PHARMACIE

- Bonjour, j'ai une ordonnance de mon médecin traitant.

Bellamy resserre sa blouse blanche sur lui et sourit devant sa cliente. Il prend entre ses doigts son ordonnance ainsi que sa carte vitale et lit les médicaments qu'il lui faut. Ventoline, Aérius… Une asthmatique. C'est de plus en plus fréquent désormais, malheureusement. Bellamy dit à la cliente d'attendre quelques secondes tandis qu'il part dans l'arrière-boutique et récupère les médicaments dont sa cliente a besoin. Celle-ci repart finalement quelques minutes après, contente d'avoir eu son traitement.

- Fatigué, Bellamy ? demande Miller en le regardant.

- Ouais, je n'ai pas très bien dormi.

- Tu n'as qu'à regarder un peu moins de films érotiques le soir.

- Très drôle.

Bellamy commence à ranger quelques médicaments, profitant qu'il n'y ait personne dans sa pharmacie. Il discute entre deux avec Miller et Harper, ses deux collègues de la journée.

- Comment ça se passe avec Monty ? demande Bellamy à Harper.

- Très bien, merci de demander. C'est un miracle.

Bellamy lève les yeux au ciel dans son coin. Monty est un client fidèle de cette pharmacie depuis des années, et Harper a craqué pour lui dès son arrivée. Ils parlaient de temps en temps ensemble dans la boutique, jusqu'à ce que Monty l'emmène à un vrai rendez-vous. Depuis, ils filent le parfait amour.

- Et toi Bellamy ? demande-t-elle.

- Tu sais très bien que je ne cherche personne.

- C'est dommage, tu as un très fort potentiel.

Harper lui fait un clin d'œil tandis qu'il commence à rire. Ouais, un potentiel, ça c'est sûr. Pourtant, il ne lui ment pas. Il est très bien célibataire, pour le moment il n'a pas besoin d'être en couple. C'est cool d'être seul aussi.

Bellamy part vers la caisse pour aider Miller lorsque plusieurs clients sont présents dans la pharmacie.

- Il fait vraiment froid dehors, dit une vieille dame à Bellamy. J'ai failli tomber en venant ici, d'ailleurs.

- Ah oui ?

- Il y a beaucoup de verglas.

Bellamy hoche la tête, en essayant de ne pas soupirer. Il déteste cette période parce qu'il y a beaucoup de personnes qui se blessent et finissent dans leur pharmacie pour se faire soigner. Ce ne serait pas la première fois cette année. C'est son métier, mais des fois les gens ne sont vraiment pas reconnaissants.

- Merci beaucoup jeune homme, dit la femme en prenant son sac.

Bellamy lui fait un sourire. La femme sort de la pharmacie tandis que Miller commence à rire.

- Tu fais vraiment de l'effet aux vieilles dames toi !

- Ça c'est probablement parce que je suis plus blanc que toi.

- Ça c'est vrai… Les vieilles sont toutes des racistes.

Bellamy commence à rire en retournant ranger certains médicament sur les étagères et en mettant les cartons remplis de produits de beauté sur le côté. Il s'adosse à l'un des murs en attendant des clients et regarde par-delà les baies vitrées. Il sourit en voyant des enfants jouer avec le verglas devant, en faisant semblant de tomber. Bellamy fixe ses yeux sur une jeune blonde au loin, qui marche tout en étant sur son portable. Celle-ci ne semble pas se rendre compte du sol glissant puisqu'elle marche dessus sans décrocher ses yeux du téléphone. Cependant, elle glisse très rapidement et tombe violemment sur le ventre.

Bellamy ne se demande pas si c'est grave ou non. Il se précipite hors de la pharmacie et court jusqu'à elle, en faisant attention lui aussi à ne pas tomber.

- Est-ce que vous allez bien ? demande-t-il.

- Oui je crois, je…

La jeune femme se met en position assise et interrompt sa phrase en faisant une grimace. Bellamy ne dit rien mais voit du sang commencer à couler de son arcade sourcilière. Elle semble s'en rendre compte aussi puisqu'elle porte ses doigts contre la blessure et devant son nez

- Oh merde, je saigne…

- Oui, je crois qu'on va aller dans la pharmacie et…

- Oh je me sens mal.

La jeune femme s'allonge sur le sol en fermant les yeux. Bellamy fronce les sourcils. Elle devrait déjà l'accompagner pour qu'il la soigne.

- Ça va ? demande-t-il.

- J'ai horreur du sang, je crois que je vais mourir. Impossible de me lever.

- Je vais vous aider.

Elle grogne tandis que Bellamy tend ses bras et la lève du sol. Il passe rapidement un bras autour de sa taille pour la soutenir, surtout lorsqu'il voit à quel point elle vacille.

- Comment est-ce que vous vous appelez ? demande Bellamy.

- Clarke, et vous ?

- Bellamy, répond-il en riant.

Bellamy entre dans la pharmacie avec Clarke. Il explique rapidement à Miller ce qui se passe et la conduit dans l'arrière-boutique. Il la fait asseoir sur une chaise tandis qu'il prend près de lui des compresses et des strippes. Bellamy se lave rapidement les mains avant de revenir vers elle. Cependant, il fronce les sourcils lorsqu'il voit qu'il n'y a personne.

- Clarke ?

- Je suis là.

Bellamy baisse la tête et voit Clarke allongée sur le sol, en fermant les yeux. Il lève un sourcil.

- Sérieusement ? demande-t-il.

- Je me sens faible.

- Vous savez, si vous avez une commotion cérébrale, il ne faut surtout pas s'endormir. Vous risqueriez de ne plus jamais vous réveiller.

Clarke ouvre tout à coup les yeux, ce qui fait rire Bellamy. Elle se relève du sol en grognant et se rassoit sur son siège. Bellamy prend des lingettes imbibées d'eau et prend le menton de Clarke entre ses doigts pour ne pas qu'elle bouge avant d'essuyer le sang qui a coulé sur son visage. Il tapote lentement chaque endroit, et sent les yeux de Clarke sur lui. Bellamy racle sa gorge et essaye de trouver un sujet de discussion pour l'occuper.

- Vous savez, quand il fait froid, il y a beaucoup de risque de verglas. Il vaut mieux ne pas regarder son téléphone portable dans ces moments-là.

- Oh, je vois que vous m'observiez tout ce temps.

- Je m'ennuyais.

- Ah, j'ai dû être une bonne distraction pour vous alors !

Bellamy rit alors qu'elle lui lance un grand sourire. Bellamy baisse ses yeux sur elle. Il n'avait pas remarqué à quel point elle était jolie avec tout ce sang sur son visage. Maintenant qu'il n'y en a plus… C'est difficile de résister.

- Ça c'est sûr, murmure-t-il.

Mais qu'est-ce qui lui prend ? Bellamy voit les joues de Clarke prendre une teinte rouge. Il n'aurait pas dû flirter avec elle de la sorte, maintenant elle va être toute gênée… Oh, et puis ce n'est rien. Ce qui est fait est fait.

- Ce n'est pas trop grave vous pensez ? demande-t-elle.

- Je vais soigner la blessure et mettre des strippes, je pense que ça ira. Est-ce que vous avez un petit ami dans la vie ?

- Quoi ? demande-t-elle en riant. C'est un peu tôt pour poser ce genre de questions, non ?

- C'est seulement parce qu'il faut que quelqu'un puisse veiller sur vous cette nuit, c'est tout ce que je voulais dire.

- Oh…

Clarke mord sa lèvre, et Bellamy ne peut s'empêcher de descendre ses yeux pour regarder son geste. Ça le fait rire de savoir qu'elle pensait qu'il lui posait cette question parce qu'il flirtait avec elle. Bien-sûr, Bellamy a hâte de connaitre sa réponse. Clarke ne semble pourtant pas sur le point de répondre jusqu'à ce qu'elle voit Bellamy hausser un sourcil dans sa direction.

- Non, je ne suis pas accompagnée, dit-elle. Mais j'irai dormir chez une copine.

- Bien.

- Et vous ? demande-t-elle.

- Moi ? Je ne risque pas de commotion cérébrale donc tout va bien, merci.

Clarke hoche la tête, semblant déçue de sa réponse. Bellamy essuie la dernière goutte de sang et jette la compresse sur le côté.

- En tout cas, si j'avais un risque, j'irai aussi chez un ami parce que je n'ai personne, dit-il. Heureusement que j'ai des amis, du coup.

Clarke rit légèrement. Bellamy imbibe de désinfectant une nouvelle compresse qu'il tapote délicatement contre l'arcade de Clarke. Elle ferme les yeux quelques secondes, le temps qu'il termine ce qu'il fait. Bellamy prend finalement quelques strippes sur le côté et en applique deux sur la blessure.

- Votre amie va devoir vous réveiller toutes les deux heures cette nuit pour être sûr que tout va bien.

- Elle va me tuer quand je vais lui dire ça, marmonne Clarke.

- Si elle veut vous tuer elle devrait ne pas vous réveiller et espérer la commotion, alors…

Bellamy lui sourit. Il part nettoyer ses mains tandis que Clarke se relève de son siège. Bellamy la raccompagne jusqu'aux portes de la pharmacie.

- Comment est-ce que vous rentrez chez vous ? demande-t-il.

- En voiture.

- Faites attention sur la route, alors. Si vous avez une migraine ou une envie de vomir, vous vous arrêtez immédiatement, compris ?

- Compris.

Clarke lui fait un signe de la main et s'éloigne, en regardant le sol pour ne pas tomber une nouvelle fois. Bellamy retourne dans la pharmacie le sourire aux lèvres, et se replace derrière le comptoir. Miller et Harper le regardent, les sourcils haussés. Bellamy racle sa gorge.

- Quoi ? demande-t-il.

- Pourquoi est-ce que tu souris comme ça ?

- Pour rien, parce que c'est une belle journée.

- Il pleut…

Bellamy hausse les épaules et part dans l'arrière-boutique pour nettoyer le sang qui a pu couler quelques minutes auparavant. Il sourit en pensant à la jeune fille qui était devant lui… Clarke.

[…]

Bellamy pose ses mains sur le comptoir en soupirant. Il ne reste plus que dix minutes avant la fermeture. Il regarde sa montre. Déjà dix-neuf heures et il fait nuit noire… C'est déprimant. Bellamy part dans l'arrière-boutique et enlève sa blouse. Il sait qu'il n'y aura plus aucun client à cette heure, il est habitué. Pourtant, il doit attendre l'heure exacte sinon il peut se faire taper sur les doigts.

19h06. 19h07. 19h08. 19h09. 19h10. Bellamy met son manteau et sort de la pharmacie, les clés à la main. Il grogne en voyant qu'il commence à pleuvoir. Il se tourne pour verrouiller la porte.

- Excusez-moi ?

Bellamy se tourne en haussant un sourcil et croise le regard de Clarke. Il est surpris de la voir. Ça faisait une semaine qu'il priait pour qu'elle revienne le voir.

- Clarke ?

La jeune femme est trempée des pieds à la tête, et semble trembler. Clarke lui montre son téléphone portable.

- Je l'ai fait tomber dans une flaque d'eau et il ne marche plus, explique-t-elle.

- Maladroite, pas vrai ?

- Vous allez commencer à me connaitre, marmonne-t-elle.

Bellamy lui sourit avant d'enlever ses clés de la porte et l'ouvrir. Il fait signe à Clarke de le suivre à l'intérieur de la pharmacie tandis qu'il allume de nouveau les lumières. Clarke entre et pousse un soupir de soulagement en sentant la chaleur autour d'elle.

- Il y a un téléphone dans l'arrière-boutique, explique-t-il.

- Merci beaucoup.

Clarke part tandis que Bellamy croise les bras et s'adosse contre une étagère. Il se gratte le sourcil et attend. Il ne peut s'empêcher de tendre l'oreille pour écouter la conversation de Clarke avec ce qui semble être Raven, une amie.

- Est-ce que tu peux venir me chercher en voiture s'il te plait ?

- […]

- Je suis venue en bus mais il n'y en a plus à cette heure-ci. Je pourrais rentrer à pied mais il pleut, Raven.

- […]

- Mais…

Bellamy attend un peu. Apparemment Clarke a besoin que quelqu'un l'emmène en voiture mais Raven ne semble pas être disposée à le faire. Bellamy part dans l'arrière-boutique et racle sa gorge. Clarke sursaute légèrement. Bellamy tend le bras et Clarke lui tend mécaniquement le téléphone. Bellamy le met contre son oreille.

- Raven, c'est ça ?

- Euh qui êtes-vous ?

- Un ami de Clarke. Je vais la raccompagner en voiture si ça ne te dérange pas.

- Clarke est d'accord ?

Bellamy tend à nouveau le téléphone à Clarke en lui citant la question de Raven. Clarke reprend sa conversation.

- C'est bon Raven, Bellamy va me raccompagner.

- […]

- Oui, c'est lui.

- […]

- À tout à l'heure.

Clarke raccroche le téléphone et se tourne vers Bellamy. Celui-ci repart dans sa boutique et la jeune femme le suit.

- Ça ne te dérange pas, tu es sûr ? demande Clarke.

- On se tutoie maintenant ?

- Tu as tutoyé Raven.

Bellamy sourit avant de sortir de la pharmacie. Clarke le suit et le regarde fermer la pharmacie. Bellamy met ses mains dans ses poches en commençant à marcher en direction de sa voiture. Il entend Clarke juste derrière lui.

- Tu ne sais même pas où j'habite, lui dit Clarke.

- Non mais je sais que des fois tu rentres à pied donc je ne vais sans doute pas rouler des heures entières.

- Perspicace.

Clarke lui sourit en le regardant. Clarke s'arrête à la voiture de Bellamy.

- Ma mère m'a toujours dit de ne pas monter dans la voiture d'inconnus.

- Je ne suis pas un inconnu, on se tutoie maintenant.

- Touché.

Bellamy rit en déverrouillant les portières et rentre, Clarke à côté de lui. Il met un fond de radio et démarre la voiture tandis que Clarke lui dit son adresse exacte. Bellamy n'a même pas besoin de mettre le GPS puisque c'est à quinze minutes en voiture de la pharmacie, et à seulement cinq minutes de chez lui.

- Pourquoi est-ce que tu as dit « Oui, c'est lui » au téléphone avec ta copine ? demande-t-il.

- Quoi, moi j'ai dit ça ? répond innocemment Clarke.

- Allez, je veux savoir.

- J'avais dit à Raven que j'avais rencontré quelqu'un. C'est tout.

- Quelqu'un ?

Bellamy jette un coup d'œil amusé à Clarke qu'il semble voir rougir bien qu'il fasse nuit. Il rit tout seul alors qu'elle croise les bras dans la voiture. Bellamy ne dit rien de plus, il est juste content de voir que Clarke n'a pas été insensible à son charme.

- Au fait est-ce que ta blessure va mieux ? demande Bellamy.

- Beaucoup mieux, même si ça me lance parfois. J'ai quand même eu un bon docteur.

- Je n'irai pas jusque-là…

- Je ne savais pas qu'on savait un minimum soigner les gens en étant pharmacien.

Clarke le regarde. Bellamy sourit en commençant à lui expliquer sa formation et ses années d'études pour devenir ce qu'il est désormais. Il lui demande à son tour ce qu'elle fait, et Clarke répond qu'elle est tout juste psychologue. Bellamy commence à rire alors que Clarke fronce les sourcils.

- Pourquoi est-ce que tu ris ? demande-t-elle. Ce n'est pas drôle, c'est vrai !

- Oh je n'en doute pas, mais maintenant je vais avoir peur de te parler de moi.

- Hé, je suis spécialisée en gérontologie, je pense que tu n'as rien à craindre.

- Peut-être maintenant, mais quand je serai plus vieux…

- Parce que tu penses que je continuerai à te connaître lorsque tu seras vieux ? C'est un peu présomptueux de ta part…

Bellamy rit en tournant le volant et en débouchant dans la rue de Clarke. Il se gare finalement juste devant l'immeuble que Clarke pointe du doigt. Les deux restent dans le silence quelques secondes. Bellamy ne dit rien, parce qu'il n'a pas envie qu'elle parte… Malheureusement elle n'a pas le choix.

- Tu sais quoi ? dit Clarke en se tournant vers lui. Il pleut encore. Je vais attendre que ça s'arrête.

- Même si ton immeuble n'est qu'à vingt mètres ?

- C'est exactement ça, est-ce que ça te gène monsieur le psychologue ?

Bellamy ne dit rien de plus et lui fait un léger clin d'œil pour lui dire que non, cela ne le dérange absolument pas. Clarke tend le bras et change la station de radio lorsqu'une chanson d'Ed Sheeran passe.

- Tu n'aimes pas ? demande Bellamy en haussant un sourcil.

- Ça te surprend ?

- Je n'en sais rien, toutes les filles devraient aimer les chansons d'amour, non ?

- Quel misogyne…

Clarke s'apprête à dire autre chose mais son téléphone portable sonne subitement. Elle s'excuse auprès de Bellamy et répond. Cela semble être Raven puisque Bellamy semble reconnaitre la même voix qu'il a lui-même entendu juste avant. Clarke commence à rire.

- Je suis dans la voiture de Bellamy. Ce n'est pas un psychopathe, ne t'inquiète pas. J'attends juste qu'il ne pleuve plus.

- […]

- Un parapluie ? Non ça va aller, je peux attendre. J'ai pris Bellamy en otage, il va attendre lui aussi.

- […]

- À tout à l'heure. J'espère.

Bellamy bouscule l'épaule de Clarke tandis que celle-ci éclate de rire.

- Ouais, je suis clairement pris en otage dans ma voiture, dit Bellamy.

- Tu préfères que j'aille dehors et que j'attrape un rhume ? Tu es censé être pharmacien, tu dois vouloir sauver des vies.

- Sauver des vies ? Je suis pharmacien Clarke, je ne suis pas chirurgien.

Clarke lève les yeux au ciel en s'installant un peu plus sur son siège. Ils continuent tous les deux à parler une bonne dizaine de minutes de tout et de rien : leurs goûts musicaux, leurs films préférés, leurs aliments préférés, le rendez-vous parfait. Bellamy secoue la tête en entendant que Clarke aimerait avoir un rendez-vous romantique au cinéma.

- C'est n'importe quoi, dit-il.

- Mais pourquoi ?

- Parce que c'est trop banal ! Tout le monde va au cinéma ! En plus pour choisir le film c'est la catastrophe. Si c'est un film d'horreur, ça ne va pas. Si c'est un film romantique, tout est tellement mignon que ça nous met la pression.

- Tu as beaucoup réfléchi à ça apparemment, pas vrai ?

Bellamy rit. Clarke regarde dehors et voit qu'il ne pleut presque plus. Elle mord sa lèvre et regarde Bellamy en détachant sa ceinture.

- Je vais y aller sinon Raven va commencer à s'inquiéter et croire que tu m'as assassinée dans ta voiture.

- Oui, ce serait dommage.

Clarke sourit. Elle pose sa main sur la portière de la voiture et l'ouvre. Elle jette un rapide coup d'œil à Bellamy.

- À bientôt ? demande-t-elle.

- Tu sais où je travaille, répond Bellamy avec un clin d'œil.

Clarke hoche la tête et sort de la voiture pour entrer dans son immeuble. Bellamy la regarde rentrer et démarre sa voiture.

[…]

Elle n'est toujours pas revenue.

- Je suis à deux doigts d'aller la voir, dit Bellamy en soupirant.

- Bellamy, tu veux avoir l'air d'un psychopathe ? demande Miller.

- Non…

- Alors oublie.

Bellamy pousse un soupir en enlevant sa blouse et en regardant sa montre. 16h30. Il est déjà temps pour lui de quitter la pharmacie pour vaquer à ses occupations. Il pourrait faire du sport, dessiner, jouer de la guitare, mais non… Il pense sans arrêt à elle.

- Il faut que je fasse quelque chose, dit-il à son ami.

- Il y a le camion du don de sang à côté si tu veux, répond Miller.

- Excellente idée !

- Non mais je rigolais !

Miller hausse les sourcils alors que Bellamy sort de la pharmacie. Celui-ci part directement au camion du don de sang et entre. Ça fait plus de trois mois qu'il n'en a pas fait et il doit penser à autre chose.

- J'ai une petite fiche à remplir pour vous, dit la doctoresse devant lui.

- Ça marche.

Bellamy s'installe dans une partie du camion et remplit consciencieusement sa feuille. Il commence à être habitué maintenant. Il termine au bout d'un moment et s'installe sur l'un des deux sièges libres. Le jeune homme s'allonge et patiente jusqu'à ce que le médecin lui pique le bras. Bellamy ferme les yeux, ne sachant quoi faire en même temps.

- Clarke ! Ça faisait longtemps !

Bellamy ouvre tout à coup les yeux et voit Clarke entrer dans le camion.

- Je sais, maman, mais tu sais comment je me sens à chaque fois…

Clarke tourne le visage et plonge ses yeux dans ceux de Bellamy. Elle écarquille les yeux en le voyant.

- Bellamy ?

- Clarke ?

- Vous vous connaissez ? demande le médecin.

Maintenant qu'il voit la doctoresse et Clarke côte à côte, c'est vrai que Bellamy peut voir la ressemblance… Il est stupide de ne pas y avoir directement pensé, d'ailleurs. Clarke semble très surprise de le voir en tout cas, et elle commence même à rougir en le voyant.

- C'est le pharmacien d'à côté, répond Clarke.

- Je ne suis que ça pour toi ? demande Bellamy. Ça me fait mal !

Bellamy porte une main contre son cœur en disant ses mots et en commençant à rire. Il voit que Clarke est embarrassée et ça l'amuse encore plus. Il devrait être triste que Clarke ne soit pas venu le voir mais il est juste content de la voir.

- Alors comme ça tu viens faire un don de sang ? demande-t-il.

- Oui, répond sa mère à sa place. Mais elle vient juste quand c'est moi parce qu'elle fait des malaises à chaque fois…

- Maman arrête !

Clarke se gratte le front, les joues couleur tomate. Cela amuse de plus en plus Bellamy, alors que le médecin installe sa fille juste à côté de lui. Clarke tend le bras en grognant et ferme les yeux tandis que sa mère enfonce l'aiguille dans son bras. Bellamy voit une grimace se former sur le visage de Clarke. Celle-ci ouvre finalement les yeux et tourne la tête vers lui.

- Tu fais beaucoup de don de sang toi aussi ? demande-t-elle.

- Pas vraiment, mais j'avais besoin de m'occuper l'esprit.

- Pourquoi ?

- Je me demandais si j'allais te revoir un jour.

Bellamy ne dit rien de plus. Il soutient le regard de Clarke.

- Je voulais venir, dit-elle. J'attendais juste une occasion.

- Acheter une boite de doliprane aurait pu en être une, répond-il.

Clarke rit. Bellamy continue à lister quelques médicaments pour la distraire, mais le visage de Clarke devient de plus en plus blafard au fil des secondes. Sa mère semble s'en rendre compte puisqu'elle s'approche et pose sa main sur son front. Elle soupire en voyant que sa fille a des sueurs froides.

- Je ne sais pas pourquoi tu continues à venir alors que tu ne supportes pas la vue de ton propre sang, dit sa mère.

- C'est pour la bonne cause !

- Résultat tu vas devoir rester allongée toute la journée jusqu'à ce que je te raccompagne chez toi.

- Oh je le ferai, dit Bellamy en haussant une épaule. Je connais le chemin.

Clarke sourit en tournant son visage vers lui. Bellamy lui fait un clin d'œil, tout ça sous les yeux intrigués de la mère de Clarke. Elle demande alors à sa fille si elle le connait réellement, et Clarke répond qu'elle lui fait confiance. Bellamy ne dit rien de plus et ferme les yeux sur son brancard en souriant. Je lui fais confiance. C'est déjà un bon début en tout cas.

- C'est bon pour vous, dit le médecin en retirant la perfusion de Bellamy.

- Merci.

Bellamy s'assoit sur le brancard et reste quelques instants dans cette position pour ne pas risquer de faire un malaise. La mère de Clarke lui fait un pansement qu'elle entoure d'un bandage, et il replace ses manches. Bellamy accepte le cookie que le médecin lui tend et le fourre à moitié dans sa bouche. Il se lève et reste debout à côté de Clarke, le dos contre le coté du camion, les mains dans les poches.

- C'est bientôt fini ? demande Clarke sans même ouvrir les yeux.

- Tu as un débit de sang très lent, murmure Bellamy.

- Je t'en prie ne parle pas de mon sang sinon je vais vomir.

Bellamy ne répond rien et rit intérieurement. Il regarde la poche de sang se remplir et est soulagé lorsqu'il voit que c'est bientôt terminé. Une minute de plus et il aurait sans doute dû la porter. La mère de Clarke vient retirer la perfusion du bras de Clarke et lui met un pansement.

- Reste allongée sinon tu vas tomber, lui dit-elle.

- Merci du conseil…

Clarke reste dans cette position quelques temps, avant de tendre le bras en arrière pour voir si Bellamy est là. Celui-ci sourit en tendant le bras à son tour et prend la main de Clarke dans la sienne. Cette dernière s'assoit finalement sur le brancard en lui souriant.

- Allez viens, lui dit Bellamy. Je vais aller t'acheter un croissant.

- Un pain au chocolat, rectifie-t-elle.

- Ça marche, princesse.

Bellamy l'aide à se lever de son brancard. Clarke s'appuie un peu plus contre lui, donc il passe un bras autour de sa taille. La mère de Clarke dépose un baiser sur le front de sa fille et dit à Bellamy de prendre soin d'elle. Bellamy et Clarke sortent du camion et commencent à marcher vers la boulangerie.

- Ça va mieux ? demande Bellamy.

- Ça ira mieux après le pain au chocolat…

Bellamy rit. Ils entrent ensemble dans la boulangerie et Bellamy se prend un croissant et prend un pain au chocolat pour Clarke. Celle-ci croque directement dans le sien et sourit immédiatement.

- Je te raccompagne chez toi ou tu es venue en voiture ? lui demande-t-il.

- Je suis venue en bus.

- Ça répond donc à ma question.

Clarke hausse les épaules et se dirige vers le parking et vers la voiture de Bellamy, comme si elle la connaissait déjà par cœur. Ils entrent et Bellamy commence à rouler en direction de l'immeuble de Clarke, sans même avoir besoin de ses indications cette fois-ci. Clarke le remercie pour ce qu'elle est en train de manger.

- C'est vraiment ce qu'il y a de meilleur les chocolatines, dit-elle entre deux bouchées.

- Oh non, je devrais te renvoyer de cette voiture rien que pour avoir prononcé ce mot…

- Hé, j'ai vécu plusieurs années dans le sud, j'ai le droit !

- Chocolatine… Non mais je rêve…

Bellamy continue à secoueur la tête en entendant les excuses de Clarke comme quoi le nom « pain au chocolat » n'est pas non plus correct puisque le chocolat n'est pas dans du pain. Ils se disputent sur le sujet tout le long du trajet, jusqu'à ce que Bellamy se gare devant l'immeuble de Clarke.

- Est-ce que tu vas pouvoir marcher jusqu'à chez toi ? demande-t-il. Tu as assez de force ?

- Je ne suis pas en sucre.

Bellamy hausse une épaule en souriant. Clarke tourne finalement son visage vers lui.

- Tu peux quand même m'accompagner jusqu'à chez moi… Enfin, si tu en as envie bien-sûr. C'est vrai que je pourrais m'évanouir d'une seconde à une autre, ce serait peut-être plus prudent…

- Si c'est pour t'empêcher de mourir, c'est sûr que je me dois de t'aider…

Clarke hoche la tête et ouvre sa portière pour sortir de la voiture. Bellamy fait la même chose de son côté et l'accompagne jusqu'à sa résidence. Clarke ouvre la porte du hall d'entrée et lui fait signe de l'accompagner jusqu'à la porte numéro 5. Elle la déverrouille devant lui.

- Ça signifie aussi que je dois t'accompagner à l'intérieur ? demande Bellamy.

- Ça signifie que tu viens prendre un café à l'intérieur, oui.

Bellamy sourit et ne dit rien de plus. Il entre derrière Clarke et regarde autour de lui son appartement.

- Raven n'est pas là ? demande-t-il.

- Non, elle travaille.

- Pourquoi est-ce que tu ne travailles pas toi ?

- J'ai pris un congé pour aujourd'hui parce que j'allais faire le don de sang. Ne me juge pas.

Bellamy rit en s'installant sur le canapé, à l'endroit que Clarke lui indique. Il l'entend préparer un café dans la cuisine derrière et s'intéresse à toutes les photos qu'il peut y avoir sur le mur. Des photos de Clarke et Raven ou encore d'autres amis, une photo de Clarke, sa mère et probablement son père… C'est vraiment un appartement convivial, Bellamy l'aime beaucoup.

- Avec ou sans sucre ? demande Clarke.

- Sans sucre, je suis un bonhomme moi !

- Moi aussi dans ce cas !

Clarke dépose deux tasses de café sur la table basse et s'assoit à côté de lui. Elle prend la télécommande et la fourre dans les mains de Bellamy.

- Vas-y, choisis un film.

- Normalement j'étais censé être là juste pour te raccompagner !

- Mais imagine que je m'évanouisse devant le film ?

Bellamy lève les yeux au ciel et regarde les films que Clarke possède sur son application. Celle-ci part rapidement dans la cuisine et revient avec un bol rempli de pop-corn.

- C'est toujours bien après un don de sang, explique-t-elle.

- Oui, c'est même préconisé.

Bellamy choisit un film d'horreur malgré les grognements de Clarke. Ils s'installent côte à côte. Bellamy tourne son visage vers Clarke et sourit. Ouais, c'était vraiment inattendu.

[…]

Clarke G. : « Eest ce que tuuu as qqch pour lez rheume ? »

Bellamy B. : « Pourquoi est-ce que tu écris si mal ? »

Clarke G. : « Parce que j'éternuee sur l'écran, petit génie. Alors la réponse ? »

Bellamy B. : « Je travaille dans une pharmacie et tu me demandes vraiment si j'ai des médicaments pour le rhume ? »

Clarke G. : « ….. Oui. »

Bellamy B. : « BIEN-SÛR QUE J'EN AI ! »

Clarke G. : « Hé baiisse d'un ton ! »

[…]

- Bellamy, où se trouvent les préservatifs ? demande la nouvelle employée de la pharmacie.

- Attends, j'arrive.

Bellamy range dans l'arrière-boutique une boite de médicaments et va à l'avant pour aider sa nouvelle collègues à trouver ce qu'elle cherche. Il se fige cependant en voyant que sa cliente se trouve être Clarke.

- Je m'occupe d'elle, dit-il à sa collègue.

Celle-ci hoche la tête et s'éloigne, laissant Bellamy face à Clarke. Celui-ci hausse un sourcil en voyant son amie devant lui et s'accoude au comptoir.

- Pourquoi est-ce que tu n'as pas demandé à me voir ? demande-t-il.

- Pourquoi ? Parce que… Parce que…

Clarke commence à devenir toute rouge devant lui. Cela devrait amuser Bellamy, mais il se souvient tout à coup la raison de sa présence et ça l'agace beaucoup plus que prévu.

- Des préservatifs, princesse ? demande-t-il.

- Oui des préservatifs.

- En quel honneur ?

- Hé, les pharmaciens ne sont pas censés demander ce genre de choses !

Bellamy hausse les épaules dans un geste de nonchalance, comme s'il s'en fichait qu'il ait le droit ou non. Ça ne devrait pas l'embêter cette histoire… Il n'est pas en couple avec Clarke, il n'a aucun droit sur elle, mais ça le blesse. Il aimerait que ce ne soit pas le cas, mais… Merde alors.

- C'est vrai, admet-il. Et je suis content de voir que tu te protèges, c'est important. Mais il faut vraiment que tu choisisses la bonne personne, ne le fais pas avec n'importe qui qui pourrait…

- Non mais de quoi je me mêle ? Est-ce que tu es jaloux ?

- Moi ? Jaloux ? Pas du tout ! Je dis juste qu'avant de passer à l'acte tu devrais bien connaitre la personne pour…

- Oh c'est pas vrai ! s'exclame Clarke en secouant la tête. Bellamy, ces préservatifs ne sont pas pour moi mais pour Raven. C'est bon, tu es soulagé ?

Bellamy aimerait ne pas montrer son soulagement, mais Clarke doit le voir vu comment sa posture s'est relâchée. Il passe une main dans ses cheveux en se mordant la lèvre. Il n'était pas jaloux, il prend juste soin de son amie.

- Je ne suis pas soulagé, je m'en fiche de ce que tu fais.

- C'est vrai ? Dans ce cas tu me mets deux boites, je vais en profiter.

Clarke croise les bras devant lui, comme pour le mettre au défi. Bellamy reste accoudé au comptoir, un sourire aux lèvres. Il se penche un peu en avant et se rapproche dangereusement des lèvres de Clarke. Celle-ci se fige et ne bouge pas.

- Est-ce que tu comptes en utiliser bientôt ? murmure-t-il.

- Je ne sais pas, quand est-ce que tu me proposes un rendez-vous ?

Bellamy sourit en plongeant ses yeux dans les siens. Il aimerait franchir ce petit centimètre entre eux et poser ses lèvres sur celles de Clarke mais pas encore, pas dans cette pharmacie alors qu'il travaille. Il se sépare juste d'elle et prend deux boites de préservatifs qu'il pose sur le comptoir. Il dit le prix à Clarke qui le paye.

- Merci, murmure-t-elle.

- Tu es libre ce week end ? demande-t-il.

- Que me proposes-tu ?

- D'utiliser ces préservatifs à bon escient.

Clarke rougit encore plus devant lui alors qu'il se met à rire. Elle racle finalement sa gorge pour accepter son rendez-vous de samedi et sort rapidement de la boutique. Bellamy croise les bras en souriant. Oui, il pense qu'il a fait son petit effet avec cette dernière phrase.

[…]

Clarke G. : « Où est-ce qu'on va ? »

Bellamy B. : « Chez moi. »

Clarke G. : « Hé, moi je veux un vrai repas avant d'utiliser ce que j'ai acheté dans ta pharmacie ! »

Bellamy B. : « Je vais cuisiner, espèce de débile. »

Clarke G. : « Oh je la sens bien cette soirée ! »

[…]

- Ding dong.

- J'avais déjà entendu la sonnette la première fois, tu sais…

Clarke sourit avant de se mettre sur la pointe des pieds pour embrasser la joue de Bellamy. Celui-ci ouvre grand la porte pour la laisser passer et la suit. C'est la première fois qu'elle vient dans son appartement, donc c'est assez étrange… Mais c'est vraiment appréciable ! Elle regarde partout autour d'elle, surtout les photos qu'il possède avec ses amis et sa sœur.

- J'ai hâte de la rencontrer, murmure Clarke en observant une photo.

- Qui te dit que je te la présenterai ? demande Bellamy.

- Il va bien le falloir un jour si tu veux utiliser ce que j'ai acheté la dernière fois.

- Arrête de me faire du chantage, ça ne marchera pas avec moi, princesse.

Clarke tourne son visage vers lui en riant. Bellamy ne peut s'empêcher de déposer un baiser sur sa joue et file dans la cuisine pour préparer ce qu'il a à préparer. Il lance la télécommande à Clarke et lui dit de choisir un film sur Netflix. Bellamy prépare deux assiettes avec des lasagnes fait maison et en apporte une à Clarke. Il pose en même temps deux verres de vin sur la table basse et une bouteille de vin rouge. Clarke hausse un sourcil en le regardant.

- Je suis impressionnée, dit-elle.

- Tu m'as dit que le rendez-vous parfait serait au cinéma donc j'emmène le cinéma à nous.

- C'est parfait.

- Je sais que je suis parfait.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit.

Bellamy s'installe à côté d'elle et regarde le film qu'elle a mis à la télévision : une comédie romantique. Il se dit rien parce qu'il voit le sourire sur le visage de Clarke, donc il va subir. Pretty Woman

- Mais c'est une prostituée, dit-il au bout de trente minutes de film.

- Et alors ? Les prostituées n'ont pas le droit à l'amour ?

- Bien-sûr que si, mais là il est en train de l'acheter.

- Mais non !

- Mais si !

Clarke tend le bras et pose sa main sur la bouche de Bellamy lorsqu'il continue à dire ça. Elle commence à défendre le film en disant qu'ils tombent amoureux l'un de l'autre malgré leurs différences, et ça fait rire Bellamy plus qu'autre chose. Clarke a l'air de beaucoup aimer ce film, apparemment !

- Ça se termine quand ? demande Bellamy.

- Quand ils se seront remis ensemble, logique.

Bellamy sourit en voyant Clarke ne pas lâcher une seule fois des yeux l'écran de télévision. Il se rapproche un peu d'elle sur le canapé et se penche vers elle pour déposer un baiser sur son épaule. Clarke tourne son visage vers lui en lui souriant. Bellamy décide de ne plus attendre et pose sa main sur la joue de Clarke. Celle-ci n'attend pas non plus et se penche en avant pour l'embrasser sur la bouche. Bellamy hume contre ses lèvres et attend quelques secondes avant d'essayer d'approfondir le baiser. Clarke ne le laisse cependant pas faire et se recule.

- Absolument pas, le film n'est pas terminé.

- Sérieusement ?

- Je veux voir la fin.

- Tu as déjà vu ce film !

- Et toi je t'aurais toute la soirée !

Bellamy grogne en se reculant et en murmurant les mots « Oh c'est pas vrai ». Il soupire et regarde devant lui le film. La seule bonne chose est le fait que Clarke se niche dans ses bras, sans doute pour ne pas le frustrer. Bellamy se concentre donc un peu plus sur elle et passe ses doigts dans ses cheveux blonds pour lui masser tendrement le crâne. Il se penche un peu et embrasse longuement sa tempe.

- Tu me distrais, murmure-t-elle.

- C'est toi qui me distrais, répète-t-il.

- Je peux m'éloigner si tu veux.

- Je t'interdis de faire ça.

Clarke rit. Bellamy décide de patienter en regardant le film, tout en caressant le bras de Clarke de haut en bas. Dès que les crédits apparaissent, Bellamy sourit.

- Enfin !

- C'était tellement beau ! Tu ne trouves pas ?

- Si tu le dis…

Clarke le regarde alors qu'il hausse les épaules. Elle lève finalement les yeux au ciel et s'avance vers lui pour l'embrasser. Bellamy sourit contre ses lèvres et la laisse faire lorsqu'elle s'installe sur ses genoux. Il l'embrasse tendrement en caressant sa nuque. Il sent les hanches de Clarke bouger contre son bassin et il se retient de gémir contre ses lèvres. Il ne durera pas toute la nuit si elle continue à être aussi entreprenante, ça c'est clair. Clarke s'éloigne quelques instants.

- On continue seulement si tu me racontes ce qu'il s'est passé dans le film.

- C'est quoi ce chantage ? s'exclame Bellamy.

- Je suis sûre que tu n'as rien regardé !

- C'est faux !

- Alors raconte-moi !

Bellamy grogne. Clarke se penche un peu et dépose un baiser dans son cou, comme pour l'encourager. Bellamy réfléchit.

- C'est l'histoire d'une prostituée et d'un gars hyper riche qui lui paye tout ce qu'elle veut. À la fin ils finissent ensemble.

- Sérieusement ? demande Clarke en haussant un sourcil.

- C'était ça non ?

Clarke secoue la tête en commençant à rire et en lui disant qu'il n'avait définitivement rien compris à toute l'histoire. Bellamy interrompt néanmoins sa phrase en agrippant sa nuque et en écrasant ses lèvres contre les siennes. Clarke gémit alors qu'il la bascule sous lui sur le canapé. Il embrasse son cou et descend progressivement jusqu'à sa poitrine.

- Tu n'avais pas terminé ton résumé, murmure Clarke.

- S'il te plait, répond Bellamy. On le regardera à nouveau plus tard si tu veux.

- Ah ça je vais retenir !

Bellamy rit en acquiesçant et en remontant vers les lèvres de Clarke. Il espère qu'elle oubliera ce qu'il lui a dit, mais il s'en fiche. Il veut juste être avec elle.

[…]

Clarke G. : « Je vais passer à la pharmacie. »

Bellamy B. : « Pourquoi ? »

Clarke G. : « J'ai encore vomi… J'ai un état grippal, je n'en peux plus. Il me faut quelque chose pour arrêter mes nausées. »

Bellamy B. : « Je rentre à la maison dans un peu plus d'une heure. »

Clarke G. : « Je ne peux pas attendre ! J'arrive. »

Bellamy lève les yeux au ciel en voyant le message de sa fiancée. Il retourne dans l'arrière-boutique et trouve le médicament contre les nausées qui marche à tous les coups pour ses clients. Il retourne au comptoir en attendant un peu. Il n'y a personne depuis une dizaine de minutes, donc ça lui fait un peu de répit.

- Ça va ? demande Miller en voyant son collègue froncer les sourcils.

- C'est Clarke, répond Bellamy. Nausées, elle pense qu'elle a la grippe.

- Ce n'est pas de saison, pourtant.

- C'est ce que je me suis dit…

- Elle ne serait pas…

Bellamy comprend immédiatement ce que veut dire son ami. Il hausse finalement les épaules en se passant une main dans les cheveux. Lui, avoir un bébé ? Bien-sûr qu'ils en ont parlé, cela fait plus de trois ans qu'ils sont en couple, mais ça reste rapide. Est-ce qu'ils sont prêts ?

- Bellamy ?

Bellamy lève la tête et voit Clarke devant lui. Il ne l'avait même pas entendue arriver tellement il était perdu dans ses pensées.

- Hé.

Clarke sourit alors qu'il se penche un peu sur le comptoir pour pouvoir l'embrasser sur les lèvres. Ils vivent ensemble désormais, mais il n'a même pas voulu la réveiller ce matin pour lui dire bonjour. Une Clarke énervée n'est jamais agréable, ça c'est clair !

- J'ai peur de te refiler ce que j'ai, dit Clarke en grimaçant.

- Ce n'est peut-être pas la grippe, tu sais.

Clarke fronce les sourcils alors que Bellamy se penche sous le comptoir et prend une boite. Il la dépose devant Clarke. Celle-ci se fige quelques secondes avant de lever ses yeux vers Bellamy.

- Mais on se protège, murmure-t-elle.

- Les symptômes sont là, répond-il. Je ne dis pas que c'est sûr, mais il vaut mieux que tu fasses un test, non ?

- Mais si c'est positif, qu'est-ce qu'on… Qu'est-ce qu'on fait ?

Bellamy attend une seconde avant de contourner sa caisse pour se mettre devant Clarke. Il pose ses mains sur ses joues et l'embrasse passionnément sur la bouche. Clarke sourit contre ses lèvres lorsqu'il dépose plusieurs baisers de suite sur les lèvres.

- On verra en tant voulu… Parce que si c'est une fille comme toi, on n'est pas sorti de l'auberge…

- Hé !

Clark frappe son épaule alors qu'il rit. Elle agrippe le test de grossesse et le met dans son sac.

- Je t'attends pour le faire, et ensuite on avisera.

- Ça marche, chef.

Bellamy lui fait un clin d'œil alors qu'elle part de la pharmacie. Il croise les bras en souriant.

(Le test était négatif)

(Ils se sont alors rendu compte qu'ils étaient déçus de ce résultat… Et ont décidé de réellement essayer d'avoir un bébé)

(Ça a marché au bout de quelques mois)


Bonjour à tous !

Voici le chapitre 8 de cette fanfiction ! Je suis désolée du retard, je suis toujours plongée en plein dans mon Master donc c'est assez difficile pour moi de concilier tout. En plus il est vrai que je n'ai pas reçu de retours sur le dernier chapitre (un seul, à vrai dire) et donc j'ai eu un gros découragement d'un seul coup ! Pas assez pour me dire d'arrêter bien-sûr, parce que je sais qu'il y a certains lecteurs qui lisent toujours et qui sont toujours fidèles ! Mais des fois ça peut être compliqué de ne pas recevoir d'avis. J'ai été un peu découragée, donc je n'ai pas écrit durant deux semaines, ce qui fait que je ne prends pas non plus beaucoup d'avance de l'autre côté... C'est un cercle vicieux ! Mais en tout cas j'espère que vous aimez toujours autant !

- Amandine.