Disclamer : Les personnages et les lieux appartiennent à J.K. Rowling.
Bonne lecture, Sierra.
1
The other One
Il faisait nuit noire lorsque Hermione reprit conscience. Elle fut d'abord surprise de ne pas sentir l'humidité, ni même la froideur de la pierre, plutôt la douceur et la chaleur d'un tapis aux longs poils moelleux. Elle se redressa automatiquement, les évènements de la discussion avec Narcissa lui revenant brusquement en mémoire.
Appuyée sur les mains, allongée encore sur le sol, elle jeta un regard surpris à la pièce éclairée uniquement par la lumière chatoyante d'un chandelier posé près de l'immense lit à baldaquin. Le bois était aussi sombre que l'étaient les draps et les tentures accrochées au baldaquin. Un fauteuil était placé juste en face d'elle, et lorsque la lumière vacilla, Hermione poussa un cri en remarquant que quelqu'un s'y trouvait.
Elle se recula précipitamment, manquant de peu de se renverser à l'arrière, sentant une panique monstrueuse l'envahir. L'époque où son courage de lionne lui était reconnu lui paraissait tellement lointaine.
La silhouette se leva, puis alluma d'un coup de baguette les autres chandeliers qui étaient accrochés aux quatre coins de la pièce. Lorsqu'Hermione reconnut la personne face à elle, le temps sembla s'arrêter.
Il était bien plus grand et imposant que dans son souvenir. Ses cheveux étaient toujours d'un blond opalescent, ses yeux plus gris et froids que jamais, tandis que son visage ne trahissait aucune émotion. Vêtu tout de noir, calme, impassible, Hermione comprit immédiatement la raison pour laquelle le Ministère s'acharnait sur lui. Il transpirait la magie noire et la dangerosité.
- Lève-toi, Sang-de-Bourbe, ordonna-t-il froidement.
Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour, cependant elle essaya tant bien que mal de ne pas se dépêtrer de son calme olympien.
- En quoi te ferais-je cet honneur ? Je ne te dois rien.
Il se rapprocha d'un seul coup, la saisit violemment par le bras et la hissa sans la moindre douceur sur ses pieds. Hermione tangua dangereusement, heureusement maintenue par la main de fer de Drago Malefoy qui lui enserrait douloureusement le bras tel un étau de fer. Elle était minuscule face à lui, le haut de sa tête effleurant à peine la clavicule du jeune homme.
- Tu préfères peut-être retourner dans les cachots ? Ça te manque tant que ça l'humidité et la crasse ?
Hermione ne répondit pas, se contenant de le dévisager avec toute la haine qu'elle avait pour lui. Il aurait très bien pu la tuer, ou bien même lui lancer une quinzaine de Doloris avant qu'elle ne décède à cause de la douleur. Mais il avait préféré l'emprisonner. S'amuser à la rendre aussi folle que sa dégénérée de tante.
- Ta présence est tout aussi immonde que tes cachots, cracha-t-elle en le regard droit dans les yeux.
Cruelle erreur. Malefoy accentua sa prise, faisant ainsi crier la jeune femme qui sentit les larmes lui monter aux yeux. Son corps était on ne peut plus faible, et la moindre pression sur ses muscles endoloris la faisait souffrir.
- Vraiment, Sang-de-Bourbe ? Tu souhaites donc y croupir jusqu'à la fin de ta misérable et insignifiante vie ?
Hermione se crispa automatiquement. Malgré le fait que ce soit Malefoy en face d'elle, elle préférait encore la présence ce cancrelat détestable plutôt qu'à l'isolement total. Des années passées à compter les jours qui s'écoulaient inlassablement. Elle voyait tantôt la lumière filer au travers des minuscules trous de sa cellule, tantôt la noirceur la plus totale. Les repas, qui se constituaient de pain rassis et d'eau tiède nauséabonde, lui étaient donné deux fois par jour. A l'aube, ainsi qu'au crépuscule. Elle avait ainsi établi mentalement des horaires qu'elle espérait justes.
Ainsi, selon ses calculs, plus de quatre ans s'étaient écoulés depuis la bataille de Poudlard. Et les choses paraissaient être dans une situation des plus précaires.
- L'enfermement t'aurait-il enfin fait comprendre qui sont tes supérieurs ?
- Et toi des années à te faire lécher les bottes par tes pitoyables sous-fifres ne t'ont certainement pas fait gagner une once d'intelligence, répliqua Hermione retrouvant son aplomb.
Le blond esquissa un sourire narquois, avant de relâcher sa prise et de reculer de deux pas, afin de la dévisager de haut en bas.
- Ma mère semble t'avoir exposé les faits avant que je ne puisse moi-même te mettre au courant. Bien, ça m'évitera d'insupportables jérémiades.
La brune lui octroya un regard peu amène.
- Devrais-je m'excuser de mon comportement ? s'indigna-t-elle. Je te rappelle que je ne t'ai rien demandé !
- Tu ignores le nombre de sorcières qui rêveraient d'être à ta place, Sang-de-Bourbe, siffla-t-il.
- Parfait, donne-leur ma place ! Je leur cède volontiers ! s'emporta-t-elle en criant.
Deuxième erreur qu'Hermione commit. Les yeux de Malefoy virèrent à l'orage, tandis qu'il s'approchait dangereusement de la brune, qui recula prudemment. Elle n'avait, Merlin merci, perdu aucun reflexe lorsqu'il s'agissait de duel. Cependant le blond avait certainement sa baguette, et elle était séparée de sa vieille amie depuis des années.
- J'ignorais que tu avais si peu de considération pour la vie de ces traitres à leur sang, lui fit innocemment remarquer Malefoy. Très bien, dans ces cas-là je vais tout de suite ordonner qu'on les torture à mort.
Sur ces mots, il se dirigea vers la porte. Paniquée, Hermione s'élança aussi vite qu'elle le put et attrapa la main glacée du blond, qui venait de se poser sur la poignée de la porte.
- Si j'accepte, c'est uniquement pour protéger mes amis. Ne crois pas que je veuille t'aider, Malefoy.
- Et c'est ce qui causera ta perte, Granger.
Il eut un rictus qui lui glaça le sang. Hermione se sentit frissonner, elle ignorait toutefois si c'était à cause du jeune homme, ou de la fatigue. Ou de la faim. Ou des trois d'ailleurs.
- Je vais t'envoyer des elfes de maison pour qu'ils te décrassent, lui indiqua Malefoy avec un air de dégout. Tu empestes la bourbe.
- Pardonne-moi, ô grand maitre Drago Malefoy, je n'ai pas eu le temps de me faire une beauté avant que venir vous rejoindre, rétorqua Hermione d'un ton sarcastique.
Malefoy eut un sourire qui parut presque sincère à Hermione. Il s'avança vers la sortie, mais s'arrêta juste avant de quitter complètement la pièce.
- Maitre Malefoy sera suffisant, ce n'est pas nécessaire de préciser que je suis grand.
Hermione ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, littéralement estomaquée. L'égocentrisme de Malefoy semblait s'être décuplé au fil des années. Et dire qu'elle avait eu l'audace de croire qu'il était déjà à son paroxysme lorsqu'ils étaient à Poudlard.
La jeune femme resta seule très peu de temps. Juste après le départ de Malefoy, un elfe de maison répondant au nom de Wrinkle apparut juste à côté d'elle. Hermione sourit gentiment en voyant son visage strié de ridules plus ou moins importantes, d'où il devait tirer ce nom atypique. Il courba l'échine, et le sourire bienveillant qu'il offrit à Hermione lui réchauffa le cœur.
- Maître Malefoy a demandé à ce que j'apprête Maîtresse Granger. Si Maîtresse veut bien me suivre, je vais l'emmener aux bains.
- Il n'est pas nécessaire que tu t'adresses à moi aussi formellement, dit-elle avec douceur. Lorsque nous sommes tous les deux, appelle-moi juste Hermione.
Wrinkle écarquilla ses yeux globuleux.
- Mais… C'est inconvenant. Si le Maître l'apprenait, Wrinkle encourrait de graves problèmes !
La panique qui l'envahit fit grimacer Hermione. Elle s'empressa alors de le rassurer :
- Ne t'en fais pas. Appelle-moi comme bon te semble. Il n'y a aura aucun soucis, n'aie crainte.
Wrinkle hocha prudemment la tête, puis tourna les talons invitant silencieusement la jeune femme à le suivre. Hermione découvrit alors un tout autre aspect du manoir. Les couloirs étaient grands, spacieux, et décorés avec une finesse rarement observée ailleurs. Impressionnée par la splendeur des étages, Hermione ne parla pas et regardait béatement les différentes statues et autres tableaux époustouflants.
Wrinkle s'arrêta face d'une double porte ivoire aux moulures délicates, l'ouvrit, et laissa Hermione y rentrer avant lui. La lionne en resta bouche bée. Déclinée en un camaïeu de gris, la salle de bain était tout aussi superbe que le reste de ce qu'elle avait aperçu de l'étage. Une grande baignoire centrale, de forme arrondie, s'enfonçait dans le marbre gris qui recouvrait le sol. Quelques meubles en bois blancs étaient alignés sur la gauche, avec une grande vasque en verre posée exactement au milieu du comptoir. Un grand miroir reflétait la lumière chaude de l'immense lustre en cristal qui trônait fièrement au-dessus du bassin.
Quelques touches colorées étaient apportées par de somptueuses plantes luxuriantes qui frôlaient avec une fausse nonchalance le sol. Bien qu'elle douta fortement que Malefoy soit l'auteur de la décoration de la pièce, Hermione n'en resta pas moins béate.
- Ce sont les quartiers du Maître Malefoy, vous avez le droit d'y circuler comme bon vous semble. Du reste, il vous est formellement interdit de vous promener sans mon accompagnement, Maîtresse. Maître Malefoy viendra vous chercher dans une heure, de nouveaux vêtements sont installés à votre disposition derrière le paravent, lui indiqua Wrinkle avec une docilité propre à son espèce. A toute à l'heure, Maîtresse.
Et il partit en un pop significatif, laissant Hermione à nouveau seule. Elle resta quelques secondes inactives, tandis que les pensées se bousculaient à travers sa tête. Tout se passait beaucoup trop vite, c'était à ni rien comprendre. Pourquoi Malefoy l'avait-il gardée captive, cachée de tous ? Pourquoi réclamait-il son aide à ce moment très précis ? Et surtout, comment faire pour sortir Ron et Ginny de leur cachot ?
Elle secoua nerveusement la tête. Dans un premier temps, pour garantir leur sécurité, il fallait qu'elle obéisse à Malefoy, et ce peu importe combien cela pouvait la révulser. Et obéir à Malefoy signifiait se rendre aussi présentable que possible malgré les années d'emprisonnement.
Elle commença par actionner les nombreux robinets qui lâchèrent aussitôt une quantité impressionnante d'eau chaude. Puis, elle retira maladroitement les vêtements collants et puants qu'elle portait, avant de se glisser avec délectation dans l'eau. Jamais elle n'aurait cru que prendre un bain puisse être aussi salvateur. Les muscles endoloris de son dos ou de ses membres se relâchèrent aussitôt, et elle se mit à effectuer quelques mouvements de brasse maladroits, entravée par sa longue chevelure.
Elle plongea la tête sous l'eau, et savoura la sensation de sentir ses cheveux poisseux se décoller de son crâne endolori. Merlin, elle aurait pu mourir en cet instant que ça ne lui aurait guère posé problème. Puis, repensant à Ginny et Ron, retenus captifs tandis qu'elle se prélassait dans un bain, elle sentit la nausée lui retourner l'estomac. Elle sortit rapidement la tête de l'eau pour rejoindre les escaliers où se trouvaient deux flacons blancs qui n'y étaient pas lorsqu'elle était arrivée. Sur le premier était inscrit « Afin de masquer un tant soit peu ta puanteur. » et sur le second « Navré, il n'y a rien d'assez fort pour dompter ta crinière de fauve. »
- Enfoiré, cracha-t-elle en s'emparant rageusement de l'un des flacons.
Elle s'attela d'abord au travail titanesque pour laver sa masse capillaire. Déjà qu'autrefois c'était un travail de titan, mais avec les années et la longueur accumulée, elle ignorait non seulement si elle serait capable de s'en sortir seule. Merlin merci les produits acquis par Malefoy semblaient avoir une réelle efficacité, puisque ses cheveux se dénouèrent rapidement, et crissèrent de propreté seulement au troisième shampooing.
Puis, elle se lava le corps. Une fois. Deux fois. Trois fois. Rien ne semblait pouvoir enlever la désagréable sensation qu'elle éprouvait. La saleté qu'elle ressentait n'était pas physique. C'était à l'intérieur qu'elle était souillée, et jamais, craignait-elle, cette sensation ne partirait.
Ce fut embaumée d'une délicieuse odeur de lavande légèrement vanillée qu'elle s'enroula dans une serviette noire et moelleuse. Elle commença à se sécher les cheveux, tout en dévisageant son visage considérablement amaigri dans la psyché, lorsqu'elle entendit quelqu'un transplaner dans la pièce. Vive, elle pivota sur son pied droit et tomba nez à nez avec Narcissa Malefoy. Vêtue à présent d'une toilette d'une couleur vert bouteille, elle souriait calmement.
Hermione serra aussitôt les lèvres, tout en croisant avec précaution les bras sur la poitrine.
- N'ayez crainte, je ne vais pas vous violer. J'ai déjà vu un corps de femme bien avant le vôtre, lui fit-elle remarquer sans arrêter de sourire.
- Que puis-je faire pour vous ? J'ai une heure avant que Malefoy ne vienne me chercher.
- Drago ne sera là que dans un quart d'heure. Je suis là pour vous aider à vous préparer.
Hermione fronça les sourcils.
- Me préparer à quoi ?
- Au repas. Drago va annoncer à ses partisans qu'il va vous épouser, tâchons de vous rendre un peu plus présentable. Et nous allons nous atteler tout d'abord à cette crinière.
L'air hautain que la blonde prit en désignant ses cheveux ne plus guère à Hermione, qui se crispa encore davantage. Ignorant superbement l'air revêche de l'ancienne Gryffondor, Narcissa ouvrit un tiroir et s'empara d'une paire de ciseaux aiguisés ainsi qu'un peigne en bois. Elle commença par démêler délicatement la très longue crinière de la lionne qui se laissa faire, non sans montrer son mécontentement.
Une fois les cheveux démêlés du mieux que possible, Narcissa approcha les ciseaux près de la chute de reins de la brune, qui ne put s'empêcher de lui lancer une pique :
- N'allez pas me poignarder avec vos ciseaux.
Elle sentit Narcissa sourire.
- Ne me donnez pas une raison pour le faire.
Hermione sourit légèrement, puis finit par se tenir immobile. Quitte à se faire un semblant de tête, autant qu'elle soit un minimum sortable. Ses cheveux étaient plus longs que ce qu'elle n'avait cru, et Narcissa coupa entre quinze à vingt centimètres, les faisant arriver maintenant juste au-dessus du début de sa chute de rein.
Elle désépaissit du mieux qu'elle put la quantité faramineuse de cheveux qu'Hermione possédait, puis dégrada très légèrement le devant, donnant un semblant de forme à l'ensemble. Narcissa sourit légèrement, satisfaite de son travail. Et argua en guise d'explication qu'elle n'avait jamais laissé quiconque d'autre qu'elle s'occuper de ses précieux cheveux.
Hermione n'avait jamais été coquette, elle n'en avait jamais eu l'occasion. Mais elle devait quand même reconnaître qu'elle avait bien moins l'air cadavérique une fois lavée et peignée. Elle finit par enfiler la robe que la blonde la lui tendit, et grimaça légèrement en se rendant compte qu'elle nageait littéralement dedans. La noble la fit rétrécir d'un coup de baguette, et força Hermione à enfiler une paire de ballerines délicates, puis la fit se tourner vers le miroir.
La brune en resta estomaquée. Elle était d'une simplicité extrême. Blanche, coupe droite, tombant juste au-dessus de ses genoux à la maigreur inquiétant, les manches s'arrêtant juste avant le coude. Son opulente chevelure tombait de part et d'autre de son visage émacié, tandis que ses chaussures, également simples, venaient terminer sa tenue. Elle aurait presque pu paraître aussi noble que sa future belle-mère, si ce n'était ses mains abimés, ses genoux encore écorchés, et ses traits épuisés. Pire encore, les stigmates de la torture que Bellatrix lui avait infligée étaient à jamais ancrées dans sa peau d'ivoire. Mudblood.
Elle avait vingt-et-un ans, et pour autant, elle en paraissait facilement cinq de plus.
- Laissez-moi juste vous donner un ou deux conseils pour survivre au repas auquel vous allez assister, chuchota Narcissa en la regardant droit dans les yeux. Si vous devez faire confiance à quelque, faites uniquement confiance à Drago. Ses plus grands partisans dînent avec lui ce soir, ils vont parler d'opération militaire qui vont vous faire froid dans le dos mais ne dites rien. S'il se lève, levez-vous. S'il vous ordonne de quitter la pièce, quittez là. S'il y a un soir où vous devez vous tenir et ne pas être vous, c'est bien ce soir.
Hermione se renfrogna.
- Je ne suis pas une idiote, je sais me tenir lorsque je le dois.
- Permettez-moi d'en douter.
La blonde soupira lourdement, avant de poursuivre avec un air désolé :
- Ne croyez pas que cela me plaît d'agir comme je le fais. Mais j'aime Drago plus que tout au monde, et si je dois vous écraser pour le protéger, je le ferais.
Hermione ne savait que trop bien à quel point Narcissa était sincère. Sa propre mère aurait sacrifié quiconque aurait essayé de lui nuire. La blonde se recomposa rapidement l'attitude digne et froide qu'elle arborait éternellement, puis transplana à nouveau. Hermione s'avança prudemment vers la porte qui s'ouvrit sur Drago Malefoy. Il portait un pull fin, au col montant, ainsi qu'un pantalon à pinces et des chaussures impeccablement cirées. Fidèle à lui-même, il ne portait que du noir.
Il s'attarda un instant sur la tenue de la jeune femme, avant d'esquisser un rictus narquois.
- Je vois que les bons soins de ma mère ont fait leur effet. Tu es particulièrement présentable, pour une Sang-de-Bourbe.
- Change de disque, Drago, tu vieillis avant l'heure à force de radoter, rétorqua-t-elle en lui passant devant.
Le blond ne se démonta pas. Saisissant fermement la main gauche de la jeune femme, il la plaqua fermement contre le mur avant de se pencher pour chuchoter à son oreille :
- Ne défie pas mon autorité, Hermione. Je suis celui qui dirige, et toi tu m'obéis. Il serait dommage que Weasley male perde une oreille comme son cher frère, n'est-ce pas ?
- Laisse George et Ronald en dehors de ça ! vociféra-t-elle en se débattant avec vigueur.
L'ancien Serpentard, en guise de réponse, la claqua violemment contre le mur, lui arrachant un gémissement étouffé de douleur.
- Et que feras-tu sinon ? Tu vas me gifler une fois encore ?
- Ça ne te ferait pas de mal !
Le sourire mauvais du blond s'accentua.
- Essaie.
Hermione le dévisagea avec toute la rancœur qu'elle avait pour lui, avant de se détacher violemment de sa poigne. Malefoy lui attrapa à nouveau la main, plus délicatement cette fois-ci, et lui passa à l'annulaire une bague dont l'or blanc lui glaça la peau. C'était une émeraude, imposante et ovale, entourée de plusieurs petits diamants qui scintillaient de mille feux.
Elle ne s'était jamais sentie aussi prise au piège.
- Maintenant, tiens-toi à carreau, lui ordonna-t-il en lui empoignant la main. Si je dois utiliser un Doloris pour te calmer, je le ferais.
Affaiblie, et apeurée à l'idée qu'il exécute sa menace, Hermione se tut et le suivit docilement. Si l'étage était lumineux, agréablement décoré et chauffé, le rez-de-chaussée était bel et bien froid, lugubre et ténébreux. On entendit d'en bas des escaliers des hommes s'esclaffer dans ce qu'Hermione devina être le salon. Malefoy s'y dirigea aussitôt, tandis que la brune le suivait d'un pas hésitant.
Elle sentait ses paumes devenir moites et sa bouche s'assécher. Tremblante comme une feuille dans la brise, elle s'avança tout doucement, et pria mentalement pour que tout se passe bien. Malefoy pénétra dans le salon enfumé, et Hermione vit aussitôt une quinzaine de regards braqués sur elle. Méprisants, curieux, arrogants, interloqués, méchants… Merlin savait les émotions qui les traversaient à ce moment précis. En tout cas, elle n'avait laissé personne de marbre.
- Alors Malefoy, on ramène sa donzelle ? Tu comptes la faire tourner ce soir ?
L'interpellé se contenta de jeter un regard froid au Mangemort qui venait de parler. Il était aussi gras que le vieux Dursley, songea Hermione avec un dégoût non feint.
- La seule chose qui tournera, Scar, ce sera ta tête lorsqu'elle aura quitté ta nuque si tu ne montres pas davantage de respect.
Il parla avec un calme et une sérénité d'autant plus étonnant que le dénommé Scar pâlit brutalement. Malefoy n'était pas seulement respecté, parmi sa troupe de Mangemorts asservis. Il était craint. Et ça inquiéta bien plus la Gryffondor qu'elle n'oserait l'avouer. Ils avaient commis des crimes abominables, durant la seconde guerre. Innommables même. Et elle ne douta pas que Malefoy avait dû en commettre de bien plus terribles pour se faire respecter de la sorte.
Le blond alla s'installer dans un fauteuil en velours, situé près de la cheminée qui réchauffait légèrement l'atmosphère glaciale de la pièce. Hermione resta debout, droite comme un « i », juste à l'entrée, cachée plus ou moins par une colonne en marbre noir qui soutenait les hauts plafonds.
- Pourquoi la Sang-de-Bourbe est-elle présente ? demanda un autre sorcier encapuchonné. Je ne savais pas que l'on habillait décemment les prisonniers.
- Elle va m'épouser samedi. Weasley arrêtera de fourrer son né d'Impur dans mes affaires. Des opposants ?
Ils eurent quelques regards interloqués entre eux, puis reprirent le cours de leurs affaires et de leurs discussions. Dès lors, Hermione eut tout à loisir de les observer. Tous parlaient calmement et assurément, dans un léger brouhaha auquel Malefoy participa. Il s'attardait à chacune des conversations, et Hermione resta surprise de l'aisance avec laquelle il parvenait à toutes les suivre. Elle-même n'en comprenait que des bribes, et elle cessa rapidement de chercher à les espionner.
Elle se sentait fatiguée, affamée, et n'avait qu'une envie : pouvoir encore dormir quelques heures supplémentaires. Aussi, le plus discrètement possible, elle se glissa à l'autre bout du salon, là où d'immenses baies vitrées donnaient sur ce qu'elle devinait être le parc entourant le château. Il faisait nuit noire, malgré le fait que l'horloge accrochée à la cheminée n'indiquait pas encore dix-neuf heures.
D'après les calculs qu'elle avait effectués lorsqu'elle était encore prisonnière, ils devaient être entre octobre et novembre. La buée qui se forma par la suite sur la fenêtre sous son souffle chaud lui confirma que les températures n'étaient pas très élevées. Elle resta longtemps, le regard perdu dans le vague, jusqu'à voir de légers faisceaux dorés s'illuminer dans le parc. Ce qui furent au départ quelques lucioles tournoyantes s'ouvrirent en une majestueuse arabesque impressionnante.
Plissant les yeux, Hermione discerna sous la lumière blafarde de la lune deux paons blancs, dont les queues déployées scintillaient de somptueux éclats mordorés.
- Pavo Cristatus Album Aureus, chuchota une voix derrière elle. Littéralement, paon blanc doré. Ce sont des espèces très rares et très coûteuses qui valent une véritable fortune. Mais mon cousin semble vraiment apprécier ces pintades.
- Et vous êtes ? demanda-t-elle en se retournant.
Elle fut frappée par les traits typiques des Malefoy que le jeune homme arborait. Grand, plus épais et musclé que Drago, il avait les cheveux moins clairs que ceux de Drago et ses yeux étaient d'un bleu foncé déroutant.
- Cepheus Lucius Malefoy, répondit-il en faisant une révérence exagérée. J'ai eu le plaisir d'apprendre ce soir que nous allions devenir cousins alors ?
- En effet.
Elle répondit plus sèchement qu'elle ne l'avait voulu cependant… Quelque chose en lui ne lui inspirait pas confiance. Il semblait trop gentil, aimable et serviable. Tout ce qu'un Malefoy n'était en aucun cas.
- J'ignorais que Drago avait un cousin, poursuivit-elle avec une voix chevrotante.
- Ma mère était Cassiopeia Malefoy, la sœur ainée de Lucius. Elle est morte en couche, et je suis parti étudier à Durmstrang, chez un oncle du côté de mon père. J'ai vécu en Russie pratiquement toute ma vie, et suis revenu en Angleterre il y a deux ans.
- Pourquoi avez-vous pris le nom Malefoy ? Vous auriez dû prendre celui de votre père, ça aurait été plus logique.
Il se pencha vers elle avec un sourire entendu.
- Parce que c'est un nom noble. Disons que Karkaroff est mal vu dans le milieu Mangemort.
Hermione écarquilla les yeux.
- Vous êtes le fils d'Igor Karkaroff ?
- Illégitime, soupira-t-il. Il a eu une aventure avec ma mère, ce qui lui causa de devenir la honte des Malefoy, Lucius ne lui a jamais pardonné sa traitrise et lorsque je suis né il n'a pas voulu me garder. Il m'a envoyé en Russie, où j'ai été élevé par le frère d'Igor. Il ne m'a jamais réellement considéré comme son fils. J'ai effectué mes études à Durmstrang, comme tout autre élève.
- Navrée pour votre perte, murmura-t-elle en retournant à sa contemplation.
- Ce n'est rien. J'avais déjà vingt-ans lorsqu'il est décédé. J'ai recherché la demeure de mon cousin, et suis venu lui apporter mon aide s'il la désirait.
La brune fronça légèrement les sourcils. Le mélange d'une Malefoy et d'un Karkaroff ne présageait rien de bon. Igor était décédé dans le courant de l'été en quatre-vingt-seize. Ce qui faisait que Cepheus était donc âgé de vingt-six ans.
Ignorant le trouble de la jeune femme qui les observait, les paons continuaient leur glorieuse parade sous le ciel étoilé.
- Alors, Miss Granger, continua Cepheus. Que prévoyez-vous de faire pour contribuer à la cause Mangemort ? Comment allez-vous sauver mon cher cousin de son épée de Damoclès ?
Hermione sentit un regard brûlant sur sa nuque. Tournant légèrement la tête, elle reconnut sans le moindre problème les iris de Drago posés directement sur elle, la dévisageant avec une intensité qu'elle ne lui connaissait pas. Ils se regardèrent longuement, durant une éternité pour Hermione, avant qu'il ne se lève et se dirige vers sa future femme et son cousin.
- Passons à table, ordonna-t-il en tendant son bras à la jeune femme.
Cette dernière ne se fit pas prier pour le prendre, bien trop heureuse d'être débarrassée de Cepheus qui se montrait un peu trop entreprenant. Malefoy traversa le salon, et les doubles portes en pierres s'ouvrirent sitôt qu'il fut en face d'elle. Une longue table ébène trônait majestueusement au milieu de la salle à manger, tandis que pas moins de cinq fauteuils verts sapin reposaient de chaque côté de la table. Un onzième fauteuil dominait la table, celui qu'Hermione supposait être comme étant celui de Drago.
Les couverts étaient dressés, et l'argenterie brillante faisait ressortir l'éclat de la porcelaine immaculée. Les Mangemorts prirent place, tandis qu'Hermione fut installée à la gauche de Malefoy, Cepheus prit place à sa droite, juste en face de la jeune femme qui pâlit.
Il n'eut toutefois pas le temps de poursuivre la discussion étant donné que les entrées furent immédiatement servies. Les yeux écarquillés tel un enfant lors d'un matin de Noël, Hermione regarda avec une envie non feinte l'aumônière aux champignons qui trônait sur une salade composée. La coupant sans ménagement, elle mangea avec une avidité qui aurait fait passer l'appétit de Ronald Weasley comme étant celui d'un moineau.
Les Mangemorts la dévisagèrent tour à tour, tandis qu'elle mangeait goulument. L'aumônière avalée, elle se jeta sur la salade, puis sur le plat principal que Malefoy venait de faire arriver. Elle se passa toutefois de desserts, et triturait nerveusement les différentes cuillères posées près de son assiette tout en écoutant attentivement les informations.
Ils n'avaient toujours pas décimé l'Ordre du Phénix, c'était une bonne nouvelle. L'autre était qu'Arthur Weasley avait été nommé Premier Ministre un an et demi plus tôt, et qu'il menait régulièrement des perquisitions au manoir. Si Hermione parvenait à se montrer à l'une d'elle, alors Arthur saurait qu'elle est retenue prisonnière ici. Et ensemble, ils parviendraient à libérer Ron et Ginny. Encore restait-il à savoir la date à laquelle serait la prochaine perquisition, et tirer les vers du nez de Malefoy n'allait pas être une mince affaire. Elle pourrait toutefois interroger en tout bien tout honneur Cepheus, mais doutait franchement de sa fausse bienveillance.
Le repas se finit aussi calmement qu'il avait commencé, sans qu'aucune autre mention intéressante ne soit faite. Malefoy déclara qu'ils allaient se retirer à nouveau dans le salon pour prendre un verre de Whisky-Pur-Feu, et Hermione profita du raffut que firent les Mangemorts en se levant pour se pencher près de Drago.
- Puis-je me retirer ? J'ai assez fait la potiche pour la soirée, non ?
- Non.
Elle se mordit les lèvres, puis ouvrit la bouche, excepté que Malefoy ne lui laissa pas le temps de parler et renchérit aussitôt d'une voix ferme:
- Tu sais ce qu'il en coûte si tu me désobéis. Et de surcroît, tiens-toi éloignée de Cepheus. Sinon, tu en paieras les conséquences.
Hermione sentit une bouffée d'indignation la gagner. Ce n'était tout de même pas sa faute si Cepheus cherchait à lui parler ! Fulminante, elle se dirigea d'un pas rageur en direction du salon, et s'assit avec la grâce d'un phacochère sur un canapé en cuir. Bras et jambes croisés, sourcils froncés, tout en elle transpirait la colère.
- A quelle heure sera célébrée la cérémonie, cher cousin ?
Si Hermione ne connaissait pas Malefoy, elle aurait juré que la question de Cepheus l'avait agacé. La ligne de sa mâchoire se contracta involontairement, et ses yeux changèrent légèrement de couleur. Interloquée, Hermione sentit sa colère redescendre et regarda tour à tour les deux blonds qui se dévisageaient. Plus aucun Mangemort ne parla, tous fixaient ostensiblement la scène.
- En fin de journée. L'archimage célèbrera la cérémonie, et il n'y aura aucune festivité.
- Dommage, je me réjouissais tellement de célébrer quelque chose en ces temps difficiles, déplora-t-il en lançant un regard soutenu à l'ancienne Gryffondor.
- Justement, ce serait déplacé que de faire une fête grandiose alors que ce sont des temps difficiles, argua-t-elle en guise de réponse.
- Les bans ont déjà été publiés. Dès demain, le monde sorcier saura que nous allons nous unir.
Hermione accusa tant bien que mal le coup. Elle avait sottement espéré avoir plus de temps pour se préparer à la nouvelle. D'ici quelques heures, la totalité du monde sorcier la prendrait pour une traitresse. Elle préférait encore passer pour morte plutôt que les gens la croient capable d'une telle ignominie. Voyant un elfe de maison passer près d'elle pour distribuer les whiskys, Hermione s'empara d'un verre qu'elle vida d'une traite, avant de secouer vigoureusement la tête. S'enivrer n'était probablement pas l'idée du siècle, mais à grands maux les grands remèdes.
Drago fronça les sourcils, à mesure qu'il voyait s'écouler les verres que Granger ingurgitait. Cette sotte allait finir ivre morte avant même avoir eu le temps de dire quidditch. D'ailleurs, le rouge qui colorait ses pommettes saillantes ne lui disait rien qui vaille, ni les regards insistants que lui lançait Cepheus d'ailleurs. Il devait rester de marbre, si Cepheus s'apercevait qu'il était trop protecteur envers elle, elle ne serait plus protégée par son immunité.
Il eut un léger sourire d'autodérision en pensant qu'il était assurément l'homme le plus crétin d'Angleterre. Il n'avait fait preuve d'aucun courage lorsqu'elle était aux mains de sa cinglée de tante, alors pourquoi s'était-il montré courageux lors de la Bataille de Poudlard ? Pourquoi, alors que les Mangemorts traquaient les Sangs-de-Bourbe et autres membres de l'Ordre, il avait braqué sa baguette sur elle ? Ses yeux mordorés s'étaient écarquillés, tandis qu'elle chercha tant bien que mal sa baguette qui avait chuté non loin d'elle.
Il lui lança un Impedimenta qui la fit s'écraser sur le sol, sa tête heurtant violemment les débris des restes du château. Puis, sans réfléchir, il enjamba le corps d'une Serdaigle de sixième année et s'abaissa près de celui inanimé de Granger, qu'il attrapa avec précaution pour ne pas la heurter davantage. Il entendit le cri rageur de Weasley qui s'élança sur lui, les yeux fous, et esquissa un sourire avant de le repousser d'un puissant Expelliarmus qui le fit s'envoler dans les décombres. Il se pencha à nouveau vers Granger, la serra contre son torse et transplana rapidement.
Il arriva tout d'abord dans ses appartements, dans le manoir qui était désert. Granger était allongée à même le sol, inconsciente, la tête reposant sur les genoux du blond qui venait de poser sa baguette sur la plaie sanguinolente de son front. Une douce lueur bleue ciel s'en échappa, dégageant un halo qui illuminait la pièce plongée dans le noir. La peau se recolla doucement, centimètre par centimètre, à mesure où le blond traçait la longueur de l'ouverture avec sa baguette.
Granger gémit dans son inconscience, aussi Drago s'empressa de suturer les plaies le plus rapidement possible, tout en prenant soin d'éviter de faire des cicatrices qui la laisseraient marquée à vie. Poussé par une curiosité, il souleva la manche gauche de son pull, là où Bellatrix avait fait des ravages. La torture étant encore relativement fraîche, la cicatrice était rouge et boursouflée. Lèves pincées, Drago resta un instant interdit, puis entreprit de faire cicatriser son bras. Malheureusement l'inscription restera gravée à jamais cependant elle sera toutefois moins visible. C'était le moins qu'il puisse faire pour essayer d'éradiquer l'épisode catastrophique de la vie de la Gryffondor.
Durant de longues heures, ils restèrent dans cette position. Il ignorait ostensiblement les muscles endoloris de ses cuisses qui lui hurlaient de se lever, il ignorait également l'autre part de lui qui le qualifiait de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables pour avoir sauvé Granger. Pourquoi avait-il fait ça ? Il n'en savait rien. Juste qu'elle ne méritait pas ça. Elle lui était inférieure, ça c'était indéniable, mais elle avait quelque chose en plus qui lui faisait penser que peut-être, Granger pouvait rivaliser avec lui. Quelque chose qui le rendait impuissant. Démuni.
Démuni face à ses yeux dont la couleur n'était même pas homologuée. Parfois clairs, foncés ou dorés. Démuni face aux sourires radieux qu'elle accordait à cette belette impure. Démuni face à son intelligence écrasante. Il s'était toujours involontairement senti en compétition avec elle, pour une raison que seul Merlin connaissait. Il aurait dû l'écraser, comme son père le lui avait ordonné, pas la considérer comme une potentielle égale intellectuelle. Mais le fait est que c'était elle, qui l'avait écrasé : relégué à la place de second. Une place intolérable pour un Malefoy. Son père ne lui avait fait que trop bien comprendre lorsqu'il l'avait laissé croupir tout un été dans les cachots.
Alors pourquoi l'avait-il sauvée cette maudite Sang-de-Bourbe ?
Lorsqu'il avait entendu les bruits significatifs du transplanage dans le salon, la peur des représailles pour son acte le fit transplaner à son tour dans les cachots. Il y abandonna Granger, non sans lui accorder un regard plus long que nécessaire, puis retourna dans le salon. Sa mère, pleurant silencieusement, était entouré d'une dizaine d'autres Mangemorts plus ou moins blessés. Avançant prudemment, Drago hésita un instant avant de leur demander ce qui s'était passé après son départ.
- Les Aurors sont arrivés, avait chuchoté Narcissa à voix basse. Les sorts ont fusés partout, ce fut un véritable massacre. Ton père a péri, Drago.
Il avait accusé difficilement le choc. Il savait que rien ni personne n'était éternel, peu importe ce que Voldemort avait pu penser, mais apprendre la sorte le décès du sorcier qu'il craignait autant qu'il admirait lui octroya tout de même une drôle de sensation.
- Nous avions convenu avec ton père que c'était lui, qui reprendrait la place du Maître si jamais il lui arrivait quelque chose, lui fit calmement Zabini père.
Drago avait froncé les sourcils. C'était pour le moins incongru, sachant que le courage de son père était aussi notoire que celui de Lockhart.
- Et comme ton père est décédé, jeune Malefoy, poursuivit-t-il. C'est à toi que revient cet honneur.
Il avait écarquillé les yeux tandis que sa mère avait lâché un sanglot étouffé. C'était donc pour cela que sa carapace était tombée. Pas parce qu'elle était éplorée par sa perte, mais parce que lui-même se retrouvait complètement prit au piège.
Il avait alors fait la chose qu'on lui avait apprise. Il avait acquiescé silencieusement et s'était depuis complètement fermé à toute émotion. Et c'était ainsi que Drago Lucius Abraxas Malefoy, devenu un Mangemort par obligation, ne sachant plus à quelle idéologie il devait croire, s'était retrouvé à la tête de l'œuvre du Mage Noir. Ses partisans l'avaient félicité d'avoir capturé la Sang-de-Bourbe de Potter. Mais personne n'osa demander pourquoi elle n'avait jamais été torturée.
Il était revenu voir quelque fois Granger quand son emploi du temps le lui avait permis, et qu'il savait que personne n'en aurait vent. Il avait éclairé la cellule d'un faible Lumos et la regardait parfois dormir, tandis que ses joues creuses étaient encore imbibées de larmes. Il s'en voulu de l'avoir capturée. Si elle avait été tuée dès le départ, il était intimement convaincu qu'elle n'aurait pas autant souffert. A chacune de ses visites il en sortait encore plus confus que la fois précédente. Alors il arrêta d'aller la voir. Cela dura six mois, jusqu'à ce que l'idée de l'épouser lui effleure l'esprit. Non seulement il ferait souffrir ces Weasley mais il la sortait également de sa miséricorde, et par conséquent il se sortait lui-même de cette torture malsaine qu'il s'infligeait.
Et voilà où il se trouvait quelques semaines après avoir pris cette décision. Dans son salon, entouré de ses partisans, tandis que Granger s'approchait un peu plus de l'ivresse à chaque seconde qui passait. Voyant qu'elle portait à nouveau le verre à ses lèvres, il se leva et l'en empêcha, s'attirant alors son regard courroucé.
- La soirée est terminée, ordonna-t-il avec un regard froid. Je vous attends samedi.
Il n'eut pas à se répéter, tous transplanèrent aussitôt. Hormis Cepheus qui se tenait face à Drago. Instinctivement, Drago alla se placer devant Hermione dont la tête dodelinait dangereusement.
- Il me semble avoir dit que c'était terminé, dois-je me répéter ?
- Je pensais juste pouvoir jouir de la présence de mes cousins chéris.
Drago fit un pas en sa direction, l'air plus noir que jamais.
- Nous sommes fatigués, nous allons donc nous retirer. Tu comprends que ta présence nous indispose.
Cepheus arqua un sourcil.
- Vraiment ? J'ai pourtant eu l'impression qu'Hermione m'appréciait.
- C'est dans sa nature d'aider les âmes en détresse. Elle n'a jamais repoussé quelqu'un preuve avec Weasley. Et regarde où ça l'a mené, dit-il avec un sourire glacial.
Cepheus lâcha un rire jaune, qui fit sursauter Hermione. Cette dernière tanguait dans le canapé, luttant contre les effets du whisky qui l'avait assommée.
- Est-ce une menace, Malefoy ?
- Disons une mise en garde, Karkaroff, rétorqua-t-il aussitôt en insistant sur son nom de famille. J'ai besoin d'elle, de son immunité. Si tu touches à un seul de ses cheveux, tu touches un des miens, et crois-moi je te renverrai aussi sec dans ta Russie glaciale en m'assurant que tu ne puisses jamais revenir. Ou que quiconque puisse te reconnaître.
- C'est donc une menace, soupira Cepheus. Tu me vois navré d'entendre cela de ta bouche. Je ne veux rien d'autre que me rapprocher d'Hermione.
- Tu restes loin d'elle. Cette discussion est close.
Cepheus lui jeta un regard mauvais avant de sortir sa baguette et de transplaner également. Par Merlin si ce crétin arrogant n'était pas de son sang, il l'aurait volontiers exterminé sur le champ. Un bruit sourd le fit se retourner et il ne put réprimer un lourd soupir d'exaspération. Hermione était allongée face contre terre, un ronflement sonore s'échappant de ses lèvres gercées. Roulant des yeux, il s'accroupit et enfonçant légèrement son index dans sa joue creuse.
- Granger ! Granger ! appela-t-il en appuyant plus fort.
Il soupira à nouveau lourdement, avant de secouer la tête en souriant légèrement.
- T'es vraiment un déchet, chuchota-t-il tandis que son sourire s'accentuait.
Il lui lança un sort de lévitation qui fit s'envoler son maigre corps. Sa tête, ses bras et ses jambes pendaient nonchalamment dans le vide, tandis que son buste demeurait droit. La maintenant grâce au sortilège, il gravit les marches des escaliers et décida de l'installer dans la chambre accolé à la sienne. Une fois la porte ouverte, il la balança sans le moindre ménagement sur le matelas moelleux contre lequel elle s'écrasa lourdement.
Le grognement indigné qu'elle poussa dans son sommeil fit à nouveau sourire le blond. Il s'approcha alors d'elle et lui dégagea doucement la tête des coussins dans lesquels elle était enfoncée. Le contact de sa peau étonnamment douce sembla le brûler, aussi il retira sa main avec une rapidité déconcertante. Hermione soupira, et s'enfonça davantage dans les coussins.
Drago tourna les talons, prêt à partir, lorsqu'un gémissement plaintif d'Hermione le fit s'arrêter.
- Gin, Ron… Je vous trouverai… Je vous sauverai.
Un sourire malsain s'étira sur les lèvres de Drago.
- Essaie, Granger.
Réponses aux reviews anonymes :
Petite-plume : Merci beaucoup, j'espère que la suite t'as également plu.
Berenice : Voilà la suite que tu attendais tant. J'espère ne pas t'avoir déçue !
Voilà donc le premier chapitre. On y découvre enfin Malefoy, ou tout du moins ma version de Malefoy (Qui j'espère n'est pas trop hors contexte). Une Hermione qui se revigore, et un cousin sortit de nul part (Enfin si, de Russie ha!)
Que pensez-vous de Cepheus ? Des caractères d'Hermione et Drago ? Ne croyez pas que l'amour est déjà présent, et qu'ils vont papillonner comme des amoureux dès le prochain chapitre. Je m'excuse pour les éventuelles fautes qui se seraient glissées dans ce chapitre, j'ai effectué une relecture et une correction, mais avec un bibou qui fait les dents, les nuits sont courtes et je suis moins aux aguets. Néanmoins j'espère que ce chapitre vous a quand même plu, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires/suggestions/critiques constructives. Quant à moi je vais m'atteler à l'écriture du prochain chapitre qui s'intitulera "Bound to Hell". A vous de deviner de quoi il s'agira !
Je m'efforcerai de vous concocter un chapitre par semaine (Posté entre le Vendredi et le Dimanche) mais je ne peux malheureusement rien vous promettre. Sur ce, je vous laisse réellement avant de partir encore dans un blabla soporifique. Merci pour vos reviews/favs/follows, vous êtes vraiment géniaux.
Sierra Rose Amalia.
