Disclaimer : HP ne m'appartient pas, tout comme cette fic que je ne fais que traduire. Elle appartient à Jocelyn

Comment justifier un tel retard ?

Je ne peux pas.

La fin de mes études, mon stage qui m'a pris du temps et de l'énergie, mon mémoire à écrire, à rendre et à soutenir, plus quelques soucis familiaux, et, cerise sur le gâteau, une sauvegarde qui n'en fait qu'à sa tête et qui me supprime la moitié de ma traduction, ont fait que j'ai eu biiiiien du mal à terminer la traduction de cette moitié de chapitre. Je n'ai par ailleurs pas répondu à vos reviews et j'en suis profondément désolée. Je tiens à vous dire merci de continuer à suivre cette traduction, même si les chapitres sortent à chaque éclipse solaire.

Un grand merci à :

Karozthor the Necromagus

Stormtrooper2

Daidaiiro30

Zeugma412

Nastam

Sans plus attendre, voilà ce chapitre, dites moi ce que vous en pensez, laissez des reviews et enjoy !


Chapitre 10 partie 2 : Dommage collatéral

« Harry ? »

Quelqu'un le secouait gentiment. Il grogna et tenta de plonger la tête dans l'oreiller, mais la main sur son épaule ne renonça pas. Roulant sur le dos, il ouvrit les yeux et fixa Ron. « Si j'avais ma baguette, je te jure que je te jetterai un sort. »

« Désolé. » répondit Ron, sans sembler franchement désolé. « Tu viens à l'entraînement ? »

Maintenant qu'il était pleinement réveillé, Harry se sentait bien plus reposé. Et ça faisait un bail depuis qu'il n'avait pas volé sur son Eclair de Feu. « Ouais, je vais venir. Prends ma tenue, tu veux ? » Il se dirigea vers la salle de bains afin de se jeter un peu d'eau sur le visage.

Ginny était déjà en tenue lorsqu'il retourna dans le dortoir, et elle discutait avec Ron. « Si ces deux là osent même penser gâcher notre premier entraînement, je vais leur lancer des sorts pendant tout le mois prochain ! » Ron maugréait.

« Les deux qui ? » demanda Harry.

« Fred et George sont là. » lui répondit Ginny. « Ils se préparent pour passer leur ASPIC, et ont réussi je ne sais comment à convaincre Mme Bibine pour nous aider dans l'entraînement. »

« Leurs APSIC ? » demanda Harry, surpris. « Comment c'est possible ? »

« Oh, j'aurais dû te montrer ça dans le journal. » répondit Ron. « Maman est venue voir Dumbledore pour lui demander s'il y avait un moyen pour que Fred et George puissent finir leur scolarité – bien sûr, elle ne leur a pas demandé leur avis au départ. On ne s'attendait pas à ça, mais Maman est arrivée une fois au magasin, un jour où Hermione et moi étions là, et elle nous a dit que Dumbledore avait décidé qu'ils pouvaient. Fred et George n'étaient pas vraiment enthousiastes au début, mais alors Maman leur a vraiment fait un coup bas en leur disant que Papa et elle ne les avaient pas élevés pour qu'ils soient des dégonflés. »

«Ah ! » Harry grimaça, compatissant.

Ginny hocha la tête. « Donc, c'est comme ça qu'ils sont là. Ils prennent leur poste au magasin et viennent ici deux fois par semaine. Ils auront fini juste avant les vacances de Noël. »

« C'est bien. » répondit Harry. « Ta mère sera contente. »

« Elle est extatique. » grommela Ron. « Toujours à fondre en larmes dès qu'on parle d'eux. Je pense que la seule raison pour laquelle ils ont accepté, c'est que Percy continue à être un parfait crétin, et ça rend Maman folle. »

« Un crétin ? Comment ça ? »

« A part la petite discussion que tu avais entendu ? Et bien il nous parle à nouveau, au moins, mais il ne revient toujours pas à la maison. » répondit Ginny en soupirant. « Il continue juste de dire que ce n'est pas une bonne idée. On ne sait pas où le Ministère l'a affecté, mais Maman est convaincue que ce n'est pas assez sûr. »

« Pas aussi sûr que le Quartier Général, aucun doute, mais imagine qu'ils essayent de capturer Percy ici ! » remarqua Ron. « Hey Ginny, retourne-toi. Harry, mets ta tenue de Quidditch. »

« Oh, oui c'est vrai. »

Harry avait son t-shirt à moitié retiré lorsque Ron ajouta. « Te rince pas l'œil, Ginny ! »

Harry se figea, il leur tournait le dos mais il entendit Ginny dire dans un gloussement « Toi, tu aimes peut être être un voyeur, mais tout le monde n'est pas un complet goujat. Dépêche-toi, Harry. »

Ce ne fût qu'à ce moment qu'il réalisa qu'il était en train de se déshabiller dans la même pièce qu'une fille ! Il n'aurait pas pu enfiler aussi rapidement sa tenue qu'alors. « Okay, allons-y. »

Il prit son Eclair de Feu respectueusement et les suivit dans les escaliers. Tout en le tenant dans sa main, son esprit vagabonda jusqu'à une discussion avec Sirius, inévitablement. Il avait été d'une humeur sombre lorsqu'il lui avait raconté l'interdiction à vie du Quidditch après Noël. « Maintenant ne crois pas que cette histoire d'interdiction « à vie » de cette vieille Ombrage va tenir, Harry. » lui avait dit Sirius. « Une fois que les gens vont découvrir la vérité – et crois moi, ils le feront lorsque Voldemort refera parler de lui – tu seras disculpé et elle et Fudge auront pas mal de questions sur la façon dont ils t'ont traité. »

« Mais tu penses qu'une interdiction comme ça peut être annulée ? » avait demandé Harry d'un ton amer.

« Bien sûr. Et peu importe ce qu'il faudra, au diable Voldemort, je serai là pour ton prochain match. Ne reste pas bouché bée ! Je l'ai déjà fait avant, tu te souviens ? Ta troisième année. »

« J'avais oublié. » avait dit Harry, souriant. « C'était juste avant que les détraqueurs ne me fasse tomber. »

« Je n'oublierais jamais ça. J'étais presque prêt à me retransformer et courir sur le terrain – ce qui aurait conduit à ce que ma charmante personnalité ne se retrouve aspirée. » Sirius avait grimacé à l'idée. En voyant l'expression abattue d'Harry, il avait souri et ajouté. « Ne te tracasse pas trop pour ça. »

« Ca semble un peu idiot de se « tracasser » pour ça avec tout ce qui se passe. » avait soupiré Harry.

« Ne sois pas bête. Je sais que le Quidditch est important pour toi tu as le droit de profiter. » L'expression de Sirius était devenue solennelle. « Et je te promets qu'une fois que tout ça sera derrière nous, je viendrai te voir jouer en personne. Et je me tiendrais dans les tribunes, te félicitant si fort que tu n'entendras pas un seul de ces foutus Slytherins ! »

« Ca serait génial, Sirius ! J'ai hâte. »

« Ca arrivera, Harry. Ma parole de Maraudeur. Donc garde la tête haute. »

« …Harry ? Harry ? »

Harry cligna des yeux, de retour au présent. Il se tenait devant l'entrée du terrain de Quidditch, son Eclair de Feu à la main, sans aucune idée de comment il était arrivé là. Ron et Ginny étaient montés sur leur balai, le fixant. « Tu es prêt ? » demanda Ginny. Voyant sa mine pâle, elle lui dit, avec patience. « On va faire quelques tours de terrain. Prêt ? »

Harry secoua fort sa tête. « Ouais. Désolé. Allons-y. » Il enfourcha son balai et s'envola dans les airs.

Au soulagement d'Harry, les nombreux mois sans avoir volé n'avaient pas trop émoussé sa pratique – bien qu'il lui semblait que l'Eclair de Feu allait bien plus vite que dans ses souvenirs. Toujours est-il que, après environ vingt minutes d'entraînement, il faisait des loopings, des piqués au sol, le rire aux lèvres – avec un Ron excédé qui lui criait qu'il voulait arrêter les tours d'entraînement.

Ce qui était encore mieux était le fait que c'était un entraînement sans Slytherin. L'humeur était légère et joyeuse alors que les membres de l'équipe se retrouvaient tous ensemble autour de l'élaboration de stratégies. Katie Bell était l'équipière la plus âgée cette année, mais les choses devinrent plus compliquées lorsqu'elle annonça qu'elle ne voulait pas être capitaine.

« Je suis, moi, je ne mène pas. » insistait-elle lorsqu'ils mirent pied à terre pour un rassemblement tactique. « Donnez-moi une stratégie, un plan, je marche à fond, et je m'y connais en Poursuiveur, mais les Attrapeurs et les Batteurs, et tout le reste ? » Elle secoua la tête. « Non, ça devra être quelqu'un d'autre. »

Chaque regard convergea vers Harry. « Heu.. » Il sentait son visage prendre une teinte rouge. Pourquoi, par la barbe de Merlin, voulaient-ils que lui soit capitaine ? Il avait réussi à se blesser ou se faire bannir pratiquement chaque année ! « Je sais pas… » murmura-t-il, regardant la terre sous ses pieds. « Heu…peut être que…hum…on devrait attendre…quelques entraînements de plus. »

Chaque Weasley sur le terrain lui faisait un sourire radieux. « Fais comme tu veux, mon petit Harrynounet. » répondit l'un des jumeaux, qui étaient présents comme « superviseurs » de l'entraînement. « Mais ne pense pas que tu l'emporteras si facilement au final. »

Ron semblait ennuyé.


Cette nuit là, alors que le dîner touchait à sa fin, Harry se sentit franchement nerveux. « Mais à quoi je pensais ? » se murmurait-il. « Pourquoi je me mets tout seul entre les griffes de Snape, et volontairement en plus ?! »

« Courage, Harry. » lui dit Ron, lui donnant une tape amicale dans le dos. « Courage. »

« Ca t'aidera, au final, Harry. » chuchota Hermione. « Sois patient. »

Il roula les yeux à sa phrase. « Facile à dire pour toi. »

« Hey, t'es pas très juste : Hermione n'est pas vraiment dans les petits papiers de Snape non plus ! » répliqua Ron.

Harry vit le Professeur Lupin se lever de la table des Professeurs. « C'est parti. »

Lupin semblait si sérieux lorsqu'il s'avança vers la table des Gryffondors qu'Harry déglutit, se demandant presque s'il avait réellement des ennuis. « Venez avec moi, s'il-vous-plaît, M. Potter. » Autour de lui, ses camarades de Maison hoquetèrent de surprise. Il se leva timidement et suivit Lupin hors du Grand Hall.

Une fois qu'ils furent au niveau des cachots, loin de regards curieux, Remus lui fit un clin d'œil avant de frapper à la porte du bureau du Professeur Snape. « Entrez. »

Snape sembla plutôt surpris de les voir. Harry déglutit, combattant le désir urgent de se cacher derrière Lupin. « Severus, M. Potter est en retenue ce soir, mais je crains d'être dans l'incapacité de le surveiller. Pourrais-tu t'en charger ? » demanda Lupin d'une voix douce.

Snape fixa tour à tour Lupin et Harry, les yeux rétrécis, puis d'une voix lente, répondit : « Très bien. » Remus se courba gracieusement et quitta le bureau, fermant la porte derrière lui. Snape se leva et se dirigea derrière son bureau, fixant Harry d'un regard dur. « Et bien, Potter ? »

A la grande frustration d'Harry, sa bouche était sèche. Il se força à avaler et répondit « Professeur…je voulais…euh…vous demander si…vous…si je pouvais…euh…faire de l'Occlumencie plus souvent. Je veux dire…aussi souvent que possible, vraiment. »

Il se força à regarder Snape dans les yeux. « Après tout ce qu'il s'est passé hier, ça doit s'arrêter. J'ai pensé qu'avoir des leçons plus souvent pourrait aider. »

Snape fut silencieux pendant plusieurs minutes, et Harry réussit, non sans peine, à ne pas gigoter ou baisser le regard. Au final, le Maître des Potions ricana. « Et bien, si rien d'autre de bon n'est ressorti de votre désastre d'hier, vous avez finalement pu juger de plein fouet des conséquences de votre arrogance dans votre petite cervelle vide. »

Qu'est-ce que l'arrogance avait à voir avec quoi que ce soit de tout ça ! Ignore le, ignore le, c'est juste Snape. C'est plus important que toi ou lui ! se fustigea Harry. A travers ses dents serrées, il grogna. « Je veux…juste que ça s'arrête. Vous allez m'aider, ou pas ? » Il ajouta ensuite : « Monsieur. »

Cela amusa clairement Snape d'avoir Harry Potter devant lui, admettant qu'il avait besoin d'une aide supplémentaire, mais Harry supposa qu'il aurait dû s'y attendre. Hermione a raison. J'ai été face à face avec Voldemort. Vous, ce n'est rien à côté. Il serra les dents, mais il eut finalement la réponse de Snape. A ça aussi, il aurait dû s'y attendre. « Legilimens ! »

Harry entrevit le regard de surprise et de peur sur le visage défait, autrefois charmant, de son parrain…

Non…concentre-toi, concentre-toi… Il lutta pour voir le bureau et Snape et se concentra sur cela plutôt que sur le souvenir…

Sirius tombait à travers l'arche antique, son corps courbé gracieusement…

Allez…va t-en…Snape fixait Harry, murmurait, son visage était concentré…

Sirius disparaissait à travers le voile et celui-ci flottait, comme en proie à un vent violent…

« NON ! » Harry s'écroula sur le sol, et se recroquevilla instinctivement, tentant de se cacher de ce souvenir, qui se jouait devant ses yeux encore et encore, vicieusement. « ARRETEZ ! »

« Arrêtez-le vous-même, Potter ! Legilimens ! »

Le voile se remit en place…Sirius ne réapparaissait pas…

« Arrêtez ça ! » Harry se débattit furieusement, et atteint Snape au niveau du tibia, qui trébucha en arrière. Il se remit difficilement sur tes pieds, tenant de reprendre contrôle sur son rythme cardiaque, et souhaitant que sa main porteuse de sa baguette arrête de trembler.

Snape affichait toujours un rictus moqueur. Harry le fixait, tremblant. L'année dernière lui avait fourni assez de colère à gérer, et là il faisait tout ce qu'il pouvait pour contenir les souvenirs de Sirius et les empêcher de le submerger entièrement. D'une voix presque joyeuse, Snape dit « Vous allez devoir faire mieux que ça, Potter. Un…deux…trois…Legilimens ! »

La lumière rouge du sort de Bellatrix Lestrange atteint Sirius droit sur sa poitrine avant même que son rire se soit évanoui…

ARRETEZ CA ! Harry lutta pour garder son regard fixé sur Snape, mais il avait l'impression que son cœur était aussi torturé que son cerveau. Et son cœur semblait plus important.

ARRETEZ CA ! ARRETEZ CA ! ARRETEZ CA !

Les yeux de son parrain s'élargirent de surprise…mais il pouvait toujours voir Snape murmurer…

Oh Sirius, je suis déso…Baguette, BAGUETTE « Expelliarmus ! »

La baguette de Snape fut éjectée de sa main. Harry se retrouva sur le sol, haletant et tremblant, et sa vision était horriblement floue. Il se frotta frénétiquement les yeux, mais pas avant que Snape ne se redresse et le fixe. « Encore des larmes, Potter ? » ricana-t-il, distillant ces mots avec délectation.

Harry lui tourna le dos. Pourquoi ne pouvait-il donc pas s'arrêter de trembler ! « Cette leçon est-elle finie, monsieur, ou bien continuons-nous ? »

« Faites-moi face. Tout de suite. »

Harry s'exécuta, les mâchoires serrées pour les empêcher de s'entrechoquer. La voix de Snape était austère, autoritaire, mais Harry était certain qu'il pouvait voir de la joie dans son regard. Je vous déteste je vous déteste je vous déteste !

« N'avez-vous donc rien retenu de ce que je vous ai enseigné l'année dernière ? » demanda Snape froidement. « Pendant que vous vous apitoyiez sur votre sort, vous vous êtes rendu encore plus vulnérable au Seigneur des Ténèbres que jamais, vous êtes un boulet pour notre cause, considérant tous les plans et les efforts que vous avez déjà réussi à totalement gâcher. Pensez-vous qu'à cause de votre stupide pleurnichement pour ce cabot, il va vous laisser… »

« TAISEZ VOUS, espèce de salaud, FERMEZ LA ! » éclata Harry.

Snape se bondit tellement vite sur lui quand, durant une demi-seconde, Harry s'attendit presque à voler à travers la pièce avec la mâchoire brisée. Mais le aître des Potions l'attrapa par les épaules. « Je vous avertis, Potter… »

Harry se dégagea de son étreinte. « Ne me faites pas la leçon sur contrôler mes émotions, stupide escroc ! Vous n'avez pas choisi ce souvenir là pour Voldemort, vous l'avez fait parce que vous aimez ça ! » hurla t-il. Snape resta momentanément sans voix. Harry se lâcha de plus belle. « Je suis surpris que vous n'ayez pas choisi cette nuit là, dans son quartier général, histoire de me faire revivre la torture. Ou bien c'est parce que vous aimez ça beaucoup trop pour le supporter hein ? C'est ça ? Vous seriez mort de rire de voir tous vos anciens potes me lancer des Doloris ? »

Il vit Snape hésiter pour la première fois, il avait touché un point sensible. Il saisit l'occasion, désireux de faire voir à Snape qu'est-ce que ça faisait d'avoir son nez chatouillé dans ses cauchemars. « Quoi, Mangemort, vous aimez tellement blesser les gens – pourquoi ne pas jeter un coup d'œil, hein ? »

Il vit Snape lever sa baguette, mais il pointa lui-même sa baguette sur la poitrine de l'homme. « Dites moi que tout ça a rapport juste avec l'Occlumencie, Professeur. » cracha-t-il, d'une voix sifflante de rage cette fois ci. « Dites moi que ça ne vous amuse pas de voir mon parrain mourir encore et encore. » Sa voix flancha à ses mots, mais il était trop en colère pour s'en soucier. « Vous en avez, du coup à gaspiller, maintenant, hein ? Je me souviens – vous disiez que découvrir ce que Voldemort disait à ses Mangemorts, c'était votre boulot ! Et bah vous avez été viré, hein ? Et c'est ma faute, évidemment, c'est toujours de ça dont il s'agit ! Vous n'êtes plus le grand espion si important maintenant, vous êtes coincé, comme Sirius l'était ! Et c'est ma faute, hein ! Et ce que Sirius et mon père vous avaient fait quand vous aviez quinze ans, ça aussi c'est ma faute ?! »

Harry ne s'était jamais imaginé capable de ressentir autant d'émotions. Un rictus cynique gagnait son visage alors que Snape le fixait, sans voix, et il enchaîna. « Je suis curieux, Professeur, lequel vous détestiez le plus ? Mon père ou Sirius ? Mais quelle importance, vu que je ressemble à James Potter et que Sirius Black est mon parrain, je suis un bon remplacement pour les deux, hein ? Je me souviens ''la vengeance est douce'', n'est-ce pas ? Même si je suis un remplaçant. Ou alors, c'est aucun des deux ? Peut être que c'était ma mère que vous détestiez, parce qu'elle s'est interposée pour vous, et parce que vous ne pouviez pas dire qu'elle était arrogante, hein ? Vous ne pouvez pas nier que cette ''Sang-de-bourbe'' qui essayait de vous aider était tout ce que vous ne pouviez pas être, n'est-ce pas ? » Prenant à peine le temps de reprendre son souffle, il s'écria. « QUELLE PARTIE DE MOI VOUS DETESTEZ LE PLUS, SERVILLUS ? LE VISAGE DE MON PERE OU LES YEUX DE MA MERE ? »

Le visage de Snape était mortellement pâle, et rappelait à Harry la rage qui l'avait habitée lorsqu'il était sorti de la Pensine, mais il y avait autre chose cette fois. Harry était trop hystérique pour le remarquer. Il souhaitait juste que Snape lui jette un sort, ou le frappe, ou quelque chose, au lieu de – Snape disparu.

Ainsi que le bureau.


Il se tenait assis dans une pièce sombre garnie de rideaux, et dont la seule lumière émane d'un chandelier. Ses longs doigts pâles étaient entremêlés. Deux hommes vêtus de noir firent irruption, tirant derrière eux, dans la lumière blafarde de la bougie, un troisième homme en costume gris d'apparence Moldue. Ils le forcèrent à se mettre à genoux.

Harry se leva. « Regarde-moi. » ordonna-t-il à l'homme. Comme s'il n'avait pas le pouvoir de refuser, l'homme leva la tête. Il était jeune, et aurait pu être un bel homme si ces traits n'avaient pas été déformés par la peur, la terreur était si intense dans ses yeux qu'Harry pouvait quasiment la sentir.

« Qu…Qui êtes…qui êtes-vous ? Et qu…qu'est-ce que v…vous me voulez ? »

D'une voix froidement amusée mais néanmoins cruelle, Harry répondit : « A toi personnellement, rien. Tu es ici pour une question pratique. »

« Qu… »

Avant que l'homme n'ait une chance de parler, Harry plongea son regard dans ses yeux, ignorant les sanglots étouffés de l'homme, et à travers eux, rechercha l'information qu'il convoitait. Il vit un immeuble blanc en forme de dôme, brillant et scintillant sous la lumière nocturne, ainsi que des couloirs faiblement éclairés parcourus par des gens, tous visiblement Moldus. Un drapeau flottait au dessus de l'entrée, un drapeau américain, et encore d'autres couloirs à l'étage inférieur, qui semblaient tous se diriger vers le sous-sol…


CLAP ! Une main frappa le visage d'Harry si fort que ses mâchoires s'entrechoquèrent et et ses oreilles bourdonnèrent. Il leva un bras instinctivement, mais quelqu'un attrapa son poignet, et il haleta. Il avait été dans cette pièce auparavant, mais ensuite il avait vu cet autre endroit…

« POTTER ! »

Harry hoqueta. Snape se tenait au dessus de lui, toujours très pâle, toujours aussi furieux, et la mémoire revint à Harry. Il s'assit. « J'ai vu… »

« Je sais ce que vous avez vu, stupide garçon. » Snape tremblait sous la fureur.

Harry serra les dents, se souvenant, trop tard, des raisons pour lesquelles il était venu au bureau de Snape initialement. J'ai tout fait foirer, hein ? pensa-t-il amèrement alors qu'il ressentit les premières vagues de honte. Mais ce n'était pas le moment. « Je ne sais pas si c'était réel ou pas, mais nous devons le dire à quelqu'un… »

« Taisez-vous, Potter. » le coupa Snape. « Je vais rapporter votre nouvelle…vision. Vous resterez ici. »

« Mais comment avez-vous vu ? » protesta Harry. Snape se tourna vers lui avec un vague rictus et fit un signe vers la tête d'Harry. Oh. Harry était trop secoué par son rêve pour se mettre en colère sur le fait que Snape ait fouiné autour de son esprit inconscient.

« Vous allez rester dans mon bureau, et vous ne dérangerez rien, Potter, ou je vous préviens, vous auriez préféré que le Seigneur des Ténèbres ne vous tue. » gronda Snape. « Restez ici et silence. » Il sortit du bureau.

Le silence s'abattit autour d'Harry, laissant la liberté à son esprit de réfléchir. De trop réfléchir. Il se laissa tomber sur le sol, en face du bureau, ramena ses genoux contre sa poitrine, et se mit à trembler. Pourquoi, pourquoi, pourquoi cela s'est passé maintenant ? Pourquoi ici, juste devant Snape ?

Et comment Harry pouvait s'imaginer être une meilleure personne que Snape après ce qu'il ait dit ? Alors qu'il avait aimé ça ?

Il n'avait aucune idée de combien de temps s'était écoulé lorsqu'il entendit des bruits de pas venir devant la porte, mais il se mit debout alors que la porte s'ouvrit pour laisser voir le Professeur Dumbledore, suivi par Lupin et Snape. Harry se vit avoir un mouvement de recul.

« Severus nous a raconté cette vision, Harry. » dit Dumbledore. Déglutissant avec difficulté, Harry acquiesça. « Je ne sais pas si c'était réel ou pas. »

Lupin lui adressa un sourire. « Laisse-nous déterminer ça. Y a-t-il certains détails spécifiques dont tu te souviennes ? ». Snape, derrière Lupin, s'irrita, comme s'il était offensé qu'ils se renseignent auprès d'Harry.

Harry tenta de se souvenir de tout ce qu'il pouvait. « L'homme qui était là…il n'était pas britannique. La façon dont il parlait…je pense qu'il était américain. Son accent. Et j'ai vu un drapeau américain. Que s'est-il passé ? » demanda t-il, confus.

Dumbledore lui répondit : « Lord Voldemort envahissait l'esprit du prisonnier, Harry. Tu assistais aux souvenirs du prisonnier. »

« Ca explique pourquoi je n'ai pas reconnu cet endroit. »

« Si le bâtiment en forme de dôme était le Capitole américain, alors les couloirs étaient probablement les tunnels souterrains. » dit Lupin. « Là où le Congrès américain des Sorciers gardent leurs bureaux. »

Voyant les expressions confuses de Snape et Harry, il expliqua : « J'y suis déjà allé. Une fois. »

« Mais l'homme avait l'air d'être un Moldu. » dit Harry. « Il n'était pas habillé comme un sorcier, et j'ai vu aucun sorcier là bas. »

Lupin hocha la tête. Les sorciers américains tendent à suivre la mode Moldue, car ils se mélangent bien plus avec eux. Le Congrès américain des Sorciers se situe dans le même building que celui des Moldus. Caché à la vue de tous si on peut dire. »

« Donc cette fois ci, il va cibler les Etats Unis. » murmura Dumbledore.

« Cette fois ci ? » demanda Harry.

Dumbledore acquiesça en direction de Harry, gardant son regard juste au dessus de l'épaule d'Harry. « L'Amérique a été largement en dehors de la dernière guerre, Harry. Lord Voldemort avait concentré ses efforts sur l'Europe. Pour cette raison, il sera difficile de les convaincre de prendre position contre lui. »

« Et ceci est, bien entendu, la raison pour laquelle il fait ça. » conclu Lupin avec un soupire. « Nous allons devoir prendre contact avec leurs ambassadeurs. »

« Immédiatement, Remus. » acquiesça Dumbledore. Il sourit en direction d'Harry et Snape. « Merci de nous avoir averti si rapidement, Severus. Nous allons vous laisser retourner à votre leçon. »

Harry et Snape réagirent à l'unisson : ils restèrent bouche bée.

Il sait, réalisa Harry avec l'estomac noué, alors que Dumbledore passa par la porte et leur adressa un sourire. Il sait exactement ce qu'il s'est passé.

La porte se ferma avec un bruit sourd. Le cœur d'Harry eut un bruit similaire. Il n'osait pas regarder Snape. Et maintenant ? « Et maintenant, monsieur ? » s'entendit-il murmurer.

« Vous avez entendu le Directeur, les autorités américains vont être averties. »

Harry prit une grande inspiration. « Ce n'était pas ce que je voulais dire. Je…je veux continuer à essayer. »

Snape émit un soupir dédaigneux. « Je me moque éperdument de ce que vous voulez, Potter. »

« Je sais. » dit Harry d'une voix neutre. « Mais ça doit quand même être fait. » Il n'eut aucune réponse. « Il surveille. Toujours. Et il le fera tant que je ne saurais pas le bloquer. »

Son cœur se fit lourd alors que le silence s'étira, le convaincant que Snape préférait voir le monde sorcier s'écrouler plutôt que d'enseigner quoi que ce soit à Harry. Mais alors, perçant le silence pesant des cachots, il entendit la voix de Snape, de son ton grave. « Prenez votre baguette. Videz votre esprit. »

Il se retint de justesse de pousser un soupire de soulagement. Il ne répondit pas, mais se tint debout, sa baguette prête, et concentré pour évacuer ses émotions – et souhaitant pouvoir le faire de façon permanente.

A suivre…


Et voilà enfin une alliance entre Harry et Snape, ténue, fragile mais elle a le mérite d'exister. Dites moi ce que vous avez pensé de ce chapitre, et à bientôt pour la suite ! Merci encore de votre soutien !