Base : Harry Potter

Titre : L'amour d'un père

Genre : Romance, slash (relation homosexuelle)

Rating : T = pour les ados, peut légèrement aborder quelques thèmes "adultes" (13 ans et +)

Personnages : La famille Potter & la famille Malfoy principalement

Disclamer : Eh oui, tout appartient à la grande JK Rowling qui nous autorise à jouer avec son univers et ses personnages. Merci à elle. Par contre l'intrigue m'appartient, même si je ne toucherai pas d'argent dessus.

Résumé : Draco veut donner une bonne éducation à son fils Scorpius avant qu'il n'aille à Poudlard. Il se sent compétent pour lui enseigner la plupart des matières, mais songe à Potter et aux cours qu'il donnait en 5è année, pour la DCFM. Il va donc lui proposer de devenir professeur particulier au manoir Malfoy. Harry accepte à condition que son fils Albus puisse aussi assister à l'ensemble des cours.

Avertissement : Il sera question, dans cette fic, de romance entre deux hommes (sans lemon). Homophobes, passez votre chemin ! Il s'agit d'une fic plutôt familiale ; ne vous attendez pas à un Drarry tout de suite !


Notes : Coucou tout le monde ! J'espère que vous allez bien. Voici le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture !


Chapitre 53

— Tu as repensé à la guerre ? lança soudain Draco, alors qu'ils discutaient de tout et de rien devant un café, dans la cuisine du brun.

— Comment ça ?

— Tes mauvais rêves que tu souhaites oublier.

Harry lui adressa un regard surpris avant de secouer la tête.

— Non, non. C'est autre chose. Mais, sérieusement, Draco, je ne souhaite pas t'en parler. J'avais même fini par mettre ce « détail » de côté, merci de me l'avoir remis en tête, râla-t-il.

Le blond haussa les épaules.

Harry commença à se masser les tempes, son regard plongé dans sa tasse de café. Il ne comprenait toujours pas pourquoi son inconscient lui avait transmis des images pareilles. Elles revenaient se bousculer dans sa tête alors qu'il avait réussi à les chasser. Il se revoyait dans le bureau de Draco, ce dernier le prenait dans ses bras pour le remercier de croire en lui et lui s'écartait pour lui affirmer qu'il avait confiance en lui. Sauf qu'au lieu de se retourner pour sortir, comme il l'avait fait en vrai, il se voyait prendre possession des lèvres du blond. Harry secoua énergiquement la tête, les yeux fermement clos.

— Tu es sûr que tu ne veux pas en parler, ça pourrait te soulager, insista Draco en voyant bien que le brun ressassait par sa faute.

La voix du blond eut au moins le mérite de le ramener au moment présent.

— Oui, j'en suis sûr. Mais merci de t'inquiéter pour moi, Draco, finit-il par sourire. Pour l'histoire de la potion, c'est juste que je me disais qu'on était bien capable d'extraire nos souvenirs pour les mettre en flacon, alors j'imagine qu'il doit bien y avoir un moyen de brouiller ou d'effacer des rêves, non ?

En réalité, Harry avait vraiment peur que des images telles que les baisers ou son étreinte un peu plus poussée avec Draco contre le bureau ne viennent ternir l'amitié qui s'était forgée entre eux. Il ne comprenait simplement pas d'où ça sortait. Il n'avait jamais imaginé l'ancien Serpentard autrement, et comprenait encore moins pourquoi il se retrouvait, du jour au lendemain, à fantasmer sur un homme. Mais ce qui l'intriguait davantage était la réaction que Ginny avait eue ce matin. Elle avait tout de suite deviné qu'il s'agissait de Draco alors qu'elle n'avait eu aucun moyen de le savoir. C'était… perturbant. C'était peut-être une bonne idée qu'il parle de ses rêves avec sa femme, finalement.

— Mais tu as raison, j'en parlerai à quelqu'un : à Ginny, ce soir. D'accord ?

Draco ne put qu'acquiescer. Que pouvait-il faire d'autre, de toute façon ? Il voyait bien que son ami refusait de se confier à lui.

Harry observa le blond et vit que ses paroles l'avaient blessé.

— Je… Franchement, Draco, ne le prends pas mal, s'il te plait.

— Pourquoi je le prendrais mal ? se défendit aussitôt l'autre homme.

— Sérieusement, je vois bien que ça te blesse que je ne me confie pas à toi.

L'homme aux yeux gris détourna le regard et haussa nonchalamment les épaules.

Malgré lui, Harry se sentit sourire devant ce comportement. Il ne pouvait rien faire d'autre, de toute façon. Il préférait largement voir le blond légèrement blessé plutôt qu'imaginer lui raconter ses rêves. La seule chose que ça apporterait, au mieux, serait de les mettre tous les deux dans l'embarras. Au pire… Au pire, le blond mettrait un terme à leur amitié et peut-être même qu'il ne le laisserait plus jamais l'approcher.

Harry ne s'était jamais vraiment intéressé à la question jusqu'à présent, mais il savait que les droits des moldus concernant l'homosexualité avaient bien évolué au cours des dix dernières années. Il lui semblait qu'ils pouvaient même désormais se marier légalement. Mais qu'en était-il dans le monde des sorciers ? Il n'en entendait jamais parler. Il fronça les sourcils. Cela ne pouvait signifier que deux choses : soit l'homosexualité était acceptée par tous, donc personne ne disait rien, soit il s'agissait d'un sujet tabou. Il demanderait à sa femme, ce soir. Après tout, elle était beaucoup plus au courant de ce qui se passait dans le monde sorcier, de par son travail surtout. Et il se voyait mal poser la question à Draco, là.

Il tendit sa main à travers la table pour la poser sur celle de l'autre homme.

— Hey…

Le blond posa son regard sur leurs mains puis soupira.

— Ok. Tu as raison. Ça me vexe un peu de savoir que je me confie à toi et que la réciproque n'est pas vraie. Pour quelqu'un qui n'arrête pas de me dire qu'il a confiance en moi, tu ne le montres vraiment pas.

Harry ôta sa main pour la mettre dans ses cheveux.

— Je sais que je n'assure pas sur ce coup-là. Mais sérieusement, Draco, essaie de ne pas m'en vouloir pour si peu, s'il te plait. J'ai vraiment de bonnes raisons de ne pas te parler de mes rêves, ok. À toi de me faire confiance, là.

Le blond plongea son regard dans le sien puis finit par acquiescer en soufflant.

— C'est vraiment parce que c'est toi, Potter.

Le brun sourit, rassuré que l'autre homme ne lui en veuille pas plus que ça.

— Ouf ! Tu m'en vois soulagé, Malfoy ! répliqua-t-il alors, ce qui fit sourire Draco en retour.

Puis ils décidèrent de changer de sujet de discussion, Harry essayant de cloisonner au mieux les images dérangeantes qui lui revenaient désormais parfois en tête devant telle ou telle réaction de son ami.

-x-

— Quelle journée ! souffla Ginny lorsqu'ils se retrouvèrent enfin dans leur chambre, la nuit venue.

— Alors ? le questionna son mari, qui s'était installé confortablement, calé contre la tête de lit.

La sorcière rougit en songeant à ce qu'elle avait fait avec le beau Stéphane pendant la pause déjeuner.

— Je suis vraiment intrigué par ces rougeurs, releva moqueusement Harry. J'en déduis que ça s'est bien passé ?

— Mieux que ça ! avoua-t-elle. Je… Euh… Comment te dire ça ?

— Vas-y, raconte-moi tout, ce sera plus simple.

Ginny s'allongea à sa place et commença à raconter son déjeuner. Cela fit un léger pincement au cœur du brun lorsque sa femme lui confia s'être envoyée en l'air avec son Stéphane. C'était bizarre, mais il était ravi pour elle.

— Bien. Je suis heureux que tout se soit bien passé pour toi. Et merci d'avoir pensé au Fidelitas, sourit-il.

— Je ne pouvais pas prendre le risque qu'il répète toute cette histoire à qui que ce soit et encore moins à un média. Je pense que les gens sont suffisamment sur notre dos comme ça. Encore la semaine dernière, ça cancanait sur le fait que tu avais été aperçu au Chemin de traverse avec ta fille. Non, mais je te jure ! souffla-t-elle avec humeur.

Harry acquiesça.

— Bon ben voilà, je suis officiellement cocu ! soupira-t-il en portant théâtralement une main à son cœur.

— Eh oui. J'espère que tu ne m'en veux pas, s'inquiéta soudain Ginny.

— Non ! Bien sûr que non ! Ça fait une semaine que tu me parles de ton beau Stéphane, je suis vraiment content que cette attirance entre vous soit réciproque.

— Oh oui, moi aussi ! murmura-t-elle rêveusement, un grand sourire aux lèvres.

Harry glissa ses doigts dans les cheveux roux de sa femme.

— Tu es belle, ma Gin'. Encore plus quand tu es amoureuse…

— Merci, Harry.

Elle ferma les yeux, profitant de la caresse de son mari dans ses cheveux, tout en visualisant à nouveau sa rencontre dans sa tête. Ça avait été parfait. Un long moment s'écoula ainsi dans le silence, avant que Ginny ne se redresse. Elle rapprocha ses genoux de sa poitrine pour caler son menton dessus, tandis qu'elle faisait face à son mari.

— À ton tour, maintenant. Raconte-moi tes rêves.

Harry eut un petit sourire en coin : non, elle n'avait pas oublié.

— Déjà, explique-moi comment tu as su qu'il s'agissait de Draco. Je veux bien que tu me connaisses bien, mais là, c'est limite de la divination, fit-il remarquer en secouant la tête.

— Raconte-moi tes rêves d'abord et, promis, je répondrai à ta question après, proposa-t-elle.

Harry soupira et raconta ses rêves à sa femme. Celle-ci eut quelques sourires, mais ne l'interrompit pas.

— Alors ? lui demanda-t-il lorsqu'il eut terminé, même s'il se sentait un peu gêné.

— Ça t'arrive souvent de le prendre dans tes bras, comme ça ? lui demanda-t-elle à la place.

L'homme haussa les épaules.

— Assez, oui. C'est souvent pour le réconforter, expliqua-t-il.

La sorcière secoua doucement la tête de haut en bas.

— Et c'était la première fois qu'il prenait l'initiative, hier, c'est bien ça ?

Harry acquiesça. Il ne savait vraiment pas où voulait en venir sa femme.

— Qu'as-tu ressenti, alors ?

— Bah rien. J'étais juste un peu surpris, c'est tout. Ce n'est vraiment pas son genre d'avoir ce genre de comportement.

— D'accord… Harry ?

— Gin' ? soupira-t-il en attendant de savoir ce que la rousse avait en tête.

— Est-ce que tu ne t'es jamais demandé si… Comment dire ? Si votre relation soit disant d'amitié, à toi et Draco, ne couvait pas autre chose ?

Le brun fronça les sourcils et secoua énergiquement la tête de gauche à droite.

— Jamais, non. Pourquoi ?

Ginny lui offrit un sourire énigmatique avant de reprendre.

— Tu me demandais comment j'avais su qu'il s'agissait de Malfoy, tout à l'heure. De Draco, je veux dire. C'est que… Je sens qu'il y a quelque chose entre vous. Je n'ai pas beaucoup eu l'occasion de vous voir ensemble, je l'admets, mais le peu que j'ai pu voir, ça m'a suffi. Mais surtout la façon dont tu me parles de lui... Je pense que les rêves que tu as faits cette nuit, tu les aurais faits à un moment où un autre, dans tous les cas. Ils sont là pour t'aider à ouvrir les yeux.

— Mais je ne ressens pas ce genre de chose pour Draco ! se défendit le brun avec véhémence, une grimace plaquée sur son visage.

La sorcière l'observa un instant en silence.

— Qu'as-tu ressenti, vendredi soir, lorsque vous vous êtes séparés pour le week-end ?

— Eh bien, j'étais un peu triste. Je savais qu'il allait me manquer.

Sa grimace s'accentua, lui faisant froncer le nez, lorsqu'il prononça le dernier mot.

— Et il t'a manqué ?

— Un peu, oui. Mais on a été pas mal occupé, je pense que ça m'a aidé à ne pas trop penser à lui, avoua-t-il, agacé.

Le regard de Ginny était lourd de sens.

— Et lundi, comment se sont passées les retrouvailles ? Qu'as-tu ressenti ?

— J'étais ravi de le retrouver, mais je trouve ça normal, non ?

— Ah, tu penses ? Te mets-tu vraiment dans des états pareils pour Ron ou Hermione, par exemple ?

— Mais ça n'a rien à avoir avec Ron et Hermione, Gin' ! On est amis depuis notre première année à Poudlard…

— Bien sûr. Et pourquoi as-tu hésité à utiliser son balai ?

— Parce que c'est son balai… C'est assez personnel comme objet, non ?

— Hum. Et qu'as-tu ressenti en le voyant voler ?

— Arrête avec tes questions, tu vois bien que ça ne mène à rien ! s'emporta-t-il alors.

— Vraiment ? Moi, je trouve tes réponses plutôt intéressantes, pourtant ! sourit tendrement la sorcière. Je t'aime, Harry. Et je ne veux que ton bonheur, comme moi j'ai trouvé le mien. Et je pense très sincèrement qu'il se trouve auprès de Draco. Il faut juste que tu l'admettes et que lui aussi finisse par ouvrir les yeux.

— Je ne suis vraiment pas sûr, Ginny. Ça me semble complètement fou toute cette histoire.

— Si je te demande, là, comme ça, sans réfléchir, de me dire ce que tu penses de Draco, que réponds-tu ?

Harry soupira avant de satisfaire la demande de sa femme.

— Draco est juste… C'est Draco, quoi, fit-il en haussant les épaules, un léger sourire aux lèvres.

Ginny s'approcha de lui pour le serrer dans ses bras.

— Oh, mon cœur…

L'homme s'avoua vaincu en se blottissant dans son cou.

— Comment je vais faire pour le boulot, moi, maintenant ? Je risque de ne plus pouvoir le regarder en face…

Ils restèrent un long moment enlacés ainsi, Ginny passant doucement sa main dans les cheveux bruns.

Puis Harry finit par se redresser.

— Et ça ne te choque pas, après tout ce qu'on a vécu tous les deux, nos enfants, que je puisse m'intéresser à un homme ?

— Bizarrement, non. Mais c'est sûrement parce qu'il s'agit de Draco Malfoy. Ça a toujours été spécial entre vous deux, sourit-elle.

— Mais euh… Les relations de ce genre, comment sont-elles perçues dans le monde sorcier ? grimaça-t-il.

— Comme les autres couples, j'imagine…

Devant le regard interrogateur qu'il lui envoya, Ginny développa :

— Eh bien, Matthew est en couple avec un homme depuis presque dix ans, je crois, et ils ont même adopté un garçon… En revanche, Katelyn a complètement été reniée par les membres de sa famille quand ils ont appris son homosexualité. Donc on peut trouver de tout, tout dépend des mentalités des gens…

Harry acquiesça, songeur, puis soupira :

— Pourquoi faut-il toujours qu'il m'arrive des trucs bizarres ?

— Oh, te plains pas, ça faisait plus de dix ans que tu n'avais plus eu à te soucier de ça, décida-t-elle de le taquiner pour dédramatiser la situation.

— C'est pas faux, sourit-il alors. Tu seras là pour m'aider, n'est-ce pas ?

— Toujours, mon cœur. En ce qui concerne tes réactions face au blondinet arrogant, eh bien… Je te souhaite juste bon courage !

— Ah, d'accord. Merci pour ton soutien ! soupira-t-il en levant les yeux au ciel.

— Bon, allez. Dodo, maintenant ! sourit la sorcière.

— Oui. J'imagine que tu vas pouvoir faire de jolis rêves ! Tandis que moi… Je ne suis pas sûr de bien dormir, après la conversation que l'on vient d'avoir.

Ginny ne put qu'acquiescer tristement, tout en se coulant dans son lit. Mais elle ne pouvait rien faire de plus pour lui, malheureusement. Déjà, c'était une bonne chose qu'il accepte d'ouvrir les yeux sur son attirance envers l'ancien Serpentard, même si ça ne signifiait pas qu'il l'acceptait pour autant. D'un mouvement de baguette, elle éteignit la lumière de son côté.

— Bonne nuit, Harry.

— Bonne nuit, Gin', répondit le brun en éteignant à son tour.

Même s'il savait pertinemment que le sommeil ne serait pas au rendez-vous, il ferma les yeux. Il songea à la journée qu'il venait de vivre, aux questions de Ginny, à ce qu'elle pensait à son sujet et au sujet de Draco. Elle imaginait qu'ils étaient faits l'un pour l'autre… Comment avait-elle pu en arriver à ce genre de conclusion ? Il ne comprenait vraiment pas. Puis il songea à toutes ces situations un peu délicates qui avaient eu lieu entre l'ancien Serpentard et lui depuis qu'il avait commencé à travailler au Manoir, et il devait bien admettre que ce Draco-là lui plaisait bien. Harry sentit ses lèvres s'étirer à cette pensée, puis le sommeil finit tout de même par l'emporter.