcher. Il lui demande comment son cours s'est passé, et elle lui explique tout de A à Z. Ils se connaissent par cœur, désormais. Ils se parlent tous les jours, par message ou au téléphone. Il est déjà venu chez elle, mais tout ce qu'ils font c'est jouer à Mario Kart. Ils ne peuvent rien faire d'autre, et ce n'est pas l'envie qui leur manque…
Clarke pousse la porte de son appartement. Bellamy enlève sa veste et s'assoit sur le canapé, en prenant une manette de Nintendo Switch.
- Tu veux faire quoi ? demande-t-il en regardant les jeux.
- Je veux faire l'amour avec toi, gémit-elle en s'asseyant à côté de lui.
- D'accord, mais à part ça ?
Clarke soupire en collant son front contre le dos du canapé. Elle regarde Bellamy, qui observe tous les jeux qu'elle possède. Clarke attend quelques secondes, avant de tendre le bras, l'index en avant. Elle approche un peu de lui, avant de toucher son épaule. Clarke pousse un cri lorsqu'elle est propulsée de l'autre côté du canapé. Bellamy écarquille les yeux en la regardant. Il a aussi été projeté.
- Clarke ! s'exclame-t-il.
- Je suis désolée ! Je voulais juste… Je voulais…
- On ne peut pas, soupire-t-il.
- Je le sais !
La jeune femme se lève du canapé et part dans sa cuisine. Elle pose ses mains sur son plan de travail en fermant les yeux et en essayant de respirer. Pourtant, elle sent des larmes couler de ses yeux. Clarke les essuie les unes après les autres. Bellamy arrive finalement dans la cuisine, et s'appuie contre l'un des murs.
- Qu'est-ce que j'aimerais te prendre dans mes bras, murmure-t-il.
- Et moi donc.
Clarke passe à côté de lui et retourne dans le salon, en s'asseyant dans le canapé. Elle essuie toutes ses larmes et se calme. Bellamy revient au bout d'une bonne minute avec plusieurs gros plaids dans les bras.
- Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-elle.
- J'essaye des trucs.
La jeune femme fronce les sourcils alors que Bellamy lui dit de s'allonger, ce qu'elle fait. Il dépose un plaid sur elle et tend l'index dans sa direction, en la touchant à travers. Clarke gémit de déplaisir lorsqu'elle sent un courant la parcourir lorsqu'il fait ça.
- Bellamy !
- Attends !
Il dépose un autre plaid sur elle et retente l'expérience. Clarke sent une nouvelle fois un courant, mais beaucoup moins fort qu'avant. Bellamy dépose un autre plaid et tend l'index. Clarke fronce les sourcils.
- Rien, dit-elle.
- Je vais essayer avec la main entière.
Clarke hoche la tête alors qu'il tend le bras et pose sa main sur elle, en appuyant. Elle ne sent toujours rien. Bellamy commence alors à sourire.
- Je sais que ce ne sera pas aussi bien que sans ces plaids mais…
- C'est déjà très bien !
Bellamy sourit avant de s'assoir sur le canapé et se coucher à côté d'elle. Le plaid la recouvre de la poitrine jusqu'aux pieds.
- Ne me touche pas, surtout, dit-il. Laisse-moi faire.
Clarke ne répond pas. Elle retient son souffle lorsque Bellamy passe son bras autour de son corps, et le pose en travers de sa taille. Il enfonce finalement son visage contre son ventre, en prenant une grande inspiration. Clarke ferme les yeux en essayant de s'empêcher de pleurer. C'est comme s'il la prenait vraiment dans ses bras. Il y a deux couches de plaids, mais elle le sent. Elle sent ses mains qui font des aller-retour dans son dos, et elle sent même qu'il est en train de sourire contre elle.
- On va se contenter de ça pour l'instant, dit-il contre elle.
- C'est déjà super, murmure-t-elle.
Bellamy lève la tête vers elle et sourit.
- J'aimerais vraiment toucher tes cheveux, lui dit Clarke en commençant à rire.
- Ah oui ? Pourtant ils ne sont pas exceptionnels.
- Non mais ils sont bouclés. J'adore ça.
Bellamy rit contre elle.
[…]
Harper M. : « J'ai trouvé un truc pour Bellamy et toi. »
Clarke G. : « Des plaids ? »
Harper M. : « Non, beaucoup mieux. J'ai des livres qui pourraient t'intéresser sur les âmes-sœurs. Ils parlent de pouvoirs opposables. »
Clarke G. : « J'arrive. »
[…]
Clarke pose un gros livre sur la table basse, juste devant Bellamy. Celui-ci fronce les sourcils en la regardant.
- Bonjour, dit-il.
- Je sais comment faire pour qu'on se touche, répond-elle. Tout est écrit à l'intérieur.
Bellamy lève un sourcil alors que Clarke s'assoit à côté de lui sur le canapé, en lui expliquant ce qu'elle a découvert. Harper et elle ont passé la journée à la bibliothèque, à étudier des livres sur les âmes-sœurs. Elles ont finalement trouvé une page qui parlait de pouvoir d'opposition.
- Depuis le tout début, nous ne nous sommes pas touchés parce que cela nous fait mal, on a peur de ce que ça peut faire. Mais, nous n'avons jamais essayé de nous accrocher l'un à l'autre.
- On ne l'a pas fait parce qu'on ne peut pas.
- Ce livre dit que si, nous pouvons. Il faut juste supporter la pression, mais on va y arriver. C'est comme les aimants. Au début ils résistent, mais avec de la force on peut les coller l'un à l'autre.
Bellamy attend qu'elle ait finit son explication avant de réfléchir à ce qu'elle lui dit.
- D'accord, répond-il. Autant tenter ta théorie.
Clarke sourit avant de se lever du canapé et de lui dire de faire la même chose. Ils se mettent face à face. Clarke tend la main en avant, de la lumière s'échappant de celle-ci. Bellamy fait la même chose de son côté, avec cette fois-ci une ombre noire. Ils approchent peu à peu leur main. La fumée s'entrelace avec la lumière de Clarke. Ils franchissent finalement le dernier pas et entrelacent leurs doigts ensemble.
De la douleur traverse leur bras entier alors que leurs corps sont tirés en arrière, à cause de la force présente au milieu. Clarke gémit à cause de cette douleur, qui dure longtemps. Elle agrippe la main de Bellamy, en la serrant le plus fort possible, et se tient au canapé derrière elle. Cela semble interminable, et Clarke est prête à abandonner lorsqu'elle voit que cela ne marche pas.
Finalement, après ce qui semble être une éternité, la douleur, la lumière et la fumée disparaissent. Clarke lève la tête vers Bellamy, et regarde leurs mains. Plus rien. Elle se redresse peu à peu, et il fait la même chose de son côté.
- Bellamy, murmure-t-elle.
Bellamy attend une seconde, avant de tirer sur sa main, passer son autre derrière sa nuque et l'attirer contre ses lèvres. Clarke lâche son autre main pour pouvoir poser ses mains sur ses joues et approfondir le baiser. Elle sent une larme couler sur sa joue et atterrir sur leurs lèvres. Bellamy sépare sa bouche de la sienne avant de passer ses bras autour de sa taille. Clarke garde son front contre le sien, en essayant de respirer calmement.
- C'est incroyable, dit-elle.
- Tu l'as fait. Tu as réussi, Clarke.
- J'ai peur de me séparer de toi maintenant, et que ça recommence.
- On essaye ?
Clarke pousse un soupir avant de hocher la tête. Elle se recule d'un pas, et de deux. Cinq petites secondes sans toucher Bellamy et ça devient trop, désormais, comme si leur lien s'était vraiment établi.
- Tend ton bras, dit Bellamy.
Clarke s'exécute. Bellamy tend aussi sa main en avant, avant de frôler les doigts de Clarke. Ils sourient tous les deux lorsqu'ils voient qu'ils ne ressentent aucune douleur. Bellamy s'avance en enroulant ses bras autour de sa taille. Il dépose un baiser sur sa joue et descend progressivement vers son cou. Clarke passe ses bras autour de la nuque de Bellamy en poussant des soupirs de plaisir. Elle commence à rire lorsque l'une des mains de Bellamy descend sur ses fesses.
- Ça fait des mois que je voulais faire ça, dit Bellamy en riant.
- Ça fait des mois que je voulais faire autre chose… rétorque Clarke en retour.
Bellamy lève rapidement la tête vers elle, un sourcil haussé. Il mord sa lèvre en voyant le regard que Clarke lui lance, avant de plonger en avant pour l'embrasser sur les lèvres. Clarke gémit en sentant les mains de Bellamy parcourir son corps, avant de tirer sur l'ourlet de son t-shirt. Elle l'aide à enlever son chemisier, et les yeux de Bellamy s'attardent sur sa poitrine.
- Joli soutien-gorge, murmure-t-il.
- Seulement pour tes yeux, répond-elle.
- Pour mes mains aussi, maintenant.
Clarke rit alors que Bellamy reprend possession de ses lèvres, cette fois-ci en posant une main sur l'un de ses seins. Clarke gémit contre lui.
- On va dans ma chambre, dit-elle contre ses lèvres.
- Je ne sais même pas où c'est !
- En même temps nous n'avons jamais eu l'occasion d'y aller.
- Pourtant on aurait pu faire autre chose. Regarder la télé, faire un… Scrabble.
Clarke lève les yeux au ciel et tire sur la main de Bellamy, en l'emmenant vers sa chambre. Elle pousse la porte et le fait entrer, avant de se retourner vers lui pour commencer à mordiller son cou. Bellamy, cependant, ne bouge pas et regarde autour de lui.
- Bellamy ! dit Clarke en grognant.
- Attend, j'admire ta chambre !
- Tu es insupportable, murmure-t-elle en secouant la tête.
Bellamy rit avant de s'approcher de son mur rempli de photo, en commençant à les regarder une à une. Clarke hausse un sourcil en le regardant faire. Elle se tient debout devant lui, seulement avec un jean et un soutien-gorge, mais Bellamy continue à regarder les photos… Clarke grogne avant de s'allonger sur son lit.
- Je vais commencer toute seule ! lui dit-elle.
- Attends…
- Je t'ai prévenu Bellamy…
Clarke se positionne sur le dos et déboutonne le bouton de son jean. Bellamy ne semble toujours pas s'intéresser à elle, donc elle passe sa main sous son jean, toute seule. Elle pousse un gémissement en sentant à quel point elle est excitée, et cela semble enfin sortir Bellamy de sa stupeur. Il grogne avant de venir s'allonger sur elle. Il prend la main de Clarke et la plaque sur le côté.
- C'est à moi de faire ça normalement, susurre-t-il.
- Tu prenais trop de temps, répond-elle.
Bellamy sourit avant de plonger en avant pour reprendre ses lèvres d'assaut.
[…]
Bellamy B. : « Dix minutes de retard ! »
Clarke G. : « C'est le même prof que la dernière fois, il n'est jamais en avance… »
Bellamy B. : « Je vais partir sans toi… »
Clarke G. : « N'y pense même pas ! »
Clarke tapote son crayon contre sa table en soupirant. Ce professeur est toujours en retard et elle commence à en avoir marre, surtout lorsqu'elle sait que Bellamy est en train de l'attendre à l'extérieur. Heureusement qu'elle peut communiquer avec lui par téléphone…
Bellamy B. : « Tu te souviens des filles de la dernière fois ? Celles qui ont dit que j'étais mignon, quelque chose comme ça ? »
Clarke G. : « Oh oui, je m'en souviens parfaitement. »
Bellamy B. : « Elles sont à côté de moi et elles se chuchotent des choses dans l'oreille en me regardant. »
Clarke G. : « Je vais les tuer. »
Clarke range ses affaires dès que la fin du cours retentit et se précipite en dehors de la classe. Elle sourit en voyant Bellamy l'attendre juste devant, les bras tendus. Clarke s'y précipite en faisant tomber son sac sur le sol juste avant. Elle enfonce son visage dans le t-shirt de Bellamy en soupirant. Depuis qu'ils peuvent tous les deux se toucher, Clarke ne peut s'empêcher d'être collée à lui. Elle sait que cette envie s'arrêtera au bout d'un moment, mais elle en profite le plus possible. Puis, ça ne semble pas déranger Bellamy puisqu'il vient tous les jours la chercher à l'université.
- Où sont les filles dont tu parlais ? demande-t-elle en levant les yeux vers lui.
- À ta droite, répond Bellamy.
Clarke tourne la tête et croise le regard d'une jeune fille, au loin. Clarke la reconnait, c'est bien celle de la dernière fois. Clarke lève la tête vers Bellamy et se met sur la pointe des pieds pour pouvoir déposer un baiser sur ses lèvres. Bellamy rit en l'embrassant une nouvelle fois.
- Tu es vraiment jalouse, murmure-t-il.
- Je ne suis pas jalouse, rétorque Clarke. Je veux juste leur faire comprendre qu'elles ne peuvent rien tenter avec toi.
- Quelle est la différence ?
- La différence c'est que je fais ça pour elles. Je ne veux pas qu'elles perdent leur temps.
- Mais peut-être que je suis intéressé moi aussi.
Bellamy hausse un sourcil dans sa direction, pour essayer de voir sa réaction. Clarke commence à rire en ramassant son sac sur le sol et en le regardant.
- Quoi ? demande finalement Bellamy. Tu ne me crois pas ?
- Non. Tu m'aimes trop.
- Tu es vraiment une arrogante princesse.
Clarke hausse les épaules alors que Bellamy se penche vers elle pour déposer un baiser sur son front. Clarke sourit. Oui, elle est peut-être arrogante en disant ça, mais ils sont âmes sœurs. Elle sait exactement ce qu'il ressent pour elle, puisqu'il ressent la même chose. Ils sont connectés… À jamais.
- On y va ? demande-t-elle.
- Je te suis.
Clarke lève les yeux au ciel et commence à partir. Bellamy la rejoint rapidement et tend le bras pour entrelacer ses doigts aux siens. Ils déambulent tous les deux côte à côte dans les couloirs, Bellamy caressant lentement le dos de sa main avec son pouce. Oui, elle peut rapidement s'y habituer.
Bonjour à tous !
Aujourd'hui est un jour spécial pour moi parce que c'est mon anniversaire ! 22 ans, ça se fête, même si c'est en confinement ! Et je suis extrêmement contente de publier ce chapitre ce jour-ci puisque c'est quand même un chapitre sur les âmes-sœurs, AKA ce que j'adorais écrire dans le premier 100 Nuances de Bellarke ! Du coup merci beaucoup à la personne qui m'a proposé ce thème, c'était vraiment cool d'écrire ça. Pour ceux qui ne l'ont pas reconnu, ce chapitre s'est inspiré de la série Cloak and Dagger, qui comporte deux saisons (et qui a été malheureusement annulée). Les pouvoirs décrits sont ceux dans cette série, et j'étais contente de lui rendre hommage tellement j'avais eu un coup de cœur pour les personnages !
J'espère que vous allez tous bien, même si on repart sur quinze jours de confinement ! Tout va se régler, en attendant... On va travailler, pas vrai ? Personnellement j'ai mon mémoire à corriger et à écrire, donc ce n'est pas toujours la joie. C'est très stressant, mais j'espère y arriver. Ce ne sont que trente pages, techniquement. En tout cas je vous souhaite à tous bon courage, et on se retrouve dans deux semaines pour le chapitre 4 !
- Amandine.
