BADBOY
Raven R. : « Où est-ce que tu es ? »
Clarke G. : « J'arrive, j'arrive. »
Raven R. : « Tu es en retard de dix minutes, le prof va te tuer. »
Clarke G. : « Il va s'en remettre. »
Clarke pousse les portes du lycée et marche tranquillement dans les couloirs, les mains dans les poches. Elle continue à mâcher son chewing gum avant de regarder sur son téléphone le cours de ce matin. Sa mère était en train de lui crier dessus ce matin pour tout et n'importe quoi, donc Clarke n'a même pas eu le temps de regarder son emploi du temps. La jeune lycéenne approche de sa salle de classe et frappe deux coups contre la porte avant d'entrer.
- Mademoiselle Griffin, toujours en retard, dit le professeur en croisant les bras.
- Je ne suis jamais en retard, c'est vous qui êtes en avance, répond-elle en haussant une épaule.
- Je vois qu'on n'a pas perdu notre insolence cet été… répond-il. Chewing gum dans la poubelle avant d'aller t'asseoir.
Clarke lève les yeux au ciel avant de faire ce qu'il lui dit et de s'asseoir à sa table. Elle regarde sur son côté droit et est étonnée de voir Bellamy sur la table d'à côté. Le professeur a dû réorganiser toute la classe, apparemment. Clarke sort son téléphone de sa poche et le pose sur la table pour l'avoir sous la main. Elle prend son cahier de croquis et commence à dessiner sur l'une des pages blanches. Elle débute avec une petite fleur, qui grossit au fur et à mesure qu'elle rajoute des pétales.
- Clarke, dit le professeur.
- Quoi ? demande-t-elle sans même lever la tête.
- Tu pourrais faire semblant de m'écouter, au moins.
- À quoi bon, Monsieur ? rétorque-t-elle. C'est exactement le même cours que l'année dernière pompé sur Wikipédia. Vous ne trompez personne, vous savez.
Un silence de plomb s'abat dans toute la classe, tandis que Clarke lève la tête pour fixer son professeur. Elle est peut-être allée trop loin mais au stade où elle en est, elle s'en fiche royalement. Son comportement n'étonne plus personne, désormais. Clarke ne compte plus le nombre de fois où elle a été collée ou en conseil d'observation. Clarke dévie son regard vers son téléphone lorsque l'écran s'allume.
Raven R. : « Badboy. Ou devrais-je dire Badgirl ? »
- Ce sera une heure de colle pour toi demain, Clarke, lui dit son professeur.
- Une de plus ou une de moins… murmure-t-elle pour elle-même.
Clarke sent les yeux de Bellamy se diriger vers elle lorsqu'elle prononce cette phrase. La jeune lycéenne lève un sourcil dans sa direction.
- Quoi ? demande-t-elle. Tu veux ma photo ?
- Non, j'aurais peur de brûler en la regardant, répond-il.
- Pardon ?
- Oh, excuse-moi, je t'ai vexée peut-être ?
- La ferme, Bellamy.
Clarke reprend son cahier de dessin et baisse bien la tête pour que ses cheveux cachent ses rougeurs. Elle n'arrive pas à croire que quelqu'un vient de répondre à l'une de ses attaques, d'autant plus que c'est Bellamy. Elle secoue la tête. Bellamy est l'un de ses voisins de maison, et c'est le gros geek de la classe. Il est toujours sur sa console et il porte tout le temps des lunettes tellement ça lui fait mal aux yeux. Clarke lui jette un rapide coup d'œil. Bellamy est très agréable à regarder, mais son comportement gâche tout chez lui. Premier de la classe, toujours fourré avec deux garçons bizarre, Jasper et Monty… Il est anti-populaire, alors que Clarke est tout le contraire. Elle a su se différencier et être aimée grâce à tout ce qu'elle a pu faire, ce qui n'est pas le cas de Bellamy. Et maintenant il riposte à ses attaques ? Ça c'est étonnant.
- Bellamy ! s'exclame le professeur. On n'utilise pas sa console en classe, tu le sais très bien !
- Désolé mais j'ai un niveau à terminer, marmonne Bellamy sans quitter les yeux de sa console.
- Heure de colle demain pour toi aussi, répond le professeur. Et console confisquée jusqu'à la semaine prochaine.
Le professeur prend la console et la fourre dans le bureau. Clarke croise les bras et sourit avant de se tourner vers Bellamy pour ricaner. Celui-ci remonte ses lunettes sur son nez en la regardant.
- Quoi ? demande-t-il.
- Toi sans console, ça va être dur ! Ne pleure pas, Bellamy, tu vas y arriver.
- C'est fou, je ne savais pas que je t'intéressais à ce point, princesse.
- Ne m'appelle pas comme ça. Et tu ne m'intéresses pas.
- Ah oui ? Pourtant c'est toi qui me parle.
Clarke tourne la tête pour arrêter la conversation et regarde devant elle en sentant encore et toujours les yeux de Bellamy sur elle. Clarke ne pensait pas qu'il allait lui répondre comme ça, normalement personne ne lui parle sur ce ton. Personne.
[…]
« En quoi ces scènes du Rouge et le Noir supposées être romantique se trouve être, en réalité, des scènes d'affrontement personnel de Julien ? »
Clarke soupire avant de sortir une feuille de brouillon de son sac pour commencer à élaborer un plan pour répondre à cette question de littérature. Elle n'est même pas obligée de travailler durant son heure de colle, mais elle n'a que ça à faire. Bellamy est à l'opposé de la classe et semble travailler, lui aussi. Clarke prend son crayon à papier et commence à faire quatre colonnes, un pour chaque texte. Elle récolte des informations sur chaque et se met à la tâche pour essayer de trouver une introduction. Le professeur qui les surveille reçoit un appel au bout d'un moment et décroche, alors que Clarke le regarde en haussant un sourcil. Elle n'a pas le droit au portable et lui oui ? Elle croise les bras en le regardant tandis qu'il se lève.
- J'ai un souci personnel, dit-il. Il vous reste quinze minutes jusqu'à la fin de cette heure. Est-ce que tu sauras te tenir à carreau, Clarke ?
- Pourquoi vous ne le demandez pas à Bellamy ?
- Parce que je suis exemplaire moi, répond ce dernier.
- Tu es surtout un abruti !
Le professeur soupire avant de redire à Clarke de bien se tenir. Il sort de la classe alors que Clarke fulmine sur sa chaise. Elle se retourne vers Bellamy lorsqu'elle entend de la musique. Elle ouvre grand la bouche. Apparemment Bellamy vient de sortir son téléphone portable et écoute de la musique avec ses écouteurs… Et ça semble vraiment être de la musique horrible. Clarke attend quelques secondes avant de prendre son cahier et ses affaires, se lever et s'asseoir violemment à côté de son camarade de classe. Elle tend le bras et arrache un écouteur de son oreille.
- Hé ! s'exclame Bellamy.
- Tu mets la musique beaucoup trop forte dans tes écouteurs et en plus tu écoutes de la merde, lui dit-elle.
- Comment ça de la merde ?
- Imagine Dragons, sérieusement ? Écoute plutôt Cranberries, au moins tu auras du goût.
Bellamy lève un sourcil dans sa direction et ne répond rien de plus. Clarke se replace sur sa chaise et adosse son dos à celle-ci. Elle tapote son stylo sur la table en regardant le plan de corpus qu'elle vient de faire. Elle fait quelques flèches à gauche et à droite pour essayer d'articuler les idées ensemble. Clarke se fige lorsqu'elle voit le bras de Bellamy se tendre vers elle et prendre sa feuille.
- Vas-y permets-toi ! s'exclame Clarke en essayant de reprendre la feuille.
- C'est vraiment pas mal, princesse.
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça, espèce de geek de…
- Geek n'est pas une insulte, sache-le.
Clarke serre les dents alors que Bellamy commence à lire le plan qu'elle a fait quelques minutes avant. Il sourit au bout d'un moment, ce qui étonne Clarke. Celle-ci fixe son visage un moment. Elle ne l'avait jamais vu sourire, quand elle y repense.
- C'est vraiment bien, dit-il.
- Bien-sûr que c'est bien, je ne suis pas aussi stupide que toi. Maintenant rends-moi ça.
Clarke reprend sa feuille et l'arrache des mains de Bellamy. Celui-ci la regarde alors qu'elle fourre le papier dans son sac. Elle se remet sur son siège et croise les bras. Bellamy ouvre la bouche.
- Tu n'es qu'une apparence, dit-il.
- Je te demande pardon ? demande-t-elle, de la surprise sur le visage.
- Tu es intelligente, Clarke. Je te connais depuis le collège, tu as toujours eu des bonnes et tu as toujours été exemplaire. Maintenant tu as des zéros, tu insultes les professeurs, tu vas en heure de colle ? Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans ta vie mais il faut que ça change. Tu as du potentiel. Tu peux arriver loin.
Clarke regarde le tableau en face d'elle en sentant des larmes arriver dans ses yeux. Personne n'est au courant pour elle, personne ne sait à quel point elle souffre, personne ne l'a remarqué… Sauf Bellamy, apparemment. Clarke aurait aimé que quelqu'un d'autre s'en rende compte, mais non. C'est son stupide camarade de classe et voisin qui a tout compris.
Avant qu'elle ne comprenne ce qui se passe, une larme roule sur sa joue. Clarke renifle mais ne l'essuie pas. Elle sent les yeux de Bellamy sur elle alors qu'elle parle.
- Tu ne sais rien de moi, murmure-t-elle.
- Non, et c'est ça le problème. Personne ne sait rien sur toi. Peut-être que tu devrais en parler.
- Tu t'improvises psychologue, maintenant ? Retourne jouer à ta console et laisse-moi tranquille.
- Princesse…
- Je m'appelle Clarke, tu es sourd ? Arrête de me parler, Bellamy. Ça suffit. Je n'en vaut
pas la peine.
Clarke murmure ces derniers mots parce qu'elle les pense. Bellamy ouvre la bouche pour commencer à parler mais elle ne lui laisse pas le temps. Clarke se lève rapidement de sa chaise, récolte toutes ses affaires et sort à grandes enjambées de la salle de classe. Elle essuie rageusement les larmes sur ses joues. Il l'a percée à jour.
[…]
In your head, in your head, zombie, zombie, zombie
It's in your head, in your head, zombie, zombie, zombie
Clarke soupire et retire l'un de ses écouteurs lorsqu'elle entend ses parents se disputer dans la pièce d'à côté. Elle ferme les yeux en essayant de s'endormir mais c'est impossible. Elle les entend évoquer le divorce à côté, ou encore parler d'elle et de son insolence. Ils se disputent tous les jours désormais, et elle en a marre de vivre avec eux. Elle veut partir, s'émanciper, mais malheureusement… Clarke n'aura jamais le courage de le faire.
- TU N'AS QU'À PARTIR DE LA MAISON SI ÇA NE TE CONVIENT PAS !
- C'EST MA MAISON !
Clarke se lève tout à coup de son lit. Elle en a marre et elle veut partir tout de suite, elle ne veut plus rester une seule minute ici. La jeune femme retire rapidement son pyjama et met un jean et un t-shirt. Elle prend son sac à dos et met sa trousse de toilettes à l'intérieur. Elle sort rapidement de sa chambre et croise ses parents, qui la regardent.
- Où est-ce que tu crois aller comme ça ? lui demande sa mère.
- Je vais dormir chez Raven, je reviens demain soir.
- On ne te l'a pas autorisé ! rétorque son père.
- À demain.
Clarke claque la porte d'entrée derrière elle et sort de chez elle. Il pleut, mais elle s'en fiche complétement. Elle sort son téléphone portable et commence à écrire le numéro de Raven, avant de se raviser. La jeune femme reste en plein milieu de la rue, en mordant sa lèvre. Que faire ? Elle ne veut pas parler de tous ses problèmes à son amie parce qu'elle en a honte. Clarke regarde autour d'elle en soupirant. Il y a un endroit, effectivement…
Clarke commence à marcher dans la rue jusqu'à trouver la quatrième maison sur son passage. Des gouttes de pluie tombent sur ses paupières alors qu'elle regarde la maison de Bellamy. Elle ne sait pas pourquoi elle a pensé à lui, mais elle n'a nulle part où aller à part chez lui. La jeune femme s'approche de la porte et frappe trois coups dessus. Elle attend un peu jusqu'à ce qu'une femme de l'âge de ses parents lui ouvre.
- Bonsoir, dit-elle d'une voix douce. Je peux t'aider ?
- Bonsoir. Je suis une… Je suis une amie de Bellamy. Est-ce qu'il est là ?
- Oui. Bellamy !
Clarke reste à la porte, les bras croisés en attendant que Bellamy descende. Sa mère l'appelle encore une fois mais pas de réponse. Elle soupire.
- Ah ces jeunes… dit-elle. Tu peux monter, vas-y. Je suis sûre qu'il a ses écouteurs.
Clarke la remercie et resserre son sac à dos sur son épaule. La mère de Bellamy lui dit où se trouve la chambre de son fils, et Clarke monte les escaliers. Elle voit une porte entrouverte et la pousse doucement. Clarke se fige en voyant Bellamy ouvrir son tiroir de commode, dos à elle et torse-nu. La jeune femme ne dit rien et regarde les muscles de son dos. Il est vraiment très beau.
- Bouh, dit-elle doucement.
Bellamy sursaute et se retourne en fronçant les sourcils. Il ouvre la bouche, surement surpris de voir Clarke dans sa chambre.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demande-t-il.
- Je visite.
Clarke entre dans la chambre sans sa permission et s'allonge sur son lit, toujours sans sa permission. Bellamy continue à la regarder dans rien dire. Clarke remarque qu'il n'a pas ses lunettes pour une fois, et que son torse est aussi beau que son dos. Clarke pointe du doigt ses abdominaux.
- Ça c'est quelque chose que tu nous avais caché, dit-elle en levant un sourcil.
- C'est plutôt rare lorsque je me balade au lycée torse-nu.
- Dommage, ça remonterait immédiatement ta côte de popularité.
Bellamy sourit légèrement en secouant la tête. Il enfile un t-shirt et met ses lunettes sur son nez. Il croise les bras et s'adosse à sa commode en la regardant.
- Tu sais que tu es beau ? demande Clarke.
- Ça c'est parce que tu m'as vu à moitié nu il y a quelques secondes, princesse.
- Non, mais sérieux. Arrête un peu de rester planter sur ta console et les autres s'en rendront compte, eux aussi.
Clarke ne dit rien de plus. Elle en a déjà trop dit d'ailleurs, vu qu'elle n'arrête pas de lui dire qu'il est mignon. Elle se tait, donc. Bellamy s'approche d'elle, soulève les jambes de Clarke du lit et s'assoit à côté d'elle. Il tapote son genou.
- Alors ? Pourquoi est-ce que tu es là ?
- Tu avais raison la dernière fois. J'ai beaucoup de problèmes personnels à cause de mes parents. Ils… Ils ne me rendent pas heureuse. C'est pour ça que je me suis réfugiée chez toi. Je n'arrive plus à réviser à cause de ça, c'est pour ça que j'ai des notes catastrophiques.
- Clarke…
- Je suis perdue, Bellamy. Et tu n'es pas mon ami, tu t'en fiches surement, mais je n'ai personne d'autre à qui parler.
Bellamy continue à la regarder même quand elle termine son court monologue. Il tend finalement le bras et pose sa main sur l'épaule de Clarke. Celle-ci lève un sourcil.
- Je ne sais pas réconforter les gens, explique finalement Bellamy.
- Je vois ça. Tu aurais au moins pu me tapoter le bras.
- C'est mieux que l'épaule ?
- Un peu, oui ?
- Et les seins ? Ce serait peut-être mieux, non ?
Clarke éclate de rire avant de repousser le bras de Bellamy. Celui-ci rit également avant de se lever pour prendre un cahier de mathématiques. Clarke le regarde, perplexe.
- Quoi ? Tu veux réviser ? demande-t-elle.
- Bien-sûr. Ce sera ton excuse pour venir chez moi. Ça te va ?
- Mais…
- Ce ne sera que pour tes parents, évidemment. On ne parlera à personne de ça, je ne veux pas gâcher ta réputation.
Bellamy tend sa main droite vers elle, comme pour lui dire que c'est un accord qu'ils passent ensemble. Clarke tend également sa main et la serre de haut en bas. Bellamy se rassoit à côté d'elle, le cahier entre eux.
- Je croyais que c'était une excuse, lui dit Clarke.
- Ah non, on va vraiment réviser.
- Mais…
- Allez.
Clarke grogne en acquiesçant. D'accord, elle va le faire.
[…]
Clarke G. : « Je vais être en retard d'un trentaine de minutes. »
Bellamy B. : « Je m'en fous ? »
Clarke G. : « Je te préviens, c'est tout, sois gentil pour une fois. »
Bellamy B. : « Ok ? »
Clarke lève les yeux au ciel en voyant les messages de Bellamy et continue à marcher sur le trottoir. Elle n'avait pas prévu de rater le bus mais Raven continuait à lui parler encore et encore de Murphy, donc malheureusement… Clarke resserre son sac sur son épaule. C'est un peu devenu une habitude pour elle, maintenant. Tous les mardis et jeudis soirs, après les cours, elle va chez Bellamy pour réviser. Ils parlent la plupart du temps, mais Clarke s'en fiche. Cela lui permet surtout de s'échapper de ses parents. Elle pensait qu'ils allaient s'entretuer, mais au final non – même s'ils se chamaillent tout le temps.
Bellamy B. : « Pourquoi est-ce que tu vas être en retard ? »
Clarke G. : « Pourquoi est-ce que tu m'envoies ce message maintenant ? »
Bellamy B. : « Laisse-moi deviner : tu as raté le bus. »
Clarke G. : « Oui. Par contre je ne raterai pas ma main dans ta face, ne t'inquiète pas. »
Clarke replace son téléphone dans sa poche, toute fière de sa blague, et continue son chemin. Son amitié avec Bellamy est vraiment étrange mais elle est contente de l'avoir dans sa vie, parce qu'il l'a sauvée à plusieurs reprises de ses parents. Il ne pose pas beaucoup de questions, il l'épaule et c'est tout ce qu'il lui fallait.
Clarke marche encore cinq petites minutes jusqu'à ce qu'une voiture noire s'arrête près d'elle. Quelqu'un ouvre la porte passager de l'intérieur, et elle se baisse. La jeune femme croise le regard de Bellamy.
- Allez, monte, dit-il.
- Je ne monterai que s'il y a des bonbons dans la voiture.
- Je ne suis pas un Uber, princesse. Monte sinon je te laisse marcher.
Clarke sourit et rentre dans la voiture. Elle pose son sac à ses pieds et boucle sa ceinture. Le fait que Bellamy ait le permis est un très gros avantage pour elle quelques fois. Il ne vient jamais la chercher au lycée parce qu'elle ne veut pas qu'ils soient vus ensemble, mais ça lui arrive quand elle a besoin.
- Laisse-moi trouver la raison de ton retard, explique Bellamy.
- Tu ne trouveras jamais.
- Tu étais avec Raven et Murphy et ils flirtaient ensemble devant ton nez, tu as donc raté ton bus.
- Est-ce que tu m'espionnes ?
- Jasper m'a envoyé un message pour m'en parler.
Bellamy s'arrête au feu suivant tandis que Clarke lève les yeux au ciel. Jasper est complètement amoureux de Raven, donc ce serait logique qu'il en ait parlé à Bellamy et Monty. Elle se tourne vers Bellamy pour lui répondre mais elle fronce soudainement les sourcils.
- Tu ne portes pas tes lunettes ? demande-t-elle.
- J'ai fait une commande de lentilles la semaine dernière.
- Tu ne les porteras plus jamais ?
- Si, le soir. Je les mettrais quand je serai avec toi si ça t'excite tant que ça, princesse.
Clarke lève les yeux au ciel. Pourtant, c'est le contraire. Elle adore les lunettes de Bellamy mais c'est grâce à ça qu'elle l'identifie en tant que geek dans la classe qu'elle n'aime pas. C'est caricatural, mais au moins son cerveau le comprend. Par contre, lorsqu'il n'a pas ses lunettes, il devient Bellamy-le-beau-gosse et là c'est compliqué.
- Ça ne m'excite pas, marmonne-t-elle.
- Oui bien-sûr, je te crois.
- Tu te fais tellement confiance, Bellamy.
- Tes yeux ne trompent pas.
Bellamy tend le bras et enfonce son index dans sa joue alors que Clarke râle et balaye sa main. Celui-ci lui sourit avant de reposer sa main sur le volant. Clarke croise les bras en continuant à râler et dévie ses yeux vers les bras musclés de Bellamy.
- Je te vois, dit-il.
- Pourquoi est-ce que tu es en t-shirt ? Il fait dix degrés !
- Parce que j'ai chaud quand je te vois.
- Oh c'est pas vrai…
Bellamy éclate de rire alors que Clarke frappe violemment son épaule. Elle se replace droite dans son siège et regarde son téléphone portable, en jouant à un jeu. Elle est souvent frustrée lorsqu'elle est à côté de Bellamy.
- Allez bouge ton cul, dit Bellamy en sortant de la voiture.
- On est déjà arrivés ?
- Le temps passe vite en ma compagnie.
Clarke le suit et rentre à sa compagnie dans sa maison. Ils montent dans sa chambre et s'allongent sur le lit, en sortant un cahier de mathématiques. Clarke aime de plus en plus ces moments, même si Bellamy l'épuise. Quand ils ont passé cet accord, elle n'avait jamais pensé qu'il avait cette répartie comme ça. Tout ce qu'il faisait c'était d'être sur sa console…
- Je n'ai pas envie de réviser, grommelle Clarke.
- Qu'est-ce que tu veux faire alors ? demande Bellamy.
- Coucher avec toi.
Bellamy tourne rapidement son visage et la regarde avec des gros yeux. Clarke soutient son regard et commence à sourire tandis qu'il humidifie ses lèvres. Bellamy baisse ses yeux vers la bouche de Clarke et se penche petit à petit dans sa direction.
- Je t'ai eu, répond Clarke avant qu'il ne touche ses lèvres.
Bellamy se fige, avant de se reculer pour la regarder. Clarke rit en le poussant sur le lit et se met à califourchon sur lui. Elle lui parle.
- Allez dis-le. C'est moi qui t'excite.
- C'est faux.
- Tes yeux ne trompent pas.
Clarke jubile de ressortir sa phrase de tout à l'heure. Bellamy lui lance un regard noir alors qu'elle se penche pour embrasser sa joue et pour, au final, se lever de son lit. Clarke prend un DVD dans la DVDthèque de Bellamy et le regarde.
- On va en bas et on le met ? demande-t-elle.
- Mais du coup tu ne veux pas du tout coucher avec moi ? dit-il.
- Seulement quand je serai désespérée, espèce de geek.
Bellamy grogne en se levant et prend le DVD dans ses mains. Il passe devant Clarke tandis que celle-ci frappe très rapidement ses fesses sur le passage. Ils descendent dans le salon et mettent le DVD dans le lecteur. Clarke s'installe sur le canapé et sourit alors que Bellamy revient avec des popcorns. Il s'installe, le paquet sur ses genoux. Clarke essaye d'en prendre mais Bellamy frappe sa main.
- Je les ai fait chauffer, c'est à moi de les manger.
- Ah oui, tu as planté le maïs également ?
- Exactement, dans mon champ à côté. Ceux qui ne possèdent pas de champ ne prennent pas de popcorns.
Clarke soupire en regardant le film. Elle bascule ses jambes sur les cuisses de Bellamy et se détend. Le téléphone de Bellamy commence à vibrer au bout d'un moment. Clarke voit sur l'écran que c'est sa petite sœur, Octavia. Bellamy répond rapidement.
- […]
- Hé bah tu dis aux parents que la prochaine fois tu n'iras pas avec eux, c'est tout.
- […]
- Oui. À demain. Je t'aime.
Bellamy raccroche et replace son portable sur la table basse. Clarke le regarde en fronçant les sourcils.
- Quoi ? demande-t-il.
- Tu dis facilement je t'aime, à ce que je vois.
- Dès que je le peux, surtout lorsque c'est Octavia. Pas toi ?
- Non, je… Je ne dis jamais ces mots.
Clarke entortille ses doigts ensemble et sent les yeux de Bellamy peser sur elle. Elle ne lui avait jamais parlé de quelque chose, mais ce serait peut-être l'occasion… Elle pousse un soupir.
- Tu te souviens de Finn, au collège ? Ce que tu ne savais pas c'est qu'il est rapidement devenu mon petit ami, un été, mais il… Il m'a brisé le cœur. Je lui ai dit que je l'aimais et ce n'était pas réciproque pour lui, ce n'était qu'un jeu.
- C'est pour ça que tu as forgé cette carapace autour de toi, murmure Bellamy.
- C'est possible.
Clarke se retourne à nouveau vers la télévision parce qu'elle sent qu'elle pourrait craquer à tout moment. Bellamy pose finalement une main sur son genou et reste comme ça, pour lui prouver qu'il est là pour elle.
[…]
Clarke G. : « Soirée film ! »
Bellamy B. : « Yes. J'ai pris de la pizza. »
Clarke G. : « Parfait. »
- Maman, je vais chez Raven !
- Encore ? C'est la troisième fois de la semaine !
- Mais j'ai eu 15/20 hier donc j'ai le droit, pas vrai ?
Abby regarde sa fille quelques secondes, avant de soupirer et hocher la tête. Clarke sourit et dépose un baiser sur sa joue.
- Ne rentre pas après minuit.
- Il n'y a pas cours demain.
- Minuit quinze, alors.
Clarke rit et accepte. Elle prend son sac et sort de chez elle. La jeune femme commence à marcher jusqu'à arriver devant chez Bellamy. Elle est étonnée de ne voir aucune voiture juste devant. Clarke décide d'ouvrir directement la porte et voit Bellamy allongé sur le canapé. Clarke regarde son pull noir cintré parfaitement sur ses épaules et ses lunettes sur son nez.
- Tu es tout seul ? demande-t-elle.
- Mes parents sont partis à une soirée. Ils rentreront dans la nuit.
- Et ils te laissent tranquille ? C'est bien, tu deviens grand !
Bellamy se remet droit sur le canapé et Clarke s'installe à côté de lui. Elle sort son téléphone portable.
- Allez, on tire deux films au sort pour ce soir, dit-elle. Appuie sur l'écran.
- Ok, répond Bellamy en le faisant. Alors, premier film Terminator.
- Oh l'horreur…
- Et deuxième film… N'oublie Jamais. Ne me dis pas que c'est un film pour filles.
- Ce n'est pas un film pour filles, c'est un film d'amour !
Bellamy marmonne des insultes envers le film mais Clarke s'en moque. Elle débute le film pendant que Bellamy commande des pizzas. Ils s'installent côte à côte pour commencer le film ensemble, et Clarke s'éclipse un moment pour récupérer les pizzas.
- Tu en as pris une au chèvre ? demande-t-elle.
- Je sais que tu n'aimes pas, je t'en ai pris une peppéroni.
- Merci le geek.
Bellamy lui lance un morceau de pizza à cause du surnom. Ils mangent ensemble en commentant le film, même si Clarke ne l'apprécie pas vraiment. Elle rit cependant lorsque Bellamy imite la voix très grave de l'acteur principal. Clarke tourne son visage vers lui en secouant la tête.
- Tu es ridicule, dit-elle.
- C'est toi qui est ridicule.
- Non c'est toi !
Ils se chamaillent tous les deux jusqu'à la fin du film. Clarke est finalement très soulagée quand elle doit se lever pour mettre N'oublie Jamais dans le lecteur. Bellamy soupire lors de la première scène d'amour du film. Plusieurs minutes se passent, et Clarke est émue en voyant les personnages commencer à tomber amoureux l'un de l'autre. Bellamy renverse sa tête sur le dossier du canapé et tourne son visage vers Clarke. Celle-ci le regarde en haussant un sourcil.
- Quoi ? demande-t-elle.
- Viens on s'embrasse, murmure Bellamy.
- Tu dis ça juste pour échapper au film.
- C'est possible.
Clarke sourit avant de poser sa main sur la joue de Bellamy et l'embrasser sur les lèvres. Elle réalise à peine ce qu'elle vient de faire. Il lui demande de l'embrasser et elle le fait ? Elle est stupide. Clarke s'apprête à se reculer mais Bellamy la rapproche de lui par la taille et lui rend son baiser. Clarke se dit qu'elle va arrêter, elle sait qu'elle va arrêter mais il embrasse vraiment bien. Une minute de plus. Clarke fait passer sa main dans le cou musclé de Bellamy et la passe dans sa nuque. Elle gémit de déplaisir lorsqu'il se sépare d'elle.
- Mes lunettes, précise-t-il.
Bellamy les enlève de son visage et se penche à nouveau en avant pour reprendre d'assaut sa bouche. Clarke aimerait arrêter mais elle sait que c'est impossible. Bellamy passe sa main jusqu'à sa cuisse et prend la jambe de Clarke en la faisant passer sur lui. Clarke sépare sa bouche le temps de se mettre à califourchon sur lui. Bellamy caresse ses hanches en déposant des baisers dans son cou. Clarke gémit.
- Le film n'est pas fini, murmure-t-elle.
- Tu m'intéresses beaucoup plus.
Bellamy remonte sa bouche pour reposer ses lèvres sur les siennes. Clarke frotte son bassin contre Bellamy. Elle se sent déjà essoufflée tellement elle est excitée.
- S'il te plait, dis-moi qu'on va finir ce qu'on a commencé, murmure-t-elle contre ses lèvres.
- Ça ne tient qu'à toi.
Il la regarde quelques secondes, jusqu'à ce qu'elle lui donne une réponse. Clarke se relève finalement de ses genoux et tend sa main vers lui, en l'entrainant à l'étage.
[…]
Raven montre à Clarke sur son portable quelques messages de Murphy. Clarke lève les yeux en riant. Ce Murphy est un vrai dragueur, vu ce qu'il envoie à son amie…
- Méfies-toi de lui, j'ai du mal, lui dit Clarke.
- Pourquoi ? Il a l'air sympa…
- Je ne sais pas, un pressentiment… Alors qu'à côté il y a Jasper qui est fou de toi…
- Arrête avec Jasper ! C'est un ringard. Lui, Green et Blake ne sont pas à notre niveau, on ne peut pas se permettre de fricoter avec eux.
Clarke ne dit rien de plus et resserre son sac à dos sur l'une de ses épaules. Raven ne sait rien de ce qu'il se passe entre Bellamy et elle et c'est tant mieux. Tout n'est qu'apparence chez elle, Bellamy lui a si bien dit ces mots il y a peu de temps. Clarke reste perdue dans ses pensées et rentre dans le torse de quelqu'un. Elle lève la tête et plonge dans les yeux de Bellamy.
- Tu ne peux pas regarder où tu vas, geek ? demande-t-elle.
- Désolé, je n'avais pas envie de marcher sur tes platebandes, princesse.
Bellamy la contourne et Clarke continue son chemin en compagnie de Raven.
- Quel abruti, murmure Raven.
- Ouais.
Clarke ne dit rien de plus. Elle va devant son casier et l'ouvre pour mettre ses cahiers à l'intérieur. Raven reste avec elle tout en regardant son téléphone portable et en envoyant des messages à Murphy. Clarke ne répond pas à ses questions, elle commence à en avoir marre de parler de Murphy tous les jours.
- J'y vais, lui dit Raven. Murphy veut que je vienne le voir.
- À demain, marmonne Clarke.
Raven s'éloigne et part courir dans les bras de Murphy au loin. Clarke referme son casier en poussant un soupir de soulagement. Elle commence à supporter de moins en moins Raven, elle ne sait pas pourquoi… Peut-être parce qu'elle est superficielle et qu'elle en a assez…
Clarke commence à marcher dans le couloir en pensant à son amitié avec Raven. Ouais, c'est différent. Elle pense à la fois où Raven ne l'écoutait plus lorsqu'une main sur le côté agrippe soudainement son bras et la tire dans un coin sombre du lycée.
- Hé ! s'exclame Clarke.
Celle-ci s'apprête à crier sur le coup de la surprise mais les lèvres de Bellamy se posent sur les siennes. Clarke oublie tout à coup ses sombres pensées pour passer ses doigts dans ses cheveux et lui rendre son baiser avec passion. C'est ainsi depuis deux mois déjà. Lorsqu'elle est dans les bras de Bellamy, elle oublie tout. Elle ne pense qu'à lui, à la façon dont il l'enlace, l'embrasse. Clarke pense aussi à la façon dont son cœur bat plus rapidement dans sa poitrine quand elle est avec lui.
Bellamy détache sa bouche de celle de Clarke et lui sourit. Celle-ci caresse du bout du doigt son nez avant de l'embrasser une nouvelle fois sur les lèvres, furtivement.
- Sympa ta réplique de tout à l'heure, lui dit Bellamy.
- Non, c'était pas fou, j'ai préféré la tienne.
Bellamy commence à rire. Clarke pousse un soupir et attrape les deux pans de son manteau pour l'attirer vers elle. Clarke enfonce son visage dans son cou et ferme les yeux, profitant de sa chaleur et de son odeur. Être dans les bras de Bellamy… C'est indescriptible.
- Tu vas bien ? demande-t-il en caressant ses cheveux.
- Je ne suis pas au top de ma forme, murmure-t-elle.
- Tu veux qu'on sèche les cours et qu'on reste chez moi cette après-midi ?
Clarke sourit contre lui avant de le regarder et hocher la tête. Bellamy lui fait un clin d'œil avant d'embrasser son front.
- Vas-y, lui dit-il. Je sortirai après.
Clarke acquiesce. Elle embrasse rapidement sa joue et sort de l'allée. Ça aussi c'est quelque chose qui la dérange, mais elle ne peut rien changer. Elle aimerait se montrer en couple avec Bellamy, mais sa réputation en prendrait un coup… Mais elle ne pense pas à ça en priorité. Clarke a très peur d'aimer et de s'attacher. Tout ce qui s'est passé avec Finn l'a fermée comme une huitre, et elle a peur de faire confiance aux autres. Elle sait qu'elle commence à avoir des sentiments pour Bellamy, mais elle ne veut pas. Pourtant…
Clarke marche déjà depuis dix minutes lorsque la voiture de Bellamy s'arrête à côté d'elle. Clarke monte, et ils partent tous les deux chez lui.
- Raconte-moi ce qu'il y a, dit-il.
- Rien, Raven m'a parlé encore et encore de Murphy et j'en ai marre.
- Tu en as peut-être marre parce que toi tu ne peux pas parler de moi…
Clarke soupire en tournant son visage vers Bellamy. Elle sait très bien que ça lui pèse à lui aussi d'être un secret. Ce n'est pas tous les jours facile.
- Bellamy, lorsque le lycée sera terminé…
- On finit l'année dans six mois, Clarke. On sera toujours des ennemis aux yeux de tout le monde dans six mois.
- Je n'en sais rien, d'accord ? Est-ce qu'on peut parler d'autre chose ? Je t'ai dit que je passais une mauvaise journée aujourd'hui.
Bellamy ne répond pas et continue sa route. Clarke tourne la tête vers lui en soupirant.
- Je n'ai jamais voulu te faire de mal avec cette relation, murmure-t-elle.
- Tu ne me fais pas de mal, je l'ai choisie moi aussi cette relation.
Clarke ne dit rien de plus. Bellamy se gare devant chez lui, et ils entrent tous les deux dans sa maison. Clarke dépose son sac dans l'entrée et suit Bellamy dans sa chambre. Elle croise les bras et le regarde alors qu'il s'allonge sur son lit. Il la regarde en souriant et tend un bras vers elle.
- Allez, viens ici tout de suite.
Clarke sourit avant d'approcher et se réfugier contre lui. Bellamy caresse son dos de haut en bas durant quelques secondes. Clarke se met sur le coude au bout d'un moment et se penche vers lui pour l'embrasser. Bellamy enroule ses bras autour de sa taille et la renverse en dessous de lui. Il embrasse sa mâchoire.
- Hé Clarke.
- Quoi ?
- Tu sais pourquoi il n'y avait pas d'étoiles dans le ciel hier soir ?
- Non.
- Parce qu'elles sont toutes dans tes yeux aujourd'hui.
Clarke éclate de rire alors que Bellamy embrasse à plusieurs reprises ses lèvres. Ce n'est pas la première fois que Bellamy lui dit des phrases drôles comme ça, donc Clarke n'est même plus surprise désormais. C'est devenu son quotidien.
[…]
Bellamy B. : « Hé Clarke. »
Clarke G. : « Oui Bellamy ? »
Bellamy B. : « Tu ne serais pas une sorcière ? Parce que je pense que tu m'as ensorcelé. »
Clarke G. : « La ferme. »
Clarke mord sa lèvre en souriant en regardant son téléphone. Cela fait une dizaine de minutes qu'elle attend Bellamy juste devant chez lui, mais il a fini les cours un peu plus tard qu'elle. En attendant, elle reçoit quelques messages de sa part pour la faire patienter.
Clarke G. : « Est-ce que tu as fini ? »
Bellamy B. : « Oui, je monte dans ma voiture. »
Clarke G. : « D'accord, à tout de suite. »
Clarke s'adosse contre le mur en jouant à un jeu sur son téléphone portable. Elle lève finalement la tête quelques minutes plus tard lorsque Bellamy se gare juste devant le portail. La jeune femme range son portable alors qu'il marche. Il s'arrête à la porte à côté d'elle.
- Je t'ai attendu longtemps, lui dit Clarke.
- Désolée, j'étais en train de draguer la concierge du lycée.
Bellamy ouvre et pousse la porte tandis que Clarke lève les yeux au ciel. Elle referme la porte derrière elle et le suit dans la cuisine. Bellamy ouvre son frigidaire en la regardant.
- Tu veux quelque chose ? demande-t-il.
- Est-ce que ça doit être plus précis que « toi sur moi » ?
Bellamy rit avant de sortir deux canettes de Coca. Clarke en prend une et en boit une gorgée. Cela fait quatre mois qu'ils sont en couple. C'est de plus en plus sérieux, donc Clarke essaye de détendre l'atmosphère en faisant des blagues de sexe tout le temps. Dès que ça devient tendre entre eux ? Sexe. Dès que leur discussion parle d'amour ? Sexe.
- J'ai eu un 13 aujourd'hui, dit Clarke en souriant.
- Pas mal ! En quelle matière ?
- Histoire géographie.
- Oh, c'est exceptionnel pour toi du coup !
Clarke lève les yeux au ciel avant de prendre sa canette et monter à l'étage dans la chambre de Bellamy. Elle commence à connaitre par cœur cette maison, et se sent vraiment à l'aise. Elle s'assoit sur le lit et Bellamy la rejoint dans la chambre. Il prend place sur la chaise de bureau.
- Je dois faire mon exercice de français, dit-il en sortant son cahier.
- Tu veux que je t'aide ?
- Oh non, tu m'aideras plus en étant loin de moi. Je ne veux pas de distraction.
Clarke rit avant de le laisser faire son exercice. Elle s'allonge sur le dos et ferme les yeux en pensant à sa journée. Elle n'a toujours pas parlé de sa relation avec Bellamy à Raven, mais elle lui a parlé de son problème avec ses parents. Bien-sûr ça va beaucoup mieux maintenant, mais elle continue à aller chez Bellamy pour une autre raison. Clarke le regarde faire son exercice au loin. Ouais, il l'a vraiment aidée.
Bellamy termine au bout de quelques minutes et se lève, avant de venir s'allonger sur Clarke. Celle-ci remonte les lunettes de celui-ci sur son nez, avant de l'embrasser rapidement.
- Tu ne m'avais pas dit bonjour, dit-elle.
- Tu voulais que je fasse ça quand ? Au lycée ?
- Dans la cuisine.
Bellamy lève les yeux au ciel avant de l'embrasser un peu plus longtemps. Clarke passe ses bras autour de son cou et répond à son baiser. Elle rit alors qu'il dépose plusieurs baiser à la suite sur ses lèvres en descendant dans son cou.
- Hé Clarke ? dit-il contre sa peau.
- Bellamy je te jure que si c'est une blague de…
- Je t'aime.
Clarke se fige tout à coup sous lui. Bellamy attend une petite seconde avant de remonter son visage devant elle. Il doit comprendre que l'atmosphère a complètement changé puisqu'il enlève un peu de son poids sur elle. Clarke retire ses bras de son cou et commence à le pousser. Elle se retrouve assise sur le lit, alors qu'il s'allonge sur le dos en soupirant.
- Tu quoi ? dit-elle.
- Je pense que tu as très bien compris ce que j'ai dit.
- Mais… Non !
Clarke se lève rapidement du lit. Bellamy fronce les sourcils et s'assoit. Il ne semble pas comprendre sa réaction.
- Ça fait quatre mois qu'on est ensemble, je pense que tu te doutais que ça allait venir.
- Tu ne peux pas m'aimer, tu…
- Comment ça je ne peux pas t'aimer ? Tu es ridicule, Clarke.
Clarke pose ses paumes de main contre ses yeux. Toutes ses craintes et ses peurs reviennent tout à coup en elle. Durant toutes ces années elle s'est créé une carapace autour d'elle pour ne pas souffrir, et Bellamy fait tout voler en éclat. Clarke pensait qu'elle allait s'habituer et lui dire au bout d'un moment qu'elle l'aimait, mais c'est trop tôt.
- Retire ce que tu viens de dire, je t'en supplie, murmure-t-elle.
- Clarke, je t'aime. Tu crois vraiment que j'avais prévu de tomber amoureux de toi ?
- Nous ne sommes pas les mêmes, Bellamy. Nous sommes différents.
Bellamy ne répond pas, il la regarde. Clarke voit que la lueur d'amusement et de bonheur dans ses yeux s'éteint peu à peu, parce qu'il semble comprendre ce qui se passe dans la tête de Clarke. Il se lève du lit et Clarke doit lever la tête pour pouvoir plonger dans ses yeux.
- Je croyais que tu m'aimais toi aussi, murmure-t-il.
Une larme roule sur la joue de Clarke lorsqu'il prononce ces mots. Elle ouvre la bouche. Elle aimerait que ces mots sortent, mais elle repense à sa rupture avec Finn. Comment aimer quelqu'un alors qu'elle ne s'aime pas elle-même ?
- Je vais y aller, dit-elle finalement.
- Quoi ? Non ! Clarke, je m'en fous si tu ne me dis pas ces mots, je peux attendre.
Clarke ne l'écoute même plus, c'est comme si elle avait tout brouillé autour d'elle. La jeune femme ouvre la porte de la chambre et dévale les escaliers, son sac sur son épaule. Elle entend Bellamy appeler son nom derrière mais elle ne se retourne pas. Pourtant, il intercepte son bras et la force à le regarder. Clarke plonge dans ses yeux bruns et sent son cœur défaillir. Elle repense à Finn, à tout ce qu'il a brisé en elle, et elle prononce des mots qu'elle regrettera à jamais.
- Je n'ai plus besoin de toi, Bellamy.
Bellamy la relâche tout à coup, comme si le fait de toucher Clarke le brûlait. Clarke voit la douleur qu'elle vient de lui procurer, et part rapidement de chez lui pour tout oublier. Elle court jusqu'à chez elle. Elle vient de faire la plus grosse bêtise de sa vie, mais c'était impossible pour elle de lui dire ce qu'elle ressent. Foutu cœur.
[…]
Deux semaines plus tard
Raven R. : « Où es-tu ? »
Clarke G. : « Je t'attends devant ton casier. »
Raven R. : « J'arrive ! »
Clarke croise les bras et attend sa meilleure amie. Elle se frotte les yeux. Elle n'a presque pas dormi cette nuit, et tout ça parce qu'elle pensait à Bellamy… Pourtant ça fait deux semaines, elle devrait déjà s'en remettre ! Malheureusement, il semble inoubliable…
- C'est bon, dit Raven en ouvrant son casier. Ça va ? On dirait un zombie.
- Je n'ai pas dormi de la nuit mais c'est rien.
- Il va falloir que tu m'expliques ce qui t'arrive, Griffin, ça commence à faire long.
Raven s'affaire dans son casier alors que Clarke baisse la tête. Elles sont redevenues très proches toutes les deux mais Clarke n'arrive pas à lui parler de tout ce qui s'est passé récemment. Elle racontait tout à Bellamy.
- Ça a été avec Murphy ? demande Clarke en changeant de sujet.
- Ça va, ça se passe plutôt bien. Mais tu sais, je…
Raven continue à parler mais Clarke aperçoit au loin Bellamy sortir des toilettes, en compagnie de Jasper. Bellamy semble lui expliquer quelque chose, et Clarke remarque à ses cernes qu'il ne semble pas beaucoup dormir, lui non plus. Il n'a même pas mis ses lentilles aujourd'hui, il garde ses lunettes. Clarke fronce les sourcils lorsqu'elle voit Echo s'approcher de Bellamy et lui murmurer quelque chose à l'oreille.
Clarke se tourne vers les casiers et colle son front contre l'un d'eux, en fermant les yeux. Elle prend une grande inspiration pour se calmer mais son sang bourdonne dans ses oreilles.
- Je vais mourir, murmure-t-elle.
- Clarke ? Ça va ?
- Je dois… Je dois aller aux toilettes.
Clarke s'écarte du casier et fait un pas en avant pour aller aux toilettes, mais elle sent ses jambes trembler et est à deux doigts de s'écrouler. Raven se précipite vers elle et la soutient.
- Clarke ! Qu'est-ce qui se passe ?
Bellamy tourne son visage vers Raven lorsque celle-ci prononce cette phrase. Il regarde Clarke. Celle-ci se fige, et se tourne finalement vers Raven en commençant à sangloter.
- Je… Je n'arrive plus à… respirer…
- Quoi ? Pourquoi ?
Clarke pose sa main sur son cœur. Crise de panique. Elle est en train de faire une putain de crise de panique au milieu de ce couloir rempli de monde. Elle s'écarte de Raven pour pouvoir aller aux toilettes mais ses jambes ne la portent même plus. Elle trébuche en avant, et Bellamy s'avance rapidement pour la stabiliser. Clarke agrippe ses avant-bras et lève les yeux vers lui. Après tout le mal qu'elle lui a fait, il est là pour elle, et il semble inquiet.
- Clarke ? demande-t-il.
Clarke ne répond pas. La jeune femme s'écrase contre lui et se met sur la pointe des pieds pour l'enlacer. Bellamy passe ses bras autour de sa taille et lui rend son étreinte, à son plus grand soulagement. Un silence de plomb s'abat dans le couloir, et Bellamy semble s'en rendre compte.
- Les gens nous regardent, viens avec moi.
- Non, je… Non.
Clarke se sépare de lui et garde ses mains sur ses épaules. Elle doit sembler hideuse, à pleurer dans ses bras, mais elle s'en moque.
- Je suis désolée, murmure-t-elle en le regardant.
- Clarke…
- Je ne voulais m'attacher à personne, mais être avec toi a tout changé. Je suis amoureuse de toi, et je suis désolée de ne pas te l'avoir dit en retour. Je veux être avec toi, je me fiche de tout le reste autour. S'il te plait, Bellamy, dis-moi… Dis-moi que tu me pardonnes.
Clarke renifle. Elle sent une centaine de paires d'yeux braqués sur eux, comme si ça les intéressait vraiment. Bellamy continue à la regarder quelques secondes, avant de prendre son visage entre ses mains et déposer un long baiser sur son front. Clarke entend les mots « Je t'aime » contre sa peau et pousse un soupir de soulagement. Elle passe ses bras autour de la taille de Bellamy et lève la tête pour qu'il puisse l'embrasser sur les lèvres, ce qu'il fait. Ils s'embrassent quelques secondes jusqu'à ce que Raven pousse les gens autour d'eux.
- Allez, c'est bon, le spectacle est terminé ! Retournez en classe !
Clarke mord sa lèvre en riant en voyant sa meilleure amie frapper les personnes qui ne souhaitent pas bouger. Elle écrase sa joue contre la poitrine de Bellamy alors qu'il caresse ses cheveux. Elle aimerait rester là toute la journée.
- Il va falloir m'expliquer certaines choses, dit Raven en approchant.
Bellamy rit dans les oreilles de Clarke.
[…]
Clarke G. : « Hé Bellamy. »
Bellamy B. : « Quoi ? »
Clarke G. : « Je t'aime. »
Bellamy B. : « Arrête de te moquer de moi ! »
Clarke G. : « Tu es l'amour de ma vie. »
Bellamy B. : « Ok je ne viendrai plus te chercher en voiture. »
Clarke G. : « Oh s'il te plait ! »
Bonjour à tous !
Non, je n'ai pas publié la semaine dernière ! Je suis très occupée avec mon Master en ce moment donc je n'ai même pas pensé à le publier... Et je ne peux plus écrire autant qu'avant tant j'ai de travail ! Du coup, tout le long du mois de mai les publications seront irrégulières, je suis désolée. Je pense que ça ira mieux à partir du mois de juin ! J'aurais tout le temps du monde puisque j'aurais terminé mon mémoire et j'aurais probablement terminé mon Master !
D'ailleurs, bon déconfinement à tous ! J'espère que tout va bien se passer et qu'il n'y aura pas de deuxième vague du virus, ce serait vraiment la pire des choses ! N'oubliez pas d'être prudent et d'éviter les contacts avec les autres ! On se retrouve dans deux semaines !
- Amandine.
