Note d'auteur.
Salut ! Pour une fois j'ai pas grand chose à dire à part que je vous remercie les notifs, ça fait du bien aha (et ça me donne envie de poster) La suite de cette mini-fic arrivera très bientôt, en attendant je vous fais des bisous !
N'hésitez pas à lâcher un com' pour me dire ce que vous en pensez !
3 - what stands behind the door
Quand il ouvre les yeux pour la deuxième fois, les courbatures sont presque insupportables.
Il observe sa chambre avec curiosité, prenant le temps de comprendre si oui ou non, il venait de rêver. Il a du transpirer car ses vêtements lui paraissent sales, un plateau vide est posé sur sa table de nuit, et assit dans le fauteuil dans le coin de la pièce, le KID dort.
Sur le moment, ça le surprend. Il le fixe sans rien dire, la tête posée sur son oreiller, et attend simplement. Il fait toujours très chaud, la fenêtre est ouverte, un léger vent souffle dans la pièce ; il entend presque les cigales, alors qu'il sait que c'est impossible.
Puis quand Shinichi remarque que dehors il fait nuit, sa patience disparaît et il attrape la serviette humide et chaude qui est posée sur son front. Il se redresse un peu, regarde encore le KID, et la lui lance en pleine figure. Kaito sursaute violemment, le visage ensommeillé et perdu, puis remarque la serviette sur ses genoux.
Son regard revient sur Shinichi presque immédiatement, et il hausse un sourcil.
– Sérieux ?
– C'est moi qui devrait dire ça.
– Pourquoi ?
– Parce que tu étais en train de dormir dans mon fauteuil. Et aux dernières nouvelles, je t'y ai pas invité.
Kaito fait la moue. Doucement, il se relève et s'approche du lit. Sa main se pose sur son front, et Shinichi remue légèrement : la sensation est étrange.
– Encore un peu de fièvre, mais c'est déjà mieux. Ça va devenir une habitude, petit détective ?
– Quoi ?
C'est presque un grognement.
– D'essayer de me filer entre les doigts.
Shinichi se fige un instant, lève les yeux vers lui, puis soupire.
– Je ne suis pas une de tes admiratrices, tu sais ?
– J'ai cru comprendre, oui.
– Alors qu'est-ce que tu fais là ?
Apparemment, cette question ne mérite pas de réponse parce que Kaito hausse les épaules. À la place, il lui demande sans préambule :
– T'as pas envie de pisser ?
Quand Shinichi descend les escaliers de sa maison, il est propre, douché et pas vraiment coiffé. Ses cheveux humides coulent dans sa nuque mais il se sent bien moins sale qu'avant son entrée dans la salle de bain. Sans surprise, après avoir autant transpiré il avait pu tenir pas mal de temps sans aller aux toilettes, mais il ne fallait pas exagérer non plus.
Enroulé dans de nouveaux vêtements, il se sent presque prêt à supporter ce qui se trouve dans sa cuisine. Quand il parvient sur le seuil, il penche la tête et appuie son épaule contre l'embrasure. Kaito se retourne avec un grand sourire, des œufs brûlés au fond de sa poêle.
– Coucou, j'aimerai beaucoup te dire que le petit-déjeuner est prêt, mais je crois que c'est un peu trop cuit.
Levant les yeux au ciel, le détective retient un ricanement.
– Lâche cette poêle avant de faire cramer le manoir. Tu veux notre mort ou quoi ?
Très docilement, Kaito éteint la plaque électrique et pose la poêle sur le côté. Il n'a même pas l'air gêné.
– Qu'est-ce que tu m'as fait manger hier, au juste ?
Car si c'est ça la tête de sa cuisine, alors Shinichi se demande si le magicien n'a pas failli le tuer en passant. Mais à son soulagement, il secoue la tete et pointe le doigt vers sont frigo.
– Une soupe déjà préparée. Je l'ai trouvé dans une brique en carton, là dedans.
– Bon, j'imagine que je peux m'estimer heureux.
Shinichi n'a même plus envie de lui demander ce qu'il fait là. En vérité, il veut parler de tout, sauf de son moment de faiblesse quand il était en train de vomir partout. Savoir que le Kaitou KID l'avait vu ainsi était bien plus perturbant que le voir debout au milieu de sa cuisine.
Il remarque tout à coup que Kaito lui a volé des vêtements, car il reconnaîtrait ce t-shirt de pyjama entre mille.
– Tu n'as pas peur que je t'arrête ?
– Pourquoi ?
– Parce que tu es un voleur. Et que je suis un détective. Kaito, hein ?
– T'as pas mon nom de famille.
– Je pourrais appeler la police.
– Pour quoi faire ?
– Pour t'arrêter.
Il hausse les épaules, comme si tout ça n'avait aucune importance.
– Fais-le, on verra bien ensuite.
Shinichi a bien du mal à faire correspondre l'image de ce magicien au clair de lune qui réussissait à lui échapper à chaque fois, avec cet homme au rictus irritant qui lui faisait face.
Finalement, il soupire à son tour.
– Commande chinois, déclare t-il en tournant les talons. C'est toi qui paye.
Et franchement, le sourire que l'autre lui renvoie vaudrait presque le coup.
Quand Ran se présente devant le manoir au petit matin, elle est essoufflée et à un mauvais pressentiment. Il fait déjà très chaud, avec un temps presque orageux, et la sueur qui coule le long de sa nuque ne l'aide pas à reprendre son calme. Elle a essayé d'appeler Shinichi une dizaine de fois, et en temps normal ça ne l'aurait pas inquiété plus que ça : son meilleur ami oubli de recharger son téléphone un jour sur deux, et quand il le fait il l'oublie dans une pièce de sa maison pour ne le retrouver que longtemps après.
Mais en ce moment, ce n'est pas pareil. En ce moment, sa santé vacille chaque jour et Ran regrette déjà d'avoir accepté d'accompagner Sonoko dans ses vacances. Elle a essayé de passer un bon moment, de ne pas penser à son meilleur ami qui se noyait dans ses dossiers, à son grand manoir écrasé sous la chaleur, et à la solitude qui l'attendait sûrement. Shinichi avait longuement insisté, lui affirmant que si elle continuait de l'étouffer comme ça il allait finir fou.
Sans attendre une seconde de plus, elle ouvre la porte d'entrée sans sonner et se précipite dans le manoir en criant :
– Shinichi ? Shinichi, si tu es là, répond !
Elle tourne la tête à droite et à gauche, en essayant de ne pas courir dans tous les sens. Si ça se trouve, elle s'inquiète pour rien et il se moquera d'elle pour avoir paniqué ainsi.
Quand Ran entre dans le salon, son souffle retombe et elle écarquille les yeux.
– Bien sûr que non, affirme Shinichi entre deux gorgées de café. C'est évident que c'est sa sœur la coupable.
– Le jardinier, rétorque le garçon à côté de lui sur le canapé. Regarde bien, même Samonji est d'accord.
– Mais non, c'est évident qu'il va y avoir un plot twist. Ils font ça à chaque épisode, tu le fais exprès ?
La bouche ouverte, Ran fixe le ricanement satisfait de son meilleur ami comme si elle n'en croyait pas ses yeux.
– Qu'est-ce qui se passe ici ?
Au moins, elle a la satisfaction de voir Shinichi sursauter. Il manque de faire tomber sa thermos sur ses genoux, tandis que le jeune homme inconnu se retourne vers elle sans sembler plus étonné que ça.
– R-ran ? T'es déjà rentrée ?
– Effectivement. Je vois qu'on s'amuse bien par ici. Ça te dirait de répondre au téléphone de temps en temps ? Et c'est qui ça ?
Elle fait un signe de tête en direction de l'inconnu, et le foudroie presque du regard. Ça la gêne un peu d'être aussi malpolie avec quelqu'un qu'elle ne connaît pas, mais ce gars lui paraît bizarre. Et Shinichi est en position de faiblesse.
– Oh. Ça c'est... Kaito.
– Enchanté.
– Et qu'est-ce qu'il fait là ?
– Tu veux dire, sur mon canapé ?
– Je veux dire dans ta maison. Je connais tous tes amis Shinichi, et je sais que ce mec là n'en fait pas parti. Tu le sors d'où ?
– Il est entré par la fenêtre.
Ça, elle ne l'a pas vraiment vu venir. Elle les fixe un à un, son regard faisant des allers et retours entre eux deux, en espérant qu'ils se décident à lui donner plus de détails.
Finalement, Kaito déclare :
– C'est vrai. Je suis entré par la fenêtre.
– Ravie de l'apprendre. Ça t'arrive souvent de regarder la télé avec un cambrioleur ?
– Il aime Détective Samonji...
– Shinichi.
Il a au moins la décence de paraître gêné.
– C'est pas vraiment un cambrioleur.
– Techniquement si. Je suis un cambrioleur.
– Mais tu venais pas pour ça.
– Non c'est vrai. J'ai toujours rêvé de manger de la glace assis sur ton canapé.
Finalement, Ran soupire. Tout ça n'a plus vraiment d'importance, elle veut juste parler un peu seule avec son meilleur ami.
– Bon, Kaito. Loin de moi l'idée d'être malpolie, mais j'aimerai beaucoup que tu nous laisses seuls.
Elle s'attend à ce qu'il proteste, ou tout du moins à ce qu'il râle un peu, mais à sa surprise il se lève et prend son pot de glace avec lui.
– D'accord. Salut, petit détective.
Quand il passe à côté d'elle, il lui prend la main pour la lui baiser poliment comme un gentleman, puis disparaît en quelques secondes. Elle fixe la porte pendant un moment avant de se retourner vers Shinichi.
– C'était qui, ça ?
Il avale tranquillement son café, avant de relever les yeux vers elle.
– Le Kaitou KID.
– Quoi ?
– Ça. C'était le Kaitou KID. Tu veux de la glace ?
Des bisous !
