Disclamer : Les personnages et les lieux appartiennent à J.K Rowling.
Bonne lecture, Sierra.
2
Bound to Hell
Arthur Weasley, dans un élan de maladresse des plus mal venues, renversa la totalité de tasse de café sur le désordre complet qu'était son bureau. Le liquide noir se répandit à une vitesse qui le prit de court, aussi lorsqu'il lança le Récurvite la moitié de son travail était déjà ravagé. S'essuyant les mains sur son pantalon en tweed, il lança un Tergeo sur les papiers qui retrouvèrent alors un aspect normal. C'était parfait, il avait assez attendu les rapports des Aurors pour ne pas les massacrer avant même d'avoir pu les lire. Il allait par ailleurs s'y atteler lorsque la porte de son bureau s'ouvrit dans un fracas assourdissant sur une tornade rousse qui partageait sa vie depuis de longues années.
Furibonde, Molly Weasley née Prewett, tenait entre ses mains tremblantes ce qui semblait être la Gazette. Ses cheveux étaient bien plus ébouriffés qu'à l'ordinaire tandis que ses yeux étaient gonflés d'avoir trop pleuré. D'un geste rageur, elle balança la Gazette de toutes ses forces, envolant au passage la pile de dossiers qu'Arthur avait tant bien que mal réussi à rassembler. Il se leva, ramassa la Gazette en question, et faillit défaillir.
« Hermione Jean Granger et Drago Lucius Abraxas Malefoy seront unis ce samedi dans la chapelle du Manoir Malefoy. »
- Elle nous a trahi, articula Molly d'une voix chevrotante. Elle n'était pas prisonnière, elle était délibérément avec cette pourriture de Mangemort !
- Je pense que tu tires des conclusions trop hâtives…
- Elle est avec lui, Arthur. Durant toutes ces années où Ron et Ginny l'ont cherchée… Ils ont ratissé les trois quarts de cette fichue Angleterre et cette traitresse se terrait avec lui !
- Le chagrin te fait dire des choses horribles. Ma femme n'oserait jamais parler de la sorte d'Hermione, chuchota-t-il.
Molly se laissa tomber dans l'un des fauteuils en bois, les larmes striant à nouveau ses joues déjà inondées.
- En quatre ans, Arthur, nous aurions dû la trouver. Tu as fait fouiller le moindre recoin du manoir. Si tu ne l'as pas trouvée c'est qu'elle ne voulait pas l'être. Et subitement, Ron et Ginny disparaissent une semaine avant qu'elle ne réapparaisse. C'est trop de coïncidence pour que ce ne soit pas lié.
- Tu condamnes trop rapidement Hermione. Je vais envoyer une missive au manoir où je vais demander un entretien avec elle. Une fois seuls à seuls, elle me dira ce qui s'est passé, dit-il en la serrant contre lui.
- Ces maudits Mangemorts m'ont pris mes frères, Fred, Harry… Je ne les laisserai pas me prendre également Ron et Ginny, je ne le supporterai pas…
- Il ne leur arrivera rien je te promets, la rassura-t-il. J'ai mis mes meilleurs Aurors à leur recherche. Ils les retrouveront sains et saufs.
Elle eut un sourire contrit à travers ses larmes.
- Je suis désolée d'être arrivée comme une furie à ton travail.
Il lui rendit son sourire.
- Je ne t'ai pas épousé pour ta délicatesse. Rentre au Terrier te reposer un peu, Fleur et Victoire vont venir te rendre visite, n'est-ce pas ?
Elle hocha doucement la tête, serrant entre ses doigts boudinés un vieux mouchoir élimé en dentelle jaunie.
- Prépare-leur une de tes succulentes pâtisseries, je me chargerai de ne pas rentrer trop tard pour que tu ne restes pas seule longtemps.
- Les affaires sont plus importantes que ta vieille femme, dit-elle en souriant doucement. Je vais m'occuper de Fleur et Victoire. Toi, occupe-toi de retrouver nos enfants.
Arthur lui offrit un sourire qu'il espéra rassurant, avant de la laisser repartir. Il s'installa aussitôt à son bureau, et lu avidement l'article écrit par cette vipère de Skeeter. Elle parlait d'amour impossible, de rivalités exagérées, et d'une paix entre les deux opposants. En épousant une Née-Moldue, Drago Malefoy fait alors taire les mauvaises langues qui le disent affilé au réseau Mangemort encore actif malgré le décès de Vous-Savez-Qui. Quoiqu'il en soit, puisse un bonheur éternel lier les futurs mariés.
Malgré le fait que la nouvelle faisait les gros titres, elle n'était accompagnée d'aucun cliché pouvant attester qu'il s'agissait bien de l'Hermione Granger qu'il considérait comme sa propre fille. Il priait Merlin pour que ça ne soit pas le cas, auquel cas elle aurait de sérieux comptes à rendre. Et peut-être une place réservée à Azkaban si elle était complice de l'enlèvement de ses enfants. Il s'en voulu de penser de manière aussi radicale d'une fille aussi attentionnée qu'elle l'était, mais il fut forcé de s'avouer que les gens changeaient trop en ces temps durs. Et que l'Hermione d'avant n'était assurément plus la même que celle qu'il allait revoir dans quelques jours. Où tout du moins, qu'il espérait revoir dans quelques jours.
Il sortit précipitamment de son bureau, salua d'un signe de tête les Aurors qui montaient la garde, puis avança à grandes enjambées en direction du Bureau des Aurors. Il entra sans même frapper, faisant par ailleurs sursauter Gawain Robards qui dormait à poings fermés. Se répandant en excuses, Robards invita le ministre à s'asseoir et lui fit porter une tasse de thé fumante. Acceptant de bonne grâce, Arthur en but une gorgée brulante avant de soupirer d'aise.
- Que donnent les recherches sur mes enfants ?
- Toujours rien, monsieur le Ministre, déplora Robards. Nous avons fouillé tous les endroits connus des familles Malefoy et Black cependant sans succès… Je crains que cela ne fasse le même schéma qu'avec Miss Granger.
- Avez-vous regardé du côté des autres Mangemorts connus ? Zabini, Nott, Parkinson ?
Robards secoua négativement la tête, poussant un soupir à fendre l'âme.
- Je n'ai malheureusement aucun droit pour perquisitionner leurs domiciles. Nous n'avons aucune charge contre eux, et une intrusion abusive aboutirait à un procès qui ne nous serait pas équitable. Il nous faut par ailleurs trouver des charges contre eux afin d'être certain qu'ils aient quelque chose à cacher, autrement le Magenmagot ne se gênera pas pour nous rentrer dedans, indiqua-t-il en grimaçant légèrement.
- Et les Greengrass ?
- Rien contre eux non plus. Tout ce que nous avons c'est une promesse de mariage qui a été rompue lorsque Lucius Malefoy est décédé. Dès lors, nous n'avons aucune preuve que les deux familles aient gardé contact.
Arthur pinça les lèvres.
- Les nouvelles dans la Gazette de ce matin sont loin d'être bonnes.
Il lui tendit le papier, et attendit patiemment qu'il le lise. Une fois chose faite il prit un air contrarié puis la lui rendit en gardant les mâchoires serrées.
- Étrange coïncidence qui n'en est certainement pas une. Nous allons enquêter plus assidûment.
- Je vais faire parvenir une missive à Hermione, et lorsqu'elle viendra nous aurons des réponses.
Robards afficha une moue dubitative.
- Peut-être pas. Si Malefoy l'accompagne, elle ne dira rien qui pourrait lui nuire. Et il l'accompagnera c'est certain.
- Ça vaut le coup d'essayer, dit Arthur avec assurance.
Le Chef des Aurors lui offrit un sourire qui se voulait rassurant, avant de s'excuser mais qu'il avait du travail à terminer assez rapidement. Arthur s'en alla rapidement à son propre bureau, s'y assit et s'attela à l'écriture d'une lettre qu'il adresse à la nouvelle Mrs. Malefoy. Nous étions samedi matin.
Astoria Greengrass avait tout ce dont une jeune sorcière puisse rêver. Des gallions à foison, des parents aimants, ainsi qu'une grande sœur attentionnée. La blondeur délicate de sa chevelure faisait ressortir l'émeraude de ses yeux, soutenue par de discrètes tâches de rousseurs qui parsemaient ses pommettes fines. Grande, élancée, athlétique, elle possédait toutes les qualités qui faisaient d'elle une jeune sorcière pratiquement parfaite. Durant trois années consécutives, elle a été élue comme était la Sorcière Célibataire la plus convoitée du monde magique.
Dès sa naissance, elle avait été élevée en parfaite future Malefoy. Elle était née pour cela. Réunir les deux plus anciennes familles comme l'avaient été les Black avec les Malefoy lors du mariage de Lucius et Narcissa. Tout avait été planifié pour Drago et elle. Elle aurait dû se marier dès sa sortie de Poudlard, et donner naissance à l'héritier de l'illustre dynastie dans l'année qui suivait. Mais Drago, pour une raison qui lui était inconnue, avait réduit à néant ce pourquoi elle était née.
Ses parents, Charles et Hortense Greengrass n'avaient guère caché leur mécontentement en coupant simplement tous les liens avec l'autre famille qu'ils avaient entretenus jusqu'alors. Et aujourd'hui, Astoria devait assister au mariage de celui qui avait réduit en miettes son cœur. Merlin savait l'amour qu'Astoria portait à Drago. Inconditionnel, depuis la première fois qu'elle avait enfin aperçu cet étrange fiancé dont ses parents lui avaient inlassablement parlé. Elle était alors allée l'aborder, avec toute l'assurance que ses onze ans lui insufflaient. Il était en quatrième année, et c'était l'effervescence à Poudlard avec le Tournoi des Trois Sorcier. C'était la soirée du traditionnel Bal de Noël, et Astoria était la cavalière d'un quatrième année de Serdaigle.
Elle portait une robe qui rehaussait l'éclat de son teint de porcelaine, et ses cheveux tombaient allègrement le long de son dos. Elle avait cherché durant une bonne partie de la soirée son fiancé, qu'elle avait finalement trouvé à côté d'une colonne, en train de regarder fixement la piste de danse. Elle s'en était alors approché, et lui avait effleuré l'épaule. Il s'était retourné, profondément mécontent, et le cœur léger d'Astoria avait loupé un battement. Daphné lui avait souvent répété qu'elle avait de la chance d'être fiancée à Drago Malefoy, mais elle n'avait jamais espéré être aussi chanceuse.
- Qu'est-ce que tu me veux, Gamine ? avait-il grondé avec un regard méprisant.
- Je suis Astoria Greengrass, ta future femme et…
- Je sais qui tu es. Ça ne me dit pas ce que tu me veux.
Astoria avait froncé les sourcils, profondément décontenancée. Jamais quelqu'un ne lui avait parlé de la sorte.
- Faire plus ample connaissance, avait-elle rétorqué d'une voix fluette.
- Quant à moi je me fous de faire la tienne. Je ne serai pas enchainé à toi avant des années, alors lâche-moi.
Il avait eut un rire mauvais.
- Regarde-les ! Krum s'est abaissé à inviter la Sang-de-Bourbe. Sinon personne n'aurait voulu danser avec le castor ébouriffé !
La petite blonde plissa les yeux. En effet, Crabbe avait raison. Victor Krum et Hermione Granger étaient particulièrement bien assortis et dansaient divinement bien ensemble. Astoria avait levé la tête vers Drago, dont la mâchoire s'était violemment contractée. Ses yeux s'assombrissaient à mesure que le couple évoluait avec grâce parmi les autres élèves. Inconsciemment il avait resserré la prise qu'il avait sur son verre jusqu'à ce que les jointures de ses longs doigts deviennent blanches.
A cette époque Astoria n'avait pas réellement prêté attention au comportement étrange du jeune homme. Mais aujourd'hui, elle comprenait pourquoi il avait été tant obnubilé par Hermione ce soir-là. Elle était certaine qu'il avait crevé de jalousie de la voir au bras de Krum. Et ça tombait sous le sens qu'il avait choisi de l'épouser à son détriment. Mais ça ne rendait pas les choses moins douloureuses.
Secouant la tête afin de chasser ses pensées négatives, elle s'assit à son secrétaire et commença à tracer de son écriture fine, une lettre de félicitations à l'attention des futurs mariés.
Le front collé à la fenêtre de la chambre qu'elle n'avait pas quitté depuis six jours, Hermione regardait le ballet qui se déroulait en contrebas. Les elfes allaient et venaient sous une pluie torrentielle, faisant léviter bancs et autres fleurs en direction de la chapelle du manoir. Un étrange sentiment d'impuissance lui compressait la poitrine. Elle avait l'atroce sentiment de quitter ses cachots pour en rejoindre d'autres. Plus confortables certes, mais néanmoins beaucoup plus dangereux. Depuis le fameux dîner duquel elle ne gardait que de très vagues souvenirs confus, Hermione n'avait revu aucun des deux Malefoy. Confinée dans sa chambre, elle avait le droit d'en sortir afin d'aller se laver et devait rejoindre aussitôt sa prison dorée sous peine de réprimandes sévères.
Elle savait également qu'elle avait le droit de rejoindre la bibliothèque que Malefoy avait mis à sa disposition, mais n'avait pas encore osé demander à y aller. Elle craignait de croiser des Mangemorts si elle s'aventurait hors de sa chambre, bien qu'elle douta fortement qu'ils aient le droit de s'aventurer dans cette partie du manoir. Plongée dans ses pensées, elle sursauta vivement lorsque la main glacée de Wrinkle se posa sur son avant-bras droit. Aussitôt, l'elfe s'inclina, courbant tellement le dos que son long nez effleura le carrelage. Hermione s'empressa de lui ordonner de se relever puis lui demanda la raison de sa venue.
- Maître Malefoy a demandé que vous sortiez vous aérer un peu, Maîtresse Granger.
Elle fronça les sourcils.
- Et où voudrait-il que j'aille ?
- Il me semble que Maître Malefoy a mentionné la bibliothèque. Mais si Maîtresse Granger veut, Wrinkle peut…
- Non, c'est bon, coupa-t-elle. Je vais faire ce qu'il veut.
Wrinkle s'inclina à nouveau, avant d'ouvrir la porte de la chambre d'Hermione.
Un frisson la parcouru lorsque ses pieds nus effleurèrent le marbre du couloir. Pestant mentalement contre elle pour ne pas s'être habillée plus chaudement, elle entoura son maigre corps de ses bras fins et suivit docilement Wrinkle au travers des innombrables couloirs tous semblables. Elle devait penser à remercier Malefoy de lui avoir attribué un garde du corps, parce que sinon elle n'aurait jamais réussi à se repérer dans ce dédale.
Ils s'arrêtèrent devant une porte dissimulée dans le mur, derrière une fontaine. Wrinkle s'éclipsa rapidement, la laissant découvrir l'endroit par elle-même. Elle en resta estomaquée.
D'innombrables étagères, garnies d'une nuée de livres, s'élevaient élégamment jusqu'aux hauts plafonds. Plafond sur lequel était peinte une fresque pareille à celle qui garnissait l'Opéra Garnier. Au centre de la pièce trônait une longue table en chêne massif autour de laquelle étaient disposés quelques fauteuils beige confortable. Il y avait également quelques plaids disposés ici et là, jonchant avec une fausse nonchalance le parquet vieilli.
La brune s'y avança doucement, sur la pointe des pieds, inquiète de briser le silence solennel de ce havre de paix. Le seul pan de mur libre de livre était occupé par d'immenses vitres qui donnaient une vue imprenable sur l'autre côté du parc. Elle constata alors que le manoir était bordé par une forêt qu'elle n'apercevait pas de sa chambre. Sentant un nouveau frisson la parcourir, elle retourna près de la table et enroula un plaid autour de ses épaules avant de s'approcher près des étagères. Il y avait une grande échelle à roulette de laquelle Hermione resta éloignée le plus possible. Elle évitait autant que faire se peut tout ce qui était attrait à la hauteur. Que ce soit les balais, les échelles ou bien même les chaises.
Aussi elle se dirigea vers les étagères à sa hauteur, et constata –sans grande surprise- qu'il y avait de nombreux ouvrages dédiés à la magie noire. Cependant un livre usé à la couverture anthracite, posé négligemment sur le rebord boisé attira son attention. Elle le prit avec une attention toute particulière et lut l'inscription sur la tranche : Personnification Magique.
- Qu'est-ce que c'est que ça, marmonna-t-elle en fronçant les sourcils.
Elle alla s'asseoir dans l'un des fauteuils et se pelotonna dans son plaid avant d'ouvrir le livre. Les écritures à l'intérieur étaient pratiquement illisibles et de surcroit agrémentées d'annotations en tout genre. Dès la première page, Hermione était perdue. Runes antiques et langages incongru s'entremêlaient aux schémas et autres paraphrases qui la laissaient perplexe. Elle n'eut toutefois pas le temps de s'y attarder davantage, étant interrompue par Narcissa qui venait d'apparaitre près d'elle.
Elle jeta un regard désapprobateur à sa tenue ainsi qu'à sa lecture, mais eut la délicatesse de ne faire aucun commentaire déplacé.
- Mrs Nott vous attend pour vous préparer pour la cérémonie. Vous saurez retourner seule à votre chambre ?
- Je… Je pense, balbutia Hermione sans être certaine.
- Parfait. Je vous retrouve là-bas alors.
Et elle disparut aussitôt dans un pop sonore.
- Et bonne journée à vous également, maugréa la brune en posant le livre sur la table.
Elle se leva et ouvrit la porte avant d'en rester sur le seuil durant de longues secondes. Elle opta finalement pour la gauche et emprunta une volée d'escaliers qui menait aux étages supérieurs. Sur son passage, les portraits ancestraux des aïeux Malefoy chuchotaient des commentaires peu avenants. Il était certain qu'avec ses pieds nus, emmitouflée dans une couverture et avec une coiffure pour le moins improbable, Hermione détonait dans cet espace épuré. Mais elle ne s'en formalisa pas et poursuivit son avancée périlleuse.
Plus les couloirs s'étendaient, plus elle se sentait perdue au beau milieu d'un labyrinthe. Elle fut tentée d'appeler Wrinkle au secours mais se ravisa pensant que si elle était condamnée à vivre dans ce maudit manoir il allait falloir qu'elle apprenne à se débrouiller sans l'aide de son elfe de maison attitré. Mue par cette soudaine envie d'indépendance, Hermione accéléra le pas avant de tomber nez à nez face à un escalier escarpé en colimaçon. Le bon sens voudrait qu'elle fasse demi-tour sans demander son reste, mais son courage de Gryffondor la poussa à s'y aventurer tant bien que mal.
Le contact glacial de la pierre rugueuse contre ses pieds congelés eut le don de la faire serrer les dents. Elle était une brillante sorcière, se répéta-t-elle tandis qu'elle poursuivait son avancée, elle ne devait pas craindre quelque chose d'aussi futile qu'une température trop froide. Par Morgane elle avait expérimenté des conditions bien plus terribles lorsqu'elle était à la chasse aux Horcruxes !
- T'es vraiment devenue une mauviette, s'admonesta-t-elle en claquant des dents.
Après des années à croupir dans la boue, le froid et l'humidité, elle ne s'était que trop habituée au confort douillet que sa chambre lui procurait. Et ça lui donnait envie de vomir. Malefoy était l'ennemi. Malefoy était celui dont elle devait impérativement se méfier. Il détenait prisonniers Ginny et Ron. Et elle, elle se permettait de se prélasser dans des couvertures chaudes et des fauteuils moelleux.
- Une mauviette et une ingrate, pesta-t-elle en balançant rageusement sa couverture sur le sol.
Qu'importe qu'elle attrape une pneumonie ou autre cochonnerie, elle allait explorer cette fichue tour dont les marches ne finissaient pas, et elle allait découvrir ce qui se tramait tout en haut. Elle gravit les marches durant encore quelques minutes et arriva, le souffle court, devant une lourde porte en bois fermée uniquement par un loquet. Elle le fit cliqueter et pénétra alors dans une sombre pièce, glaciale, éclairée uniquement par un ridicule puit de lumière au plafond qui laissait pénétrer surtout le vent et la pluie plutôt que la lumière.
Cela ressemblait étrangement à un débarras. Des objets hétéroclites étaient entassés sous une quantité pour le moins impressionnante de poussière et autre draps rongés par les mites. Avec une infinie précaution, Hermione avança lentement au travers de la pièce désordonnée, prenant garde à ne rien déranger tout en sentant qu'une certaine quantité de magie emplissait l'air. Une odeur de sciure mêlée à celle de papier et d'encre saturait la pièce. Il y avait des statues effrayantes de gargouilles, une réplique on ne peut plus fidèle du diadème de Rowena Serdaigle et d'autres objets qui avaient une grande valeur magique.
C'était un véritable musée. Un sanctuaire dans lequel elle se sentait profondément mal à l'aise. Résonnaient seulement l'écho de son souffle frénétique et les gouttes de la pluie qui s'abattait férocement sur le toit, dégoulinant au travers du puit. Tandis qu'elle progressait lentement mais sûrement, le hululement d'une chouette la fit violemment sursauter et renverser un amas de plaques en métal qui fit un tintamarre assourdissant. Pestant contre sa maladresse, elle s'accroupit et ramassa les débris métalliques avant de les reposer à leur emplacement initial. Puis un souffle glacial sur sa nuque la fit se figer instantanément.
Se retournant lentement, elle tomba nez à nez avec le masque d'un Mangemort. Poussant un cri d'effroi, elle se recula brusquement tout en renversant la pile de métal qu'elle avait auparavant fait tomber. Le Mangemort, baguette tendue, s'avança lentement en direction d'une Hermione dont la peur augmentait dangereusement. A mesure qu'elle reculait, le Mangemort s'avançait de plus en plus avant de retirer son masque ce qui arracha à Hermione un soupir de soulagement.
- Malefoy tu es vraiment idiot de me faire une peur pareille !
Le visage déformé par la haine Drago s'avançait de plus en plus tandis qu'Hermione commençait lentement à perdre contenance.
- Arrête ce jeu malsain, ça ne me fait pas rire !
Voyant que son visage demeurait glacial et menaçant, Hermione commença à paniquer. Elle reculait plus rapidement à la mesure que le pas de Malefoy s'accélérait. Puis la porte s'ouvrit dans un fracas assourdissant sur Drago Malefoy qui était dans une fureur monstre.
- Riddikulus !
Le Drago Malefoy qui fut face à Hermione enfla de manière exubérée et s'envola dans les airs avant que le Drago Malefoy qui était près de la porte l'envoya d'un coup de baguette dans le minuscule placard qu'Hermione n'avait pas aperçu lorsqu'elle était entrée. Un Epouvantard. Elle avait été piégée par un satané Epouvantard contre lequel elle aurait dû se défendre. Au lieu de ça elle s'était ridiculisée. Et Malefoy était furibond.
- Il ne me semble pas que ma mère t'ait demandé d'aller fouiner dans les étages supérieurs, n'est-ce pas ?
Il était calme. Un calme qui annonçait une tempête à laquelle elle n'était pas certaine de réchapper indemne.
- Je me suis égarée et…
- Ça ne t'est pas venu à l'esprit d'appeler ton stupide elfe pour qu'il te guide ? railla-t-il en arquant un sourcil.
- Wrinkle n'est pas stupide ! s'insurgea-t-elle. Il est vivace, et il a un cœur pas comme certains.
Malefoy lâcha un rire dépourvu de joie.
- J'aurai certainement du te laisser à la merci de cet Epouvantard, Sang-de-Bourbe. Alors comme ça je suis ta plus grande peur ?
- Va te faire voir ! siffla-t-elle en le bousculant pour sortir de ce musée des horreurs.
Elle savait qu'elle n'aurait jamais dû lui parler de la sorte, mais son caractère bien trempé lui avait fait parler une fois encore où il aurait été préférable qu'elle se taise. Elle sentit bien plus qu'elle ne vit la main de Malefoy s'abattre sur son épaule et aussitôt, l'atroce sensation du transplanage lui vrilla l'estomac. Aussitôt, l'humidité et l'odeur âcre qui régnait dans les cachots la prit aux tripes. Ses yeux se remplirent de larmes, comprenant ce que l'ancien Serpentard était entrain de faire et elle se laissa tomber à genoux sur le sol gluant.
- Ne me laisse pas là, supplia-t-elle tandis qu'il tournait les talons.
- N'étais-je pas censé aller me faire voir ?
- Je retire ce que j'ai dit !
Il eut un sourire arrogant qu'Hermione eut beaucoup de mal à entrapercevoir dans la pénombre des cachots. Elle se sentait ridicule de se laisser écraser ainsi, mais la peur de se retrouver à nouveau dans sa geôle lui faisait ravaler le semblant de fierté qu'elle possédait encore.
- Allez Granger je suis certain que tu es capable de meilleures excuses que ça.
Elle voulait le gifler. Le gifler. Le mordre. S'acharner sur lui autant qu'il s'était acharné sur elle. Mais à nouveau elle préféra s'écraser :
- Je suis désolée Malefoy. Je ne te désobéirais plus.
Le pop significatif du transplanage les interrompit, et Hermione grimaça en reconnaissant le visage familier de Pansy Parkinson. Ses cheveux de jais étaient coupés au carré, et ses yeux noirs dévisageaient tour à tour Drago, puis la jeune femme, les interrogeant du regard. Voyant qu'aucun des deux ne prenait la parole, elle roula des yeux et releva l'ancienne Gryffondor.
- Je vais la préparer pour la cérémonie. On a du pain sur la planche vu l'état catastrophique dans lequel tu t'es mise, Granger.
Hermione baissa la tête, ravalant les larmes qui menaçaient une fois encore de couler.
- Ce n'est rien, la rassura la brune en la dirigeant vers la sortie. On va te donner un bain et te refaire une tête.
Drago les regarda partir et aussitôt qu'elles quittèrent les cachots, son rictus fondit comme la neige au soleil. Lorsque sa mère l'avait averti qu'elle avait laissé la Sang-de-Bourbe vagabonder seule dans le manoir, il avait immédiatement su qu'elle finirait par se retrouver dans la Tour. Il y avait toutefois un Merlin pour elle puisqu'elle n'était tombée que sur l'Epouvantard. Epouvantard qui avait pris sa propre apparence. Dès lors qu'il avait compris que sa plus grande peur n'était personne que lui-même l'inquiétude avait laissé place à la fureur.
En parfait abruti qu'il était, il s'était démené pour la garder en sécurité durant toutes ces années, il lui offrait la sécurité de son nom, et elle osait être apeurée par lui ? Elle était chanceuse que ce soit le jour du mariage sinon il l'aurait laissé volontiers croupir quatre autres années dans ces salles lugubres. Il se sentait toujours aussi énervé et rien ne semblait pouvoir entacher la rage qu'il éprouvait à cet instant précis. Laissant évacuer un peu de sa colère, il mit un violent coup de poing dans le mur crasseux qui s'effrita légèrement. La main en sang, l'air plus meurtrier que jamais, il sortit à son tour des cachots et se dirigea vers les étages supérieurs.
Rejoignant ses appartements, il ne fut guère surpris de voir ses garçons d'honneur, à savoir Blaise Zabini et Theodore Nott, sirotant du Whisky-pur-Feu chacun vautré dans un fauteuil. Leurs costumes étaient débraillés, Blaise ayant encore la chemise ouverte et Theodore la cravate de travers.
- En voilà une tête pour un futur marié ! s'écria Blaise avec un grand sourire. Mec quand on dit la corde au cou, c'est une métaphore. T'es pas censé avoir réellement l'air d'avoir envie de te pendre.
- En même temps… Miss-je-sais-tout. Ce n'est pas rien quand même, ajouta Theodore en grimaçant.
- Qui sait, peut-être que sous ses allures de frigides elle va te faire passer des nuits de folie. A ce qui parait certaines lionnes sont de vraies sauvageonnes !
Drago ne répondit pas, préférant se servir un verre de rhum qu'il vida d'une traite avant d'aller dans la petite salle d'eau attenante à ses appartements. Il fit couler un filet d'eau tiède sur sa main sanguinolente avant de refermer ses plaies à l'aide de sa baguette. Ses phalanges étaient légèrement gonflées et il avait un peu de mal à serrer le poing mais d'ici quelques jours il n'y paraitra plus rien. Les rires gras de ses amis, s'il pouvait les qualifier de la sorte, lui parvinrent aux oreilles et il esquissa un léger sourire blasé en voyant Blaise raconter ses ébats avec ardeur.
- Je te jure mec ! Brown criait comme une truie qu'on égorgeait. C'est quand-même la seule guenon qui a réussi à me refourguer un mal de crâne terrible alors qu'on niquait… Ça ne m'étonne pas que Weasley se soit vite débarrassé d'elle, elle a dû lui éclater les tympans !
Ils rirent de nouveau et Malefoy ne put retenir un léger ricanement. Il avait entendu vaguement parler des cris de Brown qui étaient devenus un sujet de commérage qui lui valut le statut de populaire durant quelques jours. Et cette dinde avait été ravie de se retrouver au centre de l'attention.
- A votre avis, Weasley a serré Granger ? demanda Theodore.
Presque instantanément Malefoy perdit son sourire et fronça les sourcils. Blaise, qui avait remarqué le changement d'attitude chez son ami, décida d'en rajouter une couche supplémentaire par pur manque flagrant de maturité :
- Je suis certain que oui. Pendant qu'ils faisaient la chasse aux Horcruxes il a dû s'en donner à cœur joie.
- Ouais mais Potter était avec eux, nan ? poursuivit Theodore. Ce serait glauque qu'ils aient fait ça avec leur meilleur pote à côté.
- Vu comment la mère Weasley est une poule pondeuse de Traitres à leur Sang, ça m'étonnerait que leur gamin n'ait pas hérité du gène reproducteur digne des lapins, rétorqua Blaise avec un rire salace. Granger a juste eu de la chance de ne pas s'être retrouvée avec un mioche.
Theodore fronça les sourcils, dubitatif.
- Je suis sûr qu'ils n'ont rien fait. Ils ont déjà mis six ans à se tourner autour avant qu'ils se calculent enfin, ils n'auraient jamais baisé dans la foulée. Qu'est-ce que tu en penses Drago ?
Le blond leur tournait le dos, serrant le guéridon en chêne entre ses mains. Il ignorait encore pourquoi ces deux nigauds étaient ses amis, mais par Morgane encore un commentaire sur la vie sexuelle qu'avait entretenue la Sang-de-Bourbe, et il les massacrerait tous les deux. Tentant de regagner un minimum de contenance et de conserver le masque d'impassibilité qui était sa marque de fabrique, Malefoy se retourna lentement avec un air froid qui ne trompait personne.
- Je pense qu'il y a mieux à faire que de déblatérer sur la reproduction des animaux, trancha-t-il. Les invités sont tous arrivés ?
Blaise effectua le salut militaire.
- Oui chef ! Installés dans la chapelle, avec des mets pour les faire patienter. L'archimage a également préparé la cérémonie. Il ne manque que les mariés à vrai dire.
- Et Cepheus ?
- Prévenu qu'il devait t'amener ta dulcinée chef !
Drago lui jeta un regard noir.
- Il sait qu'il devra conduire Granger à l'autel, rectifia-t-il. Autre chose ?
- Tâchez de ne pas me faire honte, asséna Malefoy en quittant le petit salon.
Il se dirigea immédiatement dans sa chambre où il commença à se préparer. Il se plaqua savamment les cheveux sur le crâne, avant de revêtir le costume qu'il avait choisi. On ne peut plus simple, veste et pantalon noir, chemise blanche et nœud blanc également. Tenant sa cape dans sa main gauche il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec la seule personne qu'il avait encore moins envie de voir que Granger.
- Bonjour Drago.
- Astoria, salua-t-il froidement.
Elle portait une courte robe bleu nuit bouffante, des hauts talons et ses cheveux cascadaient librement. Un boléro lui couvrait les épaules, un chapeau lui coiffait le crâne et ses mains gantées se trituraient nerveusement.
- Tu as l'air en forme, complimenta-t-elle en le regardant dans les yeux.
- Je ne me plains pas.
Elle se mordilla la lèvre inférieure et détourna le regard quelques instants avant de poursuivre :
- Ta mère m'a dit que je te trouverais ici.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il sèchement.
Elle ouvrit la bouche avant de la refermer. Soupirant lourdement, elle secoua la tête.
- Tu sais que je t'aime, et tu sais également le mal que ça m'a fait lorsque tu as annulé nos fiançailles. Et tu as encore le culot de m'inviter pour ton mariage avec Granger ? De toutes les sorcières qu'il y a dans ce fichu monde, il a fallu que tu t'éprennes de la seule qui te haïsse.
Il sourit avec un air qui ne disait rien qui vaille.
- Je ne suis épris de personne, Greengrass. Tes élucubrations de femme blessée te rendent ridicule et pitoyable.
Il la bouscula et commença à emprunter le chemin pour descendre les escaliers. Elle eut un sourire triste.
- C'est toi qui es pitoyable, chuchota-t-elle en regardant le sol. Ton obsession à toujours l'insulter, toujours lui pourrir la vie… Tu es tellement pathétique. Tu rejettes tes propres sentiments alors qu'ils sont si facilement décelables. Ce soir-là, lorsque tu étais en quatrième année, j'ai bien cru que Krum allait être tué en un seul regard. Ta jalousie te ronge, Malefoy. Tu es jaloux parce qu'elle est intelligente malgré qu'elle ne soit pas Sang-Pur, elle est aimée par tout un tas de gens, et elle te hait.
Drago s'arrêta de marcher. Il savait qu'il avait blessé Astoria lorsqu'ils avaient en quelques sortes rompu. Elle avait été sa fiancée pendant dix-huit ans, certes, mais il y avait certaines choses à ne pas dire. Certaines limites à ne pas dépasser.
- Bloclang. Endoloris.
Astoria chuta lourdement sur le sol dans un bruit sourd, tandis que son corps malmené se secouait dans d'incontrôlables soubresauts. Elle voulut crier, mais sa langue collée à son palais l'en empêcha. Ses yeux s'emplirent rapidement de larmes qui coulèrent silencieusement sur ses joues diaphanes. Drago attendit quelques secondes, puis la libéra des deux sortilèges avant de revenir près de son corps allongé encore sur le sol.
Il la poussa sans ménagement avec son pied, et s'accroupit afin d'être plus ou moins à sa hauteur :
- Tu as de la chance que ce soit le jour de mon mariage et que je n'ai guère envie de m'encombrer d'un cadavre. Sinon je peux te jurer devant Merlin que je t'aurais torturé jusqu'à ce que tu finisses comme les Londubat. Puis je me serai fait un malin plaisir à te faire te jeter par la fenêtre.
Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent d'effroi.
- Wrinkle ! appela Drago.
Aussitôt, l'elfe trapu apparu près de son maître et s'inclina avec respect.
- Conduis donc Miss Greengrass à ma mère, il semblerait qu'elle ait besoin de se refaire une beauté.
Il enjamba Astoria, qui était toujours allongée sur le sol, et enfila sa cape avant de descendre les escaliers. Wrinkle jeta un regard désolé à Astoria, puis se téléporta avec elle.
Emmitouflée dans un épais peignoir en éponge, Hermione se laissait aller aux bons soins de Pansy qui paraissait prendre un plaisir fou à l'apprêter pour le mariage. Elle portait dans ses cheveux des espèces de rouleaux immondes supposés dresser sa tignasse rebelle, tandis que l'ancienne Serpentarde s'attelait à lui rendre une tête moins effrayante.
Elle avait pris un long bain, dans lequel elle avait encore pleuré quelques minutes avant de sortir et se faire transformer. Pansy cacha d'une main experte les signes de fatigue et de larmes qu'Hermione portait encore sur son visage, souligna son regard d'un léger coup de mascara et rehaussa son teint avec un léger blush. Elle n'avait besoin de rien d'autre, et surtout elle n'était pas une femme à artifices.
- Ça me parait pas trop mal, commenta Pansy en faisant la moue. Va enfiler ta robe, que je puisse te coiffer comme il convient !
Sans se faire prier, elle se dirigea derrière le paravent et retira la robe de sa housse et la revêtit tant bien que mal avant de retourner près de Pansy qui retira un à un les rouleaux de ses cheveux. Une fois la chose faite, c'est avec des mains expertes que Pansy tressa deux mèches en épi de blé de chaque côté de sa tête et vint les nouer entre elles derrière son crâne. Puis elle attrapa d'autres qu'elle tresse, torsada, entremêla toutes allant rejoindre l'arrière de la tête brune de la Gryffondor. Une fois le visage d'Hermione dégagé, Pansy passa ses doigts dans les boucles de la brune afin de les rendre moins définis, puis acheva son œuvre par poser un peigne dans l'amas de cheveux qu'elle avait effectué.
- Tu es prête Granger ?
- Non, répondit cette dernière d'une voix chevrotante.
Pansy esquissa un léger sourire, et la fit se tourner vers le grand miroir. Hermione était estomaquée. La robe paraissait avoir été cousue sur son corps. Elle était longue, dotée d'une traine qui lui paraissait interminable. Les manches longues étaient faites en une dentelle délicate agréable à porter, tandis que le décolleté s'arrêtait à la naissance de sa poitrine. La dentelle se confondait avec les éclats argentés des pierres précieuses incrustées dans le haut de la robe, tandis que cette dernière s'évasait à partir de la taille, donnant une impression de légèreté et d'allégresse.
Elle ne portait pas de talons, se savant pertinemment incapable de marcher avec des échasses, et chaussait simplement de légères ballerines semblables à celles que portaient les danseuses classiques. Elle se tourna légèrement et se contorsionna pour regarder le dos nu de la robe. Sa peau étant au trois quart cachée par son opulente chevelure. Le peigne finissait parfaitement l'ensemble harmonieux et délicat. Simple mais également très travaillé, le travail d'orfèvre avait été parfaitement réalisé et il scintillait de mille feux dans ses cheveux.
- Il se passe à chaque femme qui devient une Malefoy, lui apprit Pansy. Il a appartenu à Narcissa, il t'appartient et il appartiendra à ta future fille ou belle-fille.
- Merci.
Hermione avait la gorge toujours nouée, et était incapable de dire si elle allait survivre à ce maudit mariage ou non.
- Ne t'en fais pas. Une fois que vous serez mariés, plus personne ici n'osera s'en prendre à toi. On ne touche pas à une Malefoy.
Elle offrit à la Serpentarde un maigre sourire, n'osant pas lui dire que c'était le dit Malefoy qui l'effrayait bien plus que les autres.
- Allez, Cepheus t'attend pour te conduire à la chapelle.
Hermione hocha piteusement la tête, et se laissa conduire jusque dans le couloir par Pansy. Une fois dehors, elle vit Astoria entrain de sécher ses larmes et Narcissa qui lui frictionnait gentiment les épaules.
- Il y a un problème ? s'inquiéta Hermione en les rejoignant.
Narcissa lui fit signe de s'en aller, cependant Astoria fut plus vive et se retourna brusquement. Elle avait une tête à faire peur.
- J'ai été jalouse de toi Granger. Je suis désolée, tu n'as pas mérité ça.
La brune fronça les sourcils d'incompréhension mais fut aussitôt accaparée par Cepheus qui venait d'arriver. Tout de blanc vêtu, il s'arrêta quelques secondes et dévisagea de haut en bas la Gryffondor sans accorder la moindre importance aux trois autres femmes qui étaient également présentes.
- Je viens chercher Miss Granger. Puis-je ?
Hermione lui tendit à contre cœur sa main qu'il alla placer au creux de son coude, puis la conduisit sans plus de cérémonies à travers le dédale qu'était le manoir. Ils marchèrent durant quelques instants silencieusement, le seul son évitant le silence complet étant le bruissement de la robe d'Hermione sur le tapis qui traversait le couloir.
- Alors, comment se sent-on à quelques minutes d'épouser l'homme le plus puissant d'Angleterre ?
- C'est Arthur Weasley l'homme le plus puissant d'Angleterre, corrigea-t-elle.
- Tu essaies de me convaincre ou de te convaincre ?
La jeune femme peina à déglutir.
- Weasley n'a pas d'adepte de magie noire, poursuivit Cepheus. Les Aurors ne tiennent pas cinq minutes en duel contre moi.
- Et cela devrait m'effrayer ?
- Te rassurer. Tu sais que je te protège, non ?
Hermione se raidit légèrement.
- Je l'ignorais.
- Voyons tu me fais de la peine, plaisanta-t-il avec un air théâtral. Tu vas faire partie de la famille non ? Et entre membres d'une même famille on se protège.
Hermione était entrain de prendre pleinement conscience de ce qui se déroulait en ce moment même. Épouser Malefoy c'était sauter à pieds joints dans la fosse aux serpents, et abandonner pour toujours l'espoir d'une rédemption éventuelle aux yeux des membres restants de l'Ordre. Mais l'épouser c'était surtout sauver Ron et Ginny, alors elle respira à grands coups et pour la première fois depuis longtemps elle savoura l'air frais sur la peau de son visage.
L'allée en gravier blanc qui menait à la chapelle était complètement isolée de la pluie qui battait farouchement contre les parois du sort de protection qui avait été érigé en début d'après-midi. Mais le vent passait tout de même, faisant virevolter sa robe et ses cheveux allégrement et lui arrachant pour la première fois depuis un temps considérable, un véritable sourire. Elle accéléra le pas, et bientôt l'imposante chapelle apparu dans leur champ de vision. Haute, en pierre beige délicate, avec des vitraux à couper le souffle représentant Morgane et Merlin ainsi que d'autres fresques historiques.
Ils gravirent ensemble les sept marches qui menaient à l'édifice et pénétrèrent dans le lieu sacré. Tous se levèrent à l'arrivée de la mariée, qui reconnut parmi les convives bons nombre de Mangemorts reconnus, ainsi que beaucoup de visages familiers qui avaient été à Serpentard. Notamment ceux de Zabini et Nott, postés près de Malefoy, tous deux élégants dans leurs costumes onéreux.
Lorsque les portes de la chapelle s'étaient ouvertes, Drago avait senti ses mains devenir moites d'anticipation. Il s'en voulu d'être aussi puérile et misérable, mais le fait était que ce qu'Astoria lui avait dit l'avait profondément bouleversé sans qu'il ne le montre à qui que ce soit. Lui aimer la Sang-de-Bourbe ? Par Merlin, les ancêtres Malefoy feraient des bons dignes de Chocogrenouilles dans leurs tombes ! L'amour était pour les faibles. Les moins que rien. Pour les gens comme Astoria Greengrass qui nourrissaient des rêves chevaleresques ridicules.
Pourtant avec ses mains moites et son rythme cardiaque qui s'était considérablement accéléré, Malefoy douta. De lui, de la nature de ses intentions et de celle de ses désirs. Il n'eut guère le temps de réfléchir davantage, puisqu'il sentit qu'Hermione était juste derrière lui. Alors il pivota légèrement, et prit la main de la jeune femme alors que Cepheus hésitait à partir. Il le persuada d'un regard mauvais et tous les convives s'assirent tandis que les mariés se plaçaient face à l'archimage.
- Prononcez vos vœux, encouragea l'archimage en sortant sa baguette.
Ils se placèrent alors l'un en face de l'autre, Granger bien plus petite que lui, gardait le regard ostensiblement fixé sur son torse tandis qu'il savait qu'il la dévisageait d'un air que lui-même qualifierait d'indéchiffrable.
- Moi, Drago Lucius Abraxas Malefoy te prends toi, Hermione Jean Granger pour être ma légitime épouse. Pour t'avoir et te garder dès ce jour et pour toujours. Pour le meilleur et pour le pire, dans la santé et la maladie jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Il avait parlé calmement, distinctement, d'une voix aussi forte et clair que possible. Que cette Sang-de-Bourbe comprenne qu'elle n'a aucune emprise et qu'elle n'en aura jamais. Quant à Hermione, elle regardait à présent le sol et se racla doucement la gorge :
- Moi… Hermione Jean Granger te prends toi, Drago Lucius Abraxas Malefoy… Pour être mon légitime époux. Pour t'avoir et te garder dès ce jour… Pour toujours. Pour le meilleur et pour le pire. Dans la santé et la maladie…
Sa voix se faisait de plus en plus tremblante, et Drago lui attrapa les mains dans les siennes tout en serrant fortement les petites mains fines d'Hermione qui releva aussitôt la tête. Drago n'avait pas encore vu son visage depuis qu'il l'avait malmenée dans les cachots, et il regretta de l'avoir à présent fait. Elle n'était pas belle, ça non mais… Elle avait quelque chose qui le dérangeait. Sans qu'il ne sache pourquoi.
- Jusqu'à ce que la mort nous sépare, acheva-t-elle en un souffle.
L'archimage fit voler à lui les alliances en or blanc, qui étaient d'une simplicité extrême, et les béni murmurant des incantations qu'Hermione ne connaissait pas, avant de les faire léviter jusque devant eux. Hermione fut la première à glisser l'anneau au blond, puis ce fut le tour de Drago qui serra délicatement le poignet gauche de la brune pour lui glisser l'anneau à la main gauche. Elle avait à présent sa bague de fiançailles à la main droite.
Blaise arriva près des mariés et leur fit tendre chacun le poignet gauche. Ignorant l'incompréhension qui se lisait dans le regard d'Hermione, il leur entailla les poignets avant de les poser l'un contre l'autre. L'archimage le remercia d'un signe de tête et noua une mousseline de soie noire autour de leurs poignets. Ils se liaient non seulement par les mots, mais également par la magie.
- Je te donne mon corps et mon esprit jusqu'à ce que nous ne fassions plus qu'un. Ma baguette est tienne. Mon cœur est tien. Ma vie est tienne.
Le regardant droit dans les yeux, Hermione ouvrit la bouche et papillonna des yeux. Elle avait autrefois entendu parler des rites de liens entre un sorcier et une sorcière, avec un pacte de sang et des mots qui prenaient tout leur sens une fois le pacte accompli. Elle n'était pas seulement mariée à Malefoy. Elle était liée à lui.
- Je te donne mon corps… balbutia-t-elle, mon esprit jusqu'à ce que nous ne fassions plus qu'un. Ma baguette est tienne. Mon cœur est tien… Et ma vie est tienne.
- Embrassez la mariée, ordonna l'archimage.
Toujours liés par le carré de soie, Malefoy attira la jeune femme à lui et se pencha avant de poser les lèvres sur les siennes. Elles étaient gercées et avaient un goût salé, certainement dû à ses pleurs qui ne s'étaient pas taris tout de suite, mais pour autant Malefoy ne s'était jamais senti mieux qu'à cet instant. Et cela l'énerva. Au plus haut point. Il se recula précipitamment et fusilla du regard la jeune femme qui était à présent complètement déboussolée.
Elle regarda tour à tour le lien noir qui la maintenait toujours collée contre Malefoy, puis son nouveau mari qui semblait d'une humeur massacrante. Puis, elle tourna le regard vers les Mangemorts qui chuchotaient entre eux la dévisageant. Le poids de la réalisation s'abattit sur ses frêles épaules, plus violent que jamais.
Elle était liée aux Enfers.
Réponses aux reviews anonymes :
Maya 21 : Que de compliments, tu vas me faire rougir ! Ne t'en fais pas, je ne prévois pas qu'ils se bécotent (En dehors de circonstances exceptionnelles comme justement dans le chapitre là) et qu'ils se clament leur amour sur les toits. J'espère que ce chapitre t'aura plu, merci d'avoir lu.
LauraLovegood : Merci beaucoup pour ta review. En effet, on est bien loin d'amour tu peux me faire confiance là-dessus ! J'espère que ça t'a plu, bisous.
Berenice : Merci. J'espère que ce chapitre t'a tout autant captivé !
Bella : Et bien à maintenant la suite ! J'espère que ça t'a plu, bisous.
Tadaaaaaaaaaam. Autant vous dire que j'ai trimé comme une forcenée pour vous pondre ce chapitre dans les temps. Je n'ai pas eu le temps d'écrire cette semaine, et j'ai donc écrit ce chapitre en une volée. J'y suis depuis 7heures et j'espère vraiment qu'il vous a plu. On y découvre les personnages secondaires, tels qu'Arthur, Molly (Dont le comportement a pu vous paraître étrange mais tout s'explique n'est-ce pas ?!) le cercle plus intime de Drago et forcément Astoria ! Qui n'en a pas fini de voir des vertes et des pas mûres, ha ha !
Voilà donc la véritable personnalité de Drago, et Hermione qui comprend enfin dans quoi elle s'est fourrée. (La mouise, on peut le dire !)
Je tenais également à vous remercier pour vos reviews, favoris, et follow. C'est vraiment génial de voir qu'un début vous plait autant, et j'adore lire et relire vos commentaires. N'hésitez surtout pas à commenter, je me ferai une joie de vous lire et de vous répondre.
J'espère également qu'il n'y a pas trop de fautes qui se sont glissées dans le chapitre. J'ai effectué une relecture après avoir terminé de l'écrire, mais c'est le seul créneau que j'ai pour vous le poster puisque demain c'est la fête des mères et que je suis overbookée !
Souhaitez bonne fête à vos mamans, bonne fête à vous si vous l'êtes également, et on se retrouve le week-end prochain ! (Tout du moins on essaie, je ferai de mon mieux...)
Merci encore mille fois,
Sierra Rose Amalia.
