Disclaimer : HP ne m'appartient pas, tout comme cette fic que je ne fais que traduire. Elle appartient à Jocelyn.
Sans plus attendre, voici la deuxième partie de ce chapitre. Merci à tous pour les retours nombreux que j'ai eus pour la première partie, vos review m'ont fait chaud au cœur ! Merci !
Un merci tout particulier à Karozthor the Necromagus (qui, clamons le haut et fort, n'est pas une lectriCE, encore désolée), à Zeugma412, à stormtrooper2, à Daidaiiro30, à AEIO10, à Mini-Yuya et à chizuru300 !
Chapitre 9 : C'est la tête de qui d'abord ? (partie 2)
Harry passa la majorité du week end à travailler d'arrache-pied sur son devoir de Défense spécialisée. « Au moins le sujet est intéressant. » dit-il à Ron tout en s'asseyant autour d'une table dans la salle commune, avec bon nombre de membres Gryffondor de l'A.D.
« Plus ou moins, mais c'est franchement brutal ! » se plaignit Ron.
« C'est toujours mieux que ces trucs de logique qu'elle n'arrête pas de nous donner. C'est quoi, l'intérêt ? »
« Oh, honnêtement, vous deux, » dit Hermione. « Etre un Auror, ce n'est pas qu'une question de pouvoir lancer des sorts le plus vite possible! »
« Ah bon ? » lança Seamus, hilare.
« Non ! » le réprimanda Hermione. « C'est surtout une question de savoir quoi faire et quand le faire, et être capable de réfléchir vite et de résoudre des problèmes en étant créatif. »
Harry repensa à ce que le Professeur McGonagall lui avait dit lors de la séance de conseils de carrière, sur les tests de personnalité et d'aptitude. Il tira vers lui le parchemin recouvert de problèmes, tout en fronçant les sourcils. Parlait-elle de ce genre de chose ? « Qu'est-ce qu'il y a, Harry ? » demanda Neville. « Tu es coincé ? »
Il fronça les sourcils. « J'étais juste en train de penser à quelque chose que le Professeur MacGonagall m'avait dit pendant les conseils pour notre future carrière, sur l'entraînement des Aurors. Elle avait dit qu'on devrait passer des tests de personnalité et d'aptitude, et qu'on aurait à démontrer notre capacité à bien réagir sous la pression. Et ça veut dire plus de cours et plus d'examens après avoir quitté Poudlard. »
Hermione pencha sa tête vers lui, comme si elle saisissait des choses qu'il ne disait pas. « Tu es vraiment sérieux sur tout ça, hein ? Devenir un Auror ? »
« C'est la seule chose à laquelle je suis bon, » grogna-t-il.
« Ce n'est pas une bonne raison, Harry, tu devrais choisir quelque chose qui te plaise vraiment ! »
Harry chassa ses mots d'un geste de la main. « Je veux être un Auror. Mais ca sera juste de la chance si j'y arrive. »
« Ne dis pas ça ! » protesta Ron. « Tu es bon à plein de choses ! »
« Comme quoi ? » demanda-t-il d'un ton amer, bien qu'il réprimait un léger sourire.
Ginny, assise dans un des fauteuils, en plein travail de son devoir de Métamorphose avec Bastet installée sur son épaule, répondit « Je parie que tu pourrais jouer dans une équipe de Quidditch professionnelle, Harry. Tu es un super bon Attrapeur. »
Harry mit son devoir de côté. « Quiddicth… » murmura-t-il, pensif.
« Elle a raison, Harry, tu aurais des recruteurs de tous les côtés s'ils apprenaient que tu désires jouer en sortant de Poudlard. » enchérit Ron. « Tu n'as pas à combattre des mauvais gars toute ta vie, si tu ne le veux pas. »
« Je n'ai jamais vraiment pensé à jouer au Quidditch toute ma vie non plus. » répliqua Harry.
« De tous les gens que je connais, toi seul obtiendrait le poste. » répondit Ron.
« Dans tous les cas, » les coupa Hermione, « la seule chose que vous devez obtenir maintenant, c'est des bonnes notes à ce devoir ! »
« Oui, Professeur Granger ! »
« Va te faire voir, Ron ! »
Harry se mit à parcourir rapidement la partie concernant les Aurors dans son manuel de Défense spécialisée pour se distraire et ainsi éviter de lancer des sorts à ses deux amis. La consigne de son devoir était un simple scénario :
Un Auror reçoit un rapport indiquant qu'un criminel sorcier recherché a été aperçu autour d'une maison. Il arrive sur les lieux et trouve la maison apparemment déserte. Indiquez toutes les premières actions possibles que l'Auror devrait prendre, et listez brièvement les avantages et inconvénients de chacune, enfin indiquez quelle réponse vous choisiriez et pourquoi.
Hermione lisait le chapitre sur les Procédures basiques chez les Aurors, et comptait ses réponses. « T'en as combien ? » lui demanda-t-il.
Elle finit de compter toutes ses réponses. « Quatorze. »
« Bon sang, Hermione ! » s'exclama Ron.
« Oh, donne-moi ça, Ron, » lui répondit-elle d'un ton irrité, en lui prenant son parchemin. « Tu as oublié de demander aux voisins s'ils ont vu quelque chose de suspect. »
« Comment sait-on qu'il y a des voisins ? » demanda Neville.
Harry fronça les sourcils. « Ca ne dit pas où se trouve la maison. »
« Alors on doit imaginer qu'il y a des voisins ? »
Hermione haussa les épaules. « Etant donné ce qu'on a vu du Professeur Smythe-Wellington, je prendrais toutes les précautions si j'étais vous. »
Sa réplique fut suivie de gloussements autour d'elle. « Bon point, » admit Harry, qui se mit à écrire : En supposant qu'il y ait d'autres maisons dans les environs, l'Auror pourrait demander aux voisins s'ils ont vu le criminel. Avantages : cela pourrait donner à l'Auror une indication sur le lieu où se trouve le criminel. Inconvénients : les voisins pourrait paniquer et avertir le criminel qu'un Auror est présent.
Ron prit également le conseil d'Hermione. « Elle n'est certainement pas Ombrage, mais avec elle, c'est pas une mince affaire non plus. »
« C'est certain. »
La première chose qu'Harry fit ce lundi matin avant son cours de Défense fut d'aller au bureau du Professeur Smythe-Wellington afin de lui rendre son devoir en retard du premier cours. Ce devoir, à lui tout seul, lui avait prit six heures, complété grâce à Hermione qui l'a vérifié, mais finalement il était plutôt fier de lui. Smythe-Wellington le prit avec un grognement, et le congédia.
Harry fut surpris dans le couloir de croiser Maugrey Fol'œil. « 'jour, Potter. » lui lança Maugrey, se dirigeant vers le bureau de Smythe-Wellington. A travers la porte entrouverte, Harry l'entendit mugir « Priscilla Smythe, sublime créature, tu nous abandonnes pour cette maison de fous ? »
« Alastor, vilaine bête sexy, viens ici ! »
Harry ne fut pas le seul élève à stopper net dans le couloir au son d'un tel échange, puis de se diriger en hâte vers les escaliers dans un effort désespéré de ne pas en entendre plus !
Ce jour ci, il se trouve qu'ils eurent des invités dans le cours de défense : une poignée d'Aurors, dont Maugrey, et deux membres de l'Assemblée magique française, ainsi que des Aurors français. Ron, Dean, Neville, Susan Bones et Michael Corner étaient en train de leur parler de l'AD quand Harry arriva. « Et, bien sûr, c'était Harry qui faisaient l'enseignement. » disait Neville avec fierté.
Fol'œil hocha la tête vigoureusement. « Bien pensé, Potter, bien vu l'année dernière. Tu voulais faire ça, tu t'es relevé les manches et t'as géré tout ça tout seul. Tu pourrais bien avoir aidé à sauver quelques vies dans le futur. C'est déjà probablement le cas. »
Harry sentit ses joues se colorer alors que tout le monde le fixait. « Bah…c'était l'idée de Ron et Hermione, vraiment. »
« Modeste, en plus. » entendit-il quelqu'un murmurer, et il soupira en son for intérieur.
Plus tard (dans une tentative de redonner le sourire à Harry), Ron et Hermione plaisantèrent qu'il serait inespéré que le destin ne prenne cette opportunité en or pour donner à ces visiteurs un exemple parfait de la connexion entre Harry et Voldemort. Au milieu de la classe, lorsque le Professeur Lupin les firent travailler par deux dans des duels basiques avec des sorts de Stupéfixion, de Bouclier et de Désarmement, Harry fut touché dans le dos (Malfoy et Blaise Zabini formait un duo derrière lui) par un Expelliarmus alors qu'au même moment, Neville lui lança un Stupefix.
Le panneau délabré indiquant l'Allée des Embrumes était juste en face d'Harry qui attendait. Des sorciers en robe noire se déplaçaient silencieusement vers leur position devant lui, leur attention fixée sur la petite porte double du grand bâtiment de pierre.
« Nous serons prêts à attaquer dans un instant, seigneur, » chuchota l'un des hommes les plus proches d'Harry.
« Il n'y aura aucune erreurs, Avery, ou tu en subiras les conséquences, » dit Harry d'une voix froide et cruelle.
Avery frissonna. « Aucune erreur, mon Maître, je vous le promets. Malfoy et les Lestrange vont annuler les défenses des gobelins dans moins d'une minute. »
Harry se mit en marche, dépassa l'homme qui tremblait, baguette à la main dans ses longs doigts fins. « Soyez prêts à mon signal… »
« HARRY ! » Il était secoué avec vigueur. « Harry, réveille toi ! »
« Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez ce gosse ? »
« Il a eu une vision ! Vous-Savez-Qui se prépare à quelque chose ! »
« Reculez, vous tous ! Harry ? »
Harry força ses yeux à s'ouvrir, et il fit face à un Remus Lupin anxieux penché sur lui, lui secouant doucement les épaules. Il tenta de parler alors que Lupin l'aida à s'assoir. « Voldemort…Allée des Embrumes…attaque quelque chose… »
Lupin agrippa ses épaules, plantant son regard dans le sien. Maugrey se tenait juste derrière eux. « Qu'est-ce que tu as vu Harry ? Vite…tout ce que tu peux te rappeler ! »
Harry ferma les yeux. Il fallait faire vite, ils étaient sur le point de lancer l'attaque. Il pouvait sentir l'impatience de Voldemort à travers sa cicatrice. « Un panneau de l'Allée des Embrumes avec la peinture écaillée…ils sont très près de la fin de l'allée, sur le côté il y a un grand bâtiment en pierre…d'une couleur claire…ça ressemble à une entrée à l'arrière d'un bâtiment, les portes sont petites. Ils ont dit que Malfoy et les Lestrange abaisseraient les défenses des gobelins… »
Maugrey se redressa soudainement. « L'entrée des gobelins de Gringotts ! Vite, on y va ! » Il y eut des pas qui se dirigeaient en hâte vers la porte. Harry prit sa tête dans ses mains, frottant sa cicatrice. Sa tête le martelait au rythme des bruits de pas qui s'agitaient.
« …Harry ? Tu m'entends ? » Il avait du s'évanouir à nouveau. Il se trouva avachi contre les épaules du Professeur Lupin. Quelqu'un lui frottait le dos.
« Désolé, » marmonna Harry. « La tête qui tourne… »
« Là. Détends-toi. Mets ta tête entre tes genoux, voilà. » dit Lupin dans un ton qui lui rappelait Mme Weasley. « Respire profondément. Les Aurors ont eu ton avertissement, laisse les s'en occuper. Concentre toi sur ta respiration. »
« Ils les…ont eu ? »
« Pas encore de nouvelles.» lui répondit Hermione, juste derrière lui. « Ils viennent de partir. »
« Tu as dit qu'un Malfoy était avec eux ? » demanda quelqu'un.
« Hé ! Silence ! » lança Lupin d'un ton sévère. « Il n'y aura aucune discussion sur les avertissements d'Harry, ni dans les salles de classe, ni dans les couloirs, ou encore ailleurs. Si j'entends quiconque en parler, cette personne fera perdre cinquante points à sa Maison. »
Des halètements de surprise et aussi d'admiration se firent entendre, à travers lesquels Harry entendit Draco murmurer « Qu'est-ce qu'on s'en fiche, Potter est complètement cinglé de toute façon. »
Mais Lupin était trop affairé à s'inquiéter pour Harry pour l'entendre. « As-tu besoin d'aller à l'infirmerie, Harry ? »
Harry secoua la tête, tentant de se lever. « Non, ça va aller. »
« Tu es sûr ? » dit Ron, tendant une main au cas où Harry se mettrait à chanceler. « T'as l'air un peu plus faible que la dernière fois. »
« Je ne vais pas aller à l'infirmerie à chaque fois que ça arrive, ou alors autant m'y installer définitivement. » répondit Harry avec colère.
Ron resta imperturbable. « Ca ferait plaisir à Mme Pomfrey. »
Avec un gloussement, le Professeur Lupin s'assura qu'Harry n'allait pas s'effondrer dans les minutes à venir, et libéra la classe. Mais, comme Harry pouvait s'y attendre, il lui demanda de rester. « Ron a raison, Harry, tu sembles un peu faible après cette vision. »
Harry haussa les épaules, allant inspecter le Strangulot qui avait retrouvé sa place d'honneur dans l'aquarium sur le bureau de Lupin. « Peut être qu'il essayait d'occluder son esprit pour m'empêcher de voir tout ça, et que ça n'a pas marché. » Il regarda Remus par-dessus son épaule et sourit. « Donc si je commence à hurler et fulminer comme un fou furieux, ça voudra sûrement dire qu'on l'a eu. »
Remus sourit, et vint à côté d'Harry. « En tout cas, tu devras accorder à l'Occlumencie toute ton attention ce soir. La valeur de ces visions ne doit pas être au détriment des risques qu'il t'en coûte de partager les pensées de Voldemort. »
Harry fronça les sourcils. Il n'appréciait pas vraiment la cohabitation de son esprit avec celui d'un monstre à chaque fois qu'il perdait connaissance, c'était certain, mais d'un autre côté…
« Mais on a perdu Snape comme espion à cause de cet été. Ne devrait-on pas trouver un autre moyen de savoir ce qu'il se passe ? »
La température dans la pièce sembla chuter considérablement. « Tu n'as pas à faire ça, Harry. » dit Remus d'une voix sévère qui ne suffisait pas à faire oublier à Harry la lueur de peur dans ses yeux. « Tu n'es pas une arme qui peut être utilisée à loisir contre Voldemort, sans aucune considération pour ta sécurité. Avant même que Severus Snape ne retourne de notre côté, le Porfesseur Dumbledore avait des moyens pour traquer les faits et gestes de Voldemort. On va s'en occuper. »
Tout celait était censé, bien sûr, mais Harry se sentait un peu rebelle. C'était la chose la plus utile qu'il arrivait à faire pour l'Ordre, mettant de côté se faire capturer, la couverture de Snape dévoilée, la mort de son oncle, la mort de Sirius – Remus agrippa son bras. « Je sais à quoi tu penses Harry. »
« Alors c'est vous le Legilimens maintenant ? » demanda Harry d'un ton amer.
« Ce n'est pas ta faute, ce qui s'est passé l'été dernier. Ce n'est pas ta faute que Severus ait été forcé de se dévoiler. Ce n'est pas ta faute que ton oncle ait été tué. Et ce n'est pas ta faute si Sirius est mort dans la bataille. » Harry tressailli et tenta de reculer, mais Remus ne le lâcha pas. « Tu n'as rien à te reprocher. »
Harry regarda Remus, et fut bouleversé par l'intensité de l'émotion dans ses yeux. Il déglutit difficilement, et lui répondit calmement. « Toi non plus. »
Au cours de Soins aux Créatures magiques, Harry se vit incapable d'éviter son tour de la « Dance de Daisy », comme l'avait nommée Seamus et Dean. Ils apprenaient en effet à la nourrir, lui faire un abri, la guider et la maîtriser – ce qui requérait des talents d'esquive et de course poursuite considérables pour rester hors de son champ de vision lorsqu'elle était grincheuse.
Et elle était toujours grincheuse.
Harry réussit à s'occuper de la Chimère avec uniquement quelques légères brûlures sur sa robe (et un ego quelque peu roussi – Ron trouvait cela hilarant), mais il était par contre tendu par le fait qu'aucune nouvelle (même à travers sa cicatrice) ne lui soit parvenue concernant ce qu'il s'était passé dans l'Allée des Embrumes.
Et ce fût donc avec un esprit hautement instable qu'il se dirigea péniblement en direction des cachots pour sa leçon d'Occlumencie après le repas. Le Professeur Lupin était à la table des Professeurs lorsque Snape surgit et aboya sur Harry. « Potter ! Mon bureau, immédiatement ! »
Un gloussement sonore se fit entendre de la table des Slytherins lorsqu'Harry se leva. « Bon sang, qu'est-ce qu'il a encore fait, le binoclard ? »
Harry lança un regard rapide vers la table des Professeurs tout en trottant derrière Snape il vit le Professeur Lupin le regarder. Dumbledore ne les regardait pas – probablement pour garder l'illusion qu'Harry était discipliné, il se l'avoua pour lui-même – mais les lèvres de Remus se redressèrent dans un sourire d'encouragement à peine perceptible. Harry soupira doucement lorsqu'ils sortirent du Grand Hall et se dirigèrent vers les cachots. Dumbledore pouvait bien ne pas se soucier de l'opinion d'Harry, mais toute son amertume et son ressentiment ne pouvaient pas surpasser l'avertissement de Remus. Remus comprenait à quel point Harry ne voulait désespérément pas être face à Snape et l'Occlumencie. Et il laissait savoir à Harry qu'il comprenait, c'était au moins ça.
L'attitude de Snape semblait se refroidir à mesure qu'ils descendaient vers les cachots à travers les couloirs de pierre humide. Il ouvrit la porte de son bureau si violemment qu'elle claqua contre le mur et il ordonna « Entrez, Potter. » Il referma la porte de la même manière. « Asseyez-vous. »
La façon dont Harry se sentait la première fois qu'il était arrivé dans le bureau de Snape pour l'Occlumencie n'était rien par rapport à ce qu'il ressentait maintenant. Mais ce n'était pas pour les raisons que quiconque aurait pu s'attendre : ce n'était pas à cause de la façon dont il était parti la dernière fois, avec Snape qui lui jetait des choses après qu'il ait fouiné dans la Pensine, ou même à cause de la manière dont Snape avait traité Sirius. Ce n'était même pas du fait des événements de l'été et de la dette indéniable qu'il lui devait. C'était l'idée que lorsque Snape envahirait l'esprit d'Harry, il y verrait Sirius tomber à travers le voile.
Et il n'y avait aucun doute dans l'esprit d'Harry lorsqu'il s'assit sur la chaise en face du bureau de Snape, en voyant toute l'amertume couver dans le regard froid et noir du Maître des Potions, que Snape avait l'exacte intention de le faire.
Hermione avait tord. Snape ne sera pas plus correct à cause de l'été dernier…il me déteste plus que jamais. Je lui ai fait perdre son travail. Il est aussi inutile pour l'Ordre maintenant qu'il le disait de Sirius.
« Sous les ordres du Directeur, M. Potter, vous allez reprendre vos leçons d'Occlumencie. » déclara Snape d'une voix grondante. « Je peux vous assurer que ce ne fût que lorsque le Directeur ne le formule comme un ordre explicite que j'ai accepté cela, après la façon dont vous avez envahi ma vie privée et mes possessions au cours de vos dernières sessions. » Harry mordit sa langue afin d'éviter de se défendre, mais Snape continua « Comme, visiblement, vous semblez ne pas avoir saisi cela, je réitère le fait que dès lors que vous me parlerez, vous m'appellerez « Monsieur » ou « Professeur », et ce à chaque fois. »
« Oui, Monsieur. » dit Harry d'une voix basse, s'y étant préparé.
Pendant un court instant, Snape sembla surpris de l'obéissance d'Harry, mais il poursuivit. « De plus, quelques règles supplémentaires vont être établies – et je vous promets Potter, si vous les enfreignez à nouveau, vous le regretterez. Si quiconque vous demande, vous effectuez des retenues pour avoir enfreint le règlement, les détails sont inutiles. M. Filch viendra vous chercher et vous escorter vers les cachots. Il ne vous sera pas permis d'être seul dans mon bureau pour quelque raison que ce soit, puisqu'on ne peut pas vous faire confiance pour garder vos doigts hors des objets personnels d'autrui. »
Ca aussi, Harry s'y était attendu, et il ne réagit pas. Snape continua « Entendez-moi bien, Potter. Le directeur peut bien être convaincu que vous donner ces leçons est vital pour l'effort de guerre, mais si vous franchissez à nouveau les limites, vous souhaiterez avoir été tué au Ministère l'année dernière. »
Le rictus de Snape s'agrandit lorsque Harry ne put éviter de sursauter, et il su que, pour Snape, cela valait bien tout ce qui est arrivé avant, bien que – pour une raison inexpliquée – il avait choisi de prétendre qu'avoir sauvé Harry n'était jamais arrivé. Harry voulut désespérément sortir de la pièce.
Mais quelque chose l'arrêta. Il n'était pas très sûr de quoi peut être le sourire encourageant de Remus. Ou alors c'était le fait que tout le monde lui disait à quel pont ces leçons sont importantes. Ou bien il s'agissait de la colère de Sirius lorsqu'il avait apprit que Snape avait arrêté ces leçons.
Peut être que c'était l'été dernier.
Dans tous les cas, Harry s'entendit répondre « Oui, Monsieur. » Qui lui donna la légère satisfaction de voir Snape avoir une expression de sincère perplexité.
Qu'est-ce que vous pourriez me faire que vous ne m'ayez pas déjà fait, Mangemort ? Vous pensez que prendre des ponts ou même me jeter dehors à nouveau va changer quoi que ce soit à la mort de Sirius ? Vous pensez vraiment que vous pouvez m'intimider à l'école alors que je vous ai vu utiliser le Sortilège de Mort ?
« Debout alors, Potter. Sortez votre baguette. Vous savez ce que vous avez à faire…ou du moins vous devriez, si par miracle votre esprit a gagné ne serait-ce qu'un minimum de discipline ces derniers mois. »
Harry soupira. L'année dernière, il lui était impossible de se détacher de sa colère. Maintenant, cette colère n'était plus le problème. Il aurait aimé qu'elle soit toujours là.
« Un, deux, trois…Legilimens ! »
C'était pire que ce à quoi Harry s'était attendu. Il ne put vider son esprit. Tout ce qu'il pouvait ressentir était l'effroi et le désespoir alors que l'image du bureau s'évanouissait de devant ses yeux et que des images de ses souvenirs firent surface…
Tout ce que Snape et Harry virent s'était produit l'année dernière. Du sang qui coulait de sa main alors qu'il écrivait Je ne dois pas dire de mensonges pendant sa retenue chez Ombrage…il était au square Grimmaurd, criant sur Ron et Hermione...il était devant le Magenmagot, à l'audience de son éventuelle expulsion, tentant de s'expliquer sur les Détraqueurs…la bouche du Détraqueurs à quelques centimètres du visage terrifié de Dudley…la Gazette du Sorcier le traitait de menteur…le corps de Voldemort s'élevait du chaudron de Queudver…
Non, pensa Harry avec désespoir, son esprit se rebellant en vain, tenant de reprendre le contrôle. Non, sors de là !
Ses genoux heurtèrent le sol du bureau de Snape, et le monde refit surface. « Debout Potter ! Cela était pire que votre première leçon, n'avez-vous donc rien appris pour contrôler votre esprit ? »
Se relevant, Harry murmura un léger « Non, je suppose. »
Snape le poussa d'un geste dans le dos pour reprendre sa place. « Fermez les yeux. » Harry obéit avec un soupir. « Respirez. Encore. Plus profondément, Potter. » Harry pensa négligemment que si cela était l'idée de Snape pour qu'Harry vide son esprit ou se calme, ça ne fonctionnait pas. Néanmoins, il tenta de se concentrer. « Concentrez-vous. Videz votre esprit. Ecartez les émotions. Un, deux, trois…Legilimens ! »
Il essaya. Il essaya vraiment. Il savait que Snape prenait son temps avant de se diriger droit vers les souvenirs qui briseraient Harry – et pas ceux de l'été dernier. Le souvenir d'être torturé, humilié, drogué et enfermé dans une tombe pendant des mois ne le blessait pas autant que celui du Département des Mystères. Donc Harry lutta, essaya de garder son esprit vide et neutre, pour échapper non seulement à l'attaque en face de lui mais également à la douleur qui s'y cachait alors que l'environnement s'évapora…
L'Epouvantard/Détraqueur flottait devant lui et les sons des derniers moments de ses parents firent écho dans ses oreilles…non…il était dans le corps d'un serpent, plongeant, déchirant et attaquant Arthur Weasley…Non…Cédric Diggory au sol, son regard vide sur lui…NON…Sirius, se moquant de Bellatrix Lestrange sur l'estrade en face de l'arche et du voile…
« NON ! ». Harry se reconnecta à l'espace en même temps que ses poings rencontrèrent une surface dure et recouverte de vêtements en face de lui – puis Snape tomba au sol avec un grognement de surprise. Clignant frénétiquement des yeux, Harry haleta de surprise lorsqu'il réalisa qu'il avait frappé Snape.
Serrant les dents et tentant de reprendre son souffle, Snape se redressa sur la chaise de son bureau et balaya ses cheveux gras de son visage. Harry, pantois, la tête lourde, recoula de quelques pas. Puis Snape planta son regard sur lui, le souvenir des quelques dernières secondes de leur duel dans leur esprit, et…il sourit froidement.
Quelque chose à l'intérieur d'Harry se fissura. Il se retourna et sortit en trombe du bureau, sans laisser à Snape l'occasion de lui ordonner de revenir. Alors qu'il couru dans le couloir, le bruit de ses pas et son cœur battant ne furent pas suffisants pour ne pas entendre le ricanement derrière lui.
Ron et Hermione parlaient au Professeur Lupin, MacGonagall et à Maugrey Fol'œil dans la salle commune lorsqu'Harry y entra. « C'est horrible, » soupirait Hermione, ses mains couvrant sa bouche.
« Professeurs, vous lui ferez comprendre, n'est-ce pas ? » demanda Ron. « Vous savez ce qu'il pensera, et il ne peut pas…Harry ! » s'exclama-t-il à la vue du portrait qui laissa passer Harry.
Il su immédiatement que quelque chose de mal était arrivé, en voyant leurs expressions. La salle commune était vide. Merveilleux, une fin flamboyante à cette journée si bien déroulée. Il déglutit difficilement et se dirigea vers eux. « Je suis là. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Maugrey Fol'œil garda la tête baissée. Harry avait la gorge serrée. Remus semblait vouloir passer son bras autour d'Harry, et le Professeur MacGonagall avait les larmes aux yeux. Ron et Hermione avaient la mine grave et pâle. « Harry… » dit Remus doucement.
A ce moment là il était vraiment effrayé. « S'il-vous-plaît… » dit-il d'une voix tremblante. « Quoi que ce soit, dites-moi. »
« La vision, » laissa échapper Hermione d'une voix brisée. « Elle était fausse ! »
Une grande vague glacée d'horreur s'empara d'Harry et l'envahit. Son cœur battait tellement vite qu'il aurait pu s'échapper de son corps. Il pu à peine émettre un mot.
« Qu…qu'est-ce qui est arrivé ? »
« Un piège, » grogna Maugrey, sa tête toujours basse. « Devant l'entrée des gobelins à Gringotts. Ils savaient qu'on venait. »
Il allait vomir. D'une minute à l'autre.
Hermione lâcha la main de Ron et attrapa les épaules d'Harry. « Ce n'est pas ta faute ! » dit-elle d'une voix désespérée. Ne te blâme pas, Harry, on aurait tous dû se souvenir que Voldemort pouvait t'envoyer de fausses visions ! Personne n'a pensé à vérifier, pas même… » Elle s'arrêta net, regardant Maugrey.
Maugrey leva finalement la tête et regarda Harry. « La file a raison, Potter. Tu n'es pas le seul à blâmer, tu as fait ce qu'il fallait, nous rapporter ce que tu as vu. C'était notre boulot de vérifier avant de foncer net. Personne n'est à blâmer à part nous. Pas de plan, pas de réflexion, et des gens sont… » Il détourna le regard.
Il eut froid, très froid. « Combien d'Aurors ont été blessés ? » Ca devait être le cas, bien sûr, il avait du y avoir de sérieuses blessures à voir leur réaction.
Maugrey ne rencontra pas son regard, et même Lupin et le Professeur MacGonagall détournèrent le regard. Ron prit la parole. « Dites lui la vérité. »
« Six à Sainte-Mangouste avec de sévères blessures. » grogna Maugrey. « Et trois morts. »
Trois morts…
Ron avait la main sur son épaule, Remus également alors qu'Harry chancela. Avec un effort, il reprit son équilibre, tout en gardant une main sur l'étagère à côté de lui. « Ce n'est pas ta faute, Harry. » redit Hermione, d'une voix tremblante.
Il dut avaler plusieurs fois avant de s'assurer qu'il ne vomirait pas au premier mot. « Merci… » sa voix se brisa. « Pour me l'avoir dit. Je…je suis désolé… »
« Tu n'as rien à t'excuser, Harry. » dit Remus. « C'était notre responsabilité de vérifier la véracité de ce que tu as vu, pas la tienne. Peu importe ce qu'il vient de se passer, jamais, jamais tu ne dois hésiter à nous avertir si tu as une autre vision. Et quand tes leçons d'Occlumencie seront un peu plus avancées, tu seras capable de le repousser et ainsi tu n'auras plus à avoir peur qu'il t'utilise… »
Harry haleta et agrippa son front : sa cicatrice devait avoir pris feu…c'était terriblement hilarant…un rire hystérique lui arriva à ses oreilles, un rire de triomphe…quelle bonne blague…désopilant…
« HARRY ! HARRY, REVEILLE TOI ! »
Il était tellement secoué que ses dents s'entrechoquaient. Il reprit connaissance dans la salle commune. Il s'était écroulé sur ses genoux : Ron et Remus le tenaient, et le Professeur McGonagall et Hermione étaient de chaque côté de Maugrey Fol'œil, retenant ses bras comme si elles avaient peur que Maugrey attaque Harry.
« Voldemort ? » demanda Remus lorsque Harry parvint à arrêter ce rire qui ne lui appartenait pas.
Il acquiesça, incapable de lâcher des yeux Maugrey. Pour une fois, le regard dans chacun de ses deux yeux était identique. Du peu qu'Harry connaissait Maugrey Fol'œil, il n'aurait jamais imaginé cet homme capable de regarder quelqu'un avec tant de haine. Harry avait fait face à Voldemort plusieurs fois…mais le regard de Maugrey le fit tressaillir. « De quoi ce foutu salaud rigole ? »
« C'est… » murmura Harry, commençant à trembler. « C'était différent. Je crois. C'était pas moi qui allait dans son esprit mais le contraire. Il voulait qu'on sache…il se moque de nous. » Il se moque de moi. Il m'a encore eu. « Je suis désolé. » dit-il misérablement.
« J'te l'ai dit, garçon, c'est pas de ta faute. » dit Maugrey, son expression radoucie.
Harry se leva. Il ne pouvait supporter les regards qu'ils lui laissaient tous. « Vous allez bien, Potter ? » demanda le Professeur McGonagall.
« Ouais. » dit-il. « Ca va aller…j'ai juste besoin… ». il monta quatre à quatre les marches vers le dortoir. Même ici, les regards des autres garçons lui apprirent que tout le monde savait ce que sa fausse alarme avait coûté, et Harry chancela vers la salle de bains pour vomir.
Trois Aurors morts. Il n'avait même pas pensé à demander qui ils étaient.
Il était tellement mal qu'il remarqua à peine Ron et Neville qui étaient arrivés et l'avaient trouvé étalé sur le sol, tremblant violemment, et il se soucia à peine du fait qu'ils durent pratiquement le porter vers son lit. Avoir cinq frères avait apparemment appris à Ron plusieurs choses. Harry était à peine conscient que Ron lui enlevait ses chaussures et le recouvrait avec les couvertures
Il entendit vaguement la voix de Neville. « N'y pense même pas, Finnegan ! »
« Je ne vais rien faire, relax ! Je sais que c'était pas de sa faute. Il n'y peut rien, de ce que Tu-Sais-Qui fait. »
Entendant les rideaux du lit se fermer, Harry murmura : « Ron ? »
Les rideaux se rouvrirent et Ron y passa la tête. « Oui, Harry ? »
« Les Aurors qui ont été tués. Qui c'était ? »
« Personne qu'on connaissait. »
« Je veux savoir quand même. »
« Joseph Sloper. C'est le cousin de Jack Sloper. Moira Kennedy, elle était dans la classe de Tonks. Et Gregory Stein. Lui et Maugrey ont été formés ensemble. »
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Pour ma part, la deuxième partie est, pour l'instant, celle que j'ai préféré, avec ce rebondissement, et Remus qui fait invariablement fondre mon petit cœur. Et que pensez-vous de cette leçon d'Occlumencie mouvementée ? Vous étiez nombreux à savoir quand Snape ferait son retour !
N'oubliez pas de laisser une petite review en sortant, ça me fera grand plaisir ! Merci de suivre cette traduction !
