SECRÉTAIRE
/!\ Ce chapitre contient des scènes de sexe assez explicites, donc n'hésitez pas à survoler quelques passages si cela vous gêne !
Clarke sent une larme déborder de son œil en écoutant le discours de sa patronne devant elle. Celle-ci explique combien elle a été heureuse de travailler dans ce bureau. Clarke regarde autour d'elle. Tout le bureau est présent, c'est-à-dire une vingtaine de personnes. Tout le monde pleure, bien-sûr.
- Et je souhaitais terminer ce discours en parlant de Clarke, dit finalement la patronne en tournant son visage vers la principale intéressée. Clarke a été mon assistante du début à la fin, et c'est grâce à elle que je suis restée aussi longtemps ici. Merci beaucoup, Clarke. Tu es une personne en or.
Tout le monde applaudit tandis que Jasper donne un coup de coude à Clarke avant de lui faire un clin d'œil. Clarke sait très bien qu'elle est en train de rougir mais, surtout, elle est en train de pleurer devant tout le monde. C'est très gênant, mais ce n'est pas comme si elle le faisait exprès. C'est très émouvant.
Jasper commence à rire à la fin du discours en la regardant. Il tend le bras et sèche rapidement ses larmes.
- Elle va me manquer, dit-elle finalement. J'adore Anya.
- Peut-être que le prochain patron sera encore mieux. Ne t'inquiète pas, Clarke, ça ira. Tu es la personne la plus professionnelle que je connaisse.
- On croise les doigts !
Ils se dirigent tous les deux vers le buffet, où des petits fours et des coupes de champagnes sont posés. Clarke prend une flûte entre ses doigts et en vide la moitié dans sa gorge, ce qui fait rire son collègue. Ils restent contre la table en regardant autour d'eux, notamment en critiquant les collègues qu'ils n'apprécient pas.
- Je la hais, marmonne Clarke.
- Echo n'est pas si méchante tu sais, lui dit Jasper. Elle travaille très bien, même.
- Je n'aime pas son caractère. Elle m'énerve.
- C'est toi qui m'énerve.
Clarke lève les yeux au ciel avant de continuer à regarder Echo. Elle tourne finalement les yeux sur le côté et tombe sur un homme, au loin. Clarke le fixe, la bouche ouverte. Celui-ci porte une chemise blanche, une veste noire et une cravate… Et il est magnifique. Elle le trouve vraiment beau, et c'est très rare lorsqu'elle pense une chose comme ça concernant un homme. Clarke donne un coup de coude à Jasper en lui montrant l'homme en avançant le menton.
- Est-ce que tu le connais ? demande-t-elle.
- Pas du tout, je ne l'ai jamais vu au bureau. Et toi ?
- Non ! Crois-moi, je m'en rappellerai si je croisais quelqu'un avec ce physique…
Clarke fronce les sourcils alors qu'elle voit sa patronne Anya s'approcher de ce bel inconnu et commencer à lui parler. Jasper lui demande ce qu'elle regarde mais Clarke se fige en voyant Anya et l'inconnu la regarder. Elle sent son sang se glacer lorsqu'Anya lui fait signe de s'approcher.
- Je crois qu'elle parle de toi, murmure Jasper.
- Je vais mourir, répond Clarke.
Jasper pose sa main dans le dos de son amie et la pousse légèrement en avant. Clarke prend son courage à deux mains et avance, sa flûte de champagne dans la main gauche. Elle sait qu'elle est toute rouge alors qu'elle croise le regard du jeune homme brun, aux cheveux bouclés. Anya lui fait un sourire.
- Clarke, je te présente Bellamy Blake. Il va me remplacer à mon poste.
- Ah bon ? demande Clarke en se sentant défaillir.
- Oui. Tu seras son assistante comme tu l'as été pour moi. Bien-sûr tu continueras ton travail de secrétaire à temps plein.
- Enchanté, dit alors ce fameux Bellamy.
Clarke sent de la chaleur au creux de son estomac en entendant la voix rauque de son nouveau… Patron. Celui-ci tend finalement sa main droite vers elle et Clarke tend la sienne. Ils se serrent la main en se regardant.
- J'ai hâte de travailler à vos côtés, murmure Clarke.
- Moi aussi, répond Bellamy. Je suis sûr qu'on fera du bon travail ensemble.
Clarke acquiesce avant de relâcher sa main. Elle se tourne vers Anya, qui commence à lui parler du parcours de Bellamy au sein de l'entreprise. Clarke hoche la tête et écoute consciencieusement mais sent le regard de son nouveau patron peser sur elle, ce qui la déstabilise énormément. Anya termine finalement son discours en tapotant le bras de Bellamy.
- Vous allez faire du bon boulot, j'en suis sûr, dit-elle en le regardant. Et avec Clarke avec vous, ce sera un très gros avantage.
- Je n'en doute pas.
Clarke attend un petit moment avant de leur dire qu'elle part manger des petits gâteaux au buffet. Elle marche vite jusqu'au buffet et croise le regard de Jasper. Elle fait quelques pas avant de se planter devant lui.
- Il est trop beau, pas vrai ? Je vais mourir.
- Qui c'est ? demande son ami.
- Bellamy Blake, le remplaçant d'Anya.
- Oh… Donc tu vas être…
- Son assistante, oui.
Jasper commence à rire alors que Clarke pousse un soupir en sentant de la chaleur arriver dans son visage. Elle reprend une nouvelle flûte de champagne devant elle en la vidant d'un seul trait.
- Je suis dans la merde, murmure-t-elle.
Jasper tapote son épaule par compassion. Clarke croise les bras et regarde Anya présenter Bellamy à plusieurs personnes. Celui-ci serre la main de tout le monde, un grand sourire sur son visage. Clarke se perd un peu en regardant ses dents si blanches, si droites, si parfaites. Au moins il a l'air gentil, c'est déjà un bon point.
[…]
Cependant, Clarke se rend compte après un mois de travail à ses côtés que Bellamy n'est pas gentil. Enfin… Il est gentil et cordial avec tout le monde, sauf elle. Elle ne sait pas ce qu'elle lui a fait, mais en tout cas il est très froid avec elle. Clarke ne comprend rien. Pourtant, elle fait bien son travail. Bon, d'accord, elle le contredit très souvent, mais elle faisait la même chose avec Anya. Clarke lui disait quand elle n'était pas d'accord avec elle, et c'est ce qui marchait entre eux. Bellamy, lui, ne semble pas apprécier ça…
- Clarke, réunion avec l'équipe dans cinq minutes, dit Bellamy en passant devant son bureau.
- J'arrive, marmonne la principale intéressée.
Clarke se lève de son bureau en soupirant et prend son cahier avec elle, au cas où elle doit noter des choses. Elle suit Bellamy et rentre dans la salle de réunion. L'un des autres patrons avec Bellamy est debout dans la salle, un rétroprojecteur à côté de lui. Clarke s'assoit sur la chaise à droite de Bellamy et écoute le début de la présentation. Elle tapote son crayon sur la feuille en regardant les diapositives. Elle regarde sa montre lorsque cela fait trente minute que le patron parle. C'est interminable, et elle commence sérieusement à s'ennuyer. Clarke griffonne quelques dessins sur sa feuille et sent au bout d'un moment le regard de Bellamy sur son cahier.
- Tu t'ennuies ? demande-t-il.
- Légèrement, murmure-t-elle sans lever la tête.
- Tu sais, Anya m'a vanté tes mérites lorsque je l'ai rencontrée. Elle ne m'avait pas dit que tu n'écoutais même pas pendant les réunions et que tu préférais dessiner sur tes cahiers.
Clarke se fige en entendant les paroles de son patron et lève la tête vers lui. Elle plonge ses yeux dans les siens et voit qu'il semble énervé, vu comment il serre sa mâchoire. Clarke soutient son regard en haussant un sourcil. C'est peut-être risqué vu qu'il est son patron, mais elle en a déjà assez. Elle se tourne finalement vers la présentation en fermant son cahier et en écoutant. Elle sait très bien que Bellamy la regarde, mais elle ne veut pas se tourner vers lui. Il est tellement beau… C'est du gâchis qu'il ait un putain de caractère comme ça.
- Fin de la présentation, merci à tous, dit finalement le patron en éteignant le rétroprojecteur.
Tout le monde se lève en un mouvement et part. Clarke voit Bellamy rester avec l'autre patron et lui parler. Clarke retourne dans son bureau – qui se trouve devant celui de Bellamy – et pose son cahier sur l'un des meubles. Elle entre finalement dans le bureau de Bellamy et reste debout en croisant les bras et en attendant son patron. Celui-ci rentre quelques minutes après et hausse un sourcil en la voyant. Il la contourne et reste debout derrière son bureau.
- Je peux t'aider ? demande-t-il.
- J'aimerais vous dire quelque chose, dit-elle.
Il soutient son regard quelques secondes. Clarke sent qu'il a envie de lui dire non, mais il acquiesce finalement.
- Je t'écoute.
- Déjà, je voulais vous dire que je suis quelqu'un de très professionnelle. J'adore mon travail, et je le fais sérieusement. Je fais tout mon possible pour aider les clients et aider mes collègues, dans la mesure du possible. J'étais une bonne secrétaire et assistante envers Anya, c'est pour ça qu'elle vous a parlé positivement de moi. Si vous trouvez que je n'ai pas été assez agréable avec vous, c'est surement parce que vous n'avez fait que m'humilier depuis que vous êtes ici, alors que je ne le mérite pas !
- Tu as fini ?
Clarke sent qu'elle est rouge à cause de son discours et qu'elle est surtout essoufflée, puisque sa poitrine se soulève de haut en bas de façon rapide. Clarke remarque alors le regard de Bellamy descendre rapidement vers son décolleté, avant de retourner vers ses yeux. Clarke se sent fébrile. C'est peut-être pour ça qu'il se comporte de cette façon avec elle ? Parce qu'il est… Attiré par elle ?
- Est-ce que tu pourrais sortir de mon bureau maintenant, s'il te plait ? demande-t-il calmement.
- Quoi ? Vous n'avez rien à répondre à ce que je viens de dire ?
- Pas vraiment.
Bellamy hausse les épaules et commence à ranger ses papiers sur son bureau, comme s'il se fichait royalement de ce qu'elle vient de faire dans son bureau. Clarke voulait qu'il se rende compte de son comportement, qu'il réalise que c'était mal mais il s'en fout.
- Je le crois pas, murmure-t-elle.
Bellamy ne relève même pas les yeux vers elle lorsqu'elle secoue la tête et part de son bureau en claquant la porte derrière elle. Clarke rentre dans le sien en s'adossant contre la porte. Elle n'arrive pas à y croire.
[…]
Trois mois. Ça fait trois mois et c'est pire que tout. Cette fois-ci, Bellamy ne lui fait plus de remarques cinglantes comme il en avait l'habitude. Non. Maintenant, il l'ignore complètement. Clarke ne sait même pas si c'est pire ou si c'est mieux, elle sait juste que c'est très agaçant. Il hoche la tête quand elle lui parle, il répond avec une ou deux syllabes mais il ne fait plus aucun effort.
- Je n'en peux plus Jasper, dit-elle le midi, alors qu'ils sont à la cafétéria. Il me sort par le…
- Je le sais, Clarke. Il faut que tu ailles le confronter à propos de ça.
- Je l'ai déjà fait mais il ne m'écoute pas.
- Crois-moi, avec la robe que tu portes, il va t'écouter. Je l'ai vu te reluquer ce matin. Je suis sûr que tu l'excites.
Clarke lève les yeux au ciel avant de prendre une gorgée de sa boisson. Aujourd'hui, elle porte une jolie robe, c'est un fait. Elle est noire, cintrée à la taille mais un peu plus fluide en dessous, et elle lui arrive au-dessus des genoux. En même temps, si elle s'est habillée comme ça, c'est parce qu'il y avait une réunion avec le PDG de l'entreprise ce matin. Elle voulait être présentable. Par contre, c'est vrai que les pinces qui tiennent son chignon commencent à la piquer. Des mèches s'échappent partout autour de son visage.
- Je ne vais pas m'empêcher de mettre une robe pour lui, marmonne-t-elle. Et je suis sûre que non, je ne l'excite pas.
- Il ne t'a pas parlé de la journée, répond Jasper. C'est peut-être parce qu'il sait qu'il te sauterait dessus directement.
- Il ne me parle jamais.
Clarke termine son repas et se lève pour pouvoir débarrasser son plateau. Jasper et elle sortent de la salle. Clarke souhaite se tourner vers lui pour lui parler mais percute violemment un torse. Elle s'apprête à basculer en arrière mais un bras s'enroule autour de sa taille pour l'en empêcher. Clarke pose ses mains sur le torse en question pour se stabiliser et lève le regard. Elle se fige en plongeant ses yeux dans ceux de Bellamy.
- Fais attention la prochaine fois, murmure-t-il.
Clarke hoche la tête. Bellamy la relâche et la contourne pour partir. Jasper regarde Clarke en haussant un sourcil.
- La tension sexuelle est palpable, dit-il.
- Oh la ferme.
Clarke retourne dans son bureau après sa pause déjeuner et pianote sur son clavier d'ordinateur en prenant les dossiers que Bellamy lui a confié la veille. Elle rentre toutes les données nécessaires et continue ainsi toute la journée. Jasper vient de temps en temps lui tenir compagnie et faire des pauses avec elle lorsqu'elle n'en peut plus. Heureusement pour elle, elle ne recroise plus Bellamy de la journée.
Clarke commence à soupirer lorsqu'il est un peu plus de vingt heures. Normalement elle est censée être partie depuis plus d'une heure, mais elle est en train de terminer un dossier compliqué. Tout le bureau est parti, et il ne reste plus que Bellamy et elle. Clarke s'apprête à se lever pour partir lorsque Bellamy entre dans son bureau, des dossiers dans la main.
- J'ai besoin que ce soit traité pour demain, dit-il en les posant sur son bureau.
- Mais il est vingt heures, répond-elle.
- C'est bien, tu sais lire l'heure.
Bellamy ressort du bureau sans même lui adresser un seul regard. Clarke pose ses yeux sur les nombreux dossiers, qui font chacun plus de dix pages. Elle commence à sentir son sang bouillonner sous sa peau. Il veut la guerre ? Alors il l'aura. C'est de l'exploitation, et c'est contre tout ce qu'elle défend. Il va voir ce qu'il va voir.
Clarke prend les dossiers et rentre tout à coup dans le bureau de Bellamy, sans même frapper. Bellamy lève tout à coup la tête vers elle, alors qu'il est assis sur sa chaise. Clarke jette violemment les dossiers sur son bureau. Elle se fiche qu'il soit son patron, elle se fiche qu'elle ait des mèches s'échappant tout autour de son chignon, elle se fiche que sa robe soit bien trop courte… Elle se fiche de tout.
- Alors ça, ça dépasse toutes les limites ! s'exclame-t-elle.
- Pardon ?
- Je suis en train de faire plus d'une heure supplémentaire qui ne sera pas payée et en plus vous voulez que je traite ces dossiers ? Je les ai feuilletés, ils vont me prendre une heure chacun !
- Sors de mon bureau !
- Non !
Bellamy se lève de sa chaise en lui faisant un regard noir. Clarke pourrait être impressionnée et avoir peur, mais elle s'en fiche. Quitte à se faire virer, tant pis, elle a besoin de lui dire ses quatre vérités.
- Ça vous plait ce pouvoir, pas vrai ? dit-elle.
- C'est toi qui commence à dépasser les limites dit-il. Je te conseille de sortir tout de suite.
- Les hommes et le pouvoir… Ça me rend dingue ! Dès qu'une femme vous contredit ça vous rend fou et vous devenez un tyran, c'est ridicule !
Bellamy contourne rapidement son bureau et prend l'avant-bras de Clarke entre ses doigts pour commencer à la pousser hors de la pièce. Cependant, celle-ci se débat. Elle plaque finalement son dos contre la porte du bureau et lui lance un regard noir.
- Ne vous avisez pas de me jeter hors de votre bureau sans m'avoir fait des excuses.
- Je suis ton patron !
- Et moi je mérite le respect !
Clarke ne bouge pas de place après cette phrase. Bellamy la regarde avant de serrer la mâchoire et d'avaler sa salive. C'est dans ce moment de faiblesse que Clarke baisse le regard et observe sa mâchoire puissante, les veines de son cou jusqu'à ses larges épaules. Ce moment ne dure que cinq secondes, mais c'est assez pour que Bellamy le remarque. Ce dernier hausse un sourcil en la regardant, et commence à avoir un sourire en coin.
- Je te plais, dit-il finalement.
- Quoi ? Je… Ça n'a aucun rapport avec notre discussion !
- Je viens de remarquer ton regard. Je te plais.
- Et alors ? J'ai remarqué vos regards, moi aussi. Je vous plais autant que vous me plaisez.
Bellamy continue à la regarder, avant d'ouvrir la bouche pour parler.
- C'est vrai.
Clarke n'a même pas le temps de réagir que Bellamy pose ses mains sur ses joues et écrase ses lèvres contre les siennes. Clarke ouvre la bouche, surprise, et Bellamy en profite pour approfondir le baiser et toucher sa langue avec la sienne. Clarke réalise que son patron est en train de l'embrasser, mais elle ne le repousse pas. Au contraire, la jeune femme passe ses doigts dans les cheveux bruns de Bellamy et répond avidement à son baiser. Elle gémit lorsque Bellamy fait passer l'une de ses mains derrière elle pour la poser sur ses fesses. Il pince légèrement sa peau avant de descendre sa bouche dans son cou.
- Cette robe m'a rendu dingue toute la journée, murmure-t-il contre elle.
- Désolée, répond Clarke.
- Tu ne te rends pas compte de l'effet que tu me fais…
- Montrez-moi, dans ce cas.
Bellamy relève la tête vers elle et la regarde une petite seconde, avant de l'embrasser à nouveau sur les lèvres. Il pose cette fois-ci ses deux mains sur les fesses de Clarke et la soulève du sol. Clarke s'accroche à son cou et dépose des baisers sur sa mâchoire. Elle sent de la chaleur au creux de son estomac lorsque Bellamy grogne après avoir mordu son cou. Clarke tourne légèrement la tête en voyant Bellamy balayer son bureau d'un coup de main. Tout tombe par terre.
- Les dossiers, dit Clarke entre deux baisers.
- Je m'en fiche, répond-il.
Bellamy pose Clarke sur le bureau et reprend d'assaut ses lèvres. Clarke ne se rend même plus compte de ses gestes, elle sait juste qu'elle est en train d'empoigner la cravate de Bellamy pour pouvoir le rapprocher encore plus d'elle. Elle cherche entre leurs deux corps jusqu'à tomber sur la ceinture de Bellamy, qu'elle défait rapidement. Bellamy gémit contre son cou alors qu'elle insère sa main dans son boxer pour le toucher.
- Clarke… murmure-t-il.
- Bellamy, répond-elle en retour.
- C'est la première fois que tu dis mon prénom, dit-il en l'embrassant.
- C'est peut-être parce que tu es mon patron.
Bellamy rit contre sa bouche. Clarke réalise qu'elle vient tout juste de le tutoyer, mais ça n'a pas semblé le déranger puisqu'il continue son baiser. Bellamy retire finalement la main de Clarke de son boxer et la regarde. Il la pousse légèrement, jusqu'à ce que le dos de Clarke soit contre le bureau et ses hanches contre les siennes. Bellamy se penche et embrasse son décolleté tout en descendant sa main et en la caressant par-dessus son sous vêtement. Clarke gémit son prénom, ce qui semble le rendre fou puisqu'il passe en dessous du tissu pour bouger ses doigts en cercle contre elle. Clarke ne peut s'empêcher de faire des va et vient contre sa main, mais elle sait que ce ne sera pas suffisant.
- Bellamy, j'ai besoin…
- Dis-moi, dit-il en déposant un baiser sur son menton.
- J'ai besoin de toi, gémit-elle. S'il te plait.
Et dire qu'il y a quelques minutes elle voulait qu'il s'excuse… Maintenant c'est elle qui le supplie. Cependant, elle ne regrette pas ses mots puisque Bellamy lui retire son sous vêtement et s'insère rapidement en elle. Clarke pousse un long gémissement avant de passer un bras autour de sa nuque pour l'embrasser. Elle lui murmure de se dépêcher, et il commence à bouger ses hanches en rythme contre les siennes. Clarke se rend compte qu'ils sont dans un building, que les grandes baies vitrées n'ont même pas de volets, mais elle s'en fiche royalement. Elle veut juste que Bellamy aille plus vite, et il semble lire dans ses pensées puisque c'est ce qu'il fait immédiatement.
- Tu es tellement belle, murmure-t-il contre sa peau.
Clarke ne peut même pas répondre tant son plaisir est intense, mais elle est contente de voir qu'il n'est pas qu'un connard, au fond… Et il sait vraiment ce qu'il fait. Elle n'a jamais connu un plaisir aussi intense avec quelqu'un. Bellamy prend soin d'elle, essaye de la toucher partout pour qu'elle puisse prendre du plaisir, et c'est ce qu'il lui fallait. Quelques mouvements de bassin plus tard, Clarke pousse un cri et atteint son orgasme, tandis que Bellamy lui murmure des paroles dans son cou en continuant à bouger en elle. Clarke continue à gémir et n'a qu'à attendre quelques secondes de plus pour que Bellamy vienne en elle, en poussant un grognement. Il s'étale sur elle pour réguler sa respiration en même temps qu'elle. Ils attendent quelques secondes, et Bellamy se redresse finalement pour se retirer. Clarke fait une petite grimace en sentant une petite douleur, mais se redresse sur le bureau et se met debout. Bellamy remet en place ses vêtements, et elle fait la même chose de son côté. Ils se regardent quelques secondes. Clarke sait que ce qui vient de se passer n'était qu'un coup de folie, donc elle s'apprête à partir. Cependant, Bellamy tend le bras et intercepte sa main. Il la regarde.
- Je m'excuse pour mon comportement. Je me tiendrai à carreau maintenant. Promis.
- Merci Monsieur Blake, murmure-t-elle en retour.
Ils gardent leur main l'une dans l'autre en continuant à se regarder. Finalement, Bellamy la relâche. Clarke sort du bureau en mordant sa lèvre.
[…]
Clarke pianote sur son clavier d'ordinateur en mordillant son stylo. Elle prend un dossier sur le côté qu'elle regarde et fronce les sourcils. Il y a un problème avec ce dossier, elle le sait. La jeune femme soupire en se levant de son siège et en sortant de son bureau pour toquer contre la porte de son patron. Elle entre au bout d'un moment lorsqu'il lui dit d'entrer. Clarke s'avance vers Bellamy et lui tend un dossier.
- Il y a un problème avec ce client, lui dit-elle.
- C'est-à-dire ? répond-il en continuant à regarder son écran d'ordinateur.
- Il y a un déficit d'une centaine d'euros dans son compte en banque.
Bellamy tourne finalement la tête en fronçant les sourcils. Il prend le dossier que Clarke lui tend et feuillette les pages.
- Où est-ce que tu as vu ça ?
- Page 6, vers l'encadré du… Attendez, je vous montre.
Clarke contourne le bureau de Bellamy et se met à côté de lui en reprenant le dossier entre ses mains. Elle prend la page 6 et repose le dossier sur le bureau, en essayant de retrouver l'endroit en question. Clarke sent les yeux de Bellamy rester sur elle, balayant son visage, son cou et ses clavicules. Elle ne se laisse pas perturber et pointe du doigt ce dont elle parlait tout à l'heure. Elle se remet droite tandis que Bellamy se concentre sur le dossier.
Cela fait plus d'un mois qu'il s'est passé ce qui s'est passé dans le bureau. Aucun des deux n'en a jamais reparlé, mais leur relation s'est considérablement améliorée. Ils ne sont pas amis, mais au moins Bellamy ne la traite plus comme une moins que rien. C'est déjà un très bon point. Bien-sûr, Clarke remarque des fois le regard persistant qu'il lui lance. Elle sait qu'il aimerait recommencer, et c'est son cas à elle aussi… Mais en même temps, ils savent qu'ils n'ont pas le droit. Pourtant, c'est sûr que Clarke adorerait refaire ça avec lui… Bellamy était parfait du début à la fin.
- Je vais recontacter Simons à propos de ça, je pense que tu as raison sur l'erreur. Merci.
- De rien, répond Clarke.
La jeune femme commence à partir mais s'arrête lorsque Bellamy appelle son prénom. Elle le regarde.
- Est-ce que tu vas à la fête de Jaha ce soir ?
Clarke attend une petite seconde pour se remettre les idées en place. Elle avait complètement oublié la soirée du PDG… Mais oui, elle ait qu'elle y va, puisque Jasper n'arrête pas d'en parler depuis une semaine déjà.
- Oui, j'y vais, répond-elle. Pourquoi ?
- Pour rien. On se verra ce soir, donc.
Bellamy ne dit rien de plus et se retourne vers son ordinateur, en continuant à travailler. Clarke tourne les talons et retourne dans son bureau en s'asseyant sur sa chaise. Elle mord sa lèvre. Une soirée à laquelle Bellamy sera… C'est une très mauvaise idée, et pourtant, elle compte être la plus potable possible.
Clarke G. : « Je vais faire du shopping en sortant du boulot pour la soirée chez Jaha, tu m'accompagnes ? »
Jasper J. : « Tu sais que je suis un mec, pas vrai ? »
Clarke G. : « Je ne vois pas le rapport. Et puis, justement, ça m'aidera encore plus. Je veux être jolie. »
Jasper J. : « Tu veux plaire au patron… »
Clarke G. : « Non. Je veux juste qu'il ne regrette pas d'avoir fait ce qu'on a fait. C'est tout. »
Clarke retrouve Jasper en fin de journée pour faire les boutiques. Bien-sûr, Jasper râle du début à la fin, sauf lorsque Clarke lui montre des robes. Il lui donne à chaque fois son avis, jusqu'à ce qu'ils tombent sur une robe courte bleue qui va parfaitement à Clarke. Celle-ci se regarde dans le miroir quelques instants.
- Il va tomber comme une mouche, lui dit son ami.
Clarke achète immédiatement la robe après avoir entendu les paroles de son collègue. Ils partent rapidement chez Clarke pour qu'elle puisse se préparer. Il est déjà plus de vingt heures lorsque Clarke termine de se maquiller. Elle boucle un peu plus ses cheveux qu'à l'habitude et les laisse tomber sur ses épaules. La jeune femme retourne dans le salon et rougit lorsque Jasper siffle en la voyant.
- Ne fais pas l'imbécile, dit-elle. C'est une soirée comme une autre.
- Tu veux juste draguer Bellamy.
- Ce n'est pas vrai, il y aura peut-être Gabriel ! J'adore Gabriel.
- Pas autant que le patron.
Clarke lui met une claque à l'arrière de la tête et lui dit de se dépêcher. Ils partent tous les deux avec la voiture de Jasper et arrivent quelques minutes plus tard au pavillon de Thélonious Jaha. Ce dernier les accueille avec un grand sourire.
- N'hésitez pas à aller vous servir au buffet, il y a de l'alcool.
- Ça c'est la meilleure chose qu'on ne m'ait jamais dite ! rétorque Jasper.
Clarke rit alors que Jasper prend sa main dans la sienne et l'attire vers le punch. Clarke s'en sert un verre et commence à en siroter. Jaha vient les voir pour leur demander s'ils vont bien et leur parle rapidement du travail. Clarke n'écoute qu'à demi-mot ses paroles puisqu'elle voit au loin Bellamy parler avec Echo, une autre employée du bureau. Clarke avale difficilement sa salive en voyant Bellamy porter un jean noir ainsi qu'un pull foncé qui fait ressortir ses épaules. Elle se sent encore plus fébrile lorsqu'elle voit des lunettes noires sur son nez. Elle ne savait même pas qu'il en portait.
- Je vais aller voir les autres, dit finalement Jaha. Passez une bonne soirée.
Jaha s'éloigne tandis que Clarke se tourne vers Jasper. Elle est déjà exaspérée de voir Bellamy parler avec la fille qu'elle déteste le plus dans le bureau.
- Ne sois pas jalouse, lui dit Jasper.
- Ce n'est pas le cas, mais il aurait pu choisir quelqu'un d'autre qu'elle, marmonne Clarke.
- Il n'arrête pas de regarder dans ta direction depuis tout à l'heure, si ça te rassure.
Clarke se fige une seconde, avant de tourner le visage vers Bellamy. Effectivement, celui-ci la regarde alors qu'Echo est juste devant lui, en train de lui parler. Clarke sent de la chaleur au creux de son estomac lorsqu'il balaye ses yeux le long de son corps. Clarke sursaute finalement alors que quelqu'un touche son bras.
- Clarke ! dit Gabriel avec un grand sourire. Ça faisait longtemps !
- Hé !
Clarke sourit alors que Gabriel la prend dans ses bras. Elle serre ses bras autour de son cou en gardant son sourire. Gabriel et elle se voient très rarement, mais ils se sont toujours aussi bien entendus… Et le fait qu'elle sait pertinemment que Bellamy est en train de la regarder alors qu'elle enlace quelqu'un d'autre la fait plus rire qu'autre chose. La jeune femme se sépare de Gabriel et le regarde.
- Alors le bureau, comment ça se passe ? Ta patronne est plutôt cool, non ? demande-t-elle.
- Elle se défend bien, répond-il. Et le tien ?
- J'aurais pu avoir pire.
Les deux continuent à parler pendant une bonne dizaine de minutes, jusqu'à ce que Jasper leur dise qu'il veut aller danser avec tout le monde. Clarke décide de ne pas y aller mais Gabriel prend sa main et l'attire avec lui. Clarke grogne mais se laisse finalement faire. Gabriel commence à la faire tourner autour de lui, et elle éclate de rire dans ses bras. Ils se balancent tous les deux. Jasper lui fait quelques fois des clins d'œil mais elle lève les yeux au ciel.
- J'ai chaud, dit-elle au bout d'un moment. Je retourne me servir un verre.
Gabriel hoche la tête en lui faisant un sourire. Clarke retourne au buffet et se sert un verre d'eau glacé. Elle le sirote doucement en regardant les gens danser autour d'elle. Clarke sent finalement quelqu'un se placer à côté d'elle, et elle sait immédiatement qui c'est grâce à son parfum.
- Tu t'amuses bien ce soir ? demande Bellamy en buvant une gorgée de sa boisson.
- Plutôt, oui. L'alcool est très bon.
- Et en plus tu as dégoté un bon danseur.
Clarke tourne le visage vers Bellamy, qui la regarde. Elle se disait qu'il était énervé mais non, il a un sourire au coin des lèvres.
- Et toi tu t'es fait une amie, répond-elle en le tutoyant, sans même s'en rendre compte.
- Echo ? Elle est sympa.
- Ouais, elle est très gentille de face. Par contre, de dos… Je ne dirais pas ça du tout.
- Est-ce que tu serais jalouse, Clarke ?
- Moi ? Non. Je ne le suis pas, je te l'assure. Tu peux faire ce que tu veux avec elle. Je m'en fous.
Clarke serre la mâchoire en continuant à regarder les gens devant. Elle sait très bien qu'il voit qu'elle est jalouse, il n'est pas stupide. Elle est énervée, et il commence à bien la connaitre maintenant. Clarke ne bouge pas mais le sens se rapprocher d'elle. Elle ferme les yeux lorsqu'il baisse légèrement la tête et frôle son oreille avec ses lèvres.
- Je suis très jaloux en tout cas, dit-il.
- Ah oui ?
- J'aurais largement préféré être à sa place qu'être en train de parler à Echo.
Bellamy retire sa bouche de son oreille, et Clarke ouvre les yeux. Elle sait déjà qu'elle est complètement excitée, et ça l'énerve de ne pas pouvoir se contrôler comme ça. Clarke baisse finalement les yeux en voyant Bellamy lui tendre sa main. Elle le regarde tandis qu'il lui fait un signe de tête. Clarke met sa main dans la sienne et il la tire avec lui en avant. Elle ne sait pas où ils vont, mais ils commencent à se diriger vers un coin sombre de la pièce. Ils débouchent tous les deux dans un couloir presque noir, désert de monde. Clarke décide de faire le premier pas, parce qu'elle ne supporte plus cette chaleur qui la brûle de l'intérieur. Elle tire sur le bras de Bellamy. Celui-ci se retourne vers elle, et Clarke l'attire par la nuque pour pouvoir l'embrasser. Pendant une petite seconde, elle a peur que celui-ci la repousse, mais c'est le contraire. Bellamy la plaque contre le mur le plus proche et répond à son baiser avec une force qui l'excite plus qu'autre chose. Il sépare sa bouche pour planter des baisers mouillés dans son cou et sur son épaule.
- J'étais jalouse, dit-elle, essoufflée.
- Quoi ?
- J'étais jalouse d'Echo, répond-elle. Tu avais raison.
Bellamy se redresse et reprend possession de ses lèvres. Il caresse avec l'une de ses mains son cou. Il recule un peu pour la regarder.
- Tu n'as aucune raison d'être jalouse, répond-il.
- Bien-sûr, répond-elle en levant les yeux au ciel. Elle est plus grande que moi, beaucoup plus mince que moi, mais tu as raison. Je n'ai aucune raison d'être jalouse.
Bellamy continue à la regarder et fronce les sourcils. Clarke avance un peu son visage et repose ses lèvres sur les siennes, mais, cette fois ci, Bellamy ne répond pas à son baiser. Il sépare sa bouche de la sienne alors qu'elle gémit de déplaisir.
- Ce que tu viens de dire est stupide, répond-il.
- On en parlera après.
- Clarke, tu sais que tu es jolie, pas vrai ?
Clarke soupire en tournant son visage sur le côté. Elle pensait juste passer sa soirée à embrasser Bellamy mais non, il faut qu'il complique les choses. Elle sait qu'il attend une réponse mais elle hausse les épaules en plongeant ses yeux dans les siens. Clarke n'a jamais eu confiance en elle, et elle sait que ce ne sera jamais le cas. Rien que d'avoir couché une fois avec un homme aussi beau et sexy que Bellamy… Elle n'arrivera jamais à le réaliser.
- Est-ce qu'on peut juste s'embrasser ? demande-t-elle finalement.
Bellamy ne répond pas tout de suite. Il attend un peu avant de hocher la tête et replonger en avant pour reprendre ses lèvres d'assaut. Cependant, cette fois-ci, ses baisers sont plus pressés, plus passionnés. Clarke s'accroche à lui mais est déjà à court de souffle au bout de quelques secondes. Bellamy dépose quelques baisers sur sa gorge avant de, tout à coup, s'écarter d'elle. Clarke s'apprête à lui demander ce qu'il fait mais il prend sa main et la tire en avant avec lui. Il pousse une porte tout au fond et la fait entrer à l'intérieur.
- Bellamy, on est dans une salle de bain, dit-elle.
- Exactement.
- Pourquoi ?
Bellamy a un sourire au coin alors qu'il pose ses mains sur ses joues et l'embrasse… Tendrement. Clarke soupire contre ses lèvres mais il ne lui laisse même pas le temps d'intensifier le baiser. Il la retourne tout à coup contre lui. Clarke se retrouve dos contre son torse, en face du miroir de la salle de bain. Bellamy frotte son nez contre son cou alors qu'elle le regarde faire dans le miroir, fascinée. Bellamy mordille le côté de sa mâchoire tout en la regardant en face.
- Qu'est-ce que tu fais ? murmure-t-elle.
- Je te prouve à quel point tu es belle, répond-il.
Bellamy fait passer l'une de ses mains tout au long de son corps jusqu'à glisser sous sa robe. Clarke pousse un petit gémissement lorsqu'il met de côté son sous vêtement pour commencer à la caresser. Tout en faisant ça, il dépose de nombreux baisers dans son cou et sur son épaule. Clarke est fascinée par ce qu'elle voit dans le miroir. En regardant ça, elle se rend compte qu'ils vont bien ensemble. L'arrière de son crâne est contre l'épaule de Bellamy, et elle réalise qu'elle a la taille parfaite pour lui lorsqu'il dépose un baiser sur sa tempe en se baissant légèrement. Clarke fait passer un bras autour du cou de Bellamy alors qu'il insère un doigt en elle. Clarke mord sa lèvre, et Bellamy plonge ses yeux dans les siens au travers du miroir.
- Regarde comme tu es belle, murmure-t-il à son oreille. Les joues rouges, les yeux brillants… Tu es une putain de déesse, Clarke.
Clarke gémit un peu plus fort en entendant ces mots et surtout lorsque Bellamy insère un deuxième doigt en elle. Elle agrippe ses boucles brunes avec ses doigts et s'agrippe au comptoir avec l'aide de son autre main. Heureusement que Bellamy a un bras passé autour d'elle, sinon elle serait déjà en train de s'écrouler sur le sol. Elle ferme les yeux lorsqu'elle sent son orgasme arriver dangereusement.
- Ouvre les yeux, lui ordonne Bellamy. Je veux que tu te regardes lorsque ton orgasme va arriver. Je veux que tu vois ton visage.
Clarke exécute ce qu'il lui dit alors qu'il accélère la cadence de ses doigts et la caresse là où elle le souhaite le plus avec son pouce. Quelques secondes plus tard, son orgasme explose autour des doigts de Bellamy tandis qu'elle se regarde dans le miroir. Elle est essoufflée, elle est toute rouge, mais oui. Elle est belle.
Bellamy ralentit progressivement ses doigts jusqu'à les retirer de son corps. Clarke le regarde faire alors qu'il les met dans sa bouche pour les essuyer. Il lui fait un clin d'œil et, finalement, sans un mot de plus, sort de la pièce. Clarke s'accroche au lavabo en essayant de reprendre ses esprits. Merde.
[…]
- Attends… Quoi ?
- Puis après, il a léché ses doigts et…
- Oh, Clarke ! Pas autant de détails, s'il te plait !
Clarke ne dit rien de plus et regarde Jasper devant elle. Elle a essayé de garder le secret pendant deux semaines, mais elle n'a pas pu tenir plus longtemps. Jasper est son confident, elle ne pouvait pas lui cacher ça indéfiniment.
- Pourquoi est-ce que tu ne me l'a pas dit plus tôt ? demande-t-il.
- Parce que j'avais honte ! rétorque-t-elle. Ça fait deux fois que quelque chose de sexuel se passe entre mon patron et moi, ce n'est pas normal Jasper ! Je suis quelqu'un de détraqué, ce n'est pas possible autrement.
- Tu es humaine, c'est tout.
- J'aimerais arrêter de l'être, dans ce cas !
Jasper lève les yeux au ciel alors que Clarke écrase son visage dans ses bras. Ce midi, ils ont tous les deux décidé d'aller manger ensemble ailleurs que dans la cafétéria du bureau pour parler de tout ça, justement. Clarke est complètement perdue. Elle s'entend de mieux en mieux avec Bellamy, mais depuis ces deux semaines rien ne s'est passé de plus. Elle en a marre, elle ne sait pas ce qu'elle devrait faire. Qu'est-ce que Bellamy attend d'elle ?
- Il faut qu'on y aille, dit Jasper en regardant sa montre.
- C'est parti…
Clarke et Jasper reprennent la voiture pour retourner au travail. Clarke marche très rapidement vers son bureau et s'y engouffre avec un soupir de soulagement. Elle essaye d'éviter le plus possible Bellamy depuis tout ça. Ce n'est pas contre lui, mais contre elle… Elle veut éviter de sentir son cœur tambouriner dans sa poitrine lorsqu'elle croise son regard. Elle en a marre.
Clarke termine sa journée dans le calme, traitant dossier sur dossier. Elle part une fois dans le bureau de son patron pour lui parler d'une nouvelle erreur, mais à part ça, ils n'ont aucune autre interaction. Clarke regarde sa montre et décide de partir lorsqu'il est dix-neuf heures. Elle frappe deux coups contre la porte de Bellamy et entre sa tête.
- Je vais y aller, dit-elle doucement.
- Oh, oui, bien-sûr. Bonne soirée Clarke.
- Vous restez encore un peu ? demande-t-elle.
- Combien de fois est-ce que je t'ai dit de me tutoyer ? dit-il avec un soupir.
Clarke sourit légèrement alors qu'il s'adosse contre sa chaise de bureau et la regarde, un sourire au coin des lèvres. C'est vrai qu'ils peuvent se tutoyer, après tout ça… Clarke croise les bras en ouvrant un peu plus la porte.
- D'accord, alors est-ce que tu restes encore un peu ?
- Je vais rester encore une bonne heure je pense, répond-il en passant une main dans ses cheveux. Je traite la famille Collins, donc…
- Oh, je vois… Bon courage alors. Ce ne sont pas les plus faciles.
- Ça c'est sûr… Rentre bien, princesse.
Bellamy semble réaliser ce qu'il vient de dire puisqu'il fronce les sourcils, ce qui fait rire Clarke. Cette dernière mord sa lèvre en raclant sa gorge.
- Princesse ? demande-t-elle.
- J'ai surtout pensé au mot déesse, mais ça allait te rappeler quelques souvenirs, dit-il d'une voix rauque.
Clarke sent ses jambes trembler sous elle en pensant à ce qu'il s'est passé la dernière fois qu'il l'a appelé déesse, notamment la place des doigts de Bellamy. Elle se sent rougir et dit bonne nuit à Bellamy, avant de sortir de son bureau. Elle prend ses affaires et file en vitesse, sortant à toute allure du bâtiment dans lequel elle travaille.
Clarke G. : « Il m'a appelée princesse. »
Jasper J. : « C'est tout mignon tout gentil. »
Clarke G. : « C'est surtout mon patron. »
Jasper J. : « Tu n'es plus à ça près je pense. »
Clarke rit en ouvrant la porte de son appartement lorsqu'elle voit le message de Jasper. Elle entre en faisant une caresse à son chat et part immédiatement dans sa cuisine. Elle est affamée. La jeune femme se prépare quelque chose à manger et se place devant la télévision. Elle sait qu'elle devrait être en train de bosser un dossier qu'elle a laissé en suspend avant de partir, mais elle veut juste regarder la télévision… Clarke mange son dessert en câlinant son petit chat Charlie. Elle range son salon, fait sa vaisselle, étend son linge… Tout pour ne pas sortir son ordinateur.
Pourtant, lorsqu'il est vingt-deux heures, Clarke n'a plus le choix. Elle prend son sac et cherche à l'intérieur. Soudainement, son sang se glace dans son corps. Son ordinateur portable. Elle est partie tellement rapidement qu'elle l'a oublié au bureau. Clarke met ses mains dans ses cheveux. Merde. Il fallait qu'elle ait bouclé ce dossier pour l'envoyer demain matin à la première heure. Elle pousse un gémissement, avant de mettre sa veste et prendre ses clés de voiture.
Clarke G. : « Est-ce que le bâtiment du travail est ouvert la nuit ? »
Jasper J. : « Je ne sais pas, ton badge doit marcher oui… Pourquoi ? »
Clarke G. : « Je dois y retourner, j'ai oublié mon ordinateur. »
Jasper J. : « Bonne route… »
Clarke démarre en écoutant de la musique sur la route. Elle est fatiguée, mais elle n'avait pas le choix. Elle arrive devant le bâtiment où elle travaille vers vingt-deux heures trente, et sort en trombe de la voiture. La jeune femme pousse un cri de victoire lorsque son badge fonctionne. Clarke avance jusqu'à son bureau et se fige en voyant le bureau de Bellamy toujours allumé et entrouvert. Clarke entre dans son bureau à elle pour prendre son ordinateur et hésite en voyant la porte de Bellamy. Elle s'avance de deux pas et la pousse un peu. Elle fronce les sourcils en voyant Bellamy la tête sur le bureau, en train de… dormir ? Clarke s'approche un peu et sourit en le voyant ronfler un peu. Elle avance sa main et secoue délicatement son épaule. Celui-ci se redresse en sursaut.
- Hein, quoi ? dit-il en regardant autour de lui.
- Bellamy, tu étais en train de dormir.
Bellamy tourne les yeux vers Clarke, la bouche formant un « o ». Il regarde finalement sa montre et pousse un soupir. Il se frotte le visage alors que Clarke croise les bras.
- Qu'est-ce que tu fais encore ici ? demande-t-il.
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question, répond-elle. Il est tard.
- Je suis toujours sur ce putain de dossier Collins, j'en ai marre.
Bellamy se frotte les yeux et tend finalement le bras pour prendre ses lunettes et les poser sur son nez. Clarke sent de la chaleur arriver dans son visage ainsi que dans son estomac en le voyant ainsi. Des lunettes Griffin, vraiment ?
- Tu vas bien ? demande Bellamy en haussant un sourcil.
- Oui, je… J'aime bien tes lunettes.
- Quoi ? dit-il en riant.
- Elles… Elles te vont bien. C'est tout.
Clarke détourne les yeux lorsqu'elle voit le regard de Bellamy se couvrir de désir, comme s'il avait compris qu'elle était attirée par lui avec des lunettes. Clarke racle finalement sa gorge et s'apprête à partir.
- Tu sais de quoi j'aurais besoin ? demande Bellamy.
- Je t'écoute.
- D'un câlin. J'aurais besoin d'un putain de câlin de ta part, mais je ne peux même pas te le demander parce que tu es mon employée et ce serait contraire au règlement.
Clarke lève un sourcil dans sa direction. Elle n'avait jamais vu Bellamy aussi suppliant, comme au bord des larmes tellement il est fatigué. Clarke ouvre la bouche.
- Tu sais, dit-elle, je pense qu'on a fait bien pire. Un câlin n'est pas une demande démesurée.
Bellamy commence à sourire en la regardant, avant de tendre ses bras dans sa direction. Clarke s'approche de lui en déposant son sac sur le sol et s'assoit sur ses genoux, en nouant ses bras autour de son cou. Bellamy enfouit directement son nez dans son cou en respirant son odeur, et Clarke glisse ses doigts dans les cheveux bruns de son patron en lui faisant quelques massages. Bellamy gémit contre elle. Clarke sourit en se rendant compte qu'il n'y a rien de sexuel entre eux en ce moment même, c'est juste un instant de tendresse entre deux personnes qui sont juste fatiguées.
Bellamy sépare un peu son visage et plonge ses yeux dans les siens. Clarke pose une main sur sa joue avant de s'avancer pour l'embrasser sur les lèvres. Ça c'est quelque chose qu'elle n'aurait pas dû faire, mais elle n'a même pas pu s'en empêcher. Bellamy frotte son nez contre le sien en souriant.
- Ça, par contre, ce serait contraire au règlement, dit-elle finalement.
- Il est écrit dans mon contrat qu'il fallait que j'essaye de m'intégrer à l'équipe, c'est plutôt pas mal non ?
- Oui, tu t'intègres très bien…
Bellamy rit avant de déposer un dernier baiser sur les lèvres de Clarke. Celle-ci se redresse un peu tout en restant sur ses genoux et se penche pour prendre le dossier de Collins dans ses mains.
- Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-il.
- Je t'aide.
- Rentre chez toi, Clarke. Je vais me débrouiller, ne t'en fais pas.
- Travail d'équipe, murmure-t-elle.
Clarke prend un stabilo devant elle et commence à surligner quelques lignes sur le dossier Collins. Bellamy garde ses bras autour d'elle et somnole sur son épaule, en répondant à ses questions de temps en temps. Clarke continue à travailler pour boucler ce dossier. Elle a envie de dormir lorsqu'elle sent le souffle chaud de Bellamy dans ses cheveux, mais elle se bat contre ses paupières qui se ferment.
- Le fils Collins est sur leur dossier fiscal c'est ça ? demande-t-elle en lisant un paragraphe.
- Je crois, marmonne Bellamy.
Clarke tape quelques mots sur le clavier d'ordinateur de Bellamy et termine au bout d'une vingtaine de minutes ce qu'elle avait à faire. Elle sourit et se replace dans les bras de Bellamy. Celui-ci la serre un peu plus contre lui en caressant son bras de haut en bas.
- Je suis vraiment fatiguée, murmure Clarke.
- Est-ce que tu veux que je te dépose chez toi ? demande Bellamy.
- Non, j'ai pris ma voiture.
- Est-ce que tu veux que je te dépose chez moi, dans ce cas ?
Clarke hausse un sourcil avant de se redresser pour regarder Bellamy. Il soutient son regard une petite seconde, avant de se pencher en avant pour caresser ses lèvres avec les siennes. Clarke sourit contre sa bouche.
- Serait-ce une invitation à dormir dans ton lit ? demande-t-elle.
- Je n'en sais rien, tu peux dormir sur le canapé si tu préfères…
- Ton lit me convient très bien…
Bellamy sourit avant de se lever de son siège, elle dans ses bras. Clarke rit contre son cou.
[…]
- Clarke, on y va.
Clarke acquiesce en entendant la voix de Bellamy et rassemble ses affaires devant elle. Elle essaye de lisser un peu sa robe avant de sortir de son bureau pour aller dans la salle de réunion. La jeune femme est très stressée parce qu'elle doit faire une présentation devant le PDG de l'entreprise et devant beaucoup de patrons. Elle sait qu'elle est prête, mais elle est très angoissée. Ce n'est pas tous les jours qu'une chose comme ça arrive, donc il faut qu'elle assure un maximum. Le fait qu'il y ait Bellamy à côté d'elle va peut-être l'aider à s'apaiser, et encore…
Clarke entre dans la grande salle et trouve une place à côté de Bellamy. Elle pose ses feuilles et ses dossiers sur la grande table devant elle et attend. Le PDG lui fait un sourire et s'adresse à tout le monde.
- Bonjour à tous et merci d'être présents avec nous ! On a pas mal de choses à faire.
Le PDG commence à parler de sujets importants et Clarke note tout sur son cahier, pour ne pas en rater une miette. La jeune femme voit Bellamy retenir ses bâillements à côté, ce qui l'amuse. Il n'a jamais aimé ce genre de réunions, donc ça n'étonne même pas Clarke. Elle se demande même pourquoi il se torture à venir ici.
Clarke sursaute légèrement alors qu'elle sent une main se poser sur sa cuisse. Elle tourne rapidement la tête vers Bellamy, mais celui-ci continue à regarder devant, comme si de rien n'était. Clarke s'apprête à lui dire d'enlever sa main pour ne pas la perturber mais le PDG s'adresse tout à coup à elle.
- Mademoiselle Griffin, vous pouvez commencer votre présentation.
- Je… Oui, bien-sûr.
Clarke prend l'une des feuilles devant elle avec une main tremblante et commence à expliquer le dossier qu'elle traite en ce moment à tous les patrons. Clarke essaye de faire au mieux, mais elle sent la main de Bellamy remonter peu à peu sous sa robe, son pouce caressant l'intérieur de sa cuisse. Clarke aimerait mettre sa main sur la sienne pour l'empêcher de remonter mais elle doit tenir un pancarte vers ses patrons pour leur montrer ses graphiques.
- Le site aurait un portail vers les placements fiscaux de… de nos clients et… et…
Clarke doit lutter pour ne pas pousser de gémissement quand elle sent les doigts de Bellamy voyager de haut en bas le long de son sous vêtement. L'un de ses doigts franchit la barrière du tissu pour la caresser. Clarke termine à toute vitesse sa présentation, et les patrons se regardent en commençant à se poser des questions. Clarke passe alors sa main sous la table et la plaque sur celle de Bellamy, pour l'empêcher de continuer. Elle était à deux doigts de l'orgasme, elle le sait, et elle sait aussi qu'elle n'aurait pas pu être discrète. Bellamy ne bouge plus sa main et répond à quelques questions, sans avoir l'air perturbé une seule fois. Il retire finalement sa main lorsque les patrons se lèvent pour se dire au revoir.
- Merci pour cette présentation, mademoiselle Griffin, dit l'un d'eux. C'était très intéressant.
- Je suis contente que ça vous ait plu, répond-elle.
Clarke serre la main de tout le monde et sort du bureau en premier. Elle s'avance avec des pas rapides dans le couloirs et entre immédiatement dans le bureau de Bellamy, sans même lui avoir demandé la permission. Bellamy la suit et ferme la porte derrière lui. Il commence à s'approcher vers Clarke les bras tendus, comme s'il voulait l'enlacer, mais Clarke tend ses mains et le pousse au niveau du torse. Il fronce les sourcils.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-il.
- Tu te fous de ma gueule, pas vrai ?
- Quoi ?
- Tu… Tu m'as touchée pendant une présentation devant plusieurs patron et devant le PDG de la boîte !
Bellamy attend une petite seconde.
- Je… Je suis désolé si tu n'en avais pas envie, répond-il. Je pensais…
- Tu pensais quoi ? Que j'allais aimer ça ? Que j'aimais être ridiculisée devant des gens hauts placés ?
- Ridiculisée ? Tu n'as pas…
- J'étais rouge, j'étais gênée, et tu as tout gâché ! Tu m'as décrédibilisée dans mon travail Bellamy.
Clarke sait qu'elle est rouge en ce moment même. Elle sait que c'est parce qu'elle est en colère, mais c'est aussi à cause de beaucoup de choses en même temps. Elle en a marre d'être à un stade où elle ne sait plus ce qu'ils sont. Elle ne sait plus.
- Très bien, je ne le referais plus, dit alors Bellamy. Je te présente mes excuses, d'accord ? Dis-moi que tu les acceptes.
- Qu'est-ce que je suis pour toi ? demande tout à coup Clarke.
- Quoi ?
- Une distraction ? Un amusement ? Un jouet, un plan cul ?
Bellamy ne répond pas. Clarke plonge ses yeux dans les siens, et voit qu'il est blessé par ses propos, mais c'est trop tard. Elle ne peut plus reculer. Elle soutient son regard parce qu'elle souhaite qu'il lui dise qu'elle a tort, qu'il lui dise qu'il l'apprécie beaucoup, qu'il aimerait avoir une vraie relation avec elle… Mais il ne dit rien. Il balbutie.
- Je… Je ne sais pas, dit-il. On… On s'aime bien et on s'amuse bien, c'est tout ce qui compte pas vrai ?
Clarke secoue la tête. Elle sent des larmes arriver dans ses yeux parce que ce n'était pas la réponse qu'elle attendait. Non.
- Tu sais quoi ? dit-elle finalement. C'est terminé. On arrête tout.
Clarke s'avance d'un pas vers la porte mais Bellamy se place devant elle en posant ses mains sur ses bras. Il ne dit rien, il baisse juste la tête vers elle, avec des yeux suppliants. Il ouvre la bouche au bout d'un moment.
- Clarke, je t'en prie…
- Vous êtes mon patron, je suis votre assistante. C'est fini.
Clarke sait qu'elle a utilisé le vouvoiement pour prouver qu'elle est sérieuse, même si cela la blesse de faire ça, et cela semble aussi blesser Bellamy. Clarke le contourne et ouvre la porte de son bureau, avant de rentrer dans le sien. La jeune femme s'écrase dans son siège, des larmes débordant de ses yeux. Elle est contente de voir qu'il ne l'a pas suivie, c'est ce qui est le plus important. Elle ne pas qu'il la voit dans cet état.
Clarke sait qu'elle a pris la bonne décision, même si ça fait très mal.
[…]
Jasper J. : « Il me fait de la peine. »
Clarke G. : « Ça fait deux semaines. Il va s'en remettre. »
Jasper J. : « Je l'ai croisé tout à l'heure. Il m'a à peine dit bonjour lorsqu'il a vu que c'était moi. »
Clarke met son téléphone de côté en secouant la tête. Ce n'est même pas une rupture, Jasper raconte n'importe quoi. C'est vrai que Bellamy passe beaucoup plus de temps dans son bureau maintenant qu'ils ne se parlent plus, mais peut-être qu'il a plus de travail… En tout cas, à chaque fois que Clarke vient lui parler de quelque chose, il est tout le temps sur son ordinateur et lui adresse à peine un regard. Tout est redevenu comme avant, comme s'ils étaient de simples inconnus… Et ce n'est pas plus mal. Clarke peut essayer de l'oublier, au moins, même si c'est très difficile.
Jasper J. : « Je vais prendre ma pause, je suis devant le distributeur, tu te ramènes ? »
Clarke G. : « J'arrive tout de suite. »
Clarke se lève, son téléphone dans la main, et pousse la porte de son bureau. Elle se fige alors que Bellamy sort de son bureau au même moment, juste devant elle. Ils se regardent, sans bouger. Clarke sent des papillons au creux de son ventre lorsqu'elle voit le visage de Bellamy, mais commence à s'inquiéter. Il semble… Il semble triste.
- Je vais aller me chercher un café, dit-elle finalement.
- D'accord.
Clarke ne dit rien de plus. Elle part dans le couloir et marche rapidement jusqu'au distributeur. Elle se place à côté de Jasper et vérifie derrière elle. Bellamy ne l'a pas suivie, heureusement. Elle explique rapidement à Jasper ce qui vient de se passer, et celui-ci rit.
- Sympa cette situation, dit-il. Tu es censée être sa secrétaire et l'épauler.
- Je le sais, mais c'est récent. C'est encore difficile.
Jasper hausse les épaules. Ils restent tous les deux une bonne dizaine de minutes ensemble, à essayer de parler de tout sauf de Bellamy et Clarke. Cette dernière repart finalement dans son bureau pour réétudier des dossiers en cours en silence, comme à son habitude.
La fin de journée arrive rapidement, et Clarke prend un dossier qu'elle doit déposer sur le bureau de Bellamy. Elle frappe deux fois à la porte et attend qu'il lui dise d'entrer, ce qu'il fait. Clarke avance de deux pas et dépose le dossier dans ses mains, en le regardant.
- Dossier Reyes. Vous avez plusieurs jours pour le traiter, mais les clients sont assez pressés.
- D'accord, je vais faire ça ce soir.
Clarke hoche la tête, avant de tourner les talons. Elle s'approche de la porte pour pouvoir sortir mais hésite. Elle pousse finalement un soupir et reste dans le bureau, en fermant la porte. Elle se tourne vers Bellamy.
- Ne faites pas ça ce soir. Vous avez l'air fatigué en ce moment, et je vous ai dit que vous aviez le temps. Il n'y a pas d'urgence.
- Arrête de me vouvoyer, je t'en supplie, répond-il en fermant les yeux. Tu n'imagines pas à quel point ça me fait du mal.
Clarke ne répond pas, elle baisse simplement les yeux. Ça lui fait du mal à elle aussi. Bellamy pousse un soupir et se lève de son siège. Il se rapproche d'elle mais reste quelques pas derrière, comme pour ne pas l'effrayer. Clarke le regarde.
- Tu me manques, dit-il finalement.
- Bellamy…
- Ça me tue. Ça me tue de ne plus être proche de toi.
Bellamy ne dit rien de plus, mais Clarke voit ses yeux s'embuer de larmes, et ça lui suffit pour avoir un instant de faiblesse. La jeune femme s'approche de lui et entoure sa taille de ses bras, le serrant contre lui. Bellamy pousse un soupir contre ses cheveux blonds et passe ses bras autour d'elle, en caressant avec une main sa nuque. Clarke sépare son visage le temps de poser une main sur sa joue et l'embrasser sur les lèvres. Elle sait qu'elle ne devrait pas, mais ce moment de vulnérabilité venant de Bellamy a suffi à détruire tout ce qu'elle s'était dit. Bellamy soupire contre ses lèvres avant de lui rendre son baiser. Clarke reprend son souffle au bout de quelques secondes, ce qui laisse le temps à Bellamy de parler.
- Ce qu'on faisait n'était pas un jeu pour moi, dit-il. Tu me plais beaucoup, Clarke. Merde, je suis sûr d'être amoureux de toi en ce moment même.
- On ne peut pas, on…
- Je veux être avec toi. Je veux qu'on soit ensemble. Je suis prêt à démissionner pour ça.
Clarke ne répond rien, elle sent juste une larme rouler le long de sa joue. Elle dépose un léger baiser sur sa joue en soupirant. Elle sait quoi répondre à ça.
[…]
- Et c'est avec un grand plaisir que je passe le flambeau à Miller, qui sera un excellent patron pour vous.
Clarke serre sa coupe de champagne entre ses doigts et sourit en voyant Bellamy rire avec Miller, son collègue mais surtout son meilleur ami. Jasper se place à côté d'elle et la regarde.
- Ça y est, vous allez enfin pouvoir être ensemble, lui dit-il.
- Trois mois… C'est passé vite.
- Menteuse.
Clarke rit. Cela fait trois mois que Bellamy et elle se sont embrassés dans son bureau. Lorsque Bellamy lui a dit qu'il voulait être avec elle, Clarke lui a dit qu'elle aussi… Mais avec quelques conditions. Elle ne voulait plus sortir avec son patron, donc Bellamy a pris la décision d'aller dans une autre entreprise. Cela fait donc trois mois qu'ils s'empêchent d'être en couple, en attendant que sa démission soit officielle… Ce qui est maintenant le cas.
- Je vais laisser Miller venir vous voir un par un pour se présenter, dit finalement Bellamy à l'assemblée.
Clarke pose son verre derrière elle et applaudit avec tout le monde. Bellamy s'avance rapidement vers elle et la soulève de terre, en l'enlaçant. Clarke rit en voyant la réaction surprise de tout le monde autour d'eux. Bellamy la repose au bout d'un moment sur le sol et l'embrasse.
- Depuis le temps que j'attendais ça !
- L'attente vaut le coup, pas vrai ?
- Ça c'est sûr…
Bellamy l'embrasse à nouveau alors qu'elle rit. Clarke se niche dans ses bras en fermant les yeux. Tout va bien, désormais.
Bonjour à tous !
C'est bon, je passe à un chapitre par semaine, puisque c'est le confinement ! Puis ça restera comme ça un certain temps, jusqu'à ce que je n'ai plus de chapitres à publier, mais j'en doute ! L'inspiration est toujours très présente de mon côté. Comme toujours, j'espère que vous allez bien ! Plus que trois semaines de confinement, si tout va bien... Surtout restez chez vous, c'est important. C'est comme ça que nous allons vaincre ce virus !
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, et je suis désolée s'il vous a semblé un peu trop "chaud". Le confinement me monte à la tête, je crois, donc attendez vous à ce que je publie des chapitres assez décrits au niveau du sexe... Mais je préviendrai toujours en début de chapitre, pour que vous ne soyez pas surpris !
Je vous fais des bisous et je vous dis à la semaine prochaine !
- Amandine.
