Disclaimer : HP ne m'appartient pas, tout comme cette fic. Elle est l'oeuvre de Jocelyn.
Voici (enfin) le 3ème chapitre ! Désolée pour le retard…
Merci à toutes pour vos reviews et vos follows, ça me fait super plaisir de voir que cette traduction vous intéresse et que vous aimez cette fic autant que moi je l'aime !
Chapitre 3 : La torche verte enflammée
Le monde se révéla à nouveau, sous la forme d'une grande cave éclairée. Apparemment, ne voyant plus aucun besoin de retenir Harry, Voldemort l'avait laissé là sur le sol aussitôt qu'ils étaient arrivés.
Se tenant sur ses genoux, Harry secoua la tête alors que le brouillard épais s'évacuait de sa tête. La pierre était lisse et propre derrière lui à bien y regarder, les Mangemorts avaient dû garder cet endroit un moment. Il était dans un tunnel, assez large pour que quatre personnes puissent y circuler de front, et il y avait d'autres passages qui y abouchaient. Un endroit approprié pour un nid de serpents, pensait-il négligemment.
Le plus important cependant était le fait plutôt glaçant que pas moins de dix Mangemorts encerclaient Harry, ainsi que leur mage noir se tenant directement en face de lui. Ce n'était pas bon. Brillante observation, Harry ! pensa-t-il pour lui-même. Il déglutit difficilement.
Voldemort semblait uniquement attendre qu'Harry reprenne ses esprits, une fois qu'il fut sur ses talons et regardait ce qui l'entourait, le mage noir s'éloigna, ordonnant « Amenez-le ! »
Des mains agrippèrent les bras de Harry, et il sentit la baguette de quelqu'un appuyée contre sa nuque. Il trébucha, et les Mangemorts le traînèrent le long du couloir. Il reçu un coup pointu de baguette au moment où il tenta de regarder autour de lui, et bientôt le long couloir se finit en une très grande chambre souterraine. Des brasiers brûlaient le long des murs, et un gigantesque chaudron envoyait des volutes vertes menaçantes dans l'air à côté d'un gigantesque feu.
Harry déglutit. Il y avait encore plus de Mangemorts dans cette pièce qu'il aurait pu l'imaginer. Regardant aux alentours, il se sentit idiot d'avoir appelé son petit groupe de défense l'Armée de Dumbledore. Ce n'était rien d'autre d'un club d'école. Ca, c'était une armée.
Au centre se trouvait une grande chaise en pierre, ses accoudoirs gravés en forme de serpents sifflants dont les queues en pierre étaient enroulées vers l'assise. Et dans cette chaise, avec un gigantesque serpent (vivant, cette fois ci) enroulé sur ses épaules jusqu'à ses pieds, se trouvait Voldemort.
Les Mangemorts traînèrent Harry dans l'allée à travers le centre de la pièce, vers un cercle de torches directement en face du trône du mage noir. Harry résista instinctivement, se tenant à distance avec une pure révulsion, mais les sorciers en noir le bousculèrent dans le cercle et le mirent à genoux. Les lèvres fines de Voldemort se retroussèrent en un sourire cruel. « Bienvenue, Harry Potter. Je suis ravi de te montrer enfin l'hospitalité de mon humble demeure. »
Certains des Mangemorts rirent. Harry cracha vers le trône. « Viens-en aux faits, Voldemort. »
On entendit un bruissement de robes, et les rires stoppèrent en entendant Harry appeler le mge noir par son nom. « Qu'est-ce que tu veux ? »
Voldemort siffla un ricanement. « Direct en affaires, je vois. Très bien, cependant je crains que tu ne souhaites bientôt que j'aie pris mon temps. » Le mage noir se leva et s'avança vers Harry. « Je n'ai aucun doute que Dumbledore ait été assez fou pour t'avoir dit la prophétie. Dis la moi et je te garantis une mort relativement sans douleurs. »
Harry rétorqua « Même si je la savais, tu ne penses quand même pas que je te la révèlerais, non ? »
« Maintenant que tu es en mon pouvoir, petit garçon, je t'assure que tu vas tout me dire. Ce n'est qu'une question de combien de douleur il faudra pour te persuader. Et je ne suis pas enclin à croire que ce vieux fou n'ait pas cédé à ton pathétique chagrin après le Département des Mystères et ne t'ait rien dit. »
« Dumbledore ne me dit jamais rien ! » cracha Harry il trouva ceci facile à dire en le pensant vraiment. Une part de lui était toujours en colère contre Dumbledore, se demandant ce qui a pu retenir le Directeur de Poudlard de venir à Privet Drive pour sauver Harry et son oncle. Apparemment, il fût convaincant puisque plusieurs Mangemorts bougèrent et échangèrent des regards.
Voldemort examina Harry du regard. Ce dernier baissa les yeux et se mit à réciter frénétiquement les effets du sang de dragon dans sa tête. Il douta que ça marcherait, mais c'était le moyen le plus proche de l'Occlumencie auquel il pouvait penser, même si penser à son devoir sur le sang de dragon qu'il travaillait le faisait penser à Poudlard, et penser à Poudlard le faisait penser à Sirius.
Après un moment, Voldemort dit doucereusement « Je vois que Dumbledore t'as appris à garder tes pensées, Potter. Non pas que cela me prendra beaucoup d'efforts pour les atteindre. Mais peut être que tu dis effectivement la vérité, et que Dumbledore ne t'a pas révélé la prophétie…pour te protéger. » Harry douta que cela serait sage de le considérer comme un sursis.
Il avait raison. Voldemort continua « Dans ce cas, je devrai simplement m'en assurer, et donc prendre le risque de te tuer. » Harry se tint prêt, alors que Voldemort sortit sa baguette.
« Endoloris ! »
Un hurlement surgit de la bouche de Harry alors que l'affreuse douleur le traversait, et il s'effondra sur le sol en pierre. Il pouvait entendre les exclamations et les huées des Mangemorts alors qu'il se tordait de douleur sans défense devant eux. Quand Voldemort leva le sort, il resta haletant et tremblant, mais en son for intérieur il maudissait le mage noir de tout son cœur. « Quelle est la prophétie, Potter ? »
Harry mit sa manche dans sa bouche mieux valait ça que de mordre sa langue. Voldemort lui lança un sort à nouveau, il hurla à travers ses dents serrées.
Et ainsi de suite. Les Mangemorts riaient et ils battaient des mains comme s'ils assistaient à un événement sportif, la douleur continuait à l'attaquer, et Harry continuait à crier. Ca commençait presque à le soulager de hurler de douleur, comme s'il pouvait expulser toute la douleur et la peur de cet endroit et tout ce qui l'a blessé depuis ces cinq années avec la force de ses cris. Dans un sens, l'agonie du sortilège Doloris l'aidait presque, car il pouvait se concentrer sur sa douleur et ses gémissements, plutôt que laisser son esprit ramener des souvenirs que Voldemort pourrait voir.
Finalement, le monde autour d'Harry sembla devenir plus petit alors que la douleur terrible hurlait en lui, et le noir obscurcit sa vision, jusqu'à ce qu'Harry se voit tomber à nouveau dans le tunnel sombre…
« Enervatum. »
Par la barbe de Merlin, ça faisait mal. Les yeux d'Harry lui piquaient alors qu'ils les forçaient à rester ouverts. Il était toujours allongé sur le sol de la chambre de Voldemort, à en juger par le froid sous son dos. Forçant sa tête à tourner pour voir autour, il décida qu'il avait dû se passer quelques temps depuis qu'il avait perdu conscience. Il y avait bien moins de Mangemorts dans la pièce, et Voldemort était à moitié avachi dans son fauteuil, caressant son serpent. C'était Lucius Malfoy et Bellatrix Lestrange, qui ne portaient plus leur masque, qui l'avaient réveillé. « Maître ? » appela Lucius, voyant le regard d'Harry sur lui.
Voldemort fit un signe négligent de la main. « Continue. »
« Oui, Maître. » répondit Bellatrix joyeusement. « Endoloris ! ». Et le monde explosa de douleur à nouveau.
Le temps perdit toute signification alors qu'Harry devint familier de tous les points aiguisés de torture lancés par le mage noir et ses partisans. Bellatrix se lassa vite du sortilège Doloris et demanda à son maître la permission de « tenter quelques autres méthodes ». Elle la reçut, et galopa guillerette hors de la pièce comme une troisième année à sa première sortie à Pré-au-Lard.
Harry était laissé sur le sol dans l'attente. Sa gorge était sèche à force de hurler, son visage était humide de sueur et de larmes de douleurs. Il se sentait trop faible pour lever la tête. Bellatrix revint, trop rapidement, avec une petite fiole dans sa main. Harry tressaillit, et enfouit son visage dans sa manche pour éviter d'être forcé à la boire.
En vain, évidement. Bellatrix leva la fiole-son contenu avait une lueur verte menaçante, comme la Marque des Ténèbres-pour avoir l'accord de Voldemort. Ce dernier arrêta de cajoler son serpent et lui dit « Que contient la prophétie, Potter ? »
Harry resta silencieux, fixant le mage noir derrière son bras. Voldemort tourna son regard vers Bellatrix, et hocha la tête. Elle s'inclina de façon grandiloquente, déboucha la bouteille et renversa son contenu sur l'arrière de la tête d'Harry.
C'était semblable à de l'acide. En fait, Harry fut certain que c'était exactement ça alors qu'il se tordait de douleur sur la roche, hurlant à s'en casser la voix et tentant en vain d'essuyer cette chose. Lorsque ses doigts touchèrent le liquide, ils brûlèrent également, et Harry poussa un hurlement, fixant ses mains, avec la peur de les voir fondre devant ses yeux. A son étonnement, ce n'était pas le cas il pouvait voir le vert translucide de la potion, mais à part ça, sa peau était intègre.
Finalement, la voix d'Harry faiblit complètement, et il resta là, gémissant, sur le sol en pierre, se tordant de douleur, mais (à l'étonnement de tous, lui y compris) fixant toujours Voldemort. Il n'avait jamais pensé possible d'haïr quelqu'un autant. La douleur était monstrueuse, mais Harry savait que lui donner la prophétie ne mettrait pas un terme à tout ça. Il avait vu assez de l'esprit du mage noir pour le savoir : Voldemort appréciait trop causer de la douleur pour laisser passer sa chance avec Harry, même après avoir eu ce qu'il voulait. Donc Harry ne lui donnerait rien.
Quant à Voldemort, son irritation grandissait à mesure qu'Harry résistait. Apparemment, ni lui ni ses Mangemorts (ni Harry) avaient pensé qu'Harry pouvait tenir aussi longtemps sans craquer. Pourquoi il l'essayait pas plus intensément de lire dans son esprit, Harry ne savait pas. « Je suis las de tout ça, gamin. Si je ne peux pas avoir la prophétie de toi, j'aurais au moins tes supplications pour demander ma pitié avant que tu ne meures. »
Tu n'auras aucun des deux de moi ! Harry voulait crier mais sa voix était partie il y a un moment. Donc il resta silencieux sur le sol, méfiant. Bien qu'il s'agissait de la période de torture la plus longue qu'il ait jamais vécu, Harry avait ressenti une douleur bien pire quand Voldemort l'avait possédé, et pire encore dans son âme en voyant Sirius tomber à travers le voile. Sirius…que pouvait lui faire Voldemort de pire comparé à ça ?
Les lèvres de Voldemort se recourbèrent. « Peut être serait-il peu sage de ma part de mettre fin à ta misérable vie sans connaître ce que dit la prophétie. Mais je peux être sûr que te détruire éliminerait une menace, et mettra à genoux tous ceux qui s'opposent à moi. »
C'est ce que tu penses ! Et même si tu me tues, tu auras encore affaire avec Dumbledore ! Harry tenta de crier, mais le seul son qu'il pût émettre était un rauque « Dumbledore… »
Voldemort siffla à nouveau un ricanement. « Crois-tu que ce vieux fou constitue toujours une menace pour moi ? Juste, que supposes-tu qu'il fera en apprenant que son précieux Graçon-Qui-A-Survécu est mort ? »
Non !
Mais Voldemort avait visiblement décidé que les bénéfices de tuer Harry surpassaient les risques. Même s'il avait tenu sa propre baguette, Harry doutait qu'il aurait pu gérer un duel. Il resta donc là, résigné, attendant que la mort vienne à lui. Ce n'est pas vraiment la fin qu'on peut lire sur les combats entre le Bien et le Mal. J'espère que Dumbledore pourra encore l'avoir après, pensa-t-il négligemment alors que Voldemort approchait et que plusieurs des Mangemorts se rassemblaient pour profiter du spectacle.
Curieusement, Harry n'avait pas peur. Il avait vu le Sortilège de la Mort comparé à ce qu'ils lui avaient fait, une fin rapide n'était pas si mal. Il était trop fatigué et trop brisé pour se préoccuper de sa survie, gisant là entouré par les Mangemorts et leur Seigneur des Ténèbres. Il n'en pouvait plus, de quelque façon que ce soit. Je vais revoir Sirius. Et…maman et papa. Oncle Vernon aussi. Je n'aurais jamais pensé en être impatient. D'une certaine manière, cela lui donnait envie de sourire. Je suis seulement désolé pour Ron et Hermione. Et Remus. J'aurais aimé leur dire que ce n'est pas si mal. Peut être qu'ils ne seraient pas en colère quand ils le découvriraient.
Mais il était clair qu'il n'aurait jamais la chance de dire au revoir. Voldemort brandit sa baguette, Harry soupira et ferma les yeux-finalement c'est là que ça s'arrête- et-…
« Non ! Maître ! Vous ne pouvez pas ! »
Les yeux d'Harry s'ouvrirent soudainement alors qu'un brouhaha s'éleva dans l'entrée du hall. Voldemort recula, furieux de cette interruption, et fit signe aux Mangemorts de traîner Harry hors du passage pendant qu'un autre passa à travers le groupe. « Que signifie tout ceci ? »
Le Mangemort nouvellement arrivé s'agenouilla maladroitement et posa sur le sol un grand objet avant d'embrasser le bas des robes de Voldemort. Sa voix tremblait « Pardonnez-moi, Maître. Pardonnez-moi ! Je devais vous avertir de ne pas tuer le garçon ! Cela causerait votre perte ! »
Voldemort, qui semblait sur le point de punir le Mangemort, fit une pause. « Lève-toi et explique toi. »
Le Mangemort se releva, recula tout en gardant la tête baissée. « Maître, j'ai obtenu des informations vitales pour vous. J'ai la conclusion de la prophétie ! »
Les autres sorciers murmurèrent entre eux alors qu'Harry réalisa, avec une horreur glacée, ce que l'objet sur le sol était. La Pensine de Dumbledore. Comment un Mangemort avait-t-il pu l'obtenir ? La seule autre personne qui savait était…
« Mon serviteur loyal, je pense que des présentations s'imposent. » ronronna Voldemort, calmé par l'information nouvellement arrivée. « Voyons comment le jeune Potter réagit à l'identité de mon informateur. »
Le Mangemort s'inclina à nouveau. « A vos ordres, Maître ». Harry fronça les sourcils maintenant que la voix ne tremblait plus, elle semblait familière. Le Mangemort se retourna pour lui faire face et retira son masque, révélant un grand nez crochu et des cheveux noirs gras. Avec des yeux sombres haineux, son visage cireux était empreint d'un rictus que chaque élève de Poudlard connaissait. « Bien, M. Potter. Je suis ravi de finalement avoir la chance de vous rencontrer en dehors de ma vie professionnelle. »
Une fureur blanche envahit Harry, rendant sa cicatrice brûlante. Jusqu'à maintenant, il n'avait jamais imaginé être capable d'haïr quelqu'un plus que Voldemort. Il n'avait jamais imaginé être capable d'haïr quelqu'un autant ! S'il y avait quelqu'un d'autre que moi responsable de la mort de Sirius…
« Je le savais ! » cracha t-il avec sa voix éraillée.
La salle de réunion explosa dans un rire, de Voldemort et de ses Mangemorts. Severus Snape, masque à la main, était en fait le seul qui ne riait pas, par contre son rictus s'élargissait. « Je vous demande pardon, Maître » dit-il ironiquement sans quitter Harry des yeux. « Il apparaît que j'ai été négligent sur mon déguisement. »
Ceci amusa Voldemort encore plus, et il répliqua « Je te pardonne cela, Severus, puisque l'on peut seulement dissimuler notre vraie nature. Je ne te punirais pas d'avoir échoué à cajoler Potter comme le reste des laquais pathétiques de Dumbledore. » Maintenant ce fût lui qui arborait un rictus. Harry serra les dents. « Peut être que maintenant tu vas nous révéler la prophétie. »
Snape se retourna et prit la Pensine. Les Mangemorts resserrèrent leur prise sur les bras d'Harry alors qu'il se débattait instinctivement. Peut être pouvait-il la renverser…sans succès. Lucius Malfoy fît apparaître des cordes et attacha Harry. « Dumbledore vous faisait confiance, salaud ! » cria Harry. Pourquoi n'a-t-il pas vu ce que vous étiez, comment vous traitiez les autres-quel idiot !
Son visage ne quittant pas cet horrible rictus, Snape tapota la Pensine. « Vous avez relativement raison, M. Potter. Dumbledore me faisait confiance, assez pour me révéler la seule autre localisation où était gardée la prophétie dans sa totalité. »
Voldemort fronça les sourcils, et Snape eut un mouvement de recul. « Dois-je penser que tu l'as déjà regardé, Severus ? »
Snape s'inclina très bas, faisant espérer malicieusement à Harry qu'une punition pouvait toujours revenir sur le tapis. « Je ne voulais pas prendre le risque que la Pensine soit perdue ou endommagée pendant ma fuite, Maître. »
Lentement, le mage noir hocha la tête, même si Harry ne pouvait pas dire si Snape avait échappé à sa colère. A en juger par la façon dont il transpirait, Snape non plus. « Est-ce que le garçon sait ? »
« Je ne peux le dire, Maître. Dumbledore ne me l'a pas dit, mais mon expérience me suggère que non. Il est très soucieux de protéger les enfants, Potter par-dessus tous. »
« Lucius, Bella et moi avons tenté de le découvrir depuis quelques temps. Potter n'a rien dit. »
« Vraiment ? » Snape leva un sourcil moqueur en direction d'Harry. « Je suspecte alors qu'il ne sait rien Le garçon n'est pas si fort que ça. »
Là-dessus, Snape fit un signe de sa baguette, et la silhouette argentée de Sybill Trelawney flotta devant eux. Tous les Mangemorts se penchèrent en avant.
Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche…il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois…et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore…Et si l'un ou l'autre devrait mourir de la main de l'autre, l'un ne pourrait vivre si l'autre meurt…Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois…
Harry était bouche bée. Heureusement, la plupart des autres aussi. Voldemort fixait Harry. Snape déclara de derrière le mage noir « Vous êtes irréversiblement connecté à lui, Maître. Le tuer vous détruirait. »
« Mais le garçon a toujours le pouvoir de le tuer. » protesta un autre Mangemort.
« Ca dit ῞vaincre῞, pas tuer »répondit un autre. « Qu'est-ce que ça signifie ? »
Bellatrix Lestrange eut un rire satisfait, ébouriffant les cheveux de Snape. « Donc on va devoir trouver un autre moyen pour garder le garçon sous contrôle, visiblement. »
« Vous pouvez le posséder, Maître, n'est-ce pas ? » suggéra Lucius. « Ca le neutraliserait certainement. »
« C'est dangereux, » répondit Snape. « Et quel est donc ce pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore ? »
Bellatrix pointa sa baguette sur Harry. « Pourquoi ne pas lui demander ? »
Snape renifla. « Malgré son arrogance de Potter, je doute qu'il le sache. Il est vraiment plutôt idiot lorsqu'il s'agit de comprendre la magie. »
Un autre Mangemort leva les bras au ciel « Quelque chose doit être fait, Maître. Si on ne peut pas tuer le garçon, il doit être gardé là où il ne pourra pas nous toucher et où les partisans de Dumbledore ne pourront pas l'atteindre. »
« Silence. » Voldemort fit un geste de la main vers le Mangemort qui parlait, et alors le seul son audible fût le glissement de Nagini se déplaçant sur le fauteuil désormais vide. Harry regardait, la confusion surpassant toutes les autres émotions. Que s'était-il passé ? Qu'est-ce que la proph-il se retint et effaça ce trait de pensée. Heureusement, Voldemort était toujours en train de contempler la Pensine. Mais était-il autant chanceux du fait que Voldemort ne comptait plus le tuer ? Harry en doutait.
« Severus, » dit Voldemort. « Ton plan m'a bien servi aujourd'hui. Que penses-tu ? »
Snape se déplaça négligemment en direction d'Harry, le fixant, pensif. Harry cracha vers lui. Les Mangemorts ricanèrent. Après un moment, il dit, sarcastique : « Dites moi, M. Potter, qu'est-ce que j'obtiens si je mélange de la poudre de racine d'asphodèle à une infusion d'armoise ? »
Harry se glaça. Non…oh non… Ils voulaient le garder vivant, mais piégé, et impuissant. NON !
Il savait ce à quoi Snape pensait, évidemment. Il n'avait jamais oublié cette question.
Ou la réponse.
Les Mangemorts se mirent à rire alors qu'Harry tentait de s'écarter à nouveau, la peur peinte sur son visage. Les yeux rouges de Voldemort passaient d'Harry à Snape. « Bonne suggestion, Severus. »
« Nous allons avoir besoin d'un endroit pour le cacher, Maître. » lança Lucius Malfoy, alors qu'il hochait la tête en signe d'approbation. « Où l'Ordre de Dumbledore ne pourra pas l'atteindre. »
Harry essaya de se dégager encore plus fort, et Rookwood vint enrouler son bras par derrière autour de son cou.
Voldemort étudia les suggestions, et dit finalement « Lucius, trouve un endroit où le garçon pourra être…laissé de côté… » il sourit à Harry «…de façon permanente. Crabbe, Goyle, obtenez l'asphodèle et l'armoise pour Severus. Severus, toi et Bella allez venir avec moi, pour préparer une sécurité supplémentaire. Gardez le garçon ici. »
Et ils quittèrent la pièce, laissant Harry toujours attaché et retenu par trois Mangemorts, alors que son cœur battait de plus en plus vite. S'ils ne pouvaient pas le tuer, ils allaient l'emprisonner quelque part où il ne pourrait pas être trouvé et où ils allaient le forcer à dormir…pour toujours.
Harry n'avait aucune idée de combien de temps était passé pendant qu'il attendait avec les Mangemorts restants que le plan de Voldemort et de Snape soit mit en action. Le fait est qu'il s'était endormi. L'idée le frappa que c'était plutôt idiot de se sentir fatigué alors que c'était possible qu'il passe le reste de sa vie à dormir. Snape avait fait écrire aux premières années un devoir détaillé sur la Goute du Mort Vivant pendant leur seconde semaine
Quelque temps plus tard, il s'était nettement bien réveillé et les Mangemorts portèrent leur attention par un lourd fracas dans un couloir annexe. La vue du nuage de poussière et de Mangemorts en train de courir fit accélérer le cœur d'Harry d'anticipation, mais Lucius Malfoy émergea en s'époussetant. Son ricanement froid disait à Harry bien trop clairement qu'il n'y avait aucun secours à attendre.
Harry lança un regard noir alors que Snape et Bellatrix suivaient Voldemort dans la chambre, Snape portant une grande torche ornée. « Rapport, Lucius. » dit Voldemort.
« Tout est prêt comme vous l'avez ordonné, Maître, la Goute est prête. »
« Et ta tâche ? »
« Finie, Maître. » Malfoy fit un signe vers le couloir où la poussière ne s'était pas encore dissipée.
Snape se tenait debout avec Crabbe et Goyle, inspectant une fiole de potion d'un noir de jais. Harry se força à rester calme. S'il se débattait, ils le tiendraient plus fort encore et il savait qu'il n'aurait qu'une chance de se ruer hors de là. « La Goute, Severus ? »
« Parfaite, Maître. La torche n'attend que votre sort. Et le sang de Potter. »
Toujours mon sang, pensait Harry.
Voldemort dégaina sa baguette et marcha à grands pas vers la torche éteinte, faisant signe à Rookwood d'amener Harry. Bellatrix tendit au mage noir un couteau, et attrapa rudement le bras d'Harry. Voldemort tourna la paume d'Harry vers le haut, et avec le couteau, il dessina une coupure nette, faisant siffler Harry de douleur alors que le sang coulait de la coupure. Puis Voldemort, à la surprise d'Harry, se coupa sa propre paume. Harry remarqua que bien que le mage noir semblait plus un monstre qu'un humain, son sang était toujours rouge.
Voldemort fit graviter la torche vers le côté opposé d'Harry, puis dit à Bellatrix et Rookwood : « Maintenant. »
Les deux Mangemorts poussèrent la main ensanglantée d'Harry contre la coupe de la torche alors que Voldemort fit de même. Le mage noir lança une incantation, et la torche s'enflamma. Harry fixa le feu avec surprise – il était vert émeraude, comme un feu de Cheminette, mais plus sombre.
Les yeux de Voldemort allèrent de la flamme verte vers les yeux d'Harry. « Et maintenant une autre forme de magie nous unit, Potter. Avec la torche, tu seras toujours lié à moi. Même quand tu seras enfermé loin pour longtemps. »
« Est-il sûr de garder la torche ici, Maître ? » demanda Snape, presque humblement. « Si les gens de Dumbledore venaient à la trouver, cela les mènerait à coup sûr à Potter. »
« Nous allons l'enfermer avec. » répliqua Voldemort. « Je n'aurais pas à savoir s'il est réveillé. Tes potions s'en sont assurées. »
Snape courba la tête, semblant soulagé. « En effet, Maître. » Visiblement, faire des suggestions à Voldemort était une affaire risquée. Harry souhaitait seulement qu'il pourrait voir Snape cafouiller et se faire punir.
Mais là il avait un plus gros problème.
Voldemort souriait cruellement alors qu'il se retournait vers Harry. « Désormais tout ce qu'il reste à faire est de te dire bonne nuit, Potter. »
Harry sût que c'était maintenant ou jamais. Il s'affaissa contre l'étreinte de Bellatrix et de Rookwood, comme en signe de défaite. Ils rirent, et se penchèrent en avant pour le redresser sur ses pieds, et il enfonça son coude dans l'estomac de Bella aussi fort qu'il put. Déstabilisée, elle se plia en deux avec un hoquet sifflant, et Harry tira d'un coup sec son bras de son emprise, et balança son poing dans la gorge de Rookwood, forçant l'homme à le relâcher également.
Il était libre ! Harry se retourna brusquement et agrippa la baguette d'une Bella encore titubante, victime de haut-le-cœur, et se jeta dans le tunnel alors que Voldemort s'écriait « Arrêtez-le ! »
« Impedimenta ! » hurla Harry, braquant la baguette volée par-dessus son épaule, sans s'arrêter de courir. Il esquiva un Stupefix de Snape qui toucha Queudever à la place, et évita un sort de désarmement. Il lançait n'importe quels sorts auxquels il pouvait penser dans toutes les directions. Jetant un regard derrière lui, il vit qu'un de ses sorts lancés au hasard devait avoir touché Snape et il avait dû tomber devant les Mangemorts qui le chargeaient, faisant trébucher plus de la moitié d'entre eux.
J'espère que Voldemort vous maudira jusqu'à Oblivion pour ça ! pensa Harry, mesquin.
Il redoubla de vitesse dans le tunnel. Voyant plusieurs autres robes noires le pourchasser, il vira dans le couloir le plus proche et s'engouffra à l'intérieur, désespéré de trouver un moyen de sortir d'ici. « Montre-moi ! » chuchota-t-il à la baguette.
Elle le mena au fond du couloir vers un nouveau virage, s'ouvrant dans un tunnel encore plus étroit. Celui là était calme, et Harry ralentit son allure et marcha, tapotant le mur d'une main, à l'écoute du moindre pas qui approcherait. Rien. Expirant doucement, Harry avança lentement, et la baguette lui pointait un autre virage.
Par la barbe de Merlin, cet endroit est vrai un labyrinthe ! pensa t-il, complètement confus d'où il était. Est-ce que ce repaire de serpent avait une sortie ? La baguette se tourna à nouveau, et il se trouva dans un nouveau couloir ouvert. Il longea le mur, osant à peine respirer. Puis quelques marches, et il plongea dans un passage étroit.
Celui-ci était le plus étroit. Des serpents de pierre ornaient les murs et le plafond jusqu'à ce que le tunnel ne se finisse dans ce qui semblait être un vide noir. « Lumos » chuchota Harry, pointant la baguette vers l'ouverture.
La lumière révéla rien de plus qu'une chambre confinée à peine asse large pour s'y tenir debout. Harry fronça les sourcils – quel était donc ce cul-de-sac qui avait trouvé ? Ca ressemblait à une…tombe.
« Ohhh…merde ! »
« Langage, Potter, langage ! »
Harry se retourna vivement, mais le sort de désarmement envoya la baguette de Bellatrix directement voler vers sa main. « Prenez-le ! » entendit-il Voldemort ordonner, et pas moins de six Mangemorts chargèrent Harry alors que Snape sortait la fiole de potion noire.
« Ne jamais faire confiance à une baguette ennemie, Potter » siffla Bellatrix dans son oreille pendant qu'elle et les autres poussaient Harry vers l'entrée.
« Lâchez-moi ! LACHEZ MOI ! » s'époumonait Harry, alors qu'il luttait comme jamais il ne l'avait fait dans sa vie. Il donnait des coups de pied, balançais ses poings, griffait et même mordait, et les Mangemorts s'entassaient juste sur lui jusqu'à l'immobiliser sur le sol.
« Prenez la torche ! » entendit-il quelqu'un crier, et il sentit passer une lueur furtive au dessus de sa tête, mais il était trop occupé à lutter pour y réfléchir.
« Tenez-le ! » ordonna Snape, et Harry tint sa bouche fermée. « Retournez-le ! »
Des mains agrippèrent sa tête et la forcèrent à se tourner pour faire face à Snape.
Non ! Non ! Harry n'osait pas ouvrir la bouche, mais grognait et se débattait contre les efforts mis en œuvre pour lui ouvrir les mâchoires. Mais il y avait tout un groupe de Mangemorts qui le plaquaient au sol, et même dans son désespoir, il n'était simplement pas assez fort pour rejeter le poids de tant d'adultes déterminés. Petit à petit, ils commencèrent à forcer sa bouche à s'ouvrir, et bien qu'il mordit plusieurs doigts, ils étaient simplement trop nombreux.
Non . S'il vous plait, non…que quelqu'un vienne…des Aurors…Dumbledore…n'importe qui…s'il vous plait…AIDEZ MOI !...
Harry ne voyait rien, les mains qui le tenaient obscurcissaient sa vision, mais dans une vague d'indescriptible désespoir, il sentit du liquide couler entre ses dents et il sentit le goût de quelque chose d'infect sur sa langue. Il toussa et s'étouffait, tentant de recracher la potion, mais elle continuer à s'écouler dans sa bouche, et soudainement, ses mâchoires furent forcées de se refermer, autour d'une gorgée de cette chose ! « Mmmf ! » Il se débattait et gigotait, mais il ne pouvait pas ouvrir sa bouche pour recracher, et ne pût retenir son souffle plus longtemps.
« Quel est le délai ? » entendit-il Voldemort.
« A tout moment, maintenant, Maître ! » répondit Snape.
Gulp ! Son corps avait pris le contrôle sur lui, et le cœur d'Harry se fit lourd de désespoir alors que les Mangemorts rugirent de triomphe. « Combien de temps ? » demanda l'un d'entre eux.
« Moins d'une minute. » répondit Snape.
« Bonne nuit, bébé Potter ! » roucoula Bellatrix.
Les Mangemorts le relâchèrent, mais avant qu'Harry ne puisse même penser tenter à se battre, une fatigue sans nom s'abattit sur lui, le faisant se sentir plus faible qu'il ne l'a jamais été. C'était presque fini. Des mains agrippèrent ses bras et le propulsèrent dans la chambre, qui était uniquement éclairée par la faible lueur verte de la torche « Non… » gémit-il à la pensée d'être enfermé là dedans pour toujours.
« Une fois qu'il sera là-dessous, nous la scelleront, Maître. » dit Snape de derrière lui. La voix se muait étrangement en écho aux oreilles d'Harry. « Entre les sorts de protection et les charmes de dissimulation, même si les Aurors arrivaient à pénétrer cet endroit, ils ne le trouveraient jamais. »
« Il y est presque. » dit la voix de Lucius Malfoy, sonnant comme venir d'un long tunnel. Harry perdit la force de relever la tête. Les flammes vertes semblaient s'assombrir.
« Ton fils n'aura-t-il pas le cœur brisé de ne plus avoir la compagnie de Potter à l'école ? » dit une voix de femme.
« Dévasté, le pauvre enfant ! »
Les rires firent écho comme venant de très loin, et Harry se sentit soulevé et déposé sur le dos près de la torche. Il ne pouvait plus voir la lumière verte des flammes, mais il y avait une lumière plus claire venant de l'entrée de la chambre. Tout son corps se faisait lourd, très très lourd…
« Bonne nuit, Potter. Dors bien ! » Le grincement de la lourde porte de pierre qui se fermait était le dernier son qu'Harry entendit alors qu'il sombrait dans un gouffre de velours noir sans fin.
A suivre…
La prochaine fois : Dans la lutte de l'Ordre contre Voldemort, rien n'est comme il paraît, alors qu'Harry va le découvrir prochainement dans le Chapitre 4 : Lignes floues.
