Base : Harry Potter

Titre : L'amour d'un père

Genre : Romance, slash (relation homosexuelle)

Rating : T = pour les ados, peut légèrement aborder quelques thèmes "adultes" (13 ans et +)

Personnages : La famille Potter & la famille Malfoy principalement

Disclamer : Eh oui, tout appartient à la grande JK Rowling qui nous autorise à jouer avec son univers et ses personnages. Merci à elle. Par contre l'intrigue m'appartient, même si je ne toucherai pas d'argent dessus.

Résumé : Draco veut donner une bonne éducation à son fils Scorpius avant qu'il n'aille à Poudlard. Il se sent compétent pour lui enseigner la plupart des matières, mais songe à Potter et aux cours qu'il donnait en 5è année, pour la DCFM. Il va donc lui proposer de devenir professeur particulier au manoir Malfoy. Harry accepte à condition que son fils Albus puisse aussi assister à l'ensemble des cours.

Avertissement : Il sera question, dans cette fic, de romance entre deux hommes (sans lemon). Homophobes, passez votre chemin ! Il s'agit d'une fic plutôt familiale ; ne vous attendez pas à un Drarry tout de suite !


Notes : Hello ! Alors euh... bon, vous commencez à être habitués à ce que je sois parfois en retard. (soupirs) Pour ma défense, j'ai écrit et posté 3 chapitres dans Les enquêtes de Dawn et Matthew depuis lundi, soit plus de 8000 mots. Plus ce chapitre-ci que j'ai bien complété (oui, un peu plus long que les 2500-3000 mots habituels, vous remarquerez). Hum. Bref. Bonne lecture à tous ! Et à tout bientôt ;)


Chapitre 78

— Bonsoir, Ginny, vint lui faire la bise le sorcier blond.

— Bonsoir, Draco. Désolée de t'importuner, c'est juste que niveau timing, ça me semblait plus facile de vous faire revenir que d'aller prévenir la famille.

— Je ne comprends pas, intervint Harry.

— En fait, j'aimerais beaucoup que tu viennes avec moi au Journal. Donc…

Elle se tourna vers Malfoy.

— … si tu pouvais garder Lily et Albus, ce serait vraiment génial !

En entendant ça, un sourire apparut sur le visage de la fillette, tandis que les yeux des deux garçons s'illuminèrent, ravis d'apprendre qu'ils allaient pouvoir passer plus de temps ensemble, finalement. Même si pour ça, ils devraient rester avec Lily.

— Euh… Oui, bien sûr. Je peux les emmener au Manoir ?

La sorcière acquiesça. Elle se doutait bien que ce serait plus simple pour lui, notamment pour le dîner. Harry confirma d'un même mouvement de tête.

— Super ! Merci ! s'exclama-t-elle alors.

— Que se passe-t-il au Journal ? Tu m'inquiètes, indiqua son mari.

— Oh non, ne t'en fais pas. Tout est sous contrôle. J'ai juste besoin que tu viennes vérifier certaines choses avec moi, dirons-nous. Ça risque de prendre un peu de temps, donc je préfère savoir les enfants sous la surveillance de Draco pendant ce temps.

Ce dernier valida à nouveau d'un mouvement de tête et lança une nouvelle poignée de poudre dans l'âtre.

— Ça va aller pour la cheminée avec les trois enfants ? s'inquiéta Harry.

Lui avait l'habitude, mais qu'en était-il de Draco.

— Ça ira, Harry, merci. Les garçons vont se tenir la main. Je suis sûr qu'ils ne se lâcheront pas, n'est-ce pas ? ajouta-t-il à leur attention.

Ils acquiescèrent.

— Viens dans mes bras, ma puce !

Lily ne se fit pas prier. Elle était tellement heureuse de pouvoir être contre lui !

— Allez, allons-y.

Ils pénétrèrent dans la cheminée. Scorpius attrapa la main libre de son père puis donna la seconde à Albus. Avec un sourire l'un pour l'autre, ils entremêlèrent leurs doigts pour être certains de ne pas se lâcher.

Harry fit un mouvement positif de la tête à Draco pour lui signaler que, de ce qu'il voyait, il pouvait y aller.

— Manoir Malfoy ! entendit-il prononcer une nouvelle fois.

— Bien. À nous, maintenant, souffla la sorcière.

Son mari alla enfiler ses affaires pour sortir.

— Tu ne veux pas m'en dire plus avant qu'on y aille ? l'interrogea-t-il.

— Tu comprendras une fois sur place, mon cœur...

L'homme fronça les sourcils. Comment vérifier que quelqu'un n'était pas sous Imperium, déjà ? Ou encore sous Polynectar ?

Ginny secoua la tête avec un sourire.

— C'est bien moi et non, je ne suis pas manipulée. Je sais bien que c'est ce que tu viens de penser, s'amusa-t-elle.

— Et comment en être sûr ? Avec tout ce bordel, tu comprends quand même ma méfiance…

— Oh oui, je la comprends, Harry. Pour ce qui est d'être bien moi, eh bien : qui d'autre aurait su pour Draco ? Et je peux ajouter que nous avons tous les deux une aventure secrète, chacun avec le consentement de l'autre. Quant à l'Imperium…

Elle grimaça.

— Je sais aussi bien que toi que ce sortilège est réputé pour être indétectable, donc…

— C'est bon, je te suis, soupira-t-il.

Cela restait sa meilleure façon de savoir si c'était un piège ou pas.

-x-

— Désolée, Ginny. Je n'étais vraiment pas certain que tu étais toi-même.

— Tu n'as pas à t'excuser. Au contraire, je préfère que tu fasses preuve de prudence. Ça prouve que tu as compris l'enjeu de notre affaire.

— Oh que oui ! J'étais là pour Jonas, au cas où tu l'aurais oublié…

Elle secoua la tête négativement, un sourire amusé aux lèvres. Et il sembla bien à Harry que c'était la première fois qu'il se retrouvait en présence de toute l'équipe éditoriale du Chicaneur.

— Euh… bonsoir ! les salua-t-il donc tous en se sentant soudain étrangement mal à l'aise.

— Eh bien, vous en avez mis du temps ! s'exclama Pansy.

— Il fallait bien qu'ils confient leurs enfants à quelqu'un avant de venir, répliqua Daphné.

C'était dans des moments comme celui-ci qu'on distinguait ceux qui avaient des enfants de ceux qui n'en avaient pas. Néanmoins, Pansy haussa les épaules.

— Alors, de quoi s'agit-il ? interrogea à nouveau Harry. Je ne comprends pas bien ma présence parmi vous, je dois bien l'avouer.

Matthew lui fit signe de le suivre. Il l'entraina dans la salle des maquettes.

— Voilà le dossier exposé dans sa totalité. Enfin, dans la mesure de ce que l'on a décidé de transmettre ou pas. Par exemple, aucun nom moldu n'est précisé… Enfin, aucun sauf…

— Mon oncle, je suppose ? souffla le sorcier à lunettes.

Le reporter acquiesça gravement.

— C'est pourquoi on a considéré qu'il était très important pour nous que tu lises le numéro avant de valider sa mise en impression.

— Mais pourquoi me demander mon avis ?

— Je pense que tu comprendras en prenant connaissance de tout ça, expliqua gravement Matthew.

— Ah.

Ginny entra dans la pièce à son tour.

— En attendant ton approbation, tout le monde reste confiné ici. Pour notre sécurité à tous.

— Je comprends. Enfin, dans l'idée, soupira son mari avant de s'atteler à la tâche.

Déjà, le titre était assez révélateur et percutant : « De la recherche médicale à l'homicide volontaire : ce que le Ministère nous cache ! » Et de ce qu'il en savait, Harry trouvait que ça résumait plutôt bien le fond de toute cette histoire.

Ce numéro spécial du Chicaneur commençait par la présentation de Preston Wax, anciennement Langue-de-Plomb, qui occupait désormais un autre poste au sein du Département des Mystères. Ils n'en savaient pas beaucoup sur ce personnage, si ce n'était qu'il était chargé de maintenir les informations secrètes au sein du Ministère et qu'il envoyait ses instructions par hibou au Dr Kahn.

À la base, de ce qu'ils avaient compris, – Harry approuvait ces petites phrases ajoutées ça et là lorsque l'équipe du Chicaneur n'était pas certaine à 100 % des propos qu'elle avançait – les recherches avaient été mises en place pour déterminer « physiquement » les conséquences de sortilèges agissant sur la mémoire humaine, et ce, dans le but d'en trouver des remèdes.

D'après leurs déductions, le Ministère de la Magie s'était mis en relation avec le gouvernement britannique afin que le Département auquel appartenait (dirigeait ?) Wax puisse étendre ses recherches sur les cerveaux moldus.

Le sujet « Wax » s'arrêtait là pour le moment.

Suivaient alors plusieurs pages sur les Kahn, avec des copies de déroulement d'opération et de résultats d'analyses – sans toutefois faire figurer les noms des patients en question. Harry était quasiment certain que le Chicaneur n'aurait pas dû avoir ces documents en sa possession. Il espérait donc que Ginny n'aurait pas trop de problèmes à ce sujet.

Puis il se rembrunit en voyant que le journal abordait désormais le cas « Dursley ».

Sa lecture lui permit d'apprendre que Vernon était en fait le créateur et administrateur de Xenophobia. Suivait alors une description complète du site et de son fonctionnement. Et, mis en évidence en entrefilet sur la page : « Incitation à la violence : mais que fait le gouvernement moldu ? »

Venait ensuite la mise en relation entre les deux personnages. Dursley, PDG d'une entreprise au bord de la faillite, rencontrant un homme dénommé Pierce Vesper – autrement dit, Preston Wax sous Polynectar. Il était alors expliqué comment, sous compensation financière personnelle de la part du gouvernement, Dursley avait laissé son entreprise couler jusqu'au dépôt de bilan, mettant ainsi de nombreux moldus au chômage.

En encadré figurait une copie du discours prononcé par Dursley – dénonçant les sorciers et accusant son concurrent direct d'en être un – qu'Harry avait déjà eu l'occasion de lire une semaine plus tôt.

En plus de permettre son allocution qui avait fait beaucoup de bruit parmi les moldus et sur Internet – un autre encadré expliquait grosso modo ce qu'était Internet –, empêchant les Oubliators de faire correctement leur travail, la fermeture de l'usine avait permis à « Vesper » d'envoyer un questionnaire à remplir à tous les anciens employés de la Dursley Co. Était jointe une copie de ce document tel que l'avaient reçu les moldus concernés. Une note de typographie différente indiquait : « Nous avertirons par hibou les nés-moldus susceptibles d'être visés (un de leur proche ayant rempli le questionnaire). »

Suivait alors la dénonciation principale. Celle pour et par quoi Matthew avait commencé à faire des recherches : les meurtres des nés-moldus.

Puis était souligné comment la recherche médicale pour tenter de soigner les maux liés aux sortilèges d'altération de la mémoire s'était transformée en analyse entre les différents cerveaux (moldus, nés-moldus et sorciers) pour, selon les termes de Dursley, « comprendre d'où vient leur tare et ainsi espérer trouver des solutions pour l'endiguer. »

Enfin était rapporté le fait que Ste Mangouste maquillait ces meurtres en les présentant aux familles des victimes comme des accidents cérébraux avec remise de faux dossiers médicaux. Se trouvait alors la liste des nés-moldus concernés, suivie d'une note de condoléances envers les familles.

Harry resta un moment pensif après avoir terminé sa lecture. Beaucoup de dénonciations dans ce numéro. Mais ce qui l'inquiétait le plus, c'était le nom de son oncle.

Il sortit enfin de la pièce et chercha Ginny du regard.

— Alors ? lui demanda-t-elle quand il l'eut rejointe.

— Alors… j'hésite sur un point, avoua-t-il.

La rédactrice en chef fronça les sourcils.

— Oh ? Et quel est-il ?

— Ne devrait-on pas évoquer mon lien de parenté avec Vernon ? Car ils vont forcément creuser et… Bref, quitte à ce que ce soit dit, ne vaudrait-il pas mieux que ce soit par le Chicaneur ? Et cela évitera les titres du genre « les informations cachées parce que ça les arrange »…

Ginny acquiesça lentement.

— Tu es sûr de toi ? vérifia-t-elle.

— Oui. Je pense…

Il soupira.

— L'avantage, c'est qu'on peut choisir comment présenter l'information. Par exemple, insister sur le fait que je ne les ai pas vus depuis plus de quinze ans…

— À ce propos, glissa Ginny, mal à l'aise. Ce matin, Dawn et Matthew nous ont présenté leur travail de ces dernières semaines. L'ensemble de leur travail, même les pistes qu'ils ont vérifiées puis écartées et hum…

— Arrête de tourner autour du pot, Gin', s'il te plaît.

— Dawn sait pour toi, l'enfance que tu as vécue. Elle a eu un entretien avec ta tante – sans qu'elle sache qu'elle était une sorcière, bien sûr. Peut-être devrais-tu en parler avec elle ? Toujours est-il que cela fait près de quinze ans aussi qu'elle a repris son nom de jeune fille.

— Ils ont divorcé, tu veux dire ? s'étonna-t-il.

— Oui. Tout ça pour dire que dans la note, on pourra également dissocier ta tante et ton cousin de Vernon.

— Euh, oui, pourquoi pas…

— Parfait, sourit sa femme. Allez, viens avec moi.

Elle le conduisit auprès d'une autre sorcière qui paraissait un peu plus âgée qu'eux.

— Joyce, je vais avoir besoin de toi. Monsieur aimerait ajouter une information…

— Oh, oui, bien sûr. Allons-y ! accepta aussitôt l'iconographe, sans se départir de son éternel sourire.

Ils retournèrent tous les trois dans la salle des maquettes.

— Alors, de quoi s'agit-il ? interrogea Joyce.

Ginny se dirigea vers la page où le nom de Vernon apparaissait la première fois.

— Voilà, ici. Il faudrait réussir à caser un encadré par ici, avant de passer à la page « Xenophobia »… Ou alors, on le glisse directement dans la première phrase… Non, un encadré, ce sera mieux pour pouvoir préciser que tu n'as plus de lien avec lui…

L'autre sorcière lança un regard amusé à Harry, tandis que Ginny semblait parler plus ou moins toute seule. L'homme sourit et décida d'intervenir.

— Oui, Gin'. Je pense qu'un encadré serait plus pratique. Ou même une sorte de note en bas de page, quelle soit encadrée ou pas.

— Ça pourrait être une bonne idée, ça, approuva l'iconographe. Après ça dépend de la quantité de texte. Je pense que j'ai moyen de diminuer suffisamment l'interligne de ces colonnes pour mettre un encadré en pied de page. Ou je peux également ajouter un entrefilet, suggéra-t-elle.

— Ah oui, un entrefilet, ce serait bien, décida la rédactrice en chef. Maintenant, voyons voir le texte !

Elle alla chercher un parchemin qu'elle posa sur la table.

— Tu veux l'écrire, Harry ?

— Non, vas-y, je te laisse faire…

Ginny acquiesça et commença à inscrire : Si le nom de Vernon Dursley vous évoque déjà quelque chose, c'est qu'il s'agit de l'oncle l'ex-mari de la ta Pétunia Évans, sœur aînée de Lily Évans, mère d'Harry Potter. Pétunia et Vernon Dursley ont pris en charge Harry Potter après la mort de ses parents. Cela fait cependant plus de 15 ans que le Sauveur n'a plus repris contact avec eux.*

— Ça te va, comme ça, Harry ?

— Ouais… Tu sais ce que je pense du « Sauveur », n'est-ce pas ?

Elle haussa les épaules.

— J'enlèverais le « déjà » après « vous évoque », suggéra Joyce.

— Hum. Oui, pas faux.

Et Ginny barra le mot indiqué. L'autre sorcière entreprit alors de transformer le texte en la typographie appropriée, enleva les ratures, puis le fit glisser sur la page, plaçant pour le moment le nouveau texte devant l'autre. Harry la regarda faire les modifications avec une sorte de fascination.

— Et voilà ! Je vérifie que ça n'a pas bougé là… Non, c'est bon ! fit l'iconographe après avoir analysé la page suivante. Du coup, c'est bon ? On boucle ?

Ginny regarda Harry.

— Euh… oui. Pour moi, c'est bon. Vous êtes prêtes à vous faire bombarder de courrier ? les questionna-t-il en retour.

— Ce n'est pas à nous qu'il faut demander ça... répondit sa femme, tout en faisant signe à Joyce de valider le bouclage.

Elle attrapa la main de son mari et le ramena au milieu des autres.

— Kate, Harry se demandait si tu étais prête à faire face à la réaction des lecteurs ?

La sorcière brune sourit.

— Il va bien falloir. J'espère néanmoins que ma patronne sera assez clémente pour m'apporter de l'aide si je me retrouve débordée, ajouta-t-elle, amusée.

Ginny acquiesça en retour.

— Bien sûr. Je pense que tout le monde ici sera prêt à t'aider au besoin. N'est-ce pas ? demanda-t-elle à la cantonade.

Les réponses furent moins enthousiastes qu'elle ne l'espérait. En même temps, elle comprenait qu'ils étaient tous fatigués et pressés de rentrer chez eux. Après tout, elle les avait convoqués de bonne heure et ils avaient tous travaillé d'arrache-pied pour mettre les différents articles du dossier en forme, le tout sous la direction de Dawn et Matthew qui leur avaient apporté les informations nécessaires pour étoffer leurs écrits, preuves matérielles à l'appui.

— En tout cas, chapeau pour votre travail ! les félicita tous Harry avant de se diriger vers Dawn.

Il se laissa tomber sur une chaise près d'elle.

— Comment vont Jonas et tes parents ?

— Je ne sais pas. Je suppose qu'ils vont bien. Je l'espère, en tout cas, soupira-t-elle.

— Comment ça, tu ne sais pas ? Enfin… je sais que tu loges au Terrier, ces derniers temps, mais je pensais que vous pouviez quand même communiquer, souffla-t-il.

— Eh bien, Matt a mis en place une procédure pour qu'on puisse échanger des informations par boîtes postales, mais d'après lui, rien de nouveau depuis vendredi. J'étais tellement prise par tout ça que je n'y ai pas plus réfléchi que ça, mais à en parler, là, je sens l'inquiétude monter à vitesse grand V. J'aurais dû penser à demander à Ron d'aller vérifier que tout allait bien, soupira-t-elle à nouveau.

Harry opina du chef, un peu inquiet. Il décida de détourner légèrement la conversation.

— Ron va bien ? Il sait pour le numéro spécial ?

— Je pense, oui. Ginny est allée chez lui, tout à l'heure. Ça n'a pas duré longtemps, cependant.

— Bien. Je suis ravi qu'il ait pu vous aider. J'avais un peu peur qu'il ait des soucis après ça, mais apparemment non.

— Franchement, je lui suis vraiment reconnaissante pour toute l'aide qu'il nous a apportée depuis Jonas, confia-t-elle avec un sourire.

Le sorcier acquiesça.

— Bonsoir, Harry !

L'homme eut un léger sursaut en entendant cette voix particulière. Il s'excusa auprès de Dawn – il n'avait pas pu aborder le sujet Pétunia, mais ce n'était pas trop important pour le moment – et se leva de sa chaise pour étreindre son amie.

— Bonsoir, Luna. Comment vas-tu ? Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vue à la maison !

— Je n'y avais pas ma place ces derniers temps… sourit-elle tendrement en guise de réponse.

Le sourire d'Harry s'accentua.

— Tu m'as manqué, Luna, répondit-il simplement.

— Oh, mais vous me manquez aussi. Comment vont Lily et Albus ?

— Très bien. Je serai ravi que tu viennes à la maison bientôt, que tu puisses le constater par toi-même. Tu sais qu'ils t'apprécient énormément.

Luna secoua la tête. Il ne savait dire si c'était dans un mouvement positif ou négatif. Sûrement un mélange des deux, décida-t-il.

— Je verrai ça avec Ginny une fois que le vent se sera calmé. Mais dis-moi, tu m'as l'air plus épanoui que la dernière fois que je t'ai vu. Et je constate que Ginny est plus heureuse aussi.

— Je pense qu'on l'est, approuva le brun.

— C'est bien. Vous méritez ce renouveau.

Harry finit par soupirer.

— Merci, Luna. Mais ça ne sera pas facile à gérer, ça non plus.

— Je n'ai jamais affirmé le contraire, Harry. Mais ça en vaut la peine, n'est-ce pas ?

Une douce chaleur se diffusa en lui. Oui. Luna avait raison. Draco en valait la peine.

— Merci, répéta-t-il avant de l'embrasser sur la joue.

La sorcière s'éloigna d'un pas sautillant.

— Toujours fidèle à elle-même, n'est-ce pas ? releva Ginny en revenant à ses côtés.

— Toujours, confirma Harry. Je ne sais pas comment elle fait pour…

Il soupira. Cela faisait longtemps qu'il s'était convaincu que cela ne servait à rien d'essayer de comprendre l'ancienne Serdaigle.

— Ça, ça demeurera toujours un mystère, je suppose, sourit la rédactrice en chef.

— Elle semble être au courant de tout.

— Je sais. Pourtant, on n'a pas eu l'occasion de beaucoup parler ensemble, ces derniers temps. Juste les salutations et questions de base. Mais c'est Luna.

— Oui. C'est Luna, répéta Harry, amusé.

Il était ravi d'être sur la même longueur d'onde que sa femme.

— Il se passe quoi, maintenant ? reprit-il alors, se reconcentrant sur la situation présente.

— Eh bien, je viens d'envoyer notre travail à l'impression.

— Il ne risque pas d'y avoir des soucis entre temps ?

— Il y a des risques, je confirme. C'est pourquoi j'ai contacté deux autres imprimeries pour être certaines que notre numéro spécial sortira bien. Quant à notre partenaire habituel, je l'ai prévenu de la nature particulière de ce numéro. Normalement, il a mis en place les protections adéquates. Mais bon, je préfère quand même assurer avec les autres.

— Je comprends. Mais niveau budget, ça va le faire, du coup ?

— Tu t'intéresses à ça, toi, maintenant ? le taquina-t-elle alors. Mais pour répondre à ta question, je pense que vu ce qu'il contient, notre numéro va se vendre comme du petit pain. Et c'est également une stratégie de ma part d'inonder le marché avec, dans le sens où le Ministère sera bien en difficulté de mettre la main sur tous les numéros disponibles.

L'homme approuva la démarche d'un mouvement de tête.

— Comment va Daphné ? demanda-t-il alors, en voyant la sorcière blonde discuter avec Pansy un peu plus loin.

— Eh bien, elle n'a pas semblé plus impactée que ça pour le rôle de son père et je pense que le fait qu'on taise cette information dans notre parution a dû aider.

— Qu'en ont pensé les autres ?

— Ils ont bien compris, comme tu l'avais supposé.

Harry acquiesça.

— Et donc, qu'est-ce qu'on attend, maintenant, pour retourner chez nous ? Disons que je ne veux pas imposer les enfants à Draco trop longtemps.

Ginny sourit.

— Tu penses vraiment que ça le dérange de les garder ? l'interrogea-t-elle.

— Non, tu as raison. Mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter quand même.

— Ah… c'est ça d'être papa ! s'amusa-t-elle. J'ai confiance en Draco et les enfants, donc il n'y a aucune raison que quoi que ce soit dérape.

— Tu as raison. En attendant, tu n'as pas répondu à ma question. Car je suppose que je ne suis pas le seul à penser à ma famille, à l'heure qu'il est.

— J'attends juste une confirmation qui ne devrait plus tarder à arriver. Et à dire vrai, je m'inquiète pour eux, souffla-t-elle en indiquant les sorciers et sorcières présents dans la pièce. Je n'aimerais pas qu'il leur arrive quoi que ce soit à cause de ce qu'on a fait aujourd'hui. Je serai beaucoup plus sereine une fois le numéro mis en vente.

— Je comprends. Et je pense qu'eux aussi, sinon ça ferait longtemps qu'ils seraient partis. Sinon, vous avez fait comment pour le repas de ce midi ? Car j'imagine qu'ils doivent avoir faim, ce soir, aussi.

— Eh bien…

Elle siffla entre ses doigts, attirant ainsi l'attention de l'assemblée.

— Un repas chinois, ça vous va pour ce soir ? demanda-t-elle.

— Mais carrément ! s'exclama Will.

— Tu veux accompagner Harry, Will ?

— Je peux venir aussi ? proposa Jake.

— Parfait…

Elle leur expliqua la façon de procéder puis les trois hommes s'éclipsèrent pour se rendre chez les Potter.

— Trop cool ! s'exclama Jake en entrant dans le salon après les deux autres. Je ne pensais pas mettre les pieds chez le Sauveur un jour !

— Ou chez notre chère directrice en chef, ajouta Will.

Harry secoua la tête, amusé malgré lui par leurs réactions. Il les attrapa chacun par un bras avant de transplaner dans une rue moldue qu'il connaissait bien.

-x-

— Trois hourras pour Jake, Will et Potter ! s'exclama Thomas lorsque les trois hommes revinrent chargés de nourriture asiatique.

Ginny, amusée, se retint de relever qu'elle portait le même nom de famille que son mari.

Ils allèrent tous s'installer dans la salle de réunion et le dîner se déroula dans une ambiance chaleureuse. Malgré tout, Harry gardait une petite angoisse en lui en pensant au Manoir. Et surtout en pensant à « l'après » numéro spécial du Chicaneur.


* J'ai souligné les mots qui se trouvaient normalement barrés dans mon texte, mais ffnet ne dispose pas de cette option.