Disclaimer : HP ne m'appartient pas, toute comme cette fic que je ne fais que traduire. Elle est l'oeuvre de Jocelyn.

Que vous dire, à part merci encore pour vos follow, vos review et pour avoir mis cette traduction en favori ! Votre enthousiasme et votre intérêt me font extrêmement plaisir et c'est très motivant pour continuer !

Je souhaite par ailleurs remercier ma bêta, Manon Ackerman, qui m'a aidée à boucler ce très long chapitre (plus de 9000 mots !).

Sur ce, bonne lecture et n'hésitez surtout pas à me laisser des reviews !


Chapitre 4 : Lignes floues

« Pt. Pr. Ptr. »

C'était comme un grésillement insistant dans les oreilles d'Harry. Il souhaitait que ça s'en aille.

« Pttr. Pottr. Potter ! »

Alors qu'Harry émergeait lentement de l'obscurité, la première chose dont il prit conscience était un chuchotement furieux siffler dans son oreille. « Potter ! Bon sang, réveillez-vous ! Potter ! » En dépit du désir d'Harry de se replonger dans les ténèbres, la litanie ne cessait pas, et il perçut ensuite un horrible goût dans la bouche. Et plus encore, il fallait ajouter qu'il avala instinctivement, trop groggy pour se demander ce que c'était.

« Allez, bon sang ! Réveillez vous, Potter Vous m'entendez ? Debout ! »

Quelqu'un frictionnait vigoureusement ses jambes et ses bras, et ses membres inutilisés picotaient alors que le sang était forcé de les réintégrer. Harry eût envie de dire à cette personne – peu importe qui c'était – de le laisser seul, mais il ne pouvait même pas faire bouger ses lèvres, donc la seule chose qui en sortit fût un léger ronchonnement.

« Par la barbe de Merlin, ce n'est qu'une question de temps. Debout ! »

Maintenant ils giflaient son visage – fort – et tout son corps se faisait secouer. Qui que ce fût, ils respiraient lourdement, et il y avait un tremblement dans leur voix, d'urgence ou de peur. La surface sous sa tête et son dos était incroyablement dure et froide. Harry reprenait très lentement ses esprits, et il parvint à faire fonctionner sa bouche. « Que-»

« Bon sang, Potter ! Ouvrez les yeux ! Il ne reste plus beaucoup de temps ! Pour l'amour de – Potter, réveillez vous ! »

Qui que c'était, il n'allait pas le laisser tranquille. Harry grommela en signe de protestation et, longuement, il réussit à ouvrir ses paupières lourdes. Il y avait une lumière venant d'une lanterne se tenant proche – bien trop de lumière, selon Harry – et quelque chose produisant une lueur verte vacillante. Il y avait une silhouette drapée de noir, avec des cheveux noirs, agenouillé au dessus de lui, frictionnant toujours ses jambes et ses bras et murmurant des invectives furieuses. Harry cligna faiblement des yeux, complètement désorienté, et tourna son regard vers la source de lumière verte.

Ce fût la vue de la flamme verte de la torche qui le fit se rappeler.

Avec un grognement de panique, Harry tituba loin de Severus Snape, mais son corps inutilisé protesta violemment au mouvement, l'envoyant s'étaler au sol de la chambre avec un gémissement. Snape le saisit. « Foutez-moi la paix- » croassa-t-il avec une voix rauque.

« Silence ! » siffla Snape, tenant Harry avec une facilité humiliante. « Voulez-vous sortir d'ici ou non ? »

De surprise, Harry cessa de lutter. « Vous êtes ici pour… »

« Pas le temps ! » Snape le souleva hors de la tombe et le remit sur ses pieds, le rattrapant quand il commença à tomber et mit le bras d'Harry sur ses épaules, entourant sa taille avec son propre bras pour le soutenir. « On bouge ! »

La chose suivante qu'Harry perçut, c'est qu'ils se déplaçaient en une marche titubante dans le tunnel. Il trébucha sur ce qu'il semblait être un grand sac alors qu'ils parcouraient le passage principal d'une démarche chancelante, mais Snape refusait de ralentir. C'était un déplacement lent, avec de grandes chances d'être découverts, mais quelle qu'était la terreur ou l'espoir qu'Harry aurait ressenti dans cette fuite était dominés par le fait que rester conscient nécessitait toute sa concentration, encore moins pour mettre un pied devant l'autre. Snape le trainait pratiquement.

« Comment… »

« Taisez-vous, Potter ! »

Le repaire de Voldemort était étrangement calme. Harry titubait, reposant lourdement sur Snape, alors que la vigilance qu'il avait récupéré dans la chambre commençait à le quitter. « Peux pas…voir… »

« Vous n'avez pas besoin de voir, Potter, vous devez bouger. Si nous sommes pris, c'est fini ! »

Donc Harry continua à marcher en trébuchant, étouffant des plaintes de souffrance causées par la douleur de son corps incroyablement faible. Chaque muscle hurlait en protestation, sa tête le lançait, ses yeux lui piquaient, et maintenant sa cicatrice se rajoutait à toutes ces douleurs. « Pense…il…sait… »

« Bien sûr qu'il sait. La torche… » Snape vociféra un sort et poussa Harry contre un mur, pointant sa baguette d'une main, faisant déraper Harry. Déséquilibré, il réussit à le rattraper, alors que le son de pas pesants l'avertit qu'ils avaient été découverts.

« Snape ! Mais que diable… »

« Avada Kedavra ! »

Le destinataire de sort de Snape n'eut pas le temps de faire plus que glapir avant qu'Harry n'entende le bruit sourd de quelque chose de lourd tomber au sol de pierre. Immédiatement, Snape attrapa ses bras et le remis sur ses pieds, le tirant. Avec une montée de nausée, Harry réalisa que le sac lourd sur lequel il avait trébuché à l'entrée de la tombe devait être un corps. Snape avait tué ces Mangemorts.

Une de ses jambes se déroba sous lui, les faisant basculer. Puis alors que Snape se hâtait de relever Harry, ils entendirent de nombreuses exclamations devant eux. Et, par-dessus tout ce bruit se fit entendre un hurlement de fureur sifflant : « Severussssss ! »

« Oh bon sang… » grogna Snape, et il tira Harry sur le côté vers un autre passage. « Potter, si vous ne pouvez pas courir, nous sommes tous les deux morts. »

« J'essaye. » haleta Harry alors que Snape le tirait sèchement de plus en plus vite à travers les tunnels. Snape lança un sort par-dessus son épaule, il y eut un effondrement assourdissant derrière eux, et Harry entendit Voldemort s'écrier : « Trouvez-les avant que je ne fasse souffrir chacun d'entre vous ! »

Snape continuait à avancer, soulevant pratiquement Harry du sol. « Nous n'avons que quelques minutes avant qu'ils ne reviennent dans ce passage, Potter. Avancez ! »

Harry pouvait à peine entendre à cause du grondement dans ses oreilles, pas plus qu'il ne pouvait réprimer ses gémissements. Il était pris de vertiges, se sentait exténué et malade il ne pensait pas pouvoir rester debout encore longtemps. Quelque chose explosa dans le tunnel juste devant eux.

Les bras qui le soutenaient laissèrent Harry tomber au sol, et il gît là, incapable de bouger. Des sorts étaient lancés, et quelqu'un cria « Severus ! De nous tous…as-tu la moindre idée de ce que le Seigneur des Ténèbres avait prévu pour toi ? »

Quelque part à distance, la voix de Snape répliqua : « La même chose qu'il a toujours prévu pour moi, Lucius. Ce jour a été long à venir. Reducto !

CRASH ! « Après tous les honneurs qu'il t'a montré ces dernières semaines ! Tu es fou ! Stupefix ! »

Avec toute la force qu'il pût rassembler, Harry força sa tête à se lever. Snape et Lucius Malfoy se battaient à travers des nuages de poussière venant de ce que Snape avait explosé. Ils se déplaçaient trop vite pour que son esprit apathique puisse les suivre, mais soudainement la baguette de Snape vola de sa main. Malfoy s'avança. « Je ne vais pas te tuer, Severus. Mettre la main sur Potter et toi et vous livrer tous les deux au Seigneur des Ténèbres pour l'exemple me permettra de me rendre la position qui t'a été donnée et que tu as méprisé. »

Snape était dos au mur de tunnel, et il y avait des bruits de grincements et de rochers qui explosaient dans le tunnel où il a juste déposé Harry. « Contrairement à toi, Lucius, je ne trouve pas que « Caniche en chef » soit une position très gratifiante. »

Serrant les dents, Harry pointa la baguette que Snape lui avait donnée vers le dos de Malfoy. « Expelliarmus ! »

Avec un grognement de surprise, Malfoy alla s'écraser contre Snape, et une bagarre éclata pour la baguette au sol. Au final, ce fût Snape qui s'en saisit, roulant sur le dos alors que Malfoy se dressait au dessus de lui avec un gros rocher, et mugit « Imperio ! ». Harry cligna des yeux de surprise. « Lâche cette pierre, » ordonna Snape. Malfoy obéit. Snape ramassa sa propre baguette et dit « Prends ta baguette, retourne vers les autres, et avertis les que nous avons fait demi-tour vers leur direction. Insiste pour qu'ils établissent une embuscade à l'entrée principale. »

Sans un son, Malfoy prit sa baguette des mains de Snape et se hâta devant eux. Harry tenta de se relever, mais ses membres s'écroulèrent sous lui. Son corps entier tremblait. « Encore…loin… »

« Peut être une centaine de mètres. Debout, Potter, allez ! » Snape mit le bras d'Harry sur ses épaules, passa son propre bras autour de la taille d'Harry et essaya de le hisser, mais cette fois les jambes d'Harry refusèrent tout net d'obéir. « Potter, debout ! »

« J'essaye… » haleta Harry, serrant les dents. Il se sentait si faible. Son cœur battait à tout rompre, et tous ses membres tremblaient. Il se sentait nauséeux. Les murs du tunnel se rapprochaient. Il tomba à nouveau, se retrouvant sur le dos par terre, avec Snape qui tirait ses bras, en vain. Il étouffa un sanglot. « Peux pas…désolé…peux pas… »

« Bien. Arrêtez de tenter de vous débattre. » Un bras se glissa soudainement sous les genoux d'Harry, un autre sous ses épaules, et il se sentit soulevé du sol. Puis un balancement douloureux alors que Snape se mit à courir. « Restez éveillé, Potter. »

« J'essaye » soupira Harry, sa tête roulant contre l'épaule de Snape. Il était tellement fatigué…

Snape avait dû le sentir se relâcher. « Potter ! Restez éveillé ! » Les bras qui le portaient commencèrent à le secouer, tentant de le faire rester conscient.

Mais ça ne fonctionnait pas. Ce lourd sentiment le submergea à nouveau, et il ne pût garder ses yeux ouverts plus longtemps. Le son de la voix de Snape, appelant son nom, se faisait de plus en plus faible, jusqu'à ce que la douleur dans son corps ne le fasse céder, et il sombra dans les ténèbres.


« Directeur, je crois qu'il revient à lui. »

« Par Merlin, merci ! Severus, vous devriez aller vous reposer. »

« Je vais bien. »

« Professeur, il se réveille ? »

« S'il-vous-plait, dites qu'il va bien… »

« M. Weasley, Miss Granger, du calme. Harry n'a pas besoin de tant d'excitation. »

« Harry ? Ouvre les yeux, pour nous, mon chéri. Je sais que tu es fatigué. »

Il y avait un délicieux lit doux sous son dos, et sa tête reposait agréablement sur un oreiller. L'odeur de cet endroit lui était très familière, mais Harry ne pouvait pas encore faire fonctionner assez son esprit pour l'identifier. Les voix autour de lui étaient douces, l'enjoignant doucement à ouvrir les yeux, et la main de quelqu'un était posée à l'arrière de ses cheveux. « Il a une mine horrible. »

« C'était une entreprise sacrément risquée, Severus. »

« Avoir affaire avec le Seigneur des Ténèbres l'est toujours, Lupin. Nous pouvons nous assurer chanceux qu'il s'en soit sorti vivant. »

« Mais le philtre d'asphodèle et d'armoise ! Regarde-le ! »

« Utilise donc ta tête, Lupin, la Goute de Mort-Vivant n'a aucun effet sur le corps ! Le garçon avait la même apparence que maintenant lorsqu'il est apparu dans le repaire de Seigneur des Ténèbres. »

« Severus, Remus, je vous en prie. »

Les souvenirs de ce qu'il s'était passé revinrent à Harry. Il lutta pour ouvrir les yeux. Pouvait-il…était-ce possible…était-il à Poudlard ? A la maison ? Que s'était-il passé ? Il tenta de poser la question à voix haute, mais il ne pût vocaliser plus qu'un léger gémissement du fond de sa gorge.

« Chut, tout va bien, Harry. Tu es à Poudlard. »

Oh ! Quelle façon de se réveiller ! Harry força ses paupières supérieures à s'ouvrir, ressentant un soulagement tellement soudain que c'en était douloureux. Peut-être que tout ça n'était qu'un rêve ! Son regard semblait confus avant que ses yeux ne se focalisent sur les visages de Mme Pomfrey, Professeur Dumbledore et Remus Lupin, et au pied du lit, Ron et Hermione. Harry plissa des yeux à cause de la lumière de l'infirmerie, et le Professeur Dumbledore dit doucement « Peut-être pourrions-nous baisser la lumière, Poppy. »

Mme Pomfrey disparût de la vue d'Harry, mais derrière l'endroit où elle se tenait juste avant, il vit le Professeur Snape.

Snape semblait atterré qu'Harry le regarde, et il quitta rapidement la pièce, mais non sans qu'Harry ne remarque que ses robes noires étaient sales et qu'il y avait du sang séché sur son visage. Il tourna son visage vers Dumbledore, qui avait également vu Snape quitter l'infirmerie. « Qu'est-ce…passé ? »

« Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes, Harry ? »

Harry déglutit fortement. Sa bouche était sèche.

« Tunnel » il murmura. « Voldemort. » Plusieurs personnes frissonnèrent en entendant le nom « Snape… »

Dumbledore se rapprocha d'Harry et mit sa main sur celle d'Harry. « Nous devons tous, chacun d'entre nous, toute la gratitude possible au Professeur Snape, Harry. C'est lui qui s'est introduit dans le bastion de Voldemort pour te sauver. »

Là, ça, c'était une pensée bizarre. Harry voulût demander ce qu'il s'était exactement passé il semblait incapable de distinguer les rêves de la réalité, mais ses yeux se refermaient d'eux-mêmes, et il ne pouvait juste pas les rouvrir. « Je suppose…lui dire…merci… »

Quand il se réveilla ensuite, des voix s'élevaient près de son lit, et il ouvrit les yeux pour trouver Mme Pomfrey penchée au dessus de lui. Il tenta de parler, mais sa gorge était trop sèche. « Vous avez soif ? » demanda-t-elle. Harry ferma les yeux et acquiesça d'un hochement de tête. « Molly, vous voulez bien ? »

Harry entendit un reniflement, puis Mme Weasley l'aida à s'assoir pendant que Mme Pomfrey lui donna un verre d'eau. La sensation dans sa gorge était merveilleuse, même s'il était mortifié de découvrir qu'il ne pouvait pas garder ses mains autour du verre, ce qui voulait dire que Mme Pomfrey dût le tenir pour lui. Ceci fait, Mme Weasley s'assit sur le coin du lit et prit Harry dans ses bras. « Oh, Harry… ». Elle semblait sur le point de craquer, et se retenait manifestement de ne pas fondre en larmes.

Il se reposa contre elle, et laissa ses yeux fermés. « Désolé » murmura-t-il. « Sais pas pourquoi…si fatigué…pense que j'ai dormi un bon moment… » Le son de plusieurs sanglots étouffés l'obligèrent à lever le regard. Tentant de garder les yeux ouverts, il regarda ses amis avec insistance.

Chaque personne autour du lit semblait pâle et fatiguée, mais maintenant qu'Harry y réfléchissait…Ron et Hermione semblaient vraiment extenués ! Leurs visages étaient pâles, les yeux rougis, et bien plus minces que dans ses souvenirs. Ils s'étreignaient pratiquement de soulagement. Remus Lupin avait l'air plus hagard qu'Harry ne l'avait jamais vu. Même le Professeur Dumbledore semblait las. Le visage de Mme Weasley était très crispé, comme si une part d'elle-même s'était érodée. Harry tenta, en vain, de s'assoir seul, donc il se contenta de s'appuyer contre Mme Weasley. « Combien de…combien de temps je suis parti ? Je me souviens de la Goute…combien de temps Voldemort m'a fait dormir ? »

Il était trop fatigué pour être ennuyé des regards apeurés qu'ils s'échangèrent tous. Remus vint s'assoir de l'autre côté du lit et mit sa main sur l'épaule d'Harry. « Un bon moment, Harry. Tu vas avoir besoin de te reposer pour reprendre des forces. »

« Combien de temps ? » demanda-t-il à nouveau. Mme Weasley resserra sa prise sur lui.

Il sentit le lit bouger, et Harry réussit à centrer son regard sur Hermione. Ron était derrière elle, ses mains sur ses épaules. « Voldemort t'a pris en juillet. » commença-t-elle doucement, tout en lissant les couvertures. « Le lundi après la fin des cours. Maintenant on est en septembre. Le samedi 3 septembre. Le festin de début d'année était il y a deux jours. C'est là que Snape t'a sorti de là. » Elle sourit faiblement, même si ses yeux rougies se remplissaient de larmes, et ses lèvres tremblaient. « Donc…je suppose que ça fait à peu près deux mois. Ca faisait plus long, cela dit. » Sa voix montait progressivement dans les aigus et, derrière elle, les yeux de Ron étaient très rouges.

Harry était consterné, pas tellement par le temps qu'il s'était passé que par la réaction de ses amis. Mme Weasley le tenait encore contre elle avec une main, mais avait levé l'autre pour couvrir sa bouche afin d'étouffer ses sanglots. Remus ne pût le regarder plus longtemps, mais ses épaules tremblaient.

« Désolée ! » couina Hermione, la respiration saccadée. « C'était juste…dur. » Puis elle craqua et fondit en larmes, et Ron s'assit sur le lit à côté d'elle et la prit dans ses bras, donnant à Harry un faible sourire.

Le Professeur Dumbledore s'approcha du lit et mit une main sur chacune de leurs épaules. « Nous ferions mieux de ne pas fatiguer Harry plus longtemps. Il va avoir besoin de temps pour se remettre. » Voyant la rébellion sur leurs visages, il ajouta « Et bon nombre des amis d'Harry sont de retour dans les dortoirs et attendent des nouvelles. »

Avec des soupirs simultanés, Ron et Hermione s'en allèrent. Harry les regarda avec sa tête toujours sur l'épaule de Mme Weasley. Il entendit le professeur Dumbledore dire « Harry doit dormir, maintenant. Il est passé par de terribles moments. » Il sentit vaguement Mme Weasley et Remus l'installer doucement sur l'oreiller. Le pire était qu'Harry voulait désespérément soulager leurs esprits, leur dire que tout allait bien, les supplier de ne pas pleurer…mais sa tête était lourde et il ne pouvait plus trouver la force de la relever. Cela semblait tellement étrange…le sentiment d'avoir manqué tellement de choses. Il se rappelait de souvenirs, quoique…il avait pensé que Snape avait été un rêve. Quelle partie de Snape étant un Mangemort était réelle ? Il n'était pas certain. Et, il y avait d'autres choses, des choses dont il n'était pas sûr qu'elles soient des souvenirs de la vraie vie ou des rêves.

S'agitant sur l'oreiller, il força ses yeux à rester ouverts encore un peu. « Remus ? »

« Oui, Harry ? » Lupin vint rapidement auprès de lui en tenant sa main. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

Harry déglutit. « Sirius. » Le visage de Lupin s'affaissa, donnant la réponse à Harry, mais il posa la question quand même. « N'était pas…un rêve…n'est-ce pas ? »

Remus secoua la tête, serrant la main d'Harry. « J'aurais aimé que ça le soit Harry. J'aurais aimé. »

Ca avait été un espoir formidable, une façon de finir entièrement ce cauchemar pour de bon, pour voir ce chien noir venir en bondissant, aboyant et jappant, et touchant la main d'Harry avec son museau froid…Harry ferma les yeux. C'était une idée douloureuse pour s'endormir, mais il ne pût rester éveillé plus longtemps.


La paix et le silence ne semblaient jamais accompagner Harry très longtemps. Quand il se réveilla quelques temps plus tard, l'aile de l'infirmerie était calme et sombre. Il n'était pas sûr de ce qui l'avait réveillé, mais il se sentait un peu mieux, plus frais, comme s'il avait dormi avait dormi plutôt d'avoir été dans un état comateux. Il tentait juste de rassembler son énergie pour s'étirer un peu lorsqu'il entendit des pas venir vers le lit.

Des pas furtifs.

Harry ferma les yeux rapidement alors que les pas se rapprochaient, et avança discrètement vers la table près du lit, priant que sa baguette y soit. Et si Voldemort l'avait encore ? Mais là ses doigts se refermèrent sur le bois souple, et il manqua de soupirer de soulagement. Il la glissa sous les couvertures et fit semblant de dormir alors que les pas s'arrêtèrent autour du lit.

« Pathétique foutu Potter. Il n'a pas l'air si fort maintenant, hein ? »

Malfoy ! Pourquoi n'était-il pas surpris ? « Et maintenant, Draco ? » Harry reconnût la voix de Crabbe.

« J'sais pas. Peut-être commander à son oreiller de lui manger sa tête ? » Clink !

« Chut ! Goyle ! Pomfrey va entendre ! »

« C'est sa chouette ? »

« Ouais ». Des ricanements ! « Je vois bien un réveil difficile. Silencio ! Un message d'adieu de mon père-il va se réveiller avec des morceaux de sa chouette dans son lit ! »

Harry se redressa d'un séant, dégaina sa baguette. « Expelliarmus ! » La baguette de Draco vola, et Crabbe et Goyle poussèrent un cri de surprise. Hedwige battait des ailes frénétiquement et hululait silencieusement grâce au sort de Draco. « Garde tes sales pattes loin de ma chouette, Malfoy ! » menaça Harry.

« Par tous les saints, qu'est-ce qu'il se passe ici ? » Les exclamations de Mme Pomfrey envoyèrent Draco rattraper sa baguette avec précipitation, et les trois Slytherins se bousculèrent à travers la porte. « Harry, qu'est-ce que… »

« Une petite visite de Malfoy » grogna Harry, tentant de cacher son étourdissement alors qu'il levait le sortilège de silence sur Hedwige. La chouette atterrit sur son lit et mordilla son oreille anxieusement, et il se recoucha sur l'oreiller.

Mme Pomfrey, bien consciente de l'inimitié Gryffondor-Slytherins qui était presque incarnée en Harry et Draco – au vu des résultats de leurs nombreuses confrontations les dernières années – grogna légèrement. « J'aurais dû m'y attendre. J'espère seulement que je n'aurais pas à le soigner dans les quelques minutes qui suivent. »

« Je l'ai juste désarmé quand il a menacé ma chouette. » répondit un Harry irritable.

« Bien, je ferais un rapport là-dessus. » déclara Mme Pomfrey. Maintenant, retour au lit, M. Potter. La convalescence après une Goute de la Mort-Vivant prend déjà assez de temps sans que vous ne vous épuisiez vous-même. »

Harry acquiesça, bâilla et se remit sous les couvertures. « Mme Pomfrey, quel jour sommes-nous ? »

« Il est à peine dimanche, autour de minuit. Si vous vous tenez bien et que vous vous reposez, vous pourriez ne pas manquer toute la première semaine ! »


Lorsqu'il se réveilla à nouveau, on était en pleine après-midi, et toujours dimanche, à son grand contentement. Ron, Hermione, Remus et Mme Weasley se tenaient encore près de lui, et Harry se crispa instinctivement en entendant le son de la voix de Snape, en conversation avec Mme Pomfrey.

« Maintenant combien de temps a-t-il eu avant que vous n'essayez de le déplacer ? »

« Environ dix minutes après que j'eusse administré l'antidote. »

« Severus ! Honnêtement... »

« Le Seigneur des Ténèbres pouvait sentir qu'il reprenait conscience en quelques secondes, Mme Pomfrey, mieux valait un rétablissement long que pas de rétablissement du tout si nous avions été capturés ! »

« Combien de temps a–t-il été conscient après ça ? »

« Je ne suis pas précisément sûr. Moins de cinq minutes. »

« Severus, pourriez-vous être encore moins précis ? »

« J'étais quelque peu distrait – n'y pense même pas, Lupin. »

« Penser à quoi, Severus ? »

« J'ai fait ce qu'il fallait pour empêcher le Seigneur des Ténèbres de gagner cette guerre, et pour aucune autre raison. »

Harry força ses yeux à s'ouvrir, curieux de ce qu'il entendait. Ron, Hermione, Mme Weasley et Mme Pomfrey étaient trop occupés à ne rien manquer de l'échange pour remarquer qu'il était réveillé. Snape semblait plutôt hostile, mais Lupin avait l'air de s'amuser.

« Pas d'autres raisons, Severus ? »

Snape croisa les bras et déclara d'un air renfrogné « Pas du tout. »

Lupin sourit « Pas même pour sauver une vie innocente ? »

Snape baissa les bras. « Très bien, Ô-Bon-et-Gentil-Loup-garou (Lupin gloussa), je confesse : n'écoutant que mon cœur, j'ai volé droit dans le repaire du Seigneur des Ténèbres pendant que lui et ses sbires étaient dehors, attaquant des Aurors, pour extraire de là le garçon et porter son poids mort jusqu'à Poudlard, jetant à plat ma couverture comme agent double et rompant une de nos lignes de renseignements les plus cruciales. Ne me remercie pas ! »

Remus ne perdit pas son sourire, mais croisa les bras et répondit doucement « Je suis désolé, Severus. Tu es un excellent dissimulateur, mais tu ne m'as pas fait dévier de mon objectif. Peu importe à quel point tu clames être indifférent, à quel point tu tentes d'être détestable, tu ne me dissuaderas pas d'éprouver de la gratitude pour toi, du fond du cœur. Merci d'avoir sauvé Harry. »

Avec un grognement dégoûté, Snape sortit de l'infirmerie d'un pas raide. Remus échangeait des légers rires avec Mme Weasley et Mme Pomfrey lorsque Ron se retourna et jeta un regard vers le lit. « Harry ! »

Mme Weasley et Mme Pomfrey se retournèrent, et les quelques minutes suivantes furent une agitation sans nom qui lui tomba dessus, jusqu'à ce qu'il puisse les convaincre qu'il n'allait pas défaillir s'il était autorisé à s'assoir. Une fois qu'ils arrêtèrent de retaper l'oreiller, de le soutenir, et de l'harceler pour qu'il mange, Remus et Mme Weasley s'assirent de chaque côté du lit, et Ron et Hermione se tenant au pied du lit à nouveau. Remus remarqua qu'Harry regardait dans la direction qu'avait prit Snape en partant. « Ne t'occupe pas de lui, Harry. Malgré son tempérament exécrable, il était aussi désespéré que nous de te sortir de là. »

Harry remua la soupe que Mme Pomfrey lui donna. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Après Privet Drive ? »

Ron et Hermione échangèrent un regard. « On savait que tu voudrais savoir, donc on a gardé tous les articles de la Gazette du Sorcier – sur toutes les choses importantes, en tout cas » dit Ron. « Hermione les a toutes rassemblées en un livre. »

« Et…quand tu te sentiras mieux, » poursuivit Hermione, « on a gardé un journal. Comme ça tu peux voir… » Elle rougit en voyant l'expression étonnée d'Harry.

« Tu veux dire comme le journal de Tom Jedusor ! »

« Ce n'est pas dangereux ! » répondit Hermione hâtivement. « J'ai parlé de ça avec le professeur Dumbledore. Les sorciers peuvent faire des journaux qui peuvent les emmener dans les pages pour se rappeler de choses qui sont arrivées, plus ou moins comme des vidéos sans caméras. » expliqua-t-elle. « Tu veux qu'on aille te les chercher ? »

Harry acquiesça lentement, et ils bondirent et se hâtèrent hors de l'infirmerie. Une fois partis, il dit à Remus « Je ne comprends toujours pas comment Snape…a fait ce qu'il a fait. La nuit où Voldemort m'a enlevé…il était un Mangemort. »

« Professeur Snape, Harry. » le reprit Remus. Il sourit, mais sa voix était ferme. « Maintenant, plus que jamais, il mérite ton respect. Je suis certain que si tu n'avais pas eu autant de choses importantes en tête, tu l'aurais remarqué. Severus était un espion. »

Harry se rassit contre les oreillers retapés, digérant la nouvelle. C'était logique : l'insistance à toute épreuve de Dumbledore que Snape était digne de confiance, Snape qui ramène la Pensine contenant une prophétie altérée pour éviter que Voldemort ne tue Harry, Snape conseillant une potion pour le maîtriser, et Snape sachant quand Voldemort serait absent afin qu'Harry soit secouru.

Et Snape provoquant Sirius au point qu'il se rua au Département des Mystères et se fit tuer. « Je ne comprends pas, » soupira Harry. « Tout le monde savait qu'il avait été un espion après la chute de Voldemort la première fois. Comment a-t-il pu y retourner ? »

« Severus jouait un jeu d'agent double. Voldemort croyait qu'il espionnait Dumbledore. » Remus grimaça. « Même si Severus a souffert après le retour jusqu'à ce qu'il parvienne à convaincre Voldemort qu'il était toujours digne de confiance. »

« C'est pourquoi il a apporté la prophétie, » réalisa Harry. « Pour que Voldemort pense… »

« Exactement, Harry. » Remus mit la main sur l'épaule d'Harry, rencontrant son regard. « Tu n'as pas à aimer le professeur Snape » dit-il doucement, « Je n'aime pas le professeur Snape. » Harry sourit faiblement. « Mais il est de ton côté, et on lui doit tous cela. Il a risqué sa vie plusieurs fois pour nous apporter certaines informations. Et je ne parle même pas de ce qu'il a risqué pour te sauver. »

Harry était retourné par tout ça, et Mme Pomfrey dit « Vous vous sentez mal, Harry ? »

« Peut être un peu » répondit-il. « Je suppose que ça fait un moment que je n'ai pas vraiment mangé. »

« Vous n'avez peut être pas beaucoup d'appétit, mais vous devriez essayer. » Elle reprit le plateau avec la soupe à peine touchée.

Sur ce, Ron et Hermione revinrent, avec le professeur Dumbledore derrirèe eux. Ron tenait ce qui semblait être album, et Hermione, un livre plus petit. « Bonjour, Harry, » dit le professeur Dumbledore. « Tu sembles en meilleure forme. Comment te sens-tu ? »

« Mieux » répondit Harry. Pour une certaine raison, voir le professeur Dumbledore lui donna cette même sensation drôle, qui le remuait de penser que Snape était son sauveur. C'était comme si il ne savait pas quoi penser. La dernière fois qu'il avait vu Dumbledore – sauf depuis le souvenir confus et à peine conscient qu'il a de son réveil – ils étaient sur le gazon de Privet Drive. « Professeur Dumbledore…qu'est-il arrivé à Dudley et ma tante ? »

L'expression enjouée de Dumbledore disparût comme neige au soleil, son regard devient triste. Il attrapa une chaise à côté du lit, et Remus se poussa pour lui laisser la place. Harry aurait aimé qu'il ne le fasse pas. « Ta tante et ton cousin sont sains et saufs. Je suis terriblement désolé pour ton oncle Vernon. »

La poitrine d'Harry devint lourde, rendant sa respiration difficile. Il ne savait pas non plus quoi penser par rapport à oncle Vernon non plus, mais de toutes les émotions qui le traversaient, la culpabilité était de loin la plus vive. Il croisa les bras et baissa le regard sur les couvertures du lit. « Je n'ai pas pu…le sortir de là à temps. On a trop attendu. » Ils ne m'ont jamais voulu parce que tante Petunia savait que quelque chose comme ça allait arriver. Elle essayait juste de protéger sa famille. Au final elle avait raison. Je ne leur ai rien apporté, à part ce désastre.

Des doigts chauds attrapèrent son menton, l'obligeant à relever son regard. Dumbledore croisait à peine ses yeux, pour des raisons qu'Harry comprenait, mais la tendre compréhension dans les yeux du directeur lui fit monter une boule dans la gorge. « Harry. Ce qui est arrivé à ton oncle n'était pas de ta faute. Petunia Dursley n'était peut être pas heureuse de la perspective de t'héberger, mais je te le promets : elle connaissait les dangers. Je n'ai pas fait l'effort de les lui cacher. Elle t'a pris parce que tu étais en danger, et parce que le danger est quelque chose que les familles doivent parfois partager. »

Les yeux piquants, Harry soupira « Mais elle me tient responsable, n'est-ce pas ? Eux deux je pense. » Dumbledore ne répondit pas, donnant la réponse qu'Harry avait besoin de savoir. « J'étais la seule personne qui aurait pu le sauver. »

« Oh, Harry, non ! » implora Hermione. « Tu ne peux pas penser des choses pareilles ! »

« Pourquoi pas ? » murmura-t-il, serrant les dents.

« Parce que, » dit Dumbledore alors que Mme Weasley caressait ses cheveux, « une des plus dures leçons à apprendre est qu'il y aura des batailles que tu ne pourras pas gagner. Il y aura des tâches que tu ne pourras pas effectuer. Tu avais très peu de temps, Harry, et trois personnes terrifiées qui n'étaient pas familières de notre monde à déplacer en toute sécurité, tout seul, avec Lord Voldemort lui-même qui venait pour toi. Tu as fait tout ce que tu as pu. Tu ne dois pas te mépriser pour avoir échoué à en avoir fait plus. »

Harry avait coincé sa lèvre inférieure entre ses dents, désespéré de garder ses émotions à distance, mais il sentit Mme Weasley le prendre dans ses bras à nouveau. Une part de lui voulait juste la laisser le tenir pour toujours, il se sentait bien, mais une autre partie de lui paniquait – si elle le prenait dans ses bras, il savait qu'il ne serait pas capable de rester sous contrôle. Mais il ne pouvait pas la repousser sans la blesser sa gorge se serrait, et il mordit ses lèvres encore plus fort, tentant de garder en lui toute la douleur. Tant de choses s'étaient passées, tellement…Sirius, la prophétie, Privet Drive, oncle Vernon, Snape, la torture, la Goute, la terreur, …

Mme Weasley embrassa brusquement son front, près de sa cicatrice. « Ca va, Harry, » dit-elle doucement. « Tout ira bien. »

Un sanglot haletant s'échappa de lui. Puis un autre. Alors que d'autres suivirent, de plus en plus vite, Harry entendit Lupin s'exclamer de désarroi, mais Dumbledore dit « Laisse Molly gérer ça, Remus. C'est, après tout, son domaine d'expertise. »

Pour Harry, ça n'avait été que des horribles semaines depuis la mort de Sirius jusqu'à ce moment. Et finalement, toute la peur et la douleur et la colère et le choc refusèrent tout simplement de rester en lui, et il se cramponna à la mère de Ron et pleura.

C'était si facile désormais – il aurait pu être complètement humilié que le professeur Dumbledore, Remus Lupin, Ron et Hermione se tiennent tous là le regardant sangloter comme un bébé dans les bras de Mme Weasley. Mais il ne pouvait juste pas s'en inquiéter à ce moment précis.

Il pleura pendant un long moment, ou peut être que ça lui a juste semblé long. Quand finalement il s'épuisa, et que les émotions normales, comme l'embarras, refirent surface à nouveau, il murmura « Désolé. »

« Ne sois pas stupide, « lui dit Ron, qui avait prit la place de Remus de l'autre côté du lit afin de frotter le dos d'Harry. « Crois moi, on a assez fait ça les derniers mois quand on ne savait pas ce qui allait se passer. Il y a eu des moments où je faisais mes affaires une minute, et la minute après je me recroquevillais sur le sol, pleurant toutes les larmes de mon corps. »

Ceci eût pour effet qu'Harry les regarde avec surprise l'idée de Ron pleurant comme Hermione ou Mme Weasley semblait juste…bizarre. Derrière Ron, Hermione laissait les larmes couler le long de ses joues, mais elle souriait. Juste après, la porte de l'infirmerie s'ouvrit. Harry jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de Mme Weasley…et se glaça.

Le professeur Snape semblait presque aussi atterré qu'Harry. Il s'arrêta net quand il vit Harry bouchée bée, son visage encore couvert de larmes, et pendant un temps ils se fixèrent un moment. L'expression de Snape passa de la surprise et à un blanc complet, et il tourna sur ses talons et sortit de la pièce. La professeur Dumbledore sourit à Harry, et il le suivit calmement.

« Bon sang, » murmura Ron. « On dirait qu'il a choisi son moment pour arriver. »

Hermione lui donna une tape. « Ne dis pas ça, Ron. Il a sauvé Harry, tu te souviens ? »

« Et je l'aurais remercié moi-même si je ne pensais pas qu'il me dise de dégager ! » rétorqua Ron. « Cinq mornilles qu'il va évoquer ça à la première occasion. »

« Ron ! » répliqua Hermione d'un ton sec, voyant Harry blêmir. « Ne t'en fais pas, Harry. Les choses sont différentes cette année. Nous sommes tous impliqués dans cette guerre. Notre bord a besoin de s'unir, et Snape le sait aussi. »

Harry lui donna un léger sourire. Il espérait qu'elle avait raison. Désignant le livre de la tête, il dit « Alors ? Regardons ça ! »

« Oh, bien sûr, » Ron se rapprocha du lit pour faire de la place à Hermione, et laissa tomber l'album sur les genoux d'Harry. « Ah…Harry, juste pour que tu saches, plusieurs choses là dedans…ne sont pas vraiment plaisantes. J'ai toujours la nausée en lisant plusieurs trucs. »

« Hum…okay. » Harry regarda le gros livre d'un air dubitatif, puis secoua la tête. « Je dois aussi le lire – ce n'est pas comme si je pouvais prétendre qu'il ne s'est rien passé. » Avec un long soupir, il l'ouvrit à la première page.

« Edition spéciale de la Gazette, » dit Hermione. « De la nuit de ce lundi là. »

Le Garçon-qui-a-Survécu capturé par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom

Seulement quelques moments après les affrontements à la prison d'Azkaban, dans laquelle Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom en personne a été vu libérer ses Mangemorts, les partisans du mage noir ont mené une attaque dévastatrice dans le quartier Moldu de Little Whinging, Surrey, frappant le domicile des Moldus Petunia et Vernon Dursley, les proches et tuteurs d'Harry Potter.

La double attaque a sérieusement diminué les forces des Aurors, résultant de nombreuses pertes (pour la liste des tombés au combat, voir notre mémorial nécrologique, page 5), mais des témoins ont rapporté que la vaillante défense de la maison par les Aurors, combinée avec les sortilèges défensifs établis seize ans auparavant pour protéger le Garçon-Qui-A-Survécu, semblait efficace jusqu'à ce que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom n'arrive en personne. Selon nos sources, le mage noir défit les barrières magiques, ayant résulté du choc magique qui a causé des blessures majeures à plusieurs Aurors et Mangemorts, et de dégâts importants dans la rue, et a directement assailli la maison.

Le Directeur de l'Ecole magique de Poudlard, Albus Dumbledore, est arrivé sur la scène quelques moments plus tard, mais a été empêché de défier immédiatement Vous-Savez-Qui, du fait d'une attaque de Détraqueurs.

Mais lorsque la réponse défensive semblait être victorieuse et que les Détraqueurs furent chassés, les témoins furent horrifiés de voir Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom quitter la maison avec le jeune Harry Potter. Le Garçon-Qui-A-Survécu apparaissait comme blessé et sous le contrôle d'un sort. Le Directeur Dumbledore tenta de négocier la libération de Potter, en vain, et le mage noir s'échappa avec son otage.

Le monde magique en totalité est atteint en son sein par le tournant horrible des événements. Une entrevue brève a été donnée par un Auror sur le lieu de l'attaque, déclarant que tout sera fait pour sauver Harry Potter. « Etre entre les mains de Lord Vis est un destin trop terrible à imaginer pour n'importe qui, encore plus pour Harry. »

Des déclarations des connaissances d'Harry Potter sont attendues. La Gazette du Sorcier présente également ses condoléances à la famille Dursley. Une source non confirmée aurait déclaré que Vernon Dursley, l'oncle de Potter, a été tué en défendant sa femme, son fils et son neveu. Des éditions spéciales sur cette affaire seront développées.

Harry fixa un instant la photo : c'était le Numéro 4, Privet Drive, en feu, la Marque des Ténèbres survolant la maison. Les souvenirs de l'attaque étaient un peu confus, surtout après qu'il ait été sous la transe de Voldemort, mais cette image, il ne pourra jamais l'oublier. En bas de la photo, sur un côté du jardin en flammes, il remarqua un Auror dans sa tenue rouge, assise sur le bord du trottoir, ses bras autour d'un homme aux robes usées. C'était Remus. Et avec une vague d'émotion qui le rendit nauséeux, Harry réalisa qu'il pleurait. L'Auror dont les bras étaient autour de lui était Tonks, et elle était aussi en larmes.

Il passa hâtivement à l'article suivant : Message envoyé par les Mangemorts : le Garçon-Qui-A-Survécu est retenu prisonnier, torturé par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.

Et le suivant : Veillée aux chandelles, les offres de l'Aide internationale abondent alors que des recherches massives commencent pour le Garçon-Qui-A-Survécu

Et le suivant : Les Mangemorts attaquent la place forte de Bones, Des Aurors blessés sont raportés, pas un mot depuis une semaine du Garçon-Qui-A-Survécu

Et le suivant : Des connaissances et amis du Garçon-Qui-A-Survécu délivrent des déclarations d'Amour et d'Espoir. Harry cligna des yeux et lit le court article : Une déclaration a été délivrée à la Gazette du Sorcier par plusieurs camarades de classes et des amis proches d'Harry Potter, qui a été saisi par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom il y a une semaine. L'identité des jeunes sorciers est tenue secrète pour leur sécurité, à la demande du Ministère de la Magie et de Poudlard, mais les élèves et leurs familles ont demandé que leurs messages soient publiés dans l'espoir qu'ils atteignent le Garçon-Qui-A-Survécu détenu.

« Nous ne savons pas s'il verra ça un jour, mais nous voulons le dire quand même, » déclare le représentant des étudiants, un élève de la même année que Potter, dont la grande détresse était douloureusement perçue par ce reporteur. Le jeune élève n'était pas capable de garder ses larmes alors qu'ils parlaient. « Harry, peu importe où que tu sois, on veut juste que tu saches qu'on n'abandonnera pas. Nous cherchons tous aussi fort qu'on peut, pensant à toi chaque instant. On t'aime et tu nous manques, donc s'il-te-plaît, tiens le coup. On va te retrouver, peu importe ce qu'il en coûte, et on te ramènera à la maison… »

Harry cligna les yeux plusieurs fois alors que la page devint floue. Hermione avait sa main sur son genou. Il sourit honteusement. « J'aurais aimé voir ça la première nuit dans le quartier général de Voldemort. Ca m'aurait fait sentir mieux. Merci » dit-il. « Je suppose que tu étais la porte-parole ? »

Hermione arbora un grand sourire. « En fait, non, ce n'était pas moi. » Harry cligna des yeux et ils regardèrent tous les deux Ron, qui avait fortement rougi.

Fixant les couvertures, Ron murmura « Je t'avais dit que j'étais une épave. » mais il souriait lui aussi de manière honteuse.

Mme Weasley sourit et passa le bras au dessus d'Harry pour tapoter la joue de Ron. « Qui ne l'était pas. C'était Ron, Hermione, Ginny – en fait, toute notre famille, bien sûr – tes amis Neville et Luna, et quelques autres de tes camarades de classe. Ils nous ont supplié et imploré pendant quatre jours avant que l'on ne les mène tous à la Gazette du Sorcier ensemble. »

« En fait, on savait qu'on ne pourrait pas signer avec nos noms, » dit Hermione, « donc on voulait que ça soit de nous tous, et ça a semblé bien. Même si tu n'as pas pu le lire. »

« Tout le pays devenait cinglé, » dit Ron. « On aurait dit que le monde entier l'était, même. Hagrid et Madame Maxime sont même retournés voir les géants pour voir s'ils savaient quelque chose – ils se sont presque fait encore tuer de les avoir ennuyé. »

Harry grimaça. « Où est Hagrid, d'ailleurs ? »

« Il est venu te voir pas loin de vingt fois depuis que tu es revenu, mais il est arrivé quelque chose avec Graup, et il a dû partir ce matin. » expliqua Hermione. « Il m'a dit de te dire qu'il viendra aussitôt que son cours sera fini demain. »

Ron acquiesça de la tête. « Hagrid et Madame Maxime ont eu beaucoup d'aide des autres gouvernements magiques. Le Ministère français a envoyé une brigade d'Aurors, les américains en ont envoyé trois et ont même utilisé des techniques Moldues – comment ça s'appelle, Hermione ? »

« Des satellites, » répondit Hermione. « Des images infrarouges. Ce genre de choses. On pensait que si Voldemort avait mis en place des charmes de dissimulation sur toi, peut être que ça ne lui serait pas passé par la tête de faire attention aux méthodes Moldues, qui sont plutôt avancées, contrairement à ce que Fudge pense. »

Harry fronça les sourcils. « Pourquoi Snape n'a pas dit où était le quartier général de Voldemort ? »

« Le professeur Snape ne le sait pas. » répondit Mme Weasley. 'Tu étais dans le repaire principal de Tu-sais-Qui, Harry. Ce n'est pas possible d'y transplaner directement, et une fois que tu es à l'intérieur, il y a un sort permanent de confusion qui t'empêche de voir où il est localisé. Les Mangeorts doivent transplaner dans une zone magique et puis la traverser. Nous avions espéré que si on avait pu localiser où c'était, on aurait pu lui fournir une sortie de couverture ou de soutien quand il est allé te chercher, mais c'était impossible. Il a dû y aller seul. »

Hermione frissonna. « Nous ne savions même pas si tu étais vivant pendant des semaines. C'était vraiment horrible certaines nuits je n'arrivais pas à dormir, mais d'autres fois je ne voulais juste pas me réveiller. Visiblement, on nous a rien dit sur Snape et les Mangemorts. Autour de ton anniversaire, le professeur Dumbledore nous a dit que tu étais retenu prisonnier. »

Harry ramassa le journal. A son soulagement, il ne semblait aucunement semblable à celui que Tom Jedusor avait utilisé sa couverture était rouge et or. Hermione Granger et Ron Weasley était écrit à l'intérieur, mais comme le journal de Tom Jedusor, les pages étaient blanches.

« J'ai enchanté le journal pour que personne, à part nous, ne puisse l'utiliser, » dit Hermione. « Tu peux juste lui demander de te révéler les mots et lire ce qu'on y a écrit, où bien si tu demandes une date spécifique, je t'y amènerai. »

« Très malin, Hermione, mais je ne pense pas qu'Harry a besoin de se plonger dans n'importe quel livre maintenant. » dit Remus derrière eux.

« Pas faux, » dit Ron. « Et ce n'est pas comme si tu ne pouvais pas deviner ce qui allait se passer. Le début est terrible, et le reste, c'est juste nous qui courrions dans tous les sens, essayant de découvrir ce qui allait se passer et nous sentant plutôt inutiles.

« Et bah, tu as fais plus que moi. » retorqua Harry. « J'ai dormi pendant ce temps là. » Mme Weasley grimaça et plaça sa main sur l'épaule d'Harry.

Mais Hermione continua « Je suis contente, Harry. Je veux dire, j'aurais voulu qu'ils ne t'emprisonnent pas du tout, mais quand on ne savait pas ce qu'il se passait, on était...on devenait fous de se demander s'ils te…ce qui te blessait à chaque moment. »

Harry frissonna et décida de ne pas leur dire comment s'est passée la première nuit. Ca les aurait juste énervés. « Ouais, au moins je n'ai pas…eu à l'attendre. D'un autre coté, je ne peux pas me souvenir de tout ce temps là. C'est comme si c'était encore les vacances d'été. »

« Ca ira mieux une fois que tu seras en cours. » dit Remus.

« Combien de temps encore je vais devoir rester ? » demanda Harry.

« Comment vous vous sentez, M. Potter ? »

« Bien mieux, » insista Harry. « Comme si j'avais bien dormi et que je pouvais me lever. Est-ce que je pourrais commencer les cours à temps ? » demanda-t-il avec espoir.

Mme Pomfrey fronça les sourcils. « Il ne faut pas exagérer, Harry. La Goute du Mort-Vivant peut avoir des effets à long terme, et votre corps est toujours faible. Vous avez besoin de repos et de récupération. »

« Mais je pourrais toujours le faire en cours, » protesta Harry. « Si je manque la première semaine, je vais devoir rattraper tout ça durant toute l'année ! »

Mme Pomfrey chassa Ron et Hermione hors de son chemin, regarda dans les yeux d'Harry, vérifia son pouls, montrant sa désapprobation. « Voyons si vous pouvez vous lever et marcher un peu. »

Avec enthousiasme, Harry repoussa les couvertures. « Doucement, Harry. » le mit en garde Remus. « Tu étais comateux. »

Donc Harry prit une grande inspiration et se leva sur ses jambes sur le côté du lit. Le plus tôt il pourrait aller en cours, le plus tôt il pourrait laisser tout ça derrière lui. Le dernière chose qu'il voulait était de commencer en retard, et arriver en cours un jour avec tout le monde le fixant et murmurant, et devoir ensuite rattraper son retard sur les autres. Qu'il y avait-il à faire ici, à part rester au lit, penser à l'oncle Vernon et la tante Petunia et Dudley, et Sirius, et à cette nuit dans le repaire de Voldemort...

Résolument, il mit ses pieds sur le sol et poussa dessus. Ron et Hermione se mirent de chaque côté de lui au cas où il tomberait, mais la seule chose qu'il fit fût de chanceler un peu. Il tenta quelques pas, puis plusieurs. Ses jambes tremblaient, mais il resta debout, et réussit à marcher jusqu'au bout de l'infirmerie, et à revenir. Bien sûr, il pressentait qu'il pouvait tomber à chaque moment depuis qu'il avait quitté son lit, mais il masqua ceci avec un sourire de triomphe.

Mme Pomfrey secoua la tête. « Votre force physique d'adolescent ne cessera de me surprendre, Potter. Même après avoir été enfermé dans une cave et drogué pendant dix semaines, vous serez debout et vous prendrez un sort ou bien vous vous ferez mordre par un animal d'Hagrid dans la semaine.

Harry se rassit sur le lit (nonchalament, pour ne pas éveiller les soupçons) et sourit mielleusement vers elle. « Est-ce que ça veut dire que je peux partir ? »

« A vos risques et périls, Potter. Mais ne faites pas d'erreurs » lui dit-elle en le pointant du doigt. « Ne pensez pas que, parce que vous vous sentez bien maintenant, les effets de la potion en ont fini avec vous. Vous pourriez faire face à des moments de faiblesse ou de fatigue inattendus, si cela arrive, allez directement vous allonger. J'enverrai une note à vos professeurs. Vous devrez faire attention pendant au moins une semaine – ne vous surmenez pas ! »

« Oui, m'dame » bredouilla Harry, se sentant rougir alors qu'elle gardait son doigt pile sur son visage.

« Quels cours avez-vous demain ? » ajouta-t-elle.

« Heu… » Dans une vague de désarroi, Harry réalisa qu'il ne savait pas. Il réalisa également qu'il n'avait pas fini ses devoirs de vacances.

« C'est Défense contre les Forces du Mal demain matin, et Soins aux Créatures Magiques et Métamorphoses l'après-midi. » dit Hermione. « Oh…on t'a choisi des cours, Harry. J'espère que ça ne te dérange pas. Mais on devait prendre tes livres, et on ne savait pas quand tu reviendrais… »

Harru balaya ses inquiétudes. « Peu importe, tant que je n'ai pas Divination. ». Ron ricana et secoua la tête. « Donc, qu'est-ce que je prends ? »

Des papiers volèrent alors qu'Hermione ouvrait l'album à la dernière page. « Je l'ai mis quelque part là dedans, » murmura-t-elle. « Ahah. » Elle lui tendit la liste.

Défense contre les Forces du Mal (général)

Défense avancée : focus sur les maléfices

Potions

Métamorphose

Sortilèges

Soins avancés aux Créatures Magiques

Botanique

Coopération magique internationale

Défense spécialisée

« Wow, » murmura Harry, lisant la liste avec approbation. « Bons choix ! »

« Neville, Ron et moi l'avons établie avec le professeur McGonagall, » répondit Hermione. « Evidemment, on savait quels examens de BUSE tu aurais, mais les listes ne sont pas sorties jusqu'à ce qu'on ait nos lettres officielles. »

Ron pointa la liste. « Les lettres disaient que quiconque voulait faire une carrière dans le Départements de la Justice magique devrait prendre la Défense spécialisée et au moins un autre cours de DFCM. Le professeur McGonagall a dit que tu voulais être Auror, donc on t'a pris ceux-là, et elle a pensé que la Coopération magique Internationale serait bien pour toi. Et on a pensé que le focus sur les Maléfices était ce qu'on avait vraiment besoin. »

Harry ne pouvait pas le démentir. Puis il grimaça. « Même si Snape ne mentionne pas…tout ça…je doute qu'il ne manque pas de remarquer pas que je n'ai pas mon devoir. »

Toute l'infirmerie résonna des rires de Ron et Hermione, mais derrière eux, Remus répliqua « Ne t'inquiète pas, Harry. Le professeur Dumbledore a distribué un ordre général pour que te sois donné un temps supplémentaire pour faire des devoirs de vacances – sois tranquille et fais les Potions en premier. »

Grimaçant pour lui-même, Harry grommela « J'étais sur le point de finir le devoir quand…tout ça est arrivé. Peut être, par miracle, je me souviendrai de la plupart. »

Ron le regarda avec des yeux écarquillés. « Fini ? Trois jours après avoir reçu les résultats des BUSE ! »

« Je n'avais rien de mieux à faire ! »

Mme Pomfrey claqua des mains. « M. Potter, si vous êtes si déterminé à aller en cours demain, je vous suggère de retourner à votre dortoir aussitôt et d'avoir une bonne nuit de sommeil. Vous en aurez besoin. Maintenant, dehors ! »

A suivre…

La prochaine fois : Harry commence les cours – et se remet rapidement. Dans et hors de Poudlard, le monde sorcier lutte pour garder la tête hors de l'eau dans une reprise de la guerre, et de nombreux regards sont tournés vers Harry pour chercher des réponses, y compris Cornelius Fudge. Mais beaucoup d'autres sont déterminés à ce qu'Harry ne tienne pas longtemps dans cette bataille. Tout ça et bien d'autre dans le Chapitre cinq : A tes côtés, derrière toi.