Note d'auteur.
J'ai quelques minutes, alors j'en profite pour vous déposer le deuxième chapitre =) merci à la personne qui a laissé une petite review, coeur sur toi. N'hésitez pas à follow la fic également, je vous embrasse !
N'oubliez pas: que du fluff, du fluff et encore du fluff ^^
2 - to keep the cold night
Quand Shinichi ouvre à nouveau les yeux, il a un tissu humide sur le front, de la pommade sur la poitrine, une odeur d'eucalyptus dans le nez, et la tête beaucoup moins douloureuse. L'espace d'une seconde, il croit rêver, puis se demande si ce n'était pas avant, le rêve.
Ran est-elle revenue ? Est-ce elle qui s'était occupée de lui ? Il a encore mal partout, et les contours de sa chambre lui semblent toujours flous, mais d'une certaine façon il n'a plus l'impression de mourir petit à petit. Son cerveau n'est plus en feu, sa gorge ne sort pas de sa bouche à chaque toussotement, et même à travers son nez bouché il peut sentir... quelque chose.
Dans un sursaut, il rouvre les yeux.
À l'entrée de la pièce, dans l'embrasure, un jeune homme le regarde avec un sourcil haussé, un monocle, et un plateau dans les mains. Il a des cheveux en bataille, un petit air fatigué, mais toujours ce sourire en coin assez fier de lui.
– J'espère vraiment que j'hallucine, croasse-t-il en remuant son dos.
Mais il a des courbatures horribles alors ses efforts restent vains ; il retombe dans un grognement. Ça, ça fait vraiment mal.
– Tu es malade, tu divagues, je ne suis donc pas vexé.
Le Kaito KID hausse les épaules et s'approche de lui, et Shinichi remarque qu'il ne porte ni cape, ni costume blanc. Simplement une chemise au col ouvert et ce monocle qui désormais ne cache plus rien.
– Plus de quarante de fièvre, tremblements, vomissements, liste-t-il en posant le plateau sur la table de chevet. Et à un moment j'ai cru que t'allais te mettre à cracher du sang tellement ta gorge était irritée. C'était pas beau à voir.
Shinichi plisse les yeux, parce que la seule chose qu'il retient est que KID l'a vu dans cet état. Apparemment, même dans son moment de bonté, l'emmener à l'hôpital n'avait pas semblé être une option valable.
– Dis moi que j'ai pas vomi par terre.
– C'est pas les mêmes draps, lui fait-il remarquer. Donc tu as vomi par terre, sur moi, et sur ton lit. Mais ça va, ils étaient faciles à trouver et de toute façon il fallait les changer.
Même si c'est douloureux, il lève la main pour soulever l'une des couvertures et remarque que son t-shirt aussi a été changé.
Cette fois, il ne sait plus si ses joues rouges sont dues à sa fièvre ou à autre chose. Il veut se rendormir et oublier.
– Ah oui, lui confirme t-il en souriant. Aussi.
C'est irritant, très irritant, mais Shinichi n'arrive même pas à lui en vouloir.
– Qu'est-ce que tu fais là ?
– Tu veux dire, chez toi ?
– Je veux dire dans ma chambre, chez moi, oui. Qu'est-ce que tu fais là, et qu'est-ce que tu fais tout court ?
Ça aurait peut-être eu plus d'impact si sa voix n'était pas si ridiculement enrouée.
– Et bien vois-tu, je suis un magicien. Et un voleur, aussi. Et mon détective préféré a soudain disparu de la circulation. « Reparti aux États-Unis avec ses parents » d'après ce que j'ai réussi à comprendre en m'infiltrant dans le commissariat.
Il s'approche de son lit, et Shinichi ne peut rien faire d'autres que le fixer avec colère tandis qu'il dépose le plateau sur la table de nuit. Avec d'étonnants gestes doux, il s'assoit sur le bord et soulève le tissu qui se trouve sur son front.
– Et puis tout à coup, j'apprends également que le célèbre lycéen détective Shinichi Kudo réapparaît d'on ne sait où, et que bizarrement c'est le portrait craché de mon petit détective, avec quelques années de plus, bien sûr. Oh, et en plus canon.
Shinichi veut vraiment le frapper, parce que cette situation est gênante et étrange, et que le KID l'a certainement vu nu. Nu, ou habillé et en train de vomir partout, il ne sait plus ce qui est pire.
– Et alors ?
– Et alors, un gamin qui démantèle une organisation aussi grosse que celle là, qui pense comme un adulte et qui me fait des adieux aussi déchirants, ça attire forcément ma curiosité.
Il lui fait un sourire un peu tordu, parce que même avec cette attitude pédante il paraît tout de même fatigué et inquiet. Lui remettant une serviette froide sur le visage, il pointe ensuite son doigt vers le plateau.
– Tu devrais manger, parce qu'avec tout ce que t'as évacué tu dois plus avoir grand chose dans l'estomac.
– KID... je te jure que –
– Kaito.
– Quoi ?
– Mon nom. Pas KID. Kaito.
Shinichi le regarde avec des yeux ronds.
– Ah oui, t'as pas du voir les informations, forcément. Kaitou KID s'est définitivement retiré hier. Maintenant, je ne suis que Kaito. Sauf si tu veux me livrer à la police, mais avant ça il faudrait déjà que tu puisses ne serait-ce que te redresser.
Soudain, il attrapa son monocle et l'enlève pour le mettre dans sa poche. Comme ça, en une seconde. Son visage un peu flou lui apparaît alors sans filtre, et Shinichi le regarde la bouche ouverte.
Ça doit forcément être une illusion.
– Tu...
Mais sans lui laisser le temps de parler, Kaito se penche et l'attrape pour le pousser à se redresser dans le lit. Il place un oreiller dans son dos, et le cale comme il faut pour qu'il n'ait pas à forcer pour rester dans cette position. Le mouvement est douloureux, sa tête se retransforme lentement en coton, et ça le fait douloureusement tousser.
Quand il relève la tête, à bout de souffle, Shinichi voit le magicien qui grimace.
– Quoi ? croasse-t-il.
Tout en lui prenant soigneusement une cuillère de soupe chaude, Kaito rit. Il souffle dessus, puis lui tend jusqu'à ce que le détective ouvre docilement la bouche. Contrairement à ce qu'il croyait, la nausée ne revient pas et il avale dans un soupire. Ça fait presque du bien.
Quand le bol est enfin vide, Shinichi est à bout de force. Sa respiration est sifflante, et sa tête part en arrière alors qu'il essaye de garder les yeux ouverts. Sa migraine est de retour, et il sent à peine les bras de Kaito qui le replacent dans une position plus agréable. Il a l'impression que quelqu'un lui caresse les cheveux, qu'une voix lui souffle de se reposer encore un peu, que la chaleur de la pièce se transforme soudain en mer de glace.
La seconde d'après, son corps se remet à peser lourd et il se perd dans les draps.
Enroulé dans sa couette, Shinichi fit la moue.
Assis dans le fauteuil de son salon, il regardait Ran qui avait l'air particulièrement fière d'elle. Quand il s'était levé le matin, il avait manqué de s'étaler de tout son long dans les escaliers : sa meilleure amie l'avait trouvé accroché à la balustrade, et sa grimace avait tout dit.
À présent, il avait été obligé de poser ses fesses à un endroit qu'elle pouvait voir, à savoir juste en face d'elle, de l'autre côté du plateau d'échec.
– Tu sais que profiter de mon état pour enfin me battre est vraiment pas sympa ?
Elle lui offrit un rictus satisfait.
– Je pense t'en vouloir pendant encore quelques mois. Alors pour l'instant je vais me contenter de faire ça.
Et elle fit avancer sa tour pour placer le roi de Shinichi en échec.
– Super, soupira t-il en essayant de réfléchir.
Cela ne faisait que deux jours depuis qu'il avait reprit son apparence normale de lycéen, et il avait parfois du mal à réfléchir. Au début, il avait eu peur d'être simplement devenu bête, mais en vérité ça allait par période : tantôt il se réveillait sans pouvoir se souvenir de la réponse à « 1+1 », tantôt il retrouvait ses facultés et passait sa journée la tête dans des dossiers que lui donnait Takagi.
Au hasard, il bougea son cavalier.
– Tu as entendu parler de ce qui s'est passé hier soir ? demanda Ran, l'air de rien.
Les sourcils froncés, il observa les doigts de son amie qui bougeaient à nouveau sa tour. Puis quand il vit qu'elle le regardait fixement, Shinichi comprit qu'elle venait de lui parler.
– Hein ?
– Hier soir. T'as pas lu le journal que je t'ai donné ?
Il secoua doucement la tête. Se concentrer à la fois sur une conversation et sur une partie d'échec était vraiment trop difficile.
– Le KID, tenta t-elle en penchant son visage.
Mais en ne voyant aucune réaction, elle soupira et bougea son fou. Échec et mat. Shinichi se rembrunit et s'enroula une fois de plus dans sa couette.
– Le Kaitou KID, répéta t-elle.
Cette fois, elle réussit à capter son attention, et son regard croisa le sien.
– Il a envoyé une lettre à la police hier dans la matinée. Pour un vol, comme d'habitude. Sauf que même s'il a réussi à échapper à la police, il a rien volé.
– Quoi ?
– Il a déposé le bijou sur le toit, et d'après Takagi, il est resté longtemps là haut avant de s'échapper.
Shinichi baissa les yeux et fixa ses doigts qui seraient l'une des pièces du jeu. Il se souvenait de ce qui s'était passé, et cette fois il n'eut pas trop de mal à comprendre : le KID l'avait attendu. Pour voir s'il avait été sérieux.
Pour savoir si Conan allait revenir.
– D'accord, fit-il.
Il ne savait pas trop quoi dire d'autre.
– Tu lui portais beaucoup d'attention quand tu étais... Conan.
– C'est un voleur.
– Effectivement.
– Et je ressemblais à un enfant.
– C'est vrai.
Elle avait l'air d'avoir quelque chose en tête, mais abandonna finalement. Que pensait-elle, au juste ? Qu'ils étaient...amis ? Que pendant qu'il ressemblait à un gamin, une sorte de voleur magicien avait vu en lui des qualités intéressantes ?
C'était impossible.
– On se refait une partie ? proposa t-il.
Elle fut presque heureuse d'accepter.
Des bisous !
