ÉPISTOLAIRE
Clarke mâchouille le bout de son bouchon en regardant la copie de ses élèves de CM2 juste devant elle. Elle lève les yeux au ciel en voyant l'erreur qu'a fait Bella, l'une de ses meilleures élèves.
- Étourderie, murmure-t-elle en barrant le mot mal écrit et en le réécrivant à côté.
La jeune femme sursaute en entendant la porte d'entrée s'ouvrir. Raven entre avec un sac de course et fait un sourire à sa colocataire.
- Lettre !
Raven lance une enveloppe à Clarke, qui l'attrape au vol en souriant. Elle mord sa lèvre en voyant que c'est bien une lettre de Bellamy. Elle entend Raven ranger les courses dans la cuisine mais Clarke ouvre l'enveloppe, sans s'en occuper. D'ordinaire elle l'aurait aidée, mais dans ces circonstances…
Chère Clarke,
Emménager tout seul dans une grande ville est compliqué. Sérieusement, l'adaptation est très dure. Heureusement que ma sœur n'est pas très loin, sinon j'aurais été assez déprimé. J'ai rapidement trouvé du travail, donc j'ai maintenant des collègues très sympathiques, qui sont déjà devenus des amis. Ils sont sympas. Je leur ai même parlé de toi, d'ailleurs. Ils ont vu que j'étais content d'avoir reçu une lettre de ta part, donc ils étaient curieux. Je leur ai dit que tu étais une sorte de correspondante que je n'avais jamais vu… Et ça les a rendu fous. « Vous vous parlez depuis deux ans ? » ils m'ont demandé. Ils étaient surpris qu'on ne sache même pas à quoi l'autre ressemble. Du moment qu'on sait que l'autre a le même âge, c'est déjà suffisant, pas vrai ?
[…]
Essaye de m'écrire vite. Je ne te mets pas du tout la pression, mais j'adore recevoir tes réponses. J'ai l'impression que c'est Noël toutes les semaines lorsque je reçois tes lettres. Puis, lorsque cela prend trop de temps… Tu me manques. Beaucoup.
Je t'embrasse. À bientôt.
Bellamy.
Clarke termine la lettre avec un sourire aux lèvres. Elle la relit une deuxième fois, le temps que Raven s'assoit à côté d'elle pour lui subtiliser des mains. Clarke lève les yeux au ciel en voyant ça. Elle n'a aucun secret pour sa meilleure amie donc, oui, elle lui montre toujours les lettres de Bellamy. Clarke n'a pas envie de garder ça pour elle toute seule alors qu'elle aime tellement lui parler.
- Oh, tu lui manques… dit Raven avec un sourire.
- On est amis, c'est normal.
- J'ai hâte d'assister à la rencontre.
Clarke pousse un soupir en secouant la tête. Bellamy ne lui a jamais demandé son adresse, ou même son numéro de téléphone. Ils savent juste tous les deux qu'ils habitent assez proches l'un de l'autre, mais ils ne connaissent même pas les villes. Ils ne veulent pas le savoir, parce qu'ils partagent un lien spécial grâce à ces lettres. Pas d'internet entre eux, juste leur écriture manuscrite… Et ça fait du bien, de temps en temps. C'est tout ce qu'il faut savoir.
- Il n'y aura pas de rencontre. Ce n'est pas prévu.
- C'est vraiment dommage. Tu sais, Clarke, tu n'oseras jamais rencontrer quelqu'un à cause de ce Bellamy.
- Non, c'est faux, je…
- Tu es amoureuse de ce garçon.
Raven continue à la regarder et commence à rire en voyant les joues de Clarke devenir rouges. Cette dernière reprend la lettre entre ses doigts.
- Écoute, dit-elle à son amie. C'est vrai que j'ai des sentiments pour Bellamy. Je ne vais pas le nier. Mais ça ne veut pas dire que ça m'empêchera de rencontrer quelqu'un. Il faut juste que cette personne me fasse oublier mon correspondant…
- C'est ridicule.
Clarke ne répond rien alors que Raven se lève du canapé et part dans sa chambre. Elle allume la télévision en basculant sa tête en arrière. Elle réfléchit aux paroles de Raven, en essayant de se convaincre le plus possible de ce qu'elle lui a dit. Oui. Elle peut rencontrer quelqu'un et tomber amoureuse de lui… Elle pensera toujours à Bellamy, mais cette personne lui fera oublier ce garçon. C'est tout.
[…]
Comment ça tu n'as jamais vu le film « Les Goonies » ? C'est tellement culte, je n'arrive pas à y croire ! Il va falloir que je te le montre un jour, ce n'est pas possible autrement. Je suis même prêt à acheter du popcorn et à le partager avec toi, si c'est le seul obstacle…
Clarke relit cette phrase encore et encore. Cela fait plusieurs semaines que Bellamy lui dit qu'elle lui manque, et avec cette phrase, elle doute encore plus. Est-ce qu'il aimerait finalement la rencontrer un jour ? Ils n'en ont toujours pas parlé, donc elle ne sait pas si c'est ce qu'il souhaite. Ce serait super, ça c'est sûr… Clarke grogne. Elle n'en sait rien.
- On y va ? dit Raven en enfilant une veste.
Clarke hoche la tête et se lève du canapé pour s'habiller. Elle n'oublie pas de prendre son téléphone portable avec elle et sort de son appartement en compagnie de Raven. Elles doivent toutes les deux rejoindre l'une de leur amie au Starbucks du coin, donc elles essayent de se dépêcher sur la route.
- Il t'a vraiment écrit ça ? demande Raven en écarquillant les yeux.
- Oui… C'est bon signe, pas vrai ? Je vais le rencontrer un jour ?
- Mais oui, c'est sûr que tu le verras… J'y crois fort, en tout cas.
Clarke pousse les portes du Starbucks en haussant les épaules avant de se retourner vers Raven.
- On verra.
Elle se retourne et sursaute violemment en rentrant dans un serveur du Starbucks, qui renverse un peu de la boisson qu'il tenait sur elle. Clarke sautille sur place en sentant le liquide chaud sur elle.
- Excuse-moi ! s'exclame le serveur en la regardant.
- C'est pas vrai… marmonne Clarke. Je ne vais même pas avoir le temps d'aller me changer...
- Je te rapporte une serviette.
Le serveur part de l'autre côté alors que Clarke pousse un grand soupir. Elle ne peut même pas crier sur le serveur puisque ce n'est pas de sa faute, c'est surtout elle qui a été distraite. Raven grimace en voyant le t-shirt de Clarke avec une tâche noire sur le dessus. Le serveur revient vers elle et lui tend des serviettes. Clarke le remercie juste avant qu'il ne part et commence à essuyer son t-shirt.
- Au moins le serveur est canon, lui dit Raven.
- Je ne l'ai même pas regardé.
- Allez, va t'asseoir le temps que je commande nos cafés.
Clarke acquiesce et prend une table au fond du café. Elle jette les serviettes dans la poubelle la plus proche en sortant son téléphone portable. Elle lève la tête pour regarder Raven au bout d'un moment et son regard s'attarde sur le serveur. Effectivement, il est tout à fait son style. Brun, les cheveux bouclés, un sourire très charmeur… Raven semble bien l'apprécier aussi puisqu'elle rit avec lui. Clarke lève les yeux au ciel tandis que son amie revient vers elle.
- Alors comme ça tu dragues celui qui m'a renversé un café dessus ? demande Clarke.
- Pas du tout, répond Raven en s'asseyant. D'ailleurs, je pense qu'il est beaucoup plus intéressé par toi.
- Pourquoi est-ce que tu dis ça ?
Raven pousse son gobelet devant Clarke. Cette dernière regarde l'endroit où devrait être écrit son prénom. Une phrase entière est écrite en lettre capitale : « Est-ce que tu as la wifi ? Parce que je sens une connexion entre nous. » Raven ricane tandis que Clarke esquisse un sourire en levant les yeux au ciel.
- Ridicule, murmure-t-elle.
- Vraiment ? Moi je trouve ça extrêmement drôle. Il est mignon pas vrai ?
- Oui mais il… Il…
- Il n'est pas Bellamy, je sais.
Clarke pousse un long et grand soupir en enfonçant son visage dans ses bras. Elle est ridicule, elle le sait, mais les sentiments ne se contrôlent malheureusement pas. La jeune femme lève finalement la tête pour regarder Raven et croise le regard du serveur juste derrière. Elle se sent rougir et racle sa gorge.
- Je ne sais pas si ça va être un serveur régulier mais ce sera gênant maintenant, dit Clarke à son amie.
- Arrête de venir ici dans ce cas.
- Tu plaisantes ? C'est mon coffee shop préféré. Je reste.
Raven ricane avant de prendre une gorgée de sa boisson.
[…]
Chère Clarke,
Cette nouvelle ville commence enfin à me plaire. Mon travail est sympathique (les clients le sont un peu moins des fois, il faut l'avouer) et la ville est superbe. On est bientôt en période de Noël en plus, donc c'est génial. Tout est beau, tout est parfait. J'espère que tu vas bien, toi aussi. Est-ce que ta colocataire a changé de travail finalement ?
[…]
Je t'embrasse.
Bellamy.
Clarke baille en poussant la porte du Starbucks et en fourrant la nouvelle lettre de Bellamy dans son sac. Elle se fige à l'entrée en voyant que le serveur est le même que celui de la dernière fois. Est-ce qu'elle doit y aller quand même ? Le serveur lève la tête vers elle au bout d'un moment et croise son regard. Clarke s'approche en mordant sa lèvre et en commandant son café préféré.
- Le même que la dernière fois, pas vrai ? répond le serveur en commençant à le préparer.
- Oui, je ne peux plus m'en passer depuis que j'ai découvert Starbucks.
- Essaye le Pumpkin Spice Latte la prochaine fois. Il est vraiment bon.
- Je note, merci !
Il lui fait un léger sourire avant de terminer la préparation du café. Clarke le regarde. Il est vraiment beau. Elle l'avait déjà remarqué la dernière fois, mais maintenant qu'elle est tout près… C'est encore mieux. Elle rougit un peu quand il lève les yeux vers elle.
- Je suis encore désolé pour la dernière fois, dit-il. Je ne l'ai pas fait exprès. J'espère que la tâche est partie.
- Oui, après deux lavages, répond-elle. Mais ce n'était pas de ta faute. J'ai été distraite par mon amie. Je n'ai pas regardé où j'allais.
Le serveur hoche la tête. Il prend un stylo sur le côté pour pouvoir écrire dessus, comme à l'habitude.
- Mon nom est… commence à dire Clarke.
- Non ! répond-il. Ne me le dis pas.
- Pourquoi ? répond-elle.
- Pour pouvoir t'écrire une phrase drôle, dit-il comme si cela était évident.
Clarke ne dit rien mais se sent gênée lorsqu'il dit ça. Le serveur écrit quelque chose pendant quelques secondes avant de lui tendre. Clarke prend le gobelet entre ses doigts et mord sa lèvre en lisant la phrase : « Es-tu magicienne ? Parce qu'à chaque fois que je te regarde, tout le monde autour disparaît. »
- Pas mal celle-ci, pas vrai ? dit-il finalement.
- Est-ce que tu fais ça avec tout le monde ? demande Clarke en rougissant.
- Tu es la première.
Il continue à la regarder avant de hausser une épaule, comme si de rien n'était. Clarke ouvre sa bouche pour lui dire qu'elle n'est pas intéressée mais un client arrive juste derrière elle. Elle remercie le serveur avant de sortir du coffee shop, en souriant légèrement.
[…]
« Je ne suis pas un Jedi, mais je pense que la force est avec nous. »
- J'aime bien celle-ci, dit Clarke en prenant le gobelet entre ses doigts.
- Ah oui ? répond le serveur en souriant. J'avais peur que tu ne comprennes pas la référence.
- Pourquoi ? Parce que les filles ne regardent pas Star Wars à ton avis ?
- Je n'ai pas dit ça !
- Mais tu l'as pensé…
Le serveur lève les yeux au ciel tandis que Clarke pousse un léger rire. Cela fait plusieurs semaines qu'elle voit ce serveur, et maintenant ça ne la dérange plus. Ce qu'il écrit sur ses gobelets la fait toujours rire, en tout cas. Elle a même rougit la dernière fois lorsqu'il lui a écrit : « Excuse-moi, mais je ne t'ai pas vue sur le menu ? ». Clarke sait qu'il essaye de la séduire, mais pour le moment elle ne peut pas. Bellamy… Bellamy est là. Il sera toujours là, même.
- Je vais aller m'asseoir, lui dit-elle finalement. Je dois rejoindre quelqu'un.
- Pas un petit ami, j'espère ? répond le serveur.
- Non, c'est bien pire. Un ex.
Il lève un sourcil alors que Clarke soupire en prenant son gobelet et en s'asseyant à une table au fond. Elle attend quelques minutes, avant que Finn ne vienne. Celui-ci lui sourit et se penche pour déposer un baiser sur sa joue. Clarke serre les dents.
- Je vais aller commander un café, je reviens, lui dit-il.
- Finn… Je ne reste pas longtemps.
- Je le sais. Merci d'être venue, déjà.
Clarke ne dit rien alors qu'il part vers le comptoir pour prendre une boisson. La jeune femme touche du bout des doigts la phrase du serveur en attendant. Finn revient une minute plus tard et s'assoit devant elle.
- Tu m'expliques ? demande-t-il.
Clarke fronce les sourcils, ne comprenant pas ce qu'il veut dire par là. Finn tourne finalement son propre gobelet vers elle. Clarke ne peut s'empêcher de lâcher un éclat de rire en lisant les mots « L'ex de la princesse » en encre noire. Elle tourne ses yeux vers le serveur et celui-ci lui fait un léger clin d'œil, avant de prendre une serviette pour nettoyer le comptoir. Clarke racle sa gorge.
- C'est une connaissance, ce n'est rien.
- Ton nouveau petit ami ?
- Non, bien que ça ne te regarde pas, Finn.
Finn pousse un soupir avant de s'avancer un peu sur sa chaise. Il tend finalement le bras et pose ses doigts sur la main de Clarke. Celle-ci ne bouge pas durant quelques secondes, surprise par son geste.
- J'aimerais qu'on se remette ensemble, Clarke.
- Pardon ?
Finn la regarde avec des yeux suppliants. Clarke voit du coin de l'œil le serveur fixer leur table. Elle réagit finalement et retire sa main de celle de Finn.
- Je suis toujours amoureux de toi, dit finalement Finn.
- Tu m'as trompée avec quelqu'un d'autre, tu l'as peut-être oublié ?
- Fox ne signifiait rien pour moi.
- Ah oui ? Pourtant tu avais l'air très heureux quand je vous ai surpris dans mon lit, pas vrai ?
Clarke sent qu'elle est rouge de colère, mais elle avait besoin de lui dire ça. Elle tourne rapidement sa tête sur le côté et croise le regard du serveur, avant de détourner le regard. Elle espère qu'il n'entend pas leur conversation… En tout cas, Finn a remarqué la direction de ses yeux.
- Quoi, le serveur ? C'est pour ça que tu ne veux pas me reprendre ?
- Ne dis pas de bêtises, Finn. Je ne t'aime plus, c'est terminé. Tu m'as fait du mal.
- Clarke, je t'en prie !
Finn soutient son regard mais Clarke secoue la tête de gauche à droite. Finn pousse un soupir avant de se lever de table et sortir du café. Clarke sent qu'elle a les larmes aux yeux en le voyant partir. Trop de souvenirs sont revenus à la surface, elle n'aurait jamais dû accepter ce rendez-vous. La jeune femme se lève de son siège et prend son sac.
- Hé.
Clarke mord sa lèvre avant de se tourner vers le serveur. Celui-ci fronce les sourcils en voyant les larmes dans ses yeux.
- Est-ce que ça va ? murmure-t-il.
- Un conseil pour le futur : n'accepte jamais d'avoir un rendez-vous avec ton ex, surtout après avoir été trompé.
- Je suis désolé, répond-il simplement.
- Je vais m'en remettre.
La jeune femme hausse les épaules avant de resserrer son sac sur ses épaules et de sortir du Starbucks, les yeux du serveur fixés dans son dos.
[…]
Chère Clarke,
[…]
Je commence à me sentir seul, et cette fois-ci ce n'est pas seulement à cause de cette ville. Ça fait déjà plus de trois ans que je suis célibataire. Je ne voulais pas être en couple parce que je n'avais pas le temps, je devais m'occuper de ma petite sœur, mais maintenant qu'elle est indépendante… J'ai besoin d'être avec quelqu'un. J'ai besoin de rendre quelqu'un heureux. Est-ce que c'est bizarre ? Ça l'est peut-être. Dis-moi si je suis bizarre… C'est surement le cas.
Bellamy.
[…]
Clarke fixe l'inscription sur son gobelet pour la énième fois : « Est-ce que je peux t'emprunter un baiser ? Promis, je te le rendrai. » Elle soupire. Cette fois-ci c'est clair, le serveur lui tend une perche… qu'elle ne va pas saisir. Elle ne peut pas. La jeune femme se lève de son siège et se dirige vers le comptoir. Le serveur lève un sourcil dans sa direction.
- Un problème ? demande-t-il.
- Je voudrais qu'on parle, répond Clarke en haussant une épaule.
Le serveur lui fait signe de s'assoir sur l'un des sièges au comptoir, ce que Clarke fait. Elle sait que le café va bientôt fermer, donc il ne risque pas d'y avoir de nouveaux clients. Clarke prend une grande inspiration avant de tourner son gobelet vers le serveur, en lui montrant la phrase.
- Tu me fais rire, vraiment, dit-elle. Et je te remercie pour toutes les phrases que tu as pu m'écrire.
- Mais ?
- Mais… Je suis intéressée par quelqu'un d'autre. Je suis désolée.
Celui-ci hoche lentement la tête, avant de faire une grimace.
- J'ai tenté, répond-il. Ça ne m'empêchera pas de continuer à t'écrire ce genre de phrase, si tu es d'accord en tout cas. Ça me fait plaisir de te donner une petite seconde de sourire tous les jours.
- Oui, continue. N'arrête surtout pas. J'adore ce que tu fais.
Il lui fait un petit sourire avant de prendre le torchon sur son épaule pour essuyer le comptoir. Clarke ne dit rien de plus, mais elle voit dans son attitude qu'il est déçu, ce qui serait normal. Elle est stupide, elle est stupide. Il est beau, gentil et drôle, qu'est-ce qui lui faut de plus ? Clarke pousse un soupir avant de poser son menton sur son poing. Le serveur la regarde.
- Quoi ? demande-t-il.
- Insulte-moi, dis-moi que je suis stupide de t'avoir dit ça.
- Pourquoi ? dit-il en riant.
- Parce que je suis intéressé par quelqu'un qui n'existe pas. Enfin, il existe, mais Bellamy est simplement un correspondant, je n'aurais pas dû m'attacher à lui comme ça. Tout est virtuel, je ne sais même pas à quoi il ressemble…
- Bellamy ?
Clarke regarde le serveur en se rendant compte qu'elle était en train de marmonner dans sa barbe, sans même se préoccuper de son interlocuteur. Elle secoue finalement la tête en baissant les yeux. Elle sait très bien qu'elle est en train de rougir… En même temps, elle vient de dire un nom à quelqu'un qu'elle ne connait presque pas… Elle est tout simplement ridicule.
- Oublie ce que j'ai dit, grommelle-t-elle.
- Non, je suis très intéressé. C'est quoi cette histoire ? Qui est ce Bellamy ?
- Comme je l'ai dit, c'est un correspondant… On se parle depuis quelques années déjà. Je ne sais même pas à quoi il ressemble, et lui non plus.
- Je pense qu'il serait content de savoir que tu ressembles à ça, en tout cas, murmure le serveur.
Clarke lève les yeux vers lui et est sûre qu'elle rougit, cette fois-ci. Rouge comme une tomate, même. Elle ne sait pas pourquoi, mais le serveur la regarde avec une telle intensité… C'est surprenant.
- Comment est-ce que tu t'appelles ? demande-t-il tout à coup.
- Je croyais que tu ne voulais pas savoir mon nom.
- Je viens de changer d'avis.
- Je m'appelle Clarke.
Il hoche la tête, avant de baisser les yeux et sourire. Clarke racle sa gorge.
- Et toi ? demande-t-elle.
- Blake, répond-il.
- J'aurais dû m'en douter, répond-elle. Ça te va très bien au teint.
Le serveur rit avant de se redresser pour ranger quelques gobelets dans les placards derrière lui. Clarke tapote ses doigts sur le comptoir en soupirant. Elle sait qu'elle devrait partir. Elle vient de lui dire qu'elle n'était pas intéressée par lui, ce serait légitime de ne plus jamais lui parler… Mais elle a besoin de lui parler. Elle a envie de lui parler.
- Tomber amoureuse d'un homme que je ne connais pas… C'est stupide, pas vrai ? demande-t-elle.
- Pas vraiment, répond-il, le dos tourné. Si tu l'aimes tant que ça c'est surement parce que tu le connais, au final. Le physique ne compte pas, c'est l'entente entre deux personnes qui compte le plus.
- Tu pourrais avoir des sentiments pour quelqu'un à qui tu parles seulement ?
- Bien-sûr, murmure-t-il.
Il se tourne finalement vers elle pour lui décrocher un sourire timide. Clarke attend un peu avant de se lever de son siège.
- Il faut que j'y aille mais… Merci beaucoup. Merci de m'avoir écoutée.
- Pas de soucis, Clarke.
Clarke ressent de la chaleur au creux de son ventre lorsqu'elle entend Blake prononcer son prénom. Elle lui fait un dernier sourire avant de se retourner et franchir les portes du Starbucks, les yeux de son serveur favori rivés dans son dos.
[…]
Chère Clarke,
Les muffins. Que penses-tu des muffins ? Enfin, c'est une question stupide puisque tout le monde aime les muffins, pas vrai ? C'est délicieux. J'en engloutis deux par jours en ce moment, ça commence peut-être à être problématique pour mon estomac… Ma sœur me dit qu'il faut que j'arrête, mais c'est impossible. Vraiment impossible. Les muffins de Starbucks sont les meilleurs je trouve, surtout celui aux myrtilles. N'hésite pas à en manger la prochaine fois, tu m'en donneras des nouvelles.
[…]
Bellamy.
- Un muffin myrtille, s'il te plaît.
Blake sourit à Clarke en prenant une serviette et en posant le muffin qu'elle vient de demander sur le dessus. Clarke n'a même pas besoin de lui demander son café, puisqu'il sait exactement celui qu'elle prend toutes les semaines. Il prend juste son marqueur et commence à écrire dessus.
- Inspiré ? demande-t-elle.
- Toujours lorsqu'il s'agit de toi.
Il termine la phrase sans voir les joues de Clarke se teindre d'une jolie couleur rouge, comme à chaque fois qu'il lui fait un compliment. Clarke le remercie et prend son gobelet, avant de s'asseoir à une table. Elle regarde la phrase du jour : « Est-ce que ça te dérange si je te suis en sortant du café ? Parce que mes parents m'ont toujours dit de suivre mes rêves. » Clarke rit. Cette fois-ci, il a fait très fort. Elle lève la tête vers Blake et le voit lui faire un rapide clin d'œil. Elle sirote tranquillement son café en regardant son téléphone. Elle fronce les sourcils en voyant Raven l'appeler.
- Allô ? dit Clarke.
- Salut ! Où est-ce que tu es ?
- Au Starbucks, pourquoi ? Tu n'étais pas censée avec un rendez-vous avec Wick ?
- Cet abruti de première a raté son train et n'est donc pas venu au rendez-vous. Est-ce que je peux te rejoindre ? Je n'ai pas envie de rentrer à l'appartement, je vais m'ennuyer si je reste toute seule.
- Bien-sûr, je t'attends.
Clarke raccroche avant de mettre son portable dans sa poche. Elle plisse des yeux en voyant une fille contourner le comptoir et déposer un baiser sur la joue de Blake. Celui-ci lui sourit avant de lui tendre un tablier du Starbucks. Clarke lève un sourcil. Une nouvelle employée, apparemment… Employée qui se sent très à l'aise avec lui et qui va jusqu'à l'embrasser, même. Clarke tourne son café à l'aide de sa touillette sans rien dire. Elle lève finalement les yeux lorsque quelqu'un tire la chaise devant elle et s'y assoit.
- Qu'est-ce que…
- Ma sœur a pris le relai pour le service. Je peux faire ma pause avec toi ?
Clarke regarde Blake une seconde avant de lui sourire et hocher la tête.
- C'est ta sœur ? Je me disais qu'elle semblait familière avec toi…
- Jalouse, princesse ?
- Tu aimerais bien, pas vrai ?
- Ça c'est sûr.
Clarke sourit un peu avant de prendre une gorgée de sa boisson. Elle sort finalement la dernière lettre de Bellamy de son sac et la tend à Blake. Celui-ci fronce les sourcils avant de commencer à lire. Clarke mord sa lèvre. C'est la première fois qu'elle lui fait lire une lettre de Bellamy mais elle lui fait assez confiance pour le faire… Elle sait qu'il ne se moquera pas. Blake continue à lire du début à la fin, avant de lui tendre avec un sourire.
- Il a l'air vraiment cool, dit-il finalement. Mais tu sais, je suis sûr que je suis aussi cool que lui.
- Je le sais, soupire-t-elle. Mais… Mais tu n'es pas…
- Je ne suis pas lui.
Blake plonge dans ses yeux alors que Clarke acquiesce. Il pousse un léger soupir théâtral avant de lui sourire, comme pour lui dire qu'il ne lui en veut pas. Clarke tapote la phrase du jour du bout des doigts.
- Alors, comment fais-tu pour être inspiré chaque jour ? demande-t-elle.
- Facile. J'ai juste à te regarder et l'inspiration vient directement.
- Pitié…
- Tiens c'est une bonne phrase ça, j'aurais dû y penser avant… murmure-t-il.
Clarke rit en buvant une nouvelle gorgée. Blake lui explique rapidement comment il procède : il trouve un mot et trouve une phrase autour de celui-ci.
- Est-ce que je peux savoir la phrase de demain ?
- Je ne sais pas si tu le mérites… dit-il.
- Oh, s'il te plait ?
- Très bien. La phrase de demain sera : « Si tu es là… Alors qui gouverne le paradis ? »
Clarke éclate de rire en compagnie de Blake en entendant cette phrase. Elle l'adore, c'est aussi simple que ça. Blake lui dit une autre phrase très drôle, qui la fait encore et encore rire. Elle a l'impression qu'elle ne rit pas assez ces jours-ci, et Blake est une bouffée de fraîcheur dans sa vie en ce moment. Elle est heureuse de l'avoir rencontré.
- Je suis là ! dit Raven en arrivant vers la table. Tu m'as remplacée à ce que je vois !
- Exactement, voici ma nouvelle meilleure amie, répond Clarke en montrant Blake.
- Je vais vous laisser, dit Blake en riant.
Il fait un clin d'œil à Clarke et retourne derrière le comptoir. Clarke le voit discuter avec sa petite sœur, et celle-ci n'arrête pas de jeter des coups d'œil dans sa direction. Clarke fronce les sourcils. C'est comme s'ils étaient en pleine… Dispute ? Pourquoi ?
[…]
« Et si on se rencontrait ? Et si tu me disais la ville dans laquelle tu habites, et je décide de venir ? Que dirais-tu ? Je suis prêt à le faire. J'ai besoin de te rencontrer, Clarke. »
Ce n'est pas Blake qui est présent derrière le comptoir cette fois-ci. C'est sa sœur. Clarke hésite avant d'y aller. Elle avait besoin de parler à Blake, elle voulait lui demander des conseils… Bellamy souhaite la rencontrer, et elle ne sait pas si elle doit accepter ou non. C'est vrai que ce n'est pas sympathique d'aller voir Blake pour des conseils en sachant qu'il l'aime beaucoup, mais elle ne sait pas qui aller voir d'autre. Il a une très bonne oreille.
- Clarke, c'est ça ? dit la serveuse en voyant Clarke approcher. Mon frère m'a beaucoup parlé de toi. Je suis Octavia.
- Enchantée, répond Clarke. Heureusement que tu es arrivée, ça devenait compliqué pour lui d'être le seul serveur ici.
Octavia acquiesce en souriant et lui demande ce qu'elle souhaite. Clarke prend cette fois-ci un café glacé, et Octavia commence à lui préparer.
- Ça fait longtemps que vous habitez dans cette ville ? demande Clarke.
- Non, pas du tout. On est arrivés il y a peu. Ça a été vraiment bizarre au tout début, mais on s'est habitués. C'est surtout pour mon frère. Je suis en couple, mais il est seul. Il se sent seul.
- Je connais quelqu'un dans cette situation…
Clarke fait une grimace en prononçant ces mots. La situation d'Octavia lui fait penser à celle de Bellamy, qui était un peu déprimé quand il a emménagé dans sa nouvelle ville… C'est vrai que c'est compliqué de subir des changement de cette façon…
- C'est surtout pour Bellamy, répond Octavia en levant les yeux au ciel. C'est déjà un petit vieux, il n'aime pas quand ses habitudes changent.
- Bellamy ?
Octavia lève subitement la tête vers Clarke et écarquille les yeux comme si elle avait dit quelque chose qu'elle n'aurait pas dû dire. Clarke avale difficilement sa salive.
- Je n'aurais pas dû dire ça, murmure Octavia.
- Attends une minute, je ne comprends pas. Blake t'a parlé de Bellamy ? C'est ça, pas vrai ?
- Pas vraiment…
Clarke sent son cœur tambouriner fortement dans sa poitrine en comprenant la situation. Blake est Bellamy. Bellamy est Blake. Les deux ne font qu'un. Bellamy est arrivé dans cette ville avec sa sœur, et Clarke l'a lu dans les lettres… Et Octavia vient tout juste de lui expliquer. Clarke reste figée pendant une seconde. Bellamy sort soudainement de la réserve et sourit en la voyant. Il fronce cependant les sourcils en voyant une larme rouler sur la joue de Clarke.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demande-t-il.
- Bellamy ?
Ce dernier ouvre un peu la bouche, étonné par ce qu'elle vient de dire. Il jette finalement un regard noir à Octavia, qui baisse la tête, remplie de honte.
- Clarke, je peux t'expliquer, dit-il finalement.
- M'expliquer quoi ? Que tu me mens depuis des mois ?
- Non, je… J'ai su qui tu étais il n'y a que quelques semaines et je… je ne savais pas comment t'en parler.
Clarke pince des lèvres et essuie rageusement la larme qui coule sur sa joue. Elle secoue la tête en prenant son café glacé dans la main. Clarke s'avance et le verse lentement sur la tête de Bellamy. Celui-ci baisse la tête, mais ne parvient pas à l'éviter. Il relève finalement les yeux vers Clarke, et celle-ci tourne les talons, en sortant du café. Elle sait très bien que tout le monde est en train de la regarder, mais elle garde la tête haute. Elle se sent trahie.
[…]
Clarke sent une larme couler de son œil lorsqu'elle voit les deux héros du film romantique qu'elle regarde s'embrasser sur son écran. Elle renifle et prend un mouchoir sur le côté. Raven entre dans l'appartement et soupire directement devant la vision de sa meilleure amie ainsi.
- Clarke…
- Pourquoi est-ce qu'ils ont le droit d'être heureux et pas moi, hein ? pleurniche Clarke.
Raven grogne en enlevant son sac de ses épaules et en s'asseyant à côté de son amie sur le canapé. Elle lui tend une enveloppe.
- Nouvelle lettre, dit-elle.
- Brûle-la.
- J'ai regardé à travers. Il n'y a qu'une phrase.
Clarke attend une seconde. Cela fait deux semaines qu'elle reste cloitrée chez elle. Bellamy lui a envoyé une lettre tous les jours depuis. Enfin, pas réellement envoyé. Il l'a seulement déposée dans la boîte aux lettres, puisqu'il habite finalement dans la même ville qu'elle. En tout cas, Bellamy sait très bien qu'elle n'a lu aucune de ses lettres puisque Raven lui a dit. Et c'est tant mieux pour lui.
Pourtant, cette fois-ci, Clarke veut savoir ce que cette phrase dit. Elle ouvre l'enveloppe et lit la phrase.
« Est-ce que tu es une voleuse ? Parce que je pense que tu as volé mon cœur. »
Clarke éclate une nouvelle fois en sanglot sur le canapé. Raven soupire en posant son bras sur son épaule et en la rapprochant d'elle.
- Pardonne-lui, murmure-t-elle.
- Je ne sais pas, répond Clarke. Il m'a menti du début à la fin. Je ne vais plus arriver à lui faire confiance.
- Écoute au moins son explication. Va le voir au café. Parle avec lui. Tu décideras ensuite.
Raven dépose un baiser sur la tempe de son amie et part dans sa chambre, comme pour lui laisser le temps de réfléchir. Clarke prend la télécommande sur le côté et zappe entre toutes les chaînes. Elle ne dit rien lorsque Raven retourne la voir quelques minutes plus tard pour lui dire qu'elle a rendez-vous avec Wick. Elle reste amorphe la moitié de l'après-midi, jusqu'à ce qu'elle pose ses yeux sur la lettre de Bellamy. Clarke ferme les yeux en soupirant. Il faut qu'elle fasse quelque chose, qu'elle s'aère l'esprit, sinon elle va devenir folle.
Clarke se lève et part dans sa salle de bain pour se doucher. Elle s'habille rapidement d'un haut gris et d'un jean noir, et se maquille. Elle se sent déjà beaucoup mieux. La jeune femme enfile son manteau, prend ses clés et se dirige vers la porte. Clarke se fige cependant en entendant la sonnette de l'appartement retentir. Elle s'approche lentement de la porte et l'ouvre. Bellamy. Bien-sûr, ça ne pouvait être que lui.
- Non merci, dit-elle.
Clarke commence à refermer la porte mais Bellamy pose sa paume de sa main contre celle-ci pour l'empêcher de la fermer complètement. Clarke pousse un soupir en enlevant son manteau et en le jetant sur le canapé derrière elle. Bellamy lui tend finalement, sans rien dire, un gobelet de chez Starbucks. Clarke hausse un sourcil avant de le prendre et de lire la phrase du jour : « Est-ce que tu as un stylo ? Parce que j'aimerais écrire notre futur. » Clarke doit lutter pour ne pas pleurer en voyant ces mots.
- C'est tout ce que tu as à dire ? murmure-t-elle en levant les yeux vers lui.
- Je m'excuse, Clarke.
- Ce n'est pas suffisant.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse, alors ? Je ferais tout pour que tu me pardonnes. S'il te plait.
Clarke attend quelques secondes, avant de lui faire signe d'entrer. Bellamy franchit la porte de son appartement, Clarke sur ses talons.
- Assis, dit-elle.
Bellamy fait immédiatement ce qu'elle lui demande, sans même contester le fait qu'elle lui ait donné un ordre. Clarke dépose son café sur la table basse et croise les bras en le regardant de haut. Elle est contente de voir qu'il semble très embarrassé devant elle. Tant mieux.
- Depuis combien de temps est-ce que tu sais que je suis celle avec qui tu parlais ?
- Quand tu as évoqué mon prénom, explique-t-il. Je ne le savais pas avant, je le jure. C'était une coïncidence… Une très belle coïncidence.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas directement dit que c'était toi ?
- Je… Je ne sais pas. J'ai paniqué, et au final je ne savais pas comment te le dire. J'ai été dépassé par les évènements.
Clarke lève un sourcil en secouant la tête. Oh non, il a eu énormément d'occasions de lui parler de ça, mais il n'a rien fait.
- Bellamy, tu te rends compte de ce que tu as fait ? dit-elle. Tu m'as écoutée parler de mon correspondant. Je t'ai dit que j'avais des sentiments pour lui, je t'ai dévoilé tout ce que je ressentais et tu t'es joué de moi.
- C'est faux ! s'exclame-t-il. J'ai seulement été perturbé. Ça fait des mois que je suis aussi intéressé par toi avec notre correspondance, puis d'un seul coup je te rencontre dans la vraie vie et je commence à avoir des sentiments pour toi également… J'étais amoureux de deux personnes alors qu'au final ce n'était que d'une… C'était très déstabilisant.
Bellamy semble réellement penser ce qu'il est en train d'expliquer. Clarke mord sa lèvre en le regardant. Elle ne sait plus quoi faire… Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle aime Bellamy depuis des mois, et que récemment elle a également développé des sentiments pour le serveur du Starbucks… Ils ne font qu'une et même personne maintenant. C'est l'histoire rêvé, quand elle y pense… Il faut juste qu'elle puisse mettre sa fierté de côté pour se rendre compte que c'est ce qu'elle voulait depuis le début… Que Blake soit Bellamy.
- Pourquoi le nom Blake ? demande-t-elle.
- C'est mon nom de famille.
Bellamy Blake… Tout fait sens désormais. Blake est un nom de famille très commun, lorsqu'elle y pense. Ils se regardent durant quelques secondes sans rien dire. Clarke sent que la tension est très palpable entre eux. Elle pousse un petit soupir.
- Tu n'imagines pas à quel point j'espérais que ce soit toi, murmure-t-elle.
Bellamy ne répond rien. Il se lève finalement du canapé et s'approche d'elle. Clarke doit lever la tête dans sa direction pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens. Bellamy lève l'une de ses mains et caresse doucement l'une de ses pommettes. Clarke ferme les yeux une petite seconde, profitant de la chaleur des doigts de Bellamy. Elle les ouvre finalement.
- Qu'est-ce que tu attends ? demande-t-elle.
- Une confirmation.
- Un gentleman, marmonne-t-elle. J'en étais sûre.
Clarke attrape le devant de son pull et l'attire vers elle, pour pouvoir poser ses lèvres sur les siennes. Le baiser qu'ils partagent est très léger et doux, très romantique même. Cependant, lorsque Clarke soupire contre ses lèvres, Bellamy pose une main sur sa taille et la rapproche de lui, en passant sa langue sur sa lèvre inférieure. Clarke passe ses bras autour de son cou en intensifiant le baiser. Elle gémit lorsque Bellamy la pousse un peu pour la plaquer contre le mur. Il sépare ses lèvres et commence à embrasser sa mâchoire et son cou.
- Je savais que mon correspondant était beau, gémit-elle. J'en étais sûre.
- Imagine ma réaction lorsque j'ai compris que c'était toi, dit-il contre son cou.
- Dis-moi.
Bellamy relève la tête et la regarde dans les yeux.
- Je me suis dit que j'étais l'homme le plus chanceux sur cette terre.
Clarke commence à sourire avant de passer ses bras autour de son cou et l'enlacer.
[…]
Raven R. : « Tu es arrivée ? »
Clarke G. : « Je suis juste devant. »
Raven R. : « On te rejoint dans quelques minutes, il y a des bouchons sur la route. »
Clarke soupire en voyant le message de son amie et décide de rentrer dans le Starbucks avant elle. La jeune femme sourit en voyant Octavia au comptoir, au loin. Elle s'approche et Octavia commence à préparer son café sans même lui demander ce qu'elle souhaite.
- Je viens beaucoup trop ici, dit Clarke en soupirant. Tous les serveurs vont connaître mon café préféré maintenant.
- Ça c'est aussi parce que je te fais le même à la maison !
Octavia lui fait un clin d'œil, ce qui fait rire Clarke. Celle-ci entend Bellamy dans l'arrière-boutique déplacer des cartons et grogner à chaque fois à cause de l'effort. Octavia lui explique qu'il a mal dormi et qu'il est fatigué.
- Comment ça se fait ? demande Clarke en fronçant les sourcils. Quand je suis partie ce matin il était encore en train de dormir.
- Le patron l'a appelé vers huit heures pour lui dire de faire l'ouverture. Il a été assez contrarié.
- Vive le monde du travail…
Clarke entend un dernier grognement alors que Bellamy sort de l'arrière-boutique, un carton dans les mains. Il se tourne vers Octavia sans même apercevoir la présence de Clarke.
- Octavia, je t'avais dit de ranger les grains de café et de cacao, il n'y en a presque plus au comptoir !
- Excuse-moi mais tu es en train d'interrompre ma conversation avec ta petite amie, crétin.
Bellamy lève un sourcil avant de tourner la tête vers Clarke et enfin l'apercevoir. Clarke pose ses coudes sur le comptoir en lui souriant. Bellamy dépose finalement le carton auprès des pieds de sa sœur et se penche vers Clarke pour déposer un baiser sur ses lèvres.
- Alors comme ça tu as mal dormi ? demande Clarke.
- Pas à cause de toi, je te rassure, mais à cause de Murphy.
- Tu sais Bellamy, huit heures ce n'est pas si tôt que ça pour un homme normal.
- Sauf quand la petite amie de cet homme normal l'a gardé éveillé jusqu'à deux heures du matin…
Octavia racle sa gorge alors que Clarke commence à rougir. Octavia trouve finalement une excuse et part dans l'arrière-boutique pour fouiller dans des cartons. Clarke gratte nerveusement son cou.
- Tu n'étais pas obligé de dire ça devant elle…
- Ne t'inquiète pas princesse, Octavia doit se douter que nous entretenons des rapports sexuels…
- Tais-toi ! répond Clarke en regardant autour d'elle.
Bellamy rit en prenant le café de Clarke et en sortant un marqueur sur le côté. Clarke mord sa lèvre en attendant la phrase qu'il compte écrire. Il ne le fait plus à chaque fois maintenant, puisque c'est dur de trouver l'inspiration des fois. Apparemment, l'inspiration est revenu pour aujourd'hui. Bellamy termine sa phrase et tend le gobelet à Clarke. Celle-ci devient rouge tomate lorsqu'elle lit la phrase écrite : « Qu'est-ce qui a quatre jambes et n'a pas en ce moment même la plus belle fille dessus ? Mon lit. Tu veux régler le problème ? »
- Est-ce que tu rougis ? demande Bellamy en souriant.
- Pas du tout, ment Clarke.
- Octavia, prend le relai !
La sœur de Bellamy sort de l'arrière-boutique et va derrière la caisse tandis que Bellamy retire son tablier et contourne le comptoir. Il rejoint Clarke et passe des bras autour de sa taille avant de déposer un long baiser sur sa joue. Clarke sourit en enroulant ses bras autour de ses épaules.
- Je ne sais pas comment tu fais pour avoir de l'inspiration, dit-elle.
- C'est toi qui m'inspires.
- Bellamy…
- J'avais trouvé deux autres phrases, tu veux les entendre ?
Clarke hoche la tête. Bellamy sourit avant de balader son nez le long de sa mâchoire en faisant des allés retour. Il arrête finalement sa bouche devant son oreille avant de murmurer :
- Cette robe te va vraiment bien, mais elle serait mieux sur le parquet de ma chambre.
Clarke rit avant de reculer son visage pour pouvoir écraser ses lèvres contre les siennes. Tout se passe très bien entre Bellamy et elle, et cela ne l'étonne même pas. Ils s'entendent bien depuis des années déjà, donc maintenant qu'ils sont en couple depuis quelques mois… Tout est encore mieux. C'est passionnel entre eux, et ils sont réellement amoureux l'un de l'autre.
- Très fort, très fort.
- Attend, tu n'as pas entendu la deuxième.
- Est-ce que je devrais avoir peur ?
- C'est possible…
Bellamy la regarde et l'embrasse. Il fait passer une main dans son dos et le caresse de haut en bas, avant de mordre sa lèvre et la regarder.
- Le FBI souhaite voler mon pénis. Est-ce que je peux le cacher à l'intérieur de toi ?
Clarke éclate de rire avant d'enfoncer son visage dans son épaule. Bellamy rit également dans ses cheveux en resserrant ses bras autour d'elle. Clarke mordille lentement sa mâchoire.
- Je t'aurais bien proposé d'aller dans l'arrière-boutique, mais Raven et Wick sont sur le chemin, dit-elle.
- Ah… Tant pis. On mettra à exécution tout ce que je t'ai dit ce soir.
Il lui fait un clin d'œil tandis qu'elle rit. Bellamy dépose un baiser sur sa tempe avant de l'entraîner vers une table du café.
Bonjour !
J'ai l'impression que je me répète encore et encore, mais bon confinement à tous ! Cela va continuer encore quelques temps mais il faut penser à nos soignants, donc je reste à la maison et je ne bouge plus ! J'écris, je lis, je regarde des films, je fais mes devoirs... J'ai quand même de quoi m'occuper, heureusement ! J'espère que c'est le cas pour vous aussi et que vous ne vous ennuyez pas ! C'est un mauvais moment à passer mais au moins il faut se dire qu'on sera vraiment très heureux de sortir de ce confinement et de pouvoir aller dehors !
Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? J'ai beaucoup pensé à ma Géraldine en l'écrivant, puisque sa fanfiction CIE (Café, inconnu et écriture) a la même thématique, au final ! Donc j'en profite pour parler de sa magnifique fiction. Elle n'est toujours pas terminée mais on y travaille, ne vous inquiétez pas ! Elle va retrouver sa motivation, j'en suis sûre et je lui fais confiance.
On se retrouve dans deux semaines pour le prochain chapitre ! Je pense qu'à la fin du confinement je rapprocherai la publication des chapitres, mais j'attends encore un peu avant de le faire en tout cas, j'espère que vous comprenez. Je vous fais des bisous (de loin, bien sûr) !
- Amandine.
