Disclaimer : HP ne m'appartient pas, tout comme cette fic que je ne fais que traduire. Elle appartient à Jocelyn.

Ce retard est inexcusable, j'en suis bien consciente. J'espère ne pas avoir perdu toutes celles qui s'étaient intéressées à cette traduction ! Une petite semaine de vacances loin d'une connexion, puis un job d'été qui me prend tout mon temps et mon énergie ont fait que voilà seulement ce nouveau chapitre. J'en suis bien désolée, normalement le rythme de parution devrait s'améliorer avec la rentrée.

Encore merci à toutes de me suivre par ailleurs. Une petite note pour vous avertir que le fandom anglais s'était plaint à Jocelyn que ses chapitres étaient très (trop ?) longs. Elle a donc raccourci les chapitres de près de la moitié (enfin, malheureusement, pas celui-ci, d'où le temps que ça m'a pris...)

Enjoy et n'oubliez pas de poster des reviews ! C'est le seul moyen de savoir si ma traduction vous plaît, alors n'hésitez surtout pas à me faire part de vos impressions !

Chapitre 5 : Deux pas vers le sol

Malgré ses complaintes et son assurance envers Mme Pomfrey, le corps d'Harry s'avéra être bien moins performant que ce qu'il prétendait, après deux mois de totale inactivité. Avec Ron et Hermione portant le petit sac dans lequel étaient rassemblées ses affaires de l'infirmerie, il réussit à marcher lentement avec eux vers la Tour de Gryffondor. Mais au moment où ils passèrent le portrait, Harry était de plus en plus inquiet de ne pas réussir à grimper les escaliers jusqu'au dortoir des sixièmes années, et ses amis le regardaient avec inquiétude.

« Harry, tu es sûr de pouvoir commencer les cours ? » demanda Hermione.

« Ouais, je suis sûr. » haleta-t-il, se tenant contre le mur. « Juste pas trop en forme. »

« T'as l'air crevé, mon pote, » dit Ron. « Assois-toi avant qu'on monte. Tout le monde va te tomber dessus dans une minute de toute façon. »

Et effectivement, Katie Bell lança un regard dans leur direction juste après et lança un cri perçant encore plus fort que quand Gryffondor avait gagné la coupe de Quidditch. « HARRY ! »

Harry eût à peine le temps de se laisser tomber dans un fauteuil avant qu'il ne se retrouve au centre des cris, des exclamations, des hurlements, des cris de joie (et, pour certains, des sanglots) d'une foule de Gryffondors.

« Oh, Harry, par Merlin, tu vas bien… »

« Ca va, maintenant, Harry ? »

« Mme Pomfrey t'a laissé sortir ?! »

« C'est vrai que Snape t'a sauvé ? »

« Tu-Sais-Qui t'a blessé ? »

« Tu étais où ? »

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

« J'ai entendu qu'ils t'ont empoisonné… »

« OH ! » rugit Ron, brisant le vacarme mieux que les demandes d'Hermione de laisser un peu d'espace à Harry. « Il est seulement sorti des griffes de Lord Voldemort… » (presque tout le monde frissonna) « donc ne le secouons pas trop, ok ? »

Avec des bredouillements d'excuses, toute la population de la maison Gryffondor recula d'un pas. Cependant, ils fixaient toujours Harry anxieusement. « Très bien, Potter. » grogna la voix de Seamus Finnigan près de la cheminée. « Déballe tout. »

Harry cligna des yeux et regarda Ron et Hermione qui haussaient les épaules. Il prit une longue inspiration et dit finalement « Et bah, je suis de retour. »


« Harry ! Réveille-toi, tu vas louper le petit-déjeuner ! »

Harry fût ejecté d'un profond sommeil, ponctué de vagues rêves désagréables. Ses yeux lui piquaient et tout son corps était lourd. « Ron ? » Il frotta ses yeux, furieux. « Pourquoi tu ne m'as pas secoué ? » grommela-t-il, réalisant qu'il avait trop dormi.

« Je l'ai fait, » répondit Ron, semblant vexé. « Tu t'es rendormi. » Il s'assit sur le coin du lit pendant qu'Harry alla maladroitement prendre ses vêtements et ses lunettes. « Ca va, mon pote ? »

« Je vais bien » répondit Harry, se dirigeant vers la salle de bains. « Juste fatigué. Descends sans moi. »

« T'as le temps, t'inquiète. »

Le temps qu'Harry se passe de l'eau presque brûlante sur le visage pour se réveiller, s'habille, et retourne dans le dortoir des garçons, Hermione était là et attendait avec Ron. « Est-ce que l'un de nous doit porter ton sac ? » proposa-t-elle.

« Je peux le faire moi-même ! » répondit-il avec un ton cinglant. Il soupira, avec un air irritable. « Désolé. Je ne vais juste pas retrouver mes forces si je n'essaye même pas. »

« Mais tu ne veux pas retourner à l'infirmerie non plus » dit Hermione. « J'ai lu des choses sur les effets secondaires de la Goute du Mort-Vivant. Si tu fais une rechute, tu pourrais être malade pendant des jours. »

Harry trouva un compromis en appliquant un sortilège de Ratatinage sur son sac et le mit dans sa poche. C'était un soulagement, parce que rien que de prendre les livres un par un avait fait trembler son bras. « Bien. Allons-y, maintenant. »

Ils sortirent tous ensemble du dortoir Harry, frustré, fût contraint de ralentir dans les escaliers. « On va devoir manger rapidement au petit déjeuner. » dit Hermione.

Ron haussa les épaules. « Je pense pas que ça sera un trop gros problème Et même si on est en retard au cours de DCFM, je doute qu'Harry aura des soucis aujourd'hui. »

Harry pensa à un détail qui ne l'avait pas interrogé jusqu'à maintenant. « Au fait, qui enseigne la Défense cette année ? »

Ron et Hermione s'arrêtèrent dans les marches et le regardèrent avec surprise, puis échangèrent un regard amusé. « Bon sang, je pense qu'on a oublié, » gloussa Ron.

« Et bien, qui c'est ? » répéta Harry, décontenancé par leurs expressions.

Souriant doucement, Hermione sautilla dans les escaliers devant eux. « Oh, tu verras bien. »


Le Grand Hall devient très calme quand Ron et Hermione arrivèrent avec Harry à leurs talons. « Ca va aller, » lui murmura Ron alors qu'il les suivait à la table des Gryffondors.

« Harry ! » cria finalement une voix, entraînant une grande bousculade de Gryffondors, de Ravenclaws, et de Poufsouffles, avec Ginny Weasley en premier.

Harry réussit à ne pas se faire cogner par la foule rassemblée autour de lui, et demanda à Ginny « Où étais-tu ? »

Ginny rit, « Oh, j'étais dans la Salle commune la nuit dernière, mais tu étais encerclé, donc je n'ai pas voulu te déranger. »

« Tu ne me déranges jamais » répondit-il aussitôt, et il la prit dans ses bras. « Comment ça a été ? »

Ginny soupira. « Comme tout les autres : une vraie épave. Mais maintenant, mieux, vu que tu es revenu. » Harry étais étonné de voir combien elle paraissait plus âgée elle avait grandi un peu et était maintenant presque de la taille d'Hermione. Et son visage avait les mêmes traces des inquiétudes et des peurs récentes et prolongées qu'il avait repérées sur bon nombre de ses amis. Dans sa mémoire, ça n'avait pas paru aussi long depuis qu'elle, avec lui, avait affronté les Mangemorts les plus mauvais de Voldemort. L'innocence qu'elle avait pu avoir après en avoir fini avec Tom Jedusor était bien loin désormais.

Ginny se recula pour laisser Justin Finch-Fletchley et Hannah Abbot saluer Harry, puis soudainement elle se mit sur la pointe des pieds et lui dit quelque chose avec ses lèvres, ses yeux écarquillés d'avertissement. Harry cligna des yeux, mais avant qu'il ne puisse la rappeler pour mieux comprendre ce qu'elle voulait lui dire, il saisit ce qu'elle avait vu : Cho Chang qui se frayait un chemin entre les frères Creevy. Oh…bien sûr. Il esquissa un sourire et attendit qu'elle approche.

« Hum…salut Harry » dit Cho, et il fût soulagé de voir qu'elle était aussi nerveuse que lui.

« Salut, Cho, » répondit-il, mal à l'aise. Elle ne semblait pas si désespérément triste qu'elle était en cinquième année, mais elle ne semblait pas vraiment heureuse non plus. « Ah…comment vas-tu ? »

« Je vais bien » répondit-elle. « Je voulais juste te dire que…je suis contente que tu sois sain et sauf. On a tous eu très peur. »

« Merci » dit-il. Elle lui adressa un petit sourire et repartit en passant à travers la foule, puis Harry fût distrait par Anthony Goldstein et Terry Boot, de Ravenclaw, qui se jetèrent sur lui.

Au moment où il réussit enfin à s'assoir, le petit déjeuner était pratiquement fini. « Tu devrais peut-être manger un peu plus ? » dit Hermione alors qu'il prenait quelques toasts.

« Pas très faim, » répondit-il.

« Tu vas avoir besoin d'énergie » persista-t-elle. « Prends juste quelques… »

« Hermione ! » s'exclama Ron. « Arrête de l'houspiller ! »

« Je veux juste… »

« Je vais bien ! » cassa Harry.

Avec un air renfrogné, elle retourna à ses yeux et marmonna « Ne viens pas te plaindre si tu t'évanouis en plein cours de Défense. »

Avant qu'Harry ne puisse répliquer, une voix répondit derrière lui « Pas d'inquiétude, il ne participera à aucune démonstration aujourd'hui. »

Ron et Hermione arborèrent un large sourire. Harry se retourna surpris. « Rem…professeur Lupin ! »


C'est ainsi qu'Harry découvrit que le nouveau Professeur de Défense contre les Forces du Mal n'était…pas du tout nouveau ! Le Professeur-à-nouveau Lupin s'avança devant la salle de classe de DCFM qui résonnait d'un tonnerre d'applaudissements de la plupart de la classe de Défense de sixième année. Réalisant qu'il n'avait pas moins de trois cours avec Remus cette année rendit Harry plus heureux qu'il ne l'avait été depuis un long moment.

Et le reste des élèves étaient tout aussi heureux de voir le Professeur Lupin qu'Harry…enfin, pas autant peut-être, mais ils étaient ravis. « Enfin ! » s'écria Dean Thomas, écartant les bras comme s'il était sur le point d'embrasser Lupin. « Nous n'avions pas eu un professeur de DCFM correct depuis que vous étiez parti ! »

« Et Maugrey ? » protesta Lavande Brown.

Harry rit. « Ah, il était bien, si tu écartes le fait qu'il travaillait pour Voldemort ! » Près de la moitié de la classe, maintenant composée d'élèves des quatre maisons, tressaillirent.

« Oh, par pitié, » murmura Hermione. « Quand est-ce que les gens vont dépasser cette réaction stupide ? »

« Réaction stupide ! » s'exclama Terry Boot. « On parle quand même de Tu-Sais-Qui.. »

« A vrai dire, » dit le professeur Lupin, assez fort pour couvrir la tempête qui se préparait. « Hermione a raison. On parle de Lord Voldemort. » Il adressa un sourire à plusieurs d'entres eux qui frissonnaient. « Il se trouve qu'un des thèmes de cette année en DCFM est la préparation psychologique. » Quelqu'un a-t-il une idée de ce qu'il s'agit ? Oui, Hermione ? »

« Nous préparer psychologiquement veut dire apprendre à ne pas laisser nos émotions – comme la peur et la colère – interférer dans notre capacité à se défendre contre la magie noire. »

« Précisément. Cinq points pour Gryffondor. Et tant qu'on est dans ce sujet, quelqu'un peut-il me dire ce que dire le nom de Voldemort a à voir avec ce sujet – quelqu'un d'autre cette fois, pardonne-moi, Hermione. »

La classe gloussa. Lupin sourit, et Hermione rougit, mais elle ne semblait pas tellement dérangée. Harry et Ron réfléchirent à lever la main, puis se rétractèrent. Au final, Neville leva lentement la main. « La peur d'un nom ne fait qu'augmenter la peur de celui qui le porte ? »

« Pas loin, M. Londubat, vraiment pas loin. » répondit Lupin, se frottant vivement les mains. « Et comment cela pourrait être néfaste pour notre habileté à se défendre contre un mage noir si on se retrouve face à face ? Pour encore cinq points. »

Neville se mordilla la lèvre. « Parce que la peur…rend difficile le fait de penser comme il faut. Et si on ne peut pas réfléchir…on ne peut pas vraiment combattre. »

« Excellent, Neville. Encore cinq points pour Gryffondor. » Les Gryffondors firent un grand sourire à Neville. Le professeur Lupin hocha la tête et se dirigea vers le tableau. « Maintenant, comme premier devoir, nous allons nous occuper de cette peur en particulier, en lui faisant face. Par conséquent, une des premières règles de ce cours, Défense contre les Forces du Mal avancée, est celle-ci : nous nous réfèrerons à toutes sources de magie noire, de créatures de l'ombre, de malédictions, ou de mage noir, par leur propre…nom, » énonça-t-il alors qu'il écrivait VOLDEMORT sur le tableau.

Se retournant vers eux, il sourit avec compréhension devant les expressions horrifiées de certains des élèves. « Maintenant, je suis bien conscient que certains vont devoir s'y faire. Donc, cette première semaine, nous considèrerons cela comme un exercice. Où que vous êtes dans la salle de classe, vous vous défendrez contre la peur de Lord Voldemort, » il prit note de ceux qui ont sursauté, « en utilisant son nom, et pas 'Vous-Savez-Qui'. On va commencer la semaine prochaine, et juste pour ajouter un peu de motivation, ça sera un point en moins pour votre maison pour quiconque qui se réfèrera à Lord voldemort avec autre chose que son nom. La semaine suivante, ça sera cinq points, et ainsi de suite. Vous ne pouvez pas surmonter, voire même confronter vos peurs face à face sans le faire dans votre esprit. » dit-il fermement par-dessus les murmures rebelles. « Et, entre autres choses, ce cours va vous apprendre à faire ça. »

Harry, Ron et Hermione sourirent entre eux. Peut être que ça n'allait pas être une si mauvaise année finalement.

A la fin du cours, eux trois s'attardèrent-bien qu'il semblait que parler à Remus s'avérait être plus facile à dire qu'à faire, puisque un bon nombre de leur camarades voulaient s'arrêter au bureau et lui dire à quel point ils étaient ravis qu'il soit de retour. Souriant de plus belle, Harry, Ron et Hermione restèrent en arrière et regardaient l'expression de Remus, habituellement empreinte des soucis qu'il traversait, passer à une lueur de confiance ravie. « Est-ce que tu penses qu'il avait réalisé à quel point il nous avait manqué ? » soupira Hermione. « Au moins cette année on va apprendre la Défense correctement. »

Alors que Lavande et Parvati passèrent la porte avec Mandy Brocklehurst et Stephen Cornfoot de Ravenclaw après avoir ajouté leurs vœux de bienvenue au groupe, Harry, Ron et Hermione remontèrent la classe. Remus leur adressa un léger sourire et se mit debout pour serrer leurs mains. « Ah, Harry, Ron, Hermione, c'est fantastique de vous revoir en cours. Et je suis plutôt reconnaissant pour les témoignages de confiance. »

« Apparemment on n'est pas les seuls. » dit Ron, désignant de la tête la porte où les supporters de Remus étaient tout juste repartis. « C'est bon que vous soyez de retour. On pourrait vraiment profiter d'un professeur compétent. »

« C'est comme ça que le professeur Dumbledore a plaidé, » dit Remus en riant, secouant la tête. « Apparemment, maintenant tout le monde est tellement effrayé par Voldemort qu'un vieux loup-garou enseignant la Défense contre les Forces du Mal ne semble pas si menaçant. Ca, et le fait que j'étais le seul candidat cette année. C'est vrai ! » dit-il avec un large sourire alors qu'ils le regardaient, le fixant avec étonnement. « En fait, je retire ça : je suppose que vous auriez pu avoir un autre candidat potentiel en la oh-tellement-regrettée Dolores Ombrage, qui a apparemment désespérément besoin de travail… » Là il rit comme jamais en voyant leurs expressions horrifiée. « Je plaisante, pas de panique. »

Harry soupira. « Peu importe en fait, je pense, tant que vous êtes là. »

Le regard brun de Remus se fit grave, et il dit « Je ne vais nulle part Harry, n'aie crainte. »

Alors qu'Harry en eût la gorge nouée, Ron et Hermione vinrent à son secours. « Nous avons Soins aux Créatures magiques cette après-midi. Est-ce qu'Hagrid est de retour ? Il n'était pas là au petit-déjeuner. »

« Il préparait ses diverses créatures magiques, » dit Lupin. « C'est son premier cours avancé, il est très excité. ». Puis il fronça les sourcils. « Par contre je me demande si tu devrais marcher tout le long jusque là-bas, Harry. »

Harry grommela mais Ron émit un ricanement. « Je pourrais te porter à califourchon sur mon dos ! » L'image mentale qu'ils s'en firent les fit tous rire.

« Je n'ai pas encore pu voir Hagrid encore. » dit Harry à Lupin. « Il se sentirait mieux si je venais à son cours le premier jour. »

Lupin secoua la tête. « Si Mme Pomfrey t'a libéré, il n'y a rien que je puisse faire à part t'avertir de faire attention. La Goute du Mort-Vivant est une potion puissante, et ce n'est pas possible que tu t'en sois complètement remis. Tu sembles faiblard, même maintenant. »

Harry soupira, mais acquiesça de la tête. « Promis, pas de chevauchée d'hippogriffes, ou de lutte avec un troll des cavernes pendant au moins une semaine. »

« C'est tout ce que je demande. » déclara Lupin avec une expression parfaitement sérieuse, puis ils se mirent tous à rire à nouveau. « Allez, maintenant allez-y, et mange un bon repas avant ce cours. »

« C'est ce que je me tue à lui dire ! » se plaignit Hermione alors qu'ils se dirigèrent vers la porte.

« Oh, Harry ? » fit Lupin en lui faisant signe de s'approcher pendant qu'Hermione et Ron attendaient devant la porte. Il mit la main sur l'épaule d'Harry et le fit se rapprocher. « Juste que tu saches » dit-il doucement. « Peu importe pour quoi…si tu as besoin de parler, n'importe quand, viens à mon bureau. »


En dépit de son insistance auprès de ses amis et professeurs qu'il allait bien, Harry commençait à se sentir tiré, et cette lourde sensation réapparaissait dans ses os. Il pensait sauter le repas et aller au dortoir faire une sieste, mais il décida d'aller dans le Grand Hall dans l'espoir de voir Hagrid.

Malheureusement, non seulement Hagrid n'était pas là, mais comme d'habitude, Ron et Hermione remarquèrent qu'il trainait les pieds. « Je ne pense pas que tu devrais aller en cours cet après-midi, » dit Hermione. « Tu as l'air complètement épuisé. »

« Ca va le faire, » murmura Harry, amenant une fourchette de purée de patates à la bouche. Il n'avait toujours pas faim, mais il espérait que ça allait le revigorer.

Ron regarda sa montre. « On a une pause d'une heure avant le cours. Peut être que tu devrais retourner à la Tour et t'allonger un moment. »

« Je suppose que je devrais. » dit Harry, bien que l'idée de marcher autant pour retourner à la Tour le fît grimacer. Il se força à prendre un peu plus de nourriture, mais il avait sa tête posée sur sa main pour essayer d'être plus ou moins droit. Et il y avait le danger qu'un professeur le remarque, et le force à retourner à l'infirmerie. Passe juste les cours, se disait-il à lui-même. Puis tu pourras sauter la session d'études du soir et aller tôt au lit.

Mais il y avait toujours la question de retourner au dortoir. Dans son état, ça lui prendrait vingt minutes pour y aller, et ça ne lui laisserait que peu de temps pour une sieste. Donc Harry décida qu'il trouverait un moment calme dans la bibliothèque et pourrait poser sa tête-tant que Mme Pince ne le repère pas. Bâillant, il se leva. « Je vous retrouverai dehors quand ça sera l'heure d'y aller. » dit-il à Ron et Hermione.

Il se dirigea vers la bibliothèque, mais la trouva plutôt chargée, avec des élèves cherchant des livres pour les devoirs en avance du semestre. Frustré, il errait tout autour jusqu'à ce qu'il tombe (littéralement) sur Ginny, qui lisait un livre sur le sortilège de Disparition pour ses BUSES. « Salut, Harry ! » dit-elle, surprise, et déplaça ses livres sur le côté de la table. « Tu as besoin de place pour travailler ? »

Regardant autour de lui, il admit honteusement. « Je pensais plutôt à dormir. » Je voulais un peu me poser un moment avant les cours. Aller jusqu'à la tour, ça fait beaucoup de chemin. »

Les yeux de Ginny s'élargirent d'inquiétude. « Tout va bien ? » demanda-t-elle d'une façon qui l'irrita immédiatement.

Ne t'énerve pas, ne t'énerve pas, elle veut juste être gentille ! Il se força à hocher de la tête. « Mme Pomfrey a dit que j'allais être facilement fatigable ces premiers jours. Ca va passer. »

Avec un sourire, elle débarrassa la table. « Je vais monter la garde au cas où Mme Pince arrive. »

« Merci ! » dit-il avec gratitude, et les deux gloussèrent. Aucun n'avait oublié à quel point ils avaient eu des problèmes quand Mme Pince les avait attrapés en train de manger des œufs de Pâques dans la bibliothèque l'année dernière. »

Elle mit sa chaise de l'autre côté de la table pour voir si quelqu'un arrivait dans cette section, et lui fit remarquer par des signes, donc Harry, reconnaissant, posa son sac et mit sa tête dans ses bras. En quelques secondes, il s'était coupé du monde.

La lumière rouge du maléfice de Bellatrix Lestrange frappe Sirius dans la poitrine.

Le rire n'avait pas quitté son visage, mais ses yeux s'ouvrirent de choc.

Harry libéra Neville, bien qu'il n'était pas sûr de ce qu'il faisait. Il descendait les marches à nouveau, sortant sa baguette, alors que Dumbledore se retournait pour regarder l'estrade également.

La chute de Sirius semblait prendre des heures. Son corps dessina un arc gracieux alors qu'il tombait en arrière à travers le voile en lambeaux de l'arche…

Et Harry vit le regard de peur mêlé de surprise sur le visage défait, qui a un jour été beau, de son parrain alors qu'il tombait à travers l'ancienne porte et disparaissait derrière le voile, flottant pendant un temps comme s'il y avait un vent violent avant de disparaître du lieu…

« Harry ? Harry, la cloche vient de sonner. » Quelqu'un secouait doucement son épaule.

Harry releva brusquement la tête, son estomac retourné, ses mains tremblantes, et des sanglots étouffés dans sa gorge. Il les retint et clignait des yeux en regardant Ginny. « Oh, les cours. C'est vrai. Merci. »

Sa gorge demeurait serrée. Ce moment ressemblait bien trop à Pâques dernier, où ce qu'il voulait le plus était de parler à Sirius. « Harry ? Tu es sûr que ça va ? »

« Ouais » répondit-il d'une voix haletante. « Juste…un mauvais rêve. » Ses yeux s'adoucirent de compréhension, et elle s'avança vers lui, mais il se recula. Les étreintes des Weasley semblaient le faire craquer plus vite que quoi que ce soit d'autres ces jours ci, et il ne voulait pas que ça arrive. Il lui adressa un léger sourire pour éviter de la blesser, et elle hocha la tête et mit sa main sur son épaule à la place. « Je dois retrouver Ron et Hermione. On a Hagrid cet après-midi. »

« Oh, bien ! » s'exclama-t-elle avec cœur, contente de changer de sujet. « Il va être ravi de te voir. « Essaye juste de ne pas t'épuiser. »

« Je ferai de mon mieux. » gloussa-t-il, et il lui fit signe en se dirigeant rapidement hors de la bibliothèque.


Quand Harry retrouva Ron et Hermione à l'entrée centrale, ils furent contents de le trouver plus alerte (même s'il baillait encore). Cependant, c'était tout ce qu'Harry pouvait faire pour sauver les apparences de sa bonne forme, puisque la marche jusqu'à la maison d'Hagrid lui prit plus de temps que jamais, et le temps qu'ils arrivent, il était essoufflé.

« Hey ! Harry ! Tu vas bien ? » demanda Michael Corner, remarquant qu'Harry s'était appuyé légèrement contre Ron à leur arrivée.

Harry hésita entre ignorer les murmures ou leur dire de tous aller se faire voir. Il arrêta sa décision sur aucun. « Ouais. » répondit-il en rigolant, comme si c'était une blague. « Juste en pas grande forme. » Ca fonctionna, Michael et les autres sixièmes années qui les fixaient lui firent un grand sourire.

Tous, excepté Draco et son entourage. « Regardez ça. Le grand Garçon-Qui-A-Survécu ne peut même pas marcher sans que quelqu'un ne porte ses sacs pour lui. »

Ron lâcha le bras d'Harry et son sac, mais Harry avait sorti sa baguette. « Pas en forme, mais comme tu l'as découvert la nuit de samedi, je peux encore te jeter un sort dans mon sommeil. » La main qui tenait la baguette, il fût soulagé de le constater, était plutôt stable.

Malfoy lui jeta un regard mauvais, mais ne sortit pas sa propre baguette, et Hermione lui dit doucereusement. « Oh, ne le prends pas mal, Draco. Pour la première fois de ta vie, tu peux battre Harry à quelque chose – même si c'est seulement de la course à pied. »

Dean et Seamus explosèrent de rire, et Parvati et Padma Patil se mirent à glousser fortement. « Qu'est-ce qu'il s'est passé la nuit de samedi ? » demanda Neville.

« Malfoy a tenté de me rendre une petite visite. » répondit Harry avec un haussement d'épaules, assis sur une souche d'arbre. « J'ai dû lui jeter un sort avant qu'il soit convaincu que je ne voulais pas de bons vœux de rétablissement au milieu de la nuit. »

« Bons vœux, mon… » murmura Ron avant qu'Hermione ne le fasse taire, et à ce moment ci, la porte d'Hagrid s'ouvrit.

« Harry ! Je n'pensais pas que tu viendrais ! »

« Me voici pourtant » répondit Harry en rigolant alors que le demi-géant, ignorant le reste de la classe, se dirigea vers Harry et passa ses bras autour de lui. « Je n'aurais raté ça pour rien au monde ! »

Hagrid rougit. « Sympa de ta part, si tôt après...bref. Bienvenue, tout le monde, au Cours avancé de Soins aux Créatures magiques. On va voir plusieurs belles bêtes sauvages cette année, donc j'espère que vous êtes tous prêts. »

« Bon sang, c'est quoi son idée du terme « sauvage » ? » murmura Ron.

« Bien. Suivez-moi, alors ! Oh… » Hagrid fronça les sourcils. « Harry, il y a pas mal de marche. T'auras peut être besoin d'être porté. »

Harry sentit le sang monter à son visage et entendit ses camarades rire (le plus bruyant étant Malfoy) à la pensée d'Hagrid le portant là où ils allaient recevoir leur cours aujourd'hui. « Hum…non, merci. Ca ira. »

« Sûr ? » Hagrid haussa les épaules. « Bon, dans ce cas on ira lentement. Suivez-moi, vous tous ! »

Bien qu'Hagrid les menaient lentement, parlant des chevaux ailés qu'il gardait attachés à cet arbre, ou des Fléreurs qu'il élevait, Harry était bien en peine d'avancer. Il avait un sourire forcé, prétendant que ça ne lui faisait ni chaud ni froid de devoir se tenir contre des arbres (ou Ron) à plusieurs reprises ou de sentir la fine pellicule de transpiration sur son visage ou de se sentir à bout de souffle. « Par la barbe de Merlin, Potter s'est transformé en une mauviette pire de Longdubat ! » souffla, assez fort, Malfoy à Blaise Zabini.

« T'es sûr que tu ne veux pas qu'on t'emmène, Harry ? » demanda Ron. « Je te porterai sur mon dos, comme ça tu auras ta baguette à portée de main pour jeter un sort à Malfoy ! » Marchant autour d'eux sans une sorte de ronde protectrice, les sixièmes années membres de l'AD ricanèrent.

Harry sourit à pleines dentes. « Je vais être trop lourd pour toi. »

« Oh, allez, essaye ! » gloussa Neville de manière un peu bête.

« Ca serait plutôt drôle de voir le visage de Malfoy, » dit Hermione malicieusement.

Harry et Ron échangèrent un regard, puis Harry tendit son sac à un Dean qui gloussait. Ron s'accroupit. « Un, deux, trois…wouuuuuhaaa ! ». Il chancela dangereusement quand Harry sauta sur son dos. L'AD éclata de rire alors qu'ils parvinrent à se redresser, mais en vacillant en rond comme une lourde armure déséquilibrée.

Hagrid regarda derrière lui et sourit. « T'auras eu ta balade finalement, Harry ? »

« Plus ou moins ! » s'exclama Harry alors que Ron fonça pratiquement dans un arbre. « Allez, je ne pèse pas si lourd ! »

« Non, mais tu as ta main sur mon visage ! »

« Oh, désolé. » Harry déplaça sa main, et Ron put finalement adapter sa direction et se mit à galoper comme un cheval, causant des éclats de rire. A cause de tous ces balancements et ces rires, Harry pouvait à peine respirer, et ceci dit il doutait que ça lui économise beaucoup d'énergie – mais c'était bien plus drôle. « En avant ! »

« Tu ressembles à un cavalier d'échecs ! s'écria Dean.

« Prépare ta baguette, Harry ! Cavalier vers le Roi noir. » cria joyeusement Ron, et il se dirigea vers Malfoy. « Chargez ! »

A l'expression sidérée de Malfoy à la vue d'une créature de2.50 mètres se ruant soudainement vers lui, Harry rit si fort qu'il put à peine pointer sa baguette pour envoyer un sortilège de Bloque-Jambes. Les quelques Slytherins présents poussèrent des cris de protestation et voulurent sortir leur baguette, mais ils étaient en infériorité numérique par rapport aux membres de l'AD.

« Okay, okay, assez de ça ! » dit Hagrid, qui regardait la scène avec amusement depuis quelques minutes. « On se calme, on se calme. Bon sang, Harry, tu es presque aussi grand que moi maintenant ! Retour à la terre ferme. » En se gigotant, Harry réussit à descendre du dos de Ron sans les envoyer tous les deux au sol. « Assis-toi. Tout le monde, prenez une place. Restez bien en arrière. »

Installés sur un coin d'herbe, Harry, Ron et Hermione échangèrent des regards appréhensifs. « Qui veut lancer un pari ? » murmura Ron.

« Pas moi. » chuchota Harry. « On pourrait parier que c'est la pire chose imaginable et qu'il nous sorte quelque chose d'encore pire. » Ils se mirent tous assis et tournèrent leur attention vers Hagrid qui commençait son cours.

« Bon, maintenant que ce cours est « avancé » et tout, j'imagine que je dois vous apprendre à contrôler et vous protéger de dangereuses créatures, pas les mignonnes petites bêtes que je vous ai montré les années passées. » Même Hermione ne put cacher son expression incrédule. Hagrid ignora leur hoquet de surprise et continua. « Maintenant, j'ai l'accord du Directeur, donc ne venez pas vous plaindre que c'est trop difficile. Si vous pensez ça, vous pouvez tout de suite quitter le cours. » Il leur sourit. « Mais tant que vous suivez mes consignes, vous devriez vous en sortir. »

« Bon…sang… » murmura Ron.

Avec ce sourire menaçant-bien-que-joyeux, Hagrid dit : « Je reviens tout de suite. » et disparut dans les bois, leur donnant juste assez de temps pour commencer à vraiment s'inquiéter.

« Peut être qu'il a finalement obtenu un dragon. » dit Hermione.

« Des œufs de dragon ? » suggéra Harry. « Pour chacun de nous et les dresser. »

Ron fronça les sourcils. «Je suppose que j'en aurais entendu parler de Charlie si ça avait été ça. »

« C'est peut être un basilic, » répondit Hermione, d'un ton pince-sans-rire.

« Ne blague pas là-dessus, » dit Harry. « Sinon je risque vraiment de laisser tomber ce cours. »

« Un a été suffisant, hein ? » ricana Ron.

« Plus qu'assez. » répondit Harry dans un bâillement. « Quoi que ce soit, il vaudrait mieux que ça soit intéressant-et bruyant-sinon je vais encore m'endormir. »

« Et bah, à ce rythme, je vais devoir te porter à califourchon tout le chemin du retour vers la Tour Gryffondor, hein ? »

« Dans tes rêves, » lui répondit Harry avec entrain. Il se reposa contre un tronc d'arbre, fermant les yeux. C'était agréable. Si Hagrid ne revient pas bientôt, je pourrais vraiment…

Un grognement à faire trembler les arbres et un son semblable à un chalumeau le fit se redresser aussitôt, totalement réveillé, et il bondit sur ses pieds, tout comme les autres. Les sixièmes années se rassemblèrent en groupe, alarmés par l'anticipation alors que quelque chose faisait trembler les arbres. « Je pense que t'avais raison, Ron, » dit Dean. « A propos du dragon. »

Hermione jeta un regard vers le sous-bois, et sa mâchoire tomba de surprise. « Oh, par la barbe de Merlin, » murmura-t-elle.

« Hermione ? Traduction, s'il-te-plaît ? » lança Ron, d'une voix tremblante derrière Harry.

« Hmm…et bien, tu avais en partie raison, Ron » répondit-elle. « En fait, tu avais un tiers raison. »

« Quoi ? »

Un jet de feu incendia plusieurs branches d'arbres, mais Hermione lança un sort d'arrosage tout en se reculant en hâte. Emergeant des arbres au bout d'une longue chaîne tirée par Hagrid, ils découvrirent une des plus étranges et intimidantes créatures qu'Harry n'avait jamais vues. Au début, il n'arrivait pas à voir de quoi parlait Hermione. Bien qu'elle crachait du feu, cette créature n'avait rien à voir avec un dragon. En fait, sa tête était celle d'un lion. Ses pattes avant et son corps, jusqu'aux sabots, semblaient être ceux d'un…un cerf ? Une chèvre ? Et son arrière-train et sa queue…oh, voilà ce que voulait dire Hermione.

La fin de l'animal appartenait bien à un dragon.

« Reculez, reculez ! » les avertit Hagrid, tirant fortement la corde alors que la créature tentait de rôder autour de la clairière dans laquelle ils se tenaient. Les élèves ne se le firent pas dire deux fois. « Bien. Quelqu'un peut deviner ce que c'est ? »

Personne ne leva la main. Seule une classe bouche-bée pleine d'yeux horrifiés fixait Hagrid. « Tu ne sais même pas ! » siffla Ron à Hermione avec surprise.

« Oh si, je sais, » murmura Hermione, reculant loin de cette chose. « J'espère juste que je vais me réveiller. »

« Oh allez Hermione, de tout le monde ici, tu devrais savoir ! » dit Hagrid.

Déglutissant convulsivement, Hermione parla très lentement comme pour éviter d'attirer l'attention de la créature. « C'est une Chimère. »

« Une quoi ?! » s'exclama la moitié de la classe.

« Parle plus fort, Hermione ! »

« Une Chimère ! » répéta-t-elle plus fort, et tout le monde frissonna alors que la créature tourna sa tête de lion vers eux.

« Tout à fait, Hermione. Spectaculaire, hein ? » répondit Hagrid avec un signe de tête vers la Chimère avec une appréciation évidente. « Terriblement dur d'avoir des œufs, mais j'ai eu finalement de la chance avec cette beauté ! Déjà à sa taille adulte, mais elle avait besoin d'un habitat. »

« Je ne demanderai pas ce qui est arrivé à son ancien habitat, » dit Hermione faiblement.

Hagrid entoura la chaîne autour d'un arbre et jeta à la Chimère un mouton mort entier, qu'il portait sur son épaule. Harry avait pensé qu'un corps pareil aurait gêné la Chimère à se déplacer rapidement, mais en la regardant bondir sur la carcasse et la déchiqueter en quelques secondes, il réalisa qu'il s'était trompé. « Donc, Hagrid, » dit Parvati, tentant de ne pas regarder la scène. « Qu'est-ce qu'on va apprendre exactement avec cette chose ? »

« La même chose que je vous ai déjà montré – la garder, la nourrir, la diriger- sans vous faire tuer ! » Hagrid semblait très satisfait de lui-même, et de leurs réactions horrifiées. « Estimez vous chanceux. J'ai entendu que le Lord Vous-Savez-Qui avait lui-même un cocatris. » Hermione laissa échapper un couinement consterné. « Je pourrais moi-même en trouver un, avec un peu de travail, mais la Chimère était facilement disponible. »

« J'espère que vous vouliez dire relativement. « dit Harry.

« Hé bien oui. Maintenant, Hermione, tu pourrais m'assister pour une petite démonstration ? »

La mâchoire d'Hermione en tomba et elle regardait éperdument le reste de la classe. « Désolé, j'aurais bien choisi quelqu'un d'autre, mais tu étais la seule qui savait ce qu'elle est. »

De façon prévisible, la curiosité prit le pas chez Hermione. « Comment savez-vous que c'est une femelle ? La tête de lion a une crinière. »

« Bien pensé, cinq points pour Gryffondor ! » dit Hagrid, et les Gryffondors échangèrent des regards satisfaits. Peut être que finalement, ça ne serait pas le cauchemar auquel ils s'attendaient. « Toutes les Chimères ont une crinière, mais on peut distinguer les femelles des mâles par leur queue. Comme les dragons, les femelles ont une queue pointue pour chasser les ennemis loin de leur nid. Allez, Hermione viens, ne sois pas timide. »

« Qu…qu'est-ce que je fais ? »

« Viens juste là, je ne la laisserais pas te blesser ! Maintenant. Je suppose que tu connais la légende ? »

« Bellérophon ? Oui. Il attaqua la Chimère avec Pégase et la tua. »

« Tout juste. Mais ce que la légende ne dit pas toujours est que les Chimères ont un angle mort. Elles ne peuvent pas regarder directement derrière elles à cause de leurs épaules de chèvre. » Hagrid attira Hermione plus près. « Là, celle ci me connaît, donc elle va vouloir garder un œil sur toi. Tout ce que tu auras à faire est de rester bien derrière elle. »

Hermione fixait la queue acérée. « Et par rapport à ça ? »

« Une autre bonne remarque. Tu vas devoir rester hors de portée de la queue. N'aie pas peur. » dit Hagrid, détachant la chaîne de l'arbre. « Je la tiendrais bien. Prête ? »

« Heu… »

« Bien. Derrière elle, maintenant ! » Hagrid fit trotter la Chimère, grognant et protestant, dans la clairière Harry et les autres se hâtèrent de se mettre ce qu'ils pensaient être à bonne distance.

La Chimère, comme Hagrid l'avait prévu, planta ses yeux directement sur Hermione, qui se précipita derrière la créature. « Attention ! » hurla Ron alors que la Chimère devenait folle furieuse, tirant sur la laisse d'Hagrid et tentant de regarder par-dessus son épaule pour voir où était l'étrangère.

Les yeux d'Hermione étaient ouverts grands comme des soucoupes, mais elle gardait son sang-froid, comme Harry et Ron s'y étaient attendus, et à force de se mouvoir rapidement, elle réussit à rester hors du regard de la Chimère. D'autre part, cela rendit la Chimère encore plus agitée, et Hermione était trempée de sueur et haletante au moment où Hagrid fit une halte.

« Bien joué, Hermione, bien joué ! Dix points pour Gryffondor ! » dit-il en ramenant la Chimère.

Malfoy murmura quelque chose comme « préférences », mais Harry l'ignora. Regarder la danse d'Hermione autour de la Chimère l'avait rendu nauséeux. Il tapota son épaule alors qu'elle rejoignait le groupe, gardant son autre main contre l'arbre près de lui. Le reste des Gryffondors, Ravenclaws et Poufsouffles applaudissaient avec enthousiasme alors qu'Hagrid mena la Chimère plus loin.

« Quel est son nom, Hagrid ? » demanda Neville quand il retourna auprès du groupe.

« Je ne sais pas exactement, Neville. Je l'ai eu seulement la nuit dernière. Des idées ? »

« Hellfire ! » suggéra Dean.

« Hera ! »

« Brunhilda ! »

« Touffu ! »

« Déjà un Touffu, désolé Deamus. » dit Hagrid. « Pour vos devoirs, tout le monde devra écrire la bonne méthode pour approcher une Chimère, et ne pas juste l'éviter comme Hermione, mais pour l'approcher. Et une suggestion de nom ! Le meilleur gagnera vingt points pour sa Maison ! »

« Il est bon à ça, » soupira Ron.

Alors qu'Hagrid libéra la classe, il remarqua Harry qui s'appuyait lourdement contre l'arbre. « Suis le reste des élèves, Malfoy ! Et avec tes amis ! Tout va bien, Harry ? » demanda-t-il, se dirigeant vers lui.

Harry aurait souhaité pouvoir se tenir parfaitement debout, mais à chaque fois qu'il essayait de quitter l'arbre, il chancelait dans l'autre direction. « Juste un peu la tête qui tourne. »

« Hmm. Pourquoi tu ne viendrais pas t'assoir un peu avant de repartir ? Il fait plutôt chaud dehors, » dit Hagrid, offrant une main en guise de support.

Harry avait l'impression d'être un poids, souhaitant que Ron et Hermione ne lui tournent pas autour comme s'il pouvait se briser comme du verre, mais il admit à lui-même qu'il ne pourrait pas aller bien loin tout seul. Il lança un soupir, récoltant une petite tape d'Hermione, et dit « Merci » et laissa Hagrid le mena vers sa cabane.

La marche l'exténua. Enormément. Arrivés aux marches puis à l'intérieur, Harry tremblait légèrement et se sentait faible. « Harry, tu n'as pas l'air bien du tout » dit Hermione calmement alors qu'Hagrid le conduisit vers ce qui servait probablement au demi-géant d'un fauteuil, mais pour Harry c'était plus qu'assez pour pouvoir s'allonger.

« Je me sens pas très bien. » admit-il, et il posa sa tête sur le bras du petit sofa, allongeant ses jambes.

Hagrid le regardait avec une expression grave inhabituelle alors qu'il lui ramena un verre d'eau. Harry le bu avec gratitude. « Je devrais peut être appeler Madame Pomfrey, Harry. Tu t'es probablement surmené aujourd'hui. »

« Non, » répondit Harry rapidement, avalant une autre gorgée d'eau. « Vraiment, Hagrid, Hermione, ça va aller. J'ai juste besoin de m'allonger un moment. »

Ron se tenait près de la porte, mordillant ses lèvres, mais soudainement il jeta un regard vers la fenêtre et s'écria « Hé ! Malfoy ! »

« Oh, pour l'amour de… » Hagrid d'élança vers la porte. « Je vous ai dit à tous les trois de vous en aller ! Dix points en moins pour Slytherin ! Allez, retournez au château ! » Ce fut assez pour laisser Harry, Ron et Hermione songeurs ; même quand le groupe de Malfoy agissait pour le pire, Hagrid ne donnait que rarement une vraie punition.

Ron aidait Harry à enlever ses robes, et Hermione lissait méthodiquement sa cravate de Maison et desserrait le col de sa chemise quand Hagrid revint avec un tissu humide. « Plein le dos de cette band, » grogna-t-il. « Après ce que ce personnage, Lucius, à fai à Harry… » il secoua la tête et se mit à éponger le visage humide de sueur d'Harry. La mauvaise humeur d'Harry s'évacuait rapidement, tout comme l'intérêt qu'il portait à ce qui l'entourait. Il était simplement trop fatigué. « Je peux rester avec lui si vous avez besoin d'aller ailleurs, » dit Hagrid à Ron et Hermione alors qu'Harry posa sa tête sur les coussins du sofa.

« Ca va si on reste ? » demanda Ron immédiatement.

Hagrid leur sourit. « Bien sûr. Prenez une chaise. Tu peux dormir, Harry. T'en as besoin. »

« Merci, Hagrid, » marmonna Harry, et il laissa ses paupières tomber devant ses yeux.


« Harry ? Tu m'entends ? Tu peux ouvrir les yeux ? » Une voix inquiète, vaguement familière pénétra dans les rêves sombres d'Harry, le tirant à contrecoeur d'un sommeil incroyablement lourd et profond. L'endroit dans lequel il se réveilla n'était pas vraiment agréable il avait froid, il se sentait moite et faible. Pris de frissons, il essaya d'émerger. « Bon sang » murmura la voix. « Je n'arrive pas à le réveiller. »

« Laissez-moi voir, Hagrid. » dit une autre voix, et une main fraîche toucha le front d'Harry.

« J'ai l'impression qu'il est chaud. »

« Il est brûlant. On doit l'amener tout de suite à l'infirmerie. »

« Madame Pomfrey va le tuer. Vas-y Hermione, tu peux dire que tu nous l'avais bien dit. »

« Oh, tais toi Ron ! Je n'ai aucune intention de dire quoi que ce soit. »

« Assez, vous deux ! Je vais aller chercher Madame Pomfrey. Vous restez avec lui ? »

« Bien sûr. Dépêchez-vous, Hagrid. »

« Ok. Je reviens. »

Le corps tout entier d'Harry était douloureux et faible. Il voulait à tout prix replonger dans le sommeil, mais les voix refusaient de le laisser, et maintenant quelqu'un passait un linge humide sur son visage. « Allez, Harry, ouvre les yeux ! »

Cela lui rappela quelque chose, mais il ne pouvait pas dire quoi. Tout ce qu'il savait était que ça lui faisait peur. « Non… » marmonna-t-il et il tressaillit. Il ne voulait rien avec un goût étrange dans sa bouche. Il se souvenait de ça, et qu'il n'en voulait pas.

« Chut, Harry, tout va bien. Ca va aller. Ron, ramène sa veste. Il tremble. »

« C'est une bonne idée, vu qu'il est aussi chaud ? »

Un vêtement chaud et sec fut posé sur Harry, mais il continuait à trembler. « Je ne sais pas si ça aide. Ooohhh…pourquoi Snape n'a pas réussi à le sortir de là plus tôt ! »

« Je ne t'avais jamais entendu parler d'un prof comme ça. Tu étais la seule à dire à Harry… »

« Je sais, je sais. C'est juste…maintenant…le voir comme ça…ça me rend en colère contre Snape pour ne pas l'avoir sauvé plus tôt, contre les Aurors pour ne pas avoir pu empêcher son enlèvement, contre Sirius pour être mort alors que… »

Le son de ce nom atteint Harry à travers le brouillard fiévreux comme un éclair, une lumière aveuglante qui le brûla, et il sursauta. « Oh Harry, Harry, je suis désolée, je ne savais pas que tu…Harry ? »

« Je pense que c'était juste d'avoir entendu son nom. Il ne semble pas nous reconnaître. »

Une main caressa ses cheveux trempés de sueur. Une voix très calme murmura « Et je suis encore plus en colère contre Dumbledore pour avoir laissé tout ça arriver. »

« Bon sang. Je ne t'avais jamais entendue parler comme ça avant. »

« Maintenant oui. Je suis fâchée contre tout le monde. Il n'aurait jamais du avoir à faire avec tout ça, Ron. Ce n'est pas juste. Tu n'es pas en colère ? »

Il y eut un long silence.

« Ouais. Ouais, je suppose. Mais contre moi. »

« Toi ? »

« Ouais. Pour ne pas avoir fait plus. J'ai l'impression que je ne lui aie jamais fait du bien. »

« Oh, Ron... »

Un lourd craquement se fit entendre, puis d'autres voix arrivèrent dans la pièce. « Oh, sérieusement, M. Potter, je ne vous laisserais plus jamais hors de ma vue ! »

Harry grimaça la voix lui rappelait quelqu'un, et le souvenir n'était pas vraiment agréable, mais une des voix déclara « Madame Pomfrey, s'il-vous-plaît, il dél… »

Une main toucha son front à nouveau, puis ses joues et sa nuque. « Calmez-vous, Miss Granger, je ne vais pas le manger. Il doit être amené à l'infirmerie immédiatement. »

« Je vais le porter. »

La chose suivante qu'Harry savait, il était soulevé dans une paire de bras énormes et musclés et reposait contre une poitrine massive. Il marmonna et lutta faiblement. « C'est bon, Harry ! C'est juste Hagrid. Laisse-le te porter. »

Pendant un moment, Harry lutta contre les bras qui le portaient, il ne pouvait pas distinguer ce moment d'un autre plus moment éprouvant. Mais lorsque la force de lutter le quitta, il perçut dans son esprit groggy et confus que cette situation était différente. Il était déplacé gentiment, pas balancé et tiraillé comme avant, il flottait plutôt cette fois dans les bras qui le supportaient. Et qui le portaient bien serrés et avec douceur, pour qu'il n'aie pas peur de tomber. « Tout va bien, Harry. Je te tiens. Calme-toi. »

Ce qu'il fit, sa tête reposant contre une épaule massive, avec une barbe broussailleuse qui chatouillait son visage, et il se rendormit.

A suivre…

La prochaine fois : Tous ceux qui pensent prendre avantage de la faiblesse d'Harry devraient y réfléchir à deux fois, car le Garçon-Qui-A-Survécu n'est pas seul. Et un ancien professeur de DCFM pas vraiment regretté reçoit une réception plutôt glaciale lorsqu'il tente de montrer à nouveau son visage à Poudlard. Tout ça, et bien plus, dans le chapitre 6 : A tes Côtés, derrière toi.