BIBLIOTHÈQUE
En 1610, Henri IV est assassiné et Louis XIII n'a que 9 ans. Sa mère Marie de Medicis gouverne jusqu'en 1617. En 1617 en effet, son favori Concini est assassiné et la reine mère est écarté de la politique. Louis XIII gouverne alors avec son favori, Luynes.
Clarke ronge son ongle en répétant la phrase qu'elle lit plusieurs fois de suite. Ça ne rentre pas, ça ne rentre vraiment pas et elle ne comprend pas pourquoi. Pourtant elle adore ses études, elle adore venir en cours, mais pour ce qui est de réviser… C'est une autre histoire.
Les Grands (la haute noblesse) s'agitent, les protestants également et les problèmes financiers sont nombreux. La situation est extrêmement troublée jusqu'à ce que Louis XIII fasse entrer dans son conseil Richelieu.
Richelieu, Richelieu, Richelieu… Clarke répète plusieurs fois le nom en fermant les yeux pour assimiler encore mieux le texte qu'elle doit apprendre. Elle les ouvre soudainement lorsqu'elle entend quelqu'un s'asseoir juste à côté d'elle. Clarke tourne un peu la tête et regarde le profil de l'étudiant. Celui-ci sort ses écouteurs et commence à écouter de la musique en révisant… de l'italien, apparemment. Il tourne au bout d'un moment sa tête vers Clarke, alors que celle-ci détourne les yeux et plonge son regard dans le texte.
Richelieu est chef du conseil puis premier ministre de 1624 à 1642 et son influence va être très importante. Sous son ministère, le pouvoir royal se renforce considérablement. Il parvient en effet à réduire le pouvoir des seigneurs protestants et tache beaucoup plus difficile à réduire le pouvoir des aristocrates, qui, depuis des années, ne cessent de comploter.
Clarke commence peu à peu à mieux comprendre son texte, ce qui la rassure. Elle est cependant interrompue une petite seconde plus tard par un bruit très désagréable à côté d'elle. La jeune femme tourne les yeux vers l'étudiant à côté d'elle, qui a eu la brillante idée de sortir un grand paquet de chips et de s'en empiffrer. Clarke continue à le fixer mais il ne se rend pas compte du bruit qu'il fait, vu qu'il a ses écouteurs. La bibliothèque est complétement vide à part eux, donc cela ne dérange personne non plus… Clarke replonge dans son cours en essayant de faire abstraction de ce qu'il y a autour d'elle. Malheureusement le bruit est toujours présent…
Clarke attend une petite seconde, avant de se pencher sur le côté.
- Excuse-moi ? demande-t-elle.
Le jeune homme ne bouge pas, parce qu'il ne l'a pas entendue. Clarke grogne. Elle tend finalement le bras et pose sa main sur son épaule. Il sursaute en la regardant et retire l'un de ses écouteurs.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-il.
- Je suis désolée mais tu fais trop de bruit en mangeant, je n'arrive pas à me concentrer.
Il hausse un sourcil en la regardant, avec un sourire au coin des lèvres. Clarke continue à le regarder, ne comprenant pas son attitude. Il est clairement en train de se foutre d'elle. Clarke reste calme jusqu'à ce qu'il réponde.
- D'accord.
Clarke attend un peu avant de se repositionner dans son siège pour continuer à lire son texte. Elle n'avait pas réalisé qu'il était si beau lorsqu'elle le regardait de profil. Vraiment beau. Clarke surligne quelques passages de ce qu'elle lit, soulagée de ne plus entendre aucun bruit près d'elle.
La Fronce est une guerre civile. Très vite, de grands seigneurs se rallient à eux. C'est ce qu'on appelle la Fronde des Princes. Se rallient à la Fronde tous ceux qui vivent sur les terres de ses seigneurs. Cela jette la France dans le chao le plus total. C'est une véritable guerre civile.
Krunch. Krunch. Krunch.
Clarke interrompt sa lecture et lève la tête, en serrant les dents. Elle tourne lentement la tête sur le côté et regarde le même étudiant continuer à manger son paquet de chips, comme si elle ne lui avait pas dit qu'il faisait trop de bruit quelques minutes avant. Clarke regarde ce sur quoi il travaille et voit qu'il a écrit son nom en haut de son manuel : Bellamy Blake.
- Hé ? demande-t-elle une nouvelle fois. Bellamy ?
Aucune réponse. Clarke sent son sang bouillonner sous sa peau et, sans s'en rendre compte, soulève son livre et frappe Bellamy sur l'épaule avec. Celui-ci sursaute en enlevant ses écouteurs.
- Non mais ça va pas ?! s'exclame-t-il.
- Ça va très bien, merci, surtout lorsque tu arrêteras de manger tes chips comme un porc.
- Tu te prends pour qui au juste ? La bibliothèque n'est pas qu'à toi, princesse !
Clarke ne se contrôle plus tellement elle est énervée. Elle tend à nouveau son bras et le frappe encore une fois avec son livre. Bellamy ouvre la bouche pour répliquer mais elle le refait une nouvelle fois. Bellamy intercepte son livre à la troisième fois.
- Tu es une grande malade ! s'exclame-t-il.
- Chut !
- Chut toi-même !
Bellamy tire sur son livre mais Clarke ne lâche pas son emprise. Pourtant, il a tellement de force qu'elle se retrouve presque sur ses genoux.
- Je ne lâcherai pas ce livre ! s'exclame-t-elle.
- Moi non plus !
- C'est MON livre !
- C'est MON paquet de chips !
Clarke grogne en tirant une nouvelle fois sur le livre, ce qui ne marche toujours pas. Au final, elle le relâche et se tourne, en aplatissant sa main entière sur le paquet de chips. Bellamy ouvre la bouche, choqué par ce qu'elle vient de faire.
- Il faut vraiment que tu consultes, lui dit-il.
- Et toi il faut vraiment que tu manges avant de venir à la bibliothèque.
Bellamy lève un sourcil dans sa direction avant de baisser ses yeux vers le décolleté de Clarke. Celle-ci en profite pour reprendre son livre entre ses mains et le fourrer dans son sac. Elle prend celui-ci et le met sur son épaule, avant de sortir de la bibliothèque. Elle n'aurait jamais dû perdre le contrôle de cette façon, mais elle n'a même pas pu s'en empêcher… Il faut qu'elle se contrôle.
[…]
Clarke G. : « Il me regarde. »
Raven R. : « Quoi ? »
Clarke G. : « Le gars de la dernière fois, Bellamy. Il n'arrête pas de me regarder. »
Raven R. : « En même temps, vu ce que tu m'as raconté, tu as dû lui laisser une bonne impression. »
Clarke lève les yeux au ciel en voyant le message de sa meilleure amie. Elle commence à tapoter sur son téléphone pour répondre mais lève les yeux pour vérifier que Bellamy ne la regarde pas. C'est bon, il étudie, heureusement. Il a fallu qu'il choisisse la place devant elle, bien entendu…
Clarke G. : « C'est lui qui m'a laissé une impression, surtout. »
Raven R. : « Et maintenant il est assis près de toi ? C'est tellement romantique. »
Clarke G. : « Au moins il n'est pas en train de manger… »
Clarke tapote sa feuille du bout de son crayon en regardant la phrase qu'elle vient d'écrire. Elle attend une petite seconde et la gomme, avant de la réécrire plus poétiquement. Elle continue en parlant de Platon.
Platon avait dit à la suite de la publication de Gorgias : « Les hommes ne veulent pas ce qu'ils font, mais… »
Clarke fronce les sourcils. Qu'est-ce que c'était, cette citation, déjà ? Clarke fouille dans les livres éparpillés sur sa table mais ne trouve pas ce fameux livre. Elle lève la tête et voit que Bellamy n'est plus là, ce qui la rassure. Au moins il ne lui volera rien pendant qu'elle sera partie. Clarke se lève de son siège et part vers les rangées contenant les livres philosophiques. Elle voit le livre qu'elle convoite de loin, et pose sa main dessus. Malheureusement, quelqu'un semble avoir la même idée puisqu'une autre main se pose en dessous de la sienne. Clarke tourne rapidement sa tête.
- Oh non, pas toi, dit-elle.
- Ça fait plaisir, répond Bellamy.
Clarke ne dit rien de plus, elle resserre juste ses doigts sur le livre.
- J'en ai réellement besoin, lui dit-elle. J'ai des citations à prendre de ce livre et…
- Moi aussi, princesse, donc j'aimerais bien l'avoir.
Clarke secoue la tête, comme un enfant. Elle n'a pas envie de lâcher l'affaire, elle veut ce livre, et surtout… Elle veut gagner face à lui.
- Je ne le lâcherai pas, dit-elle.
- Ça tombe bien, moi non plus.
Les deux restent côte à côte, leur main sur le livre, sans bouger. Ils se regardent juste. Clarke ne peut pas s'empêcher de promener ses yeux sur le nez de Bellamy, ses pommettes, ses lèvres.
- Prends une photo, ça durera plus longtemps, lui dit-il.
- Quoi, tu n'aimes pas que je te regarde ? Pourtant tu t'es assis juste en face de moi.
- Je suis ravi de voir que tu m'as remarqué.
- En même temps dès que je levais les yeux tu me regardais.
Bellamy ne dit rien de plus, il sourit juste en continuant à la regarder. Clarke racle sa gorge en baissant la tête, sa main toujours sur le livre. Elle ne sait pas combien de temps cela va durer mais elle ne lâchera pas. Elle ne lui donnera pas raison.
- Pourquoi est-ce que tu veux ce livre ? demande Bellamy.
- Je te l'ai dit, répond-elle. J'ai besoin de citations. J'ai une dissertation à faire pour la semaine prochaine.
- D'accord, mais moi j'ai un devoir dans deux jours sur cette œuvre.
- Pourquoi est-ce que tu ne t'es pas levé avant pour aller le chercher ?
- Parce que je te regardais.
Clarke rit nerveusement en secouant la tête. Elle sent que ses doigts tremblent sur le livre parce que son bras est en hauteur. Ses forces commencent à lâcher, et elle sait qu'elle va perdre. La jeune femme pousse un soupir avant de retirer ses doigts un à un. Elle fait tomber son bras et regarde Bellamy.
- Il est tout à toi.
La jeune femme se tourne et retourne à sa place en soupirant une nouvelle fois. Tant pis, elle reviendra quand l'examen de Bellamy sera terminé et elle terminera sa dissertation. Clarke commence à rassembler ses papiers mais Bellamy s'assoit tout à coup à côté d'elle, en mettant le livre entre eux deux.
- On va essayer de cohabiter, dit-il.
- Quoi ?
- Attention, une remarque et je retourne à ma place. Ça te va ?
Clarke ne dit rien, elle hoche juste lentement la tête. Elle ne pensait pas qu'il allait faire ça, mais il est plutôt gentleman sur ce coup-ci. Bellamy lui passe le livre en lui disant qu'il n'en a pas besoin pour le moment, donc Clarke le prend et retrouve la citation qu'elle cherchait auparavant.
"Les hommes ne veulent pas ce qu'ils font, mais ce en vue de quoi ils font ce qu'ils font."
Clarke trouve d'autres citations qu'elle peut utiliser et repose le livre. Elle écrit plusieurs choses avant de voir Bellamy fouiller dans tout le livre. Elle le regarde en mangeant son bouchon de stylo. Il soupire avant de la regarder.
- Allez princesse, aide-moi, dit-il.
- Avec plaisir.
- Dans le dialogue de Socrate et Gorgias sur la rhétorique… Dis-moi ce que tu as compris.
- Sérieusement ? Ce n'est pas si dur, pourtant.
- Pas de jugement, s'il te plait.
Clarke lève les yeux au ciel avant de claquer des doigts pour que Bellamy lui donne son livre. Elle cherche une page précise et se penche vers Bellamy en lisant un paragraphe. Elle commence ensuite à lui expliquer ce qu'elle a compris, et il l'écoute attentivement vu la façon dont il la regarde.
- Tu es vraiment jolie, dit-il à la fin du monologue de Clarke.
- C'est tout ce que tu as retenu ? demande-t-elle.
- Presque, oui.
Bellamy hausse les épaules, comme s'il ne lui avait pas fait perdre quinze minutes de son temps. Clarke soupire en s'adossant à sa chaise et en le regardant.
- Est-ce que tu as compris l'histoire que je viens de t'expliquer ? dit-elle.
- Je connaissais l'histoire, répond-il. Je voulais juste t'entendre en parler.
Clarke lève les yeux au ciel avant de replonger sur sa feuille de dissertation pour continuer son travail. Elle sent quelques secondes les yeux de Bellamy sur elle mais il reprend lui aussi son travail de son côté. Bellamy regarde une page du livre tandis que Clarke regarde de l'autre côté, essayant d'attraper une citation ou deux qui peuvent l'aider dans sa recherche. Bellamy tourne la page au bout d'un moment mais Clarke grogne. Elle ne dit rien parce que Bellamy était censé avoir le livre, mais il voit qu'elle aurait aimé rester sur la même page puisqu'il revient dessus.
- Merci, murmure-t-elle.
La jeune femme note une citation avant de lui dire qu'il peut tourner la page. Pourtant, il tourne le visage vers elle.
- Qu'est-ce que tu étudies ? demande-t-il.
- Je te l'ai dit, je fais une dissertation.
- Je le sais, mais pourquoi ? En quelle année es-tu ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Je suis en philosophie, marmonne-t-elle. En troisième année.
Bellamy hoche la tête avant de se replonger dans son travail, sans rien lui dire de plus. Clarke aimerait passer à autre chose mais elle est curieuse, elle aussi.
- Et toi ?
- Histoire, troisième année, murmure-t-il sans quitter sa feuille des yeux.
- Et tu dois quand même étudier Platon ?
- Il faut qu'on soit calés en tout, apparemment, même si ça ne me plaît pas particulièrement.
- Tu m'étonnes…
Clarke entame la conclusion de sa dissertation, ce qui la rassure. Elle va avoir tout le temps de relire son travail pour être sûre que tout est bon et qu'elle n'a pas fait de fautes. Elle écrit quelques phrases et termine son devoir par une citation. Elle pousse un soupir de soulagement en s'adossant contre sa chaise. Bellamy, lui, lit le texte devant lui… Mais Clarke remarque que ça fait déjà dix minutes qu'il est fixé sur la même page. Il fronce les sourcils, ne semblant pas tout comprendre à son cours. Clarke attend une petite seconde avant de tendre le bras pour prendre sa feuille dans sa main.
- Qu'est-ce que tu fais ? demande Bellamy.
- Je t'interroge.
- Tu n'es pas obligée de le faire.
- Non mais j'ai terminé mon travail, donc ca ne me dérange pas.
Bellamy hoche finalement la tête en s'adossant à son siège et en se tournant vers elle. Clarke commence à lui poser des questions sur les philosophies principales de Platon. Bellamy lui parle de certains chapitres et elle le corrige de temps en temps, mais il semble bien connaitre son cours.
- Il faut que j'y aille, dit Clarke en regardant sa montre. Je pense que tu es prêt, en tout cas.
- Merci, princesse.
Clarke ne dit rien lorsque Bellamy l'appelle comme ça parce qu'elle sait qu'il ne le dit pas méchamment. Elle lui fait un léger sourire avant de ramasser ses affaires et s'en aller de la bibliothèque, le surnom de Bellamy en tête.
[…]
« Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil.
Je réponds sur-le-champ à votre Lettre, et je tâcherai d'être clair ; ce qui n'est pas facile avec vous, quand une fois vous avez pris le parti de ne pas entendre.
De longs discours n'étaient pas nécessaires pour établir que chacun de nous ayant en main tout ce qu'il faut pour perdre l'autre. Nous avons un égal intérêt à nous ménager mutuellement : aussi, ce n'est pas de cela dont il s'agit. »
Clarke continue sa lecture des Liaisons Dangereuses. Elle a une fiche de lecture à faire sur le roman pour la semaine suivante et elle est en train de le relire pour être sûre d'avoir tout compris. Elle lève néanmoins souvent la tête pour regarder les étudiants autour d'elle… Parce que Bellamy n'est pas là. Elle s'était habituée à sa tête, donc c'est assez étrange.
- Clarke, murmure son amie à côté d'elle.
- Quoi ?
- Est-ce que tu peux m'aider deux petites minutes ?
Clarke pose son livre sur la table et se penche vers Raven en regardant le travail de celle-ci, sur un livre différent : Madame Bovary. Elle prend la feuille de son amie et lit le texte qu'elle vient d'écrire, en corrigeant quelques fautes.
- Clarke ?
- Quoi ? marmonne Clarke sans lever les yeux.
- C'est pas ton ami de bibliothèque devant ?
Raven lui montre quelqu'un d'un signe de tête. Clarke regarde la porte de la bibliothèque et voit Bellamy entrer dans la salle d'étude. Son regard se dirige automatiquement vers elle, comme s'il savait qu'elle était là… En même temps, elle est assise sur la même chaise que la dernière fois. Cependant, cette fois-ci, il y a beaucoup de monde. Bellamy s'approche et s'assoit sur une chaise en diagonale d'elle, un peu plus loin. Clarke détourne les yeux pour se concentrer à nouveau sur le travail de Raven.
- Oui, c'est lui, murmure Clarke.
- Il n'arrête pas de te regarder, lui dit son amie.
- C'est normal, il me connait.
- II semble triste de ne pas être près de toi, en tout cas.
Clarke lève les yeux au ciel en entendant le rire moqueur de sa meilleure amie. Elle lui montre quelques fautes qu'elle a fait sur sa copie.
- Merci, murmure Raven.
Clarke se replace dans son siège en reprenant sa lecture. Elle pose sa joue contre son poing en lisant le texte devant elle. Pourtant, cette fois-ci, elle n'y arrive pas. Elle sait que Bellamy est près d'elle, et ça la perturbe. Pourquoi ? Elle n'en sait rien. Clarke lève les yeux à un moment donné et tourne le visage vers lui. Celui-ci travaille consciencieusement, apparemment. Clarke soupire avant de continuer ce qu'elle lit.
« Nous avons un égal intérêt à nous ménager mutuellement : aussi, ce n'est pas de cela dont il s'agit. »
La jeune femme sursaute lorsqu'une boulette de papier lui touche violemment le visage. Elle fronce les sourcils et regarde autour d'elle mais personne ne semble l'avoir remarqué. Elle tend la main et déplie lentement la boulette de papier.
Tu es loin de moi.
Clarke commence à sourire en lisant ce mot, avant de regarder Bellamy. Celui-ci ne lève pas la tête, il reste concentré sur son travail. Pourtant, Clarke sait que c'est lui. Elle a reconnu son écriture. La jeune étudiante prend son stylo et écrit à la suite de sa phrase.
Au moins je n'ai pas à t'entendre mâcher je-ne-sais-quoi à côté de mon oreille…
Clarke tend le bras et balance la boulette de papier, qui tombe juste devant les yeux de Bellamy. Celui-ci saute un peu de peur, avant de la regarder et sourire. Clarke continue à le regarder tandis qu'il ouvre le papier. Il secoue la tête en riant avant de se pencher pour noter quelque chose. Il lance le papier vers elle et elle l'attrape au vol. Clarke remarque les regards agacés des gens autour d'eux, ce qui est tout à fait compréhensible.
Oui mais tu ne peux pas non plus me corriger alors que tu adores ça…
Clarke mord sa lèvre.
Ça c'est clair, il va falloir que tu me fasses relire ton texte un de ces jours… Pas aujourd'hui, parce que je pense que les gens autour vont nous tuer à cause de ce qu'on fait.
Clarke renvoie le papier mais rate de peu. À la place, elle percute la personne juste à côté de lui. Clarke écarquille les yeux mais Bellamy intercepte rapidement le papier en s'excusant envers l'étudiant. Il lit le papier rapidement avant d'écrire quelque chose. Il le jette sur la table de Clarke.
- Vous allez arrêter, oui ? marmonne Raven.
- Désolée.
Tu as raison, il faut être un peu plus discret.
Clarke lit le papier avant de descendre les yeux pour voir le numéro de téléphone de Bellamy écrit juste en dessous de la phrase. Pour une raison qu'elle ne connait pas, son cœur bat un peu plus rapidement dans sa poitrine. Elle prend son téléphone portable sur le côté et rentre le numéro de Bellamy avec son nom dessus. Elle tremble légèrement en envoyant un message.
Clarke G. : « C'était ta seule excuse pour obtenir mon numéro de téléphone ? »
Bellamy B. : « Pourquoi est-ce que je t'ai sentie fébrile en écrivant ce message ? »
Clarke G. : « Tu devrais arrêter de m'espionner, tu sais. »
Bellamy B. : « Donc j'avais raison ? »
Clarke secoue la tête avant de poser son téléphone sur le côté et ouvrir à nouveau son livre pour reprendre sa lecture. Elle sait qu'elle est en train de rougir mais elle ne peut pas s'en empêcher… C'est stupide. Elle ne le supportait pas il y a quelques semaines mais maintenant elle est frustrée de ne pas être près de lui. La jeune étudiante soupire avant de prendre son portable.
Clarke G. : « Sur quoi est-ce que tu travailles ? »
Bellamy B. : « Belle façon de détourner la conversation. »
Clarke G. : « Je ne détourne rien, je fais juste semblant de m'intéresser à ce que tu fais. »
Bellamy B. : « Je travaille sur la Révolution française. Tu veux venir m'aider ? »
Clarke garde ses mains sur son portable en voyant le message de Bellamy. Elle lève les yeux et le voit adossé à sa chaise, un sourcil levé dans sa direction. Clarke se concentre une petite seconde. Ce serait si simple de venir à côté de lui, sentir son odeur, toucher sa peau… Qu'est-ce qui lui arrive ? Elle a réellement besoin de sexe.
Clarke G. : « Je dois terminer rapidement ce livre. Une prochaine fois. En plus la révolution française… »
Bellamy B. : « Tu es en train d'insinuer qu'étudier Louis XVI n'est pas intéressant ? Je suis très déçu de toi, princesse ! »
Clarke sourit avant de poser définitivement son téléphone sur le côté. Elle ne peut pas se laisser distraire de cette façon, elle doit travailler si elle veut réussir son semestre. Elle continue à noter tout ce qui l'intéresse sur son livre tout en le lisant le plus rapidement possible. Elle a l'impression qu'elle n'y arrivera jamais.
- La bibliothèque ferme bientôt, lui dit Raven. Je vais t'attendre dehors, d'accord ?
- Arrête la cigarette, lui dit Clarke en souriant.
- Oui maman. Tu as quinze minutes pour terminer.
Raven prend ses affaires et se lève de son siège avant de sortir de la bibliothèque. Clarke écrit un peu plus rapidement sur son cahier mais soupire en voyant l'heure tourner. Elle n'a pas non plus envie de faire attendre trop longtemps son amie. La jeune femme se lève de son siège avec son livre et part dans le fond de la bibliothèque pour reposer le roman. Clarke lève les yeux au ciel en sentant une présence derrière elle au moment où elle pose le livre.
- Tu es vraiment en train de me suivre ? demande-t-elle.
- Hé, je voulais une correction.
Clarke rit légèrement en se tournant vers Bellamy. Il la regarde avec un sourire au coin des lèvres en lui tendant une feuille. Clarke la lit du début à la fin en restant concentré, malgré le fait que Bellamy s'approche de plus en plus d'elle, jusqu'à regarder lui aussi la feuille. Elle sent son odeur familière et se sent défaillir.
- C'est parfait, dit-elle en lui redonnant son texte.
- Aucune faute ? demande-t-il en haussant un sourcil.
- Non.
- Arrête de mentir, je viens d'en voir une à la troisième ligne.
Bellamy continue à la regarder étrangement, comme s'il ne comprenait pas son attitude. Puis, le temps d'un quart de seconde, Clarke dévie son regard vers ses lèvres. Il commence alors à sourire.
- Oh, je vois, dit-il.
- Tu ne vois rien du tout, marmonne Clarke en se sentant rougir.
- Oh je vois très bien ce qui se passe.
Clarke lève les yeux au ciel avant de commencer à longer l'allée de la bibliothèque. Cependant, Bellamy intercepte son poignet et la retourne délicatement face à lui. Clarke soupire et le repousse mais il ne lâche pas. Clarke se plaque contre une étagère en retirant enfin son poignet de ses doigts et croise les bras en le toisant.
- Tu ne me laisseras jamais partir, pas vrai ? dit-elle finalement.
- Je ne te kidnappe pas, je veux juste savoir ce qui se passe.
- Il n'y a rien qui se passe.
- Oh si, il y a quelque chose qui se passe.
- Oh tu m'agaces !
Clarke tend le bras et tire le t-shirt de Bellamy en avant pour pouvoir écraser ses lèvres contre les siennes. Elle enroule ses bras autour de son cou en sentant ceux de Bellamy autour de sa taille. Clarke le sent la plaquer encore un peu plus contre les livres. Certains lui font même mal, mais elle s'en fiche complètement en ce moment même. Bellamy embrasse divinement bien et Clarke sent qu'elle pourrait se perdre à tout moment dans son étreinte. Elle arrache au bout d'un moment ses lèvres des siennes et le regarde, essoufflée.
- C'était la dernière fois, dit-elle.
- Quoi ?
- C'était la seule et la dernière fois.
Elle le pousse et s'éloigne très rapidement, en resserrant son sac sur ses épaules. Quelle idiote.
[…]
- Te voilà.
Clarke ferme une seconde les yeux avant de se pencher en avant pour frapper son front contre la table plusieurs fois de suite. Elle avait décidé d'aller dans la salle d'études pour ne pas le croiser, et il l'a retrouvée… Bellamy entre dans la salle en refermant la porte derrière lui et reste debout devant elle.
- À ce point ? demande-t-il. Est-ce que je peux m'asseoir ?
Bellamy ne bouge pas jusqu'à ce qu'elle lève les yeux vers lui et hoche la tête. Il tire la chaise en face d'elle et s'assoit. Il reste les bras croisés, le regard sur elle. Clarke continue à écrire – enfin, faire semblant d'écrire. Elle sait qu'il la regarde mais elle est beaucoup trop gênée depuis ce qu'il s'est passé la semaine précédente.
- Tu ne vas rien me dire ? demande Bellamy.
- Je n'ai rien à dire, marmonne-t-elle.
- Très bien.
Clarke lève la tête alors que Bellamy sort des cahiers de son sac et les étale devant lui. Il commence à lire et à griffonner des choses. Clarke ne peut même plus travailler maintenant qu'il est là, elle est comme bloquée. Elle met son menton sur son poing et regarde sa feuille, en faisant semblant de lire. Elle relit la même phrase encore et encore. Clarke aimerait qu'il parte, mais il a décidé de rester, apparemment. Clarke reste perdue dans ses pensées jusqu'à ce que Bellamy intercepte sa feuille.
- Hé ! s'exclame-t-elle.
- Excuse-moi mais ça fait cinq minutes que tu lis cette feuille, c'est qu'elle doit être intéressante.
- Elle est intéressante.
- À ce point ?
Clarke acquiesce en tendant le bras pour qu'il puisse lui rendre sa feuille, ce qu'il fait rapidement. Le jeune femme se replonge dans sa lecture, mais cette fois-ci Bellamy la regarde.
- Je te paye un verre ? demande-t-il finalement.
- Quoi ? dit-elle en levant la tête. Je suis en train de réviser.
- Arrête, Clarke. Je le vois quand tu n'es pas concentrée. Je suis sûr que tu ne retiens pas un mot de ce que tu lis.
Clarke grogne avant de repousser sa feuille.
- Très bien, dit-elle. Un verre. Un seul.
- Bien-sûr.
- Pas de bisou. Rien.
- Je me tiendrai à carreau, je n'en dirai pas autant de toi.
- R.I.E.N.
Bellamy sourit avant de hocher la tête. Clarke et lui se lèvent de leurs chaises et commencent à ranger leurs affaires. Clarke place son sac sur l'une de ses épaules et le suit en dehors de la bibliothèque. Ils ne vont pas loin, ils vont juste dans le bar juste en dessous de l'université. Ils ne parlent pas sur le chemin, ils marchent côte à côte et, bizarrement, Clarke se sent à l'aise avec lui.
- On va s'asseoir à l'intérieur ? demande Bellamy.
Clarke acquiesce. Ils entrent et trouvent une table pour deux, dans le fond. Clarke pose son sac et ils commandent un verre. Un silence de quelques secondes s'installe entre eux.
- Est-ce qu'on va rester dans le silence comme ça ? demande Bellamy.
- Je n'en sais rien, dis quelque chose.
- Tu me plais beaucoup.
Clarke serre ses doigts autour de son verre lorsqu'elle entend cette phrase. Heureusement qu'elle n'était pas en train de boire, sinon elle aurait sans doute tout recraché sur Bellamy.
- Moi ? dit-elle finalement. Je te plais ?
- Quoi, je ne devrai pas ?
- Je suis une madame je-sais-tout qui corrige tes fautes depuis plusieurs semaines.
- Peut-être que j'aime ça.
Bellamy hausse les épaules. Clarke commence à rire en secouant la tête. Cette discussion est si improbable.
- Je te plais aussi, pas vrai ? demande-t-il.
- Je ne vois pas pourquoi tu dis ça, répond-elle.
- Peut-être parce que tu m'as embrassé la semaine dernière.
- C'était un moment de faiblesse.
- Mais un très bon moment.
Clarke ne peut s'empêcher de sourire en voyant l'air de Bellamy. Elle ne sait pas pourquoi elle a cette réaction avec lui, c'est assez rare qu'elle soit séduite aussi rapidement par quelqu'un.
- Je ne peux pas sortir avec quelqu'un, dit-elle finalement. J'ai des études qui me prennent du temps.
- C'est totalement une excuse.
- Non, c'est vrai ! J'ai des dissertations toutes les semaines, j'ai un devoir la semaine prochaine mais je n'ai pas réussi à réviser parce que tu étais dans la même pièce que moi. C'est mauvais d'avoir quelqu'un dans sa tête.
- Donc je suis dans ta tête ?
Clarke grogne en levant les yeux au ciel. Il a vraiment décidé de retenir ça mais pas la partie où elle lui a expliqué qu'elle ne voulait fréquenter personne.
- Tu ne comprends pas, répète-t-elle. J'ai un devoir que…
- Très bien, alors allons réviser ton devoir. Allons réviser tout ce que tu veux, et ensuite on pourra vraiment parler.
- Sérieusement ?
- Sérieusement. On va chez toi, on travaille, on reste sérieux.
Bellamy soutient son regard sans aucune trace d'humour dans ses paroles. Clarke rit avant de hocher la tête.
- Je n'ai qu'une petite chambre Crous. J'ai un lit, un bureau, c'est tout.
- Je fais moins de deux mètres, ça ira.
Clarke attend quelques secondes avant de se lever et lui faire un signe pour qu'il la suive. Bellamy et elle sortent du bar et commencent à se diriger vers la chambre de Clarke. Celle-ci lui dit sur le chemin que c'est vraiment petit, mal rangé, mais Bellamy ne dit rien de plus et la suit calmement. Ils entrent et Bellamy regarde autour de lui.
- Au moins tu as une petite cuisine ! dit-il.
Clarke rit en posant son sac sur son lit. Il n'y a qu'une chaise dans son appartement, donc elle grimace.
- On serait sans doute mieux tous les deux sur le lit, dit-elle. Mais on ne se touche pas, compris ?
- Je garderai mes mains sur ton cahier, répond-il.
Bellamy s'allonge sur le lit une place, sur le dos, alors que Clarke s'allonge à ses côtés, sur un coude. Il prend le cahier de Clarke dans ses mains et commence à le lire à haute voix. Clarke suit la lecture en même temps.
- Je peux lire une page et te poser des questions après, lui dit Bellamy.
- Vas-y.
- Ferme les yeux et ne triche pas.
Clarke s'exécute. Elle écoute la voix de Bellamy lire sa page et elle se rend compte que cette révision va sans doute être plus difficile que prévue. Comment se concentrer alors qu'un Dieu est allongé à côté d'elle sur son lit et lui a dit quelques minutes auparavant qu'elle lui plaisait ? C'est impossible. Pourtant, Clarke essaye de faire au mieux. Bellamy lui lit des paragraphes et lui pose des questions après pour que ça rentre mieux dans sa tête. Clarke se détend de plus en plus au bout d'un moment et se retrouve la tête sur l'épaule de Bellamy.
- Je croyais qu'on ne devait pas se toucher ? murmure celui-ci.
- Je suis fatiguée.
- Fatiguée, vraiment ?
- J'ai la tête lourde.
Bellamy ne dit rien de plus et continue à lire en restant sur le dos. Clarke garde les yeux fermés et respire l'odeur de Bellamy sous son nez. Ça devient infernal, elle n'en peut plus. Elle ouvre les yeux et lève un peu la tête vers lui pour se préparer à lui dire de partir. Pourtant, Clarke fixe son profil et mord sa lèvre. Bellamy lui pose une question mais elle ne répond pas. Il tourne finalement son visage vers elle. Ils se regardent quelques secondes jusqu'à ce que Clarke avance un peu son menton pour poser ses lèvres contre les siennes. Bellamy répond lentement à son baiser mais il ne bouge pas de place, surement pour ne pas la brusquer. Clarke se recule pour le regarder.
- Et les révisions ? murmure-t-il.
- J'ai encore demain, répond-elle.
Clarke tend le bras et retire le cahier des mains de Bellamy, avant de le jeter de l'autre côté de la chambre. Cela semble réveiller Bellamy puisqu'il se tourne vers elle et reprend ses lèvres entre les siennes. Clarke passe ses bras autour de son cou alors qu'il fait passer l'une de ses mains sous son t-shirt, en caressant ses côtes. Il se met un peu plus sur elle mais Clarke manque de tomber.
- Ton lit est beaucoup trop petit, dit-il contre sa bouche.
- Attends, laisse-moi faire.
Clarke le pousse un peu et se place à califourchon sur le bassin de Bellamy. Celui-ci sourit en attrapant le visage de Clarke pour l'approcher de son visage à lui. Ils s'embrassent durant plusieurs minutes, en se caressant de temps en temps, mais sans aller trop loin.
- Tu me rends fou, dit-il en mordillant son cou.
- Toi aussi, soupire-t-elle en caressant ses cheveux.
Bellamy l'embrasse une nouvelle fois sur les lèvres. Clarke continue le baiser avant de se reculer en retenant son torse avec sa main. Il grogne.
- Je te propose quelque chose, dit-elle.
- Je t'écoute.
- On ne couche pas ensemble jusqu'à ce qu'on estime ne plus trop avoir de révisions à faire.
- Tu plaisantes ?
- Par contre on peut s'embrasser, c'est déjà bien non ?
Bellamy grogne avant d'agripper la nuque de Clarke pour faire descendre sa bouche vers lui. Elle rit contre ses lèvres mais gémit lorsqu'il soulève un peu son bassin contre le sien.
- D'accord, dit-il. Mais je pense sincèrement que tu craqueras bien avant ça.
- On verra bien.
Elle se penche en avant.
[…]
Bellamy B. : « Révisions dans mon appartement ? »
Clarke G. : « Révision ? Vraiment ? »
Bellamy B. : « Révisions et roulage de pelle dans mon appartement ? »
Clarke G. : « Ah, je comprends donc mieux cette invitation. »
Clarke prend ses clés et sort de sa chambre de Crous. Elle descend les escaliers et s'engouffre dans sa voiture.
Bellamy B. : « Donc c'est oui ou c'est non ? Sinon je demande à ma deuxième petite amie. »
Clarke G. : « Ah ! Très drôle ! »
Clarke sourit en démarrant le moteur et en s'engouffrant dans la rue. Cela fait quelques semaines que Bellamy et elle sont en couple, et ça se passe extrêmement bien, à sa plus grande surprise. C'est vrai que toute cette histoire débute par un paquet de chips dans une bibliothèque, donc c'est étonnant. Pourtant… Clarke est aux anges. Ils n'en sont qu'au stade des bisous et des câlins parce qu'ils essayent de se tenir à la règle de Clarke : tant qu'ils ont beaucoup de travail à faire, il ne peut rien se passer. Cela devient quand même compliqué…
Bellamy B. : « Dépêche-toi sinon l'autre petite amie… »
Clarke G. : « Arrête de me parler de ta copine imaginaire ! »
Bellamy B. : « Ah parce que tu ne me crois pas capable d'en avoir une autre ? »
Clarke G. : « Absolument pas. »
Bellamy B. : « C'est légèrement vexant. »
Clarke lève les yeux au ciel avant de ranger son portable dans sa poche arrière de jean. Elle appuie sur la sonnette de la porte d'entrée de Bellamy. Celui-ci ouvre au bout de quelques secondes.
- Cache ton autre copine, lui dit Clarke.
- Oh, je ne te l'avais pas dit ? répond Bellamy. C'est toi l'autre copine. La principale ne voulait juste pas venir aujourd'hui.
Bellamy lui sourit tandis que Clarke secoue la tête en riant. Il tend le bras vers elle et enroule son bras autour de sa taille, en la faisant entrer. Clarke passe un bras derrière sa nuque et l'embrasse sur les lèvres pendant qu'il referme la porte. Bellamy retire le sac de l'épaule de Clarke et le pose sur le sol.
- Hé, ce sont mes cahiers, dit celle-ci contre ses lèvres.
- Je sais, marmonne-t-il.
- On doit réviser.
- Je sais.
Bellamy soulève Clarke de terre. Celle-ci enroule ses bras autour de sa taille en léchant et mordillant son cou. Il l'allonge sur son canapé et reprend possession de ses lèvres. Clarke gémit lorsqu'il frotte son bassin au sien. Ils continuent à s'embrasser durant quelques minutes, jusqu'à ce qu'ils se décident à travailler.
- Quelle matière ? demande Clarke.
- Géographie, marmonne Bellamy en s'installant à côté d'elle sur le canapé.
- Anglais pour moi…
Clarke s'installe en tailleur en mettant son cahier sur ses cuisses. Elle relit son cours de la dernière fois et commence un nouveau cours pour réinvestir ses connaissances. Bellamy soupire plusieurs fois de suite en lisant sa géographie et en grognant parce qu'il en a marre de réviser. Il se penche vers Clarke pour voir ce qu'elle lit par-dessus son épaule et l'aide.
- Tu n'as pas des choses à réviser toi ? demande Clarke.
- Si, mais j'avais déjà travaillé sur ça ce matin donc j'en ai marre. Je préfère t'aider.
Clarke hoche la tête et écoute les questions que Bellamy lui pose, en y répondant dès qu'elle a la réponse. Bellamy semble se lasser de cette activité aussi donc Clarke lit toute seule son cours, en essayant au maximum de retenir des informations. Cependant, cela semble compliqué lorsque Bellamy se penche vers elle et dépose un long baiser dans son cou. Clarke soupire de plaisir en sentant de la chaleur dans le creux de son ventre lorsqu'il fait ça.
- Je croyais que tu voulais m'aider, lui dit-elle.
- C'est exactement ce que je fais, répond-il.
- Tu me distrais plus qu'autre chose…
Bellamy sourit contre sa peau. Il dépose un dernier baiser dans son cou et se replace droit dans le canapé. Il penche sa tête en arrière et ferme les yeux, en se détendant. Clarke lit un paragraphe d'anglais de plus mais tourne sa tête vers Bellamy au bout d'un moment. Elle laisse ses yeux parcourir son nez, sa mâchoire, sa pomme d'Adam et son cou musclé.
- C'est injuste, murmure-t-elle.
- Quoi ? demande-t-il sans même ouvrir les yeux.
- Que tu sois aussi beau.
- Arrête.
Clarke lève les yeux au ciel en entendant la réponse de Bellamy. C'est stupide mais c'est comme s'il ne se rendait pas compte de sa beauté. Pourtant, Clarke n'arrête pas de lui répéter, mais il ne la croit même pas, ce qui est… Insensé. Clarke dépose son cahier sur la table basse et enjambe les genoux de Bellamy. Celui-ci ouvre les yeux et sourit en la regardant.
- C'est vrai, dit-elle. Tu es magnifique.
- Quand est-ce que tu arrêteras de me dire ça ? demande Bellamy.
- Quand tu l'auras compris !
Clarke se penche vers lui et embrasse longuement sa mâchoire. Bellamy ne bouge pas un instant avant de prendre le visage de Clarke entre ses mains pour l'embrasser. Clarke gémit contre sa bouche avant de mouvoir son bassin contre celui de Bellamy. Ce dernier descend l'une de ses mains vers ses fesses et la rapproche encore plus de lui. Clarke pousse un gémissement en enfonçant son visage dans le cou de Bellamy.
- Ça devient ridicule, murmure-t-il dans son oreille.
- Quoi ?
- Qu'on s'empêche de faire ce qu'on veut faire juste pour les études.
- Ah oui ? Et qu'est-ce que tu proposes ?
Clarke lève un sourcil en le regardant. Bellamy fait passer son index sur la bouche de sa petite-amie, descendant vers ses clavicules, sa poitrine, son abdomen et un peu plus bas encore. Clarke se frotte contre lui en mordant sa lèvre.
- Je pense que ne rien faire nous perturbe encore plus, dit-il.
- C'est possible.
- Il faut peut-être qu'on change de stratégie alors.
- Possible aussi.
Bellamy attend la décision de Clarke. Celle-ci hésite quelques secondes avant de se pencher vers lui pour écraser ses lèvres contre les siennes. Bellamy se lève du canapé avec elle dans ses bras et l'entraine dans sa chambre.
[…]
Clarke G. : « Pourquoi est-ce que tu n'es pas chez toi ? »
Bellamy B. : « Comment est-ce que tu sais que je ne suis pas chez moi ? »
Clarke G. : « Parce que je suis chez toi. »
Bellamy B. « Et pourquoi es-tu chez moi ? »
Clarke G. : « Parce que je voulais te voir, ce qui n'est pas TON cas, apparemment. »
Clarke s'allonge sur le canapé de Bellamy en gardant son portable dans sa main. Elle patiente une minute avant de voir sa réponse.
Bellamy B. : « Je suis à la bibliothèque. »
Clarke G. : « Sans moi ? »
Bellamy B. : « Toi tu n'as pas eu 8 en histoire, donc oui, sans toi. Je ne voulais pas te faire subir une journée de révision alors que tu n'en as pas besoin.
Clarke G. : « J'arrive, abruti. »
Bellamy B. : « Je t'aime. »
Clarke met son portable dans sa poche et sort de l'appartement de Bellamy, en prenant soin de refermer derrière elle. Elle vient souvent chez lui maintenant qu'elle possède la clé et que c'est vraiment officiel entre eux. Bellamy est vraiment… Parfait. Clarke a encore du mal à réaliser qu'il est son copain, qu'il est amoureux d'elle… C'est toujours irréaliste.
La jeune femme arrive quelques minutes plus tard à la bibliothèque et cherche à leur table habituelle de travail. Elle fronce les sourcils lorsqu'elle ne le voit pas.
Clarke G. : « Tu me trompes, c'est ça hein ? »
Clarke rit intérieurement en écrivant cette phrase. Elle sait très bien que Bellamy ne serait jamais capable de faire ça, donc ça la fait rire.
Clarke commence à s'éloigner mais elle sent un bras s'enrouler autour de sa taille et la tirer vers les étagères de livres. Elle ouvre la bouche pour râler mais Bellamy dépose ses lèvres sur les siennes. Clarke se fige une seconde, en se demandant si elle devrait l'engueuler, mais cela ne vaut pas le coup. Elle soupire contre ses lèvres en lui rendant son baiser. Elle se recule et lui frappe gentiment l'épaule lorsqu'elle le sent pincer l'une de ses fesses.
- Pas touche, lui dit-elle.
- Je suis désolé pour le retard, j'étais en train de te tromper avec Echo dans la salle d'à côté. Tu es arrivée beaucoup trop vite.
Bellamy commence à sourire en voyant le regard noir que Clarke lui lance. Il sait que cela énerve Clarke quand il mentionne Echo. Clarke est sûre et certaine qu'Echo a un coup de cœur pour Bellamy et souhaite aller plus loin avec lui, bien qu'elle sache qu'il est en couple avec Clarke.
- Je la déteste, marmonne Clarke.
- Ah oui ? Je n'en étais pas sûr.
- La prochaine fois qu'elle te regarde avec des yeux de merlan frit je…
Bellamy interrompe la phrase de Clarke en l'embrassant sur la bouche. Celle-ci s'éloigne entre deux baisers pour lui parler.
- Tu ne t'en sortiras pas comme ça, grommelle-t-elle.
- Je le sais.
Clarke se remet sur la pointe des pieds pour reposer ses lèvres sur les siennes. Elle passe ses mains dans les boucles brunes de Bellamy. Elle ne se lassera jamais de ça, elle le sait. Clarke se sépare cependant une dernière fois pour lui parler.
- Est-ce qu'on pourra s'embrasser devant elle la prochaine fois ?
- Tu m'épuises, Clarke.
- C'est pour ça que tu m'aimes, répond-elle.
Bellamy lève les yeux au ciel mais les plonge dans ceux de Clarke juste après. Clarke sent ses jambes trembler devant son regard rempli d'amour. Oui, il est vraiment amoureux, lui aussi.
Bonjour à tous !
Comment vous allez aujourd'hui ? Je suis enfin en vacances, cela fait tellement de bien ! J'ai obtenu mon Master et j'ai passé mon concours la semaine dernière... Et maintenant je n'ai plus qu'à attendre les résultats ! J'espère que tout va bien pour vous, n'hésitez pas à me raconter vos petites vies, ça m'intéresse beaucoup !
Sinon, n'hésitez pas non plus à me suivre sur ma chaîne Youtube Les passions d'Amandine ! Je parle des conventions dessus mais je vais bientôt poster une vidéo sur la série The 100, ce que j'ai aimé ou non... Donc n'hésitez surtout pas !
On se retrouve dans deux semaines !
- Amandine.
